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Un dimanche ordinaire

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C’était un dimanche comme les autres, un dimanche de fête des mères en Belgique.

Il faisait moche et j’ai préféré rester chez moi.

Sûrement parce que je savais qu’à la maison, plusieurs visites, nous allions recevoir.

D’abord celle d’une bonne amie (enfin, elle était là depuis la veille). Ensuite, celles de ma mère et mon frère qui étaient venus célébrer avec nous,  ce jour ordinairement spécial.

Nous n’avons rien fait d’original: discuter, manger, rire, jouer. Rien d’original et pourtant, c’était si agréable de constater que malgré le temps qui passe, les rancœurs et malentendus de parfois, ma famille et moi restons tellement soudés. C’est toujours si évident entre nous.

Nous n’avons pas souvent l’occasion de nous retrouver juste entre nous et vraiment, c’était bien. Espérons juste qu’il ne faille pas attendre l’année prochaine pour recommencer.

 

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J’avais envie de laisser ce petit mot sans intérêt, ici, pour en garder une trace quelque part.

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Il n’y a pas que la question des migrants …

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Le 1er mai, avec mon fils, je suis allée à une fête organisée en l’honneur des migrants. Je ne savais pas grand chose sur le sujet jusqu’à il y a peu et qu’un monsieur de l’atelier d’écriture ne m’inonde d’informations et ne me tanne (il n’y pas d’autre mot) pour que j’aille confectionner des colis de nourriture pour eux (ce que je n’ai pas fait, soit dit en passant).

La fête se situait dans le parc Maximilien, lieu à Bruxelles où ces gens sont « parqués »  depuis leur arrivée.

Je vais être honnête. Je n’étais pas rassurée en y allant. On entend tellement de choses et je ne savais pas ce que j’allais y trouver.

Heureusement, j’ai été agréablement surprise par l’ambiance. Elle était chaleureuse et conviviale. Il y avait beaucoup d’activités pour les enfants, des stands de sensibilisation, de la nourriture et de la bonne humeur.

Par contre, nous ne sommes pas restés très longtemps. Il y avait école le lendemain et pour une raison qui m’était alors inconnue, je ne m’y sentais, malgré tout, pas très à l’aise.

Je me suis interrogée longuement sur ce sentiment. Je ne trouvais pas cela très glorieux pour une personne aussi sensible aux injustices que moi. J’ai beaucoup lu, beaucoup écouté, beaucoup réfléchi et ait compris d’où cela venait. Je vais vous expliquer.

Premièrement, je mène déjà pas mal de combats pour mon bien-être.

Deuxièmement, je suis davantage attirée par d’autres thématiques: le droit des femmes, le statut des parents solo, l’enfance.

Troisièmement, les migrants ne sont pas très nombreux et dans le parc cité plus haut on en dénombre seulement 500. C’est 500 de trop, je suis d’accord mais en Belgique (francophone, du moins), dans les médias, on ne parle quasiment plus que de ça alors que les politiciens sont occupés à bafouer nos droits et à détruire notre sécurité sociale à la hache. Les gens qui ne sont pas concernés diront que j’exagère mais c’est justement parce qu’ils ne sont pas concernés. Lorsqu’on passe de l’autre côté de la barrière, on se rend compte à quel point la misère devient palpable: le nombre de sdf s’est multiplié ces dernières années, l’accès à la justice est devenu presque impossible pour les personnes qui ne sont pas assez riches pour se payer un avocat, la pression est mise sur les malades pour se remettre au plus vite et retourner au travail, les remboursements de nos frais médicaux  sont de plus en plus restreints, les délais pour avoir un rendez-vous chez un médecin ou des examens à l’hôpital de plus en plus longs, le manque de personnel soignant est de plus en plus criant et je vais m’arrêter là, dans la mesure où j’ai l’habitude de ne parler que de ce que je connais.

Entendons-nous bien, je suis pour l’aide aux migrants mais au même titre que je suis pour l’aide à toute cause qui le nécessite. Je trouve qu’il est dangereux de ne se focaliser que sur un seul point. Les médias, les politiques font bien leur boulot en attirant l’attention sur ce seul sujet (qui pourrait être résolu assez rapidement) alors qu’ils sont occupés à faire passer, quasi incognito, un tas de crasse sous la table.

Personnellement, j’en ai marre et je veux me battre pour ce qui me touche moi, à ma manière, parce que c’est nécessaire et pas parce que l’extérieur tente de m’influencer, dans une direction précise.  J’ai la chance d’avoir cette alarme, cette lucidité, qui me permet de percevoir certaines choses, parfois, avant les autres. Je vais l’utiliser. Pour qu’on ne soit plus seulement bien quand on n’a pas de problème …

 

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Spectre ou bien, règle ?

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Elle n’était pas venue aux premiers ateliers est est apparue, comme une fleur, par un soir de novembre (2016).

Elle avait du arrêter l’année d’avant pour cause de maladie et à ses petits cheveux de chat que je reconnaissais si bien, j’avais compris la sorte. De toute façon, elle en parlait, aisément, de son cancer. Elle n’avait pas de problème avec ça.

Elle était gentille et semblait en paix avec la vie.

Elle était jeune aussi mais ce n’est que lorsque j’ai vu son compagnon que je l’ai compris. Le traitement lui donnant un air bouffi, gonflé même (les effets de la cortisone), il n’était pas si évident que ça de lui donner un âge.

Elle écrivait des histoires très fortes et un peu glauque, je me souviens.  On avait été chez elle un soir pour continuer les nôtres. Elle aimait écouter et souligner ce qui lui avait plu. L’ambiance avait été agréable, chaleureuse et jamais nous n’aurions pu deviner que ça s’arrêterait là. Une semaine avant noël (2017), alors que rentrais de mon atelier d’écriture actuel, j’ai su (par son amie avec qui elle venait à l’atelier) qu’elle était décédée. J’ai été choquée. Comment cette fille dont les cheveux repoussaient vites et forts et qui avait un millier de projets, avait pu mourir, comme ça, aussi rapidement, en ce qui m’avait semblé n’être qu’ un claquement de doigts? Apparemment, cela faisait près d’une décennie qu’elle subissait les affres de la maladie.

Les fêtes sont passées, la vie a continué et j’ai rangé cet info dans un coin de ma tête (il faut être honnête, on ne se connaissait pas si bien que ça après tout) … Et puis, il y a quelques jours, alors que j’étais tranquillement à la maison, j’apprends par ma maman que la cousine d’une cousine que je voyais beaucoup quand j’étais petite et qui elle-même a perdu sa mère des suites d’un cancer,  était elle aussi victime de ce fléau. Je n’ai pas pu en croire mes oreilles.

Il y a tellement de gens proches de moi qui ont du/doivent passer par là. Je ne vais pas vous faire la liste mais c’est effarant. Dans mes soirs de paranoïa, il m’arrive de me demander si cette maladie ne gravite pas autour de moi comme un spectre. Mais vraiment, est-ce que ça se passe comme ça dans tous les entourages ou seulement le mien? Je vous pose la question. Parfois, je me dis qu’il vaut mieux que ça ne soit que dans le mien car alors le sort peut toujours cesser de s’acharner… En fait, j’essaye de trouver un moyen de me consoler, aussi tordu soit-il, mais en vérité, je ne sais absolument pas quoi penser de la situation et cela me fait peur.

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Mon rapport aux livres de développement personnel

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Il y a quelques années, j’ai enchaîné les livres de développement personnel. Je n’étais pas bien, en dépression, en burn-out ou ce que vous voulez et je cherchais une voie , une lumière, quelque chose, pour sortir du trou dans lequel j’étais tombé. Dans ces livres, j’ai trouvé à boire et à manger et avec le temps, beaucoup de temps, j’ai compris que ce genre de lecture demandait d’avoir du recul et de ne surtout pas prendre ce qui était écrit au pied de la lettre…J’ai même eu l’impression que lire ces livres pouvait s’avérer nocif pour les gens désespérés en recherche d’apaisement. Leurs recettes ont l’air faciles à appliquer et pourtant, changer une vie ne se fait ni en sept jours ni même en un mois. Il faut tout un processus, des schémas, des nœuds à défaire. Ne pas le dire n’est pas très honnête, je trouve et les auteurs de la plupart de ses ouvrages ne le font pas.

C’est en 2014 , suite à ma tentative ratée de lecture du très célèbre « 3 kifs par jour de Florence Servan Schreiber » (cousine de David), que j’ai complétement arrêté. Je me souviens qu’après quelques pages, j’ai ressenti une grande vague de résistance m’envahir. Faut pas croire, j’ai cherché ces trois moments de gratitude par jour mais j’ai vite abandonné. Pourquoi? parce que la démarche me semblait artificielle, tout simplement. Raison? il y avait de belles journées (quoiqu’en 2014, j’en doute) où j’aurais  voulu remercier la terre entière et de très nombreuses d’autres, où j’avais envie, passez- moi l’expression, d’envoyer péter la moitié des gens que je connaissais. Ce livre m’a frustré mais, effet non escompté, il m’a permis, je dois l’avouer, de commencer à m’intéresser à la sensation de gratitude.(Peut-être parce que croyez-moi ou non, je n’en avais jamais entendu parler). La différence entre ma façon de faire et le principe du livre, c’est que je ne me force pas à trouver ces moments. Non, je les laisse plutôt venir à moi, naturellement, quand ils ont lieu d’être…

Dans ce type de littérature, bien souvent, on sous entend aussi que le pardon est la panacée à bien de nos maux…Je suis d’accord que le pardon est quelque chose d’extrêmement positif et que la rancœur fait surtout souffrir la personne qui la ressent mais encore une fois, accorder son pardon c’est quelque chose qui ne peut pas se forcer et qui nécessite, souvent, de se faire en étapes, surtout lorsqu’un gros truc bien glauque s’est produit.

Par contre,  je n’ y ai pas retrouvé grand chose sur la force de l’humour et de la joie simple. Comment expliquer ? Personnellement, je suis quelqu’un qui aime bien rire (oui, je sais, les apparences de ce blog ne le laissent pas à penser). Je cherche toujours le petit truc funny, joyeux dans toutes les situations et je crois qu’en grande partie, c’est ce qui m’a aidé à remonter la pente il y a maintenant trois ans. J’ai remarqué que c’était un de mes forts, que même dans les situations les plus délicates, j’arrivais à voir un peu de beau et à faire rire les gens avec mon humour particulier. J’aurais aimé trouver quelque part que c’était une qualité à cultiver et pas le signe que tout allait bien car je vous assure, rien n’allait vraiment beaucoup à l’époque (2014-2015).

Conclusion: Lire des livres de développement perso, pourquoi pas, ils peuvent  ouvrir des pistes de réflexion pour se sortir d’une vie qu’on estime pourrie mais jamais, au grand jamais, ils ne seront suffisants à eux seuls. Pour aller mieux, il faut être motivé, patient et peut-être essayer des tas d’outils différents avant de trouver celui ou ceux qui nous convient/conviennent…

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J’ai une maladie invisible et je vous emmerde…*

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Le titre correct aurait dû être : »J’ai une maladie invisible qui n’a pas de nom et je vous emmerde », mais vous avez raison, ça aurait été très long.

Le titre politiquement correct, pourquoi pas : « L’injustice dans la maladie invisible », mais je n’ai pas envie de faire dans le politiquement correct quand je suis énervée.

Avoir une maladie invisible, c’est la loose. Avoir une maladie invisible qui n’a pas de nom, c’est la loose puissance 2. La loose, parce que, comme pour les maladies invisibles avec nom, soit on ne te croit pas, soit on n’y fait pas attention, soit on oublie. Puissance 2, parce que t’as même pas de nom pour que les gens puissent aller vérifier que ta maladie existe vraiment et que t’es pas un.e sale mytho…

Dans mon cas, c’est l’estomac et la fatigue assassine chronique. L’estomac, c’est des douleurs chroniques idiopathiques (ça, ça veut dire qu’on ne sait pas ce que c’est ni pourquoi j’ai ça;(la science a échoué quoi!)) + hernie hiatale + béance cardiale (purée, ça rime en plus), qui me clouent au fauteuil parfois et/ou qui m’empêchent de m’alimenter  correctement.  La fatigue assassine chronique et les insomnies, vous connaissez l’histoire, je ne vais pas vous ennuyer avec un deuxième topo sur le sujet.

Des remarques, j’en reçois des tas; de gens qui ne savent pas  et de gens qui savent très bien. Et les gens qui savent très bien, ça peut aller de mon frère (qui, je pense, ne prend pas la mesure de mes affections) à la pétasse l’agent payée par la fédération des mutuelles libres de Belgique, lors de ma dernière convocation en janvier…Devant elle, j’ai eu l’impression d’être une chômeuse qui ne voulait pas bosser et qui profitait du système*, plutôt qu’une malade qui ne demanderait pas mieux que de travailler mais qui est lucide et qui se rend compte qu’étant donné son état non-fiable, le seul boulot qu’elle pourrait effectuer, ce serait depuis chez elle, avec des conditions très personnalisées (horaires à la carte et pas tous les jours, sous peine d’effondrement).

Les gens ont du mal à me croire parce que ça ne se voit pas (on arrête pas de me dire que j’ai bonne mine, en plus) mais aussi parce que je vis, tout simplement; et par je vis, je veux dire que je tente un minimum de prendre soin de moi, que je sors (pas si souvent et très très rarement après minuit) et que je pars en vacances de temps à autre. Ils ne se rendent pas compte que, partout où je vais, dans mon sac/ma valise, j’emporte avec moi mes douleurs et mes insomnies et que si je me prive le moins possible, en tout cas, le moins que mes finances limitées me le permettent, c’est parce que j’ai bien à l’esprit, que de vie, on n’en a qu’une (que nous sachions) et que je n’ai pas envie que les soucis de santé m’empêchent de vivre les expériences que j’ai envie de vivre.

Je ne devrais pas avoir à me justifier pour ça, personne ne devrait avoir à le faire…Et pourtant, on vit dans une société où chacun a son mot à dire, où chacun a son commentaire à faire. On nous met tous dans le même sac, sans chercher à savoir l’histoire qui se cache derrière notre mine, apparemment, bonne.

Ce n’est pas normal, c’est frustrant et surtout, très injuste. Vous ne trouvez pas?

* je tiens à préciser que je ne vous emmerde pas, vous, lecteurs. Je vous remercie plutôt beaucoup beaucoup de me lire et de commenter.

* J’ai été chômeuse et je n’avais jamais ressenti ça…

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Laisse-la se démarquer, elle qui aime tellement ça …

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Warning: ceci sera ma parenthèse Caliméro of the month (i hope). J’ai besoin de ventiler, comme on dit, quelque chose qui m’est arrivé récemment et dont j’ai honte d’être affectée à mon grand âge. Ici, je suis presque totalement anonyme et c’est, donc, plus facile.

Pas plus tard que lundi, l’animatrice de l’atelier d’écriture auquel je participe m’a blessée. Dans le cadre d’un exercice , j’ai suivi une consigne comme je pensais qu’il fallait faire. Or, j’avais mal compris et ma faute a perturbé le déroulement du travail qui, manque de bol, était à mettre en commun avec tout le groupe. L’animatrice a pensé que je l’avais fait exprès et ce qu’elle a dit de moi (voir titre) à une autre participante fait partie des remarques qui me vexent le plus encore aujourd’hui. La raison: ce genre de malentendu m’a poursuivi toute ma vie …

Dans ce cas présent, j’avais mal compris. Dans d’autres, j’avais juste un avis ou une façon de voir les choses différents. Dans d’autres encore, c’est juste une émotion que j’ai cherché à faire partager, pour me sentir mieux lorsque quelque chose ne s’était pas passé comme je l’espérais, par exemple. Cependant, jamais,  je ne cherche à me démarquer ou à faire l’intéressante. J’aurais plutôt tendance à faire le contraire si je ne me surveille pas (à vouloir rentrer dans le moule pour que tout le monde m’aime, pfff).

Après cassage de tête réflexion, je me rends compte que ce qui m’a le plus choquée est le ton employé par l’animatrice. J’ai senti que sa remarque, ça devait faire longtemps qu’elle avait envie de la lâcher. Moi, qui la trouve tellement bienveillante d’habitude, j’ai été blessée. Je ne m’attendais tellement pas à ça venant d’elle.

Je me croyais en « lieu sûr » dans cet atelier et j’ai vu que ce n’était pas le cas. Les gens ont toujours des aprioris, et ce, quoi qu’ils disent, quoi qu’ils prônent. Je ne lui jette pas la pierre car moi aussi (j’en suis consciente), je défends des choses, en théorie, qui peuvent me coûter, en pratique….C’est juste que arghh, ça fait mal quand cela tombe sur soi et qu’on est aussi sensible que moi.

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J’ai lu « La condition pavillonaire » de Sophie Divry

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Le résumé: La condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L’insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires: l’adultère, l’humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L’héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary… Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble ? Un roman profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine. source

Mon avis: c’est un livre qui m’a plu autant qu’il  m’a ennuyé. Je me suis dit (et je ne me dis jamais ça tant je respecte le travail des auteurs ) que j’aurais pu l’écrire moi-même, à tel point certains passages m’ont semblé bâclés faciles : l’auteure détaille à l’extrême les choses mineures et manque de précisions dans les faits importants.  Cependant, pour sa défense, je dirais que le style semble voulu, que c’est fait exprès, pour qu’on ressente le même ennui que la protagoniste. Le souci c’est que le coup est tellement bien réussi que le livre en devient ennuyeux et que perso, j’ai eu envie de le lâcher pour de bon à plusieurs reprises (J’ai tenu par voyeurisme et parce que j’avais, quand même, envie de connaître la fin de l’histoire).

C’est aussi un roman qui m’a angoissé parce qu’il décrit une vie de femme, de la naissance jusqu’à la mort et que j’ai un gros souci avec la vieillesse. Une vie de femme plan-plan à laquelle j’ai toujours voulu échapper. Un chemin tout tracé où il ne se passe pas grand chose.  Ses parents sont (suffisamment) bons, elle réussit ses études d’un coup, elle se trouve un mari gentil mais surtout ennuyeux; ensemble, ils ont des enfants tout bien comme il faut, ils ont un groupe d’amis toujours disponibles si besoin , ils passent des petites vacances en bord de mer ou en gîte…Enfin, vous m’avez compris. Rien n’est difficile ni excitant. Il n’y a aucun soubresaut, aucun grand malheur, aucun événement positif qui sort du commun (ah si, elle se prend quand même un amant). C’est une vie d’une banalité sans nom où il se passe beaucoup et rien à la fois et c’est, finalement, une sensation de gâchis qui m’a étreint tout au long de cette lecture. La protagoniste a tout pour faire de grandes choses mais elle s’investit peu car rien ne l’intéresse vraiment très longtemps. Elle est ce qu’on appelle une insatisfaite chronique. C’est triste et surtout, très flippant. L’exemple que je ne voudrais pas être..

J’ai tenu à parler de ce livre car malgré tout le positif que je n’en dis pas, je pense qu’il ne laisse pas indifférent et qu’il peut faire réfléchir. Enfin, à condition de dépasser le sentiment d’ennui profond dans lequel il peut parfois nous faire plonger …

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Monsieur peureux

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Mon fils est un enfant peureux. Il pense toujours aux conséquences dangereuses de ses actes. C’est ainsi qu’à l’âge de six ans (ce qui n’est quand même pas fort vieux :-)), il faut encore lui rincer les cheveux avec une tasse, tenir son vélo avec une tige, rester au bord de l’eau avec lui lorsque tous les autres enfants de sa classe se jettent dans la grand bassin pour faire des exercices, le laisser allumer les lumières du corridor lorsqu’il fait noir et qu’ il doit le traverser pour aller dans sa chambre …

Comme j’ai également un profil phobique , je me suis vite rendue compte qu’aller dans le sens de ses peurs n’augurerai rien de bon. J’ai fait une TCC (thérapie cognitivo-comportementale), il y a dix ans, qui m’a appris que de la peur, on ne mourait pas. Impossible. Que la sensation pouvait être horrible (comme de mourir, tiens??), mais que, en cas de très grosse angoisse ou même d’attaque de panique, la mort (justement) n’était jamais au rendez-vous  . En fait, c’est un peu comme si le corps se préparait pour se battre contre un tigre alors qu’on est, par exemple, tranquillement couché sur son fauteuil en train de regarder un film. Cela n’a pas de sens, je vous l’accorde. C’est une alarme déréglée, qui sonne à n’importe quel moment et qu’il faut réparer.

Mon garçon n’a jamais eu d’attaque de panique mais le principe est le même car une phobie non-prise au sérieux ou non-contrôlée débouche souvent sur ces horribles crises, voire pire (agoraphobie). J’ai donc pris le taureau par les cornes et ai réfléchi à quoi faire pour l’aider.

Étant donné son petit âge, pour le côté théorie, j’ai choisi de partir d’un dessin animé, à savoir vice-versa. J’ai pris l’exemple du bonhomme violet-qui représente la peur-pour lui expliquer que chez lui, comme chez moi, c’était (avec le doré) un des plus forts . J’ai insisté sur le fait que ce bonhomme était utile car il nous prévenait des vrais dangers mais que le sien, tout comme le mien, nous racontaient souvent des choses effrayantes qui n’étaient pas vraies…

En ce qui concerne la pratique, j’ essaye au maximum (sauf quand il est malade ou trop fatigué) de lui empêcher d’éviter les situations qui lui font peur (bon, à part si elles sont vraiment dangereuses, cela va de soi), le rassure, l’encourage (un peu, strictement, parfois) et le félicite à chaque nouvelle victoire.

La partie n’est pas encore gagnée mais on avance …

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Visca Barcelona *

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J’ai été à Barcelone. Huit ans ça faisait que je n’y avais pas mis les pieds.

C’était tellement bizarre et irréel d’être là.

J’avais l’impression que rien n’avait changé à part moi.

J’ai su m’y orienter très facilement et suis retournée sans problèmes à mes place-to-be particulières. En fait, c’était un peu comme si je ne l’avais jamais quittée. Et pourtant …

Les souvenirs ont afflué au fur et à mesure du temps qui s’écoulait et une vague d’angoisse a réussi à se frayer un chemin car c’est ici que mes attaques de panique ont commencé fin 2007. Heureusement, très vite, j’ai balayé tout ça car je me suis rappelée que j’étais revenue depuis (fin 2008, 2010) et qu’à chaque fois, tout s’était bien passé.

Il y a tellement d’émotions liées à cette ville, tellement de choses à faire à Barcelone. En fin de compte, je serai restée sur ma faim …mais, c’est sûr, j’y retournerai.

*Vive Barcelone

PS: mes photos sont un peu pourries car il faisait quand même très moche et que la lumière était mauvaise. Je compte sur votre indulgence 🙂

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Directo al sol*

Coucou la compagnie,

juste un petit mot pour vous dire deux choses:

  1. il n’y aura pas d’articles les deux semaines à venir PARCE que je pars en vacances! Oui, enfin! A Barcelona (terre que je n’ai pas visité depuis huit longues années) et Alicante (dans l’appartement de mes parents). Je vous remercie beaucoup pour votre fidélité (vous êtes de plus en plus nombreuses (à quand les hommes? (je dois sûrement parler de sujets qui ne vous intéressent pas…)) et vous fait de grosses bises.
  2. je n’ai pas répondu à vos messages et je n’ai pas liké vos articles HC ? C’est normal! Figurez-vous qu’il y a une dizaine de jours, je me suis déconnectée de mon compte sans le faire exprès. Lorsque j’ai voulu me reconnecter, je me suis rendue compte que j’avais oublié mon mot de passe. Depuis, j’ai envoyé des tas de messages à l’équipe d’Hellocoton pour régler le souci mais je n’ai toujours reçu aucune réponse.

Voili, voilà. C’est tout.

Je vous souhaite à tous, enfin, à toutes, de belles choses pendant ces deux semaines et vous dit, hasta pronto !

Signé cat’s eyes Elisa.

* tout droit vers le soleil

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Les expressions qui m’exaspèrent quand on parle maladie …

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Dans la liste des expressions qui me gavent, il y a aussi celle-là: il/elle se bat/s’est battu contre la maladie et est décédé/s’en est sorti.

Alors pourquoi, elle me gave? Parce que sérieux, est-ce qu’on se bat contre la maladie? Et puis, ça veut dire quoi se battre contre la maladie? Au mieux, on se fait « seulement »  opérer…Au pire, on se fait opérer, on  « reçoit » chimio, rayons, transplantation, rééducation . A moins que « se battre » veuille seulement dire « accepter de suivre un traitement » ce qui, soit dit en passant, font genre 95% des gens atteints par le cancer et d’autres saloperies.

Personnellement, comme tout enfant, je n’ai pas eu mon mot à dire. Il allait de soi que j’allais avoir droit à la fameuse chimio. J’ai subi l’action, comme on dit.  Point. J’allais à l’hôpital, je recevais ma dose, je vomissais mes tripes, rentrais à la maison, y restais quelques jours, quelques semaines et recommençais. Ma vie, ça a été ça, pendant neuf mois. Je n’avais pas le temps de penser et cette expression-toute-faite me laissait pantoise. Je me demandais: c’est comme ça qu’il faut se battre? est-ce que je me bats bien? Je ne comprenais, vraiment, pas où les gens voulaient en venir lorsqu’ils l’utilisaient. En vérité,  il n’y avait rien d’autre à faire que de subir. Elle était là la vérité.

En fait, j’irais même jusqu’à dire que ça se passe comme au loto. C’est toi et ta chance. Dire qu’il faut se battre contre la maladie/qu’il/elle s’est battu contre, est abstrait, débile et surtout, culpabilisant. Culpabilisant car ça pourrait vouloir dire que si on est mort, c’est qu’on ne s’est pas bien battu. Pas comme il le fallait ou pas assez, en tout cas. C’est stupide.

J’ai vu tellement d’enfants souffrir le martyre  qui, malheureusement, ne sont plus là pour témoigner. J’ai entendu tellement d’histoires de petits bouts de cinq ans qui disaient « stop » parce qu’ils n’en pouvaient plus et qu’ils préféraient « partir ».

Les mômes sont les plus doués pour la vie. Ils sont insouciance, motivation, joie, curiosité.  Nos gamins ne pensent jamais que la mort va leur tomber dessus…sauf quand ils sentent qu’elle est là, pas loin. Ce sont les premiers à vouloir mettre le crabe au tapis, K.O et pourtant, même eux, et c’est inconcevable, inimaginable, dégueulasse, finissent par renoncer quand arrive le moment où ils n’en peuvent plus et sentent (les enfants sentent tout, ne l’oublions pas) qu’il n’y a plus rien à faire.

Alors, please, réfléchissons et arrêtons d’utiliser cette expression à la con.

Et j’allais oublier le fameux « Il est mort des suites d’une longue maladie », sans citer laquelle. Ohé, ohé, c’est la honte de citer le nom? Si  t’es malade, ça veut dire que t’es qu’un faible, c’est ça? Non mais sérieux, n’importe quoi ! Faut arrêter avec le politiquement correct et les « tabous » là où ils n’ont pas lieu d’être.

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Comment ça va?

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« Ça va? »

« Oui, et toi? »

« Oui, ça va »

« Alors ça va. »

Voilà un échange vide de sens, qui ne rime à rien. Je déteste la question « ça va? « . Non mais franchement, je crois qu’elle est une de celles que j’abhorre le plus. Pourquoi me direz-vous? Je vais vous expliquer..

Quand j’étais petite, personne ne me demandait comment ça allait. Il allait de soi, vu mon caractère joyeux et mon âge, que j’allais bien. Puis, je suis tombée malade (11 ans) et les gens ont commencé à me la poser. Vous allez me dire, c’est normal de demander si ça va, dans ce genre de situations…sauf que pour moi , étant donné qu’on ne me l’avait jamais posée avant, ça voulait d’office dire que si on me la posait,  c’est que ça n’allait pas …et j’irais même plus loin, que mon enfance était finie, dans la mesure où pour moi, ce genre de questions, c’était entre grands qu’on se la posait. Vous suivez toujours? Vous trouvez que c’est tordu comme raisonnement? Oui, peut-être.

J’ai grandi. Les gens ont continué à me la poser. J’ai continué à répondre que « oui » tout en m’énervant intérieurement. J’ai atteint l’âge ingrat, l’âge encore plus qu’ ingrat et un jour, alors que j’avais déjà 16 ans, j’ai fait une expérience. J’ai osé répondre « non, ça ne va pas » au garçon dont j’étais amoureuse lorsqu’à son tour, il me l’a, un jour, posé. Chose qui, je vous le conçois, est un peu débile, dans la mesure où personne n’a jamais été charmé par le visage triste ou déprimé de quelqu’un. C’est le truc qu’on cache, au début, en général. Bref…Je n’avais pas d’attente et j’ai été très étonnée lorsqu’il a paru intéressé et m’a demandé pourquoi. Je me suis alors dit « tiens, si je dis oui, la conversation s’arrête là et si je dis non, les gens cherchent à creuser, s’intéressent à moi ». J’ai alors systématiquement réitéré l’expérience…avec lui. Pathétique, je sais.

Tout ça pour dire que ce small talking qu’on utilise pour briser la glace ou être poli et qui pour la plupart ne veut pas dire grand chose, revêt une signification tout à fait particulière pour moi. D’ailleurs, cette question anodine continue, toujours aujourd’hui et malgré les années qui ont passé, à créer un sentiment de malaise chez moi.

Et pour ce qui est du garçon, vous vous demandez ce qu’il s’est passé?, bande de curieux. C’est simple: rien. Je me suis détournée de lui lorsque je suis rentrée dans un autre trip et il a utilisé mes confessions contre moi. Vive la fin de la trentaine, que je dis moi …

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Réflexions sur mon bilan hp (haut potentiel)

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Il y a quelques semaines, comme vous le savez, j’ai passé un bilan pour savoir si j’étais un haut potentiel ou pas. Bilan qui a donné une réponse affirmative malgré un QI estimé incalculable et un diagnostic de dyspraxie.

Depuis, je me suis beaucoup renseignée sur la dyspraxie et j’ai beaucoup réfléchi. Je me suis rendue compte que je m’étais menti à moi-même en affirmant que l’équipe qui s’était occupée de moi m’avait mis en confiance. En fait, j’étais, surtout, influencée par la personne qui m’avait conseillée ce centre (spécialisé dans le haut potentiel). Dans les faits, j’ai, plutôt vite, ressenti un malaise lors de ma première visite à l’asbl. La psy qui m’a reçue ce jour-là était chaleureuse. Cependant, j’ai eu l’impression qu’elle essayait de me vendre du coaching, des conférences et un dépistage pour mon fils (50% des enfants ayant des parents hp sont hp aussi).

Après cette première séance, j’ai, tout de même, choisi de continuer le bilan. La raison? Cette asbl a bonne réputation et je me suis dit, comme il m’arrive souvent lorsque quelque chose ne va pas comme je le souhaite, que j’étais parano. J’avais aussi besoin de savoir. J’en avais marre d’être dans le doute.

La deuxième rencontre avec la psy (la même que la première fois) s’est bien passée.. J’étais assez en forme et le bilan m’a permis de confirmer mon fonctionnement.

Lors de la passation du test de QI, en revanche, tout a été plus difficile. La psy avec qui j’ai passé le bilan était une toute jeune fille de 25 ans, pas sûre d’elle. J’avais fait nuit blanche et une attitude défaitiste chez elle ne m’a pas aidée à rentrer dans le test. J’avais besoin d’être rassurée et elle n’a pas été en mesure de le faire. J’ai la sensation qu’avec quelqu’un d’autre, mon résultat aurait été différent. Je ne dis pas que j’aurais cassé la baraque si j’avais passé le test dans des conditions optimales mais au moins, je me serais sentie plus à l’aise.

Quant au diagnostic de dyspraxie, je ne m’y attendais absolument pas, et après visionnage de plusieurs vidéos, je peux vous affirmer que je ne le suis pas. Les gens souffrant de ce trouble ont beaucoup de difficultés dans leur vie de tous les jours pour écrire, se repérer dans l’espace (mauvais sens de l’orientation, se cognent partout), nouer leurs lacets, se verser à boire sans renverser, etc. Ce sont des difficultés que je n’ai pas. Les psys ont conclu que mes capacités intellectuelles avaient du compenser la dyspraxie mais je ne suis pas d’accord. Je pense qu’elles ont confondu dyspraxie et ralentissement psychomoteur du à l’insomnie et aux dégâts causés par les antidépresseurs sur mon cerveau. Dégâts que les professionnels de la santé sous-estiment malheureusement. Par ailleurs, j’ai également trouvé leurs conclusions du rapport assez hâtives. Elles sont parties sur des interprétations concernant des choses dont elles ne pouvaient s’être faites une idée en aussi peu de temps.

J’ai presque instantanément ressenti un soulagement lorsque j’ai découvert et visionné les vidéos de Catherine V.OS. Pour la première fois de ma vie, je me reconnaissais dans un profil et je pouvais donner un sens à beaucoup de choses que j’avais vécues.  Depuis leur visionnage, mon anxiété a facilement diminué de moitié et je ne pense pas que ce soit le fruit du hasard. Du bilan, au final, seule la  première partie m’aura apporté quelque chose. Je ne regrette rien mais je pense que si j’avais l’opportunité (et l’envie, le besoin) de repasser ces tests, je n’irai plus dans ce centre, mais plutôt voir un psy spécialisé, loin de la mouvance « haut potentiel ».

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Mère au foyer du 21ème siècle

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Je suis considérée comme une mère au foyer par la population. Je vais être claire: je ne me considère pas comme telle. En tout cas, je ne me sens pas concernée par l’image qu’en ont le commun des mortels et même beaucoup de mamans, d’elles-mêmes.

En ce qui me concerne, je suis devenue maman au foyer à cause de ma santé. Dans ma situation, le rôle de maman solo d’enfant en bas âge étant difficilement conciliable avec le boulot, c’est tout naturellement que j’ai choisi mon fils. En revanche, ma vie ne tourne plus pas, exclusivement, autour de lui et des tâches liées à la maison. Je participe à un atelier d’écriture, à un groupe de travail de maman solos dans l’optique de faire évoluer notre situation précaire vers un mieux, je vois mes ami(e)s, je lis, je vais au ciné, à des conférences, à mes séances de neurofeedback, j’ai ce blog et d’autres projets.

Je sais qu’il n’est pas sain de ne vivre que pour la maison et ses enfants. Je dirais même qu’en mon sens, réduire sa vie à ça (à moins d’adorer le concept, of course), constitue un facteur déclencheur du tant redouté burn-out maternel.

Ces derniers jours, j’ai vu passer pas mal d’articles sur le sujet des mamans at home,  et ils m’ont un peu chiffonnée, j’avoue. Je trouve que les gens et plus particulièrement, les femmes ont une image très réductrice de ce qu’est censée être leur vie de maman-qui-ne-travaille-pas. Nous sommes au 21ème siècle, merde! Il est temps que nous sortions du rôle-cliché. Nous avons des droits, des machines qui nous aident à la maison. Ce n’est plus pareil qu’à l’époque de nos grands-mères.

Alors je sais parfaitement que chaque situation est différente, que ce n’est pas pareil lorsqu’on n’a qu’un seul enfant et que la difficulté diminue le plus souvent avec l’âge des petits (un enfant de six ans est plus autonome qu’un bébé, forcément, on ne l’a plus toute la journée dans les pattes), etc, mais je voudrais faire passer le message aux mamans qu’elles ont le DROIT de s’occuper d’elles, qu’elles ont le DROIT d’avoir une activité-passion de 2/3heures/semaine en dehors de la maison (very important!!!), de voir leurs ami(e)s (avec ou sans les kids), de partir quelques jours sans la marmaille, de passer un peu le relais, etc. Pour être des mamans suffisamment bonnes, il est nécessaire de savoir déconnecter et de prendre du temps pour soi.

Je suis bien consciente du fait que les commères la société, les gouvernements ne nous aident pas, que rien n’est fait, dans nos pays, pour permettre à la jeune maman, qu’elle travaille ou pas, de s’épanouir. C’est à nous de chercher les solutions et de profiter de/se créer toutes les minis-opportunités possibles et inimaginables pour sortir de la maison et surtout, de cette conception de vie étriquée. C’est difficile mais c’est possible.

Vous avez le droit, les filles. Mettez-vous ça bien dans le crâne. Il n’y a pas un modèle de vie particulier à suivre. C’est à nous de nous créer celui qui nous convient. Lorsque nous en serons convaincues , nous commencerons à convaincre les autres…et les choses évolueront. J’en suis certaine.

La vie change en devenant maman au foyer mais elle n’a pas à s’arrêter …Nous n’avons pas à nous laisser bouffer par ce rôle, qui sera, de toute façon, provisoire, pour la plupart d’entre nous. #girlpower

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La nouvelle technologie et moi

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Technologiquement parlant, la modernité et moi, ça a toujours fait deux.

D’ailleurs, chez moi, il y a juste une télé vieille de 9 ans d’âge, , le pc portable depuis lequel je vous écris, qui date de 2013, un vieux dvd dont je ne trouve même plus la télécommande, une chaine hifi et un appareil photo hyper basiques, une imprimante escargot et ah oui, mon téléphone.

En parlant de téléphone …jusqu’il y a peu, je me trimballais encore un mobile de 2010, un smartphone des débuts, avec un écran tout riquiqui, qui n’a jamais fonctionné correctement et qui, à un moment, s’était même mis à appeler mes contacts sans ma permission. Mais ça c’était avant parce que depuis un an, j’ai le top du top, un gsm de nouvelle génération (enfin, celle de l’année dernière) avec toutes les options incluses. Et vous savez quoi ? Il traîne, à peu près partout dans la maison. Je sais jamais où il est. Un peu comme l’ancien  mais en nouveau. Bah oui, c’est pas parce qu’on change l’extérieur, qu’on change l’intérieur. Une has been technologique reste une has been. Technologique.

Je ne me suis jamais demandée pourquoi j’étais comme ça. Toujours avec un train de retard à ce niveau-là. Après tout, ça ne m’a jamais empêché de réaliser quoi que ce soit. En fait, ça a plutôt tendance à frustrer d’autres personnes que moi (frérot, si tu passes par là ;-)) et je crois qu’en ce qui me concerne, c’est une question de choix.

Bah, oui, financièrement, je ne roule pas sur l’or et j’ai d’autres priorités que de m’acheter la dernière télé écran plat à la mode ou la plus sophistiquée des tablets. Je préfère voyager, me soigner, prendre soin de mon fils, boire un verre avec des amis ou encore, me payer un cinéma ou une place de théâtre.

Dans la vie , (je l’ai peut-être déjà dit) je privilégie les moments, les souvenirs, pas le matos. C’est tout, c’est comme ça et c’est quelque chose que j’aime en moi.

Et vous, quel est votre rapport à la technologie?

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Les questions casse-gueule du bonhomme

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N. est, maintenant, un petit garçon de 6 ans et des poussières. Un petit garçon qui grandit, qui apprend à la vitesse de la lumière, qui s’intéresse à peu près à tout et qui s’interroge sur la vie et son sens.

Depuis quelques temps, il nous étonne (surtout son père, ma mère et moi) avec des questions, pour le moins, incommodantes. Il revient souvent avec  la classique « mais, maman, je ne comprends pas, d’où vient la petite graine? » mais aussi « Si papa et toi, vous n’êtes pas ensemble, vous êtes quoi alors? » et la dernière en date « ça sert à quoi le mariage? »

J’avoue que je ne sais pas toujours ce qu’il convient de lui dire à son âge et il m’arrive de prendre mon temps pour réfléchir  avant de revenir  vers lui avec une explication (parfois, il a oublié sa question entre temps mais c’est rare). Dans tous les cas, je ne lui mens pas et je ne le laisse jamais sans réponse.

Pour ce qui est de la petite graine, son père (qui a trouvé une meilleure formule que moi) lui a, finalement, expliqué d’où elle venait mais n’a pas été plus loin dans son développement. Pour ma part, je lui ai parlé de l’utérus en lui expliquant à quoi il servait et en insistant bien sur le fait que seules les femmes en avaient un et que c’était la raison pour laquelle, les hommes ne pouvaient pas avoir de bébé(s) dans leur ventre.

En ce qui concerne, la relation que son père et moi, nous entretenions, cela a été facile parce que je m’y préparais depuis qu’il était bébé. Je lui ai fait savoir, qu’aujourd’hui après l’avoir haï pendant près de trois ans et avoir mis des litres d’eau dans mon vin, son paternel et moi, nous étions amis mais pas amoureux et que nous avions le plus beau  des petits garçons en commun. Pour qu’il intègre mieux notre réalité, j’ai ajouté que des parents qui ne sont plus amoureux (mais qui restent ensemble) se disputent souvent et que ce n’est bon pour personne. Il a approuvé du chef.

Quant au mariage, euh…j’ai, complètement, séché dans la mesure où personnellement et ça n’engage bien évidemment que moi, je ne comprends pas ce que le mariage apporte dans une vie de couple. Je n’ai pas d’exemple de mariage heureux autour de moi et je n’ai pas été de ces petites filles qui jouent à la princesse et qui rêvent de se faire passer la bague au doigt. J’ai toujours pensé que « vivre dans le péché » était bien plus romantique.  Enfin, pour ce qui est de la robe blanche et de la fête, je me suis toujours dit qu’avec tout l’argent dépensé, je pourrais m’offrir de beaux voyages à la place.  Non vraiment, je n’étais pas la personne idoine pour répondre à ce genre de question. Je l’ai donc renvoyé vers quelqu’un pour qui cet acte est important.

Et vous, vos enfants, quel genre de questions posent-t-ils? Trouvez-vous toujours facilement une réponse à leur donner?

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Ma dernière série coup de coeur: Merlí (rebaptisée #Philo en France)

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Je ne sais pas pourquoi mais ces dernières années, je flashe toujours sur des séries espagnoles (Polseres Vermelles, Mar de plástico, vis a vis, el Principe). Je pense être objective en disant qu’il y a vraiment de bons acteurs et de bonnes idées en Espagne et en mon humble avis, cette série que je vous présente aujourd’hui et qui comporte trois saisons, en est l’exemple parfait.

Mais d’abord le pitch: Merli, un professeur de philosophie âgé de 50 et quelques années, est affecté au lycée Angel Guimera (Barcelona). Son arrivée n’est pas du goût de tout le monde. Il met rapidement les élèves dans sa poche par son approche accessible et originale de la philosophie. Les autres enseignants n’apprécient pas sa façon d’agir. source

Juste que là, rien de très original ni de, vraiment, nouveau à l’horizon, mais alors pourquoi, j’ai tellement aimé Merlí:

  • Parce que Merlí Bergeron n’est absolument pas un prof comme les autres. C’ est le prototype même de l’antihéros avec, son air de chien battu, son physique impossible, sa façon de jouer avec les femmes, de dire ce qu’il pense même si ça dérange. C’est pas un gars commode au premier abord, si vous voyez ce que je veux dire. Pourtant , c’est ce même Merlí qui s’investit à fond pour ses élèves et qui n’est pas d’accord avec la plupart des gens qui pensent que l’adolescence est une phase idiote. Non, pour lui, les ados sont seulement « endormis » et son but est de le « réveiller » en leur enseignant à être critique , à ne pas se contenter, à se poser des questions, à remettre en question l’ordre établi et tout ce qui nous est enseignés. Il  est anti-bienséance.
  • Parce que dans cette série qui aborde des thèmes très actuels (lgbt, grossophobie, système de l’éducation, maladie mentale …), plusieurs personnages vont subir une véritable transformation et différents jeunes vont arriver là où on ne les attend pas. Tout ceci grâce aux méthodes peu orthodoxes mais tout à fait, efficaces du prof de philo.
  • Parce que les personnages ont des physiques « normaux », c’est à dire que contrairement à la plupart des séries américaines où on retrouve des gens qui ressemblent presque toujours à des mannequins tous droits sortis d’un défilé, ici les acteurs sont, comme dans la vraie vie, imparfaits.

Oui, vraiment, cette série vaut le détour et est à mettre, sans aucun doute, devant les yeux de vos ados.

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Le trou noir

 

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Pour être de meilleure humeur, il aurait fallu que je sois morte ! Vraiment, j’aurais difficilement pu me sentir plus mal. Toutes ces angoisses qui m’envahissaient, c’était insupportable. Et cette tristesse…Non, vraiment, je n’en pouvais plus, c’était trop.

J’étais comme paralysée et ne m’apercevait même plus du temps qui passait. Je ne songeais, de toute façon, qu’à dormir et aux heures qui me séparaient de la nuit.J’étais tombée dans un puits qui n’avait pas de fond.

Je me disais qu’il était impossible qu’un événement aussi mineur ait pu me mettre dans un état pareil. Et pourtant…Ma carapace avait volé en éclats, comme ça, sans crier gare. Du jour au lendemain.

Mon entourage  ne savait pas ce qui m’arrivait. En même temps, ça m’était égal que les gens sachent ou pas car à vrai dire, tout m’était égal et je doutais que rien ni personne sur cette Terre ne puisse m’aider un jour à sortir la tête de l’eau. Mais en fait, si, ma tête était hors de l’eau, même tout le corps. C’était plutôt comme si j’étais sur une barque et que, de toutes mes forces, je ramais … à contre-courant. Oui, c’est ça. C’est, exactement, la sensation que j’avais à ce moment-là.

Aujourd’hui encore, je ne sais pas comment je m’en suis sortie. Grâce au temps, peut-être, qui a fini par remettre les choses à leur place. Ou pas. Car vraiment, c’est un mystère. Un mystère que je me sois retrouvée aussi mal un jour et qu’à peine, quelques temps plus tard, sans aucune raison valable, je me lève un matin, les esprits et la joie retrouvés.

Texte de fiction écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture auquel je participe. Devinerez-vous le thème?

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Le travail, c’est la santé …

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Pour moi, avant, le boulot, c’était comme pour tout le monde: un gros « C’est comme ça » On naît, on joue, on va à l’école, on bosse. C’était comme ça depuis la nuit de nos temps et je n’avais jamais réfléchi à la question.

Personnellement, j’ai été une excellente élève qui, n’avait presque aucun effort à fournir pour réussir. Et comme si ce n’était pas suffisant, je cumulais, en plus, le profil type de la « bosseuse » qui n’avait pas peur de mettre la main à la patte. C’est donc très tôt que j’ai commencé à enchaîner les petits boulots en plus de mes études (Premier job: peinture de fenêtres et de portes, c’est dire si j’étais motivée haha).

Ma première baffe, je me la suis prise, le jour où j’ai obtenu mon diplôme de traduction. Je ne savais absolument pas quoi faire.Je n’avais qu’une piste:  ne pas perdre 40 heures/semaine  dans un taf qui m’ennuierait à mourir ou dans lequel je ne me sentirais pas utile. Quarante heures pour moi, c’était significatif.

J’ai donc cherché mon Graal particulier. J’ai envoyé des tas de cv (genre 1000) pour les fonctions qui m’intéressaient, enchaîné des emplois horribles et/ou très mal payés (a.k.a Barcelona 2007) comme salariée, des formations et puis, je suis tombée malade (dépression).

Sous médicaments, je n’étais pas la même (physiquement et psychiquement)  et j’ai, par conséquent, pensé que la formule « traductrice-correctrice freelance »  à mon compte me siérait mieux. J’ai alors suivi des parcours d’intégration pour devenir entrepreneure, bénéficié  d’un coaching dans la maison de l’emploi de mon quartier, etc.

Au début, je n’ai pas eu de problème à trouver de contrats (en noir, cela va sans dire) mais j’ai vite remarqué le souci « paiement ». Ce n’est pas que les gens ne me payaient pas, comme je lis souvent, mais qu’ils me payaient des cacahouètes et trouvaient ça tout à fait normal (j’ai même eu droit à une maison d’édition qui voulait, en plus du livre que j’avais traduit pour eux trois mois auparavant, m’ajouter un supplément à traduire gratuitement!!!!).

Pour compléter ces contrats intéressants au niveau du contenu mais tout à fait foireux, au niveau financier, j’ai longtemps cherché un mi-temps . Je n’étais pas bien difficile mais les patrons prétextaient toujours que j’étais  surqualifiée, qu’ils n’acceptaient pas plus d’un bac+3 ou que j’allais m’ennuyer, pour ne me pas m’engager. Ma vie pro, c’était donc contrats foireux + chômage + cours (+stage) pour ajouter des cordes à mon arc, jusqu’au jour où je suis retombée malade (fin de sevrage) et que, finalement, j’ai été obligée de m' »asseoir » pour me pencher sur la question.

Les dix ans après  diplôme, en gros, j’ai compris que je les avais passés à culpabiliser. Cela n’avait rien de  normal, dans la mesure où, tout ce que j’avais fait, c’était chercher à m’intégrer de toutes les manières possibles et imaginables. J’avais fait des démarches, travaillé, étudié, accepté le tirage d’oreille (littéral) (quand j’étais étudiante), le harcèlement moral, les salaires de misères, le bore-out (ce mot n’existait pas à l’époque où je l’ai connu), les entretiens par téléphone, supprimé mon diplôme de mon cv pour avoir plus de chances, etc…Et tout ça pour quoi? Pour rien, pour me sentir comme une merde. Ma confiance en moi? Morte et enterrée. Mes seuls péchés? ne pas rentrer dans les cases et avoir une santé plus fragile. En résumé, il y a toujours eu quelque chose chez moi qui a fait que ça ne colle pas.

Mon sevrage catastrophique m’a éloigné (physiquement, psychologiquement, cérébralement) du monde du travail pendant deux années entières (j’étais trop mal) et lorsque la question de retrouver une nouvelle occupation professionnelle s’est reposée, j’ai senti que je ne pourrais plus jamais rentrer dans un parcours classique. J’étais, je suis dégoutée. J’ai aussi compris  que notre éducation (école+maison+ blablas politiques) fait que tous, nous vivons sans réfléchir, comme des moutons obéissants qui acceptent des choses inadmissibles. Tout ça, pour un salaire. D’ailleurs, pour la plupart, il est, tout à fait, inenvisageable d’imaginer une autre voie que celle du boulot qu’on n’aime pas mais qu’on fait quand même parce qu’on doit pouvoir payer nos loyers, nos factures et un poil plus, si on a de la chance .

Alors, je ne sais pas qu’elle est la trajectoire à suivre (je la cherche mais ne l’ai pas encore trouvée ) pour parvenir à sa juste place et gagner des sous (le nerf de la guerre, n’est-ce-pas?). Je sais juste que moi, ce n’est qu’à partir du moment et seulement du moment où j’ai été contrainte de me poser pour sauver ma peau et ne plus penser boulot que j’ai commencé à m’écouter et à me lancer dans des projets qui me plaisaient vraiment .

Je trouve ça triste qu’il faille en arriver là mais je me sens chanceuse d’avoir réussi à sortir de l’ancien schéma. Malheureusement, le problème suivant se pose: je vis dans un système en déclin mais toujours dominant, à l’heure actuelle, et je suis bien consciente qu’ à moins de gagner à la loterie (faudrait déjà jouer), il arrivera un jour (pas très éloigné) où je devrais me plier à certaines règles qui me rebutent pour pouvoir continuer à payer mon loyer, mes factures et un poil plus, si j’ai de la chance.

Je vais être honnête: je n’en ai pas envie et je ne me sens pas capable de retourner au point « galère ».

Alors, je reprends la formule du titre et j’ajoute: »Le travail, c’est la santé, peut-être, mais à ce prix-là, je n’y crois pas. Les projets qui nous tiennent à cœur, ne pas rester à rien faire, c’est la santé…mais se « prostituer » pour quelques euros? Non, vraiment, je n’y crois pas.

 

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Mot préféré: liberté

liberté, c'est quoi

Aujourd’hui, je vous propose un texte sur  mon rêve de liberté. Oui, un rêve car sérieusement, sommes nous libres? C’est un sujet auquel je réfléchis beaucoup. Depuis de nombreuses années, déjà. Et franchement, je ne crois pas que nous le soyons entièrement. Il y a toujours des obligations, des devoirs, des images auxquelles nous voudrions coller.

Alors, du coup, la liberté pour moi, ce serait:

« De pouvoir respecter mon propre rythme, m’écouter, sans me bousculer, sans me forcer, sans craindre les lendemains.

De ne plus dépendre des décisions d’un gouvernement cupide et un peu plus inhumain chaque jour.

De pouvoir choisir en me donnant le droit de changer d’avis, de bifurquer, si le résultat, finalement, ne me plaît pas.

D’arrêter de me poser des questions,

D’arrêter d’avoir peur.

D’oser, sans penser aux conséquences.

De me donner le droit d’être triste, lâche, désagréable, incohérente, inconséquente, politiquement incorrecte, fainéante, quelques fois.

De ne plus  tenir compte de l’avis des autres.

De ne plus avoir besoin de plaire.

De me sentir le droit d’aimer qui je veux comme je le veux.

De rester fidèle à moi, à qui je suis. De ne plus jamais avoir à jouer de rôle. « 

J’en suis arrivée là dans ma réflexion. Comme vous le voyez, il y a encore du boulot. Et vous, en ce qui vous concerne, quel est votre rêve de liberté?

 

 

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Ce sentiment de décalage

décalage

Lorsque j’ai fait la démarche du « test de QI », c’était dans un but précis : je voulais savoir si mon sentiment de décalage était du à un profil hp ou à mon parcours leucémie + galères.

Je me doute que tout le monde ne se lance pas dans cette démarche lorsqu’il ne se sent pas en phase avec le monde, les gens, l’univers bref, vous avez compris l’idée, mais en ce qui me concerne, ma façon de fonctionner s’accordait tellement à celle des personnes  surefficientes (j’en parle ici) que la question s’est imposée et m’a parue légitime à un moment.

Je me suis donc lancée dans l’aventure »dépistage hp » et entre temps, j’ai posé ici mon parcours et en posant mon parcours, j’ai tilté et, finalement, compris que, au vu de mon vécu, je ne pouvais pas me sentir en phase avec la société, avec ou sans QI très élevé. J’ai trop longtemps fait partie des exceptions, j’ai vécu trop de choses qui ne sont pas conventionnelles, qui n’étaient pas de mon âge et je dois me l’avouer, il y a pas mal de temps que je suis sortie du système. Je ne vois d’ailleurs pas comment, avec mes idées et mes « fragilités », je pourrais y rerentrer, mais je me rends compte, qu’il s’agit là d’un autre débat.

En écrivant ces mots, je prends aussi conscience du fait qu’il y a en moi une ambivalence très marquée. Il y a deux personnes à l’intérieur: quelqu’un de raisonnable qui voudrait se fondre dans la masse et être comme tout le monde, car elle se rend compte que c’est toujours plus facile, et une autre qui sait qu’il n’est pas sain de s’adapter à une société malade, qui est fière de son « originalité », de s’en être sortie jusque-là, malgré tout, et qui ne comprend pas les gens « normaux ».

Je sens que trouver ma place passera par l’acceptation complète et permanente de qui je suis, avec mes défauts, mes qualités, mes incohérences, mon passé et peut-être, cette ambivalence.  Ma distance avec la norme n’aura, je crois, alors plus grande importance. Y parviendrais-je? Seul la vie le dira. En attendant, je travaille pour. On verra.

 

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Le goût du bonheur

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Le bonheur, qu’est-ce que c’est?

C’est une question bateau, certes, mais une question légitime que l’on se pose tous à un moment ou à un autre. Souvent, quand il n’est pas/plus. Le bonheur, comment on le trouve? qu’on se demande alors.

Et si on le trouve, est-ce qu’il peut durer tout le temps?

Je pense que pour chacun, ça se passe pareil et différemment à la fois. On cherche tous plus ou moins la même chose et ce ne sont que les moyens pour y arriver qui varient.

Moi, qui a eu la leucémie, j’ai longtemps cherché à brûler la chandelle par les deux bouts, comme on dit. Rattraper le temps perdu, l’insouciance volée et m’évader dans des plaisirs éphémères. Je voulais accumuler les expériences en tous genres, tout le temps. Je ne me posais jamais ou en tout cas, pas longtemps car dans ma quête, il y avait un grand problème: je n’étais pas bien accompagnée, et comme je n’étais pas bien accompagnée, rien ne pouvait, sur le long terme, me satisfaire. Nulle part, je ne me sentais bien, à ma place,  et… ça a duré des années.

Un jour, vous le savez, j’ai été obligée d’appuyer sur « pause » et j’ai compris que le bonheur, pour moi, c’était, avant tout, des instants, des moments suspendus dans le temps, avec les gens que j’aime et avec qui je me sens le droit d’être moi-même. Des moments, pour la plupart, passés à discuter, à rire ou même à cuisiner. Des moments de paix profonde où tout, de source, semble couler.

Depuis, mon but est de les collectionner et j’en suis devenue accro. Seulement, je ne les cherche pas. Pas consciemment, en tout cas. J’ai simplement appris à les repérer lorsqu’ils surviennent et par dessus tout, à les savourer.

 

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Ma sensibilité confondante

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Je suis quelqu’un de très sensible , mais alors très sensible, sensible au point de faire peur parfois. Le souci, c’est que de ma sensibilité exacerbée, je n’en ai pris conscience qu’il y a quelques années et que je n’ai, vraiment, chercher à l’apprivoiser qu’il y a deux ans lorsqu’un amoureux que j’aimais beaucoup m’a quitté pour ça (oui, je sais, s’il m’avait aimée vraiment, il ne serait pas parti pour ça).  Avant, je pensais que tout le monde fonctionnait comme moi et je ne comprenais pas pourquoi personne, à part moi, ne le montrait jamais.

Pour que vous compreniez mon délire, je vais vous donner quelques exemples .

Depuis très petite, je peux écouter une chanson que j’aime 18 fois (non, pas 17 ni 20 mais bien 18). Je suis alors transportée. La musique prend possession de moi. Les paroles m’ensorcèlent. Mais alors, vraiment, littéralement. Et comme, je suis une amoureuse des mots, je ne vous dis pas les interprétations au premier degré.

Autre exemple frappant: le cinéma. Un film qui me fait peur, c’est les cauchemars assurés (bon, si je dors). Je deviens le personnage principal qui fait face aux multiples obstacles avant peut-être (souvent, quand même) de s’en sortir à la fin. Mais il n’y a pas que les films d’épouvante. Il y a aussi ceux comme La Liste de Schindler que j’ai vu à 13-14 ans et qui m’impressionnent beaucoup trop. Dans la série « films difficiles », il y a aussi eu « Into the wild », après le visionnage duquel, j’ai pleuré à grosses gouttes (non, non, pas à chaudes larmes, à grosses gouttes, je pleuvais) pendant plus d’un quart d’heure après la fin du film…Oh, et puis, Millon dollar baby. Je crois que je suis encore traumatisée 8-9 ans après l’avoir vu. Pour moi, le cinéma, c’est en partie du rêve, et dans ce film Clint (Eastwood) casse l’espoir. Je n’ai pas vu l’intérêt de faire un film sur la misère qu’on peut voir tous les jours aux infos (mais oui, je sais, il y en a plein d’autres des comme ça mais je ne les ai pas vus) …

Comme je vous le disais tout en haut; au début, je ne percevais pas ma propre sensibilité. Pour moi, c’était tout à fait « courant » de fonctionner comme ça (je ne savais même pas qu’il y en avait plusieurs des façons de fonctionner) et ce n’est que lorsque je me suis disputée avec ma (pseudo-)meilleure amie après 16 ans d’amitié et qu’elle me reproche ma trop grande sensibilité comme raison principale de notre déconvenue et …rupture amicale ( je ne le savais pas encore), que j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui clochait. C’était il y a un peu plus de huit ans maintenant et j’avoue que cet épisode m’a, énormément, blessée, et que j’ai eu beaucoup de mal à me refaire des ami(e)s après ça.

C’est une histoire qui m’a titillée longtemps mais dont je n’ai rien fait jusqu’à il y a deux ans lorsque l’épisode avec le petit ami cité plus haut a eu lieu (avec lui, c’est la première fois que j’ai, vraiment, senti que les gens « lambadas » croyaient que j’allais me briser s’il me disaient quelque chose de blessant ou de déplacé).

Là, je me suis quand même dit « deux fois les mêmes reproches, c’est que, quand même, il y a matière à gratter ». Et c’est alors que je me suis souvenue d’une déclaration d’amour faite à mon « ancien » (il a pris ses distances après ça, haha) meilleur ami . Je n’étais pas amoureuse de lui et du coup, l’intensité de ma propre émotion pour sa personne me dépassait. Dans mon entourage, personne n’avait ce genre de « débordement ».

Je me suis lancée dans des recherches sur le sujet et c’est comme ça, qu’en décantant, petit à petit, et en voyant des vidéos, je suis arrivée jusqu’à la piste de l’hypersensibilité du haut potentiel. Tout ce que j’avais vécu  venait de quelque part et en aucun, ce n’était une tare ou un problème psychologique. Je n’étais pas câblée pareil, j’avais reçu une boîte à outils un peu différente et j’allais devoir apprendre à composer avec.

Ma découverte est assez récente, je ne peux donc pas dire que ma vie a beaucoup changé depuis mais au moins, je sais, maintenant, pourquoi chez moi, l’émotionnel est plus intense. Je suis mieux armée pour prendre du recul, me laisser moins envahir par ce que je ressens, et surtout, me dire que c’est « normal » si avec les autres, je ne suis pas toujours sur la même longueur d’onde.

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Traumatisée par les médecins

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Comme vous avez du le ressentir si vous lisez le blog, je ne suis pas très copine (et c’est un euphémisme) avec les docteurs depuis ma prise d’antidépresseurs (j’ai fait une rime haha). Je ne vous ai pas encore parlé de mon parcours catastrophique car j’attendais d’avoir pris suffisamment de recul par rapport à ce sujet. C’est chose faite.  J’ai compris que le moment était venu lorsque ma neurothérapeute (celle chez qui je fais mes séances de neurofeedback depuis quelques semaines) m’a demandé la raison de ma colère contre les médecins et que je n’ai pas ressenti une once d’émotion en lui résumant mon histoire.

Je tiens à préciser que si je vous en parle, ce n’est pas simplement pour vous raconter ma life (si vous me connaissiez IRL, vous remarqueriez vite que je ne suis pas du style à faire facilement des révélations), mais surtout, parce que, par les temps qui courent et les cas de plus en plus fréquents de burn-out et dépressions en tous genres, il me paraît important de prévenir et de témoigner des effets à long terme de ces médicaments. Effets qui, comme dans mon cas, peuvent perdurer bien au delà la durée du « traitement ».

Mais remontons à 2007, là où tout a commencé. En 2007, un vendredi d’octobre comme les autres, alors que je suis en train de me préparer pour aller au boulot, je fais une attaque de panique. J’avais, déjà, fait quelques crises d’angoisse (surtout, depuis l’obtention de mon diplôme) mais rien de comparable. Ce jour-là, je pense que je vais mourir et ne  comprends pas   ce qu’il m’arrive.

Je suis sur les premières marches de l’escalier qui mènent à la société pour/dans laquelle je bosse, lorsque la concierge de l’immeuble me trouve et décide, en voyant mon état, de  me conduire à un dispensaire (j’habitais à Barcelone) où l’on me fait prendre deux cachets pour me calmer. Ce sont des benzodiazépines. Ils n’ont aucun effet sur moi et du coup, j’atterris aux urgences psychiatriques de l’hôpital le plus proche de mon lieu de travail. Là, on me fait prendre du diazepam et je m’endors  (en vérité, je suis plus sonnée qu’autre chose). A mon « réveil », je suis calme et une psychiatre m’attends, pour  m’expliquer ce que j’ai eu et me dire que j’ai sûrement de gros problèmes, dans ma vie, pour en être arrivée là. C’est bateau, la façon dont je le dis, mais en vérité, à ce moment-là, elle avait bien résumé la situation. Le hic, c’est que ce médecin me prescrit une boîte de diazepam (valium), à prendre trois fois par jour, sans me dire ce que c’est et moi, naïve comme je suis, je prends les comprimés.

Je crois que je dois en avoir pris pendant une semaine, un truc comme ça, avant de faire le lien mon état (je suis abrutie, j’oublie tout)- médicament et arrêter. Forcément, vous allez me dire, si tu prenais du valium…Sauf que je n’avais aucune idée de ce que je prenais. J’ai suivi la prescription et ne me suis pas posée de questions.

Consciente que mon état ne s’améliore pas (je fais toujours des attaques de panique, même si moins intenses), je prends rendez-vous avec le médecin généraliste du centre de santé le plus proche de chez moi. Au bout de cinq minutes de consultation, ce même médecin qui me voit pour la première fois, me met sous antidépresseurs.

L’antidépresseur qu’elle me prescrit  manque, de peu, de me tuer. J’ai des effets secondaires horribles: des douleurs insupportables aux jambes et aux bras, surtout au repos. A ce point  insupportables que, si un ami n’était pas venu à ma rescousse, une nuit où ma douleur dépassait de loin le seuil du supportable, je ne sais pas ce que j’aurais fini par faire pour les faire partir.

Le médecin, quand je lui parle de ces effets me dit que c’est impossible et qu’en fait, le problème, c’est que je ne veux pas me soigner. Je ne l’écoute pas, j’arrête et « oh miracle », les douleurs cessent. Adeu Barcelona.

De retour en Belgique, je plonge dans la dépression. J’ai  toujours des AP et m’enferme de plus en plus chez moi.

Je cherche de l’aide, consulte un psychiatre, qui, d’emblée, veut me prescrire de nouveaux antidépresseurs. Moi, je ne veux plus de « ça » après mon expérience barcelonaise. Je le lui dis et c’est alors qu’il me balance un argument imparable: « Il est possible que vous vous en sortiez, mademoiselle (à l’époque, on m’appelait encore mademoiselle) « sans », mais ça prendra beaucoup, beaucoup plus de temps ». Non seulement, il met en doute le fait que je puisse m’en sortir « sans » mais en plus, il insiste sur le temps colossal que ça prendrait. Désespérée, je cède.

A nouveau, j’ai des effets secondaires épouvantables. Cette fois, c’est mon anxiété qui monte au plafond et qui me plie en deux (littéralement). Dans ce cas, les symptômes  finissent quand même par baisser au bout de trois semaines.

En revanche, au niveau de ma dépression et de mes attaques de panique, je ne ressens pas d’amélioration avec ces antidépresseurs. La réponse du psychiatre, quand je lui fais part de cette information: « Faut attendre que le médicament fasse effet ». Oui, au bout de deux semaines, je veux bien, mais après trois mois ? J’arrête mes consultations chez lui mais continue le traitement dans la mesure où j’ai quand même appris entretemps qu’on ne peut pas arrêter ce genre de choses du jour au lendemain.

Ils ne me font , tellement, pas fait effet qu’un an plus tard, alors que je les prends toujours, je connais un nouvel épisode dépressif aigu à cause d’un gros chagrin (pas besoin de vous faire de dessin). C’est là que mon médecin traitant de l’époque (je n’ai plus de médecin traitant à ce jour) me prescrit les antidépresseurs que j’ai arrêté il y a trois ans. Ceux-là, j’accepte de les prendre, sans rechigner, tellement je suis épuisée de me trouver dans ce qui me semble être un gouffre. Bien sûr, je lui demande s’il y a des effets secondaires. Question, à laquelle il répond « oui, comme pour tous les médicaments mais ils ne sont que transitoires ».  C’est cela oui

Je passe donc d’un antidépresseur à un autre et rapidement, je ressens une différence. Au bout d’une petite dizaine de jours, je sens mon esprit s’apaiser, mes idées noires s’éloigner et mon sommeil s’en aller, car oui, mon moral va mieux mais j’ai arrêté de dormir. Je fais part de mon insomnie au médecin et il me dit que ce n’est pas le médicament mais ma dépression, la responsable de mon insomnie. Il m’ajoute un deuxième antidépresseur pour le sommeil. On était début 2009, on est février 2018 et entre les deux, je ne dois pas compter plus de quelques nuits de sommeil réparateur par an. Difficile à croire ? Je ne vous le fait pas dire.

Je perds donc mon sommeil, je perds 10kg sans rien faire et ma mémoire commence à s’effriter.

Début de sevrage, janvier 2013. Fin de sevrage avec symptômes horribles, mars 2015 et entre temps, des médecins qui, sans me connaître, tentent soit de me faire continuer, soit de me faire prendre d’autres choses. La quatrième dimension, je vous dis.

Avec le recul, je me rends compte à quel point ces médicaments peuvent être dangereux. Dans mon cas, il y a l’insomnie, la perte de poids, l’angoisse qui diminue en intensité mais pas en quantité, sans parler des nouvelles « sensibilités ». Je deviens photophobe (je ne supporte plus les grandes intensités de lumière) et j’ai des douleurs dans tout le corps dès le réveil. Par ailleurs, il faut aussi savoir que les antidépresseurs inhibent la production d’endorphines, ce qui fait que les émotions se retrouvent  émoussées et les sens endormis (je n’ai plus écouté de musique pendant sept ans). Il n’y a plus de grandes peines mais plus de grandes joies non plus. Et comme vous ne ressentez pas grand chose, vous ne résolvez pas les soucis à l’origine de votre dépression/anxiété. Super programme.

Aujourd’hui, ce qui continue à me choquer, scandaliser, interloquer et que je dénoncerais toute ma vie, c’est l’attitude de nombreux médecins, imbus d’eux-mêmes, qui masquent leur impuissance en prescrivant ces substances à n’importe qui (dès qu’une personne exprime qu’elle est un peu déprimée), n’importe comment (comme des bonbons), sans suivi , sans accompagnement, en ne mentionnant pas les alternatives possibles et/ou en ne prenant jamais en considération les remarques du patient quant à l’effet de ces substances. Si je pouvais, je collerais des procès à tous ces pseudo-professionnels.

C’est horrible de ne pas pouvoir faire confiance en qui est supposé vous soigner. Horrible de ne plus prendre aucun médicament l’esprit tranquille. Horrible d’être cataloguée par nombreux médecins, comme quelqu’un de qui on ne peut pas se fier parce qu’un jour, vous avez souffert d’une dépression et/ou d’anxiété. Je ne sais pas si vous me comprenez.

Maintenant, cela fait presque trois ans que j’ai arrêté mes antidépresseurs de malheur et je n’ai aucunement l’intention d’en reprendre. J’ai mis toutes les chances de mon côté, j’utilise toutes les alternatives possibles et inimaginables et le seul effet qui perdure en ce qui me concerne c’est l’insomnie. Une insomnie handicapante, certes, mais bien moins que tous les problèmes cités plus hauts. Je suis « moi » avec mes défauts/mes qualités  maintenant et plus une version fade de ma personne.

Si vous n’avez pas tout compris ou avez besoin d’un éclaircissement, n’hésitez pas à me poser vos questions.

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La fille qui avait un QI incalculable

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La fille qui avait un QI incalculable, ben oui, c’est moi. Et oui, … c’est possible. A cause d’une disparité trop grande entre deux  indices due  à mon état de santé et d’un souci que j’ai découvert grâce à ces tests et dont je vous parlerai plus bas dans l’article.

Alors, le test, comment c’était? Il faut savoir que passer le test, normalement, ce n’est pas juste « je me rends chez quelqu’un qui me fait faire des QCM, je les remplis, j’ai les résultats et je me casse ». Non, en fait, dans le centre où je me suis rendue, le bilan se fait en quatre rendez-vous distincts.

Le premier, pour l’anamnèse avec le psychologue spécialisé.

Le deuxième, pour le bilan qualitatif.

Le troisième, pour le bilan quantitatif ou test de QI (si vous préférez) avec un deuxième psy.

Le quatrième, pour les résultats.

En ce qui me concerne, les deux premiers rendez-vous se sont très bien déroulés. Le but du premier était de retracer mon histoire ( dans les grandes lignes) par rapport au prisme du haut potentiel.

L’objectif du deuxième, de me faire passer le bilan qualitatif pour vérifier mes hyperstimulabilités émotionnelles, intellectuelles, imaginatives, sensorielles et psychomotrices (correspond à des réactions extrêmes en réponses à des stimuli internes et externes) et dont les résultats en ce qui me concerne allaient dans le sens de la zébritude.

A la fin de ces deux premiers rendez-vous, la psy  m’a dit qu’elle était, pratiquement, certaine que je faisais partie de la famille des zèbres et était persuadée, toujours selon ses dires, que j’allais cartonner aux tests de QI.

Malheureusement, la nuit avant les tests, je n’ai pas dormi et pour couronner le tout, j’avais la crève.

En commençant le premier exercice (à savoir les cubes, pour ceux qui sont familiarisés avec ce genre de tests), j’ai, directement, compris que ça n’allait pas aller. J’étais incapable de me concentrer, de retenir quoi que ce soit et  je l’ai, complètement, foiré. Chose qui ne m’a pas mise en confiance pour la suite. La psy m’a alors proposé de reporter le rendez-vous mais j’ai refusé parce qu’il y a très peu de nuits où je dors bien et je ne sais pas quand elles vont tomber. Reporter ne servait donc à rien.  J’ai continué comme j’ai pu et suis, finalement, ressortie de là, dépitée, déçue et frustrée. Je savais que dans de bonnes conditions, j’aurais été capable de beaucoup mieux faire.

En allant chercher mes résultats hier matin, je ne m’attendais pas à la surprise que j’allais recevoir. J’hésitais entre un QI incalculable ou celui de Forrest Gump, mais jamais, je ne me serais doutée de ce que la psy allait m’apprendre, à savoir que je souffrais de dyspraxie: un trouble spécifique du développement moteur, présent dès la naissance, qui se caractérise essentiellement par un dysfonctionnement du développement de la coordination motrice et qui n’est pas causé par une sous-efficience intellectuelle ou une affectation neurologique spécifique congénitale ou acquise. Généralement, ce trouble serait compensé par de grandes capacités intellectuelles.

Dans mon cas, il se traduit par une maladresse:

  • lorsque je traverse la rue (j’ai souvent l’impression que les voitures sont plus près qu’elles ne le sont en réalité et qu’elles foncent sur moi),
  • lorsque je descends certains types de marche (il m’arrive souvent d’en rater une et je m’accroche instinctivement aux rambardes beaucoup plus souvent que la majorité des gens de peur de tomber),
  • lorsque j’apprends des pas de danse (j’ai besoin de beaucoup plus de temps que les autres et l’apprentissage vient par déclic),
  • lors de l’exercice des cubes cité plus haut (j’avais un problème avec la profondeur, j’avais le « vertige »),
  • etc.

J’avoue que je suis en pleine découverte. J’avais déjà entendu le terme « dyspraxie » mais je n’avais pas creusé plus loin, dans  la mesure où je ne savais pas que cela me concernait. Je vais donc m’arrêter là pour cet article et revenir avec de nouveaux éléments lorsque j’en saurai plus.

Enfin, quoi qu’il en soit et malgré ce diagnostic « incertain », je crois que j’ai bien fait de passer le bilan. Il m’aura permis d’avancer un peu plus dans mon cheminement personnel. Je ne suis pas d’accord avec toutes les conclusions tirées par l’équipe de psychologues mais je les ai sentis bienveillants et pro.

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Mes deux premiers articles sur le sujet de la douance, c’est ici et

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La maman que je suis

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Lorsque je suis devenue maman, influencée par mon éducation, j’ai voulu accéder à quelque chose d’impossible : « la perfection ». J’ai voulu être la meilleure maman sur tous les fronts et le moindre écart me faisait culpabiliser à outrance.

Je me suis totalement sacrifiée pour les besoins de mon fils.

Lorsque je suis devenue maman solo, j’ai, énormément, culpabilisé d’avoir fait un enfant. Je ne regrettais pas mon fils mais je me sentais inconsciente de l’avoir mis au monde alors que ma situation était si précaire: je me suis retrouvée à devoir nous reloger alors que j’étais au chômage et que j’avais des problèmes de santé. En plus, je n’avais aucune confiance en son père (il ne s’est pas occupé de son fils pendant la première année de sa vie) et quand je devais le laisser une journée ou une nuit avec lui, j’arrêtais de vivre. Je restais comme en apnée.

Lorsque je suis tombée très malade après mon sevrage (de drogues légales, j’insiste encore), j’ai été forcée de lâcher prise. Ce n’est pas venu d’un coup, hein, mais j’étais tellement mal en point que j’ai du laisser à d’autres le soin de s’occuper de mon petit. C’est alors que son père est, vraiment, rentré dans la vie de N et qu’il  a assumé et puis, surtout, assuré.

J’ai été obligée de prendre du temps pour moi, d’être « égoïste » et finalement, j’ai, compris que c’était la seule solution pour s’en sortir. J’ai saisi le sens de l’expression « prendre soin de soi ». J’ai appris l’importance d’avoir des moments à moi, de faire ce que j’aimais, sans le petit. J’ai vécu pour moi, sans vouloir chercher à être utile. C’était la première fois de ma vie. J’ai su que ces choses qui pour moi, ne servaient à rien, me permettraient d’être une vraie-bonne maman et que de continuer à me sacrifier, corps et âme, et à culpabiliser, comme je l’avais fait jusqu’alors ne me conduirait qu’à développer le tant redouté « burn-out » maternel.

Quand on est maman mais surtout, maman solo, ce n’est pas évident de trouver le temps et les sous (surtout pour les mamans qui s’occupent seules de leur(s) enfant(s)). Cependant, il est indispensable de pouvoir s’octroyer ne serait-ce qu’un quart d’heure par ci, par là. Être avec un enfant en bas âge 24h/24, c’est aliénant , qu’on se le dise et se sacrifier ne fait pas de nous de meilleures mères, bien au contraire.

Aujourd’hui, N. et moi,allons bien. Je suis une maman-poule/louve (comme vous voulez) mais je sais mieux ce qui me convient. J’ai une vie à moi et je sais que lui, aura la sienne, à lui, indépendante de la mienne. Mon rôle est de l’y préparer, en douceur, en lui montrant le (suffisamment bon) exemple à suivre.

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Journée mondiale contre le cancer, vous avez dit?

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Hier, c’était la journée mondiale contre le cancer.

Ce phénomène de mode des journées mondiales m’énerve au plus haut point, je dois dire.  On y pense un jour et puis, on oublie. Le cancer, c’est plus compliqué car aujourd’hui, presque tout le monde est touché. Dans ses tripes ou dans celles d’un proche.

Perso, je l’ai été dans les miennes et ce n’est plus un secret pour personne depuis à peu près huit ans. Avant, je n’en parlais pas. J’en avais honte, je me sentais coupable. Oui, honte, coupable. Honte d’avoir été faible au point de développer un cancer. Coupable d’être en vie alors que d’autres…Hallucinant, non?

Je vais vous raconter comment sont nés ces sentiments.

J’étais aux portes de l’adolescence quand j’ai attrapé la leucémie. J’avais 11 ans et nous étions fin 1992. Fin 1992, à l’hôpital des enfants de Bruxelles, fallait être fort, les gars. Le personnel soignant n’était pas très cool. Onze ans, t’es grande, ma vieille. Tu dois supporter les piqûres (les 9-10 piqûres dans les veines d’affilée pour essayer de te poser un baxter), les ponctions dans le dos sans anesthésie (bah oui, au bout d’un moment, les relaxants ne font plus d’effet à cause du phénomène d’accoutumance), les séjours prolongés parce que tu n’as pas éliminé toute la chimio jaune (tu apprendras plus tard que les doses qu’on te donne sont trop fortes), l’infirmière qui te dit que tu te fais vomir pour attirer l’attention. Comme si ce n’était pas suffisant, tu dois aussi porter la peine de tes parents et faire comme si de rien n’était devant ta grand-mère, de peur qu’elle ne fasse un arrêt cardiaque. C’est ce que je te disais, en 1992, t’as onze ans, t’es vieille, tu dois être forte.

Tu termines le gros du traitement (la chimio, donc) et on te déclare en rémission. Youpie. Sauf que toi, tu te sens comme une merde. Les gens qui étaient là pendant le traitement disparaissent les uns après les autres et te font bien sentir qu’en fait, t’as pas le droit de te plaindre parce que tu as l’air de t’en sortir, alors que d’autres, tu vois, n’ont pas cette chance. T’as 12 ans, t’es grande. Supporte, ma vieille.

Le sentiment de culpabilité s’installe.

Tu retournes à l’école. On se fout de ta gueule. T’as honte. T’as pas de cheveux: haha, trop drôle. On te fait subir des tas d’humiliations.  Ce sont les enfants, oui, mais aussi les profs, dont ta titulaire, qui te dit d’aller sur l’estrade pour qu’on te pose des questions et qui tente de répondre à ta place (mais n’y arrive pas parce que tu ne la laisses pas faire et que, du haut de tes 12 ans, tu connais mieux le sujet qu’elle). Te voilà devenue un animal de foire. De mieux en mieux.

Tes cheveux poussent, tu changes d’école et tu tentes de te faire toute petite, sauf que t’es quand même absente un mercredi par mois pour cause de « traitement d’entretien » et que peu à peu, les ados boutonneux de ta classe commencent à se poser des questions; sauf que ta titulaire te fait remarquer que c’est pas parce que t’as été malade qu’elle va te traiter différemment (tu viens de le faire connasse et en plus je t’ai rien demandé, moi!), sauf que t’es quand même bien déformée à cause de la cortisone et que, faut être honnête, tu ressembles plus à un extraterrestre venu de Mars qu’à un humain.

Quelques années passent, tu as 16 ans et demi, tu es devenue une mignonne (je vais pas dire belle) jeune fille, tu sors du fameux tunnel des cinq ans et à partir de maintenant, tu as, grâce au ciel, autant de malchance que n’importe qui d’autre de retomber malade. Tu as donc tout pour être heureuse, sauf que tu ne t’identifies pas aux autres jeunes de ton âge, sauf qu’ une amie que tu t’es faite à l’hôpital et ta tante meurent toutes les deux du crabe, l’une après l’autre. Le pire c’est qu’on continue à se demander pourquoi, malgré ton immense chance, tu ne sembles pas heureuse. C’est pas normal, t’es quand même bien faible. Sentiment de culpabilité, honte, vous avez dit?

T’as 18 ans maintenant, tu finis tes secondaires et ouf, tu dis au revoir à l’enfer. En apparence. Car les messages, tu les a bien intégrés. Ils restent enkystés en toi et rien ni personne ne se montre compatissant. « L’empathie, c’est quoi ça?  Dix-huit ans et t’en es toujours à ce stade? Non mais t’es vraiment qu’une faible, ma pauvre! »

On ne sait comment, tu fais de brillantes études et du coup, personne ne s’inquiète (ah parce qu’on s’est inquiétés avant peut-être?), sauf que lorsque tu les termines ces études, tu n’arrives pas à trouver ta place et boum, la dépression te prend par surprise. Le sac-à-dos est trop rempli. Le pire? Tout le monde se demande pourquoi? Il ne t’est, pourtant, rien arrivé d’aussi terrible…d’autres sont morts, alors que toi?

Toute cette histoire pour vous dire que la journée mondiale contre le cancer (comme d’autres journées du style, d’ailleurs) je m’en bats … est une belle farce pour moi. Tout ça pour dire que le discours des adultes selon lequel « Le cancer a changé leur vie », « Le regard sur la vie s’en est trouvé transformé et ils valorisent plus ce qui est important » ne marche pas sur les enfants « aux portes de l’adolescence ». Ce message est tronqué, super culpabilisant, quand t’as personne qui te dit que c’est normal que tu te sentes pas très bien, quand t’as pas un entourage à l’écoute.

Je trouve qu’on parle très peu du « après » en ce qui concerne le cancer pédiatrique. J’ai cherché. J’ai pas trouvé grand chose. On ne parle jamais des séquelles physiques et psychiques. Il n’y pas de suivi. On met un sparadrap sur le corps, on oublie le reste. On considère peut-être encore que les enfants ne se souviennent pas…Les plus petits, peut-être, pas (quoiqu’il existe la mémoire du corps) mais les plus grands? Où est-ce parce que je fais partie de la première génération d’enfants dont beaucoup ont survécu et que personne ne s’est encore retourné sur les dégâts d’une médecine non-holistique? Bonne question.

Alors, en lisant cet article (si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici), il est possible que vous vous disiez « ben, pourquoi elle n’agit pas elle, au lieu d’écrire, puisqu’elle sait si bien de quoi elle parle? » La réponse à cette question est simple: je ressens que ce n’est plus mon combat. Trop de temps a passé, je m’en suis remise pour de bon et ce n’est plus assez « chaud » (malgré les apparences de cet article). Mon but, en fait, avec ce post, c’est de conscientiser les gens, de faire passer le message que « il faut bien faire attention » à ces enfants qu’on n’écoute pas assez, sous prétexte qu’ils ne sont que des enfants et qu’ils vont oublier et/ou qu’ils ont une capacité de résilience supérieure à celle des adultes.

C’est cela oui… Comme le dit une chanson (je ne sais plus laquelle): « on n’oublie jamais rien, on vit avec » parce qu’on n’a pas le choix…

La prévention, la prise en charge complète , les groupes de parole, de soutien…pour adultes,  c’est bien, c’est super même et c’est surtout normal (merci, d’ailleurs, à Magali Mertens pour son boulot avec les adultes, son travail pour la sensibilisation aux questions liées à la réinsertion des patients)…mais n’oublions pas les enfants. S’il vous plaît.

Merci à Albert Espinosa (lien sur « ressources bonheur ») pour ses livres, sa série « Polseres Vermelles » (adaptée même en français sous le titre « Bracelets rouges »), son film (Planta 4) sur le sujet. Merci pour sa façon de penser (si proche de la mienne aujourd’hui).

 

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Tout ce que j’ai fait pour pouvoir dormir …

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J’aurais pu intituler mon article « Tout ce que j’ai fait pour arriver à dormir et qui n’a pas marché mais qui pourrait peut-être s’avérer efficace pour d’autres » car c’est l’idée centrale du texte mais nous en conviendrons, c’est beaucoup trop long.

Remontons en mars 2015. Je viens d’arrêter toutes mes drogues (légales, je n’insisterai, jamais, assez sur ce point) et en plus, d’angoisses physiques démesurées, je me retrouve à ne plus fermer l’œil de la nuit (en réalité, c’est depuis novembre 2009, que j’ai de gros soucis de sommeil et depuis 2014 que je ne dors plus du tout mais je suis tellement mal, que je n’ai pas encore eu la force d’agir).  Alors que faire?

Je réfléchis. Les médecins traitants que je consulte me proposent, à nouveau, tout un tas de drogues (somnifères, benzodiazépines, neuroleptiques (euh?)) pour arriver à pioncer. Bien décidée (après le visionnage entre autres de Dallas Buyers’club, qui a été un véritable déclic) à ne plus jamais repasser par là, je décline toutes ces offres les unes après les autres et décide d’emprunter d’autres chemins.

C’est ainsi qu’en avril 2015, je commande de la valériane sur newpharma.

Que dire? La valériane,chez moi, ça marche pour apaiser les angoisses mais pas vraiment pour le sommeil. Je retiens donc l’info « angoisses » et me tourne vers d’autres plantes.

J’essaie divers mélanges à base d’aubépine, tilleul,  passiflore, mélisse …mais rien ne marche, c’est la débâcle.

Début juin 2015, Je fais un labo du sommeil (le troisième depuis 2011) qui ne révèle rien à part que je suis victime (oui, je suis une victime, je veux dormir) de micro-réveils toutes les 30 secondes et que je tourne dans mon lit (sans blague…). Le pneumologue responsable de mon cas (très sympa, au demeurant, et, vraiment, humain) me propose de suivre une TCC (thérapie cognitivo-comportementale) chez une psy spécialiste du sommeil. Je prends rendez-vous. J’ai rien de mieux comme solution, en stock, de toute façon.

La psy en question est, à l’écoute, très humaine (ouf!). Elle me propose de noter le déroulement de mes nuits pendant 10-15 jours. Je m’y attelle et 15 jours plus tard, elle me fait commencer une discipline militaire, à savoir, aller me coucher à minimum minuit-une heure (que je tombe de sommeil ou pas) et me lever à 6-7h maxi (que je sois réveillée, endormie, en forme ou pas). Elle pense que mon corps va finir par lâcher. Résultat: un échec total. S’il ne me coûte pas d’aller me coucher après minuit, je n’arrive pas à me lever à 6h…Mon sommeil est toujours très morcelé et quasi inexistant à ce moment-là…Je suis sur les rotules en permanence. Bref, au bout de quatre mois, je m’écroule et j’abandonne cette thérapie.

Entretemps, j’essaye également les nuits blanches à répétitions (certaines exprès, d’autres pas), sortir jusqu’à pas d’heure et boire un demi-litre de bière en 5 minutes avant d’aller me coucher (horreur parmi les horreurs, mon corps a tremblé toute la nuit et je n’ai pas fermé l’oeil) sous le conseil « avisé » (hum) d’une connaissance.

Ensuite, je tente l’hypnose avec un praticien assez spécial, et je suis gentille quand je dis ça…En fait, le type en question me fait payer 75€ la séance (je suis désespérée, je paye, malgré mes maigres revenus) pour ne me faire que 3x de l’hypnose au total et discutailler 5 autres fois pendant 30 minutes tout pile. Je me fâche pour ce que je considère être une arnaque pure et simple et je le dénonce à l’institut dans lequel il travaille. Institut qui pour noyer le poisson m’offre une séance de groupe pour apprendre l’autohypnose. Je suis choquée, je n’y vais pas.

Je me souviens alors de vidéos d’hypnose sur youtube d’un certain Benjamin Lubsinsky (le lien se trouve dans la page « ressources bonheur« ) et je commence à en écouter certaines. Elles ont un bel effet sur mon angoisse et pas beaucoup sur mon sommeil, mais quand même, je m’endors plus facilement. Malheureusement, je pars en vacances en Espagne et à nouveau, même m’endormir redevient un problème. Je m’essaye alors à la mélatonine (qu’on peut acheter,  en Espagne, sans prescription  alors qu’en Belgique, pas encore). Je prends l’hormone du sommeil pendant un mois mais ça ne marche pas. Vraiment, il n’y a pas de différence.

Je lâche alors (en partie) prise et je fais une nuit (une seule, hein) de 8h30 (oh, miracle). Je me sens mieux. Anyway, c’est l’été (2016) et la lumière m’aide à supporter ces nuits sans fin.

Depuis, la situation évolue lentement mais sûrement. Je continue à prendre de la valériane par périodes. Je fais également des cures de six mois d’oméga 3 (l’huile de poisson a un effet anti-inflammatoire sur mes allergies et fait du bien à mon cerveau) et  des cures de probiotiques (très efficaces sur mes soucis digestifs). En outre, je me suis aussi fait prêter une lampe de luminothérapie (que j’utilise très mal) par une amie et j’ai fait quelques séances d’emdr (la thérapeute qui me fait ces séances, que je trouve efficaces, décrète après 4x que ce n’est pas pour moi. Elle trouve que mes angoisses sont trop fortes. Mouais).

J’ai eu de meilleures périodes en 2017 mais rien de transcendant sur le long terme et il y a quelques semaines, je me suis mise au neurofeedback. Ce n’est que le début d’accord, d’accord et donc je ne peux pas encore vous dire si c’est efficace ou pas.

Voilà, je pense que mon inventaire est terminé (pour le moment). J’espère que mon récit pourra aider quelqu’un. Si vous avez d’autres pistes, conseils, questions, n’hésitez pas.

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Entre éducation bienveillante et laxisme, il y a une marge

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Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, depuis quelques années, en ce qui me concerne, j’ai l’impression de voir chez certains nullipares (je n’aime pas ce mot mais ça va plus vite que de dire personnes qui n’ont pas d’enfants) et quelques personnes dont les progénitures sont grandes et qui ont oublié ce que c’était d’être/d’avoir un enfant, se développer ,une forme de, comment l’appeler?, d’agressivité envers les enfants.

Ce genre de personnes parlent de nos petits comme s’il étaient la représentation sur Terre du mal incarné. Ils les décrivent comme  étant tous capricieux, gâtés pourris, bruyants et j’en passe. La cause invoquée? cette mode de l’éducation bienveillante et positive.

Personnellement, ce genre d’idée préconçue-dont j’ai remarqué la propagation dès que je me suis séparée et que j’ai du chercher un appartement pour mon garçon (qui n’était alors qu’un bébé) et moi-, me laisse pantoise.

J’admets qu’il y a des enfants-rois-tyrans mais ce n’est pas la majorité (j’ai des yeux pour observer) et je me demande en quoi le fait de respecter et de discuter avec nos enfants au lieu de leur asséner une claque et de les envoyer au coin ou au lit, sans manger, à la moindre incartade commise, les rendrait insupportables. Je ne vois pas le rapport avec le laxisme, avec le « tout laisser faire ».

Je ne suis pas une mère parfaite (je crie fort quand je me fâche), je ne suis pas une férue des livres d’éducation (je n’ai d’ailleurs jamais lu de livre sur le sujet), je ne suis aucun mouvement en particulier  mais je suis POUR l’accompagnement et le respect de nos futurs adultes (« Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain »  n’est pas qu’une phrase toute faite). Je trouve qu’il est important d’exprimer les choses  et ne pas juste interdire, engueuler comme du poisson pourri et punir.

Il va de soi qu’il y a des choses qu’on ne peut pas laisser faire, laisser dire,  laisser passer. Il est évident que les enfants doivent apprendre la politesse, les bonnes manières, le respect, mais on ne peut pas dire qu’un enfant de quatre ans est mal élevé parce qu’il ne ramasse pas ses miettes dans le bus (oui, je l’avoue, c’est du vécu). Il faut lui laisser le temps d’apprendre (ce n’est pas un adulte) et arrêter de mettre la pression aux parents qui ne peuvent plus faire un pas sans  être critiqués.

En même temps, j’écris tout ça mais j’ai souvent l’impression que je suis la seule à voir les choses de cette manière et je me sens incomprise. Je sais que ce n’est pas pareil partout, je ne fais pas de généralisation mais j’entends quand même beaucoup ce genre de discours sous nos latitudes et je me demande, de plus en plus, ce qu’il se passe.

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Homme debout ou homme idéal?

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Je participe à des ateliers d’écriture depuis deux ans et dernièrement, lors d’une session, chacun a du s’exprimer sur ce que signifiait, pour soi, le concept d' »homme qui marche debout ».

Personnellement, j’ai écrit ceci:

« Un homme qui marche debout, c’est un être humain qui ne rampe pas, qui ne se déplace pas en chaise roulante, qui ne se tient pas sur des béquilles. Dans sa tête.

C’est quelqu’un à admirer, quelqu’un qui n’est pas lâche et qui affronte. Quelqu’un qui fait toujours en sorte d’être « correct » et qui s’efforce jour après jour de devenir la meilleure version de lui-même. Sans tomber dans les excès du perfectionnisme, toutefois.

C’est quelqu’un d’équilibré, qui sait ce qu’il veut et qui se bat pour atteindre ses objectifs.

C’est quelqu’un qui avance, qui n’a pas peur de se tromper et qui sait que l’échec fait partie intégrante des apprentissages de la vie.

C’est quelqu’un de suffisamment sûr de lui, de suffisamment bien dans sa peau, de suffisamment heureux.

C’est quelqu’un qui n’est pas dupe, qui ne plie pas sous le poids, qui sait mais qui, parfois, accepte de suivre certaines règles bien établies. Du moins, extérieurement.

C’est quelqu’un sur qui l’on peut compter, qui est « là » même quand il semble pris dans un ailleurs.

C’est quelqu’un qui s’émeut.  C’est quelqu’un qui se lie mais ne s’oublie pas.

Un homme debout, c’est,  peut-être, simplement,quelqu’un de bien, après tout »

En me relisant, je me suis dit que j’avais plus fait une description personnelle de l’homme idéal que de l’homme debout et cela m’a fait sourire.

 

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La dangereuse, une femme libre

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Pour ce livre coup de poing, j’ai choisi de vous retranscrire trois extraits parlants plutôt que de, simplement,  copier-coller son résumé. Vous comprendrez pourquoi.

« Une femme qui montre son corps est une pute.

Une femme qui parle de son corps est une pute.

Une femme qui prend la parole est une pute.

Une femme qui tient tête est une pute.

Une femme qui a du plaisir est une pute.

Une femme qui éprouve de l’amour est une pute.

Une femme qui a dit non à un homme est une pute.

Une femme qui revendique sa liberté est une pute.

Une femme qui est une femme est une pute.

Toutes les femmes sont des putes »

 

« Je veux être une pute, comme dans les films que je vois à la télé.

Je veux être belle comme les putes, je veux danser comme les putes, je veux faire du cinéma comme les putes, je veux être habillée et maquillée et bien coiffée comme les putes. Je veux conduire des voitures comme les putes. Être une femme libre comme les putes ».

« Comme je ne connais toujours pas le mot « actrice » et que j’ai bien intégré qu’il ne faut pas dire que je veux être une pute, je désigne à ma prof les actrices en les appelant « hadouk« : « les autres ». Elle: « les autres quoi? » Moi: »je suis allée voir les autres, parce que je veux faire comme elles plus tard. » Elle: « Mais c’est qui, les autres?  » Je m’approche d’elle et je lui chuchote à l’oreille: « je suis partie voir les putes, parce que c’est ce que je veux faire plus tard! »

Loubna Abidar est née en 1985 au Maroc et apparemment , en 1985 (et plus avant),  les femmes s’y font encore traitées de putes, pour tout et n’importe quoi, voire pire, si elles n’obéissent pas et n’acceptent pas d’êtres soumises à leur famille.

Elle, elle ne veut pas du sort réservé aux femmes dans son pays. Elle refuse la tradition. Elle veut être libre, faire ce qu’elle a envie (des films en l’occurrence) de faire et ne, surtout, pas dépendre de l’approbation de qui que ce soit.

Dans ce livre choc, elle raconte sa vie, son parcours, ses débuts compliqués (et c’est un euphémisme) au cinéma (Les Transporteurs, Much loved).

Dans ce livre, elle dénonce l’hypocrisie d’un monde machiste, plein de tabous, qui condamne ce qu’il permet et encourage officieusement.

Un roman tout à fait d’actualité. Je vous le recommande. #timesup

 

 

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Ce que l’insomnie m’a appris

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Pour que vous (me) compreniez, je vais vous parler de ma life. Du pourquoi du comment je suis arrivée aux insomnies.

Pour faire trash mais vrai, je dirais que la leucémie m’a détruit la vie (détails ici). D’une enfant heureuse, indépendante et joviale, je suis passée à une ado déprimée, épuisée et dépendante.

J’ai connu les mauvais traitements par le personnel hospitalier lorsque j’étais malade, les moqueries et le harcèlement scolaire (on n’en parlait pas à l’époque) pendant ma convalescence.  Pour couronner le tout, j’avais un entourage proche, loin d’être à la hauteur de la situation (je n’en dirai pas plus par pudeur).

A dix-huit ans, j’avais intégré l’idée que j’étais bizarre, faible, anormale, insatisfaite chronique et j’en passe. Il n’y avait que les études qui me permettaient de tenir debout…car malgré tout, je réussissais.

A 24 ans, lorsqu’à la remise des diplômes de traducteurs, le directeur de l’institut a cité mon nom, j’ai paniqué.  Je ne m’aimais pas ou je me détestais, au choix, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire. Cependant, comme je ne sais pas rester sans rien faire, j’ai quand même pris  l’option: s’inscrire dans des agences intérim et accumuler les CDD jusqu’à trouver le métier qui me convienne. Malheureusement, la réalité m’aura très vite rattrapée. Je ne parlais pas le néerlandais et cette langue, dans mon secteur, était devenu indispensable, à Bruxelles, en quelques petites années (le temps de mes études). Je me suis prise une claque monumentale. Diplôme ou pas, il était très difficile de trouver un boulot, quel qu’il soit. J’ai alors enchaîné cours, travail où il n’y avait rien à faire, stage où l’intitulé et la fonction n’avaient rien en commun, taf où j’ai subi du harcèlement moral et finalement, job à Barcelone, un peu plus sympa mais très mal payé.

J’ai finalement craqué à 26, 5 ans. Au programme, grosse dépression et agoraphobie sévère.

Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait et un médecin n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous antidépresseurs (enfer qui m’aura plongé, pour de bon, dans les troubles du sommeil et dans lequel je suis restée pendant sept ans) en insistant sur le fait que sans, je m’en sortirai très difficilement. Désespérée, j’ai pris les pilules.

Je culpabilisais d’être comme j’étais, de me sentir si différente, si à côté de la plaque et il m’aura fallu le sevrage, sept ans plus tard, pour me réveiller . J’avais 33 ans (presque 34) et un petit garçon de 3 ans. Mon fils a été/est ma motivation suprême. Je ne voulais/veux pas d’une maman « zombie » pour lui.

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A la fin du sevrage, j’étais tellement mal physiquement, psychologiquement et même neurologiquement (je vous ferai grâce des symptômes) que j’ai été obligée de prendre du temps (chose totalement inconcevable, pour moi, qui ne vivait que dans l’action et plus particulièrement, le devoir)….Je me suis alors posée et j’ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ce que j’avais subi n’était pas de ma faute, que je n’étais ni bizarre ni faible, ni anormale mais surtout le contraire, que j’avais toutes les raisons du monde d’être insatisfaite. J’ai compris que j’avais été maltraitée ou ignorée pendant les 2/3 de ma vie et qu’il était normal que je ne tourne pas rond.

Aujourd’hui, je ne suis plus dépressive malgré des difficultés d’endormissement, un sommeil en dents-de-scie, non-récupérateur, des angoisses nocturnes et une vive colère (que je canalise de mieux en mieux). J’ai la positive attitude en journée, vraiment. Je ressens comme un élan de vie en moi qui était tombé dans le coma à mes 11 ans et demi. Je suis de plus en plus bienveillante envers ma personne, je récupère un genre de confiance en moi (ça fait vraiment « moi, je », je sais :-)), je culpabilise de moins en moins et je m’entoure mieux. En résumé, j’apprends à me connaître et à prendre soin de moi.

Malgré tout, j’ai bien conscience du fait que le chemin à parcourir est encore long. Je ne dors pas et il y a des traumatismes dont je ne suis pas remise. Je sais qu’il me faut encore du temps pour transcender tout ça et le transformer en quelque chose de positif. La différence avec « avant », c’est que je me sens moins paumée, plus en paix et que je crois qu’il est possible qu’un jour, je me sente, complètement, bien.

Précédents articles sur le sujet: ici et

 

 

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N. et le pays magique

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Mon fils avait 3,5 ans la première fois qu’il a visité un cimetière. C’était celui où se trouvent mes grands-parents, à Alicante, en Espagne, et où je vais avec ma mère chaque fois que nous retournons dans ces terres.

Je ne savais pas si c’était bien ou pas bien d’y emmener un enfant si jeune. Je n’avais personne pour le garder et franchement, je ne m’étais jamais posée la question.

Je parle beaucoup à mon garçon, en général, de tas de choses mais j’estimais que 3,5 ans, pour aborder la mort avec lui, c’était trop tôt. Par conséquent, lorsque nous avons pris le bus pour nous  rendre au cimetière, je ne lui ai rien expliqué à part que nous allions faire une petite visite à mes grands-parents et acheter des fleurs pour eux.

Arrivés sur place, le petit a couru, joué dans les allées, pendant que ma mère et moi, nous prenions l’échelle et nous nous occupions de placer les fleurs sur les deux niches de mes grands-parents…Et nous étions sur le point de repartir lorsque tout à coup, N. s’est exclamé: « Mais ils sont où ton papy et ta mamie, maman? ». En fait, il s’était réellement attendu à les rencontrer. Je n’ai pas su quoi répondre (je me voyais mal lui raconter que mes grands-parents étaient chacun dans une boîte, à l’intérieur d’une niche) à part qu’ils étaient là mais qu’on ne les voyait pas. Ce qui n’a pas eu pour effet de le rassurer. Il m’a alors demandé: mais, pourquoi, on ne les voit pas? ça l’a effrayé.

Ma maman a alors trouvé une parade: celle du pays magique. Elle lui a raconté que les gens allaient dans un endroit qui s’appelait le pays magique quand ils étaient très vieux et/ou très malades. Elle a ajouté qu’ils y étaient bien mais qu’ils ne pouvaient pas en revenir. Il s’est calmé…sauf que, cette question a commencé à le travailler…et que le jour où Hatchi (Hachiko ) est passé à la télé et que le personnage joué par Richard Gere est décédé sous le coup d’une attaque foudroyante, N. a paniqué et s’est mis à pleurer. Il nous a dit qu’il ne voulait pas que cela nous arrive. On l’a consolé et puis, il a fini par tirer ses propres conclusions. Il s’est rassuré lui-même et s’est exprimé en disant que puisque nous n’étions ni vieux ni malades, la mort ne risquait pas de venir nous chercher de sitôt.

Après cette épisode, le pays magique a continué à l’obséder pendant longtemps (jusqu’à récemment). Il nous a posé des tas de questions, du style: c’est comment là-bas? est-ce qu’il y a des dinosaures? est-ce que le pays magique pour les chiens est différent de celui des personnes? ça n’arrêtait pas.

Il nous a faits peur aussi à certains moments. Notre description de l’endroit étant trop positive, il lui est arrivé d’en parler comme s’il voulait y aller.

Réagir en tant que parent (occidental) n’a pas été chose aisée. Entendre ce genre de propos de la bouche d’un enfant de 4 et 5 ans, est assez déstabilisant et je me suis posée beaucoup de questions sur la façon dont j’aurais vraiment du réagir ce fameux jour au cimetière. A aucun moment, je ne m’étais attendu à ce qu’un petit bonhomme qu’on voyait à peine sur le sol s’interroge autant sur le sujet. Je n’avais pas de point de comparaison étant donné que le contexte de nos enfances respectives est complètement différent: Il est fils unique, petit enfant unique. J’ai un frère, plein de cousins-cousines et la fracture enfant(s)/adulte(s) était plus grande à l’époque, j’ai l’impression.

Récemment, je me suis aperçue que le thème lui faisait moins peur et qu’il semblait l’avoir intégré. A sa manière … car j’ai le sentiment qu’il ne comprend pas, réellement, ce que la mort implique. Il est encore fort immergé dans l’univers magique et imaginaire propre aux enfants. Je crois que c’est tant mieux.

Et chez vous, est-ce que vos tous petits, se préoccupent-t-ils déjà de ce genre de sujet? Comment avez-vous fait pour les rassurer?

 

 

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Les conséquences d’un sommeil pourri

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Les conséquences de mon sommeil pourri, je les avait déjà effleurées dans mon précédent article sur le sujet mais je n’en avais pas parlé avec détail. L’article aurait été bien trop long.

Alors, j’insiste, ce n’est pas dans une complainte que je me lance. Je ne suis pas malheureuse. Mon but, avec cette série d’articles, est, vraiment, de sensibiliser les gens à l’insomnie qui peut constituer un véritable trouble à elle seule et pas uniquement un « banal » symptôme d’autre chose.

Les conséquences sont multiples et chez moi, elles donnent ceci:

Au niveau physique, c’est simple et bête. En cas de crise d’insomnie (quand je ne dors pas ou pratiquement pas pendant plusieurs jours d’affilée), je suis, d’abord, fatiguée.  Fatiguée au point de devoir tout faire au ralenti. Une activité, une pause, une activité, une pause. Je ne peux pas mieux faire.

Lorsque je danse (l’une de mes activités préférées), je m’essouffle beaucoup plus rapidement et je suis comme désaccordée. Je ne suis pas le rythme. Ce n’est pas grave en soi mais c’est dommage.

J’ai souvent un état grippal aussi: des courbatures, une sensibilité accrue aux oreilles, à la gorge. Je suis très souvent enrhumée.

Et puis, je manque d’appétit et souffre beaucoup plus de l’estomac (une de mes faiblesses à la base).

Au niveau psychologique, je suis beaucoup plus anxieuse, constamment à fleur de peau, beaucoup plus sensible aux stimuli, comme la lumière ou le bruit. J’angoisse beaucoup à l’idée de devoir me lever tôt pour emmener le petit à l’école ( J’ai toujours peur de ne pas y arriver. Comme, il est en primaire, il ne peut plus vraiment manquer).

Au niveau cognitif, ce sont mes facultés pour écrire qui en prennent un coup. J’ai un gros nuage dans le cerveau. Je ne sais plus faire de belles phrases. C’est râlant parce que j’ai envie de dire tellement de choses mais j’ai besoin de plus de temps. C’est un fait. Je suis beaucoup plus lente et trouver le bon mot me demande plus d’effort. Écrire une lettre courte peut me prendre une semaine.

A part ça, j’oublie aussi des choses. Ma mémoire a court terme est un peu abîmée.

En fait, c’est ça, je vis ma vie, à contre courant, plus doucement, avec l’obligation de planifier souvent alors que je suis de nature spontanée . Ce n’est pas grave de vivre plus lentement. Je sais que le rythme actuel ne me conviendrait pas. Les problèmes de santé m’ont obligés à prendre le temps de réfléchir, à me poser et j’avoue qu’entre autres, je ne comprends pas cette société qui nous impose de courir tout le temps. Ce n’était pas comme ça, il y a trente ans, si?

Comme vous le voyez, les conséquences ne sont pas anodines mais il n’y a pas que du mauvais. J’approfondirai la question dans un troisième et dernier article.

 

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Vice-versa ou les émotions accessibles aux enfants

Vice-versa-émotionsSi dans ma vie, il y avait un moment propice pour que le dessin animé Vice-Versa soit diffusé à la télé, c’était bien celui-ci . Mon fils m’ayant fait une semaine de crises monumentales (première fois qu’il m’en fait d’une telle ampleur), je cherchais un moyen de lui expliquer les émotions. Ce film m’a beaucoup aidé à y parvenir.

Mais d’abord le pitch:Grandir n’est pas de tout repos, et la petite Riley ne fait pas exception à la règle. À cause du travail de son père, elle vient de quitter le Midwest et la vie qu’elle a toujours connue pour emménager avec sa famille à San Francisco. Comme nous tous, Riley est guidée par ses émotions – la Joie, la Peur, la Colère, le Dégoût, et la Tristesse. Ces émotions vivent au Quartier Général, le centre de contrôle de l’esprit de Riley, et l’aident et la conseillent dans sa vie quotidienne. Tandis que Riley et ses émotions luttent pour se faire à leur nouvelle existence à San Francisco, le chaos s’empare du Quartier Général. Si la Joie, l’émotion dominante de Riley, tente de rester positive, les différentes émotions entrent en conflit pour définir la meilleure manière de s’en sortir quand on se retrouve brusquement dans une nouvelle ville, une nouvelle école et une nouvelle maison. source

Et mon avis ensuite: alors comment dire? Mon avis est moyen +. Le principal intéressé, à savoir N., a aimé . Il a non seulement bien réussi à distinguer les différentes émotions (il en manquait quelques-unes quand même) mais également à comprendre le plus gros de l’histoire. Cela dit, j’ai bien vu que pour l’enfant de (juste) six ans qu’il est, suivre tout le fil des péripéties et des balades dans les différentes îles n’a pas été chose aisée.

En ce qui me concerne, ce qui m’a plu c’est le message de la fin; à savoir, la tristesse, c’est aussi ok (quelque chose que l’ont conçoit de moins en moins dans ce monde d’automates, où il faut se remettre de tout très vite). En conclusion et même s’il n’est pas parfait, je trouve que ce film est un point de départ intéressant pour introduire les enfants au monde des émotions.

 

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L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas?

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Je suis insomniaque. Insomniaque depuis neuf ans et personne ne peut, vraiment, comprendre ce que je vis au quotidien. Il faut vivre les choses pour pouvoir  se mettre à la place des autres . C’est normal. Je trouve que l’insomnie est assez banalisée (à mon détriment) et mon intention, à travers ce texte, est de vous expliquer ce que représente cette saloperie dans le quotidien d’une personne.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais été une grande dormeuse . La sieste, quand j’étais petite, j’ai vite abandonnée. Lorsque j’étais ado, je trouvais même que dormir, c’était perdre son temps et qu’il y avait bien plus intéressant à faire. Je connus quelques insomnies à cette époque mais rien d’alarmant (pendant les examens ou lorsqu’il arrivait quelque chose qui me stressait beaucoup). C’était ponctuel. Et puis vint ma dépression de 2007 et son lot de médicaments que j’ai pris pendant sept longues années, à cause d’un mauvais suivi (c’est pas comme dans les films, trouver un médecin qualifié dans ce domaine, c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin: c’est toi et ta chance et la mienne était aux abonnés absents). Ces drogues, je n’ai pas peur de le dire, ont détruit mon sommeil.

En 2015, lorsque je suis arrivée à me débarrasser de ces cochonneries, je ne dormais plus. Mais alors plus du tout. Je passais mes nuits à me promener dans mon appartement.

Pour tenter de rétablir mon sommeil, j’ai essayé des tas de trucs: labos du sommeil qui n’ont rien révélé d’anormal  (à part des micro-réveils toutes les 30 secondes, ok…) plantes, alcool, sortir très tard, hypnose, emdr, privation de sommeil à la militaire jusqu’à tomber par terre. J’ai ainsi passer des 10-11 nuits d’affilée à ne dormir qu’une heure. Les autres , je les passais à me réveiller et à me rendormir . J’avais l’impression de devenir folle.

Insomnie-handicap

Ensuite, j’ai un peu récupéré des heures de qualité par ci, par là: 3h d’affilée et je sautais au plafond de joie. Depuis c’est un peu mieux, assez aléatoire et mes nuits se passent à peu près comme ça:

  • Je vais me coucher aux environ de minuit, parfois plus tard, je prends mes capsules d’homéopathie, et ensuite, je lis jusqu’à ce que mes paupières se ferment toutes seules. ( En hiver, c’est très difficile de supporter ce rythme quand je dois me lever le matin tôt pour emmener le petit à l’école). Parfois, ça marche et j’en ai pour 3-4 heures, voire 5-6 (si j’ai de la chance) de tranquillité sur la nuit. Parfois, pas du tout et mes yeux se rouvrent dès que j’ai éteint la lumière et …je n’ai plus qu’à reprendre ma lecture.

Si je dors 5-6 heures de suite, je peux considérer que c’est une bonne nuit. Je peux difficilement aspirer à plus. J’ai eu un pic de 8h30 en 2016 et un autre de 10h en 2017 mais ça ne s’est produit qu’une seule fois à chaque fois.

Il y a des périodes de crise (comme là maintenant depuis le 30 décembre environ) où mon sommeil est très très court et extrêmement non-récupérateur et des périodes de récupération qui durent 4-5 jours (si j’ai de la chance) et pendant lesquelles je fais ces 5-6 heures d’affilée.

En 2015, j’étais un véritable zombie. J’avais besoin d’aide pour tout: ça allait d’écrire un simple texte en passant par me faire à manger, à s’occuper du petit quand je n’avais pas la force.

Ensuite, cela a progressivement évolué dans le bon sens grâce à ces périodes de récupération dont je parle ci-dessus…mais c’est loin d’être le paradis. C’est encore relativement  (et même très, par moments) difficile à gérer.

Quand on me demande comment je fais pour supporter tout ça, je réponds  que je ne bosse pas. Cela évite, du coup, les jugements hâtifs, sur ma condition de personne touchant des revenus de remplacement (en fait, les gens ne savent pas vraiment quoi dire).

La pire question qu’on peut me poser, c’est pourquoi? genre, c’est quoi qui te préoccupe à ce point pour que tu ne dormes pas? Là, je réponds : rien, c’est neurologique, on peut rien faire. Je pense, honnêtement, que si au moindre stress, il faudrait qu’on arrête de dormir,  personne ne dormirait plus jamais. Il y a toujours l’une ou l’autre raison d’être vaguement stressé. En réalité, ce qui m’inquiète le plus, c’est justement ce problème de sommeil qui perdure …

Le gros point positif à l’affaire, c’est que je vois plus mon fils qu’une maman qui travaillerait toute la sainte journée… mais franchement, j’aurais préféré  être une maman qui va bien et le voir un poil moins.

L’insomnie chronique, qu’on se le dise, ce n’est pas drôle,  c’est être toujours à fleur de peau et c’est handicapant.

Mais bon, comme dirait ma mère, il y a pire dans la vie …N’est-ce-point?

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Ole, Fernando !

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Pas plus tard que mardi (déjà mardi?), je suis allée voir en compagnie de mon petit cinéphile de fils (oui, à priori, les dessins animés, ce n’est pas pour moi), le film Ferdinand, mettant en scène des taureaux de combats.

Synopsis: Ferdinand est un taureau au grand cœur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d’origine. Bien déterminé à retrouver sa famille et ses racines, il se lance alors dans une incroyable aventure à travers l’Espagne, accompagné de la plus déjantée des équipes ! source

Mon avis: j’ai été très agréablement surprise par ce film. J’avoue, j’avais vu que les critiques étaient plutôt bonnes, voire très bonnes, mais je ne me doutais pas que j’allais autant me marrer.  Cependant, ce n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai aimé ce dessin animé. En fait, Ferdinand est un taureau atypique (ou pas!) qui aime les fleurs (d’ailleurs, dans la première scène, il apparaît, encore taurillon, avec un petit seau accroché à la gueule pour arroser une jolie fleur rouge) et qui refuse de se battre. Il n’en voit pas l’intérêt. Le truc c’est qu’il est à l’image du gars que tout le monde aime bien. Il est sympa, authentique, pur, naïf (comme les enfants). Il n’essaye pas de rentrer dans le moule que les hommes et autres animaux veulent lui imposer.Enfin, il y a l’Espagne (évidemment). J’ai bien reconnu Ronda (Málaga) et Madrid.

Par conséquent, si vous ne savez plus quoi faire de vos enfants pendant ces vacances ou que vous avez envie de les emmener voir un film, mais ne savez pas lequel, un seul conseil: allez vite découvrir Ferdinand !

 

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Zèbre ou pas? Le doute plane

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Je ne me suis jamais sentie bête (à part pendant mes études supérieures) mais je ne me suis jamais prise pour Einstein non plus.  L’image de la douance renvoyée par les médias étant ce qu’elle est, à savoir, celle de génies telles que Einstein,justement, je ne me suis jamais posée la question de savoir si j’étais un haut potentiel ou pas.

Et puis, par un concours de circonstances (ou pas), il y a environ trois ans alors que je me retrouve mêlée dans un débat politique (bon, politique de comptoir, hein)  dont facebook a le secret, je me fais interpeller par un gars:

Lui: « je t’ai reconnue ».

Moi: « ah bon, on se connaît? Ta tête (celle de son profil) ne me dit rien pourtant »

Lui: « non, c’est pas ce que je veux dire. Tu es zèbre. C’est ça que j’ai reconnu en toi »

Moi: « euh, non, je suis humaine (vous l’avez compris, je ne voyais pas où il voulait en venir).

On parle un peu et il me conseille de lire l’ouvrage »Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin. Je le loue à la bibliothèque (ben oui, je n’ai rien à perdre) mais ce livre ne me plaît pas. Je traverse une phase très compliquée et je sens que cette auteure décrit une grande dépression et pas ce que je rattache, moi, à de la douance. Non, ça ne peut pas être ça la surefficience. Non, je ne veux pas en être. Non, ça m’enfonce plus qu’autre chose, vraiment, je préfère laisser tomber.

L’année suivante, donc en 2016, c’est une docteure nutritionniste holistique chez qui je me rends pour apprendre à manger qui me conseille la lecture de « Je pense trop » de Christel Petitcollin. Je lis les cinquante premières pages, je me reconnais dans le mode de pensées et puis, sa lecture finit par m’ennuyer (je le trouve très répétitif) et je laisse tomber à nouveau. Je ne vois toujours pas ce que ça pourrait changer à ma vie de savoir que je le suis.

Enfin en 2017, je tombe sur les vidéos de Catherine VO.S (voir lien dans la page « ressources bonheur« ), une psy qui traite du sujet et là, bam, la grosse claque, je me reconnais totalement…Elle parle d’hypersensibilité, d’arborescence, de sentiment de décalage, …mais cette fois, de façon positive. Elle est hp, elle-même, elle semble savoir de quoi elle parle. Là, c’est la révolution dans mon petit monde, je cherche à aller faire des tests,  je m’inscris sur un forum spécialisé, je lis encore plus de livres, cherche encore plus de témoignages-vidéo, passe ma vie sous un nouveau filtre, me pose des questions sur le petit.

Je prends alors rendez-vous chez une psy pseudo-spécialisée mais le courant ne passe pas et je commence à me (re)dire (oui, c’est une constante) qu’à mon âge, de toute façon, ça ne me sert plus à rien de me faire « diagnostiquer » dans la mesure où ma vie est plus ou moins « faite ». Je décide, tout de même, de continuer à creuser pour mon fils, étant donné ses difficultés à l’école et ses  centres d’intérêt et préoccupations différentes des autres enfants de son âge. Je ne vais, cependant, pas jusqu’au bout de ma démarche. Non car après une rentrée et une moitié de premier trimestre très compliqué en primaire, il a l’air d’aller beaucoup mieux. Je préfère, par conséquent, surveiller et attendre encore un peu.

En revanche, en ce qui me concerne, j’ai, finalement, pris rendez-vous, dans un centre spécialisé. A partir du moment où j’ai vu les vidéos citées plus haut, je n’ai plus réussi à vivre et à considérer mes relations avec les autres, comme avant et passer les tests est devenu un besoin.

Maintenant, si je me goure, complètement, et que je découvre que je ne suis pas sur-efficiente, va savoir comment je réagirais. Je sens qu’une réponse positive m’apaiserait et qu’une réponse négative ne me ferait pas du bien car cela voudra dire « rester sans réponse » par rapport à une différence que j’ai toujours ressentie, sans pouvoir y mettre les mots.

Je passe les tests début 2018. D’ici là, il faudra prendre mon mal en patience.

Suite, au prochain numéro donc …

Surefficience, douance, hp, zèbre = quatre mots qui veulent dire la même chose 🙂

 

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Six

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Nicolas, aujourd’hui, ça fait six ans que tu es là. Six ans que je me suis réveillée un peu « mouillée » en pleine nuit et que je me suis dit que le moment était peut-être venu … Tu sais, il m’est très difficile de te décrire parce que l’émotion me prend, me tord et que rien de correct ne me vient.

Comment exprimer en quelques phrases ce que tu représentes ? Je ne sais pas comment les autres mamans font. Pour moi, ce que je tape, j’écris, n’est jamais assez juste pour dire à quel point ta venue au monde, tes premiers pas m’ont bouleversée, transformée, obligée à re-pousser mes limites au delà de ce que jamais, je n’aurais pu imaginer. Je ne sais pas comment on le dit pour que ça fasse joli.

Comment communiquer que je m’améliore, je me révèle parce que tu es là, parce que tu es ma boussole, mon moteur, ma douce folie et mon plus grand défi (oui, tout ça, à la fois) ?

Je pourrais passer des heures à parler de ta façon d’être au monde, de ta manière de mettre la main à la pâte, raconter ton rire, tes farces, tes actes, l’intensité de tes »je t’aime maman » au réveil mais … ça ne serait jamais suffisant.

Je pourrais passer des jours à dire ta gentillesse, ta tendresse, ta sensibilité mais … personne d’autre ne verrait ce que moi je vois.

Je pourrais aussi expliquer tes jeux, tes danses, tes discours à Georges, ton attachement à Fluny mais … peu de monde comprendrait , alors je préfère garder tout ça pour nous et simplement te souhaiter un merveilleux anniversaire, mon poussin.

Six ans, tu as, aujourd’hui et moi, après tout ce temps passé ensemble, je n’en reviens toujours pas que tu sois dans ma vie. Merci d’être là, mon cœur. Merci d’être toi.

Ta maman qui t’aime.

 

 

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Lille pour contrer la déprime hivernale

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Jeudi soir, je me sens déprimée. Ma semaine a été plutôt difficile et j’ai besoin de changer d’air. Je demande à l’une de mes meilleures amies si elle a envie  de faire une virée à Lille (la ville à l’étranger où on arrive le plus rapidement depuis Bruxelles, je crois) ou ailleurs. Elle est d’accord mais avec sa crève, elle ne sait pas si ce sera possible. Je lui dis: « ok, tu vois comment ça évolue et puis, tu me dis quoi ». Elle me répond: « ok ». Vendredi matin arrive et  elle me sort: « Bon, on se casse? Je m’achèterai du sirop sur le chemin (c’est pas tout à fait exactement ce qu’elle a dit mais tout à fait ce qu’elle a voulu dire (je la connais depuis belle lurette et sais comment elle pense)) »

On regarde donc pour réserver et je ne sais par quel hasard, j’atterris sur le site de la compagnie Flixbus. De toute ma life, je n’ai jamais pris de car chez eux et je ne sais pas ce que je dois en penser. Je vois le prix pour un aller le samedi 16 décembre à midi et  manque tomber de ma chaise (ok, de mon fauteuil sur lequel je suis à moitié étalée en pyjama alors qu’il est 10h du matin): 6€ par personne . Waouw, je préviens mon amie.

De son côté, elle a regardé pour le tgv mais les horaires-aller ne sont pas compatibles avec ma vie de maman et c’est sans grande surprise, bien plus cher même si trois fois moins long.  On décide alors de couper la poire en deux. Ce sera l’aller en car et le retour en train tgv sncf pour un prix de 19€ . Total: 25€ par personne, donc. On réserve directement (parce que si on attend, vu mon moral, je risque de changer d’avis et puis parce qu’on est vendredi et que notre virée c’est le lendemain qu’elle est censée avoir lieu).

J’avoue que samedi matin, je me demande sérieusement ce qu’on va bien pouvoir faire dans cette ville. J’y suis déjà allée 2-3 fois et Lille n’est pas une grande ville, le tour est vite fait et  pour ce qui est du dépaysement, on repassera.

On prend notre bus gare du nord à Bruxelles. Je suis agréablement surprise. Le car paraît tout à fait convenable (il y a même des prises pour brancher nos appareils), confortable, nous ne sommes pas beaucoup à faire le trajet à cette heure-là, le chauffeur nous accueille sympathiquement et on le découvrira dans quelques minutes, n’est pas brusque dans sa manière de conduire (very important pour moi qui suis hyper sensible à toutes formes de stimuli). Tout démarre donc sous les meilleures auspices. Il y a juste le beau temps qui manque (il « drache » méchamment).

Le voyage dure un peu plus d’une heure 30 et oh, surprise, un peu avant la frontière, le soleil fait son apparition (soleil que nous n’avons pas vu par ici depuis environ un mois et demi). C’est le contraire de dans Bienvenue chez les ch’tis, surtout qu’ on va chez eux, justement.

Première mission en arrivant sur place: trouver un endroit où se restaurer. Mon amie a mangé dans le bus mais moi, j’ai faim. On s’arrête donc à Mezzo di pasta. C’est un peu cher pour ce que c’est mais ça va, la bouffe est potable.

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En sortant du local, on décide d’aller faire un tour sur le marché de noël, Place Rihour. C’est sympa. Les gens ont l’air de bonne humeur malgré les 2°C de circonstance. On y reste un bon moment et puis, on décide de flâner dans les rues ou d’aller se faire une toile (se taper Lille pour aller au ciné, quand même). On passe d’abord à l’UGC (rue de Béthune) où la programmation est plutôt française. Puis au Majestic un peu plus loin sur la même rue, où les films ont déjà commencé. On rentre ensuite chez Stradivarius (magasin de vêtements de la chaîne Inditex qu’il n’y a pas en Belgique) et puis, décidons de faire une pause pipi et café au IT (toujours dans la rue de Béthune). Mon amie tombe alors sur la photo du pont Napoléon dans la gazette et nous nous lançons le défi de le trouver. Il est 17h30 et il fait déjà noir depuis presqu’une heure.

On se trompe, on se perd, on regarde sur google maps, on trouve une librairie (il y en a pas mal par rapport au centre de Bruxelles, j’ai l’impression) où on traîne un peu, on reprend notre chemin et finalement, vers 18h30, après avoir marché longtemps dans une nuit presque noire (les rues un peu plus ex-centrées ne sont quasiment pas illuminées), on tombe sur le fameux petit pont. La marche était agréable, marrante mais il faut bien se l’avouer, le pont en question n’a rien d’extraordinaire. Il permet juste de traverser le canal de la ville.

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En revenant sur nos pas pour rejoindre le centre et puis, la gare, on s’arrête à un Notting Heel coffee, place des Patiniers. Alors que dire de cette chaîne qui nous ramenait à des souvenirs mémorables d’il y a plus de quinze ans dans le vrai Notting Hill? On y a bu un chocolat chaud qui était bien cher, pas très chaud justement et plutôt très mauvais (je sais que ça fait cliché mais je me suis vraiment demandée si le lait utilisé dans sa préparation n’était pas le même que celui pour le maroille). Le lieu n’est pas tellement cosy non plus et nous sommes pressées par les serveuses dans la mesure où elles vont bientôt fermer.

Ensuite, on passe encore par la chambre de commerce où une patinoire (synthétique) a été installée. L’intérieur est vraiment très joli.  On fait encore un bref passage au centre commercial Euralille avant d’embarquer dans notre train, qui a 30 minutes de retard. Finalement, nous arrivons à Bruxelles vers 21h15 après une journée bien remplie, bien fatiguées et puis aussi, apaisées. Comme quoi cela vaut parfois la peine de désobéir à cette petite voix débile que nous avons dans la tête et qui nous dit (me dit, personnellement, rien qu’à moi, surtout en hiver): « non, tu n’y arriveras pas. Non, pourquoi faire, dans quel but? »

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Tu as de la chance qu’il t’aide pour le petit

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Il y a environ un an, je dirais, deux copines ou plutôt une amie et une copine, m’ont sortie cette phrase en parlant du père de mon fils.

J’avoue avoir été un peu interloquée, voire choquée, sur le moment car je ne comprenais pas en quoi j’avais de la chance. Oui, son père s’occupe de lui. Oui, son père me paye une pension pour ses besoins mais en quoi est-ce exceptionnel? C’est NORMAL. Ce n’est pas aider mais jouer son rôle. C’est passer de l’argent parce que l’autre en gagne moins. C’est pour le bien de l’enfant, ce n’est pas un luxe (je ne pourrais pas partir au Bahamas avec le montant de la pension. Enfin, ce n’est pas le but, non plus…Et puis les Bahamas, ça me dit rien en vrai).

C’est ne pas participer qui n’est pas normal. L’enfant, on ne le fait pas toute seule  par l’opération du saint-esprit, que je sache. Nous étions deux au moment de la conception. C’est donc à nous deux de nous en occuper, pour le meilleur et pour le pire, amen. Par conséquent, ce n’est pas moi qui ai de la chance, mais elles qui n’en ont pas eu (je dis « eu » parce que malgré qu’elles soient jeunes, leurs enfants sont grands). Vous voyez la nuance?

Bref, si je vous donne cet exemple c’est parce que trop souvent, depuis, je fais  attention quand j’entends ce genre de discours, et je me suis rendue compte qu’il était extrêmement commun. C’est comme si, prendre soin de son enfant,  pour le géniteur  c’était un plus et que limite, il fallait se prosterner à ses pieds pour ça; alors que pour la mère, c’est normal. T’as fait un choix, t’assumes ma vieille.

Je ne suis pas d’accord !

C’est pareil pour ce qui est du ménage. Il y a environ une semaine, je vois sur FB un message d’une de mes copines dans lequel elle remercie son compagnon de l’aider dans SES tâches ménagères alors qu’ils bossent tous les deux et qu’elle est enceinte de quasi 9 mois. Encore une fois, c’est NORMAL, ce n’est pas de l’aide. Le pire c’est que je lui fais la remarque et qu’elle me répond: « oui, mais il est si gentil, il le fait avec tellement d’amour »…Euh, ouais, et moi qui croyais que tu te prenais pour une grosse   grande féministe …

Ce ne sont, malheureusement, pas les seules remarques qui me font tiquer. Des exemples, il y en a à la pelle et je trouve ça triste qu’au 21ème siècle, des jeunes femmes, supposément, modernes en soient toujours à ce stade.  Corrigez-moi si je  me trompe mais je pense que ce sont toutes ces petites situations « ordinaires », ces phrases faussement anodines, passant inaperçues, qui plus qu’autre chose, font que les choses n’évoluent, pas tant que ça, au final. …

Qu’en pensez-vous?

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Moi aussi, je fais le quiz des autres possibles

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 Je ne suis pas une fan de tags, quiz et autres jeux du style, en général. Celui-ci, je pense qu’inconsciemment, je l’ai déjà fait plein de fois, en essayant d’imaginer la vie que j’aurais eu si je n’étais pas tombée malade à 11 ans. En vérité, je n’y arrive jamais parce que ma vie n’aurait pas été ma vie et que je n’ai pas vraiment réussi à visualiser ce que j’aurais bien pu devenir…Et puis, ça aurait servi à quoi de toute façon? Enfin, bref, pour en revenir à nos moutons, je trouvais le quiz d’Armalite intéressant et léger et j’ai donc décidé de m’amuser à y répondre. Voici ce qu’il en est ressorti:

Le prénom que vous auriez voulu porter: Elisa. Je suis très satisfaite du choix de mon prénom par ma mère. Je l’aime. En fait, je crois même que c’est la chose que je préfère chez moi.
L’époque à laquelle vous auriez aimé naître:  A l’époque des mes parents. J’ai sérieusement l’impression que la vie était plus facile pour les gens nés dans les années 50 et qu’avec ma personnalité et mon caractère de fonceuse, j’aurais eu beaucoup plus de choix et de possibilités au niveau professionnel. J’aurais, également, tendance à croire que l’engagement homme-femme allait plus de soi à l’époque…Malheureusement, on sait pourquoi. En mon humble avis, la libération des mœurs n’a pas eu que de belles conséquences.
L’endroit où vous auriez aimé vivre: Dans une région au climat doux et sec. En Europe du Sud, quoi.
Le métier que vous vouliez faire quand vous étiez petit(e): star de la chanson en perruque blonde (n’allez pas me demander pourquoi, la perruque), sur les toits des immeubles.
Le métier que vous aimeriez faire si vous aviez une deuxième vie d’adulte: danseuse
Le talent artistique que vous auriez aimé posséder: dessiner. Je suis trop jalouse quand je vois le travail de certains illustrateurs.
Le sport dans lequel vous auriez aimé exceller: la danse (ben, oui), même si je pense que c’est plus considéré comme un art que comme un sport.
La qualité que vous regrettez de ne pas avoir: le calme intérieur. C’est plus reposant.
Le défaut dont vous vous débarrasseriez volontiers d’un claquement de doigts: le perfectionnisme, qui peut parfois (souvent??) être un vrai handicap.
Ce que vous changeriez le plus volontiers dans votre physique: je n’aime pas mon visage mais je ne le changerais pas. Je ne voudrais pas courir le risque de ne pas me reconnaître. Sinon, il y a mes fesses qui étaient bien plus fermes et arrondies quand j’étais petite, avant la chimio …mais ce n’est pas, vraiment, un complexe. Je trouve que je ne m’en sors pas mal compte tenu des circonstances.
Le super-pouvoir que vous rêveriez de vous découvrir: voler dans les airs pour aller où je veux, quand je veux.
Le truc auquel vous avez renoncé à regret: aller en Inde avant mes 90 ans parce que je suis une petite nature et que je pense que j’y mourais minimum de la malaria et, surtout, dans d’atroces souffrances. A 36, ça ne me plairait pas. A 90, j’en aurais sûrement moins à fout***.
Voili, voilà. A votre tour, maintenant. Enfin, si vous en avez envie.
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Un hommage particulier

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Mercredi 6 décembre, 4h20: je suis réveillée par un bonhomme tout excité. Le grand Saint doit passer/est passé (?).

6H20: ledit bonhomme ne tient plus en place et j’en ai marre qu’il ne me laisse pas dormir. On se lève. Il découvre son butin tout émerveillé et heureux.

6H50: on petit déjeune, on se prépare.

7h50: on part pour l’école.

8h30: je suis dans le bus, l’angoisse monte, l’impression d’avoir laissé mon fils trop tôt à l’école . Je le revois l’air perdu, tout seul, au milieu de la cour. Je ne suis pas tranquille.

8H50: j’arrive à la maison et paf, j’apprends que Johnny est mort. ça me fait un choc alors que Johnny, c’est pas mon ami. Il me renvoie l’image de tout ce que je ne supporte pas: l’alcoolisme, la drogue, la vulgarité, la luxure, l’infidélité, le mensonge, le profit.

9H43: je repense à ce noël où mon père entonne « Qu’est-ce qu’elle a ma gueule? » en se marrant. Je me souviens alors d’avoir grandi en croyant que Hallyday n’était que belge né en Belgique. Ben oui, parce qu’en Belgique, on n’oublie pas que son père indigne habitait les Marolles  et que les gens parlent de lui comme s’il était d’ici. Je me rends compte que sa mort m’affecte bien plus que prévu.

Jeudi, vendredi, l’image de Johnny me revient de temps en temps.

Samedi 9, 13h27: je ne comprends quand même pas tout ce raffut autour de sa mort. Combien de gens ne meurent-t-ils pas par jour? Combien d’ innocents qui n’ont rien fait, d’ enfants qui n’ont rien demandé?  Combien de personnes pourtant mal parties dans la vie ne s’en sortent-t-elles pas sans faire autant de tapage, en menant une vie bien plus digne d’exemple ? Combien d’anonymes ne renaissent-t-ils pas de leurs cendres après avoir touché et re-touché le fond?

Ouais, je l’avoue, ça me gave à la fin.

Avis aux fans de Johnny, ceci est un avis personnel. Il n’engage que moi. Merci de le considérer et de le respecter comme tel.

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Parce que #metoo

harcèlement petite fille

J’ai 6,5 ans. Je suis en première primaire. Je sais lire, écrire et compter. Je n’ai rien à faire en première primaire. Pourtant, on m’y laisse et le harcèlement commence.

Je suis joyeuse et naïve et je préfère la compagnie des garçons. Je m’entends mieux avec eux. Nos rapports sont plus naturels et j’ai confiance (je n’ai aucune raison de ne pas avoir confiance. Nous ne sommes que de jeunes enfants, après tout).

Un jour de janvier, l’un d’entre eux m’attire dans un coin de la cour et d’autres nous suivent. Pour m’embrasser, me toucher, me peloter. Je me débats, je ne veux pas de tout ça. Je le rappelle, nous avons 6 ans à peine lorsque ça commence, 7 lorsque ça se termine.

Le jour où je réussis à m’extirper de leurs griffes, je cours chez la maîtresse et en me voyant aussi apeurée, elle me demande ce qu’il s’est passé. Je ne veux pas lui raconter. Je suis submergée par un sentiment de … honte. Honte de quoi ? Je ne sais pas, je n’ai rien fait de mal. Le pire c’est que lorsque aujourd’hui, je me rappelle ces faits, le même sentiment m’envahit et je ne sais pas plus expliquer pourquoi. L’éducation que j’ai reçu en tant que fille y est sans doute pour quelque chose mais dans quelle mesure, je ne sais pas.

Pendant des mois, ces garçons dont je ne me souviens ni du visage, ni du prénom, ni du nombre ont joué le même jeu. Pendant des mois, je n’ai rien vu venir. Pendant des mois, les profs n’ont rien remarqué. Moi qui pensait qu’elles étaient là pour surveiller, je me suis bien gourée. Papoter entre elles, c’est ce qu’elles faisaient la plupart du temps. Ah oui, et crier, parce que ça, elles aimaient bien.

Mes souvenirs sont vagues, faut pas croire car 30 années sont passées et que j’ai oublié, refoulé pendant longtemps. Mon premier flash des agressions, puisque oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, je l’ai eu à 19 ans, lorsque ce joli garçon métisse (moitié réunionnais-moitié espagnol, olala) par lequel j’étais attiré a essayé de m’embrasser et que je l’ai repoussé violemment. Pourtant, j’étais déjà sortie avec quelqu’un. Je n’étais pas très expérimentée, certes, mais ce n’était pas la première fois. Je n’ai pas compris pourquoi sa « tentative d’embrassade » a fait remonter ses souvenirs. Peut-être était-ce du à son insistance ou l’impression que même si j’en avais envie, quelque part, je me sentais forcée. Ce jour-là, j’ai compris pourquoi mes rapports avec les garçons étaient devenus si compliqués. Parce que oui, entre temps, ils l’étaient devenus et un sentiment de méfiance m’accompagnait depuis des années, sans savoir pourquoi.

Est-ce que j’en ai parlé ? Non ou peut-être à ma meilleure amie de l’époque mais alors brièvement. J’avais tellement honte, n’est-ce-pas ?

Ce n’est qu’à l’aube de ma 35ème année que, finalement, j’ai osé m’ouvrir sur le sujet. D’abord à ma mère. Puis, à ma psy. Ou inversement, je ne sais plus. Toujours persécutée par cette honte mais quand même, en me disant que si ça revenait à ma mémoire de temps à autre, c’est que ça devait avoir son importance.

La semaine passée, j’ai vu un film sur le harcèlement sexuel en entreprise et j’ai pris conscience du fait que c’était, exactement, ça que j’avais subi à six ans. Six ans, j’ai encore du mal à l’envisager, même si c’est à moi que c’est arrivé.

Ensuite, il y a eu les accusations contre ce producteur, les langues qui se sont déliées et j’ai compris que je n’étais pas seule, que presque toutes ou en tout cas, on était des millions (milliards?) à avoir subi ce genre de choses et/ou pire encore. Mon malaise n’a pas disparu mais je me suis, enfin, sentie le droit d’en parler. Voilà, pourquoi, je le fais ici et maintenant.

Celle-ci est mon histoire la plus dramatique sur le sujet, mais, comme la plupart des filles/femmes, j’en ai subi bien d’autres, moins graves et auxquelles je ne ferais pas allusion (parce qu’autrement, on en finirait jamais).

#metoo

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Plus vite, plus vite, tu es lent comme un escargot …

Je lui ai parlé. Je lui ai dit qu’il y avait des fautes, que la prof allait barrer des trucs. Il a dit ok. On a convenu que c’était comme ça qu’on apprenait, en faisant des erreurs. Alors il s’est calmé.
On s’en fout (passer moi l’expression mais c’est une mère en colère qui parle) si ça leur troue le cul qu’il se trompe, on s’en fout si elles le trouvent lent.
C’est pas lui qui est lent, c’est le système qui est anormalement, infernalement rapide. Je veux pas de ce système pour mon fils.
« Nadie nace aprendido » qu’on dit dans mon pays (d’origine). « Personne ne nait en sachant », quoi. Sinon, ça sert à quoi l’école?
Lui, il sait pas et il apprend. Si ça les fait chier (je suis vulgaire, aujourd’hui), tant pis pour elles. Si elles le font redoubler, tant pis. C’est débile mais tant pis.
On va pas se rendre malade pour ça. L’avenir, c’est pas aujourd’hui. Le futur, c’est le futur et moi, je préfère l’y préparer en faisant en sorte qu’il soit heureux au présent.

Mon fils va dans la même école depuis le début de sa scolarité. Il est en immersion néerlandais-français depuis sa 3ème maternelle et ça ne se passe pas bien. Cela ne se passe pas bien car avant même d’avoir commencé, il a été catalogué et que les maîtresses restent campées sur leurs positions. Le petit a beau progressé dans tous les domaines et faire tout et n’importe quoi, ce n’est jamais bon.

Depuis le début de sa première primaire en septembre, elles n’ont cessé de nous harceler à coup de petits « mots doux » sur ses travaux. Elles insistent sur une lenteur imaginée, sur une autonomie impossible à avoir à son âge. En conséquence, nous leur avons écrit un mot à notre tour, où nous leur demandons de cesser cet acharnement et nous avons lâché prise.

Nous veillerons à ce que l’année scolaire se passe au mieux mais ce sera la dernière au sein de cette école. . Ce sera dur d’en trouver une bonne, qui s’adapte à notre façon de vivre et de voir la vie mais j’ai la foi. Nous y arriverons.

 

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Gifted

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Synopsis : Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques.

Avis: J’ai aimé le film mais cette focalisation (encore!) sur les maths m’a, passablement, énervée. Je crois que c’est, fortement, à cause de cette confusion entretenue, depuis-on-ne sait-quand, que la plupart des gens ont une conception, totalement, faussée de ce que la douance représente.

J’ai trouvé la partie sur l’injustice très bien développée. On nous montre au travers d’un exemple frappant (c’est le cas de le dire) que Mary ne la supporte pas. Pareil pour le mensonge, tout à fait, inconcevable à ses yeux.

J’ai adoré certaines remarques de son oncle « J’ai peur de gâcher sa vie en voulant lui faire vivre une vie normale mais je ne veux, surtout, pas qu’elle finisse comme sa mère », alias sa sœur.

J’ai aussi trouvé super intéressante la scène où il se fâche parce qu’elle n’a pas respecté leur contrat de ne revenir que samedi midi, après avoir dormi chez la voisine. Le vendredi soir, c’est le seul moment de la semaine où il quitte temporairement son rôle de tuteur. Le seul soir où il déconnecte. Moment qui nous rappelle notre statut d’humain. Le message:  « Je t’aime mais la situation est compliquée et sans ces moments à moi, je n’y arrive pas ».

Enfin, ce film nous montre que « génies » ou pas, les enfants restent des enfants et qu’ils ont besoin d’une vie adaptée à leur âge. Ce n’est pas parce qu’un enfant aime apprendre et étudier qu’il se réduit à ça. Un enfant a des besoins d’enfants. Point barre.

Dommage donc pour la focalisation, ô combien, erronée sur les maths.

Note: 8/10

Autre chouette film sur le sujet: Carrie Pilby

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Etre atypique

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J’aime ne pas être comme les autres. Voilà, c’est dit. Être différent, ça dérange. Aimer l’être, je n’ose imaginer. Mais tant pis, j’assume et je le clame haut et fort.

Par le passé, j’ai subi des remarques du style: « tu fais toujours exprès de te démarquer »…mais la vérité, c’est que c’était inconscient et que ça l’est, sans doute, encore aujourd’hui.

Des événements et une particularité de fonctionnement m’ont conduite à le devenir. Et puis, si je n’ai pas les mêmes goûts que les autres, je ne vois pas où est le problème.

Pendant les vacances, j’ai été heureuse de faire un road-trip en Allemagne et en Autriche (avec mon fils et mon ex !) plutôt que d’aller en France, en Espagne et de « retourner chez moi », comme la plupart des gens que je connais. Sur la route, j’ai aimé me retrouver au milieu de voitures avec des plaques suisses, bulgares, tchèques, autrichiennes, croates. Je me suis sentie à ma place. De toute façon, je ne comprends pas pourquoi on cherche toujours à opposer les choses. Je n’ai rien contre les gens qui vont à Marbella ou dans les Cévennes, mais ça ne me fait pas rêver. C’est tout.

Je n’aime pas les étiquettes, parce que les étiquettes (qui deviennent de plus en plus grandes au fur et à mesure que la qualité du tissu diminue), c’est pour les vêtements. Personne (à moins d’être un assassin ou un politicien corrompu jusqu’à la moelle) ne devrait  avoir honte de ce qu’il est.

En fait, à travers ce modeste blog, c’est simple, je voudrais transmettre l’idée qu’être différent de la plupart des gens n’est pas quelque chose de mauvais. Ce n’est pas quelque chose de négatif. Ce n’est pas mieux ni pire, c’est juste différent et il ne faudrait pas le voir autrement.

En plus, je crois qu’on est de plus en plus nombreux à ne pas se retrouver dans la masse. Alors?

Voilà, c’est tout. Bienvenue dans mon univers.