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N. et le pays magique

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Mon fils avait 3,5 ans la première fois qu’il a visité un cimetière. C’était celui où se trouvent mes grands-parents, à Alicante, en Espagne, et où je vais avec ma mère chaque fois que nous retournons dans ces terres.

Je ne savais pas si c’était bien ou pas bien d’y emmener un enfant si jeune. Je n’avais personne pour le garder et franchement, je ne m’étais jamais posée la question.

Je parle beaucoup à mon garçon, en général, de tas de choses mais j’estimais que 3,5 ans, pour aborder la mort avec lui, c’était trop tôt. Par conséquent, lorsque nous avons pris le bus pour nous  rendre au cimetière, je ne lui ai rien expliqué à part que nous allions faire une petite visite à mes grands-parents et acheter des fleurs pour eux.

Arrivés sur place, le petit a couru, joué dans les allées, pendant que ma mère et moi, nous prenions l’échelle et nous nous occupions de placer les fleurs sur les deux niches de mes grands-parents…Et nous étions sur le point de repartir lorsque tout à coup, N. s’est exclamé: « Mais ils sont où ton papy et ta mamie, maman? ». En fait, il s’était réellement attendu à les rencontrer. Je n’ai pas su quoi répondre (je me voyais mal lui raconter que mes grands-parents étaient chacun dans une boîte, à l’intérieur d’une niche) à part qu’ils étaient là mais qu’on ne les voyait pas. Ce qui n’a pas eu pour effet de le rassurer. Il m’a alors demandé: mais, pourquoi, on ne les voit pas? ça l’a effrayé.

Ma maman a alors trouvé une parade: celle du pays magique. Elle lui a raconté que les gens allaient dans un endroit qui s’appelait le pays magique quand ils étaient très vieux et/ou très malades. Elle a ajouté qu’ils y étaient bien mais qu’ils ne pouvaient pas en revenir. Il s’est calmé…sauf que, cette question a commencé à le travailler…et que le jour où Hatchi (Hachiko ) est passé à la télé et que le personnage joué par Richard Gere est décédé sous le coup d’une attaque foudroyante, N. a paniqué et s’est mis à pleurer. Il nous a dit qu’il ne voulait pas que cela nous arrive. On l’a consolé et puis, il a fini par tirer ses propres conclusions. Il s’est rassuré lui-même et s’est exprimé en disant que puisque nous n’étions ni vieux ni malades, la mort ne risquait pas de venir nous chercher de sitôt.

Après cette épisode, le pays magique a continué à l’obséder pendant longtemps (jusqu’à récemment). Il nous a posé des tas de questions, du style: c’est comment là-bas? est-ce qu’il y a des dinosaures? est-ce que le pays magique pour les chiens est différent de celui des personnes? ça n’arrêtait pas.

Il nous a faits peur aussi à certains moments. Notre description de l’endroit étant trop positive, il lui est arrivé d’en parler comme s’il voulait y aller.

Réagir en tant que parent (occidental) n’a pas été chose aisée. Entendre ce genre de propos de la bouche d’un enfant de 4 et 5 ans, est assez déstabilisant et je me suis posée beaucoup de questions sur la façon dont j’aurais vraiment du réagir ce fameux jour au cimetière. A aucun moment, je ne m’étais attendu à ce qu’un petit bonhomme qu’on voyait à peine sur le sol s’interroge autant sur le sujet. Je n’avais pas de point de comparaison étant donné que le contexte de nos enfances respectives est complètement différent: Il est fils unique, petit enfant unique. J’ai un frère, plein de cousins-cousines et la fracture enfant(s)/adulte(s) était plus grande à l’époque, j’ai l’impression.

Récemment, je me suis aperçue que le thème lui faisait moins peur et qu’il semblait l’avoir intégré. A sa manière … car j’ai le sentiment qu’il ne comprend pas, réellement, ce que la mort implique. Il est encore fort immergé dans l’univers magique et imaginaire propre aux enfants. Je crois que c’est tant mieux.

Et chez vous, est-ce que vos tous petits, se préoccupent-t-ils déjà de ce genre de sujet? Comment avez-vous fait pour les rassurer?

 

 

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Les conséquences d’un sommeil pourri

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Les conséquences de mon sommeil pourri, je les avait déjà effleurées dans mon précédent article sur le sujet mais je n’en avais pas parlé avec détail. L’article aurait été bien trop long.

Alors, j’insiste, ce n’est pas dans une complainte que je me lance. Je ne suis pas malheureuse. Mon but, avec cette série d’articles, est, vraiment, de sensibiliser les gens à l’insomnie qui peut constituer un véritable trouble à elle seule et pas uniquement un « banal » symptôme d’autre chose.

Les conséquences sont multiples et chez moi, elles donnent ceci:

Au niveau physique, c’est simple et bête. En cas de crise d’insomnie (quand je ne dors pas ou pratiquement pas pendant plusieurs jours d’affilée), je suis, d’abord, fatiguée.  Fatiguée au point de devoir tout faire au ralenti. Une activité, une pause, une activité, une pause. Je ne peux pas mieux faire.

Lorsque je danse (l’une de mes activités préférées), je m’essouffle beaucoup plus rapidement et je suis comme désaccordée. Je ne suis pas le rythme. Ce n’est pas grave en soi mais c’est dommage.

J’ai souvent un état grippal aussi: des courbatures, une sensibilité accrue aux oreilles, à la gorge. Je suis très souvent enrhumée.

Et puis, je manque d’appétit et souffre beaucoup plus de l’estomac (une de mes faiblesses à la base).

Au niveau psychologique, je suis beaucoup plus anxieuse, constamment à fleur de peau, beaucoup plus sensible aux stimuli, comme la lumière ou le bruit. J’angoisse beaucoup à l’idée de devoir me lever tôt pour emmener le petit à l’école ( J’ai toujours peur de ne pas y arriver. Comme, il est en primaire, il ne peut plus vraiment manquer).

Au niveau cognitif, ce sont mes facultés pour écrire qui en prennent un coup. J’ai un gros nuage dans le cerveau. Je ne sais plus faire de belles phrases. C’est râlant parce que j’ai envie de dire tellement de choses mais j’ai besoin de plus de temps. C’est un fait. Je suis beaucoup plus lente et trouver le bon mot me demande plus d’effort. Écrire une lettre courte peut me prendre une semaine.

A part ça, j’oublie aussi des choses. Ma mémoire a court terme est un peu abîmée.

En fait, c’est ça, je vis ma vie, à contre courant, plus doucement, avec l’obligation de planifier souvent alors que je suis de nature spontanée . Ce n’est pas grave de vivre plus lentement. Je sais que le rythme actuel ne me conviendrait pas. Les problèmes de santé m’ont obligés à prendre le temps de réfléchir, à me poser et j’avoue qu’entre autres, je ne comprends pas cette société qui nous impose de courir tout le temps. Ce n’était pas comme ça, il y a trente ans, si?

Comme vous le voyez, les conséquences ne sont pas anodines mais il n’y a pas que du mauvais. J’approfondirai la question dans un troisième et dernier article.

 

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Vice-versa ou les émotions accessibles aux enfants

Vice-versa-émotionsSi dans ma vie, il y avait un moment propice pour que le dessin animé Vice-Versa soit diffusé à la télé, c’était bien celui-ci . Mon fils m’ayant fait une semaine de crises monumentales (première fois qu’il m’en fait d’une telle ampleur), je cherchais un moyen de lui expliquer les émotions. Ce film m’a beaucoup aidé à y parvenir.

Mais d’abord le pitch:Grandir n’est pas de tout repos, et la petite Riley ne fait pas exception à la règle. À cause du travail de son père, elle vient de quitter le Midwest et la vie qu’elle a toujours connue pour emménager avec sa famille à San Francisco. Comme nous tous, Riley est guidée par ses émotions – la Joie, la Peur, la Colère, le Dégoût, et la Tristesse. Ces émotions vivent au Quartier Général, le centre de contrôle de l’esprit de Riley, et l’aident et la conseillent dans sa vie quotidienne. Tandis que Riley et ses émotions luttent pour se faire à leur nouvelle existence à San Francisco, le chaos s’empare du Quartier Général. Si la Joie, l’émotion dominante de Riley, tente de rester positive, les différentes émotions entrent en conflit pour définir la meilleure manière de s’en sortir quand on se retrouve brusquement dans une nouvelle ville, une nouvelle école et une nouvelle maison. source

Et mon avis ensuite: alors comment dire? Mon avis est moyen +. Le principal intéressé, à savoir N., a aimé . Il a non seulement bien réussi à distinguer les différentes émotions (il en manquait quelques-unes quand même) mais également à comprendre le plus gros de l’histoire. Cela dit, j’ai bien vu que pour l’enfant de (juste) six ans qu’il est, suivre tout le fil des péripéties et des balades dans les différentes îles n’a pas été chose aisée.

En ce qui me concerne, ce qui m’a plu c’est le message de la fin; à savoir, la tristesse, c’est aussi ok (quelque chose que l’ont conçoit de moins en moins dans ce monde d’automates, où il faut se remettre de tout très vite). En conclusion et même s’il n’est pas parfait, je trouve que ce film est un point de départ intéressant pour introduire les enfants au monde des émotions.

 

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L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas?

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Je suis insomniaque. Insomniaque depuis neuf ans et personne ne peut, vraiment, comprendre ce que je vis au quotidien. Il faut vivre les choses pour pouvoir  se mettre à la place des autres . C’est normal. Je trouve que l’insomnie est assez banalisée (à mon détriment) et mon intention, à travers ce texte, est de vous expliquer ce que représente cette saloperie dans le quotidien d’une personne.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais été une grande dormeuse . La sieste, quand j’étais petite, j’ai vite abandonnée. Lorsque j’étais ado, je trouvais même que dormir, c’était perdre son temps et qu’il y avait bien plus intéressant à faire. Je connus quelques insomnies à cette époque mais rien d’alarmant (pendant les examens ou lorsqu’il arrivait quelque chose qui me stressait beaucoup). C’était ponctuel. Et puis vint ma dépression de 2007 et son lot de médicaments que j’ai pris pendant sept longues années, à cause d’un mauvais suivi (c’est pas comme dans les films, trouver un médecin qualifié dans ce domaine, c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin: c’est toi et ta chance et la mienne était aux abonnés absents). Ces drogues, je n’ai pas peur de le dire, ont détruit mon sommeil.

En 2015, lorsque je suis arrivée à me débarrasser de ces cochonneries, je ne dormais plus. Mais alors plus du tout. Je passais mes nuits à me promener dans mon appartement.

Pour tenter de rétablir mon sommeil, j’ai essayé des tas de trucs: labos du sommeil qui n’ont rien révélé d’anormal  (à part des micro-réveils toutes les 30 secondes, ok…) plantes, alcool, sortir très tard, hypnose, emdr, privation de sommeil à la militaire jusqu’à tomber par terre. J’ai ainsi passer des 10-11 nuits d’affilée à ne dormir qu’une heure. Les autres , je les passais à me réveiller et à me rendormir . J’avais l’impression de devenir folle.

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Ensuite, j’ai un peu récupéré des heures de qualité par ci, par là: 3h d’affilée et je sautais au plafond de joie. Depuis c’est un peu mieux, assez aléatoire et mes nuits se passent à peu près comme ça:

  • Je vais me coucher aux environ de minuit, parfois plus tard, je prends mes capsules d’homéopathie, et ensuite, je lis jusqu’à ce que mes paupières se ferment toutes seules. ( En hiver, c’est très difficile de supporter ce rythme quand je dois me lever le matin tôt pour emmener le petit à l’école). Parfois, ça marche et j’en ai pour 3-4 heures, voire 5-6 (si j’ai de la chance) de tranquillité sur la nuit. Parfois, pas du tout et mes yeux se rouvrent dès que j’ai éteint la lumière et …je n’ai plus qu’à reprendre ma lecture.

Si je dors 5-6 heures de suite, je peux considérer que c’est une bonne nuit. Je peux difficilement aspirer à plus. J’ai eu un pic de 8h30 en 2016 et un autre de 10h en 2017 mais ça ne s’est produit qu’une seule fois à chaque fois.

Il y a des périodes de crise (comme là maintenant depuis le 30 décembre environ) où mon sommeil est très très court et extrêmement non-récupérateur et des périodes de récupération qui durent 4-5 jours (si j’ai de la chance) et pendant lesquelles je fais ces 5-6 heures d’affilée.

En 2015, j’étais un véritable zombie. J’avais besoin d’aide pour tout: ça allait d’écrire un simple texte en passant par me faire à manger, à s’occuper du petit quand je n’avais pas la force.

Ensuite, cela a progressivement évolué dans le bon sens grâce à ces périodes de récupération dont je parle ci-dessus…mais c’est loin d’être le paradis. C’est encore relativement  (et même très, par moments) difficile à gérer.

Quand on me demande comment je fais pour supporter tout ça, je réponds  que je ne bosse pas. Cela évite, du coup, les jugements hâtifs, sur ma condition de personne touchant des revenus de remplacement (en fait, les gens ne savent pas vraiment quoi dire).

La pire question qu’on peut me poser, c’est pourquoi? genre, c’est quoi qui te préoccupe à ce point pour que tu ne dormes pas? Là, je réponds : rien, c’est neurologique, on peut rien faire. Je pense, honnêtement, que si au moindre stress, il faudrait qu’on arrête de dormir,  personne ne dormirait plus jamais. Il y a toujours l’une ou l’autre raison d’être vaguement stressé. En réalité, ce qui m’inquiète le plus, c’est justement ce problème de sommeil qui perdure …

Le gros point positif à l’affaire, c’est que je vois plus mon fils qu’une maman qui travaillerait toute la sainte journée… mais franchement, j’aurais préféré  être une maman qui va bien et le voir un poil moins.

L’insomnie chronique, qu’on se le dise, ce n’est pas drôle,  c’est être toujours à fleur de peau et c’est handicapant.

Mais bon, comme dirait ma mère, il y a pire dans la vie …N’est-ce-point?

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Ole, Fernando !

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Pas plus tard que mardi (déjà mardi?), je suis allée voir en compagnie de mon petit cinéphile de fils (oui, à priori, les dessins animés, ce n’est pas pour moi), le film Ferdinand, mettant en scène des taureaux de combats.

Synopsis: Ferdinand est un taureau au grand cœur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d’origine. Bien déterminé à retrouver sa famille et ses racines, il se lance alors dans une incroyable aventure à travers l’Espagne, accompagné de la plus déjantée des équipes ! source

Mon avis: j’ai été très agréablement surprise par ce film. J’avoue, j’avais vu que les critiques étaient plutôt bonnes, voire très bonnes, mais je ne me doutais pas que j’allais autant me marrer.  Cependant, ce n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai aimé ce dessin animé. En fait, Ferdinand est un taureau atypique (ou pas!) qui aime les fleurs (d’ailleurs, dans la première scène, il apparaît, encore taurillon, avec un petit seau accroché à la gueule pour arroser une jolie fleur rouge) et qui refuse de se battre. Il n’en voit pas l’intérêt. Le truc c’est qu’il est à l’image du gars que tout le monde aime bien. Il est sympa, authentique, pur, naïf (comme les enfants). Il n’essaye pas de rentrer dans le moule que les hommes et autres animaux veulent lui imposer.Enfin, il y a l’Espagne (évidemment). J’ai bien reconnu Ronda (Málaga) et Madrid.

Par conséquent, si vous ne savez plus quoi faire de vos enfants pendant ces vacances ou que vous avez envie de les emmener voir un film, mais ne savez pas lequel, un seul conseil: allez vite découvrir Ferdinand !

 

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Zèbre ou pas? Le doute plane

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Je ne me suis jamais sentie bête (à part pendant mes études supérieures) mais je ne me suis jamais prise pour Einstein non plus.  L’image de la douance renvoyée par les médias étant ce qu’elle est, à savoir, celle de génies telles que Einstein,justement, je ne me suis jamais posée la question de savoir si j’étais un haut potentiel ou pas.

Et puis, par un concours de circonstances (ou pas), il y a environ trois ans alors que je me retrouve mêlée dans un débat politique (bon, politique de comptoir, hein)  dont facebook a le secret, je me fais interpeller par un gars:

Lui: « je t’ai reconnue ».

Moi: « ah bon, on se connaît? Ta tête (celle de son profil) ne me dit rien pourtant »

Lui: « non, c’est pas ce que je veux dire. Tu es zèbre. C’est ça que j’ai reconnu en toi »

Moi: « euh, non, je suis humaine (vous l’avez compris, je ne voyais pas où il voulait en venir).

On parle un peu et il me conseille de lire l’ouvrage »Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin. Je le loue à la bibliothèque (ben oui, je n’ai rien à perdre) mais ce livre ne me plaît pas. Je traverse une phase très compliquée et je sens que cette auteure décrit une grande dépression et pas ce que je rattache, moi, à de la douance. Non, ça ne peut pas être ça la surefficience. Non, je ne veux pas en être. Non, ça m’enfonce plus qu’autre chose, vraiment, je préfère laisser tomber.

L’année suivante, donc en 2016, c’est une docteure nutritionniste holistique chez qui je me rends pour apprendre à manger qui me conseille la lecture de « Je pense trop » de Christel Petitcollin. Je lis les cinquante premières pages, je me reconnais dans le mode de pensées et puis, sa lecture finit par m’ennuyer (je le trouve très répétitif) et je laisse tomber à nouveau. Je ne vois toujours pas ce que ça pourrait changer à ma vie de savoir que je le suis.

Enfin en 2017, je tombe sur les vidéos de Catherine VO.S (voir lien dans la page « ressources bonheur« ), une psy qui traite du sujet et là, bam, la grosse claque, je me reconnais totalement…Elle parle d’hypersensibilité, d’arborescence, de sentiment de décalage, …mais cette fois, de façon positive. Elle est hp, elle-même, elle semble savoir de quoi elle parle. Là, c’est la révolution dans mon petit monde, je cherche à aller faire des tests,  je m’inscris sur un forum spécialisé, je lis encore plus de livres, cherche encore plus de témoignages-vidéo, passe ma vie sous un nouveau filtre, me pose des questions sur le petit.

Je prends alors rendez-vous chez une psy pseudo-spécialisée mais le courant ne passe pas et je commence à me (re)dire (oui, c’est une constante) qu’à mon âge, de toute façon, ça ne me sert plus à rien de me faire « diagnostiquer » dans la mesure où ma vie est plus ou moins « faite ». Je décide, tout de même, de continuer à creuser pour mon fils, étant donné ses difficultés à l’école et ses  centres d’intérêt et préoccupations différentes des autres enfants de son âge. Je ne vais, cependant, pas jusqu’au bout de ma démarche. Non car après une rentrée et une moitié de premier trimestre très compliqué en primaire, il a l’air d’aller beaucoup mieux. Je préfère, par conséquent, surveiller et attendre encore un peu.

En revanche, en ce qui me concerne, j’ai, finalement, pris rendez-vous, dans un centre spécialisé. A partir du moment où j’ai vu les vidéos citées plus haut, je n’ai plus réussi à vivre et à considérer mes relations avec les autres, comme avant et passer les tests est devenu un besoin.

Maintenant, si je me goure, complètement, et que je découvre que je ne suis pas sur-efficiente, va savoir comment je réagirais. Je sens qu’une réponse positive m’apaiserait et qu’une réponse négative ne me ferait pas du bien car cela voudra dire « rester sans réponse » par rapport à une différence que j’ai toujours ressentie, sans pouvoir y mettre les mots.

Je passe les tests début 2018. D’ici là, il faudra prendre mon mal en patience.

Suite, au prochain numéro donc …

Surefficience, douance, hp, zèbre = quatre mots qui veulent dire la même chose 🙂

 

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Six

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Nicolas, aujourd’hui, ça fait six ans que tu es là. Six ans que je me suis réveillée un peu « mouillée » en pleine nuit et que je me suis dit que le moment était peut-être venu … Tu sais, il m’est très difficile de te décrire parce que l’émotion me prend, me tord et que rien de correct ne me vient.

Comment exprimer en quelques phrases ce que tu représentes ? Je ne sais pas comment les autres mamans font. Pour moi, ce que je tape, j’écris, n’est jamais assez juste pour dire à quel point ta venue au monde, tes premiers pas m’ont bouleversée, transformée, obligée à re-pousser mes limites au delà de ce que jamais, je n’aurais pu imaginer. Je ne sais pas comment on le dit pour que ça fasse joli.

Comment communiquer que je m’améliore, je me révèle parce que tu es là, parce que tu es ma boussole, mon moteur, ma douce folie et mon plus grand défi (oui, tout ça, à la fois) ?

Je pourrais passer des heures à parler de ta façon d’être au monde, de ta manière de mettre la main à la pâte, raconter ton rire, tes farces, tes actes, l’intensité de tes »je t’aime maman » au réveil mais … ça ne serait jamais suffisant.

Je pourrais passer des jours à dire ta gentillesse, ta tendresse, ta sensibilité mais … personne d’autre ne verrait ce que moi je vois.

Je pourrais aussi expliquer tes jeux, tes danses, tes discours à Georges, ton attachement à Fluny mais … peu de monde comprendrait , alors je préfère garder tout ça pour nous et simplement te souhaiter un merveilleux anniversaire, mon poussin.

Six ans, tu as, aujourd’hui et moi, après tout ce temps passé ensemble, je n’en reviens toujours pas que tu sois dans ma vie. Merci d’être là, mon cœur. Merci d’être toi.

Ta maman qui t’aime.

 

 

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Lille pour contrer la déprime hivernale

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Jeudi soir, je me sens déprimée. Ma semaine a été plutôt difficile et j’ai besoin de changer d’air. Je demande à l’une de mes meilleures amies si elle a envie  de faire une virée à Lille (la ville à l’étranger où on arrive le plus rapidement depuis Bruxelles, je crois) ou ailleurs. Elle est d’accord mais avec sa crève, elle ne sait pas si ce sera possible. Je lui dis: « ok, tu vois comment ça évolue et puis, tu me dis quoi ». Elle me répond: « ok ». Vendredi matin arrive et  elle me sort: « Bon, on se casse? Je m’achèterai du sirop sur le chemin (c’est pas tout à fait exactement ce qu’elle a dit mais tout à fait ce qu’elle a voulu dire (je la connais depuis belle lurette et sais comment elle pense)) »

On regarde donc pour réserver et je ne sais par quel hasard, j’atterris sur le site de la compagnie Flixbus. De toute ma life, je n’ai jamais pris de car chez eux et je ne sais pas ce que je dois en penser. Je vois le prix pour un aller le samedi 16 décembre à midi et  manque tomber de ma chaise (ok, de mon fauteuil sur lequel je suis à moitié étalée en pyjama alors qu’il est 10h du matin): 6€ par personne . Waouw, je préviens mon amie.

De son côté, elle a regardé pour le tgv mais les horaires-aller ne sont pas compatibles avec ma vie de maman et c’est sans grande surprise, bien plus cher même si trois fois moins long.  On décide alors de couper la poire en deux. Ce sera l’aller en car et le retour en train tgv sncf pour un prix de 19€ . Total: 25€ par personne, donc. On réserve directement (parce que si on attend, vu mon moral, je risque de changer d’avis et puis parce qu’on est vendredi et que notre virée c’est le lendemain qu’elle est censée avoir lieu).

J’avoue que samedi matin, je me demande sérieusement ce qu’on va bien pouvoir faire dans cette ville. J’y suis déjà allée 2-3 fois et Lille n’est pas une grande ville, le tour est vite fait et  pour ce qui est du dépaysement, on repassera.

On prend notre bus gare du nord à Bruxelles. Je suis agréablement surprise. Le car paraît tout à fait convenable (il y a même des prises pour brancher nos appareils), confortable, nous ne sommes pas beaucoup à faire le trajet à cette heure-là, le chauffeur nous accueille sympathiquement et on le découvrira dans quelques minutes, n’est pas brusque dans sa manière de conduire (very important pour moi qui suis hyper sensible à toutes formes de stimuli). Tout démarre donc sous les meilleures auspices. Il y a juste le beau temps qui manque (il « drache » méchamment).

Le voyage dure un peu plus d’une heure 30 et oh, surprise, un peu avant la frontière, le soleil fait son apparition (soleil que nous n’avons pas vu par ici depuis environ un mois et demi). C’est le contraire de dans Bienvenue chez les ch’tis, surtout qu’ on va chez eux, justement.

Première mission en arrivant sur place: trouver un endroit où se restaurer. Mon amie a mangé dans le bus mais moi, j’ai faim. On s’arrête donc à Mezzo di pasta. C’est un peu cher pour ce que c’est mais ça va, la bouffe est potable.

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En sortant du local, on décide d’aller faire un tour sur le marché de noël, Place Rihour. C’est sympa. Les gens ont l’air de bonne humeur malgré les 2°C de circonstance. On y reste un bon moment et puis, on décide de flâner dans les rues ou d’aller se faire une toile (se taper Lille pour aller au ciné, quand même). On passe d’abord à l’UGC (rue de Béthune) où la programmation est plutôt française. Puis au Majestic un peu plus loin sur la même rue, où les films ont déjà commencé. On rentre ensuite chez Stradivarius (magasin de vêtements de la chaîne Inditex qu’il n’y a pas en Belgique) et puis, décidons de faire une pause pipi et café au IT (toujours dans la rue de Béthune). Mon amie tombe alors sur la photo du pont Napoléon dans la gazette et nous nous lançons le défi de le trouver. Il est 17h30 et il fait déjà noir depuis presqu’une heure.

On se trompe, on se perd, on regarde sur google maps, on trouve une librairie (il y en a pas mal par rapport au centre de Bruxelles, j’ai l’impression) où on traîne un peu, on reprend notre chemin et finalement, vers 18h30, après avoir marché longtemps dans une nuit presque noire (les rues un peu plus ex-centrées ne sont quasiment pas illuminées), on tombe sur le fameux petit pont. La marche était agréable, marrante mais il faut bien se l’avouer, le pont en question n’a rien d’extraordinaire. Il permet juste de traverser le canal de la ville.

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En revenant sur nos pas pour rejoindre le centre et puis, la gare, on s’arrête à un Notting Heel coffee, place des Patiniers. Alors que dire de cette chaîne qui nous ramenait à des souvenirs mémorables d’il y a plus de quinze ans dans le vrai Notting Hill? On y a bu un chocolat chaud qui était bien cher, pas très chaud justement et plutôt très mauvais (je sais que ça fait cliché mais je me suis vraiment demandée si le lait utilisé dans sa préparation n’était pas le même que celui pour le maroille). Le lieu n’est pas tellement cosy non plus et nous sommes pressées par les serveuses dans la mesure où elles vont bientôt fermer.

Ensuite, on passe encore par la chambre de commerce où une patinoire (synthétique) a été installée. L’intérieur est vraiment très joli.  On fait encore un bref passage au centre commercial Euralille avant d’embarquer dans notre train, qui a 30 minutes de retard. Finalement, nous arrivons à Bruxelles vers 21h15 après une journée bien remplie, bien fatiguées et puis aussi, apaisées. Comme quoi cela vaut parfois la peine de désobéir à cette petite voix débile que nous avons dans la tête et qui nous dit (me dit, personnellement, rien qu’à moi, surtout en hiver): « non, tu n’y arriveras pas. Non, pourquoi faire, dans quel but? »

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Tu as de la chance qu’il t’aide pour le petit

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Il y a environ un an, je dirais, deux copines ou plutôt une amie et une copine, m’ont sortie cette phrase en parlant du père de mon fils.

J’avoue avoir été un peu interloquée, voire choquée, sur le moment car je ne comprenais pas en quoi j’avais de la chance. Oui, son père s’occupe de lui. Oui, son père me paye une pension pour ses besoins mais en quoi est-ce exceptionnel? C’est NORMAL. Ce n’est pas aider mais jouer son rôle. C’est passer de l’argent parce que l’autre en gagne moins. C’est pour le bien de l’enfant, ce n’est pas un luxe (je ne pourrais pas partir au Bahamas avec le montant de la pension. Enfin, ce n’est pas le but, non plus…Et puis les Bahamas, ça me dit rien en vrai).

C’est ne pas participer qui n’est pas normal. L’enfant, on ne le fait pas toute seule  par l’opération du saint-esprit, que je sache. Nous étions deux au moment de la conception. C’est donc à nous deux de nous en occuper, pour le meilleur et pour le pire, amen. Par conséquent, ce n’est pas moi qui ai de la chance, mais elles qui n’en ont pas eu (je dis « eu » parce que malgré qu’elles soient jeunes, leurs enfants sont grands). Vous voyez la nuance?

Bref, si je vous donne cet exemple c’est parce que trop souvent, depuis, je fais  attention quand j’entends ce genre de discours, et je me suis rendue compte qu’il était extrêmement commun. C’est comme si, prendre soin de son enfant,  pour le géniteur  c’était un plus et que limite, il fallait se prosterner à ses pieds pour ça; alors que pour la mère, c’est normal. T’as fait un choix, t’assumes ma vieille.

Je ne suis pas d’accord !

C’est pareil pour ce qui est du ménage. Il y a environ une semaine, je vois sur FB un message d’une de mes copines dans lequel elle remercie son compagnon de l’aider dans SES tâches ménagères alors qu’ils bossent tous les deux et qu’elle est enceinte de quasi 9 mois. Encore une fois, c’est NORMAL, ce n’est pas de l’aide. Le pire c’est que je lui fais la remarque et qu’elle me répond: « oui, mais il est si gentil, il le fait avec tellement d’amour »…Euh, ouais, et moi qui croyais que tu te prenais pour une grosse   grande féministe …

Ce ne sont, malheureusement, pas les seules remarques qui me font tiquer. Des exemples, il y en a à la pelle et je trouve ça triste qu’au 21ème siècle, des jeunes femmes, supposément, modernes en soient toujours à ce stade.  Corrigez-moi si je  me trompe mais je pense que ce sont toutes ces petites situations « ordinaires », ces phrases faussement anodines, passant inaperçues, qui plus qu’autre chose, font que les choses n’évoluent, pas tant que ça, au final. …

Qu’en pensez-vous?

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Moi aussi, je fais le quiz des autres possibles

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 Je ne suis pas une fan de tags, quiz et autres jeux du style, en général. Celui-ci, je pense qu’inconsciemment, je l’ai déjà fait plein de fois, en essayant d’imaginer la vie que j’aurais eu si je n’étais pas tombée malade à 11 ans. En vérité, je n’y arrive jamais parce que ma vie n’aurait pas été ma vie et que je n’ai pas vraiment réussi à visualiser ce que j’aurais bien pu devenir…Et puis, ça aurait servi à quoi de toute façon? Enfin, bref, pour en revenir à nos moutons, je trouvais le quiz d’Armalite intéressant et léger et j’ai donc décidé de m’amuser à y répondre. Voici ce qu’il en est ressorti:

Le prénom que vous auriez voulu porter: Elisa. Je suis très satisfaite du choix de mon prénom par ma mère. Je l’aime. En fait, je crois même que c’est la chose que je préfère chez moi.
L’époque à laquelle vous auriez aimé naître:  A l’époque des mes parents. J’ai sérieusement l’impression que la vie était plus facile pour les gens nés dans les années 50 et qu’avec ma personnalité et mon caractère de fonceuse, j’aurais eu beaucoup plus de choix et de possibilités au niveau professionnel. J’aurais, également, tendance à croire que l’engagement homme-femme allait plus de soi à l’époque…Malheureusement, on sait pourquoi. En mon humble avis, la libération des mœurs n’a pas eu que de belles conséquences.
L’endroit où vous auriez aimé vivre: Dans une région au climat doux et sec. En Europe du Sud, quoi.
Le métier que vous vouliez faire quand vous étiez petit(e): star de la chanson en perruque blonde (n’allez pas me demander pourquoi, la perruque), sur les toits des immeubles.
Le métier que vous aimeriez faire si vous aviez une deuxième vie d’adulte: danseuse
Le talent artistique que vous auriez aimé posséder: dessiner. Je suis trop jalouse quand je vois le travail de certains illustrateurs.
Le sport dans lequel vous auriez aimé exceller: la danse (ben, oui), même si je pense que c’est plus considéré comme un art que comme un sport.
La qualité que vous regrettez de ne pas avoir: le calme intérieur. C’est plus reposant.
Le défaut dont vous vous débarrasseriez volontiers d’un claquement de doigts: le perfectionnisme, qui peut parfois (souvent??) être un vrai handicap.
Ce que vous changeriez le plus volontiers dans votre physique: je n’aime pas mon visage mais je ne le changerais pas. Je ne voudrais pas courir le risque de ne pas me reconnaître. Sinon, il y a mes fesses qui étaient bien plus fermes et arrondies quand j’étais petite, avant la chimio …mais ce n’est pas, vraiment, un complexe. Je trouve que je ne m’en sors pas mal compte tenu des circonstances.
Le super-pouvoir que vous rêveriez de vous découvrir: voler dans les airs pour aller où je veux, quand je veux.
Le truc auquel vous avez renoncé à regret: aller en Inde avant mes 90 ans parce que je suis une petite nature et que je pense que j’y mourais minimum de la malaria et, surtout, dans d’atroces souffrances. A 36, ça ne me plairait pas. A 90, j’en aurais sûrement moins à fout***.
Voili, voilà. A votre tour, maintenant. Enfin, si vous en avez envie.
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Un hommage particulier

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Mercredi 6 décembre, 4h20: je suis réveillée par un bonhomme tout excité. Le grand Saint doit passer/est passé (?).

6H20: ledit bonhomme ne tient plus en place et j’en ai marre qu’il ne me laisse pas dormir. On se lève. Il découvre son butin tout émerveillé et heureux.

6H50: on petit déjeune, on se prépare.

7h50: on part pour l’école.

8h30: je suis dans le bus, l’angoisse monte, l’impression d’avoir laissé mon fils trop tôt à l’école . Je le revois l’air perdu, tout seul, au milieu de la cour. Je ne suis pas tranquille.

8H50: j’arrive à la maison et paf, j’apprends que Johnny est mort. ça me fait un choc alors que Johnny, c’est pas mon ami. Il me renvoie l’image de tout ce que je ne supporte pas: l’alcoolisme, la drogue, la vulgarité, la luxure, l’infidélité, le mensonge, le profit.

9H43: je repense à ce noël où mon père entonne « Qu’est-ce qu’elle a ma gueule? » en se marrant. Je me souviens alors d’avoir grandi en croyant que Hallyday n’était que belge né en Belgique. Ben oui, parce qu’en Belgique, on n’oublie pas que son père indigne habitait les Marolles  et que les gens parlent de lui comme s’il était d’ici. Je me rends compte que sa mort m’affecte bien plus que prévu.

Jeudi, vendredi, l’image de Johnny me revient de temps en temps.

Samedi 9, 13h27: je ne comprends quand même pas tout ce raffut autour de sa mort. Combien de gens ne meurent-t-ils pas par jour? Combien d’ innocents qui n’ont rien fait, d’ enfants qui n’ont rien demandé?  Combien de personnes pourtant mal parties dans la vie ne s’en sortent-t-elles pas sans faire autant de tapage, en menant une vie bien plus digne d’exemple ? Combien d’anonymes ne renaissent-t-ils pas de leurs cendres après avoir touché et re-touché le fond?

Ouais, je l’avoue, ça me gave à la fin.

Avis aux fans de Johnny, ceci est un avis personnel. Il n’engage que moi. Merci de le considérer et de le respecter comme tel.

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Avoir un deuxième enfant quand on est seule

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A l’heure où je lis de plus en plus de témoignages et d’articles écrits par des femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant du tout, moi, je désire en avoir un deuxième . Je l’ai toujours voulu. Même quand je n’avais pas N, je voulais avoir deux enfants. Et maintenant que je l’ai, je ne voudrais pas qu’il reste enfant unique. J’ai un frère. J’aime avoir un frère et du coup, j’aimerais qu’il en soit de même pour lui. Et puis, même si je sais bien que les enfants grandissent, j’ai à nouveau l’envie de pouponner et de recommencer ça.

Malheureusement, ma situation et ma santé ne s’y prêtent pas. Je commence à peine à sentir les effets du sevrage s’éloigner, j’ai des problèmes digestifs, sporadiquement, très pénibles et je n’ai qu’un semblant de sommeil à mon actif . J’ai passé sept ans de ma vie à prendre des drogues légales qui ne me convenaient pas, je ne suis pas encore sortie de l’auberge et je sais, par conséquent, qu’une grossesse, maintenant, ce serait une fausse bonne idée.

L’âge qui avance, je sais que réaliser ce souhait devient de plus en plus incertain alors mon cœur et ma raison se disputent.

Et le papa potentiel dans tout ça? …Et bien, je vous répondrai qu’il n’y a pas plus facile que de trouver un père. Un coup d’un soir ou un peu de sperme congelé et hops, le tour est joué. Enfin, c’est pas si simple mais il y a moyen. La vérité, c’est que je ne me sens pas les épaules pour ça. J’ai déjà bien assez souffert lorsque je me suis retrouvée seule et malade avec mon bonhomme (j’ai des bouffées d’angoisse rien que d’y penser).

Non, sans façon. La seule solution c’est que la chance me sourit dans pas trop longtemps et que soit, je rencontre le « prince charmant », soit, ma santé devienne excellente, tout à coup ou pas trop tard, soit je gagne au lotto (sans jouer, ça risque quand même d’être un peu compliqué), ou encore mieux, soit qu’il m’arrive les trois à la fois.

En tout cas, je ne désespère pas et comme le disait Lara (dont je ne suis pas fan et dont les interprétations me faisaient bien rire à une époque), il y a déjà pas mal d’années, maintenant: « j’y crois encore »…

 

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Avant de toucher le fond, il descend à reculons…

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N. et la piscine, ce n’est pas une grande histoire d’amour. C’est plutôt compliqué, en fait.

Quand il a su qu’il allait devoir aller à la natation en première primaire, il a paniqué. Tellement que lorsqu’on s’est rendus à Rome avec ma maman pour fêter ses 65 ans, il a jeté une pièce dans la fontaine de Trevi en faisant le vœu de ne pas devoir aller à la piscine avec sa classe en septembre. Il ne croit plus aux vœux qu’on fait depuis, c’est dire comment cette histoire l’a marqué.

Son père a bien essayé de l’inscrire à un cours près de chez lui en deuxième partie de troisième maternelle mais il n’y avait déjà plus de place. Il y est alors allé deux fois avec lui mais ça a été un massacre parce que là, où il l’a amené, il n’y avait qu’un grand bassin et que le petit n’avait pas pied.

Septembre a été un vrai cauchemar pour N., à cause (mais pas seulement), de la piscine. Dans sa classe, ils sont 25 et du coup, la monitrice n’a pas su quoi faire lorsqu’il n’a pas voulu faire les exercices. Elle l’a, simplement, laissé assis sur les marches de la piscine, les pieds dans l’eau. Sa prof de français l’a alors surveillé pendant toute la durée de l’activité.

Comme je voyais que la situation ne s’améliorait pas, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d’y aller avec lui  tout près de chez nous. Ce qui tombait bien parce qu’on habite tout près de la piscine à laquelle il va avec son école. Comme je m’y connais, malheureusement, très fort en peurs (je souffre de phobies en tous genres depuis mes 6 ans) et que, je connais bien mon fils et sa façon de fonctionner, je me suis dit qu’il n’y avait, au final, pas mieux placé que moi pour l’aider.

Nous nous y sommes donc rendus ensemble et avons procédé comme suit:

1) On s’assoit dans l’eau, sur les escaliers du bassin.

2) Cinq minutes s’écoulent et je décide de tirer mon fils vers l’intérieur. Il résiste mais je le rassure, je lui dis qu’il aura toujours pied et que maman est là pour le protéger. Il me suit en me tenant très fort les deux mains. On traverse la piscine. « Sur le chemin », il a déjà lâché une de mes mains.

3) Arrivés de l’autre côté du bassin, il se tient sur le rebord d’une main et tient ma main de l’autre. Je décide de le lâcher mais me rends compte à sa réaction horrifiée que c’est trop tôt. Une ou deux minutes passent et c’est lui qui me lâche sans s’en rendre compte. Je le lui fais remarquer et il sourit fièrement mais remet aussitôt ma main dans la sienne.

4) On se promène dans tout le bassin. On fait des allers et puis, des retours et encore des allers et à, un moment, il me lâche et me dit: « Maman, tu peux partir devant, je te suis ». Je suis tellement contente et fière de lui (et de moi, je l’avoue).

Une heure et demi en tout, ça nous aura pris. Une heure et demie, qu’est-ce que c’est dans une vie? Pas grand chose, n’est-ce pas?

Je ne vais pas vous mentir, à l’école, ça ne se passe pas très bien. Il rentre dans l’eau, il fait ce qu’il a à faire mais avec une monitrice qui travaille avec lui tout seul, ou avec lui et juste, un autre gamin. Il n’arrive pas à rejoindre le groupe.

Comment ça se fait si avec moi ça a été? Et bien, je pense qu’ils ne savent pas s’y prendre avec lui.  Comme pour le reste, ils lui mettent la pression. Mais de toute façon, je crois que « nager », ça n’est pas son truc (en tout cas pas pour le moment). J’y suis retournée avec lui et même si, avec moi, il n’a pas peur, j’ai bien vu qu’il n’était pas passionné. On s’est vite ennuyés. A l’école, dire qu’il n’aime pas, ça ne passe pas. C’est comme si ce n’était pas possible et que d’office si ça ne va pas, c’est parce qu’il a un gros souci.

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The Danish Girl de Tom Hooper

the-danish-girl-avisHello, hello,

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un film que j’ai adoré. Un film qui n’est pas nouveau mais qui n’est pas vieux non plus, puisqu’il date de 2015. Le film, c’est, vous l’avez vu dans le titre,  The Danish Girl de Tom Hooper.

Le pitch: The Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener (Alicia Vikander) et Lili Elbe (Eddie Redmaine), née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

Pourquoi, j’ai tant aimé? Et bien, déjà parce que je suis fan de l’acteur principal, à savoir Eddie Redmaine, que je trouve toujours très convaincant dans ses rôles (j’avais déjà, totalement accroché dans « My week with Marilyn » où il donnait la réplique à Michelle Williams). Il est magnifique en femme et j’ai trouvé son interprétation très juste. Alicia Vikander, qui joue sa femme Gerda, n’est pas en reste non plus . On croit vraiment à leur histoire d’amour et au mal-être de Lili emprisonné dans le corps d’un homme. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un chef d’œuvre mais c’est, en tout cas, l’un des films les plus beaux et les plus réussis, esthétiquement parlant, qui m’ait été donné de voir ces dernières années (et pourtant, j’en vois beaucoup).

Bref, je ne peux que vous le conseiller.

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La chaîne Le corps La maison L’esprit

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Salut, salut !

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une des rares chaînes youtube que je suis: Le corps La maison l’esprit (déjà en lien sur ma page « Ressources bonheur« ) de Laetitia Birbes.

Laetitia fait partie de ce que j’appelle la caste des « fleurs qui grandissent dans la crasse » (je n’ai pas inventé la formule, simplement traduite et adaptée de la chanson « Feo » du groupe espagnol Fito y Fitipaldis). Il n’y a rien de péjoratif là-dedans, mais bien tout le contraire. Par là, j’entends les personnes qui ont grandi dans des circonstances difficiles et qui du fait d’un super pouvoir de résilience (que j’admire) et de leur travail, réussissent à faire quelque chose de beau et d’utile de leurs vies (il va de soi que la vie n’est facile pour personne mais lorsque on naît dans la richesse et l’abondance, c’est toujours mieux pour démarrer).

Laetitia est une jeune femme qui se balade dans la vie et dans le monde à la recherche de personnes à interviewer sur le bonheur ainsi que d’initiatives, petites ou moyennes, destinées à rendre ce monde meilleur. Son but, c’est de partager et de rendre le tout accessible aux gens susceptibles d’être intéressés.

Elle est dans une démarche minimaliste, également, et respire la joie de vivre (ça fait du bien dans ce monde de bruts).

Et j’oubliais, elle a même publié un très joli livre dans lequel une question différente nous est posée chaque jour, pendant trois ans. En fait, il s’agit de répondre à la même question, le même jour du même mois, pendant trois ans, histoire de comparer et de se rendre compte du chemin parcouru.

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Voilà, il est évident que toutes les vidéos ne me plaisent pas et que je ne suis pas d’accord avec tout mais je trouve sa démarche intéressante, positive et je voulais la partager avec vous (ce n’est pas un article sponsorisé, quoi).

Ah oui, sinon, elle a aussi une autre chaîne où elle lit des livres aux enfants.

Voilà, c’est tout pour le moment. Bonne journée à tous.

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Lent ou perfectionniste? Désolée, mais c’est pas pareil !

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Lundi, réunion avec les maîtresses de mon gamin. Autant dire que je suis hyper nerveuse parce que je ne les aime pas et que l’école et moi, ça fait au moins deux.

Cette réunion, elles nous y ont convoqués, son papa et moi, suite à notre « mot » sur l’étiquette de « lent » qu’elles ont collées à notre garçon et que nous trouvons totalement injustifiée et déplacée. Elles n’ont pas apprécié, je crois et on donc voulu nous voir. De notre côté, nous voulions nous entretenir avec elles au sujet de quelque chose que N. nous a avoué et qui nous a choqué, à savoir que sa maîtresse de néerlandais lui a tiré les cheveux, un peu avant le congé de Toussaint.

Très vite pendant ladite réunion, je me rends compte qu’il n’y a pas de dialogue entre nous. Elles nous entendent mais n’écoutent pas ce qu’on leur dit. Elles ont déjà leur opinion et il n’y a pas de risque qu’elles en changent. En fait, j’avais déjà remarqué cette tendance et ce manque d’ouverture par le passé. Elles font comme elles ont envie, sans nous consulter, ont toujours raison et tant pis, si on n’est pas content.

Selon elles, N. a les capacités mais  a besoin de temps, de beaucoup trop de temps. N. ne suit pas le rythme de l’immersion. N. n’est pas assez autonome et débrouillard pour le rythme de l’immersion. Elles doivent le garder parfois plus longtemps pendant les pauses pour qu’il ait le temps de terminer ses exercices .  Elles doivent lui consacrer plus de temps qu’aux autres pour lui expliquer les choses. N. joue tout seul et pire, parle tout seul (je n’y crois pas une seconde) pendant la récré mais N. n’est pas malheureux pour autant. N. est bien intégré, malgré tout. Les autres enfants l’aime bien, il fait partie du groupe. N est un gentil.

Je trouve sa titulaire (prof en français) d’une suffisance sans limites (la prof en néerlandais ouvre à peine la bouche, si ce n’est, de temps à autre, pour appuyer les dires de sa collègue) . Elle semble convaincue de mieux connaître notre enfant que nous, ses parents, avance même qu’elle pense que nous, ses parents, semblons douter de l’intelligence de notre enfant et que tout ce qu’elle dit est parole d’évangile. Je suis assez vite écœurée.

Elle taxe notre enfant de …mais ne propose aucune solution et je le lui fais remarquer… Elle m’offre alors de continuer à le suivre comme elle fait, en lui laissant plus de temps, en s’en occupant plus…et je dis non, parce que pour moi, c’est le mettre en évidence devant ses camarades et lui mettre davantage de pression (on parle d’un enfant de première primaire)…Elle ne comprend pas ma réaction…Je vois, à sa réponse, qu’elle est obsédée par la performance…Moi, c’est par le bien-être de mon fils que je le suis…et elle me fait peur…

Je creuse parce que je ne crois pas à sa version des faits. Je ne suis pas d’accord avec son point de vue. N. à l’école et N. à la maison = deux enfants qui semblent n’avoir rien à voir l’un avec l’autre. Je reconnais qu’il est différent de ses pairs, qu’il n’a pas, forcément, les mêmes centres d’intérêt et qu’il a du mal à communiquer avec eux mais il est loin de celui qu’elles décrivent. N. comprend vite et fait ses devoirs à un rythme « normal ». N. est introverti et solitaire, oui, car il est dans la qualité, plus que dans la quantité des relations et qu’il sent les gens. Il a besoin de temps avant de donner sa confiance. Il se lance à petit pas. N. est plus autonome que certains et moins autonome que d’autres mais il est dans la norme de « l’autonomie » propre de son âge. Il n’a jamais que 5 ans et 11 mois, nom d’une pipe !

Je creuse encore et je finis par découvrir que sa lenteur vient de son perfectionnisme, du fait que N. barre tout dès qu’il n’est pas content et recommence, et recommence, sans fin; qu’il veut toujours que tout soit parfait Il n’est pas lent, c’est ce mode de fonctionnement qui le ralentit. Ce n’est pas bon. Il ne supporte pas l’échec et il faut l’aider, le convaincre du fait qu’il a le droit de se tromper…En mon sens, c’est ça qui aurait du les alerter. Elles auraient du nous contacter pour qu’on trouve ensemble pourquoi il est comme ça et éviter le raccourci. Leur façon d’agir n’est, donc, pas appropriée. Elles lui mettent la pression (j’insiste) en agissant comme elles le font.

Concernant le tirage de cheveux, il va de soi que la prof a nié…Il va de soi que la titulaire s’est ralliée du côté de sa collègue. Sans aucune preuve. Le menteur serait donc mon fils. Moi, je crois mon fils. Il nous a donné trop de détails pour que ce ne soit pas vrai. Et en plus, pourquoi, il irait mentir sur une chose pareille ?

Conclusion: notre intention est de le changer d’école à la fin de l’année scolaire . Son père et moi n’avons plus confiance et je pense que je ne tiendrais pas le coup s’il faut le laisser là plus longtemps. N., quant à lui, est malheureux à l’école et est pressé de pouvoir en changer.

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Mon homard, c’est tout.

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Entrehttps://www.pinterest.com/larondamartin52/first-lady-michelle-obama-president-barack-obama/r une légende

Il y a quelques jours, une amie, qui croit que je suis célibataire depuis plus longtemps que je ne le suis en réalité (je ne lui ai pas parlé de ma dernière histoire pourrie-à-crever, tellement je suis dans l’incapacité de l’assumer), m’a dit sur un ton mi-interrogatif, mi-affirmatif, « toi, tu ne cherches pas vraiment, d’homme, non…(?).

A ce moment-là, j’ai du bafouiller, un truc, sans queue ni tête, pour réponse parce que je n’avais pas, sérieusement, réfléchi à la question.

Je suis mère célibataire depuis bientôt cinq ans, vous voyez et depuis, je n’ai eu que des histoires bancales, malsaines ou pathétiques. Je ne sais pas vraiment dire pourquoi. Est-ce à cause de ma situation de maman-solo-en-pas-bonne-santé? A cause de mon passé et de ce que mon comportement actuel en reflète encore? Serait-ce du au fait que n’ayant rien connu de bon en amour, je n’ai pas de point de comparaison positif sur lequel me baser ? Je ne sais pas. Je sais juste que je ne trouve pas chaussure à mon pied. Pas quelqu’un de fiable, de droit et d’honnête et qui m’aime, véritablement, en tout cas.

Par conséquent, la seule réponse que je suis en mesure d’apporter , c’est celle que mes tripes me hurlent, à savoir que OUI, je veux un homme, trouver l’amour (je ne me suis jamais vue finir seule) mais pas à n’importe quel prix. Je refuse de tout supporter et je préfère être seule que mal accompagnée. Même si ce n’est pas facile et que parfois (très fort à certaines périodes), je sens le poids de la solitude. Je ne serais, jamais, de celle qui a quelqu’un pour avoir quelqu’un. Pour un soir, ok, mais pour plus longtemps, c’est impossible, vu ma personnalité et ma façon de fonctionner. Je me sentirais à l’étroit, prête à exploser et surtout, malhonnête. Et puis, je ne suis pas toute seule; j’ai un enfant et je ne veux pas l’exposer à n’importe quoi, n’importe qui. Je veux être sûre, autant que faire se peut, le jour où je lui présenterai l’homme nouveau.

C’est mon homard que je vise, en fait. Ni plus ni moins, et ça c’est pas à n’importe quel coin de rue que je pourrais le trouver. Ou si? En fait, on ne sait pas mais l’envie est là et les pièces, dans la fontaine, sont jetées.

 

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Luna November #2: sexe et alcool ?


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Alors c’était donc ça ton plan ? Tu dois être sacrément désespéré…Me saouler pour arriver à tes fins ? Qui l’eut cru? Je suis un peu éméchée mais pas assez bourrée pour ne pas être consciente de …et puis, même saoule, ma tête lâche rarement prise…En plus, je trouve ça, comment dire, un peu beurk et trop cliché. Je marche pas.                                                                                                                                                              Enfin…laisse moi réfléchir. D’un côté, j’ai envie de partir loin, très loin. De l’autre, je suis tellement en manque, que je serais prête à le faire avec un poteau. 

« ça fait combien de temps que t’as pas baisé? »

« Août-septembre, par là. Non mais de toute façon, laisse-tomber, une fois que je couche, je commence à tout mélanger »

« Comment ça ? »

« Je vais être honnête. A la base, tu m’intrigues. Toi ou ton monde, je sais pas, mais tu ne me plais pas. On est très différent. Je sais pas bien ce qu’on ferait ensemble. »

« Un jour à la fois, stp »

« Le problème, c’est que moi je sais pas penser comme ça et puis, j’ai un certain âge, un certain niveau d’expérience, je commence à peu près à me connaître et je sais ce que je veux»

« Laisse-toi vivre, Luna. Allé viens. »

« Ok, on va dans ton lit mais ne t’étonnes pas lorsque demain matin, je serai de hyper mauvais poil »

« Pourquoi tu serais de mauvais poil ? »

« Parce que c’est ce qui m’arrive lorsque je couche avec quelqu’un qui ne me plaît pas »

« Bon ok, casse-toi alors. On aurait pu être des amis qui couchent »

« ça marche pas ce genre de plan »

« Si, avec moi, ça marche »

« Ah ouais, donc là, ce que t’essayes de dire c’est que t’as plusieurs plans cul »

« Non, je n’en ai plus aucun mais j’en ai eu et ça c’est toujours bien passé »

« Oui, je sais pas. J’ai envie d’autre chose aujourd’hui »

« De quoi ? »

« De construire »

« Moi aussi »

« Oui, mais ensemble, tu sais bien que ça le fera pas »

« Pourquoi ça ? »

« Ne me dis pas que tu t’attends à ce qu’il se passe quelque chose de beau et de long et de durable entre nous? Tu te moques de moi ou quoi?  »

« Je ne sais pas, je n’y avais jamais réfléchi mais je n’ai jamais écarté cette possibilité »

« Écoute, je vais y aller »

« Mais comment tu vas rentrer ? Il est hyper tard.

« Je trouverai un moyen. Y’a encore des trams »

« Je sais. J’essayai de te faire rester »

« Je sais, mais je pars »

« Ok, va-t-en ! »

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HP moi?

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Je ne sais pas si je suis surdouée dans la mesure où je n’ai pas été testée faute de moyens financiers mais il est vrai que je me pose la question et si je me la pose que c’est à cause de toutes ces caractéristiques:

J’ai appris les jours de la semaine à 2 ans, sans effort. A écrire à 3, à lire et à calculer à 4, presque seule. C’était comme si je faisais une photo, comme si je savais déjà quelque part.

Je ressens tout très fort. Le bon, comme le mauvais. Je sens très fort les gens et me trompe rarement sur leur compte. D’ailleurs, on vient souvent me dire, après coup, que j’avais raison sur telle ou telle personne ou situation. Je suis hypersensible quoi.

Je vis avec un sentiment de décalage permanent par rapport à la plupart des gens. Mes idées, mes pensées différent très souvent. D’où un grand sentiment de solitude.

Je me mets trop à la place des autres et ressent ce qu’ils ressentent.

Je suis très sensible aux différents stimuli, comme la lumière ou la musique dans les magasins.

Je ne supporte pas l’injustice.

Je repère toutes les incohérences et j’ai du mal à m’y faire, tellement je trouve qu’il serait facile d’améliorer une situation.

J’ai une mémoire très détaillée. Surtout des choses du passé parce qu’à l’heure actuelle, j’ai un problème de santé qui abime ma mémoire.

J’ai un esprit critique très vivace.

J’éprouve une grande colère ou frustration à certains moments.

Je vois trop les avantages et désavantages de chaque situation, ce qui fait que je ne sais pas si j’ai tendance à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide.

Je souffre d’une extrême lucidité. Sur moi, les autres, la vie.

Je suis anticonformiste.

J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses tout le temps car je fais vite le tour d’un sujet.

Chez moi, l’ennui se transforme en angoisse.

J’ai un humour qui peut désarçonner . J’adore les jeux de mots.

J’ai une grande capacité d’émerveillement.

J’ai fait une obsession sur le sens de la vie pendant une très longue période (encore un peu mais moins).

Je sens que j’ai une mission particulière à accomplir dans cette vie. En fait, que chacun de nous en a une et qu’on passe à côté de notre vie si on ne l’accomplit pas.

Je mets un temps dingue à lire ou à écouter un message si je sens que l’issue risque d’être négative.

J’ai, parfois, l’impression d’avoir des prémonitions.

Je doute tout le temps.

Voilà pour les caractéristiques que j’ ai repérés. Maintenant, je sais que je n’aurais la réponse à mon interrogation que le jour où je passerai le test. Ce qui n’est pas prévu pour un futur proche.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait penser que vous pourriez l’être?

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Luna November #1: comme le jour et la nuit

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Ils se rencontrent par hasard. Enfin pas tellement. Ils sont invités à la même soirée chez l’ami de l’ami d’un ami. Étrangement, ils sympathisent. Je dis, étrangement, parce qu’, à première vue, ils n’ont pas grand chose en commun.

Elle est plutôt classe. Jolie robe cintrée, talons. Lui, c’est plutôt, jean troué, docks qu’il doit porter depuis l’adolescence.

Elle aime la ville et lui, vivre à la campagne avec ses poules. Et pourtant, en les regardant de loin, on se dit que ça a l’air de coller entre eux. Sauf que Luna, elle, elle a déjà compris que leur histoire, s’il devait y en avoir une, est impossible. Ses amis disent qu’elle est pessimiste, elle, elle est plutôt d’avis que ce dont elle souffre c’est d’une extrême lucidité. Elle voit tout, tout de suite et c’est vrai, ça l’empêche de rêver. Rien qu’en parlant un peu, elle sait déjà que leurs idéaux, leurs projets, leurs philosophies de vie respectives sont aux antipodes l’une de l’autre.

A la fin de la soirée, ils échangent quand même leurs numéros. Comme ça, parce qu’on ne sait jamais après tout.

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Lia avril: le premier verre

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Tu me plais ? Oui, tu me plais ! Tu me plais ? Oui ! Oui ! Oui ! et j’aime pas ça. Parce que tu me fais peur quand tu me parles de comment tu traites ma gente. Parce que t’as l’air d’avoir un harem ou un club de fans, exclusivement, féminin. Parce que tu m’as dit que tu sortais avec des femmes qui te plaisaient pas «  tout à fait ». Ok, moi aussi, ça m’arrive de sortir avec des mecs qui me plaisent pas complètement, mais je le garde pour moi.

Et moi, est-ce que je te plais, d’ailleurs? Vraiment ou rien qu’un peu ? Estce que c’est un hobby chez toi de draguer les filles?

Peut-être que t’es juste inconscient et que tu le fais pas exprès. Est-ce que tu vas me jeter au bout de 15 jours en étant choqué par ma probable réaction outrée lorsque tu me diras que tu m’avais rien promis?

Et puis, c’est pas le bon timing. Je te l’ai déjà dit. Je me casse bientôt et j’ai cet événement non-désiré mais peut-être salutaire qui va arriver.

En fait, tu sais pourquoi je suis aussi hésitante? Parce qu’avec toi, je veux pas un truc bref et nul…Tu me plais et je veux quelque chose de lent, de vrai, d’un truc qui se construit avec le temps. Même si au final, on va nulle part. J’ai pas d’exigences. Je veux juste voir où ça peut nous mener. Mais pour ça, faut que tu sois fidèle et honnête. A 100%.

Je suis désolée d’insister mais c’est juste que je veux pas que tu te foutes de ma gueule, tu comprends. J’en ai marre de croire à des choses qui n’arrivent que dans ma tête. Si pour toi, c’est juste un truc de passage, une histoire sans lendemain, quelque chose qui t’arrive tous les mois, tu me le dis et on en reste là. Y’a pas de lézard. Mais n’essaye pas de me faire croire des choses qui ne sont pas vraies. N’éveille pas mon amour sans avoir l’intention de m’aimer. C’est tout ce que je te demande.

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Lena Mars: la désillusion

 

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Ton message : « Tu me prends comme ça ou tu me prends pas ».. Moi, je pouvais pas. Je pouvais pas accepter tes retards, tes lapins, ta violence quand tu me faisais l’amour.

Cinq mois sont passés et pourtant, j’arrive toujours pas à t’oublier, à te sortir de ma tête.
Peut-être que si je rencontrais quelqu’un ?
Je n’en ai pas eu envie jusque-là. J’ai juste gardé l’autre sous le coude pour me consoler… Je l’ai utilisé, un peu, juste un peu car il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte qu’il ne me plaisait pas, qu’il ne m’attirait même plus.

J’ai bien compris que tu n’es pas pour moi. Tu me rappelles trop mon passé. Ces gens que je crevais d’envie de voir là, pour moi, tout le temps dans ma vie et qui ne venaient et revenaient que quand ça les chantait ou quand j’allais les chercher. J’ai plus d’énergie pour recommencer ça. C’est peut-être l’âge. Je ne sais pas. Je sens que je mérite autre chose, quelque chose de mieux, de plus simple, de plus vrai. En tout cas, pas ça, pas comme ça. Tu resteras une « épine gravée dans mon cœur de non-artichaut ». I guess. Un type avec qui je commençais à envisager un potentiel quelque chose dans l’avenir.

J’apprendrais à vivre avec. Bien sûr. Je rencontrerai quelqu’un d’autre et tu resteras tapi dans un coin, forever and ever. Je t’oublierai pas. Faut pas se leurrer. J’arrive pas à oublier les gens que j’ai aimés.

T’es étonné parce que je te dis que je t’aime ? C’est vrai et ça fait mal. Je tombe toujours amoureuse du même type de mec. Super charmant au début, distant et froid à la longue. Toi, j’ai décidé que tu serais le dernier, que j’allais me prendre en main, essayer de comprendre pourquoi je fonctionne comme ça. Et j’ai trouvé…Mais c’est difficile de ne pas retomber dans ses vieux travers. De faire face à ses démons. Et de construire du mieux, du beau, quand on ne sait pas ce que c’est.

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Parce que #metoo

harcèlement petite fille

J’ai 6,5 ans. Je suis en première primaire. Je sais lire, écrire et compter. Je n’ai rien à faire en première primaire. Pourtant, on m’y laisse et le harcèlement commence.

Je suis joyeuse et naïve et je préfère la compagnie des garçons. Je m’entends mieux avec eux. Nos rapports sont plus naturels et j’ai confiance (je n’ai aucune raison de ne pas avoir confiance. Nous ne sommes que de jeunes enfants, après tout).

Un jour de janvier, l’un d’entre eux m’attire dans un coin de la cour et d’autres nous suivent. Pour m’embrasser, me toucher, me peloter. Je me débats, je ne veux pas de tout ça. Je le rappelle, nous avons 6 ans à peine lorsque ça commence, 7 lorsque ça se termine.

Le jour où je réussis à m’extirper de leurs griffes, je cours chez la maîtresse et en me voyant aussi apeurée, elle me demande ce qu’il s’est passé. Je ne veux pas lui raconter. Je suis submergée par un sentiment de … honte. Honte de quoi ? Je ne sais pas, je n’ai rien fait de mal. Le pire c’est que lorsque aujourd’hui, je me rappelle ces faits, le même sentiment m’envahit et je ne sais pas plus expliquer pourquoi. L’éducation que j’ai reçu en tant que fille y est sans doute pour quelque chose mais dans quelle mesure, je ne sais pas.

Pendant des mois, ces garçons dont je ne me souviens ni du visage, ni du prénom, ni du nombre ont joué le même jeu. Pendant des mois, je n’ai rien vu venir. Pendant des mois, les profs n’ont rien remarqué. Moi qui pensait qu’elles étaient là pour surveiller, je me suis bien gourée. Papoter entre elles, c’est ce qu’elles faisaient la plupart du temps. Ah oui, et crier, parce que ça, elles aimaient bien.

Mes souvenirs sont vagues, faut pas croire car 30 années sont passées et que j’ai oublié, refoulé pendant longtemps. Mon premier flash des agressions, puisque oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, je l’ai eu à 19 ans, lorsque ce joli garçon métisse (moitié réunionnais-moitié espagnol, olala) par lequel j’étais attiré a essayé de m’embrasser et que je l’ai repoussé violemment. Pourtant, j’étais déjà sortie avec quelqu’un. Je n’étais pas très expérimentée, certes, mais ce n’était pas la première fois. Je n’ai pas compris pourquoi sa « tentative d’embrassade » a fait remonter ses souvenirs. Peut-être était-ce du à son insistance ou l’impression que même si j’en avais envie, quelque part, je me sentais forcée. Ce jour-là, j’ai compris pourquoi mes rapports avec les garçons étaient devenus si compliqués. Parce que oui, entre temps, ils l’étaient devenus et un sentiment de méfiance m’accompagnait depuis des années, sans savoir pourquoi.

Est-ce que j’en ai parlé ? Non ou peut-être à ma meilleure amie de l’époque mais alors brièvement. J’avais tellement honte, n’est-ce-pas ?

Ce n’est qu’à l’aube de ma 35ème année que, finalement, j’ai osé m’ouvrir sur le sujet. D’abord à ma mère. Puis, à ma psy. Ou inversement, je ne sais plus. Toujours persécutée par cette honte mais quand même, en me disant que si ça revenait à ma mémoire de temps à autre, c’est que ça devait avoir son importance.

La semaine passée, j’ai vu un film sur le harcèlement sexuel en entreprise et j’ai pris conscience du fait que c’était, exactement, ça que j’avais subi à six ans. Six ans, j’ai encore du mal à l’envisager, même si c’est à moi que c’est arrivé.

Ensuite, il y a eu les accusations contre ce producteur, les langues qui se sont déliées et j’ai compris que je n’étais pas seule, que presque toutes ou en tout cas, on était des millions (milliards?) à avoir subi ce genre de choses et/ou pire encore. Mon malaise n’a pas disparu mais je me suis, enfin, sentie le droit d’en parler. Voilà, pourquoi, je le fais ici et maintenant.

Celle-ci est mon histoire la plus dramatique sur le sujet, mais, comme la plupart des filles/femmes, j’en ai subi bien d’autres, moins graves et auxquelles je ne ferais pas allusion (parce qu’autrement, on en finirait jamais).

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Plus vite, plus vite, tu es lent comme un escargot …

Je lui ai parlé. Je lui ai dit qu’il y avait des fautes, que la prof allait barrer des trucs. Il a dit ok. On a convenu que c’était comme ça qu’on apprenait, en faisant des erreurs. Alors il s’est calmé.
On s’en fout (passer moi l’expression mais c’est une mère en colère qui parle) si ça leur troue le cul qu’il se trompe, on s’en fout si elles le trouvent lent.
C’est pas lui qui est lent, c’est le système qui est anormalement, infernalement rapide. Je veux pas de ce système pour mon fils.
« Nadie nace aprendido » qu’on dit dans mon pays (d’origine). « Personne ne nait en sachant », quoi. Sinon, ça sert à quoi l’école?
Lui, il sait pas et il apprend. Si ça les fait chier (je suis vulgaire, aujourd’hui), tant pis pour elles. Si elles le font redoubler, tant pis. C’est débile mais tant pis.
On va pas se rendre malade pour ça. L’avenir, c’est pas aujourd’hui. Le futur, c’est le futur et moi, je préfère l’y préparer en faisant en sorte qu’il soit heureux au présent.

Mon fils va dans la même école depuis le début de sa scolarité. Il est en immersion néerlandais-français depuis sa 3ème maternelle et ça ne se passe pas bien. Cela ne se passe pas bien car avant même d’avoir commencé, il a été catalogué et que les maîtresses restent campées sur leurs positions. Le petit a beau progressé dans tous les domaines et faire tout et n’importe quoi, ce n’est jamais bon.

Depuis le début de sa première primaire en septembre, elles n’ont cessé de nous harceler à coup de petits « mots doux » sur ses travaux. Elles insistent sur une lenteur imaginée, sur une autonomie impossible à avoir à son âge. En conséquence, nous leur avons écrit un mot à notre tour, où nous leur demandons de cesser cet acharnement et nous avons lâché prise.

Nous veillerons à ce que l’année scolaire se passe au mieux mais ce sera la dernière au sein de cette école. . Ce sera dur d’en trouver une bonne, qui s’adapte à notre façon de vivre et de voir la vie mais j’ai la foi. Nous y arriverons.

 

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Gifted

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Synopsis : Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques.

Avis: J’ai aimé le film mais cette focalisation (encore!) sur les maths m’a, passablement, énervée. Je crois que c’est, fortement, à cause de cette confusion entretenue, depuis-on-ne sait-quand, que la plupart des gens ont une conception, totalement, faussée de ce que la douance représente.

J’ai trouvé la partie sur l’injustice très bien développée. On nous montre au travers d’un exemple frappant (c’est le cas de le dire) que Mary ne la supporte pas. Pareil pour le mensonge, tout à fait, inconcevable à ses yeux.

J’ai adoré certaines remarques de son oncle « J’ai peur de gâcher sa vie en voulant lui faire vivre une vie normale mais je ne veux, surtout, pas qu’elle finisse comme sa mère », alias sa sœur.

J’ai aussi trouvé super intéressante la scène où il se fâche parce qu’elle n’a pas respecté leur contrat de ne revenir que samedi midi, après avoir dormi chez la voisine. Le vendredi soir, c’est le seul moment de la semaine où il quitte temporairement son rôle de tuteur. Le seul soir où il déconnecte. Moment qui nous rappelle notre statut d’humain. Le message:  « Je t’aime mais la situation est compliquée et sans ces moments à moi, je n’y arrive pas ».

Enfin, ce film nous montre que « génies » ou pas, les enfants restent des enfants et qu’ils ont besoin d’une vie adaptée à leur âge. Ce n’est pas parce qu’un enfant aime apprendre et étudier qu’il se réduit à ça. Un enfant a des besoins d’enfants. Point barre.

Dommage donc pour la focalisation, ô combien, erronée sur les maths.

Note: 8/10

Autre chouette film sur le sujet: Carrie Pilby

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Mon témoignage pour Vie et Cancer

Élisa, tu as été soignée pour une leucémie à l’âge de 11 ans, te rappelles-tu l’annonce du diagnostic ? Comment cela s’est-il passé ?

Quand on me l’a annoncé, j’étais à l’hôpital depuis une semaine. Une semaine pendant laquelle, on m’a fait subir des tests et examens en tous genres. J’avais entendu filtrer des informations, mais aucun diagnostic clair ne m’avait été donné et moi, même si je me doutais de ce que je pouvais avoir, je continuais à espérer.

C’est la remplaçante de mon médecin (hospitalisée pour un accident, à l’époque) qui me l’a annoncée. Je me souviens que j’étais dans mon lit, j’avais très mal au dos à cause d’une ponction lombaire que j’avais subie quelques jours plus tôt et  je ne pouvais me lever qu’avec difficulté. Elle me l’a dit et de ma bouche, une question et un cri sont sortis. La question ? Est-ce que je vais mourir. Mon cri : je ne veux pas qu’on m’arrache mes cheveux. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça, je savais, pourtant, que personne n’allait venir m’arracher les cheveux.

Durant tes traitements à l’hôpital, tu as expérimenté des rencontres douloureuses, mais aussi heureuses, avec le personnel soignant. Avec le recul, quels conseils donnerais-tu aux hôpitaux pour accompagner au mieux les petits, et leurs parents ?

Je ne sais pas comment se passent les choses aujourd’hui, je ne sais pas si c’était, partout, pareil… Je sais juste qu’on en demandait trop à la préadolescente que j’étais. Je devais être forte, ne pas râler, ne pas pleurer, me laisser faire lorsqu’on me piquait 9 fois, pour me poser un baxter, alors que mes veines étaient en très mauvais état et je ne pouvais pas. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir été traitée comme une enfant de 11 ans. Je n’ai, parfois, pas l’impression d’avoir été traitée comme un être humain tout court et ces (mauvais) traitements ont laissé des traces.

Mon conseil serait, donc, de bien prendre conscience qu’une personne malade est toujours plus vulnérable et qu’un enfant, peu importe son âge, est vulnérable par définition. Un enfant a le droit de dire qu’il a mal, d’être réconforté, soutenu, écouté, entendu, pris en considération. Nous ne sommes pas, seulement, des organes, un ensemble de symptômes. Je trouve qu’il y a encore beaucoup de boulot à faire de côté là.

En ce qui concerne les parents et les frères et sœurs, je pense qu’il est important de montrer un minimum d’empathie à leur égard ; d’essayer, un tant soit peu, de se mettre à leur place et  se montrer disponible, face à leur désarroi.  Répondre à leurs questions et interrogations quant aux traitements et aux conséquences.

Comment as-tu grandi en laissant la maladie derrière toi ?

Avant la leucémie, j’étais une petite fille joyeuse, espiègle, drôle, qui n’avait peur de rien. La maladie m’a fait perdre ma joie de vivre et m’a accompagnée pendant une très longue période, bien après mon traitement, bien après les « cinq ans ».  Pendant très longtemps, je me suis sentie, à la fois, différente, honteuse, faible, invincible du fait d’avoir survécu et, paradoxalement, coupable d’avoir survécu alors que tant d’autres qui-s’étaient-montrés-plus-forts  étaient mort(e)s, eux (elles),.  Les mots « sang » ou « cancer » ne pouvaient être prononcés devant moi sans que j’en ressente un grand malaise. A 27 ans, j’ai appris que j’avais souffert d’un stress post-traumatique non diagnostiqué et encore moins pris en charge.

 Quand as-tu pu parler ouvertement des souffrances vécues ?

J’ai commencé à en parler, ouvertement, vers 28 ans, je dirais. Le diagnostic de stress post-traumatique a débloqué pas mal de choses et j’ai arrêté d’avoir honte. Évidemment, ce n’est pas un sujet qu’on peut placer dans toutes les conversations, mais avec les années, c’est devenu assez facile pour moi d’en parler et de me sentir légitime lorsque je dis que j’ai presque subi ce que je considère comme de mauvais traitements par le personnel soignant de l’hôpital où j’ai été prise en charge.

 Comment aurais-tu souhaité être accompagnée dans « l’après » ? 

J’aurais aimé que l’accompagnement dans « l’après » fasse partie intégrante du traitement, qu’il soit considéré comme normal et pas comme un extra ou pire, un luxe.  Mon enfance s’est terminée, abruptement, le 27 novembre 1992. J’ai été déscolarisée pendant près d’un an et lorsque je suis retournée à l’école, chauve, faible et déformée, on s’attendait à ce que je reprenne ma place là où je l’avais laissée, mais ce n’était pas possible. Je n’avais pas vécu la même chose que les autres préadolescents de mon âge.

J’aurais aimé avoir une personne ressource qui m’accueille comme j’étais, qui me dise qu’il était normal que j’ai peur, que j’avais le droit d’avoir mal,  que j’avais le droit de montrer que j’avais mal, de pleurer, de ne pas aller bien. J’aurais eu besoin de quelqu’un qui réponde à mes questions sur la vie et la mort et sur le sens de la vie. J’aurais aussi aimé reprendre l’école, à temps-partiel, d’abord, le temps de m’habituer et  aussi un peu plus de compréhension  de la part du corps enseignant et un meilleur accueil de la part des élèves. Je n’ai rien eu de tout ça.  C’était vraiment du « oublie et avance » et moi, je ne pouvais pas, j’étais comme « figée «  dans ma tête.

Souvent, j’entends dire par des personnes adultes que le cancer les a sauvées ou que de voir la mort en face leur a appris à mieux profiter de la vie. Je pense que ce genre de façon d’appréhender les choses fonctionne pour les adultes à la personnalité formée, mais pas pour des  adolescents (quasi, dans mon cas) qui se posent déjà beaucoup de questions et qui doivent être guidés pour se construire. Il s’agit déjà d’une étape délicate quand tout va bien alors quand la maladie s’immisce …

 Aujourd’hui, qu’est-ce qui te fait le plus de bien ?

Mon fils de 4 ans que je considère comme mon miracle étant donné qu’avec mon traitement chimio, il n’était pas du tout sûr que je puisse devenir mère.

Voyager, lire, écrire, danser, passer du temps avec les gens que j’aime, rencontrer de nouvelles personnes, échanger dans les langues que je connais (français-espagnol-anglais-italien), apprendre.

Plus d’infos sur vie et cancer, c’est par ici:

http://vieetcancer.be/

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Etre atypique

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J’aime ne pas être comme les autres. Voilà, c’est dit. Être différent, ça dérange. Aimer l’être, je n’ose imaginer. Mais tant pis, j’assume et je le clame haut et fort.

Par le passé, j’ai subi des remarques du style: « tu fais toujours exprès de te démarquer »…mais la vérité, c’est que c’était inconscient et que ça l’est, sans doute, encore aujourd’hui.

Des événements et une particularité de fonctionnement m’ont conduite à le devenir. Et puis, si je n’ai pas les mêmes goûts que les autres, je ne vois pas où est le problème.

Pendant les vacances, j’ai été heureuse de faire un road-trip en Allemagne et en Autriche (avec mon fils et mon ex !) plutôt que d’aller en France, en Espagne et de « retourner chez moi », comme la plupart des gens que je connais. Sur la route, j’ai aimé me retrouver au milieu de voitures avec des plaques suisses, bulgares, tchèques, autrichiennes, croates. Je me suis sentie à ma place. De toute façon, je ne comprends pas pourquoi on cherche toujours à opposer les choses. Je n’ai rien contre les gens qui vont à Marbella ou dans les Cévennes, mais ça ne me fait pas rêver. C’est tout.

Je n’aime pas les étiquettes, parce que les étiquettes (qui deviennent de plus en plus grandes au fur et à mesure que la qualité du tissu diminue), c’est pour les vêtements. Personne (à moins d’être un assassin ou un politicien corrompu jusqu’à la moelle) ne devrait  avoir honte de ce qu’il est.

En fait, à travers ce modeste blog, c’est simple, je voudrais transmettre l’idée qu’être différent de la plupart des gens n’est pas quelque chose de mauvais. Ce n’est pas quelque chose de négatif. Ce n’est pas mieux ni pire, c’est juste différent et il ne faudrait pas le voir autrement.

En plus, je crois qu’on est de plus en plus nombreux à ne pas se retrouver dans la masse. Alors?

Voilà, c’est tout. Bienvenue dans mon univers.