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Dernier jour de blog

Demain, c’est la rentrée et avant de passer ce cap, j’avais envie de vous donner des nouvelles.

Le mois d’août touche à sa fin et j’ai l’impression de l’avoir vécu dans un espèce de brouillard. Pourtant, j’ai fait plein de choses. Je suis partie une semaine à Athènes avant que la Grèce ne passe en zone orange pour la Belgique, je suis allée au musée Hergé avec le loulou, je l’ai enfin changé d’école, j’ai vu des amis…Bref, le temps a volé et je ne m’en suis pas rendue compte.

J’ai beaucoup réfléchi aussi. Les jours passaient et je n’ai jamais pensé  revenir écrire ici ou même à faire un tour sur la blogosphère. Je crois que ça fait déjà quelques temps que je sens que je ne suis plus en phase avec ce blog. On change, il nous arrive des trucs qui nous font évoluer, je suis quelqu’un qui réfléchit très vite, qui fait, rapidement, le tour d’un sujet. Pour cette raison, j’ai décidé d’arrêter The Atypicals.

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite à tous.tes une belle rentrée (un peu spéciale) 2020 et vous dit (peut-être) à bientôt.

Elisa

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Sortir du trou

 

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Elle a envie et elle a peur. C’est normal. Elle n’est pas prête. Mais elle essaye. Un peu. Juste pour voir. Elle a l’impression que si elle ne se lance pas, elle n’y arrivera jamais. Elle ne croit pas pouvoir passer de rien à tout, comme ça, en un simple claquement de doigts, et l’immobilisme, ce n’est pas son truc. Elle n’arrive pas à rester sans rien faire.

Elle réfléchit à la manière. Elle ne voit pas. Les techniques classiques sont prohibées, à bannir. Elle ne peut plus reprendre le même chemin, elle sait d’expérience qu’il n’est pas sain. Les détours, les contours lui iront mieux. Elle en a besoin. C’est la seule solution de toute façon.

Ce qui importe, finalement, c’est d’avancer, de ne pas rester figée, d’agir contre vents et marées et même un peu contre elle.

On lui dit qu’elle passera à autre chose, avec le temps, que son état est normal parce que ça vient d’arriver.

Elle ne croit pas. Elle sent qu’un changement définitif s’est opéré en elle. En l’espace d’une fraction de seconde ou un peu plus, elle ne saura jamais vraiment. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la même, elle ne sera plus jamais. Elle en sait trop et ne se pardonnerait pas.

Sauvage, violente dans ses propos, elle est devenue. Elle ne se tait plus et se dit « tant pis pour les dommages collatéraux ». Elle a assez donné, elle a assez supporté. C’est à son tour de sortir  du trou.

 

 

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Les différences entre les filles et les garçons vues par mon loulou

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« Coucou cousine,

oui, j’ai appris que tu serais une cousine et je suis pas content. Moi, je voulais rien haha ou alors un nouveau chien mais je préférais un garçon si vraiment, il devait y avoir un bébé.

Tu vas voir, comme punition, tu vas arriver dans un drôle de monde où les filles et les garçons ne sommes pas élevés de la même façon.

ça va commencer avec tes bodys de bébé cadum où il sera écrit : « belle comme maman », et avec les poupées débiles que tu vas recevoir. Moi, le truc des poupées, je comprends pas, parce que tu joues pas avec une poupée, tu apprends à t’en occuper comme si t’étais une maman déjà, alors que tu viens de naître. ça n’a pas de sens. Et pour tes autres jouets, ce sera la même histoire: tu recevras une cuisine, un fer à repasser, une coiffeuse. C’est pas du tout rigolo.  Et je vais même pas aborder la question du rose. Je me demande comment une couleur aussi ridicule peut être portée par quelqu’un.

Pour moi, c’est bizarre aussi, mais c’est un peu plus sympa. Mes bodys, ils avaient le « S » de superman et sur d’autres, il était écrit: « fort comme papa ».  Mes jouets, c’est les véhicules, les outils, les ballons, le punching ball… Ma couleur préférée, c’est le rouge, comme maman mais il paraît que je devrais plutôt aimer le bleu. Le bleu, moi, ça m’inspire pas.

J’ai des soucis, tu sais, parce que je suis quand même un garçon différent des autres. Je suis très sensible, je pleure encore quand je me fais mal ou qu’on me blesse, j’aime pas le football et je ne me bagarre pas. Je me tais à l’école, on ne m’entend pas. Il paraît que c’est les filles qui doivent être comme ça.

Malgré tout, je préfère être un garçon parce que lorsqu’on dit qu’on fait les choses comme les filles (se battre comme une fille, courir comme une fille, pleurer comme une fille…), en général, c’est pas bon signe, c’est souvent pour se moquer.

Quand on grandira, enfin, on va pas grandir en même temps parce qu’on a presque neuf ans de différence mais bon, je te préviens, ça sera pas cool. Paraît que les filles, ça doit se raser les poils des jambes, que ça perd du sang une fois par mois, que c’est pas beau une fille en colère, que ça pète pas une fille bien éduquée, qu’elle doit presque se cacher pour que les garçons-séducteurs l’embêtent pas trop, mais qu’en même temps, elle doit se maquiller et mettre des chaussures super hautes et inconfortables pour être considérée comme une vraie fille . Et puis, tu pourras pas te promener les seins à l’air (ouais, tu vas avoir des seins en plus, beurk), alors que moi, je pourrais me mettre torse nu dehors si j’ai envie (normalement, j’aurais pas envie, j’aime pas ça). Et le pire du pire, c’est qu’on s’attendra à ce que tu ne manges que des petites salades alors que moi, faudra que je mange de la viande, et de grosses quantités. Oui, je sais, cousine, c’est trop bizarre.

Paraît aussi qu’il y a des métiers pour les filles et d’autres pour les garçons et que si moi, je veux faire un métier de fille et toi de garçon, les choses vont être difficiles pour nous.

Mais t’inquiètes, je te mènerai la vie dure pour te préparer à ce qui t’attend. Maman dit qu’il manque des choses à ma liste des différences entre filles et garçons et qu’il y a des trucs que je peux pas comprendre parce que j’ai que 8,5 ans…Possible mais, moi, tout ce que je sais, c’est que c’est pas très marrant d’être une fille et pas si facile d’être un garçon comme moi ».

Ce texte, c’est mon loulou de 8,5 ans qui l’a écrit (avec mon aide) pour sa nouvelle cousine qui verra le jour dans deux petits mois si tout va bien. Il m’a fait part d’anecdotes de l’école, de questionnements qui le turlupinent sur des clichés qui font encore tellement partie de leur quotidien. On a réfléchi ensemble. Je lui posais des questions ouvertes comme: « Qu’est-ce que tu penses de ça ou comment tu vois ça, toi? »On s’est posé la question du torse nu au parc pendant le confinement et qu’il faisait chaud. Il m’a, d’ailleurs répondu: « je sais que les seins pour une fille, c’est une partie intime. Pour les garçons, non. Pourquoi, je n’en sais strictement rien ». C’est comique, naïf et instructif. J’adore aborder ces questions avec lui parce qu’il n’est pas très formaté encore (même si il a déjà eu le temps en 8,5 ans d’en entendre des vertes et des pas mûres ). Il ne se braque pas et le tout donne lieu à des échanges surprenants et extrêmement enrichissants.

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Les bons côtés du confinement

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Trève de triste et négatif, aujourd’hui, j’ai envie d’écrire un article un peu différent sur les bons côtés du confinement. Bien qu’étrange, la période m’a quand même apporté quelques petits bonheurs inespérés et je vais vous les partager.

1)Le silence

Je ne sais pas si c’est l’âge ou mon introversion naturelle mais j’ai beaucoup, énormément, apprécié les rues libres de véhicules et de gens dans tous les coins et recoins. Pour la première fois de ma vie, j’ai entendu les oiseaux chanter et j’ai eu tout le loisir d’écouter le silence.

2) La solitude

J’ai fait une découverte extraordinaire. La solitude ne me pèse plus. Je sais toujours quoi faire et j’arrive de mieux en mieux à prendre le temps de ne rien faire. Il va de soi que si cette période s’était éternisée, j’aurais, certainement, fini par péter un câble mais là, avec ces alternances dans la garde de mon fils, je profitais simplement des deux jours qui m’étaient donnés pour me ressourcer autant que possible avant son retour. Je crois que j’ai dû trouver un genre d’équilibre ou quelque chose comme ça.

3)La cuisine

Je n’aime pas la cuisine et je ne me suis donc pas enfermée dedans quand l’heure du confinement a sonné. Cependant, il est vrai qu’en passant 6 jours sur 8 avec mon loulou, j’ai pris le temps de nous concocter des repas sains et équilibrés. J’ai pris conscience que je connaissais plein de plats différents et nous n’avons pas toujours mangé la même chose. J’ai acquis, je dirais, une certaine assurance en la matière.

4)Le rattrapage de temps avec mon fils

De ses trois ans à ses quatre ans et demi, mon fils n’a pas dormi chez moi. Jamais. J’étais trop malade et je ne pouvais pas m’en occuper la nuit si jamais il avait un problème. Pendant cette période qui m’a semblé infinie, il a partagé ses nuits entre l’appartement de mes parents et la maison de son père. Je le voyais presque tous les jours, en journée, un peu en soirée parfois mais nous ne passions aucune nuit dans la même maison. Cette situation que j’ai toujours considérée contre-nature m’a poursuivi pendant très longtemps . Depuis mars, je vis ce qui nous arrive comme une revanche sur ce passé tellement douloureux. Alors oui, ça devient long mais je suis heureuse d’avoir cette sensation psychologique d’avoir récupéré le temps perdu. Je n’ai plus l’impression de faillir à ma mission de maman.

5)Le printemps, la nature

Pour la première fois de ma vie, j’ai vu la nature se réveiller après l’hiver. J’ai fait attention aux fleurs et aux feuilles qui poussaient, on a vu grandir les canetons du parc près de chez nous, le petit a donné à manger aux galloways (genre de vaches irlandaises), nous avons photographiés les moutons et les chèvres.

Nous avons la chance de vivre entre un très grand parc, un petit parc avec un étang et un château et un petit bois à l’atmosphère bucolique. Nous en avons profité autant que nous pouvions pour admirer la nature et faire de longues balades.

6)Moins de pollution

Alors là, c’était flagrant. C’est d’ailleurs pour ça que le ciel était bleu azue alors qu’ici à Bruxelles, le mieux qu’on peut obtenir, c’est bleu avec des nuages gris en hauteur. C’était juste incroyable. Depuis le retour des voitures et la très progressive apparition des avions dans le ciel, tout est redevenu comme avant.

7)Plus de pression d’efficacité et de performance

Pour la première fois depuis l’enfance, nous pouvions simplement « être » et ne  devions plus « faire » sans cesse. C’est vrai que nous n’avons pas choisi cette période et que du coup, « être » était plutôt une obligation mais c’était agréable pendant un temps de se dire que ce que nous n’avons pas envie de faire tout de suite, nous avions le droit de le remettre au lendemain.

Je crois que j’ai fait le tour des points positifs de cette période sans pareille. Il va de soi que je suis contente qu’elle se soit terminée et que je prie le ciel, les apôtres, Krishna, le diable, pour ne plus avoir à la revivre mais tout n’a pas été mauvais non plus et le reconnaître fait du bien.

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« Mais je t’aime », ou la romantisation de la violence

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu cette chanson. En ce qui me concerne, je l’ai découverte avant hier et à la première écoute, je suis restée figée. Je l’ai remise une seconde fois pour vérifier que j’avais bien entendu et compris. Et malheureusement, oui.

Je ne sais pas si Camille Lellouche se rend compte de ce qu’elle a écrit mais elle évoque, clairement, tous les mécanismes d’emprise et de manipulation utilisés par les pervers narcissiques et les hommes, qui exercent de la violence physique, psychologique, sexuelle et /ou financière,  dans le but de justifier leur maltraitance à l’égard de leur partenaire « Tu comprends, chéri.e, si je  suis torturé.e, que je t’insulte, te frappe et te traite comme de la merde, c’est parce que j’ai beaucoup souffert dans mon enfance, jeunesse mais ne me laisse pas te quitter, tu sais bien que je ne peux pas vivre sans toi et que je suis 100% engagé.e dans notre relation, aussi infernale, soit-t-elle« . C’est exactement le message de la chanson et, de ce que j’ai pu lire comme commentaires, tout le monde semble prendre ça pour une description de l’amour, le vrai.

Qu’on en soit encore là me fait peur, ça me fait peur pour les jeunes et moins jeunes générations (je vise les boomers ici) qui écoutent cette chanson et qui se disent que c’est comme ça que ça marche. Bordel, si tes fêlures sont profondes, comme tu dis, va te faire soigner et ne fais pas payer ton amoureux.se…et tes enfants, si vous en avez.

Je suis intolérante à ce genre de paroles, de même que je suis allergique à des films comme 50 shades of Grey, Tres metros sobre el cielo ou Twilight. Pas besoin de faire un résumé de chaque car si vous écoutez la chanson cité ci-dessus, vous trouverez exactement la même chose. Le message est le même.

La passion consummatrice sous prétexte de…, c’est de la maltraitance déguisée en amour romantique. Je préfère quelque chose de moins vibrant, plus harmonieux mais qui m’apporte paix et équilibre.

Comme dans cette chanson ci-dessous ( cette fois ) car c’est « solide et discret« , c’est paisible. C’est facile, ça va tout seul. Et oui, les disputes existent car on ne peut pas être d’accord sur tout, tout le temps mais la joie et la légèreté sont bien supérieures aux tracas et les solutions trouvées pour y remédier sont toujours saines.

Pas besoin de souffrir sans cesse. Pas besoin de violence pour que ça compte. Si on tombe dans ce genre de piège, fuyons dès qu’on s’en rend compte. Tant qu’il est encore temps et, surtout, avant que les dégâts ne soient trop lourds.

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Quand déconfinement n’est pas égal à normalité

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C’est un fait, la vie d’avant n’existe plus et celle d’après pas encore. Nous sommes dans un entre deux et je ne suis pas une pro pour affronter les situations qui ne sont pas, clairement, définies.

Pendant le confinement, pour le peuple, le message était transparent : nul habitant ne pourra sortir sauf pour prendre un bon bol d’air pendant au maximum une heure par jour. Maintenant ici, c’est un peu à qui aura compris les règles, comment et surtout, à qui les respecte.

Il y a des personnes qui doivent déjà se sentir déconfinées mais pour moi qui ne bosse pas et qui n’ai pas remis mon loulou à l’école, c’est pareil, sans être pareil.  Pareil sauf pour les milliers de démarches plus stressantes les unes que les autres que je dois faire et qui me rendent à moitié dingue. Pareil sauf que les voitures et la foule ont, à nouveau, envahi les rues et qu’une bonne partie de l’activité a repris.

Et puis, on doit être masqués, on doit faire gaffe de pas trop se rapprocher. Parfois, on oublie, on lâche un peu trop prise et puis, à d’autres moments, la parano refait surface et on panique pour une bêtise. Moi, ça me démotive…

Et puis le pire que j’ai remarqué, c’est ma patience. Elle en a pris un sacré coup et ce que je supportais avant me devient insupportable depuis une dizaine de jours.

Je me pose des questions: est-ce que j’aurais du remettre le petit à l’école? Quand j’y réfléchis, le « non » semble toujours être la solution la plus sage dans notre contexte mais concrètement, ce que ça devient dur. Et il reste encore presque 2,5 mois à tenir à ce train-là. J’en peux plus. J’ai besoin d’un break, c’est évident.

Seule bonne nouvelle à l’horizon, ma colposcopie n’a rien montré d’inquiétant. Mon col est parfait et je n’ai, par conséquent, qu’à faire un frottis dans six mois pour voir si ça roule ou si la situation s’est dégradée là en bas. C’est un sacré soulagement, un gros truc en moins mais ça n’en fait qu’un dans un magma d’irréalité et de super n’importe quoi.

 

 

 

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L’ambivalence de la maternité

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Il y a quelques jours, j’ai terminé le livre « Sorcières » de Mona Chollet. J’ai beaucoup aimé cet essai. Je l’ai trouvé très bien documenté et très bien écrit. En revanche, ses prises de positions, dans son long chapitre consacré à la maternité, m’ont quelque peu énervée.

Selon elle, c’est simple, aucune femme n’aurait d’enfant si elle en avait, réellement, le choix.

Alors j’admets bien volontiers qu’il y a pression sociale et que moi-même, je ne me suis rendue compte de l’enjeu de cette pression que lorsque je suis devenue mère.

Je me souviens avoir compris les femmes qui ne désiraient pas avoir d’enfants parce qu’il n’y a pas de problème à ce que tout le monde n’ait pas envie de et/ou ne se sente pas taillé pour investir une grosse partie de son temps à l’éducation d’un gnome.

Je suis pour l’avortement car je considère que ce n’est rendre service ni à l’enfant ni à soi que de l’avoir si on n’en veut pas et/ou si on n’a pas les moyens de l’avoir. C’est une décision très personnelle et seule la personne concernée sait ce qui est le mieux pour sa vie.

Je conçois, tout à fait, que des gens regrettent d’avoir franchi le pas une fois que l’enfant est là, dans la mesure où on ne sait pas ce qu’implique, réellement, être parent avant de le devenir.

Enfin, je sais très bien, pour les vivre au quotidien, qu’il y a des expériences qui rendent la maternité difficile.

Par contre, j’ai beaucoup de mal avec le fait qu’une nullipare (Mona Chollet n’a pas d’enfant.s), aussi connue soit-elle, donne un avis aussi tranché sur une question qu’elle ne maîtrise pas. Je trouve ça même dangereux.

J’ai vraiment l’impression qu’elle ramène la maternité aux simples faits de pouponner et de sacrifice. La maternité ce n’est pas que cela et là, je vais parler en mon nom, parce que je ne peux pas le faire pour d’autres.

En ce qui me concerne, depuis que mon fils est né, je suis passée par tous les stades possibles et imaginables: joie, peine, désarroi, désespoir, harmonie, fierté, angoisse. C’est les montagnes russes. Les montagnes russes parce que ma vie n’est pas facile et que me retrouver mère célibataire avec tous mes problèmes de santé, ça n’a pas été et n’est pas la panacée.

La maternité ne m’a pas révélée. Ce n’est pas tout ou rien mais elle m’a obligée à me booster et à chercher, constamment, des solutions pour épargner les souffrances, que je sais, évitables à mon enfant. Elle m’a fait prendre conscience que j’étais bien plus forte que je ne le pensais.

Pour moi, la maternité c’est un projet complet, comme un travail, mais avec l’amour en prime et toujours un sens. Le but, c’est de faire de l’enfant, une personne épanouie capable de se débrouiller seule une fois adulte. C’est un travail de fourmi sans résultat garanti. Le projet est complet parce que l’enfant évolue, grandit, sa relation au monde aussi et que le lien que vous avez avec lui/elle lorsqu’il a six mois n’est en rien comparable à celui que vous aurez lorsqu’il aura 6 ans, 12 ans ou même 24 ans. La relation se nourrit du temps qui passe et que vous passez ensemble, de l’investissement que vous y consacrez et elle évolue sans cesse. Si ça ce n’est pas un challenge enrichissant, je ne vois pas ce qui en est un.

Mon expérience fait que la relation que j’ai avec mon fils est la plus pure que je n’ai jamais connue. Tout est vrai, il n’y a pas de calcul, pas de comptes à rendre entre nous, pas de jalousie. Je lui donne beaucoup et il me le rend au centuple. On ne peut pas imaginer la relation qui nous unit si on ne la vit pas soi-même avec son.ses propre.s enfant.s.

Quand j’étais très malade, j’ai culpabilisé d’être devenue mère. Je craignais de ne pas pouvoir assumer ce rôle et c’est vrai que lorsqu’il était tout petit, ça a pu, parfois, être, extrêmement, compliqué mais avec le temps, mon fils est devenu, et c’est très cliché ce que je vais dire, mon meilleur médicament. L’objectif n’est, évidemment, pas qu’il soit mon traitement mais ce que je veux dire c’est que l’expérience me structure et me ramène toujours vers le droit chemin.

Il va de soi que j’aurais voulu avoir un métier passionnant et ne pas devoir choisir entre lui et le travail mais je sais aussi que, je fais partie de ces femmes, qui sans enfant, se serait sentie incomplète. Dans ce contexte, je me fous qu’il s’agisse d’injonctions ou d’intériorisations qui m’aient poussé à choisir cette voie.

Toutes les femmes n’ont pas besoin/pas envie d’être mères et je le conçois, parfaitement mais venir dire qu’aucune représentante du sexe féminin ne voudrait, réellement, l’être si elle en avait le choix est, en mon sens, stupide.

Toutes les femmes n’ont pas de projets dingues . Toutes les femmes n’ont pas besoin de grimper l’Everest pour être heureuse. Il y a des personnes qui apprécient les choses basiques et simples. Il y autant de modèles que de personnes et il faut arrêter de vouloir mettre tout le monde dans le même panier, de vouloir faire croire que tout pourrait être maitrisable si on avait le choix. Il y a aussi des personnes qui ont le luxe de pouvoir faire de vrais choix et d’autres pas. Il faut aussi oublier la performance à tout prix.

Le désir de maternité, c’est aussi dans les tripes. Ce n’est pas toujours logique. Parfois, la vie s’immisce, l’amour se fraye un chemin, c’est tout et ce n’est pas plus mal.

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Journal de déconfinement #3

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Loulou est inspiré

Jour 23012 depuis que notre vie a changé.

La Belgique se déconfine lentement, n’importe comment et continuer à raconter ce qu’il se passe dans mon existence passionnante jour après jour n’a plus, vraiment, de sens. C’est un peu devenu la routine. Ce qui était insolite il y a deux mois et demi est devenu rébarbatif…

Je fais comme je peux pour vivre, survivre. Certaines activités reprennent. D’autres ne pourront recommencer que dans quelques semaines, voire quelques mois.

Le gros point positif c’est le temps. Il fait beau, bordel, et ce, depuis le début du confinement quasi. Je me dis que sans ça, je n’aurais plus été capable de gérer mon anxiété à un moment ou à un autre. Je suis très lumino-dépendante, vous comprenez.

Mercredi, à une heure indue (genre 22h30), à la télé, ils ont annoncé que l’école pourrait reprendre le 2 juin pour les maternelles et le 8 pour les primaires. Sans masques, sans plus aucun besoin de distanciation sociale. J’en ai été choquée, scandalisée. D’abord, parce que l’école se termine, de toute façon au maximum le 30 juin. Et puis, parce que l’école avait déjà été ouverte pour certaines années depuis le 18 et que les directions avaient du réorganiser leurs établissements pour que les élèves puissent y accéder de la manière la plus sécurisée possible. Il n’y a aucun respect pour le corps enseignant et on nous demande de mettre nos enfants en danger en prétextant que le virus n’est pas dangereux pour eux et qu’ils sont très peu transmetteurs. Je rappelle à l’assemblée qu’il y a même pas trois mois, ils étaient considérées comme des dangers publics à écarter le plus vite possible. Mon fils n’ira pas car y retourner , voudrait dire renoncer, à nouveau, à voir sa grand-mère. Pour trois semaines qu’il reste, je dis NON. Point barre.

A part ça, que dire? Que j’oublie à peu près tout depuis que les jours se ressemblent et qu’à moins de noter, comme j’ai arrêté de le faire parce que je n’y trouvais plus mon compte, je ne suis plus capable de tout relater.

Ce qui est sûr, c’est que j’ai besoin de changer d’air et d’espoir. Pour le corona, oui, ça y est, on en a…Pour ma vie, en général, c’est autre chose. Je n’ai pas des millions de perspectives à moyen et long terme pour le moment. J’ai l’impression d’être parquée et j’écrirai, prochainement, un article sur le pourquoi de cette impression.

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Maladies de femmes #2

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Comme promis, je reviens avec le deuxième article consacré aux maladies de femmes (le premier est ici)que je connais parce que je les subis.

Aujourd’hui, on va donc parler du papillomavirus ou HPV (human papillomavirus).

Le papillomavirus n’est pas une maladie mais une infection sexuellement transmissible. C’est un virus asymptomatique avec lequel 80% des hommes et des femmes vont être, au moins une fois, en contact au cours de leur vie dans la mesure où un des seuls moyens de l’éviter, c’est de n’avoir qu’un.e seul.e partenaire  durant toute son existence et que ce soit, pareil pour le/la partenaire en question. De plus, elle s’attrape très facilement, parfois même, par frottement avec une surface infectée (du corps de l’autre, je précise). Dans la majorité des cas (mais pas tous), le virus est éliminé naturellement, grâce à notre immunité.

Il est très difficile de savoir qui nous l’a transmis parce que l’infection met un temps dingue (jusqu’à 10 ans) à se développer. Chose qui veut dire qu’on peut être porteur sain pendant tout ce temps sans que des changements cellulaires n’apparaissent sur un frottis ou qu’on ait des condylomes (verrues en forme de crêtes de coq). Il est évident qu’on peut contaminer, également, d’autres personnes pendant tout ce laps de temps.

Personnellement, je l’ai su en faisant un frottis de routine l’année dernière. A cette époque, le changement cellulaire était tellement minime qu’on ne voyait pas encore ce dont il s’agissait (c’est en tout cas, la version de la gynéco, la même qui me disait que mes douleurs menstruelles étaient dues à mon utérus rétro-versé, donc bon). Cette « professionnelle » était très optimiste (ou indifférente) et pensait que mon immunité éliminerait le virus. La seule chose à faire était de surveiller son évolution possible en refaisant un frottis dans les six mois.  Malheureusement, dans mon cas, le virus n’a pas été éliminé. J’ai une infection de bas grade (légère) mais la souche (il en existe tout un tas) est une de celles qui peut faire que le virus devienne un cancer. En juin (ça aurait du être un peu avant mais comme le coronavirus est passé par là, les rendez-vous sont tous décalés), je vais devoir subir une colposcopie, autrement dit, le gynécologue va observer mon vagin, ma vulve et mon col de l’utérus (je sais, c’est glamour) avec un microscope, après l’application de colorants, pour savoir si je suis porteuse de lésions pré-cancéreuses, cancéreuses ou de rien du tout.

Pour se prémunir, il existe un vaccin qu’on conseille de faire à toutes les adolescentes entre 14 et 19 ans (possibilité de le faire jusqu’à 26 ans si on n’a pas eu de rapports sexuels avant). Malheureusement pour moi, il n’a été mis sur le marché qu’en 2006.

Alors ce qui me fâche dans l’affaire, c’est qu’en Europe ou en tous cas, dans nos contrées francophones, seules les filles étaient vaccinées jusqu’à il y a très peu alors que les garçons sont tout autant porteurs et transmetteurs. Pourquoi me demanderez-vous? parce que, en ce qui les concerne, les risques de développer quelque chose de mauvais (cancer du pénis, de l’anus par exemple) sont, extrêmement, minimes . Depuis la fin de l’année dernière en Belgique et quelque part cette année en France, la vaccination est, heureusement, prévue et, également, recommandée pour eux.

Pourquoi est-t-il important que tous les adolescents se fassent vacciner? Parce que même si le papillomavirus ne se transforme en cancer que dans de rares cas, le risque est quand même là et il serait, par la même occasion, utile de nous faire épargner tous les moments stressants qu’engendrent les visites chez le gynécologue/l’urologue ainsi que des examens couteux et pas, du tout, agréables.

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Journal d’un déconfinement #2

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Marque de soutien au personnel soignant suite à la haie de déshonneur qu’il a fait à la PM

Jour 57, le 9 mai


Après une mauvaise nuit, je parviens à me sortir du lit à 10 heures. Les nouvelles sont bonnes. Le petit et son père sont passés chez le médecin et vont bien. J’arrive à faire ce que j’ai programmé et cette journée d’été en mai passe très vite. Je ne sors qu’1 heure 30 sur toute la journée pour faire les courses et ne côtoie, quasiment, personne. Demain, c’est la journée des retrouvailles masquées pour la fête des mères. J’ai hâte.

Jour 58, le 10 mai


Nous avons été chez ma mère aujourd’hui. Même si ça m’a fait du bien, c’est très bizarre de revoir ma famille à l’intérieur d’un appartement plutôt que sur le palier. Je suis aussi heureuse et soulagée de récupérer le petit car suite à l’accident, il est allé chez son père et je ne l’ai plus revu depuis vendredi en soirée. Il n’a pas l’air si traumatisé, même s’il m’a confié avoir eu des angoisses dans les transports en commun. Encore une semaine de passée, nous entamons à présent la neuvième.

Jour 59, le 11 mai


Journée pleine. Journée légère. Au programme, un repas tout simple que mon bonhomme a adoré, une petite promenade au parc avec une amie l’après-midi, une part de gâteau au chocolat pas terrible au retour et une soirée douce et joyeuse. Le petit va bien et moi, je tente de dominer mes peurs.

Jour 60, le 12 mai


Je sais qu’officiellement, nous sommes en déconfinement mais je n’appelle pas la situation actuelle: la vie.

Ce n’est pas la vie lorsqu’on se rend à l’école pour chercher des travaux au lieu d’assister aux cours parce que les classes ne sont pas équipées pour recevoir leurs élèves.

Ce n’est pas la vie lorsque les profs distribuent leurs paquets de feuilles dans la cour parce que c’est l’endroit le plus sûr pour nous tous.

Ce n’est pas la vie lorsque la STIB (société des transports en commun de Bruxelles) se met en grève parce que les mesures de sécurité et de distanciation sociale ne peuvent être respectées, faute de moyens suffisants.

Devant le petit, je m’efforce de me montrer joyeuse et positive mais parfois, la grognonitude m’atteint et ce n’est pas ma nature.

Heureusement, il y a de la lumière dans le tunnel. Ma mère ne sera bientôt plus obligée de recevoir la chimio qui la rend tellement malade. Ces examens sont bons et  ce n’est, par conséquent, plus nécessaire.

Jour 61, le 13 mai


Aujourd’hui, j’étais censée partir en Croatie avec deux amies et vous savez quoi, moi qui me souviens, généralement, toujours de tout, j’avais oublié. C’est une de mes deux acolytes d’escapade qui me l’a rappelé. Je n’arrive pas à m’imaginer assez libre pour pouvoir partir et pourtant, ça me ferait tellement de bien.

A la place de Split, j’ai vécu une journée très calme passée, essentiellement, à la maison. Je suis, tout de même, sortie faire les courses et ai remarqué que je me suis habituée à au masque et aux précautions qu’il y a trois mois m’auraient parues hallucinantes.

Jour 62, le 14 mai


Deux mois entier! Le cap des deux mois est dépassé!!! Perso, j’oublie qu’on est en déconfinement parce que je tente de rester le plus possible à la maison et de ne sortir que pour des raisons vraiment essentielles (courses, docteur.s, voir ma mère, s’aérer).

Aujourd’hui, j’ai remarqué un clair relâchement dans le respect des mesures chez les gens et voir toutes ces personnes sans masques, proches les unes des autres, m’a totalement gavée. Je crois que maintenant, c’est bon, après plus de deux mois, on a eu le temps d’intégrer notre nouvelle réalité.

Jour 63, le 15 mai

Il m’est clair que chez nous, le déconfinement est, purement, économique. Tous les magasins sont ouverts mais l’horeca et le monde de la culture crèvent la gueule ouverte.

Jour 64, le 16 mai


Samedi tranquille. Repas chez ma mère avec le petit. Retour par détours à cause de la grève des transports.

J’ai reçu les masques de la commune (normalement, ils n’en donnent qu’aux personnes d’au moins 12 ans mais j’ai fait de mon nez et ça a marché, le petit a, également, reçu le sien).

Jour 65, le 17 mai


Quarante ans que mes parents sont « mariés ». Je ne dirais rien mais les guillemets sont assez révélateurs.

Journée de ménage aujourd’hui. J’étais seule. Je ne suis pas sortie et ai terminé le nettoyage de printemps entamé au début du confinement. Je suis fière de moi. Demain, j’ai prévu d’aller faire un saut en centre-ville pour m’acheter quelques trucs utiles (livres, crème hydratante) mais pas indispensables (quoique, gel hydroalcoolique). On verra comment ça se passe parce que je me rends compte que je suis plus parano par rapport à la maladie que je n’aurais imaginé le devenir. Les rues vidées de voitures me manquent terriblement. Le silence aussi. Je me demande si je ne suis pas devenue totalement asociale en l’espace de deux mois. Je crois que la raison est à aller chercher du côté de tout ce qu’on ne peut pas encore faire et qui, pour moi, fait le sel de la vie (se faire une toile, voir ses ami.e.s librement, boire un verre en terrasse et papoter pendant des heures, manger une glace du camion, etc).

Jour 66, le 18 mai


C’est bon, j’ai pris la température. Le centre est fréquentable le lundi. Il n’y a avait pas beaucoup de monde et le peuple était masqué. C’était un peu triste les marques au sol, les entrées et sorties en différents endroits, le gel hydroalcoolique à disposition (même si c’est une bonne initiative), mais je suis rassurée.

Jour 67, le 19 mai


Aujourd’hui, la journée a commencé avec l’impression paralysante que je n’allais pas y arriver. Une montée d’angoisse comme je n’en avais pas eu depuis des années m’a submergée. Heureusement, je ne sais comment, j’ai réussi à me lever et à m’activer. Une belle promenade dans le bois, aura, finalement, eu raison de ma panique. La soirée se déroule sans anicroche, enfin, presque car mon fils, n’ayant plus de rythme, a de plus en plus difficile à trouver le sommeil lorsque vient l’heure du coucher.

Jour 68, le 20 mai


Journée, globalement, plus facile que la veille même si ma patience avec le petit a été aux abonnés absents en ce jour. Faut dire qu’il a été assez « catastrophe » comme on dit chez moi (chez moi= ma famille). Maladroit comme pas deux, impossibilité de se concentrer pendant les devoirs,   de ranger tout ce qu’il prenait, de débarrasser son assiette. J’ai fini par lui dire (ok, lui crier) que j’étais sa mère et pas son esclave.

Malgré ces difficultés, je ne pense pas qu’un retour à l’école juste avant les grandes vacances soit une bonne idée ( en tout cas pour lui). Certains parents, pédiatres militent en ce sens mais dans les conditions actuelles, je n’en vois pas l’intérêt. Son retard de matière ne m’inquiète pas le moins du monde. Le concernant, ce qui me préoccupe le plus, c’est sa déconnexion complète avec ses paires, lui qui a déjà tellement de mal avec eux, en général.

Jour 69, le 21 mai


Soixante-neuf jours sont passés depuis que notre vie a changé et que je me demande si ce monde est sérieux. Bon, ok, je me posais déjà la question avant.

Je réalise que depuis l’accident, je ne suis jamais tranquille de laisser mon fils avec son père. Ce n’est pas qu’il le traite mal (il n’est pas affectueux mais il ne le maltraite pas) mais je n’ai plus confiance en lui niveau transports. Maintenant qu’il n’a plus de voiture, ils sont obligés de prendre les transports en commun et je ne suis pas rassurée. Mon ex est un homme, totalement, distrait (je soupçonne, d’ailleurs, chez lui un trouble de l’attention jamais diagnostiqué) et le petit ne traverse pas encore bien tout seul. La solitude qui est la mienne, dès qu’ils passent le pas de la porte et s’en vont, ne me facilite pas la tâche. En effet, même si j’ai, tout le temps, plein de trucs à faire, je suis seule et le cerveau a la liberté de tourner à plein régime, et ce, de façon constante, pendant 48 heures d’affilée. C’est la vieille peur post-séparation qui s’est réveillée et je ne sais pas comment l’endormir à nouveau.

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Maladies de femmes #1

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Aujourd’hui, je vais aborder un sujet que je connais, que beaucoup de femmes subissent et qui en gênent de nombreux autres . J’ai cité: les maladies de femmes et plus concrètement, l’endométriose et le papillomavirus. Deux affections dont je suis victime malheureusement.

Je ne voulais pas parler de mon endométriose. Je n’avais pas envie de me plaindre mais je me suis dit que le faire de façon didactique serait sûrement utile. En ce qui concerne le papillomavirus, c’est la colère qui me pousse à m’exprimer et vous allez comprendre pourquoi.

L’endométriose, d’abord. Le papillomavirus, ce sera pour un prochain article


L’endométriose c’est la maladie des règles. C’est une maladie gynécologique inflammatoire chronique. Dans le cadre de cette maladie, un tissu présentant les mêmes caractéristiques que l’endomètre (muqueuse qui tapisse la paroi interne de l’utérus, qui s’épaissit et qu’on élimine quand on a nos règles) se développe hors de l’utérus, dans des localisations anormales (organes gynécologiques, reins, poumons, etc) sous forme de ce qu’on appelle des lésions d’endométriose.

Sous l’influence des hormones au moment des règles, tout comme l’endomètre, ces ilots de tissus saignent, ce qui donne une réaction inflammatoire et provoque des douleurs et des adhérences avec d’autres organes.

Voilà pour la théorie.

Maintenant, la pratique et mon cas qui est celui que je connais.

Personnellement, pendant longtemps, rien ne laissait présager que j’avais ou j’allais développer cette maladie.

Jusqu’à 17 ans, j’ai mes règles quatre fois par an (peut-être un lien avec la chimio reçue jusqu’à mes presque 14 ans) . A partir de mes 18 ans, mes règles deviennent plutôt abondantes. Ce qui n’est en rien original, dans la mesure où il y a des femmes qui en ont plus, d’autres moins. A 25 ans, par contre, je me rends compte pour la première fois que si je ne prends pas d’antalgique pour calmer les symptômes, je souffre comme un chien pendant le premier, voire les deux premiers jours de menstruations. Je n’y prête pas attention dans la mesure où j’ai toujours entendu que c’était normal de souffrir pendant cette partie du mois. A 30 ans, je tombe enceinte très facilement.

En fait, ce n’est qu’en 2017 où je ressens un changement inquiétant. Mes règles passent de durer 5-6 jours, à 10-11 jours (avant l’opération, mes pertes de sang pouvaient se prolonger jusqu’à 16 jours…) Quand je le dis à ma gynéco de l’époque, elle me répond que c’est parce que j’ai l’utérus rétro-versé (euh, je l’ai toujours eu rétro-versé et je n’ai jamais eu ces problèmes avant). L’année suivante, je fais l’expérience du neurofeedback pour mon insomnie et la durée de mes menstrues diminue, drastiquement. Je me retrouve avec 3,5 jours de pertes de sang par mois…Je trouve ça étrange mais comme ça m’arrange d’en avoir moins longtemps, je ne fais rien. Je commence à, réellement, m’inquiéter à partir du mois de février 2019. Au cours de ce mois-là, sur 6 jours de règles, j’ai des douleurs qui s’apparentent à ce qu’on ressent pendant l’accouchement pendant 3-4 jours et l’ibuprofène ne fait aucun plus effet. Au mois de mai, je me mets à faire  infection urinaire sur infection urinaire (je n’étais pas du tout sujette à ce genre de souci avant) et au mois de juin, je m’évanouis pour la première fois. Plus le temps passe et plus je souffre. Lorsque je me rends chez ma gynéco pour lui faire part de mes inquiétudes, elle me ressort à nouveau le couplet de l’utérus rétro-versé et me propose de m’insérer un stérilet hormonal pour tenter de diminuer, voire stopper mes règles. Lorsqu’en septembre, je reviens pour la pose, le spéculum qu’elle essaye de m’insérer se retrouvé éjecté à l’autre bout de la pièce et moi, j’ai la sensation qu’elle a tenté de me transpercer les entrailles avec un couteau. Ne pouvant supporter la douleur, je décide de laisser tomber et elle me propose alors et comme dernier recours, une pilule d’allaitement qui ne contient qu’une seule hormone (progestatif), dans le but, toujours, d’arrêter mes règles et de mettre mes ovaires au repos. Deux jours plus tard, je me retrouve aux urgences gynécologiques chez une professionnelle qui, enfin, m’écoute et m’envoie faire une irm du petit bassin. Finalement, je serai fixée en novembre sur mon état et sur l’incompétence de la gynécologue. Le spécialiste que je rencontre m’explique très clairement qu’il ne sait pas comment elle a pu me prescrire cette pilule d’allaitement, qui selon lui devrait être retirée du marché pour son manque d’efficacité (j’ai continué à avoir mes règles malgré sa prise en continu pendant plusieurs mois) et ses effets secondaires délétères. Une échographie pelvienne confirmera le stade de la maladie (le dernier dans mon cas) et l’opération sera fixée pour janvier 2020. Depuis l’intervention, j’ai encore des gênes, des douleurs, c’est sensible mais je vais, nettement, mieux .

Pour éviter que la maladie ne récidive trop vite, le spécialiste m’a prescrit une pilule (combinée cette fois) à prendre en continu. J’ai pris un peu de poids (mais bon avec le confinement, va savoir si c’est lié), j’ai plus souvent mal à la tête mais globalement, je la supporte bien. Le fait de ne plus avoir mes règles évite un trop rapide développement des lésions. Par contre, il n’existe pas de vrai traitement destiné à l’endométriose et les femmes qui en souffrent, arrêtent d’en souffrir lorsque les règles s’arrêtent, autrement dit à la ménopause.

Cette maladie a été isolée au milieu du 19ème siècle et pourtant, les études et recherches la concernant sont rares. Elle est, par conséquent, très sous-diagnostiquée. Pourtant, il paraîtrait qu’une femme sur dix au moins en soit atteinte.. Trente à quarante pourcents des endogirls sont infertiles, voire stériles et  contrairement aux croyances, ce n’est pas normal qu’une femme se torde de douleurs et s’évanouisse quand elle a ses règles.

Les femmes sont traitées de douillettes, hystériques, faibles et lorsque nous nous plaignons, soit on minimise, soit on ne nous croit pas. J’ai eu de la chance. Il ne m’a fallu que 2,5 ans pour avoir un diagnostic mais en 2,5 ans, mes organes génitaux ont eu le temps de se retrouver collés entre eux par les adhérences qui agissaient comme de la superglu. Une grosse boule formée par du tissu endométrial a réussi à se loger à l’arrière d’un de mes ovaires et les médecins qui sont intervenus, ont eu peur pour ma fertilité. Je dis 2,5 ans mais le chirurgien m’a informé qu’il est fort probable que j’avais déjà des lésions avant de tomber enceinte, étant donné ce que je lui ai raconté de ce fameux jour à me taper la tête contre les murs de ma chambre lorsque j’avais 25 ans et que je n’avais pu prendre ma dose d’ibuprofène.

Personnellement, c’est grâce à une émission où j’ai vu Lætitia Milot en parler à la télé que j’ai compris toute seule ce que j’avais. Avant, je n’en avais jamais entendu parler. Le plus dur a été de trouver un médecin qui me prenne au sérieux et m’envoie faire les examens adéquats.

Vous savez tout maintenant. Si vous avez des questions ou des interrogations, n’hésitez pas.

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Puzzle ou mon état d’esprit du moment

Puzzle-ou-mon-état-d-esprit-du-momentCeci est ma deuxième participation au challege d’écriture du blog de l’atmosphérique Marie Kléber

J’ai la tête comme un puzzle

Pleins d’idées, de pensées

Mais rien de valable à assembler

Je commence par les contours

Je vois que je suis bloquée

Ouf, au fond de la boîte, y’a deux pièces attachées

Je décide de tenter ma chance

Mais rien à faire

J’y vois pas plus clair

Je les mets de côté

Je prends d’autres pièces

Je commence par les coins

Ça ne marche pas non plus

Je balance tout

Je crie, je hurle

Les voisins rappliquent

Sûrs que j’ai égorgé le chat

Ils sonnent,

J’ouvre

Ils m’interrogent

Je les insulte

Bande de curieux

J’ai même pas de chat

Ils repartent,

Je remets mes idées en place

Je refais une tentative

Encore raté

Tant pis, j’abandonne

Ça sert à quoi de toute façon?

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Journal d’un déconfinement #1

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Jour 52, le 4 mai


Premier jour de déconfinement. Je rigole, ce n’est que pour le BtoB et/ou les gens qui font du kayak et/ou du golf que ça se déconfine. Pour moi, c’est et ça reste un peu du pareil au même. Je me demande, d’ailleurs, si je vais pas emprunter la balle de mon fils et lui parler. Un peu, beaucoup, exactement comme Tom Hanks dans le film « Cast away ». Bon d’accord, j’exagère, je ne suis pas seule sur une île, sans aucun contact possible. C’est juste que le confinement commence à atteindre mon équilibre mental.

Jour 53, le 5 mai


Un jour en plus, en moins, je ne sais plus. J’ai le moral dans les chaussettes lorsque je me lève (faut savoir que les matins sont toujours assez compliqués pour moi depuis de nombreuses années, hélas). Heureusement, l’action et ma boîte aux lettres améliorent mon état. Le livre commandé et que je croyais perdu est arrivé. La carte postale avec la photo de mon fils que je nous ai autoenvoyés, gratuitement (action corona d’une boîte qui s’appelle Fizzer) aussi.

Mon fils revient. Je suis contente. La vie est toujours bien plus joyeuse en sa présence.

Je décompte les jours jusqu’au 18, date à laquelle on pourra si tout va bien revoir nos proches. Pfiouuu, ce que j’ai hâte que la vie reprenne des couleurs.

Jour 54, le 6 mai


 

Lassitude quand tu me tiens. J’ai l’impression qu’on a, définitivement, basculé dans un autre monde. Je ne pense, d’ailleurs, plus que je sois capable de me réhabituer à celui d’avant.

Coup de théâtre au Kern (conseil national de sécurité): la première ministre nous annonce qu’à partir du 10 mai, nous allons tous pouvoir recevoir 4 personnes, toujours les mêmes, à la maison. En clair et en résumé, nous allons pouvoir fêter la fête des Mères. Mais attention, avec masques et distanciation sociale. Pourquoi cette déviation du gouvernement dans sa gestion criminelle de la crise? C’est simple, ça gueulait tellement de partout qu’ils ont décidé de faire un geste social, histoire qu’on continue encore à obéir pour le reste. Enfin, soyons positifs.ves, peut-être que de voir quelqu’un en dehors de mon garçon et son père me permettra de remettre un pied dans la réalité.

Jour 55, le 7 mai


Nuit de réveils incessants, angoisses, cauchemars. Humeur de chien au réveil. Humeur que je tente de contrôler pour ne pas m’en prendre, au bonhomme. La lassitude se maintient, malgré la bonne nouvelle de la veille. C’est la matinée pendant laquelle j’aurais le moins bougé de mon fauteuil depuis le début de la quarantaine. No motivation.

Heureusement, l’après-midi avec son lot d’activités routinières, obligatoires et pour certaines, salutaires sauvent ma journée.

Mon fils va bien. Il est costaud et je fais de mon mieux pour conserver une routine malgré le chaos de la situation.

Jour 56, le 8 mai


Aujourd’hui, je me réveille plus en forme. J’ai assez bien dormi. Je suis, relativement, zen.

Tout va bien jusqu’à ce coup de fil du père de mon fils. Il a eu un accident de voiture. Le petit et le chien sont avec lui. Ils n’ont rien. Enfin, ils n’en savent rien mais ça a l’air d’aller. Mon fils me dit en pleurant: « Maman, je suis terrorisé, comme quand tu t’es évanouie ». Sa voix m’inquiète. Je ne réfléchis pas, je prends mes cliques, mes claques et surtout, mes clefs, et confinement ou pas, je pars les rejoindre, mon masque au nez.

Dès que je vois le petit, je suis rassurée. Il a retrouvé son calme et a bonne tête. Son père est occupé à faire le constat avec la police et l’autre conducteur. J’apprends que mon ex est en tort et ça ne m’étonne pas. Je savais que tôt ou tard, il aurait un binz avec sa priorité de droite que je trouve mal maîtrisée chez lui.

Je suis sidérée par la situation. Ils n’ont rien mais la voiture est bonne pour la casse. Les réparations pour sa vieille Twingo coûtent plus cher que le prix auquel il pourrait la vendre.

Tout est bien qui finit bien mais je me demande, franchement, quand la merde va s’arrêter. Bordel, destin, c’est quoi ton problème avec nous?

 

 

 

 

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Journal d’une quarantaine #6

Journal-d-une-quarantaine-#6

Jour 43, le 25 avril


Je suis toujours inquiète par rapport aux futurs examens médicaux que je dois faire mais ça va mieux. Vraiment rien de spécial en ce jour si ce n’est une grosse déception par rapport aux mesures de déconfinement. En bref, la vie économique reprendra son cours avant la vie sociale. Les magasins rouvriront le 11 mai et on ne pourra voir ses proches qu’à partir du 18, dans le meilleur des cas. L’école n’est pas au programme pour mon fils et heureusement, parce qu’étant donné le manque de moyens disponibles, je l’aurais, de toute façon, gardé avec moi.

Peut-être qu’il y a aura du positif à tirer de cette période mais pour le moment, j’en ai juste marre.

Jour 44, le 26 avril


Journée tranquille sans événement nouveau ou spécial. C’était dimanche mais bon, comme pour nous, tous les jours ressemblent à des samedimanches, on ne voit pas la différence…Une chose est sûre, la lassitude m’a envahie.

Le petit et moi avons été au parc et il y avait beaucoup trop de monde. Tout le monde était subjugué par les dizaines de petits canetons qui ont vu le jour il n’y a pas longtemps. Les gardiens de la paix sont arrivés avec leurs manières discutables (ils sont impolis et s’adressent aux visiteurs comme s’ils étaient des chiens) pour disperser les gens.

En soirée, j’ai regardé un chouette film polonais, the Art of loving. Le propos et la manière de le traiter m’ont fait beaucoup de bien. Le petit n’a trouvé le sommeil que vers 23h30 (il me fait ça une fois par semaine depuis le début du confinement) et je l’ai envoyé dans sa chambre lire. Certaines scènes du film n’étaient pas du tout adaptées à son jeune âge et je me suis dit que j’avais le droit à ma soirée. Il n’a pas compris et me l’a fait savoir mais il a obéi sans broncher :).

Jour 45, le 27 avril


Psychologiquement, la meilleure journée de cette semaine. Physiquement, par contre, j’ai eu un début de migraine qui a viré en mal de cou insupportable. Mon intention était de ne pas prendre d’ibuprofène parce que trop fort pour mon estomac fragile mais j’ai, finalement, du me résigner à le faire. La deuxième partie de ma journée s’en est trouvée grandement améliorée.

Jour 46, le 28 avril


Le petit est retourné chez son père et moi, je suis allée à mon rendez-vous chez la gynéco. Il n’est pas prévu que je meurs demain mais les résultats et les conséquences de la saloperie (papillomavirus) que j’ai attrapé me mettent en colère car lorsqu’il s’agit de problèmes de santé qui n’arrivent quasi exclusivement qu’aux femmes, nous manquons d’info et de moyens. J’en ai marre et je reviendrai dessus dans un prochain article (j’espère avant la fin du confinement).

A part ça, rien de spécial. Le programme est à peu près identique que toutes les autres fois où mon fils est retourné chez son père: écroulement sur le fauteuil et coups de fil.

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Jour 47, le 29 avril


Rien de spécial.

C’est le jour des courses avec port du masque (je manque de m’étouffer).

J’ai mal partout à cause de l’humidité. Je ne suis, vraiment, pas en forme. Je ne fais pas grand chose.

Je regarde toute la saison 1 et le premier épisode de la saison 2 de After life. Une série british avec un sujet pour le moins triste (deuil de l’épouse) et pourtant, hyper marrante, avec des personnages plus cocasses les uns que les autres.

Jour 48, le 30 avril


Un genre de routine s’est installée, je crois. Je commence même à me demander comment on va revenir à la vie d’avant. En fait, le but c’est de ne pas y revenir. Les gens se rendent enfin compte que la vie qu’ils vivaient, pue. Que courir partout, tout le temps, n’a aucun sens. Que les professions les plus négligées, les moins considérées sont, finalement, les plus importantes. Etceteri, etcetera…Il serait temps de passer à l’étape suivante: la manif, les révoltes, la révolution si nécessaire…Si je m’écoutais, je descendrais déjà dans la rue…mais seule, euh, à quoi ça servirait? Nous sommes tellement obéissants et dociles face au confinement. Vous savez, il y a 2 mois, si on m’avait dit qu’on resterait enfermés autant de temps, je ne l’aurais pas cru. Je ne pouvais pas l’envisager. Les Chinois sortaient doucement du leur, de confinement et je n’arrêtais pas de demander: « Mais comment ont-ils pu supporter? Ben, force est de constater que les Chinois, maintenant, c’est nous.

Jour 49, le 1er mai


Un mois complet de confinement. En mars, on l’a commencé quasi à la moitié mais avril, on l’a fait en entier…Je n’y crois, encore, qu’à moitié.

Lundi, notre déconfinement surréaliste va être entamé. Peu de choses vont changer, en réalité, c’est surtout le BtoB qui va trinquer et la possibilité de faire du kayak (je crois que c’est ce qu’on retiendra le plus en Belgique, le kayak à partir du 4 mai) qui va nous occuper. Pour le reste, j’avoue avoir du mal à raconter ce que je fais car des choses, j’en fait, sans arrêt mais rien de vraiment, rentable, rien de visible pour les autres…J’imagine que dans un an, quand je l’espère tout sera revenu à la normale, j’arriverais à voir l’impact de travail de fourmi d’aujourd’hui…

Jour 50, le 2 mai


Bon ben, on est à 40 +10. C’est la quarantaine sans fin, à vivre le même jour encore et encore.

Je suis même perdue dans ce que je ressens. Le calendrier a de moins en moins de sens à mes yeux. Je sais juste que je vieillis et ça ça me plaît moyennement parce que ce temps, je ne le mets pas à profit (beuh, c’est moi qui ai écrit le mot « profit »?). J’ai l’impression d’être anesthésiée, que le fait de ne plus avoir vu mes pairs depuis si longtemps font qu’ils ne me manquent plus et cette dernière chose m’inquiète parce que je ne suis pas comme ça normalement. Mais il est vrai que je ne peux plus dire: j’ai hâte de …car ce serait un mensonge. Je n’ai hâte de rien.

Le 13, j’allais partir en voyage, avec deux très bonnes amies et je crois que ce n’est qu’un événement de ce type qui pourra casser ma monotonie (je sais, ce ne sera pas pour le 13 mai).

En fait, il n’y a que mon fils qui me raccroche au temps qui passe. Ses allers-retours  marquent ma ligne du temps personnelle. Je sais, d’autres personnes sont, complètement. Je me demande comment elles. Y’a de quoi devenir zinzin.

Jour 51, le 3 mai


Je soupçonne qu’il y aura du positif à trouver dans cette période (si jamais elle se termine un jour) mais je sais aussi qu’on est encore trop dedans et qu’on n’est pas en mesure de l’apprécier.

Le lien avec mon fils est, extrêmement, intense et épuisant. Ce n’est pas qu’il n’était pas bon avant mais là, il est carrément devenu fusionnel. En fait, ses deux amours, ce sont sa chienne et moi. Il est passionné par nous car en dehors de son père et nous, il ne voit personne. Je suis contente qu’il ait l’âge qu’il ait parce qu’il est déjà, en partie autonome et qu’en même temps, il n’est pas assez grand pour avoir, pleinement, conscience de tout ce qui se passe. Il a encore de bons moments d’insouciance. Je remarque qu’il est de moins en moins inspiré pour le dessin, qu’il révèle parfois une agressivité qu’il avait rangé au placard depuis ses quatre-cinq ans mais qu’à part ça, il semble s’accommoder de la situation. L' »après » risque d’être plus compliqué, avec le retour à l’école, le fait de devoir réapprendre le lien (pour lui qui est déjà si solitaire et introverti). J’avais eu très peur, pour lui, en novembre lorsqu’il avait commencé à faire ses attaques de panique mais je crois que sans régler le problème, nous avons réussi à le juguler. Et puis, il me voit en forme (je ne lui fais savoir que ce que je veux bien, évidemment), ma mère lui dit que ça va (ce qui n’est pas le cas) et il est trop petit pour douter si on lui dit  que tout va bien, l’air convaincues.

En ce qui me concerne, je tente de rester vigilante, de me fier à mon instinct et de lâcher prise quand je le peux.

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Inti, la chienne de mon garçon

 

 

 

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Journal d’une quarantaine #5

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Jour 32, le 14/04


Aujourd’hui, j’ai été seule. Je n’ai rien fait de spécial à part les courses (qui sont devenues l’aventure dangereuse de la semaine). Je suis assez bien dans ma tête. C’est peut-être le jour le plus léger depuis le début du confinement. Peut-être parce que j’ai enfin réussi à me reposer convenablement. Après, je culpabilise parce que le petit revient bientôt et que je me reposerais encore bien plus si je le pouvais.

Ah oui, je sais pourquoi ma journée a été empreinte de légèreté. J’ai appris par la gynécologue PMA que ma charge ovarienne était bonne, c’est-à-dire que je suis aussi fertile que n’importe quelle femme de 39 ans malgré mon endométriose. Même s’il est peu probable que j’ai un deuxième enfant, cette nouvelle m’a remplie de joie parce que c’est moi qui décide. En plus, ça tombe bien puisque j’ai abandonné cette histoire de congélation d’ovocytes.

Jour 33, le 15/04


Un jour de plus est passé. Je me sens mieux physiquement. J’ai arrêté le paracétamol mais continue avec la dose maximale de Ventolin.

J’ai trouvé quelqu’un qui fait des masques pour enfants. Je vais aller en chercher. Ce n’est pas loin de chez moi. Je ne connais pas la personne qui les fait, elle ne me connait pas et je trouve sa démarche bien généreuse. Je suis contente d’être sortie. Le soleil me fait toujours du bien.

Je me repose encore le plus possible avant que le petit n’arrive en soirée.

Jour 34, le 16/04


Rien de spécial à raconter aujourd’hui.

Le temps suspendu qui défile se poursuit. C’est un peu pareil pour tout le monde.

Je compose avec ma santé: la fatigue, les migraines. Je n’ai plus de symptômes bizarres.

Le petit va bien. Il a des angoisses parfois, sa mamie lui manque mais j’ai de la chance qu’il soit solitaire et que, finalement, il semble s’adapter à la situation.

J’essaye de rester calme par rapport à ma mère.

Je communique avec mes amies.

Je réfléchis à comment agir en tant que citoyenne dans le but d’arrêter le gouvernement dans leurs délires et catastrophes.

Jour 35, le 17/04


 

Encore un jour de rien de spécial. Un genre de forme retrouvée. Une belle journée avec loulou qui a repris ses légos et qui y a joué pendant plusieurs heures ainsi qu’une chouette promenade au bois.

A part ça, je cherche des masques. Toujours des masques. Encore des masques. Le petit en a un, j’en ai un mais ce n’est pas suffisant. Il faut les laver et je ne vais pas lancer une machine pour deux masques tous les jours.

Jour 36, le 18/04


Le petit est parti chez son père ce matin. Je n’avais pas envie. Je me sens mieux et nous avons retrouvé un genre d’équilibre. En plus, la chienne de son papa a fait un avc (c’est une très vieille chienne) et n’est pas bien du tout. Cette situation stresse beaucoup loulou qui a très peur de la perdre.

Pas fait grand chose à part les courses et une nouvelle recette de cuisine: lasagne aux aubergines. Contre toute attente, je l’ai trouvé très bonne.

J’ai été un peu angoissée. Par moments, comme souvent, depuis le début du confinement. Je vais bien et puis, tout à coup, je sens l’angoisse monter. Aujourd’hui, c’était à propos du petit. Parfois, quand il part avec son père, j’imagine qu’il se blesse ou qu’il est malade et que je ne suis pas lui pour m’occuper de lui. Je crois que ça vient du fait que je n’ai pas le contrôle de la situation dans ces moments-là. De toute façon, je pense que le confinement nous perturbe et qu’on vit avec une peur inconsciente constante.

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Jour 37, le 19/04


J’ai été très déprimée aujourd’hui. Depuis le début du confinement, j’avais ressenti de l’angoisse mais un blues pareil, encore jamais.

Une fille était censée me donner des masques. On en a discuté plusieurs fois. Je devais aller les chercher chez elle quand elle serait rentrée, mais la journée est passée et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai eu ni l’envie ni l’énergie de lui courir après.Mardi ou mercredi, une volontaire est censée venir chercher des livres chez moi pour une association de sans papiers. J’espère qu’il ne va pas se passer la même chose.

A part ça, à défaut de ne pas pouvoir prendre les transports pour aller loin, j’ai continué la découverte des rues de ma commune et celle d’à côté (j’habite entre plusieurs communes),. Et bien, je dois dire que c’est pas mal du tout par chez moi. A l’heure où certains découvrent leurs enfants pendant le confinement, moi, je suis ravie de voir à quoi ressemble mon quartier.

Jour 38, le 20/04


Toujours déprimée aujourd’hui.

Le petit est revenu. En forme, avec plein d’énergie, soulagé aussi. Les piqûres du vétérinaire ont fait des miracles sur sa chienne et elle s’est remise à marcher, a voulu sauter sur le fauteuil (elle n’en est plus capable).

Nous avons découvert une autre bois près de chez nous. Pas très grand mais magnifique. Avec une partie qui donne sur des potagers. Chose qui ravit le bonhomme qui est fou de nature et de jardinage.

Nous avons continué à travailler pour l’école, avons ri, joué et à la fin de la journée, j’ai remarqué qu’une partie de ma tristesse s’était évaporée.

Jour 39, le 21/04


Journée commencée avec des angoisses (comme souvent, n’est-ce-pas?).

Journée bien occupée avec une heure de repassage+ le reste des corvées habituelles.

Une promenade l’après-midi, des devoirs, des jeux, une autre sortie pour aller chercher les fameux masques chez la fille qui ne m’avait plus donnée signe de vie et qui m’a, finalement, recontactée. Quelques coups de fil à la famille et à une amie.

Je crois qu’à présent, je saisis, pleinement, le sens de l’expression « Prendre son mal en patience ». J’en peux plus. Je satuuuuuuuure.

Jour 40, le 22/04


Quarante jours, bordel. Euh pardon.

Presque six semaines à ce train là. Je n’y aurais pas cru si on me l’avait dit il y a six semaines.

J’ai fait plusieurs cauchemars ces dernières semaines. Je me réveille souvent angoissée. Le petit m’a appelée deux fois cette nuit pour me dire que lui aussi était angoissé. J’ai réussi à le rassurer comme j’ai pu. En ce qui me concerne, je me suis levée avec une humeur de chien et le mieux-être n’est arrivé qu’en début d’après-midi.

Nous avons repris le tram. C’était la 3ème fois pour moi depuis le début du confinement et la 1ère pour le petit. Nous nous sommes rendus chez ma mère pour lui apporter ses masques. Nous les lui avons déposés devant la porte et avons parlé dans les escaliers, en respectant les mesures de distanciation sociale. Ma mère était émue aux larmes. Le petit a eu du mal à ne pas lui sauter dans les bras. En ce qui me concerne, je trouve la situation tellement étrange que je suis comme absente, je n’arrive pas à réagir.

Sur le chemin du retour, nous avons eu à faire à des contrôleurs en charge de virer les passagers sans titres de transports et/ou trop nombreux du véhicule. Nous sommes descendus parce que nous devions faire des courses et que l’arrêt où les contrôleurs sont monté, était situé juste en face d’un Carrouf express. Nous avons repris le tram suivant.

En rentrant, j’ai eu la joie de découvrir qu’une partie des livres que j’avais commandés étaient arrivés.

Nous avons passé une soirée tranquille entre jeux (pour tous les deux), dessins animés (pour lui) et coloriage (pour moi).

Jour 41, le 23/04


En Espagne, c’est la journée nationale du livre aujourd’hui. Je suis heureuse d’avoir reçu les miens hier. J’ai aussi reçu une commande de vêtements que j’avais faite pour le petit il y a deux semaines.

Je me sens d’humeur plus légère jusqu’à ce que je trouve une lettre de ma gynécologue dans ma boîte aux lettres. Apparemment, mon dernier frottis (d’il y a, scandaleusement, deux mois déjà) révèle un changement cellulaire. Je vais devoir faire d’autres examens. Youpie. Là, mon angoisse décuple et mon moral tombe au niveau de la cave. J’ai rendez-vous mardi pour qu’elle m’explique.

J’appelle ma mère. J’ai besoin de lui parler. Je ne veux pas que le petit m’entende parler de mes inquiétudes et je lui dis d’aller jouer dans sa chambre mais mon fils est un enfant têtu et il vient à chaque fois écouter…Je suis tellement stressée que je le chasse comme du poisson pourri.  Il ne me semble pas traumatisé, il est allé jouer, j’ai pu parler avec ma mère mais la graine de la culpabilité est semée. Pendant 2-3 heures, je ne suis pas une mère au top et ce n’est, finalement, que lorsque je lis des informations sur le thème que je suis rassurée et que je me calme.  C’est dans ce genre de contexte que les mauvais côtés du confinement prennent toute leur ampleur.

Il part, ensuite, chez son père pour 48 heures et je me mets en mode pause. Je me dis, même si je ne suis pas fan du concept, que j’ai le droit de ne rien faire au moins pendant une soirée de quarantaine.

Jour 42, le 24/04


J’ai perdu le compte. J’ai perdu le fil. J’hésite sur la date. Toute la journée, je crois qu’on est samedi.

Les nouvelles sur ma santé m’angoissent, je ne peux pas le nier. Le confinement dans ces conditions d’incertitude devient insupportable par moments. J’ai quand même réussi à obtenir un rendez-vous pour mardi. J’espère que la gynécologue me fera déjà la biopsie, ce dont je doute, très clairement. Elle va, sans doute, me demander 60€ pour m’expliquer, puis m’envoyer ailleurs pour la faire. On perdra encore du temps. Je serai encore plus stressée.

Désolée, je suis en plein scénario catastrophe mais garder le sourire, pour le moment, je n’y arrive pas.  Je veux savoir et vite.

Je ne fais pas fait grand chose tellement ce truc me prend la tête. J’oublie d’acheter de l’huile pendant mes courses, j’ai presque brûlé la lasagne, failli mettre du liquide vaisselle dans la poêle à frire, raccroché au nez d’un comptable et puis, j’appelle mon fils qui faisait du jardinage et qui aime tellement ça qu’il a décidé qu’il serait jardinier. Il me rend le sourire. Momentanément.

Ces temps-ci, j’ai l’impression que le sort s’acharne sur moi et j’obsède à l’idée de ne pas le voir grandir. Le pire c’est que je me sens plutôt bien physiquement ces dernières semaines.

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Déviations ou mon cheminement depuis le début de la crise

Déviations-ou-mon-cheminement-depuis-le-début-de-la-crise

Au début, je prends pas, au sérieux, cette histoire.J’en ris même. Ah ces chinois,quand même, ils boivent du pipi le matin, mangent du chien à midi et  prennent de la soupe de chauve-souris le soir. Oui, parce que le coupable, au début, c’était la chauve-souris.

Je me sens à l’abri. Je ne pense pas du tout que ça pourra arriver chez nous. C’est inenvisageable dans ma tête.

Le temps passe. Noël et son lot de festivités. Le mois de janvier arrive et avec lui un cas, un belge revenu de Wuhan qui est hospitalisé et qui s’en sort sans trop de soucis. A ce stade, c’est, encore, anecdotique. Je ne m’inquiète pas.

Je ne m’inquiète toujours pas lorsque les premiers décès sont constatés en Iran et en Italie. Tiens, l’Italie, c’est proche quand même. Tiens, on y laisse quand même partir les gens pour carnaval. Tiens, on ne teste pas, on ne confine pas les gens qui en reviennent. Ah oui, c’est juste, ce n’est qu’une petite grippette.

Le nombre de cas commence à augmenter, ici, aussi. Une petite vieille décède, puis une deuxième personne, une troisième, une quatrième…mais bon, chaque année, il y a des personnes qui meurent de la grippe et on n’en parle pas, n’est-ce-pas?

Déviations-ou-mon-cheminement-depuis-le-début-de-la-crise

Le samedi 7 mars, je m’en souviens très bien, c’est notre dernier en liberté. J’ai le petit, il fait beau. Il y a la Foire du livres à Bruxelles. On prend un chemin étrange pour nous y rendre. Les bus, dans le nord de Bruxelles, ont changé d’itinéraire en novembre et je suis encore un peu perdue dans certains quartiers. La balade est sympa quand même. A l’entrée, il y a du gel hydroalcoolique. On a encore le choix d’en mettre ou pas. Par précaution, on le fait. L’ambiance est sympa. Le petit y redécouvre la pizza (il n’en mange plus depuis ses 3 ans). Il fait de la calligraphie. Ensuite, on s’attarde dans la partie enfant. Il a un coup de cœur pour un livre. Il l’achète avec ses économies. Il est fier (et moi, encore plus). Il me propose de m’offrir le livre que je veux avec les sous qu’il lui reste. Pour mon anniversaire. Mon fils est généreux, depuis tout petit mais je refuse, je préfère qu’il garde son argent pour lui. On fait encore quelques courses. Ensuite, on rentre à la maison.

Le lendemain, je participe à la manif. On est le 8 mars. Le bonhomme veut venir avec moi mais il fait moche à crever et puis, je ne sais pas comment sera l’ambiance. J’ai entendu parler des violences policières de la veille à Paris. Finalement,  j’y vais juste avec une amie et laisse le petit chez ma mère. A mon retour, mon frère est là. Je ne me doute pas que c’est la dernière fois que je le verrai.

Ce qu’il se passe la semaine du 9 est un peu flou. Le lundi, j’ai rendez-vous chez ma psy. On ne sait plus si se serrer la main ou pas. On décide que non. Le 10, lorsque je vais chercher le petit à l’école, j’entends des mamans paniquées à l’idée que leurs enfants qui partent en classe de neige en France, soient confinés là-bas. Le voyage est, finalement, annulé. Ce même jour, nous avons rendez-vous chez la neuropédiatre à l’autre bout de la ville et dans le métro, je ne suis pas à l’aise. Je me dis que s’il y a un endroit et un moment où on peut attraper le virus, c’est bien celui-là.  Le 11, c’est mon annif et là, je ne sais pas pourquoi, je sens que le vent est en train de tourner (je précise que je regarde très peu les infos). Mon frère qui avait promis de passer pour manger le gâteau se retrouve à faire des heures supp’ au boulot à cause de l’absence des suspects covid de sa boîte. On commence à trouver naturel de se mettre du gel sur les mains, je décide de courir acheter des chaussures de marche au petit (ses bottes d’hiver sont toutes cassées et ses godasses de printemps ne protègent pas de la pluie) parce qu’on ne sait jamais. Le 12, je regarde pour la première fois les infos depuis longtemps et j' »assiste » incrédule à la conférence de presse dans laquelle notre première ministre (dont j’apprends le nom) nous annonce qu’on va être confinés à partir du surlendemain.

Tout se passe presque d’un coup. On n’a pas le temps d’intégrer l’idée. C’est trop tôt, trop rapide. Je n’ai pas encore, vraiment, conscience de ce qu’il se passe.

Quelque part, j’ai peur mais je ne veux pas trop réfléchir. Je décide de vivre l’expérience comme une aventure. Cela marche 10 jours. Ensuite, je commence à trouver le temps long, monotone et j’apprends les frasques de plus en plus grossières et scandaleuses de notre gouvernement (destruction de stocks de masques, testings interdits dans la plupart des labos, commandes de matériel foireuses, nos aînés laissés à l’abandon dans les maisons de retraites, nombre impressionnant de femmes violentées appelle les services d’aide et d’écoute …). Je flippe. Je comprends qu’il va y avoir intérêt à être prudent.e.s, à ne pas faire de conneries, se préserver un max. Je tente de garder la tête froide et surtout, à ne pas la perdre.

Désormais, je passe mes journées entre dépense d’énergie incommensurable quand mon fils est là et repos + nettoyage quand il est chez son père.

Je ne m’ennuie pas. La fatigue me prive de ce sentiment. Je me repose plutôt avec joie dès que je le peux. Il y a 1001 trucs à faire en position couchée (oui, même seule) ou assise (comme écrire des articles). Ma seule compagnie ne m’effraie plus.

Je ne m’ennuie pas. Par contre, j’angoisse. Je panique, parfois, à l’idée de perdre la boule et de faire du mal à mon fils. J’ai aussi besoin de voir ma mère, de m’assurer de visu qu’elle va bien malgré les circonstances. Mes amies me manquent mais c’est différent. Les contacts téléphoniques ou via chats me contentent pour le moment. Et puis, il y a la privation de libertés que je gère mal. Pour moi, priver les gens de leur liberté de mouvement et d’action sans apporter en échange des mesures claires et le matériel pour faire face à une crise pareille, c’est juste du totalitarisme. Les lois (5G entre autres) qui passent en catimini ne font que confirmer mon hypothèse

J’espère que je tiendrais et que, sans m’en rendre compte, je continue à avancer dans ma tête, à défaut de pouvoir le faire avec mes jambes.

Je me demande comment sera l’après.

 

 

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Journal d’une quarantaine #4

Journal-d-une-quarantaine-#4

Jour 19, le 01/04


Aujourd’hui, c’est poisson d’avril mais bon, ça fait plus de deux semaines maintenant que j’ai l’impression de vivre une blague (pas du tout marrante, pour le coup).

Jour 20, le 02/04


Journée difficile moralement, peut-être la plus difficile depuis le début . Je crois que je commence à saturer, à être très énervée par l’incompétence et le degré de criminalité du gouvernement.

Jour 21, le 03/04


Encore beaucoup d’angoisses pendant une bonne partie de la journée. Nos journées passent et se ressemblent.  J’ai arrêté de regarder les infos. Je ne vois pas l’intérêt: les invités mentent, minimisent ou m’angoissent. Oui, je vais rester chez moi. J’ai bien compris. Depuis le temps, maintenant.

J’ai appris qu’une de mes cousines infirmières (j’en ai deux) avait attrapé le coronavirus dans l’exercice de ses fonctions. On ne se parle plus depuis la fin de l’adolescence et quelque part, je me doutais de ce qui allait lui tomber dessus étant donné le poste qu’elle occupé à l’hôpital et le manque de protection dans les hôpitaux du royaume. Je ne sais pas encore bien si je ressens quelque chose. Elle m’a fait trop de crasses à ma période post-leucémie. Je réagis très froidement et c’est ce qui me travaille, dans la mesure où je suis quelqu’un qui vit tout très intensément. Je ne veux pas qu’elle meure mais je me dis que ce sera peut-être une bonne leçon, que peut-être la crainte de perdre la vie lui fera réfléchir sur certains de ses actes et qu’elle changera. Qui sait? Bon ok, je n’y crois pas.

Jour 23, le 05/04


Je n’ai rien écrit hier. Migraine au programme. De toute façon, il ne se passe pas grand chose. Je continue à le faire parce que ça m’aide à rester focalisée et à dormir (je m’adonne à cette activité juste avant d’éteindre la petite lampe sur ma table de chevet).

Aujourd’hui, je suis allée au parc avec une amie (ici, on peut à condition de respecter la distanciation sociale). Il y avait beaucoup de monde, trop de monde et on est, sans doute, restées trop longtemps à papoter. Depuis je suis parano, je me dis que j’ai pris trop de risque et je me dis même que cette permission de sortir instaurée est un plan machiavélique du  gouvernement pour se débarrasser d’une certaine partie de la population via une sélection naturelle. Ils nous ont tellement menti que mon cerveau part tous seuls dans théories et délires sans fin.

J’ai l’impression de vivre dans le film « Un jour sans fin » mais que curieusement, les journées passent vite. C’est une sensation tellement étrange…

Jour 24, le 06/04


En allant faire les courses aujourd’hui, je me suis rendue compte que je devenais de plus en plus parano. Je suis tellement sous-équipée. Je me promène encore sans masque et sans gants que je commence à prendre peur.

Jour 25, le 07/04


J’en peux plus. J’arrive à saturation. Nerveusement, je commence à avoir du mal. On nous laisse confinés sans nous donner la moindre perspective d’avenir proche ou lointain. Ce n’est pas tenable.

Le petit aussi est fatigué. Aujourd’hui, il m’a fait une grosse crise de larmes parce que sa mamie lui manquait terriblement. On ne parle jamais des des enfants, on ne la prend pas en compte, on croit qu’ils s’adaptent à tout comme de bons soldats. Perso, je sais que la Terre est remplie d’adultes traumatisés à cause de quelque chose qui leur est arrivé quand ils étaient petits. Je ne dis pas que cela va être son cas mais qu’il faut les écouter, s’assurer de comment ils vont et les rassurer quand nécessaire. Ce n’est évident pour personne qu’on est 7 ans, 37  ans ou 77 ans.

Jour 26, le 08/04


Journée psychologiquement la plus facile quasi depuis le début. J’ai pas trop mal dormi. Le petit a fait une nuit de 11h30 et j’ai réussi à lâcher prise.

Jour 27, le 9/04


Aujourd’hui, le petit est parti chez son père. Pour 48 heures. Il va me manquer mais comme à chaque fois, j’ai besoin de ce relais. Quand il est là, je tiens, j’ai l’air en forme et dès qu’il franchit la porte, je m’écroule sur le fauteuil. C’est systématique et je ne me l’explique pas.

Cette fois-ci, l’écroulement dois attendre car je vais braver le danger pour aller faire des courses pour ma mère et moi. Je prends le tram pour les lui apporter (je ne suis pas montée dans les transports en commun depuis trois semaines).

Pour la première fois, je sors avec un masque (cousu par ma voisine, merci à elle) et je déteste l’expérience. Il fait tellement chaud là-dessous. En plus, comme il est noir, j’ai l’impression d’être une ninja.

Jour 28, le 10/04


Journée qui passe très vite. Rien de renversant. Je suis juste de plus en plus écœurée par l’attitude de nos sinistres en affaires puantes avec pouvoirs spéciaux (traduisez: ministres aux affaires courantes avec pouvoirs spéciaux). La Belgique doit être quasi le pays le plus taxé du monde, probablement un des plus riches mais la crise est gérée comme si on avait le PIB de l’Éthiopie. Ils nous baratinent à coup de « La capacité des hôpitaux n’est pas atteinte » et elle ne l’est pas, mais pour la simple et bonne raison que les homes sont devenus des mouroirs et qu’on laisse des gens crever chez eux.

Jour 29, le 11/04


Vingt-neuvième journée de captivité. Oui, j’ai bien dit de captivité car ça y ressemble de plus en plus. On ne laisse pas des gens confinés ad vitaem aeternaem sans perspectives pour l’après. Ce n’est pas tenable, j’insiste.

La journée est tranquille mais je sens la fatigue prendre le dessus. J’adore mon fils mais toutes ces journées d’affilée que l’on passe rien que tous les deux m’épuisent un peu plus chaque jour. J’espère que je tiendrai jusqu’au bout.

Jour 30, le 12/04


Encore un nouveau jour d’enfermement comme les autres. Ou presque. J’ai organisé une petite de chasse aux œufs dans l’appart et le bonhomme a tellement adoré qu’il a voulu recommencer deux fois.

Fin d’après-midi, je sens la fatigue me frapper, les courbatures s’installer et une étrange façon d’éternuer arriver. Dois-je m’inquiéter? Je réfléchis. J’ai toujours essayé de respecter la distanciation sociale pendant mes promenades de santé mais hier, ça a été plus dur à cause du monde qu’il y avait dans la rue et jeudi, au supermarché, parce que trop petit que pour pouvoir garder une distance suffisante dans les rayons. C’est bon, je panique.

Jour 31, le 13/04


Aujourd’hui, le petit est parti chez son père. Il devait rester chez moi plus longtemps mais au vu des symptômes étranges que j’ai et de la mauvaise nuit que j’ai passé, je préfère jouer la carte de la sécurité. En même temps, c’est sûr que si je suis contaminée, il l’est aussi mais j’ai peur de l’évolution du souci chez moi et j’ai besoin de me reposer. Peut-être que c’est mon allergie, la fautive. Mes plaintes sont quasi les mêmes. Je l’espère.

Ici, c’était le 31me jour de confinement. Un mois entier est passé depuis l’annonce. Un mois de parenthèse, de je ne sais pas trop quoi, de n’importe quoi, j’ai envie de dire parce qu’on n’a pas avancés d’un iota et que la Belgique se retrouve avec quasi le taux de décès le plus élevé par million d’habitants. Bref, je vais arrêter là parce que je m’énerve. Je me rends compte que c’est quand même passé vite mais je n’ose imaginer vivre encore un mois dans ces conditions. Je suis vraiment crevée. On en saura plus mercredi 15, date à laquelle le gouvernement nous révèlera son plan génial pour la suite.

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Je reste à la maison mais…

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Ci-dessous, vous trouverez le texte que j’ai écrit pour le collecti.e.f 8 maars de Bruxelles dans le cadre de la campagne conçue par les camarades italiennes de NON UNA DI MENO et dont le but est de casser la solitude du confinement, de récolter les témoignages de celles qui paient le prix de cette situation d’urgence, de créer des liens, partager des outils et des informations pour nous entraider et nous soutenir, pour lutter ensemble. «  »

« Je reste à la maison mais tout le monde s’en fout. Je ne suis qu’une mère solo au foyer que son état de santé précaire a obligé à choisir entre le boulot et son enfant il y a déjà quelques années .Mon cas n’est pas étudié, je ne suis représentée nulle part. Je fais partie de la caste des invisibles.

De quoi je me plains, n’est-ce pas ?Je suis sur la mutuelle et « grâce » à mon statut de « chef de ménage », je « gagne » sans doute plus, actuellement, que certains travailleurs qui se retrouvent au chômage technique ou permanent. La différence, c’est que les femmes comme moi, nous n’existons pas. Par conséquent, nous n’avons ni la possibilité de nous plaindre ni de dire que tout va bien, quand c’est le cas.

Cette crise nous divise en lignes, si j’ai bien compris. Il y a, d’abord, les « héros » du moment qui sont, pour la plupart, des héroïnes-même si elles n’aiment pas être appelées comme ça pour les raisons que l’on connaît et que, personnellement, je cautionne – qui vont, pour les moins chanceux.ses d’entre iels, finir au casse-pipe par manque de matériel ; ensuite, viennent les autres travailleurs des secteurs essentiels (caissiers, éboueurs, facteurs et toustes celleux que j’oublie…), puis, les parents ou non-parents qui télétravaillent et enfin, les autres, les rebuts ou les inutiles parce que trop vieux, chômeurs, au foyer, sdf, migrants, prostitué.e.s et/ou malades. Et je ne parle même pas des enfants qui sont, pour moi, les vrais parias de cette crise sanitaire sans précédent.

Donc voilà, pour ma part, mon confinement, cinq jours par semaine (mon fils est deux jours chez son père en moyenne), c’est le ménage, la popote, l’administration de l’appartement, m’occuper d’un petit gars bien sympa de 8 ans, faire la prof, éviter (comme je peux) de péter les plombs pour que lui ne pète pas les siens, à son tour, aller prendre un bon bol d’air (de moins en moins car vu qu’on nous a tellement mentis sur la maladie, je ne sais plus qui croire) parce qu’on en a le droit, partager des trucs sur FB ou d’autres réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il se passe (situation dont, en tant que patiente, j’étais déjà bien consciente avant le corona), parler au téléphone avec ma mère qui est en chimio, chatter un peu avec des ami.e.s ou connaissances, lire, essayer de me concentrer sur une série ou un film et écrire parce que j’en ai besoin, que c’est gratuit et que je ne risque pas de refiler mes microbes éventuels (le dépistage en masse, ce doit être pour une autre galaxie) à quelqu’un en le faisant. Rien de palpitant, juste de quoi, et contrairement à ce que la majorité des gens pense, être bien occupée et lessivée à la fin de la journée.

J’ai bien conscience qu’il y a pire ailleurs, que ce qui me fait peur, c’est l’angoisse d’être en train de revivre le cauchemar d’une époque où j’étais résumée à mon seul rôle de mère. C’est l’angoisse de craindre que tout ce que j’aurais mis des années à (re)construire sera peut-être anéanti en quelques semaines, quelques mois. C’est l’angoisse de voir mon fils traumatisé-ou pire- par cette saloperie. C’est l’angoisse de penser que peut-être, à la fin de la bataille, il manquera des gens parmi les miens et que je n’aurais même pas pu leur dire au revoir….

C’est tout ça et encore plus. Cependant, comme je le disais au début de texte, je reste à la maison et tout le monde s’en fout puisque je ne suis que mère solo au foyer et que, par conséquent, je fais partie des gens qui ne sont rien. »

Remarque: comme je l’ai dit, il y a bien plus à plaindre que moi. Ma principale source de préoccupation en ces jours de confinement est de ne pas avoir de balcon ou de terrasse. Cependant, je voulais écrire un texte fort, qui résonne, parce que je pense à l’après corona et l’après corona, si on s’en sort, il va être dur. Je ne me fais pas d’illusion, je suis tout en bas de l’échelle, je vois le gouvernement agir au détriment de sa population et je ne vais pas le cacher, je crains l’avenir qui m’attend.

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Les donneurs de leçons du reste chez toi

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Depuis le début du confinement, beaucoup s’en donnent, à cœur joie, pour critiquer, à tout va, ceux qui ont du mal à le respecter. Sérieux, comme si c’était aussi naturel que ça de passer d’une vie normale à devoir rester enfermé.e.s chez nous minimum 23 heures sur 24. De renoncer à presque toutes nos libertés individuelles. De ne plus voir notre famille. Nos amis. De télétravailler avec des gosses. D’être vieux et seul dans son appart. Vous vivez en prison, vous, normalement? Vous êtes un ermite? Bon, ben moi non plus.

Il y en a pour tous les goûts en plus. Ça va de simples remontrances en passant par des insultes jusqu’au témoignage d’une dame de 91 ans qui, toute fière, s’exprime en disant qu’il faudrait faire lire le Journal d’Anne Franck à tous ses gens pour qu’ils obéissent. Son témoignage a fait des émules mais 91 ans ou pas, moi, ça me gave. C’est pas parce que t’as vécu beaucoup plus longtemps que moi, que tu dois me faire la leçon et me lancer des énormités pareilles. En plus, ce n’est pas parce que tu lis Anne Franck que tu peux te mettre dans sa peau. C’est impossible et personnellement, je ne le souhaite pas, comme je ne souhaite pas non plus me mettre dans la peau des migrants et ce n’est pas pour ça que je ne suis pas empathique et solidaire dans la mesure du possible.

Personnellement, je suis introvertie, méfiante mais affectueuse et pas du tout casanière. De plus, je souffre d’anxiété chronique (j’ai appris à la gérer mais bon, là, c’est dur), je ne dispose pas de terrasse et j’ai avec moi mon petit bout de 8 ans toute la journée. Alors je le dis, ce n’est pas facile. J’ai besoin de sortir (en Belgique, on a encore le droit de prendre un bon bol d’air, chaque jour). Et je ne le fais pratiquement plus , parce que les membres du gouvernement nous ont tellement mentis sur tout que nous ne savons plus à quel saint nous vouer et qui croire.

Je comprends qu’en l’état actuel des choses, rester à la maison est la seule solution mais de là, à venir, critiquer et à dire que c’est fastoche, il y a une marge.

Personnellement, je pense que nous devrions être solidaires entre nous dès aujourd’hui parce qu’après, il faudra faire payer les vrais coupables. C’est pas en nous cassant du sucre sur le dos  les uns les autres qu’on va y arriver. Nous ne sommes pas responsables de la situation actuelle et il y a des gens qui vivent dans des conditions tellement pénibles ( logement insalubre, femmes battues, isolés, appart minuscule, personnes souffrant de problèmes mentaux et handicaps en tous genres, enfants, sdf et j’en passe) qu’elles sont dans l’impossibilité de  respecter, pleinement, l’injonction à rester chez soi. Alors, je sais qu’il y a des personnes qui abusent mais je ne pense pas que ce soit la majorité.  Faudrait y penser et cesser de s’en prendre les uns aux autres.

Voilà, c’était mon coup de gueule de la journée. J’espère ne pas vous avoir effrayés.

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La douleur

La-douleur

Je fais une pause dans mon journal de quarantaine pour vous parler d’un ressenti. En fait, j’ai compris que je devais me rendre à l’évidence: je suis en souffrance . J’aurais voulu dire autre chose…Que cette période me permettait de faire ce que je remettais sans cesse à plus tard (même si aussi) ou de profiter des petites choses de la vie (pas besoin d’être enfermée pour ça)…Mais il n’en est rien… Je dois le reconnaître: la souffrance pour les épreuves de ces derniers mois balaye tout sur son passage.

Depuis novembre, je n’ai cessé d’accumuler mauvaises nouvelles et coups durs (cancer de ma mère, attaques de panique de mon fils, endométriose et infertilité pour moi) et ce qui me faisait tenir bon gré, mal gré, c’était l’action. Je n’arrêtais pas. Parce que je ne voulais pas et parce que je ne le pouvais pas. J’étais en mode warrior et recherche de solutions. Peut-être même en pleine fuite en avant.

Depuis que le confinement a commencé, je n’ai eu d’autre choix que de me poser. Même si je suis bien occupée par mon rôle de mère au foyer temps-plein, je suis aussi, pour la plupart du temps, cloîtrée entre quatre murs et j’ai, dès lors, tout le loisir de penser.

Penser dans ce genre de contexte se traduit souvent par ruminer. Je rumine donc et je souffre.

Au début, j’ai un peu culpabilisé. Je me disais: tu ne peux pas traverser cette épreuve, philosophiquement, comme d’autres? et puis, une nuit d’insomnie, j’ai accepté qu’elle était là ma douleur et qu’elle avait toutes les raisons d’y être.

On n’est pas dans un film et elle n’a pas disparu dès que je lui ai dit « oui » et que je lui ai fait une place. Non, mais je sais que l’accepter est la seule voie possible. Autrement, je finirais par imploser. Je suis bien placée pour savoir que lorsqu’on n’accepte pas ce qui nous arrive, on est comme un robinet qui fuit lentement mais qui fuit toujours. Moi, j’ai décidé de l’ouvrir une bonne fois pour toutes et de voir ce qu’il se passe. Cela ne veut pas dire que je vais me coucher et ne plus me lever jusqu’à ce qu’elle parte-chose qui n’arriverait pas- mais accepter qu’elle m’accompagne comme un mal de tête constant. Certaines fois, fort et intense. D’autres, plus discret. Ce n’est pas facile mais c’est la seule solution, je crois.

Je ne sais pas pourquoi j’écris un article sur un sujet aussi banal. Peut-être juste le besoin de se dire que ça va de dire que ça va pas.

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Journal d’une quarantaine #3

Journal-d-une-quarantaine-#3

Jour 14, le 27/03


Aujourd’hui, le bonhomme part pour deux jours avec son père. Il va me manquer, je sais, je note déjà son absence mais ça va me faire du bien. Mon corps ne tient plus. J’en ai absolument besoin. D’ailleurs, dès qu’il passe le pas de la porte, je m’écroule sur le fauteuil (ça devient une habitude décidément). Je regarde la suite et fin d’une mini-série que j’ai trouvé un peu courte mais pas mal du tout (Unorthodox sur Netflix). Je ne fais à manger que passées 15heures. J’appelle ma mère. On parle 30 minutes. Elle va bien.

Mon frère va avoir une fille. Apparemment, c’est officiel grâce à une prise de sang. Je ne comprends pas trop mais voilà. Je réfléchis à comment je me comporterais avec une enfant-fille, moi qui ait un frère, un fils et qui m’entendais mieux avec mes cousins garçons…On verra, il y a le temps. A présent, je sais que je peux vendre tous les vêtements de mon loulou que je gardais pour ce futur neveu qui tardait à venir et qui n’est, finalement, pas un garçon.

Aujourd’hui, je ne sors pas. J’ai reçu mes livres. Je vais donc traînailler, lire, paresser…J’ai le temps et j’en ai le droit.

Nous venons d’apprendre que nous sommes confinés jusqu’à 19 avril, avec une possible prolongation jusqu’au 3 mai. Même si je m’en doutais, ça ne fait pas plaisir. Faut être sacrément bien dans sa tête pour tenir.

Malgré tout, je garde espoir sur une prise de conscience généralisée du peuple que nous sommes. J’espère que cette crise permettra à l’ensemble de la population de se réveiller et que plus jamais, on ne se laissera faire par ces dirigeants-escrocs. J’espère qu’on est à l’aube d’une révolution, que les esprits grouillent d’idées et s’échauffent pour ne plus jamais laisser faire.

Jour 15, le 28/03


Je suis seule aujourd’hui. Toute la journée. Je ne m’ennuie pas, cela dit. J’en ai besoin. Je suis crevée. J’écoute une séance d’hypnose le matin et puis, je m’active. Je vais faire les course. A pied. Avec mon charriot. D’habitude, j’y vais en transports car ce n’est pas à côté. A l’arrivée, une file immense. Heureusement, elle avance vite. Je retourne à pied aussi, évidemment.

Je parle au téléphone avec ma mère, mon frère, mon fils, son père. Je fais le ménage. Je range, nettoie, m’occupe de choses que je remets toujours à plus tard…Un peu comme tout le monde ces temps-ci.

Le contact me manque énormément mais je ne me sens pas seule pour autant. Cette expérience me permet de voir à quel point, j’ai évolué, moi qui, il y a 4 ou 5 ans avait du mal à rester 24 heures seule.

La journée passe vite. Je ne regarde presque pas la télé. Les infos commencent à m’ennuyer, c’est toujours la même chose. Rien de neuf à part cette lutte contre l’ennemi invisible. J’arrive à lire quand même. Je suis contente.

J’éteins à 23.52. Un record pour moi. Cette nuit, c’est le changement d’heure. On aura 1h de lumière en plus pour rester à la maison. Jusque quand?

Jour 16, le 29/03


Aujourd’hui, ma journée commence à 8.30. Ah mais non, shit, merde, il est 9.30 maintenant et mon bonhomme revient dans deux heures maximum. J’avais prévu un tas de choses entre 8.30 et 9.30, merdeeee. Point positif: on vivra une heure en moins de confinement, aujourd’hui.

Je m’active comme je peux mais ouch, ce que je me sens pataude ce matin. Pourtant, j’ai bien dormi. Juste eu quelques angoisses quelque part et fait une séance de grattage des mains irritées.

Bon ben, on la fera cool. Les devoirs, déjà, c’est pour la semaine et on est dimanche. En plus, l’air de rien, le bonhomme, il a bossé tous les jours depuis le début du confinement. Il mérite un jour de congé.

Au programme, pour lui, ce sera donc dessins animés, jeux.. Pour moi, lecture, FB et préparation des repas pour les deux jours à venir. Je suis fière car je n’aime pas cuisine et je prends, rarement, de l’avance.

La journée passe. L’heure des applaudissements arrive. On reste 40 secondes à tout casser. Il fait frisquet et je n’ai ni l’envie que mon fils tombe malade ni celle d’attraper la crève alors que je sors juste d’une « angine ».

On continue sur notre lancée de dessins animés pour lui et lecture pour moi.

Je n’ai pas trop angoissé aujourd’hui, juste éprouvé une immense fatigue, différente de celle que je ressens à l’accoutumée. Demain commence une nouvelle semaine de confinement. A voir ce qu’elle nous réserve.

Jour 17, le 30/03


Journée qui commence difficilement. J’ai mal dormi. Éprouvé beaucoup d’angoisses pendant la nuit. Je me lève. Toujours après mon fils. Il joue sagement lorsque je le retrouve.

La matinée reste compliquée. Le petit commence ses devoirs à 11 heures et c’est l’enfer. Pourtant, je vois qu’il comprend. Il me dit juste qu’il n’arrive pas à se concentrer. Cela devient une rengaine.

Ma mère est en chimio aujourd’hui. Apparemment, tout le monde est « masqué » en salle de traitement. Elle me parle de masques plus artisanaux et originaux les uns que les autres. Normal, y’en a pas des réglementaires et les gens sont obligés d’en faire eux-mêmes ou de s’en procurer chez de bonnes âmes.

Elle a l’air bien mais on sait que ça ne va pas durer. On lui a remis la dose standard de chimio car sa prise de sang est bonne. Ce n’était, donc, pas à cause du covid19 qu’elle lui avait été donnée allégée mais parce qu’il y a un mois, elle avait fait une infection aux poumons. Infection aux poumons? Tiens, tiens…Et si elle l’avait déjà attrapé le fameux corona et qu’elle s’en était sortie…Peut-être que les médecins n’ont pas trouvé il y a un mois, parce qu’ils ne testaient pas encore…J’aime caresser l’idée qu’elle a eu la maladie et qu’elle est immunisée.

L’après-midi, nous allons au bois à côté de chez nous. On trouve de nouveaux sentiers à parcourir. Cette sortie me fait du bien, même si j’en reviens avec une grosse migraine.

Ensuite, on rentre et on joue. Je remarque tous les deux, nous avons moins de créativité que d’habitude. S’il est comme moi, le loulou, il aura besoin d’être stimulé par l’extérieur. Et pour le moment, c’est le néant de ce point de vue-là.

Il enchaîne les rentrasmissions de « c’est pas sorcier » et me semble devenir un vrai petit savant. Une heure avant d’aller dormir, je lui propose un peu de lecture. Il n’est pas très motivé et préfère discuter. Il aime que je lui raconte des choses.

A 21h40, je le couche. De mon côté, j’écris encore un peu, regarde le JT et lis.

Jour 18, le 31/03


Dernier jour du mois de mars le plus étrange de ma vie.

La journée commence durement. A cause de ce maudit sommeil encore. C’est le changement d’heure, je le sais. J’ai toujours eu un sommeil sensible mais depuis le sevrage, n’importe quelle petite modification dans la routine a des conséquences néfastes sur mes nuits. ça ira mieux mais en attendant, ce n’est pas facile, surtout que de son côté, le petit est super énergique depuis tôt le matin. Il dort tellement bien en plus. Plus longtemps que lorsqu’il va à l’école. Cette situation aurait-t-elle également un impact sur lui?

Les devoirs, c’est l’enfer. A nouveau. Il prend 3 heures pour faire une page de calcul. J’ai vraiment l’impression qu’il se fout de ma gueule. Je ne parviens pas à garder mon calme. Je décide qu’on laisse tomber à l’heure du déjeuner. Cela ne sert à rien de s’acharner.

Je fais à manger. On appelle ma mère qui semble mieux supporter la chimio cette fois-ci, mon frère qui s’ennuie comme un rat mort pendant ses jours de congé maintenant que sa copine est allée passer le confinement chez ses parents. Je fais du tri dans ma garde-robe. On fait un bref aller-retour jusqu’au contenair de vêtements près de la maison.

A notre retour, on se décide à dessiner et décorer des poissons d’avril pour demain. Le petit adore faire des farces.

Ensuite, on reprend les travaux de l’école et oh miracle, il reste concentré et saisit vite.

La soirée se poursuit et comme chaque jour à cette heure-ci depuis le confinement, je lui laisse voir quelques épisodes d’un dessin animé qu’il affectionne. Ensuite, il va dormir.

Moi, comme chaque soir à présent, je regarde le JT, histoire de m’informer sur les nouvelles mesures s’il y en a et l’avancée des choses. Apparemment, la propagation du virus semble diminuer en Belgique et en même temps, chaque jour, on enregistre un nombre de décès supérieur à celui de la veille. Aujourd’hui, et ça me brise le coeur, parmi les victimes, il y a une petite fille de 12 ans…Ils avaient dit pas les enfants, pourtant.

J’ai besoin de me distraire, alors je vais voir sur Netflix. Rien ne me parle. A la place, je regarde une vidéo sur YT et entame la lecture du dernier livre que j’ai commandé.

Journal-d-une-quarantaine-#3

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Journal d’une quarantaine #2

Journal d'une quarantaine
Mon garçon prend des photos de chiens qui passent à la télé, à mon insu, quand je suis sous la douche

Comme promis, je reviens pour vous partager mon quotidien durant cette période duuure et longue de quarantaine (premier épisode ici) et qui, chez nous, je viens de l’apprendre, est prolongée jusqu’au 19 avril.

Jour 9, le 22/03


Un peu d’angoisse, un peu d’ennui. Pas beaucoup de communication avec le monde extérieur sauf avec le petit que j’ai eu au bout du fil deux fois et ma mère, une fois.

Je me sens moins crevée, moins malade même si mes oreilles et ma gorge sont quand même bien irritées.

Je fais une promenade, en solitaire, au parc à côté et dans les rues voisines à mon domicile. Il fait magnifique. Le ciel est bleu azur. Le silence, assourdissant. Je n’avais jamais vu ça à Bruxelles.

J’écris beaucoup, vois la suite et fin de la saison 3 de Elite sur Netflix. J’ai toujours du mal à me concentrer. J’ai envie de commander des bouquins (dire que je suis passée à la bibliothèque l’après-midi du jour où les autorités ont décidé de nous confiner) mais je ne sais pas lesquels. J’ai peur de ne pas aimer et des surprises financières de la crise corona, d’autant plus que nos supermarchés ont utilisé l’excuse de la maladie et des tarés qui achetaient 144 rouleaux de pq pour stopper toute promotion.

Jour 10, le 23/03


Journée de hauts et de bas, de panique en regardant les news et voir le personnel médical se plaindre du manque de moyens, menacer même de ne plus se présenter à leur poste de travail si des masques et des équipements adéquats ne leur sont pas apportés.

J’ai déjà plus le cœur à applaudir et en plus, je traîne un genre d’angine depuis samedi, je n’ai donc pas envie de prendre de risques. De toute façon, j’ai plutôt envie de huer et de m’époumoner à scander des méchancetés slogans contre nos dirigeants politiques. Surtout contre la ministre fédérale de la santé qui est raciste et qui parle de la Flandre et du reste de la Belgique comme s’il s’agissait de deux pays différents. En six ans, je ne sais combien de pétitions j’aurais signées pour qu’elle se fasse virer, combien d’articles, toujours dans ce sens, j’aurais partagés sur FB …mais rien, elle reste à sa place.

Sinon, j’ai récupéré le petit vers 13 heures, à la pause de son père. Inutile de dire qu’à partir de là,  la journée devient très intense. Je n’ai plus une minute à moi. Il y a la préparation du repas, les devoirs, les jeux, la promenade quotidienne au parc (promenade fatigante car il ne nous est plus permis de nous asseoir sur les bancs), un long appel téléphonique à ma mère, quelques échanges brefs avec des amis (dieu que je n’aime pas cette façon de communiquer), le repassage.

A 20h15, je mets le petit devant un dessin animé et je décrète que la journée est finie. Je le mets au lit à 21.30 et puis, me m’écroule sur le sofa (ça devient une habitude). Je regarde encore l’édition du journal de 19.30 sur internet, un bout de film distrayant ( Le club des mamans solo sur Netflix). Je ne lis toujours rien de neuf mais compte passer une commande de livres online.

 

Journal-d-une-quarantaine
Photo d’une famille de canards prise dans le parc à côté de la maison

Jour 11, le 24/03


On recommence une série de journées rien qu’à nous deux, le petit et moi.

Le moral est haut. J’ai bien dormi. Le petit ne m’a pas réveillée.

Journée où je suis assez occupée, malgré de brèves interactions avec l’extérieur.

Au téléphone, je trouve ma mère déprimée et c’est assez rare chez elle que pour s’inquiéter. J’aimerais qu’elle soit avec nous mais je sais que ce n’est, absolument, pas conseillé. J’ai, surtout, peur de comment ça va se passer la semaine prochaine à l’hôpital. Le personnel n’a pas arrêté de faire bourde sur bourde dans sa prise en charge avant le corona, alors, maintenant, ça fait vraiment peur. Ma cousine qui travaille comme technicienne de laboratoire lui a, heureusement, dégoté un masque. Quelqu’un, dans son unité, les fabrique.

Pour ma part, je continue avec les symptômes (maux de gorge et d’oreilles) de ce que j’ai moi-même diagnostiquée comme étant une angine (je refuse de penser que je puisse être victime du covid19).

Le petit est joyeux. Il ne semble pas beaucoup s’ennuyer. Pour lui, le corona ce n’est autre que « la télécommande de la nature pour contrôler les humains pollueurs… » Rien que ça.

Je crois, en tout cas, j’ai l’impression que les confinés commençons, doucement, à perdre un peu tous la boule. Nous avons été projetés dans un scénario digne d’un des meilleurs film de science-fiction et j’avoue, je crains très fort pour notre santé mentale. Avoir le petit avec moi me maintient dans un genre d’équilibre et m’épuise en même temps.

J’aurais aimé faire la positive qui ne voit que le bon côté de la chose. Oui, parce qu’il y en a toujours, c’est vrai, mais franchement, l’angoissant et le fatigant prennent tellement de place que c’est assez difficile pour moi de me concentrer sur le beau. Je me force juste à revenir le plus souvent possible au présent dans le but d’éviter de tomber dans des scénarios catastrophes plus effrayants les uns que les autres.

Jour 12, le 25/03


Journée où je me sens plutôt déprimée. Les nouvelles ne sont pas bonnes en Belgique. Les cas de covid montent en flèche. Le matériel manque.

Avec le petit, c’est très compliqué avec les devoirs. Il prend 3 heures pour faire 3 pages de calcul et tout est presque faux, alors que les mathématiques sont censés être sa meilleure matière. A part ça, je ne peux pas me plaindre. Il est toujours doux, prévenant, prêt à aider et si empathique. Il est en forme et j’en suis heureuse.

Notre sortie quotidienne (pour aller faire les courses aujourd’hui), le gentil accueil du vigile (certaines mamans solo que je connais s’étant, récemment, faites rabrouer à l’entrée parce qu’elles venaient avec leurs enfants, ça fait du bien), le coup de fil de ma maman où on a, énormément, rit de la situation, m’aident, finalement, à retrouver le moral.

J’ai également des nouvelles de mon frère de retour au front (supermarché). Il a décidé avec sa compagne enceinte de ne plus vivre ensemble le temps que la situation s’améliore pour éviter, je cite, qu’elle ne soit contaminée par les microbes qu’il pourrait rapporter du boulot.

Mon plaisir du jour: réussir à voir la 2ème partie du film que j’avais commencé quelques jours auparavant et avoir commandé deux livres (Les corps abstinents d’Emmanuelle Richard et Inés y la alegría de Almudena Grandes).

Jour 13, le 26/03


Je me suis levée très tard, aujourd’hui. Presque à dix heures. Le petit est debout depuis un moment. Il a petit-déjeuné, regardé des dessins animés.

Je m’étais couchée vers 00.30. Bien dormi jusqu’à environ 5.30 et puis, des angoisses sont venues me hanter. Le passé, le présent, le futur, toutes des questions auxquelles le confinement force à réfléchir. Des questions que l’on ignore quand on est libre de nos mouvements, qu’on s’active comme et quand on veut.

Je me suis rendormie deux heures plus tard environ.

On commence à rentrer dans un genre de routine (pesante), j’ai l’impression. Devoirs et ménage, le matin. Promenade, jeux et télé l’aprèm et en soirée. On dirait presque un vieux couple (je ris…jaune).

Je reste frustrée de ne pouvoir communiquer avec mes congénères que via téléphone ou réseaux sociaux. Ce n’est tellement pas sain, je trouve. J’ai l’impression mais je sais que je ne mesure pas ma liberté de vivre en Corée du Nord, en dictature. Je sais bien que rester à la maison est la seule solution dans nos pays mal préparés à l’épidémie. Je prends sur moi, comme je peux. Je me tiens au courant de l’évolution de la situation et apprends scandale sur scandale à propos de notre gouvernement (non-renouvellement d’un énorme stock de masques périmés il y a deux ans, par exemple). Je me sens très impuissante et comme un pion. En fait, j’ai plus jamais conscience de n’être qu’un pion. J’intègre l’idée de me trouver au tout bas de l’échelle des humains. Je ne figure pas dans les lignes de personnes citées chaque jour. Je fais partie des rebuts de la société. Je suis comma la troisième classe du Titanic, destinée à disparaître. Je ne me sens pas rebut mais c’est comme ça que je suis vue par la société. Inutile de se mentir. Mère seule qui ne bosse pas à cause de sa santé = cassos en d’autres termes. Ce qui me fait tenir c’est de me voir comme une survivante, une battante…plutôt que ça. Je vous disais que le confinement me faisait réfléchir à des choses que je n’envisage que peu…

Malgré tout, j’ai envie de croire que de cet épisode de nos vies, il en ressortira du bon. Que nous survivrons, pour commencer. Puis que la santé ne sera plus jamais considérée comme un luxe (ça me fait du bien d’entendre Onze Premier (notre première ministre) dire que le boulot c’est important mais que la santé vient d’abord). Ensuite que le télétravail se développe (unique possibilité pour moi d’un éventuel retour au travail)…Et enfin et qui n’a rien à voir, que nos différents gouvernements criminels tombent et que leurs membres soient poursuivis .

Voilà, c’est tout pour ces quelques jours. J’espère ne pas trop tarder à revenir.

 

Journal-de-quarantaine-#2
Derrière la grosse tête de mon bonhomme, les champs à perte de vue que l’on voit depuis le bois à côté de chez nous

 

 

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Journal d’une quarantaine (avant l’heure)

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Une de mes deux mains après quelques jours de lavages intensifs

Moi, ça fait 8 jours que je suis en quarantaine. Depuis samedi passé. En même temps que les restaus et cafés, ici en Belgique, mais avant les magasins non essentiels. Sur ces huit jours, mes émotions ont fait les montagnes russes et à l’heure actuelle, je ne suis pas encore certaine d’avoir intégré le surréalisme de la situation. Que l’on soit tous confinés en Europe et dans le monde, parce que nos gouvernements ont décidé de faire des économies sur le secteur le plus important est quelque chose qui me dépasse d’une façon que je ne suis même pas en mesure de décrire. Des idées de meurtres à l’encontre de tous ces élus me viennent et pourtant, je ne suis pas violente et je ne me sens pas en guerre (Macron, si tu m’entends).

Soit, soit, j’avais prévu de vous partager ma première semaine en temps que hamster dans une cage et c’est ce que je vais faire.

Jour 1, le 14 mars 2020


A ce stade, c’est encore un peu comme une blague dans ma tête, je ne réalise pas du tout. Je suis, en mon sens, enfermée à la maison parce que j’ai des symptômes étranges (je respire mal et j’ai mal à la gorge mais je ne m’inquiète pas).

Je suis seule ce week-end là.

Je nettoie, je trainaille, je regarde un film (Tallulah). Je me repose comme je le fais souvent certains samedis en hiver.

Jour 2, le 15 mars 2020


Ma journée est presque identique à celle du jour précédent. Je ne sors pas. Je nettoie. Je lis.

Mes symptômes étranges évoluent. Enfin, juste en ce qui concerne ma gorge. Ma gêne respiratoire est pareille que la veille. Elle ne diminue pas, n’augmente pas. Elle est juste là. J’appelle quand même la garde de Bruxelles (médecins de garde). Une jeune femme me répond, prend notes de mes coordonnées, de mes plaintes et me dit qu’un médecin me rappellera mais qu’il faut être patiente parce qu’ils sont débordés. La docteure qui me rappelle au bout de cinq heures me dit de rester chez moi et que je ne peux pas accompagner ma mère à sa chimio parce que ça peut être dangereux (youpie). Elle table sur mon allergie étant donné mes symptômes, mais comme elle n’est pas sûre et qu’elle ne peut pas m’examiner, elle me dit qu’elle préfère prévenir que guérir.

Je m’occupe comme je peux, regarde Before Midnight et m’aperçois que j’ai changé car je comprends mieux les plaintes de Céline alors qu’avant, je la trouvais juste chiante. Je commence à sentir le poids de l’isolement.

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Jour 3, le 16 mars 2020


C’est l’annif de ma maman et je ne peux même pas l’accompagner à sa chimio (quel cadeau me direz-vous). Je reste en contact avec elle par téléphone. Les médecins ont décidé d' »alléger » son traitement car la dose normale l’affaiblit beaucoup et ce n’est pas le moment. Ça commence à sentir, vachement, mauvais cette histoire de coronavirus.

Je sors enfin. J’appelle ma généraliste. Elle semble très frustrée de ne pas pouvoir me recevoir mais me dit de passer chercher une ordonnance pour du ventolin. Elle la déposera à l’entrée, sur la tablette. Pour elle, le souci doit être mes allergies. Je crois pareil. Elle me dit que si d’ici deux jours, ça ne va pas mieux, je devrais aller faire un tour aux urgences….(pitié dieu, jésus, krishna, messi et consors, faites que ce soient mes allergies qui provoquent ces symptômes).

Je passe aussi acheter un drap chez Zeeman (oui, je vous assure, c’était indispensable le 16/03), au supermarché, à la pharmacie et contre toute attente, je m’aperçois qu’il y a encore beaucoup de monde dans la rue. Je ne veux pas prendre trop de risques. Je suis quand même une personne à risque avec mon syndrome de fatigue chronique et mes antécédents qui, quoi qu’on en dise, me rendent plus faible que d’autres et je décide de rentrer, sagement, à la maison.

Je récupère mon fils. Ensemble, on passe la soirée à jouer et à rire. Demain sera un autre jour.

Jour 4, le 17/03


J’ai beaucoup d’angoisses aujourd’hui. La perspective d’un huit clos de plusieurs semaines avec mon garçon m’effraie. Ça me renvoie beaucoup à quand il était bébé et qu’on était souvent que tous les deux h24. J’essaye de me rassurer, de me dire que ça n’a rien à voir (parce que ça n’a rien à voir) mais c’est vraiment une situation compliquée pour moi, cet isolement forcé.

Le petit et moi, nous sortons deux fois (au parc et au bois près de chez nous) pour essayer d’enrayer ma crise. La deuxième promenade y parvient.

Nous passons à la pharmacie juste avant de rentrer et une pétasse (excusez-moi du terme) fait l’innocente pour passer devant tout le monde dans la file.

Mon allergie va mieux (c’était donc ça). Presque tous mes symptômes disparaissent. Ouf. Je ne dois pas oublier d’envoyer un message au docteur pour l’informer.

Je n’arrive ni à lire ni à écrire aujourd’hui.

Début de soirée, j’apprends que le confinement est renforcé. Les magasins non essentiels seront fermés à partir de demain midi. Nous ne serons plus autorisés à sortir que pour faire les courses, aller à la pharmacie, à la banque (elle revient toujours celle-là), aux rendez-vous médicaux absolument nécessaires, faire le plein, prendre un bol d’air avec les personnes vivant sous le même toit et à proximité de notre lieu de résidence, et c’est à peu près tout, je crois. Je suis sous le choc car je me demande comment on va faire le père de mon fils et moi pour la garde du petit.

Jour 5, le 18/03


Aujourd’hui, mes angoisses sont beaucoup plus gérables. Nous sommes fort occupés le matin en vue de préparer le confinement. Au Carrefour, nous affrontons une file monstre pour acheter de quoi tenir quelques jours (je vous rassure, je ne fais pas des réserves de 100 paquets de pâtes, 144 rouleaux de papier toilette, etc. Je ne comprends pas la frénésie des personnes qui font ça). Nous allons marcher au parc l’après-midi. Le temps est magnifique. Puis, le petit part avec son papa. L’angoisse revient, un peu mais globalement, ça va.

Je discute beaucoup avec des gens sur le net en vue d’organiser une aide pour les personnes âgées et/ou fragilisées.

A 20 heures, je sors applaudir à ma fenêtre le personnel soignant, le personnel de l’alimentaire, les éboueurs, les facteurs, tous ceux que j’oublie et nous-mêmes. Il y a pas mal de monde déjà. C’est émouvant. Je pense à mon frère qui bosse dans l’alimentaire et qui travaillait sans masque et sans gants jusque là. Heureusement, il s’est mis en maladie, quelques jours, le temps de calmer les symptômes de sa sinusite. Sa compagne est enceinte (je vais devenir tante!!).

Ma mère me manque. Elle a l’air en forme malgré tout. On s’appelle 2 fois par jour et on rit, on pleure un peu. Le petit lui a envoyé, par courrier, ses derniers très beaux dessins.

Pour m’occuper, je ne fais pas grand chose. Oui, il y a le ménage, la cuisine, le petit mais hormis ça, je lis à peine (plus de bouquins dans ma PAL et envie de me plonger dans des romans fleuves en accord avec mes valeurs (je ne sais pas si ça existe)), je n’arrive pas à me concentrer sur une série, un film. C’est le temps d’adaptation, j’imagine (j’espère).

 

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Jour 6, le 19/03


Journée éprouvante psychologiquement.

Dur réveil. Dures premières heures. Aucune patience avec le petit quand il fait ses devoirs.

Notre sortie dans le bois à côté de chez nous change le visage de la journée. On marche longtemps, on se perd un peu, puis on rentre à la maison, vidés…

Un connard (je suis encore plus vulgaire que d’habitude en ces temps de confinement décidément) réussit à me souffler dans le cou. Je prends une douche désinfectante.

On joue, rit, danse et lorsque le petit va dormir, je m’écroule littéralement. On est à l’intérieur mais nos journées sont, finalement, hyper chargées entre le ménage, la préparation des repas, le suivi des devoirs, les jeux, devoir réassurer son enfant alors que soi-même on sait pas vraiment ce qu’il se passe et surtout, comment tout ça va finir, les appels à ma mère qui désespère de plus en plus de ne pas pouvoir nous voir.

C’est tellement intense, imprévisible, nerveusement, physiquement. Je commence juste à réaliser.

Jour 7, le 20/03


Journée beaucoup plus facile. A bas la pression, on la déclare « journée en pyjama relax, tranquillou ».

J’ai beaucoup moins d’angoisses mais je suis très très fatiguée. Du coup, je laisse voir plein de dessins animés à mon grand bonhomme.

Le petit travaille mais il ne comprend pas tous ses exercices. Comme moi non plus (ça promet pour plus tard), je décide qu’on laisse tomber…La capitale de la Belgique, Acapulco bien sûr. Il danse encore, balaye  » parce qu’on est une équipe », cache des papiers avec des petits cœurs partout dans la maison.

A 20heures, on applaudit le personnel soignant, le personnel de l’alimentaire, les éboueurs, les facteurs, les livreurs tous ceux que j’oublie et nous-même de l’exploit de rester au moins 23heures sur 24 à la maison.

Notre pizza arrive. Elle est tiède. Le livreur a 30 minutes de retard. On ne dit rien évidemment. On sait pourquoi c’est comme ça. Tant pis, on la réchauffera aux micro-ondes.

Je discute encore virtuellement avec une amie. Reçois des coups de fil, en passe d’autres.

La journée est finie.

Jour 8, le 21/03


Je sors un peu aujourd’hui. J’apporte des médocs à ma mère. Je les laisse aux pas de sa porte. Elle ouvre. On discute 30 secondes à trois mètres de distance. C’est étrange, immensément frustrant.

Je passe par le supermarché avant de rentrer et dans la file, une bonne femme se colle à moi pour me demander pourquoi je n’avance pas. Ce n’est pas que je n’avance pas, c’est qu’on doit respecter une distance de 1,5m. Elle le sait pas encore, on dirait. Y’a des gens, je me demande, vraiment, dans quelle planète ils vivent…

Ensuite, je rentre chez moi et je me coupe quasiment du monde. Je commente quelques posts sur FB, chatte vaguement, regarde ou plutôt tente de regarder une série sur Netflix (toujours beaucoup de mal à me concentrer, j’ai), fait une séance d’hypnose.

Me voilà avec un état grippal (courbatures, mal de gorge) maintenant et ça me fait peur.

Le petit est parti passé le week-end chez son père mais avant son départ, j’ai remarqué qu’il commençait à se poser beaucoup de questions, à trouver le temps long. Il est triste de ne plus pouvoir voir ses grands-parents.

Encore une chance que les sorties au parc soient (toujours) permises.

Encore quatre semaines (minimum) à tenir.

Voilà pour les huit premiers jours. J’essaierais de poster plus régulièrement des nouvelles sur mon confinement à moi.

J’espère que vous allez tous bien. Bon courage.

 

 

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Un matin comme un autre

Etant donné notre mise en quarantaine forcée (j’ai, d’ailleurs, quelques symptômes d’ « allergie » il paraît mais je ne sais pas vraiment ce que j’ai vu qu’aucun docteur n’ a pris jusqu’alors le risque de me recevoir) et un petit sursaut d’inspiration, j’ai eu la très nette intention de participer au dernier numéro de la série de challenges d’écriture lancée par Marie. Comme je me suis rendue compte que j’étais passée à côté de la consigne, j’ai hésité et puis ne trouvant pas mon texte si mauvais, j’ai, finalement, décidé de le publier aujourd’hui lundi.

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Voici mon œuvre (ironie):

« Encore ce cauchemar. Chaque nuit, il rêve d’une espèce d’épidémie mondiale. Il ne comprend pas pourquoi.

Pour se rassurer, il cherche le corps de Noa. Il ne le trouve pas.

Il revient alors à lui et se souvient. Elle l’a quittée. Il y a déjà plus de quatre mois.

Il s’assoit sur le canapé qui lui sert de lit depuis qu’elle est partie. Devant lui, sa table brune de salon ikea. Il contemple les restes de sa soirée: boîte à pizza, mégots à gogo, joint à peine entamé, bouteille presque vide.

Il a pitié de lui.

Il se lève. Il doit se doucher, aller au boulot. Il est déjà presque en retard.

Pour arriver à la salle de bain, il doit passer par leur ancienne chambre. Il la traverse. Furtivement, rapidement.

Enfin, il parvient au lavabo. Il allume la lumière et tombe sur son visage dans le miroir.

Il est choqué par ses cheveux, devenus, complètement, blancs. Quand est-ce arrivé?

Il est écœuré par ce truc rabougri, vieilli qui lui sert de visage.

Il ne supporte pas son reflet et casse le miroir avec son poing.

La plaque ne résiste pas. Son poing, non plus. Il dégouline de sang.

Il se met à pleurer comme un gosse. Pourquoi j’ai fait ça? Pourquoi j’ai fait ça? qu’il se dit.

Il l’a trompée. Plusieurs fois.

Il ne pensait pas qu’elle l’apprendrait.

Il ne savait pas qu’il tenait autant à elle. A la vie qu’ils étaient en train de construire.

Il prend un vieux t-shirt dans l’armoire de la chambre. Il l’enroule autour de son poing. Le sang ralentit sa cadence. Il ne coule plus autant mais la blessure est profonde. Il devra passer aux urgences. »

 

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J’ai participé à la marche du 8 mars de Bruxelles

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Etonnant, n’est-ce pas? Hahaha.

Ce n’est pas la première fois. La première fois, c’était avec mon fils, l’année dernière mais je me rendais moins compte de l’importance du mouvement et j’étais moins à l’aise aussi dans la mesure où aller à une manif avec son petit garçon, ça peut parfois être un peu risqué.

En 2020, j’ai pris le temps (enfin non, pas tellement, elles étaient tellement faciles à trouver) de chercher et de noter les idées et injustices qui rendaient ma présence indispensable à cette manifestation.

J’ai participé à la marche pour les raisons suivantes:

1) Pour qu’aucun parent nulle part dans le monde ne soit plus jamais déçu ou anéanti lorsqu’il apprend que son nouveau né est une fille.

2) Pour qu’aucun garçon n’ose plus jamais soulever la jupe d’une fille, ne cherche à l’embrasser, à la déshabiller, à lui mettre sa langue dans sa bouche, sans sa permission.

3) Pour que plus jamais une petite fille de dix ans ne reçoive le message qu’elle met des minijupes pour attirer les garçons (du vécu, oui, oui).

4) Pour que plus jamais une fille ne soit regardée comme un morceau de viande. Basta la sexualisation du corps des filles.

5) Pour qu’aucune fille ne soit résumée à son physique.

6) Pour que toutes les filles puissent faire les études qu’elles veulent pour devenir infirmière, maçonne ou avocate.

7) Pour que plus aucune de mes amies ne viennent me dire qu’elle a été poursuivie, harcelée, violée.

8) Pour que les policiers soient tous formés à la prise en charge des femmes violées et leur évitent ainsi un second traumatisme.

8) Pour que plus aucun patron n’ose demander à une jeune femme au moment de l’interview si elle a l’intention d’avoir des enfants (problème qui serait résolu si le congé de paternité était égal au congé de maternité) .

9) Pour que plus aucune mère célibataire ne ne se voit refuser le droit à un logement parce qu’elle a un bébé (du vécu aussi).

10) Pour que les pères qui ne s’occupent plus de leurs enfants lorsqu’ils sont séparés soient obligés de verser une pension alimentaire à la maman. L’inverse aussi mais c’est plus rare qu’un enfant reste avec son père.

11) Pour que plus aucune femme au foyer ne soit plus jamais considérée comme une fainéante qui ne fout rien de sa journée alors qu’elle a toute la charge mentale sur elle (ménage, cuisine, repassage, gestion des enfants et de leur bien-être, devoirs, etc, administration, etc).

12) Pour qu’on croit une femme lorsqu’elle dit qu’elle a mal (Il y a des tas d’études qui montrent des résultats assez édifiants concernant la prise au sérieux des plaintes physiques des femmes…Moi, même, j’ai beaucoup erré avant d’avoir un diagnostic d’endométriose et mon docteur était une femme, pas d’amalgame svp)

13) Pour que plus aucune femme n’ait plus jamais à subir de violence gynécologique (je vous conseille l’excellent « Le chœur des femmes » de Martin Wincker à ce sujet)

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14) Pour que plus aucune fille de 13 ans ne soit accusée de mentir lorsqu’elle dit qu’un réalisateur qui a l’âge d’être son père, l’a droguée et sodomisée de force.

15) Pour qu’une femme n’ait plus jamais peur lorsqu’elle est seule, le soir, dans la rue.

16) Pour que toutes les filles dans le monde aient le droit d’aller à l’école

17) Pour que toutes les petites filles dans le monde aient le droit de garder leur clitoris.#abaslexcision

18) Pour en finir avec les féminicides

19) Pour que la charge mentale soit partagée

20) Pour que le travail domestique soit considéré comme du vrai travail

21) Pour que plus jamais une femme n’ai la charge seule de la contraception dans le couple (du vécu aussi et c’est très stressant).

22) Pour que les personnes qui travaillent dans les professions de « care » soient payées à la hauteur du travail accompli.

23) Pour que les actrices de porno soient respectées et qu’on ne leur impose plus un nombre supérieur de partenaires que prévu ou des pratiques sexuelles pour lesquelles elles n’ont pas signées (je le dis ou rappelle, imposer plus de partenaires ou des pratiques, c’est du viol)

24) Pour que plus de moyens soient libérées pour la recherche en ce qui concerne les maladies de femmes (je reviens avec mon endométriose qui est une maladie pour laquelle, il n’existe aucun traitement si ce n’est ceux pour traiter les symptômes et qui ne sont pas sans effets secondaires).

25) Pour que les prostituées aient des droits: sécurité sociale, travail déclaré, cotisations, etc. Je pense que lutter pour l’abolition de la prostitution en l’état actuel des choses n’est pas réaliste. Les gens trouveront toujours le moyen de le faire. Il faut d’abord passer par une éducation massive avant de pouvoir parler d’y mettre fin.

26) Pour que les filles et les garçons aient le droit de s’habiller comme ils veulent, jouer à ce qu’ils veulent, exprimer les émotions qu’ils ressentent en toute liberté, sans se sentir jugés. Les garçons qui pleurent sont encore critiqués (mon fils de 7,5 ans lorsque je me suis évanouie aux portes du cirque alors que nous n’étions que tous les deux) et les filles qui se mettent en colère sont encore bien souvent traitées d’autoritaires.

27) Pour que plus aucun enfant ne soit le dommage collatéral des violences conjugales dans sa maison.

28) Pour que plus aucun enfant ne soit victime d’infanticide

29) Pour que l’écart salarial entre hommes et femmes à un même poste ne soit plus qu’un lointain souvenir.

30) Pour que le droit à l’avortement ne soit plus remis en question. Comme pour la prostitution, les femmes trouveront toujours le moyen de le faire et il faut encadrer, pas interdire. Un gosse, ce n’est pas un meuble. Si pour x raisons, une femme ne peut ou ne veut pas l’avoir, il faut respecter sa décision. Point.

J’aurais pu continuer toute la nuit et la journée suivante, il y a plein de thèmes que je n’ai pas abordés mais je n’avais pas assez d’énergie. Je réfléchirai à de nouvelles raisons pour la prochaine édition et je complèterai ainsi ma longue liste.

ps: Si vous avez des idées pour compléter l’article, n’hésitez pas.

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Adèle Haënel, on la hait ou on l’adore…

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Adèle Haenel (Suzanne, 120 battements par minute, Portrait de la jeune fille en feu, etc) est la première actrice française à avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma français.

Les faits remontent à quand elle avait entre 12 et 15 ans et elle en a parlé publiquement à 30. Les détracteurs, je les entends déjà: pourquoi n’a-t-elle pas parlé avant? Puis, elle parle et ne porte pas plainte, c’est que ce ne doit pas être vrai ou pas si terrible (elle finira par porter plainte fin novembre 2019).

Alors pourquoi n’en a-t-elle pas parlé avant? Je réponds « oui » qu’elle l’avait fait (différentes sources dont la journaliste Marine Turchi le confirment), elle l’a dit, elle avait prévenu des gens du milieu mais ils ne l’avaient pas vraiment écouté. Elle a porté ça, seule, pendant plus de 15 ans jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus…

Sans doute qu’elle était un peu dans le déni, qu’elle ne comprenait pas pourquoi ça l’avait atteint à ce point alors que franchement, c’est quoi des attouchements sur une gamine de 12 ans? Ce sont des petits gestes. Rien de bien méchant. Il n’y a pas de violence au sens où on l’entend. Et puis, peut-être qu’elle a mal interprété.

Dans sa déclaration sur la chaîne d’info Mediapart, elle dit que c’est #metoo et ses conséquences qui lui ont vraiment fait avoir une nouvelle perspective sur ce qu’elle avait vécu. Elle ajoute avoir regardé les documentaires sur les affaires concernant Michaël Jackson et ne plus pouvoir reculer à partir de là.

J’ai suivi cet affaire de près car c’est son témoignage qui a décidé mon amie à porter plainte. S. ne voulait pas se laisser faire mais avait peur d’aller voir la police. Lorsqu’elle a entendu Adèle Haënel dire qu’elle était consciente, à présent, que les agresseurs étaient des personnes normales et pas des monstres (tarés, le soir, dans un parking sombre ou Dutroux pour les enfants) comme on nous l’a fait intégrer depuis que nous sommes venu.e.s au monde, elle a compris qu’elle était légitime dans sa démarche et a agi.

Beaucoup ont critiqué l’actrice d’être sortie de sallelorsque Polanski a été primé « meilleur réalisateur ». Ses détracteurs ont, entre autres, argués que tous deux avaient  été présents à la cérémonie des césars 2014 et qu’à cette occasion, elle n’avait rien dit, rien fait. Ils lui ont reproché de ne pas être cohérente.

Personnellement, je la comprends et je la trouve, au contraire, très cohérente. Je vous ai déjà raconté l’histoire de harcèlement sexuel que j’ai subi de 6 à 7 ans par des camarades de classe. J’ai fait un blackout de plusieurs années (12) et lorsque je m’en suis rappelée,  je n’ai pas compris pourquoi j’avais oublié une histoire aussi « banale » et pourquoi elle m’atteignait autant. J’avais honte. Dans mon cas, le fait que ce soit des garçons du même âge que moi me faisait énormément culpabiliser. Avec #metoo, #balancetonporc et autres hashtags, j’ai moi-même commencé à voir sous un autre angle cette époque de ma vie ainsi que d’autres dont je n’ai jamais parlé ici. Aujourd’hui, je me dis: « qu’est-ce qui fait que des petits garçons de cet âge soient capables d’actes pareils? » « Qu’est-ce qui fait que des hommes, apparemment, bienveillants pensent qu’ils ont le droit d’user à leur guise du corps d’une femme? ». Réponse: on a été élevés dans la culture du viol qui fait des hommes de potentiels prédateurs et des femmes, de parfaites victimes (oui, je sais il y a des victimes hommes aussi et des femmes méchantes et manipulatrices). « Bête » exemple (mais néanmoins révélateur) concernant, justement, la tranche d’âge 4-8 ans : Jusqu’il y a peu, il était presque bien vu qu’un petit garçon soulève les jupe des filles, parce que ça voulait dire qu’il ne risquait pas de devenir homosexuel…Hum…J’ai pensé à ça car il n’y a pas longtemps, j’ai revu le film « Un flic à la maternelle » avec Arnold Schwarzenegger et il y a une scène où c’est, exactement, ce message-là qui est véhiculé. Par conséquent, c’est normal et c’est les filles qui ne le sont pas de se sentir mal à l’aise dans de telles situations. La culture du viol, ça commence au bac à sable.

Pour en revenir à Adèle Haënel, personnellement, ce que j’admire chez elle, c’est qu’elle agit en humaine au détriment peut-être de sa carrière d’actrice. Elle s’est réveillée, éveillée et porte un combat, une rage. Elle veut que les choses s’améliorent et que la honte change de camp. Vous aurez compris, moi, je suis dans le sien, de camp.

 

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Je décolère lentement

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J’ai suivi la cérémonie puante des césars vendredi.

J’ai vu Florence Foresti mettre les pieds dans le plat. Prendre position. Ne pas cacher son mépris envers Polanski.

J’ai vu Adèle Haenel sortir de salle lorsque ledit sujet mentionné juste au dessus a reçu son prix de meilleur réalisateur. Je n’ai pas été surprise par le fait que ce soit lui le vainqueur. C’était du: « they did it« … and ‘ »how dare you? »

J’ai débattu avec des gens sur le net, parfois poliment, d’autres moins. Je n’ai pas pu supporter qu’une femme en vienne à coller une étiquette antisémite à la manif devant la salle Pleyel parce que selon elle, deux-trois féministes auraient dit qu’il aurait fallu que Polanski soit gazé pendant la Shoah. Même si j’admets que ces potentiels déclarations sont déplacées (non, le mieux ça aurait été que son père utilise des capotes lorsqu’il couchait avec sa mère), toutes les excuses sont bonnes pour discréditer les victimes et y’en a marre. Elle a fini par décider que je devais être antisémite de ne pas défendre l’indéfendable et j’ai coupé court à ce qui n’était pas un échange constructif mais plutôt une bagarre d’égos.

J’ai lu des tas d’articles. Ai eu envie de vomir devant les déclarations de Lambert Wilson, Fanny Ardant.

J’ai compris qu’il y avait beaucoup de masculinistes, de machos et une élite dominante (dans le showbizz mais pas seulement) qui s’accrochait vaille que vaille à ses privilèges. C’est du à n’importe-quel-prix et parfois, quand j’entends certains trucs, j’ai l’impression d’être tombée dans la quatrième dimension. Je n’avais pas pris conscience qu’on en était encore là.

J’ai entendu aussi beaucoup de silence de personnes qui croient que tout ça ne les concerne pas.  J’ai un scoop: ça nous concerne absolument toustes.

Je ne suis pas française et je devrais m’en branler de cette cérémonie mais le fait est que j’habite le pays d’à côté et que j’ai grandi devant TF1 et France 2 (c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas de problème à comprendre que quatre-vingts dix-huit est égal à nonante-huit mais que l’inverse n’est pas vrai). Le fait est qu’à l’ère de la mondialisation et des réseaux sociaux, ce qui se passe là va avoir un impact sur ce qui va se faire ici. C’est aussi révélateur du stade où nous en sommes, dans notre cher premier monde et j’ai eu peur, peur que devant la légitimation d’un pédophile connu et reconnu, les choses régressent partout.

J’ai eu peur d’un retour en arrière et puis, j’ai assisté à la rencontre avec Victoire Tuaillon (je vous conseille enthousiastisquement (ouais, je sais que ce mot n’existe pas)  sa chaîne de podcasts « Les couilles sur la table ») qu’organisait la librairie féministe de Bruxelles.

Victoire Tuaillon était dépitée par ce qui s’était passé aux césars mais en même temps, pleine d’espoir parce qu’elle voyait que les voix des victimes et/ou féministes s’élevaient de plus en plus nombreuses, de plus en plus fort.

Lorsque je suis rentrée chez moi, en scrollant mon fil d’actualité, j’ai vu passer, la tribune de Virginie Despentes et j’ai cliqué. Il y a certaines  de ses prises de position avec lesquelles, je ne suis pas en accord mais là, elle a frappé fort. Son texte était percutant et je crois qu’il aura marqué les esprits de beaucoup de personnes. Il ne peut et ne doit pas passer inaperçu. Je me lève et je me barre aussi quand j’entends des conneries. Time is up comme disent les américaines.

D’aucuns diront que je suis devenue chiante avec mon féminisme à la noix mais je m’en fous. Lorsqu’on prend ce chemin-là, on ne peut pas revenir en arrière. C’est une vraie révolution intérieure qui nous étreint. Il y a des injustices, de grandes envers tout ce qui n’est pas masculin, blanc, viril et hétéro. Il y a de la pédocriminalité, des viols. C’est comme ça. C’en est presque banal. Depuis toujours. Et celui qui ne veut pas le voir se voile la face. Un point, c’est tout.

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La femme qui se croyait libre et l’enfant sain du patriarcat

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C’est l’histoire d’un homme insistant et d’une femme qui n’aime pas que l’Homme insiste. Cette femme a compris que ça n’avait pas à se passer comme ça. Cette femme a aussi appris que parfois, souvent, c’est comme ça que ça se passe.

Comme souvent, la femme finit par céder et l’homme croit que c’est son insistance qui a fonctionné.

Or, il a tout faux, la raison est autre. C’est le manque d’étreinte charnelle, pourtant choisie, qui la pousse à dire oui malgré l’alarme constante dans sa tête. Elle a besoin d’exulter et lâche prise. C’est aussi con que cela.

La surprise, pour lui, sans doute et tout à fait, pour elle, c’est que, sous la couette, entre eux, ça se passe bien. Leurs corps s’imbriquent à merveille. Si j’étais cucul, je dirais même qu’ils ont l’air d’être faits l’un pour l’autre.

Comme c’est une fille élevée dans la tradition qui tombe dans un monde nouveau, elle commence à mélanger les choses. Elle veut une relation. Elle croit que ça finira par se transformer en histoire d’amour.

Pourtant, quelque part, elle sait. A l’intérieur, ses tripes lui disent qu’ils sont trop différents, que hormis ces coups de rein et les bons moments qu’ils passent ensemble, ils ont une façon de voir la vie, complètement, opposée. Lui, en noir et blanc, avec des idées très arrêtées sur le rôle des femmes et des hommes, elle, avec des lunettes de couleur et une ouverture d’esprit qu’il ne pourrait comprendre en une seule vie.

Il lui propose un marché. De ne pas renoncer à ce qu’ils ont, tout en continuant à chercher mieux.  il dit ça pour elle, bien sûr, lui, sa situation est trop compliquée pour commencer à chercher à droite et à gauche. Elle en est d’abord offusquée, puis très vite, elle réfléchit et se dit que ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée. Elle se convainc que leurs contextes de vie respectifs leur permettent, difficilement, mieux.

Pour autant, elle ne dit pas « oui ». Seulement, elle se garde bien de lui opposer son « non ».

Elle décide de voir venir. Les jours passent et elle finit par, fortement, s’attacher.  Elle l’aime bien, c’est un fait. Elle considère aussi qu’à l’inverse de la plupart des hommes, il a été clair avec elle et ne lui a pas sorti de baratin. Enfin, c’est ce qu’elle croit car la vérité est toute autre .La vérité c’est qu’il n’a aucun intérêt noble envers elle et que très vite, imperceptiblement, c’est dans une relation d’emprise qu’il la balance, dans une relation qui la consumera, qui lui fera renoncer à ses convictions les plus profondes en l’espace de quelques mois, à peine.

Jamais il ne lui parlera, clairement, de ses intentions. Il la laissera mariner dans le flou, dans le fou et systématiquement, elle choisira de se raccrocher à  un visage tendre qu’il lui offrira, parfois.

De cette relation, elle en sortira marquée, un jour de trop, un jour où elle sera plus alerte que les autres et, où enfin, elle ouvrira les yeux et comprendra ce qu’il a réussit à faire d’elle.

Il s’est passé du temps depuis « cette affaire » et encore aujourd’hui, elle a du mal à comprendre comment elle a pu tomber là-dedans. Elle qui se disait si libre, si libérée. Elle est tombée de haut.

Elle demande l’avis d’une bonne copine qui lui répond: « Tu sais, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Il y a même des féministes militantes qui sont avec des hommes qui les frappent, alors? »

Alors à quoi tu t’attendais, c’est ça que ça veut dire. On fait ce qu’on peut. On a beau être libres et libérées, il y a des tas de messages qu’on a intériorisés (les femmes doivent supporter, ne pas trop en demander, ne pas trop l’ouvrir, ne pas trop se faire remarquer …), des injonctions par milliers qu’on a avalées sans poser de question. Je pense, notamment au fameux: « l’amour vaut la peine », qui est une expression débile en mon sens puisqu’elle renvoie à de la douleur et à de la souffrance. Il va de soi que tout n’est pas rose en amour mais ça doit plutôt « valoir la joie », non? Si tu souffres, c’est simple, c’est que ça craint. Cette femme que je connais bien pensait que ça irait mieux avec le temps, que c’était des maladresses de jeune couple…Mais alors pourquoi, elle, elle ne faisait pas ces erreurs? Bien sûr, elle n’était pas parfaite mais elle n’avait pas de discours équivoque. Elle pensait ce qu’elle disait et disait ce qu’elle pensait. Lui, en revanche, la manipulait d’une façon subtile et pernicieuse.

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Congeler mes ovocytes ou pas?Un choix cornélien

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J’ai toujours voulu avoir deux enfants. C’est irrationnel, viscéral et je ne cherche pas à en trouver le sens. C’est juste comme ça.

Malheureusement, depuis que je me suis séparée du père de mon fils, je n’ai rencontré que des dingues et je ne crois pas exagérer en disant ça. Ma santé ne me permettant pas de faire un deuxième bébé « toute seule » (il y en a qui le font mais je trouve que c’est la pire idée du monde), j’ai laissé passer le temps, tout en croyant dur comme fer que ça se ferait (je suis un brin idéaliste malgré tout).

Lorsque le diagnostic d’endométriose m’a été posé, je n’ai pas vraiment réfléchi aux conséquences que cette maladie pouvait avoir sur ma fertilité. J’avais vaguement lu des choses sur le sujet mais comme le docteur ne m’en parlait pas, qu’il avait d’abord décrété que la maladie n’était pas aussi sévère que l’analyse faite par les radiologues le laissait penser pour revenir ensuite sur ses dires, et que j’étais, de toute façon, accablée de problèmes en tous genres, j’ai un peu mis l’histoire de côté, dans un tiroir de ma tête.

Finalement, ce n’est que lors de mon rendez-vous post-op qu’il m’a informé sur ledit sujet et qu’il m’a dit que ma charge ovarienne était faible (encore plus que pour une femme de mon âge (39 ans le mois prochain) ne souffrant pas de cette affection) à cause de la maladie et que si jamais je voulais avoir un autre enfant, il était temps, voire presque trop tard pour congeler mes ovocytes. Je venais d’apprendre pour la chimio de ma mère et j’ai été un peu abasourdie par la nouvelle. Je crois n’avoir presque plus rien dit à partir de ce moment-là, tellement j’étais sonnée.

Du coup, je me dis: congeler mes ovocytes pour une hypothétique grossesse qui n’aura sans doute jamais lieu, est-ce que ça vaut la peine? Pour éviter de devoir le faire, il faudrait que je me trouve un mec qui tombe raide dingue amoureux de moi en moins de deux (et moi, de lui, cela va sans dire mais je le dis quand même), qui ait conscience de ma réalité et qui accepte que ma santé est pas terrible-terrible et que par de ce fait, je ne travaille pas, qui veuille avoir un enfant dans les plus brefs délais et qui prenne une place dans la vie de mon bonhomme de déjà 8 ans. Mouais, dans une autre vie moins difficile, je me serais dit, c’est possible mais dans celle qui est la mienne, je me dis: peu probable. En même temps, si je ne le fais pas et que finalement, par miracle, je rencontre l’exception qui confirme la règle et qu’il veut un enfant et que je ne peux plus en avoir, ne vais-je pas le regretter et risquer de tomber dans une dépression sans nom et, surtout, sans fin? Comment savoir?Je pourrais le faire au cas où, n’est-ce-pas, mais suis-je légitime, est-ce que le faire aurait un réel sens? Ne suis-je pas déjà un peu trop vieille ? Aurais-je le courage de souffrir à nouveau physiquement pour préparer un truc qui a plus de chance de ne pas se produire que d’arriver?

Hier, j’avoue, j’ai craqué. Je me suis dit: mais merde, encore ça en plus? Je ne suis pas prête à faire le deuil de cet enfant inexistant.

Aujourd’hui, je suis en plein questionnement.

Demain…demain sera un autre jour.

Demandez conseil, je pourrais… mais à qui? Je suis toujours celle de mon entourage à qui tout arrive.

La seule chose que j’ai envie de dire c’est que ce n’est pas juste et que j’en ai marre.

 

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Ça craint mais on tient

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Oui, ça craint. J’en avais déjà parlé et les soucis n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique.

Le 17 janvier, j’ai été opérée pour une endométriose de stade 4 (ça fait peur, dis comme ça mais on n’en meurt pas) et la convalescence prend un peu de temps. C’est normal. J’ai été, pratiquement, immobilisée pendant plusieurs jours avec ma mère à mon chevet.

Par la suite, le petit a passé une gastroscopie pour des soucis qu’il trainait à l’estomac depuis août 2019 et pour lesquels les médecins traitants nous avaient prodigués idées et astuces qui n’ont pas fonctionné. On les a abandonnés pour se tourner vers une spécialiste qui, elle nous a vivement conseillés de lui faire passer l’examen étant donné les antécédents gastriques de toute la famille. Première partie du diagnostic: œsophagite. La deuxième, on l’aura fin du mois.

Puis, ma maman et son cancer du côlon. Opérée le 30 décembre, elle était sans nouvelles depuis et ne savait pas si elle devrait « faire de la chimio » ou pas. Finalement, le verdict est tombé jeudi dernier et malheureusement, la réponse est oui. Pendant 6 mois. Parce qu’un de ses ganglions autour du côlon a été touché par la maladie.

Enfin, en ce qui concerne mon amie et ses agressions, son ex a été convoqué et aurait avoué (selon ses dires à lui et on n’y croit pas une seule seconde) le 31 décembre et depuis, on ne sait plus rien non plus. Elle n’a pas beaucoup d’espoir sur la suite des événements dans la mesure où le viol (dit) conjugal est, souvent, encore plus difficile à prouver que les autres.

Comme vous pouvez vous en douter, on n’a pas eu droit à un moment de répit depuis pas mal de temps déjà et ce n’est, parfois, pas évident de ne pas craquer. Il y a des jours où ça va, et des jours où ça se morcelle de partout. On a beau savoir que c’est un cycle, ce n’est jamais facile quand on est en plein dedans.

J’espère revenir bientôt avec de meilleures nouvelles.

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Mauvaise conscience

challenge-écriture-#1Ceci est ma première participation au challenge écriture de l’atmosphérique Marie Kléber.

« Il vivait dans l’extra, il vivait dans l’extrême. Il était un collègue. Il était un ami. Un pointillé de sagesse dans un bouillon de générosité, de folie douce et d’empathie ».

Il était tout ça. Et puis, plus. Peu à peu, il s’était éteint. Il avait changé et personne ne savait pourquoi. Depuis quelques temps, il était distant, taciturne, absent. Il ne disait rien et devenait l’ombre de lui-même.

Pour tenir le coup, il s’adonnait à une activité, pour le moins, banale dans ce genre de contexte(s). Il buvait. Beaucoup. Pourtant, il s’était juré qu’on ne le reprendrait plus au jeu de la cuite, que c’était ça le problème chez lui, que boire lui faisait perdre le contrôle. Malheureusement, c’était un homme faible et il n’avait pas résisté longtemps à l’anesthésie induite et au bien-être factice que lui apportaient ses substances enivrantes favorites.

D’abord, il avait recommencé le samedi quand il ne travaillait pas et puis de fil en aiguille, le dimanche après-midi, le mardi soir après le boulot et pour finir, tous les autres jours.

Les autres chauffeurs le voyaient déambuler, rarement tituber et préféraient ne pas l’embêter avec ça dans la mesure où il restait un excellent conducteur. D’ailleurs, ils se disaient que s’ils ne le connaissaient pas aussi bien, ils n’y auraient vu que du feu car avec les clients et fournisseurs, il parvenait toujours à donner le change . Tous croyaient qu’il lui était arrivé quelque chose d’horrible et étaient loin de se douter que c’était lui qui s’était rendu coupable d’un acte aussi atroce que barbare.

Il avait essayé de se confier. De nombreuses fois. Mais ce n’était jamais le bon moment ou la bonne personne.

Sa sœur lui avait conseillé un psychologue et sa neutralité. Lui, il pensait à la police. Cela dit, il se sentait trop coupable pour accepter la suggestion et trop lâche pour partir voir les flics. Le mieux dont il avait été capable, c’était de s’excuser. Il avait dit qu’il aurait voulu que ça se passe autrement, qu’il ferait n’importe quoi pour pouvoir revenir en arrière, qu’il voulait réparer ce qui était encore réparable.  Il avait présenté ses plates excuses et elles lui avaient été refusées. Il faut dire que ses actions étaient, difficilement, pardonnables.

Sa mauvaise conscience le consumait et se saouler était sa seule échappatoire,  la façon qu’il avait trouvé pour dépérir moins vite.

Boire, vivoter, errer, qu’est-ce qui lui restait d’autre, de toute façon, après ce qu’il avait fait? Il avait détruit deux vies et la sienne ne tenait plus à grand chose.

 

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Conversations entre copines #1: je gâche tout

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Aujourd’hui, je lance officiellement ma rubrique « conversations entre copines ». Ce sont des extraits de conversations qui n’ont l’air de rien comme ça mais dont on se rappelle plus tard ou sur lesquels on s’attarde dans la mesure où elles révèlent souvent un malaise ou un questionnement.

Un jour pas très lointain, j’ai une amie qui vient vers moi et qui me lance,

-je gâche toujours tout!

-Ah bon, comment ça tu gâches toujours tout?

-Oui, tout!

-Mais de quoi tu parles?

-De mes histoires avec les mecs

-Ah (j’avais une petite idée mais je ne voulais pas qu’il y ait de malentendu) ok, mais pourquoi, subitement, tu viens avec ça?

-Parce que j’ai rencontré quelqu’un

-Attends, mais c’est génial…

-Et il a l’air bien, en plus, dit-t-elle la mine boudeuse.

-Ben alors, il est où le problème? C’est super …

-Oui, mais non, j’ai peur…

-De quoi?

-De tout gâcher!

-Comment?

-En me montrant telle que je suis…

-Ah ben, ouais, alors si c’est ce que tu penses, va falloir t’acheter une estime de toi.

 

 

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Réfléxions sur le féminisme #2

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Il y a 6 ou 7 mois, j’avais écrit un premier texte sur ce sujet.

Je vous avais expliqué où j’en étais dans mes réflexions et de mon malaise face au mot « féminisme« .

Au vu des derniers événements dans mon entourage et de tout ce que j’entends, j’ai beaucoup potassé. Aujourd’hui, mon malaise a (presque) disparu et je vais vous expliquer pourquoi.

Comme je vous l’avais confié, je n’aimais pas le mot « féminisme » car il se finissait en -isme et que, finalement, il me renvoyait à tous ces termes horribles terminant par ce même suffixe (exemples: nazisme, racisme, totalitarisme) ainsi qu’au vocable machisme. Sauf que j’oubliais un détail. Le mot machisme vient de l’espagnol « macho », qui fait référence à « mâle« . Son équivalent féminin dans la langue de Cervantes serait » hembrismo« , un terme ayant pour racine le mot hembra qui signifie femelle . Par conséquent, en français, l’équivalent de « hembrismo » serait « femellisme » ou mysandrie si vous préférez. Or, ce n’est pas le cas de féminisme qui renvoie plutôt à « femina » signifiant femme.

Plus important que le terme, c’est ce vers quoi l’idéologie tend. Le but du féminisme, c’est l’égalité hommes-femmes et pas la supériorité du genre féminin. D’ailleurs, un certain courant du féminisme est même pour l’abolition de la binarité des genres masculin-féminin et un autre, le plus radical de tous, serait, carrément, pour la fin du genre, en général. Il va sans dire que bannir ces constructions sociales créerait une confusion au début mais ferait, à terme, disparaître pas mal de soucis liés, par exemple, à l’orientation sexuelle, ou à la transsexualité.

Ma peur quant au féminisme comme je le comprenais, c’était vraiment l’exclusion des hommes. Cela m’embêtait parce que j’ai accouché d’un projet d’homme il y a 8 ans, que j’aime les hommes et que je suis convaincue qu’on doit faire le chemin ensemble. Comme je l’ai déjà dit, c’est magnifique que l’éducation des filles ait changée (du moins, dans nos contrées) et que l’on nous élève en nous assenant qu’on peut tout faire, s’habiller comme on veut, coucher avec qui on veut, comme on veut…mais si on n’apprend pas aux hommes à respecter les femmes, à renoncer aux privilèges qu’ils ont reçus par le simple fait d’être nés avec un sexe masculin, à (very important) les laisser exprimer leurs émotions (oui, un garçon, ça peut pleurer, jouer à la dînette ou avec des peluches, préférer la lecture au football) et en résumé, à ne plus exercer leur mépris envers tout ce qui est dit féminin, on ne s’en sortira jamais et les catastrophes continueront d’arriver.

Comme vous le lisez, c’est un vaste chantier dans lequel je me suis lancée, ou un chantier vaste mais il est passionnant et j’apprends des tas de choses qui risquent de beaucoup me faire évoluer dans les mois et années à venir.

 

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A l’aube de cette nouvelle décennie* qui commence

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A l’aube de 2020, je me retourne sur le 31 décembre 2018 vers 23.00 lorsque je prenais les transports bondés pour rentrer tranquillement chez moi dans l’espoir de dormir du sommeil du juste (les fêtes imposées sont un concept un peu compliqué pour moi).

Je me suis retournée sur la relative insouciance de cette fin d’année-là parce que c’est la seule dont je me souvienne avec presque précision (les antidépresseurs ayant bousillés mon sommeil et une partie de ma mémoire) et j’ai pu comparer avec la fin de celle que nous venons de terminer.

J’ai aussi été chercher plus loin dans le passé et ai pris conscience que la dernière décennie avait été la plus riche en événements positifs depuis la première (ma tendre enfance).

Les années 2010 ont fait de moi une compagne (même si ça n’a pas duré), une maman, une femme forte qui commence à entrevoir son potentiel et qui tente, malgré les difficultés et les soucis de santé, de saisir chaque opportunité qui se présente à elle ainsi que de faire, via ses divers engagements et à sa toute minuscule échelle, de ce monde, un endroit meilleur pour nos enfants.

Elle a mal terminé cette décennie, de la pire des façons, j’ai envie de dire. Les viols (puisque finalement, elle a réalisé qu’il n’y en avait pas eu qu’un) de mon amie, ce cancer pour ma mère, cette endométriose confirmée pour moi et les angoisses et problèmes gastriques de mon fils ont presque réussis à me faire croire que le bonheur, ce n’était, définitivement, pas pour nous. Heureusement, j’ai assez vécu aujourd’hui pour comprendre qu’il s’agit d’un cycle, un mauvais, certes, mais que comme tous les autres avant, il aura une fin. Je m’accroche à cette idée pour ne pas baisser les bras et ne pas paniquer.

J’ai énormément appris et évolué au cours des dix dernières années (je parviens même à me projeter un peu sur ce que j’ai envie de faire) et je souhaite de pouvoir continuer sur ma lancée. Les tempêtes arriveront toujours mais elles laisseront moins de séquelles si on apprend à les accepter et à les gérer un minimum. J’espère que la vie m’apportera plus de légèreté quand même et une meilleure santé (qui sait).

Je vous souhaite de très belles années 20.

*Je dis ça mais apparemment elle ne terminera que le 31.12.2020 et la vérité, c’est que je m’en fous parce que ma décennie à moi commence et termine quand je le veux bien.

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Ocho

Ocho

Aujourd’hui, tu as huit ans, mon coeur.

Huit ans que tu es mon moteur. Huit ans que je tente d’être à ta hauteur.

Cette fin d’année n’est pas facile pour nous et ce que je te souhaite pour ta neuvième  sur la Terre, c’est que tout s’arrange et que tes angoisses, tu arrives à les contrôler pour apprendre à nager et parvenir à déployer tes ailes.

Il y a tellement de beau en toi et tous les jours, je vais te rappeler que tu es magnifique, intelligent, drôle et que tu es capable. Oui, tu es capable, n’en doute pas. N’en doute plus.

Je te souhaite un merveilleux anniversaire mon tout petit, en espérant que ta fête, même si un peu modifiée par les circonstances, sera belle et pleine de ta joie.

Tu mama, que te adora

Joyeuses fêtes à tous

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Je ne comprends pas pourquoi ces enfants veulent être ami.s avec moi

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Cette phrase, c’est un petit garçon de presque huit ans qui l’a sortie à son papa. Cette phrase, dans la bouche d’un si petit bonhomme est choquante, surtout quand on sait pourquoi il pense comme ça.

Ce petit garçon, en fait, il se sent différent de ses camarades et ne comprend pas pourquoi les autres peuvent s’intéresser à lui puisque ses centres d’intérêt ne sont pas les mêmes et qu’il est discret et maladroit.

Il n’a pas encore compris que c’est cette différence qui attire les autres, que côtoyer quelqu’un de pareil que soi, ce n’est pas marrant et même, souvent, ennuyeux.

Non, être différent ce n’est pas quelque chose de mal, même si le terme est  utilisé, à tort et à travers, dans un sens négatif, pour désigner ce qui ne va pas chez quelqu’un. Cette différence, c’est ce qui nous  rend unique simplement. Cette différence c’est ce qui va faire que l’on va marquer les esprits, que  les autres vont nous reconnaître, se souvenir de nous, en tant qu’individu.

C’est si triste de constater à quel point, dès la maternelle, un système,  nous pousse à rentrer dans un cadre, un moule, à ne pas dépasser. C’est triste de voir que sortir un peu du lot est considéré comme quelque chose d’anormal. Ce n’est pas anormal, nous ne sommes pas des moutons, quoi qu’on veuille nous faire croire. Quand on creuse et qu’on s’intéresse aux gens, on se rend compte que les moutons, en fait,  il y en a très peu, que les gens font presque tous leur maximum pour s’adapter à un fonctionnement qui ne leur correspond pas, qui ne peut correspondre à personne, tant il est limitatif et loin d’être en phase avec la condition d’humain.e.

Je voudrais tellement que ce petit garçon voit à quel point il illumine la vie des autres par sa créativité, sa curiosité, son humour, sa perception fine des choses, son instinct, sa douceur, son gros caractère malgré tout. Je voudrais tellement qu’il voit qu’il lui suffit d’être lui pour être aimé et qu’il n’a pas besoin de ressembler à un modèle établi.

C’est bien la différence. Embrassons la différence !

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Parce que #metoo

harcèlement petite fille

J’ai 6,5 ans. Je suis en première primaire. Je sais lire, écrire et compter. Je n’ai rien à faire en première primaire. Pourtant, on m’y laisse et le harcèlement commence.

Je suis joyeuse et naïve et je préfère la compagnie des garçons. Je m’entends mieux avec eux. Nos rapports sont plus naturels et j’ai confiance (je n’ai aucune raison de ne pas avoir confiance. Nous ne sommes que de jeunes enfants, après tout).

Un jour de janvier, l’un d’entre eux m’attire dans un coin de la cour et d’autres nous suivent. Pour m’embrasser (ils essaient de faire rentrer la langue mais je serre tellement fort les dents qu’aucun n’y arrive jamais), me toucher , me peloter, me déshabiller. Je me débats, je ne veux pas de tout ça. Je le rappelle, nous avons 6 ans à peine lorsque ça commence, 7 lorsque ça se termine.

Le jour où je réussis à m’extirper de leurs griffes, je cours chez la maîtresse et en me voyant aussi apeurée, elle me demande ce qu’il s’est passé. Je ne veux pas lui raconter. Je suis submergée par deux sentiments: la honte et la culpabilité. Honte de quoi ? Coupable pourquoi?  Je ne sais pas, je n’ai rien fait de mal. Le pire c’est que lorsque aujourd’hui, je me rappelle ces faits, les mêmes sentiments m’envahissent et je ne sais pas plus expliquer pourquoi. L’éducation que j’ai reçu en tant que fille y est sans doute pour quelque chose mais dans quelle mesure, je ne sais pas.

Pendant des mois, ces garçons dont je ne me souviens ni du visage, ni du prénom, ni du nombre ont joué le même « jeu ». Pendant des mois, je ne voyais rien venir avant que ça ne se produise. Pendant des mois, les profs n’ont rien remarqué (ou ont fait semblant de ne rien remarquer). Moi qui pensait qu’elles étaient là pour surveiller, je me suis bien gourée. Papoter entre elles, c’est ce qu’elles faisaient la plupart du temps. Ah oui, et crier sur nous, parce que ça, elles aimaient bien.

Mes souvenirs sont vagues, faut pas croire car plus de trente années sont passées et que j’ai oublié, refoulé pendant longtemps. Mon premier flash des agressions, puisque oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, je l’ai eu à 19 ans, lorsque ce joli garçon métisse (moitié réunionnais-moitié espagnol, olala) par lequel j’étais attiré m’a embrassée de force et que je l’ai repoussé violemment. Pourtant, j’étais déjà sortie avec quelqu’un. Je n’étais pas très expérimentée, certes, mais ce n’était pas la première fois. Je n’ai pas compris pourquoi cet « incident » a fait remonter ses souvenirs. Peut-être était-ce du au fait d’avoir été forcée à nouveau. Ce jour-là, j’ai compris pourquoi mes rapports avec les garçons étaient devenus si compliqués. Parce que oui, entre temps, ils l’étaient devenus et un sentiment de méfiance m’accompagnait depuis des années, sans trop savoir pourquoi.

Est-ce que j’en ai parlé ? Non ou peut-être à ma meilleure amie de l’époque mais alors brièvement. J’avais tellement honte, n’est-ce-pas ?

Ce n’est qu’à l’aube de ma 35ème année que, finalement, j’ai osé m’ouvrir sur le sujet. D’abord à ma mère. Puis, à ma psy de l’époque (qui n’était pas très à l’aise avec le sujet et que j’ai laissé tomber) Ou inversement, je ne sais plus. Toujours persécutée par cette honte, cette culpabilité mais quand même, en me disant que si ça revenait à ma mémoire de temps à autre, c’est que ça devait avoir son importance.

Il y a quelques temps, j’ai vu un film sur le harcèlement sexuel en entreprise et j’ai pris conscience du fait que c’était, exactement, ça que j’avais subi à six ans. Six ans, j’ai encore du mal à y croire, même si c’est à moi que c’est arrivé.

Ensuite, il y a eu les accusations contre Weinstein, il y a les langues qui se délient de plus en plus et j’ai compris que je n’étais pas seule, que presque toutes ou en tout cas, on était des millions (milliards?) à avoir subi ce genre de choses et/ou pire encore. Mon malaise n’a pas disparu mais je me suis, enfin, sentie le droit d’en parler. Voilà, pourquoi, je le fais ici et maintenant.

EDIT: Cet article date d’il y a plus de deux ans maintenant et ce n’est pas mon histoire la plus dramatique sur le sujet. C’est juste que le viol de ma copine par son mec fait remonter des trucs et que j’ai besoin de les partager.

#metoo #jeconnaisunvioleur #unvioladorentucamino #cultureduviol #cuéntalo

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Quels sont vos projets, mademoiselle*?

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Cette question, c’est ma nouvelle psy qui me l’a posée. Elle est arrivée de je ne sais où, out of the blue. Et elle a cassé l’ambiance. Je l’ai trouvé maladroite, déplacée et j’ai eu envie de lui répondre que lorsque le ciel arrêterait de me tomber sur la tête alors peut-être, je pourrais lui répondre…mais pas, maintenant.

Peut-être qu’elle voulait enlever de la lourdeur ou de l’épaisseur à mes confidences, je ne sais pas. D’expérience, je sais que c’est la pire chose à dire à quelqu’un qui a le nez dans ses problèmes.

ça me rappelle ma mère lorsque je suis revenue d’Espagne avec ma grosse dépression et qu’elle m’avait demandé: « Qu’est-ce que tu vas faire de ta vie? » Je sais que ça ne partait pas d’une mauvaise intention mais ce n’est pas une question qu’on pose à une fille de 26 ans en dépression. Et vous savez pourquoi? Parce que justement, il est là le problème. Dans ces moments-là, on ne sait pas quoi faire de notre peau.

Là, la situation est différente. C’est plutôt que la maladie et les soucis m’ont coupé dans mon élan…Je ne suis plus la même qu’il y a 12 ans, j’ai évolué. Beaucoup, beaucoup et j’ai toujours des choses auxquelles me raccrocher…mais quand même, de vrais projets, c’est compliqué quand on a peur de se ramasser une autre brique. Et que, par ailleurs, on vient justement consulter pour ça.

Non, je n’ose plus me projeter, planifier et je vis un jour à la fois. Semer de minuscules cailloux (comme cette page sur le féminisme), c’est la seule chose dont je suis capable et je trouve que c’est déjà pas mal. Je crois, d’ailleurs, que c’est la seule chose à faire pour le moment ou en tout cas, jusqu’à l’opération de maman, le 30 de ce mois.

Je ne comprends toujours pas l’intention de la psy. Pourtant, elle m’avait donnée confiance mais il faut bien s’avouer que la séance de l’autre jour était une séance ratée et que le malaise est né alors que je ne l’attendais pas.

*j’ai écrit mademoiselle car malgré mon âge, je ne me sens pas madame  et que je trouve ce mot trop imposant, trop froid aussi peut-être…

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Quand le mot « pourri » est un doux euphémisme

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Je n’aime pas raconter les trucs glauques pour les raconter. Pour moi, ça devient acceptable quand à la fin tout est bien qui finit bien et que j’ai une belle histoire de rétablissement ou de résilience à relater.

C’est ainsi que je n’ai ni parlé des nombreux examens que ma mère et moi avons subi, ni des angoisses grandissantes et de plus en plus handicapantes de mon bonhomme. Cependant, j’avoue qu’en cette fin novembre, j’ai besoin de me plaindre et pourquoi pas, de m’apitoyer.

En ce qui me concerne, on m’a diagnostiqué une endométriose profonde (#maladieàlamode) pour ensuite me dire que ce n’était pas ça et qu’il fallait continuer à chercher. Quant à ma mère, c’est plus grave. Pour elle, il n’y a pas eu d’errance et en moins d’un mois, on a su qu’elle souffrait d’un cancer du colon, heureusement, à un stade précoce.

Mon fils, en voyant la santé des  femmes de sa vie décliner, s’est mis à avoir peur d’à peu près tout, et ce, surtout depuis mon évanouissement (du à des douleurs insupportables dans le bas ventre) alors que, rien que tous les deux, nous étions dans la file pour assister au spectacle du cirque Bouglione .

Il est vrai que vu de l’extérieur, je donne l’impression de réagir plutôt froidement à tout ce qui nous arrive . Je suis comme anesthésiée par toutes ces mauvaises nouvelles et me sens comme « absente » de la vie. J’ai, parfois, des sursauts de colère, car quand même, bordel, ma mère, c’est le deuxième cancer (1er en 2011 au sein) qu’elle se tape, qu’entre nous deux, ça fait trois et que, finalement, moi, , j’ai vécu plus dans la merde qu’autre chose. Je me dis sans cesse que ce n’est pas juste et je me demande pourquoi certains ont tellement de chance et d’autres si peu.

Depuis quelques semaines, je n’espère plus rien de bon ni de mauvais . J’essaie, simplement, de survivre, d’agir, de vivre le plus normalement possible et surtout, de montrer une bonne tête devant le petit pour qu’il s’inquiète moins. Il est évident que cela est loin d’être facile et que je ne dois pas être si convaincante dans la mesure où il passe sa vie à me demander : « ça va, maman?

Alors, je ne sais pas si j’écrirai beaucoup, un peu, ou pas du tout dans les prochaines semaines, les prochains mois. Tout dépend de mon envie et de la suite des événements. Je n’ai pas envie de me censurer mais pas non plus d’écrire que tout va mal à longueur d’article.s.. Si j’y arrive, j’essaierai de creuser un peu plus sur le féminisme, qui, pour moi et par la force des choses, s’est imposé comme ZE thème de l’année. Mais rien n’est moins sûr et on verra.

Voilà, vous savez à présent pourquoi je suis bien moins présente sur mon blog et la blogosphère, en général.

 

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Autointerview

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La légéreté est nécessaire, sinon le tragique serait mortel*

J: « oui, mais tu veux dire quoi par là ? »

E:  « Que parfois, notre vie rime avec obligations et difficultés, et que si tu te tournes pas vers la lumière, vers le positif dans le négatif, tu meurs. En tout cas, moi, je meurs ».

J; « mais encore…. ? »

E: » Ben qu’on passe sa vie dans le « je dois » et tellement peu dans le « j’ai envie », que parfois on arrive à des extrêmes qui nous font faire des conneries…Et là, je sens que j’en ai trop fait. »

J: « trop fait de quoi »?

E:  « trop fait de sérieux, d’engagé, de contraintes, de pas drôle, de politiquement correct, alors j’ai envie de tout plaquer et de m’amuser, que de m’amuser pour ce qu’il reste de l’année.

J: oui, mais attends, tu le pourras ça, après, quand tu auras réglé tes problèmes, trouvé ta juste place dans le monde ».

E: « Ben non, moi, c’est maintenant que j’en ai besoin. Et puis des problèmes, quand y’en a plus, y’en a encore. Des grands, des petits, des minis, des géants. Ça ne se termine jamais. Alors si on doit attendre d’en avoir fini avec eux, on risque fort de ne jamais pouvoir profiter. Et puis, pour ce qui est de ma place dans le monde, je crois que c’est de la vaste connerie. Ça veut dire quoi, d’ailleurs, sa place dans le monde ? Sa place par rapport à qui/ à quoi? »

J: « donc toi ce que tu veux, c’est vivre de frivolité et d’eau fraîche? »

E: « Non, rien à voir,,,, quoique, peut-être. Si pour toi « prendre soin de soi » relève de la frivolité, alors oui, je veux ça,,,je veux rire surtout. Tout le monde devient si maussade, tu ne trouves pas ? Les gens, ils tirent tous la tronche. On nous dit de nous entourer de personnes positives,,,mais où sont-elles bordel ? T’en connais toi ? Même les gens qui disent ne vivre que pour le plaisir, cachent en fait une grosse dépression existentielle et ne cherchent, en vérité, qu’à fuir le monde ».

J: « Mais de quoi tu parles à la fin ? »

E: « de la joie pure, innocente, comme chez les gosses ou de ce fou rire qui sort en plein enterrement lorsque ton intérieur, il en peut plus de toute cette tristesse. »

J: « tu digresses, je crois… »

E: « je ne sais pas, je délire peut-être tout simplement…mais pour cette fin d’année, je ne fais plus rien. Je ne cherche plus de solutions pour concilier les différents pans de ma vie, je me désinvestis de tout ce qui est dur et lourd et pas plaisant… »

J: « mais tu vas t’ennuyer ? »

E: « peut-être ou peut-être pas ? Peut-être que je serais visitée par une inspiration soudaine,,,et sinon, ben, je m’en accommoderai. Ne dit-t-on pas qu’il faut laisser les enfants s’ennuyer parce que ça les aide à développer leur imagination ? Ben moi, peut-être que ça me permettra de lancer un nouveau cycle dans ma machine ».

J: « écoute, E, je pense que tu ne peux pas te permettre ce genre de fuite, tu dois… »

E: « oh mais ta gueule avec tes « tu dois »…Ne vois-tu donc pas qu’il est là le problème ? On s’invente de fausses contrariétés, on exagère, on se met la pression…Je ferai le minimum syndical et puis, c’est tout. T’auras beau me souffler toute la journée que je ne peux pas, je ne t’écouterai pas et à la fin, je ne t’entendrai même plus. Je sais que je vais y arriver. »

J: « à quoi ? »

E: « à te la faire boucler…je veux pas te tuer parce que parfois, tu m’es utile mais la plupart du temps, tu me coupes les ailes et y’en a marre. Alors du balai, oust… »

J: « mais, mais… »

E: « mais rien du tout, allé adiós, je m’en vais rire, chanter, sortir, me balader, boire. ..Profiter quoi…Et oui, tu as bien entendu boire, de l’alcool, du très fort, avec un parasol chauffant, dans le verre. Allé, je te laisse, on se reverra courant 2020. Jusque-là, porte-toi bien, amuse-toi. Enfin, if you can. »

J: « bonne chance pour trouver quelqu’un de volontaire pour t’accompagner dans la déchéance… »

E: « ta gueule ! »

J = juge intérieur

E= Elisa

Ce texte, je l’ai écrit l’année dernière à la même époque, dans le cadre de l’atelier d’écriture auquel je participais. C’était mon état d’esprit de l’époque et je m’aperçois que cette année, même si le contexte est plus compliqué, je me sens vraiment différemment et peut-être même plus forte.

*Citation de Yasmine Réza

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La mémoire dans la peau

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Une cicatrice étrange sur le bras. Un truc pas propre, pas terminé. Une boucherie, qu’on me dit, parfois.

Des années à la cacher. Par honte ou par survie.

Des histoires inventées, des excuses pour expliquer sa présence lorsqu’à la piscine ou à la plage, j’apparais en maillot.

Et puis, ce jour où finalement, je décide de la montrer.

Je mets un top à bretelles pour aller en soirée. Rien de sexy, c’est pas mon style de l’époque. J’ai 17 ans, Je suis mal dans ma peau. Je suis rebelle. Je suis anti à peu près tout et la plupart du temps, je me cache ou me perds entre les gens

C’est juste que j’en ai marre de faire comme si tout ça n’avait jamais existé, que je n’ai plus envie d’omettre cette partie de ma vie et que je crois que pour y arriver, il suffira de montrer cette marque.

Je suis naïve. Le corps, on s’en fout. La plus dure à convaincre c’est ma bouche qui elle est incapable de dire aux personnes que je côtoie « salut, moi, c’est Elisa et si j’ai cette cicatrice, c’est parce qu’à l’âge de 11 ans 3/4, j’ai eu la leucémie et qu’on m’a placé une boîte dans la partie supérieure du bras gauche afin de pouvoir me piquer lorsque mes veines n’ont plus rien voulu savoir des piqûres et perfusions ». En soirée, faut pas déconner, tu peux pas raconter ça et puis, dans une conversation anodine avec des gens que tu ne connais, pour la plupart, que superficiellement , non plus, ça ne se fait pas. Pas à 17 ou 20 ans. C’est l’insouciance qui prime. Alors faisons comme ci. Faisons semblant.

D’aucuns en discourent à ma place, me montrent du doigt et ça ne me plait pas…Mais alors vraiment pas…Pourtant, rien à faire, de moi, les mots ne sortent pas.

Si elle ne représentait pas le sceau de la maladie sur mon bras, peut-être que je l’oublierais. Mais le fait est qu’elle en reste le symbole. Un symbole violent de par tout ce qu’elle implique. Comme dit plus haut, physiquement, c’est une aberration. J’ai toujours eu l’impression que le chirurgien avait du se dire que l’inesthéticité du truc n’avait aucune espèce d’importance dans la mesure où il était destiné à une gamine de l’étage des condamnés (c’est ainsi que de nombreuses personnes appelaient l’unité de l’hôpital où j’étais soignée). Puis, psychologiquement, si vous avez lu mes articles sur le sujet, vous savez que même si aujourd’hui, j’en parle assez librement et plutôt spontanément, la peine et la colère m’étreignent encore systématiquement lorsque j’aborde le sujet.

C’est juste que de ça, on ne se remet jamais tout à fait, qu’il y a toujours quelque chose qui vient vous rappeler que vous avez souffert et que la cicatrice sur mon bras n’aura jamais de cesse de me montrer que cette expérience aura, en grande partie, fait de moi celle que je suis.

 

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Dix ans sans toi, abuelita

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Ma grand-mère n’a pas été la meilleure des mères mais c’était une super abuela. C’était ma deuxième maman car avec l’abuelo, c’était elle qui s’occupait de moi quand j’étais petite et que mes parents travaillaient. Elle me préparait à manger ce que j’aimais (et ce n’était pas grand chose quand j’étais petite), remarquait chaque fois que j’avais du chagrin et cherchait constamment à me faire plaisir.

Nous avions un lien particulier, elle et moi, on se comprenait et lorsqu’elle est décédée, je me suis sentie amputée. Pourtant, je n’ai pas réagi comme mon entourage s’y attendait et j’ai été très critiquée.

Lorsqu’elle est morte, je commençais, à peine, à sortir de ma dépression et je savais que m’enfermer pour pleurer sa disparItion serait la pire des choses, à faire, me concernant. A la place, j’ai décidé de continuer à vivre aussi normalement que possible et de respecter autant mes engagements que mes projets de sorties.

C’est ainsi qu’une semaine après son enterrement, je suis allée au théâtre et me suis remise au sport.

Je trimballais ma peine avec moi, bien sûr. Des larmes roulaient, parfois, sur mes joues, à des moments impromptus mais je tenais bon.

C’était la seule chose à faire, de toute façon. La peine, c’est à l’intérieur qu’on la vit, pas dans la démonstration. M’effondrer n’allait pas la faire revenir, c’était terminé, nous n’allions plus fabriquer de nouveaux souvenirs ensemble. Elle avait vécu sa vie. Maintenant, c’était, à mon tour, de reprendre le flambeau et de construire la mienne. Par ailleurs, je ne crois pas qu’elle aurait apprécié que je me laisse aller.

Autour de moi, les gens se sont étonnés et les remarques ont fusé: « t’as vu comme elle agit alors que c’était sa chouchoute…elle ne devait pas l’aimer autant que ça sa grand-mère pour se conduire ainsi… »

Je n’ai rien écouté. Je m’en fichais, à vrai dire car je savais ce que je ressentais moi, l’amour que je lui portais, les discussions que je continuais à avoir avec elle, les conseils que je demandais encore à son fantôme.

Quelques mois plus tard, je me suis disputée avec celle que je prenais pour ma meilleure amie depuis mes 12 ans et j’ai rencontré celui qui allait devenir le père de mon fils. Même si les histoires n’ont rien à voir entre elles et que c’est peut-être ridicule, je crois que ma abuela m’a aidée, de là-haut,  à faire les bons choix. En effet, couper avec cette amie qui n’en était pas une et dire « oui » à l’homme avec qui j’allais devenir maman  ont été  deux des meilleures décisions que j’ai prises de toute ma vie.

Aujourd’hui, il y a, tout juste, dix ans qu’elle est morte et je la consulte encore tous les jours.

Te sigo echando en falta, abuelita.

 

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Si je n’avais pas peur

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Il est 19h44 et je suis vidée de ma journée. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, je suis censée publier un article intitulé « si je n’avais pas peur ». Je ne sais pas par où commencer. Le sujet trotte dans ma tête depuis un bon mois, je pense et c’est marrant, mais au début, je me disais : « ça va être dur parce que je n’ai peur de rien ».

Le pire c’est que j’y croyais.

Maintenant, je sais que c’est des conneries. En fait, j’ai tout le temps, tellement, peur que j’ai pris l’habitude de vivre comme ça et que je ne me rends même plus compte à quel point je vis dans la peur.

A vrai dire, c’est, surtout, le rejet qui m’effraye. C’est ma peur la plus sournoise. Oh, du regard des inconnus sur ma façon d’être, de vivre, je m’en fous. C’est pas ça. Moi, c’est plutôt du fait qu’on m’approche pour ensuite me jeter. Ça vient de l’adolescence, de toute cette violence subie après la maladie, à l’école ou dans mon entourage, je le sais. C’est triste mais de ça, je n’ai jamais pu guérir.

Pourtant, j’arrête pas de me dire: « tu es grande maintenant (enfin, à peine), tu as les armes, tu ne vas pas t’écrouler, pas mourir de peine ». Mais rien n’y fait, quelque chose en moi n’y croit pas et mon cerveau reptilien a trop intégré les souvenirs et les réflexes.

Du coup, quand je m’approche des gens, c’est à reculons, quand je risque c’est en assurant mes arrières. Je reste aux aguets du moindre faux pas, de la plus petite incohérence. Faussement distante, non-investie, je fais mon indifférente, ma dure, ma méchante, parfois, même, j’ai envie de dire. Ça me rassure .

Ce n’est pas agréable pour les nouvelles personnes qui rentrent dans ma vie. Beaucoup n’ont pas le courage d’attendre que je lâche prise et disparaissent. Je les comprends et ce, même si je n’apprécie pas toujours la manière choisie pour le faire.

Je me rends compte qu’à force de me protéger, c’est ma carapace qui crée un sentiment de rejet chez les gens. L’ironie du sort que ça s’appelle, je crois.

Je ne sais pas ce que je peux faire pour que ça s’arrange mais je sais que si je ne souffrais pas de cette blessure, il y a sûrement une ou deux histoires dans lesquelles je me jetterais à corps perdu. Mais c’est impossible, le trop d’émotions crée une paralysie de mon intérieur, une sidération, et je ne réagis qu’après coup, n’importe comment, quand c’est trop tard, le plus souvent.

Ce n’est pas très grave, une bêtise, je ne vais pas en mourir. Par contre, c’est bien pénible et j’espère qu’un jour, le thème de ce carnaval, je pourrais le conjuguer à l’indicatif et dire : « Je n’ai pas peur ».

Cet article a été écrit dans le cadre du carnaval d’article proposé par Emeline du blog « si j’osais« . Vous pourrez retrouver courant octobre toutes les participations sur son site.

 

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Pourquoi je n’écris plus autant qu’avant?

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L’envie est là, ce n’est pas ça. Les sujets manquent? Je ne sais pas. C’est peut-être plus parce que je ne veux pas aborder certains sujets, ceux qui prennent le plus d’espace pour le moment dans ma vie. Oh rien de négatif si ce n’est ces multiples rendez-vous et examens médicaux dont je me passerais bien mais d’autres choses, surtout une, que pour le moment, j’ai encore du mal à saisir dans son ensemble tant elle m’est inconnue.

Je sais difficilement parler du futile alors je préfère me taire et ne revenir que quand les planètes sont alignées et que je me sens certaine de vouloir partager quelque chose. C’est juste ça et pas que je suis en train d’abandonner le blog et/ou que je n’ai plus envie. Écrire, dans mon cas, c’est et reste un besoin.

Je suis incapable de vous dire comment tout ceci va évoluer. Peut-être que je vais revenir avec plusieurs publications à la suite et à la chaîne ou peut-être que je continuerais sans cadence. On verra mais une chose est sûre, je ne suis pas partie et ne partirai pas.

 

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Le jour où l’insomnie m’a fait atterrir à l’hôpital

Je vous rassure tout de suite, je ne parle pas de maintenant mais d’il y a 4 ans. Quatre ans et demie même.

Je n’en ai jamais parlé dans ce blog et pour cause, c’est parce qu’il n’y a pas d’unité du sommeil à l’hosto. Celle où on atterri quand on ne dort pas, c’est la psychiatrie, et je n’étais pas très à l’aise de raconter ça.

Je suis restée 20 jours, en tout et pour tout,, avant de signer ma décharge de commun accord avec l’étudiante en psychiatrie qui m’avait, malheureusement, été assignée pour mon suivi. Vingt jours qui ne m’ont pas servi à retrouver un sommeil digne de ce nom (il aurait déjà fallu que le personnel me croit) mais m’aura permis de prendre le temps d’intégrer diverses vérités dont je ne me rendais pas compte jusqu’à alors et dont je vais vous parler.

A cause de l’insomnie et des conséquences du sevrage, je suis arrivée à un stade où je ne pouvais plus m’occuper ni de mon fils ni de moi. Je perdais la boule pour être claire et je trimballais encore des casseroles du passé dont je n’avais pas conscience étant donné l’anesthésie causée par les médicaments. J’étais encore persuadée de n’être qu’une faible (mon entourage m’avait fait intégrer l’idée toute jeune, après ma maladie) qui n’arrivait pas à voir le beau dans sa vie. Je me sentais vide. J’avais 0 confiance en moi et vivais dans une culpabilité sans nom par rapport à tout ce que selon moi, je faisais mal. J’étais mère, séparée. La totale de chez totale.

Pour tout vous dire, à l’hôpital, la prise en charge a été inexistante. Je n’ai pas vu de psy sur vingt jours, j’ai été remise sous antidépresseurs par l’étudiante en psychiatrie à mon insu (je pensais que je prenais quelque chose pour pallier les effets du sevrage et dormir) et le personnel infirmier, à quelques exceptions près, était horrible. J’ai eu tellement de chance que la vraie unité était en travaux et que dans la provisoire où j’ai atterri, tous les types de pathologies étaient mélangés, c’est-à-dire que je me suis retrouvée aussi bien avec des gens en burn-out que des schizophrènes. Oh joie.

Heureusement, dans ce chaos, parmi les gens en burn-out, les dépressifs et les anxieux (je sais, ça ne fait pas rêver), j’ai trouvé plusieurs personnes fantastiques, qui sont devenues un peu ma famille sur les lieux.  En comparant nos histoires, je me suis rendue compte qu’on atterrissait, rarement, dans ce genre d’endroit par faiblesse et j’ai commencé à réfléchir.

C’est à ce moment, où j’ai peu à peu intégré l’idée que mon vécu, depuis longtemps, avait été tout sauf évident et qu’il n’était pas étonnant qu’à un moment je flanche. Je n’étais pas faible. J’avais traversé des épreuves, très difficiles, trop jeune dans un climat familial délétère et avec un entourage, complètement, défaillant (c’est le cas de le dire). D’aucuns choisissent le chemin de l’autodestruction via alcool, drogues, sexe, délinquance et rock ‘n roll, quelques exceptions s’en sortent sans quasi aucune séquelle (je les appelle: les fleurs qui grandissent dans les poubelles) et moi ou mon inconscient n’a trouvé d’autre moyen que celui du mal-être et des troubles psychosomatiques pour exprimer mon désarroi.  Lorsque j’ai accouché de cette vérité et qu’elle a imprégné les différentes couches de mon cerveau, j’ai eu l’impression, je vous assure, de me réveiller d’un long, très long cauchemar.

En fait, je pense que l’hospitalisation m’a permis de me poser et de faire un « reset » dans ma tête. C’est à partir de là, que j’ai, enfin, pu commencer à chercher des bases solides pour mon épanouissement et celui de mon fils, par extension.

Évidemment, ce chemin ne s’est pas fait du jour au lendemain, j’ai encore galéré quelques mois après cette hospitalisation. Qui plus est, je suis d’avis que le travail ne sera jamais vraiment terminé mais je suis fière des progrès que j’ai faits et j’espère que je ne m’arrêterai jamais d’aller de l’avant.

 

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Parfois, la folie n’est autre que la raison présentée sous une forme différente
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Mon fils et les autres enfants

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Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. La sixième pour mon garçon. Lui, l’école, il déteste tellement qu’il oublie qu’elle existe et moi, je ne suis jamais tranquille lorsqu’il y est.

Le petit est le seul enfant de la famille. Un enfant qui n’a pas connu la crèche. J’ai essayé de le sociabiliser comme j’ai pu mais tout ce que j’ai « obtenu », c’est en premier une hostilité, voire une crainte de sa part , puis une indifférence presque généralisée envers les enfants.

Il a un mal de chien à se faire des amis de son âge. Il n’aime pas les mêmes choses qu’eux. Il est trop logique, trop dans l’analyse et en même temps, complètement dans l’émotionnel (il pleure encore pour « pas grand chose » et est intensément câlin).

A l’école, c’est la croix et la bannière. Il s’ennuie tellement qu’il passe sa vie à dessiner (même sur ses bras). Les autres ne le comprennent pas et se moquent de lui. Parfois. Souvent. Tout dépend des périodes.

Ses profs disaient qu’il était inhibé, extrêmement timide, mal à l’aise lorsqu’il était plus petit. Aujourd’hui, c’est juste très calme qui ressort. Je l’ai vu et en vrai, il devient mutique lorsqu’il traverse les portes de son institut. La différence entre son comportement à l’école et à la maison est saisissante.

Je vous avoue être perdue. Je l’ai emmené chez un pédopsychiatre lorsqu’il est rentré en primaire mais elle l’a trouvé superbement parfait. Rien d’étonnant, il apprécie la compagnie des adultes et tout l’intéresse.

En tant que parents, son père et moi, nous observons des phobies et de l’anxiété mais ce n’est pas spécifique à l’école. Il est solitaire, introverti mais si les autres ne se moquaient pas, je crois que ça ne poserait aucun problème. Sa différence ne passe pas et je suis souvent écœurée de constater à quel point rien n’a changé depuis que moi, j’étais à l’école. Je ne veux pas transposer mon vécu sur le sien mais je n’arrive pas toujours à prendre de la distance et à me convaincre que tout ira bien. Je suis sa maman, j’ai peur pour lui.

Ma plus grande crainte, c’est le harcèlement destructeur. Je l’ai connu, pas aussi jeune, pas pour les mêmes raisons, mais je sais les dégâts que ça peut faire sur l’estime et la confiance en soi.

Il y a quelques jours, on a discuté du sujet, lui et moi. Il m’a parlé des enfants qui l’embêtaient ( c’est toujours les mêmes noms qui reviennent). Il m’a dit que ce n’était pas juste, qu’il ne comprenait pas pourquoi ils s’acharnaient étant donné que lui, il ne se moquait jamais de personne. Je lui ai répondu qu’il ne devait pas y prêter attention, que la méchanceté, je m’excuse, était la faiblesse des imbéciles qui se croient forts et qu’il devait se convaincre absolument de quatre choses : il est BEAU, il est INTELLIGENT, il est  GENTIL et il est DRÔLE. J’ai insisté sur le fait qu’il était indispensable qu’il dégage de la confiance, pour que plus personne n’ose s’en prendre à lui. J’ai adapté mon vocabulaire à son âge, bien sûr, et il m’a dit: ok. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, et ce, que l’on soit enfant ou adulte.

Pour ses phobies et ses angoisses, on a décidé d’aller consulter. On verra si ça peut servir pour l’école bien que je ne considère pas que ce soit à lui de changer.

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A Lille, une initiative qui a du chien !

Photo de chiens qui ont déjà été adoptés depuis l’ouverture du café

Comme je vous l’ai annoncé dans l’article précédent, il y a peu, je suis partie à Lille dans un but un peu spécial.

Chaque année depuis deux ans, je cherche une activité un peu différente à faire avec mon fils à la fin de l’année scolaire. C’est une petite tradition que j’ai instaurée depuis qu’il est en primaire. Pour qu’il soit motivé, je lui fais passer le message que je réserve seulement, s’il réussit et jusque-là ça marche. Ok, je mens, s’il réussit, ça n’a rien à voir avec la sortie.

Cette année, fin du mois de mai, j’ai vu passer un article sur un café un peu particulier nommé le Waf, un café où la moitié des êtres vivants sont des …chiens. Je me suis informée et comme le bonhomme est un amoureux des bêtes et surtout, des canidés, je me suis dit que ce serait ZE idée pour lui faire plaisir.

 

Mais le WAF, à proprement, parler, c’est comment?

Au WAF, il y a cinq chiens permanents et pour le reste, ce sont des chiens en garderie, à la journée ou des chiens abandonnés, à l’adoption (deux-trois) dont les gérants du café s’occupent le temps de leur trouver une nouvelle famille.

Pour la somme de 5€, vous avez  le droit de passer un bon moment (1h30 environ) avec les bêtes à poils (certains adorent les caresses, jouer et d’autres vous piquer votre casse-croûte!!!) ainsi qu’à du café, du thé, du sirop et de l’eau à volonté. Le tout en libre service. Si vous voulez un truc à grignoter (muffin, cookies ou autres), c’est à la carte.

Un conseil, réservez car ils ne font entrer qu’un max de 10-12 personnes en même temps.

Personnellement, j’ai trouvé l’expérience et l’initiative très sympa. Le cadre est accueillant et pour le même prix, j ‘ai pu observer mon fils et voir qu’avec les bêtes, ce petit avait le même comportement qu’avec les humains, c’est-à-dire qu’il y va, tout doucement, comme avec les gens qu’il ne connait pas. Il a du être impressionné aussi car 6 bébêtes en même temps, ce n’est pas pareil que d’être en compagnie de sa vieille chienne de presque 16 ans. Mais je m’égare

Bref, un seul conseil, si vous êtes un inconditionnel de toutous et que vous êtes de passage à Lille: Foncez-au Waf.

 

 

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Mon voyage en ex-Yougoslavie et en Autriche #3 (Salzbourg)

Salzburg

 

Je ne sais pas comment commencer ce dernier article sur ma série consacrée à mes vacances. Et pour cause, c’est un peu plus brouillon dans ma tête étant donné que le bonhomme et moi étions déjà bien fatigués lorsque nous sommes arrivés en Autriche. Je vais devoir faire (avec plaisir) un effort de mémoire.

Salzburg était bien différente de la Slovénie car si à Ljubljana et à Bled, l’ambiance était décontractée, ici, ce n’était pas pareil. C’était très classe, voire classique et j’avais vaguement l’impression de faire tâche avec mon combishort (je vous rassure, ce n’était qu’une impression).

Comme Ljubljana, le centre de Salzbourg est piétonnier. C’est un véritable dédale de rues et aucune voiture ne peut rentrer. Après, c’est tout petit et on en a vite fait le tour si on ne prête pas attention à tout ce que la ville a à nous offrir. J’ai bien dit si on ne prête pas attention à tout ce que la ville a à nous offrir car entre concerts de musique classique , musées dont la célèbre maison de naissance de Mozart  ou la Haus der natur und technik, promenade le long de la Salzach, visite des jardins Mirabell, marché artisanal sur la rive, dégustation de la fameuse sachertörte, on n’en a jamais fini de faire des choses à Salzburg.

 

Salzburg

Et puis, il y a les environs aussi et le Untersberg (massif montagneux situé entre Salzburg et la frontière allemande) ou d’autres endroits pas si proches mais qu’il vaut la peine de visiter comme Attersee et son lac d’une profondeur maximale de 169m ainsi que son centre dédié à Klimt (que personnellement, je trouve minuscule et pas si intéressant que ça) sans oublier le Wolfgangsee (lac) dans le village de (accrochez-vous) Sankt Wolfgang im Salzkammergut qui était vraiment un endroit charmant et où le petit et moi, nous nous sommes baladés avant d’admirer pendant 45 minutes d’affilée une maman cane chasser tous les canards qui voulaient s’approcher de son caneton.

Salzburg

Côté nourriture, la gastronomie autrichienne n’est pas vraiment ma tasse de café et il est vrai que j’en ai rapidement eu marre des Wiener schnitzel.

J’ai aimé Salzburg, Salzburg est belle mais elle m’a moins impressionnée dans la mesure où j’avais déjà été en Autriche et déjà visité des lieux dont l’atmosphère générale était similaire.

Dans mon prochain article, je vous parlerai de ma dernière escapade dans la ville de Lille. Ville où je me suis rendue  (pour  la quatrième fois de ma vie au moins)  dans un but bien particulier…mais chuut, chuut, suite au prochain épisode. Stay tuned

 

Vue sur le Wolfgangsee

 

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Mon voyage en ex-Yougoslavie et en Autriche #2 (la Slovénie)

Bled

Comme je vous l’ai dit dans l’article précédent, la Slovénie a été ma destination coup de cœur de ce voyage.

Il ne me faut pas grand chose pour déconnecter mais quand je pars en vacances, j’ai, quand même, besoin que quelques conditions soient réunies pour être, complètement, satisfaite. J’aime être éblouie par les paysages et l’architecture, trouver quelque chose de bon à manger (je suis assez difficile et mon estomac fait des siennes), ne pas me ruiner (je suis loin d’être riche) et me sentir accueillie lorsque je pose une question.

La Slovénie, pour moi, ça a été le jackpot.

En traversant le pays, j’ai vu la mer tout à l’ouest (mer Adriatique) et des montagnes (Alpes juliennes entre autres). On remarque l’influence méditerranéenne sur la côte et l’influence germanique tout au nord (frontière avec l’Autriche). C’était riche, varié, contrasté.

La nourriture m’a plu, également car j’ai retrouvé des mets proches de la gastronomie de mon pays d’origine (Espagne, si vous ne le saviez pas encore) et des plats qui faisaient plus penser à ce qu’on retrouve en Europe Centrale.

Le pays est bon marché par rapport à sa voisine croate et je dirais même par rapport à tous les pays européens que je connais (plus que la Pologne), qui pour moi, est un pays faussement bon marché).

J’ai trouvé les gens particulièrement bienveillants et patients. Jamais je n’ai senti que je dérangeais en demandant une information, jamais je n’ai ressenti de stress par rapport au petit.

Pour ce qui est de la langue, les slovènes avec qui j’ai échangés quelques phrases dominaient l’anglais, l’allemand et parfois, mais un peu moins que dans l’Istrie croate, l’italien.

Sur la Slovénie, je n’avais jamais eu d’échos non plus et comme pour la Croatie, j’avais juste vu l’une ou l’autre photo. Du coup, je ne m’attendais à rien de particulier et parfois, c’est vraiment mieux comme ça.

Ljubljana
Ljubljana

Que dire maintenant sur les endroits visités?

Ljubljana, la capitale, a un centre tout mignon et est entièrement piétonnière. Maintenant, point de vue architecture, je mentirais si je disais qu’elle ne m’a pas fait penser à d’autres villes d’Europe centrale comme Prague ou Budapest. C’est une petite capitale et il est vrai que dès que l’on s’éloigne des points vraiment connus et touristiques, ce n’est plus tellement joli.

château de Bled

Quant à Bled, c’est juste un décor de carte postale grandeur nature. J’ai du plusieurs fois cligné des yeux pour savoir si je rêvais ou pas, tellement c’était waouw. Là-bas, on aura fait le tour du lac, visité un marché de produits artisanaux, contemplé l’eau cristalline , assisté à un petit bout de concert (le premier de mon garçon ;-)), mangé des calamars, été mouillés par une grosse pluie sous un ciel bleu ou presque.  Seul bémol, le prix des hôtels en haute saison. Personnellement, nous avons dormi dans un endroit que je ne vous recommande pas et où je pense que personne n’avait fait le ménage dans les chambres depuis l’ancien régime yougoslave. Heureusement que nous n’avons dormi qu’une nuit à Bled.

Je dis heureusement mais en vérité, j’ai un regret par rapport à la Slovénie : de ne pas être restée plus longtemps que 2 jours/2 nuits. J’aurais aimé y visiter les grottes de Postojna ainsi que Piran à la côte. Enfin, ça me donne une bonne excuse pour y retourner 🙂

Dans mon dernier article sur ce voyage, je vous parlerai de l’Autriche mais surtout de Salzbourg, ville où j’ai dormi et où j’ai, finalement, passé le plus de temps.

 

Vue depuis le château de Ljubljana

 

 

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Mon voyage en ex-Yougoslavie et en Autriche #1

Motovun

Comme vous l’aurez remarqué, je fais bien la distinction entre « voyage » et « vacances ». Et pour cause, ce que j’ai vécu n’est en rien comparable à des vacances où habituellement, ou en tout cas, en grande partie, on se prélasse. Non, moi, ce que j’ai fait, c’est surtout, enchaîner les lieux et ne pas (assez) me reposer. Damn it

Mais entrons dans le vif du sujet.

Je suis allée en Croatie, en Slovénie et en Autriche. Et même si mon périple ne ressemblait en rien en des vacances, j’ai déconnecté. Complètement. Dès la première minute et tout au long des neuf jours où mon aventure aura duré.

En Croatie, nous avons visité l’Istrie, et plus particulièrement la ville d’Umag, les villages de Motovun et Groznjan et la station balnéaire d’Opatija . En Slovénie, nous avons vu Ljubljana et Bled, et en Autriche, la ville de Mozart, autrement dit Salzbourg, après avoir fait un petit détour par l’Untersberg (montagne) et d’aller dans quelques villages répondant aux noms de Attersee et Sankt Wolfgang.

J’ai commencé par la Croatie et force est de constater que j’ai été surprise. Surprise par mon non-dépaysement. Je vous explique. Je n’avais pas du tout imaginé ce pays et j’ai été étonnée de constater à quel point l’Istrie ressemblait à s’y méprendre au Sud de la France, à l’Italie ou même à certaines parties de l’Espagne. Que ce soit pour le paysage, les cigales, la végétation ou leurs traditions de vins et d’huiles d’olive, tout m’y faisait penser.

Opatija

Pour ce qui est de communiquer avec les habitants, vous seriez en tort de croire qu’il est possible de s’en sortir avec l’anglais. En fait, pas vraiment. Les langues les plus prisées, hormis le croate bien sûr, sont l’allemand (phénomène déjà constaté à Budapest et en Pologne) et l’italien (tous les noms de villes sont d’ailleurs écrits dans cette langue en plus du croate). J’ai été agréablement surprise de voir les croates auxquels j’ai parlés se transformer en comprenant qu’avec moi, il leur serait possible de communiquer dans la langue de Dante.

Quant à la gastronomie, je crois qu’elle est influencée par celle de ses pays voisins. On trouve un mélange de cuisine méditerranéenne avec poissons et crustacés et des plats plus lourds consistants comme ceux d’Europe centrale.

Je suis restée deux jours/trois nuits en Croatie avant de reprendre la route et de (re-)traverser la frontière (bouchée car très contrôlée) pour m’embarquer pendant deux jours dans mon pays coup de coeur de ce voyage. J’ai nommé la Slovénie.

Je vous en parlerai dans mon prochain article.

frontière croato-slovène