Quand loisir ne rime plus avec plaisir

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J’arrête. J’en peux plus. J’en ai marre. J’ai fait le tour.

Ce n’est pas ce que je croyais. Il y a erreur sur le contenu.

On nous avait vendus de la bienveillance, du non-jugement et c’est faux.

Pourtant, ça avait bien commencé .

J’y avais cru, je m’étais lâchée et ça avait donné de belles choses, je crois.

De l’humour, beaucoup, parce qu’il y a ça en moi.

Et puis, il y a eu cette remarque, ce « Laisse-là se démarquer, elle qui aime tellement ça »

Choquée, j’en ai été. C’était du « je prône une chose et je fais le contraire ».

Je n’aime pas, je ne sais pas gérer.

Mais j’ai été paralysée et j’ai laissé passer parce que je me disais que ce n’était que 2h30 de temps en temps et puis, le plus important: que j’apprenais des choses.

J’ai cru oublier et j’ai continué. Sauf que la retenue s’est installée en moi. Sauf qu’au fil du temps, je trouvais de moins en moins de cohérence à ces soirées. Des consignes avec un lien qui ne se fait pas, du flou, et un projet global qui ne me dit plus rien. Je me suis perdue.

La goutte, ça a été ce « je n’ai rien compris à ton texte »…Comme si j’avais écrit du chinois. Non, ce n’était pas le meilleur mais tout le monde savait de quoi je parlais. Je n’avais pas eu le temps (je suis de plus en plus lente), avais voulu explorer de nouveaux horizons, changer de registre, utiliser de nouveaux mots. C’était bâclé mais ce n’était pas inintelligible. Et puis, surtout, ce n’était pas grave.

On me dit que je suis trop dure avec moi-même et c’est vrai. Que j’ai un don et que je ne l’accepte pas, qui sait. Le hic, c’est qu’en même temps, on me fait passer le message contraire. Je ne comprends pas. Je ressens de la pression, une ambivalence, et ces maladresses, si elles en sont, je n’y arrive plus. Paradoxe? Jugement? je n’ai plus envie de savoir.

Un loisir, ça doit être léger et là, ça ne l’est plus, alors je préfère tirer ma révérence et aller voir, le cas échéant, si l’herbe est plus verte à un autre endroit.

Je vous quitte. Au revoir.

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Les états d’esprit du vendredi 12 avril 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 12 avril 2019  – [9:29]

fatigue : pas encore réveillée
estomac : petit dèj
cond. phys. : douleurs beaucoup plus supportables
esprit : en vacances
boulot/projet : encore deux pas de plus

Avis: les gens qui pètent des câbles dans la rue ou les transports me donnent de plus en plus envie de m’expatrier au Costa Rica

culture : Cuéntame cómo pasó, La caza. Monte perdido (ça devient bien), Grey’s anatomy, Pupille (émouvant, je vous le conseille), Dumbo (parfait avec des enfants mais c’est pas le meilleur Tim Burton, on va dire), Little Corgy (perso, j’ai vraiment trouvé que ce n’était pas un film si adapté que ça aux enfants et que certains dialogues étaient, clairement, déplacés), Vernon Subutex (jusque-là, je préfère 1000x la version livre), …

Sorties: cinémas

loulou : commence à utiliser l’expression « je m’ennuie » à tout bout de champ. Il grandit, a besoin d’autre chose. Heureusement, la semaine prochaine sera bien plus mouvementée avec et pour lui.

msg perso: c’est fini! il était temps…

amitiés : Demain, dimanche
essentiel : ne pas hésiter à arrêter quand on en a marre
courses : après le kiné
envie de retrouver un peu d’énergie…ce serait pas du luxe.

zic’:

Clap de fin: 9h32

Les états d’esprit du vendredi du 5 avril 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 5 avril 2019  – [14:10]

fatigue : morte de fatigue
estomac : petit dèj
cond. phys. : très mauvaise mauvaise semaine du mois
esprit : ça va malgré tout, à part la nuit où j’angoisse
boulot/projet : encore un pas de plus

Avis: les gens, ils comprendront jamais que ne pas travailler n’est pas égal à ne rien foutre…PFFFF…

culture : Cuéntame cómo pasó, La caza. Monte perdido (ça passe le temps quand trop réveillée à des heures où la plupart des humains dorment), Grey’s anatomy, Sauver ou périr (belle histoire mais ennuyeux), Wonder park (loulou a adoré et moi, j’y ai vu de grosses incohérences), Filigranes de Isabelle Alonso (je connaissais pas et j’adore son style d’écriture), Jules de Didier Van Cauwelaert (c’est mignon comme sujet mais la forme, un peu tarabiscoté à mon goût, par contre)…

Sorties: cinéma avec loulou

loulou : on continue sur notre bonne lancée pour les devoirs…il fait vraiment du mieux qu’il peut ce bonhomme, il change mon loulou, il grandit mais me fait toujours autant mourir de rire…est en congé pour deux semaines de vacances bien méritées…

msg perso: fatigué? on est deux

amitiés : mardi
essentiel : faire de son mieux parce que c’est la seule chose qu’on peut faire
courses : déjà faites
envie de retrouver un peu d’énergie

zic’:

Clap de fin: 10h18

Les articles et vidéos que j’ai préférés en mars

mes-articles-et-vidéos-préférées-de-mars-2019

 

Mars se termine déjà. Oh my gosh, mars est fini? C’est le jour du poisson d’avril? Je ne comprends rien à cette année, sérieux. Mais bon, je ne vous écris pas pour vous parler de mon angoisse du temps qui passe à toute allure mais bien de mes lectures et visionnage (ce mot est très moche) du mois qui vient de s’écouler.

J’ai commencé tard à m’y intéresser, ce mois-ci et ce n’est qu’à l’occasion de la journée mondiale de la défense des droits des femmes que je me suis mise à les recenser. Cela dit, en même temps, peut-être que rien ne m’avait marquée jusque-là. Bref, je me lance:

  • Le 8, Antigone XX nous dresse une très belle liste de livres féministes à lire et/ou à relire.
  • Le 14, Morrigane nous parle de la situation de handicap et de l’ouverture de sa chaîne youtube
  • Le jour suivant, je tombe sur un article qui explique qu’une institutrice bruxelloise a mis en place des cours d’empathie pour les enfants dans son école. Je me sens fière et j’espère que son idée va se propager.
  • Le 24, une émission sur arte qui traite de la signification et la représentation de la vulve retient toute mon attention
  • Le 26, je lis un article très intéressant sur le fait de culpabiliser et de se sentir jugés lorsqu’on est hypersensibles, un article positif sur le fait d’assumer et d’afficher son handicap (sujet qui revient le plus ce mois-ci, j’ai l’impression), et un dernier texte sur une personne qui parle mission de vie.
  • Enfin, le 28, je tombe sur la chaîne youtube Vivre avec  et sur une vidéo des remarques que reçoit Margot lorsqu’elle sort avec une personne valide (Margot est atteinte du syndrome Ehlers Danlos).

Voilà pour mes articles et vidéos préférés de mars. Je vous rappelle que cette liste reprend l’ensemble des articles et vidéos que j’ai partagés sur ma page FB au cours du mois de mars 2019.

articles-et-vidéos-préférés-du-mois-de-mars-2019

 

Les états d’esprit du vendredi 29 mars 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 29 mars 2019  – [14:10]

fatigue : un peu mais ça va
estomac : omelette+ yahourt
cond. phys. : mal partout, possible tendinite mais ça va
esprit : ça va
boulot/projet : encore un pas de plus

Avis: le médecin qui vient te chercher 30 minutes après l’heure de rendez-vous, qui permet de se barrer encore 10 minutes une fois que t’es à l’intérieur et qui t’ausculte pendant 3 minutes pour en déduire que tu as une tendinite, bah moi je dis que c’est pas sérieux…

culture : Pas pleurer de Lydie Salvaire (ennuyeux), Filigranes de Isabelle Alonso (vient de commencer), The aftermath (beau et triste à regarder), Les chatouilles (omg, Karin Viard a le rôle d’une personne tout à fait abominable dans ce film), Un amour impossible (mieux que j’aurais pensé), Durante la tormenta (pas mal du tout)…

Sorties: cinéma

loulou : beaucoup plus facile de gérer les devoirs cette semaine…même si je me demande ce qu’ils foutent en classe, vu la quantité de boulot qu’il a à faire à la maison.

msg perso: je suis contente que tu te préoccupes autant de son bien-être

amitiés : dimanche, à la piscine
essentiel : ne pas dépasser ses limites, ni avec son corps, ni avec les gens et ce qu’on peut supporter venant d’eux
courses : déjà faites
envie de profiter du soleil

zic’:

Clap de fin: 14h23

Et pourquoi pas Amsterdam ?

et-pourquoi-pas-amsterdam-?

 

Il y a, à peu près, dix jours, j’ai fait une virée à Amsterdam avec deux amies. C’est, vraiment, le hasard qui nous a menées là. Une connaissance qui me parle des tarifs super concurrentiels de flixbus (entre 20€ et 30€ l’aller/retour), de la courte durée du trajet depuis notre capitale (pas plus long qu’en tgv depuis Bruxelles) et moi, qui saute sur l’occasion pour contacter mes copines et tenter de nous organiser un week-end.

Amsterdam, on connaissait déjà toutes les trois et ce n’était, clairement, pas notre destination préférée (des canaux et des façades composées de pignons à redents, ce n’est pas exactement ce qui manque chez nous). Non, la raison qui nous a poussées à partir, c’était l’envie et le besoin de nous retrouver, dans la mesure où nos vies respectives nous avaient un peu éloignées depuis quelques temps.

Le sort a voulu s’acharner et nous empêcher de pouvoir passer ce week-end ensemble. J’ai, moi, failli annuler à cause de douleurs assez atroces dans tout le corps. Heureusement que je ne l’ai pas fait, car autrement, je n’aurais pas su qu’en changeant de climat, mes douleurs diminueraient et que même si Amsterdam était encore plus au nord que Bruxelles, l’humidité y était de moindre importance. Nous avons, d’ailleurs, eu la chance de voir la ville sous un soleil de toute fin d’hiver.

Nous n’aurons rien visité de spécial pendant ce bref séjour. Aucun musée, aucune ballade en bateau n’a figuré sur notre programme. Par contre, nous en avons profité pour déambuler dans les rues, profiter de l’ambiance de folie de la ville et papoter un max.

Ce week-end dans l’autre pays du fromage n’aura sans doute pas été le week-end de nos vies mais il aura représenté la parfaite occasion pour nous ressourcer (en tout cas, moi) et accueillir ma saison préférée de l’année. J’ai nommé le printemps.


Nous avons dormi . Le personnel n’était pas toujours des plus agréables (aka le serveur du petit déjeuner qui surveille qu’on ne mange pas trop) mais j’ai trouvé que le rapport qualité/prix y était des plus intéressants par rapport aux autres hotels, étant donné qu’Amsterdam est une ville chère.

 

et-pourquoi-pas-amsterdam-?

Les états d’esprit du vendredi 22 mars 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 22 mars 2019  – [18:13]

fatigue : j’ai encore dormi un jour sur deux (avec la mélatonine) mais je suis toujours aussi éclatée au réveil.
estomac : beaucoup trop de gâteau au chocolat
cond. phys. : mieux, bordel
esprit : mieux, même si quelques symptômes d’angoisse
boulot/projet : encore un pas de plus

Avis: Je serais heureuse si tous les commerçants pouvaient être aussi agréables que ceux du Aldi près de chez moi. Ce n’est pas ironique et ça fait du bien.

culture : HUVN (fin), Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah MacCoy (fin), Les hommes meurent, les femmes vieillissent de Isabelle Desesquelles (bien mais manquait d’action), Pas pleurer de Lydie Salvaire (viens de commencer), Call me by your name (je sais pas pourquoi j’aime autant ce film), My beautiful boy (belle histoire mais ennuyeux)

Sorties: Amsterdam et on a eu un dimanche superbe

loulou : diable et drôle, beaucoup de mal à faire ses devoirs (il en a beaucoup trop pour une deuxième primaire), est content de lire avec moi avant d’aller dormir.

msg perso: que dire, à part que j’en ai marre et que j’arrête…

msg perso2: je comprends beaucoup mieux ta réaction maintenant.

amitiés : virtuel ou en live? on verra
essentiel : trouver la paix
courses : déjà faites
envie de profiter du soleil

zic’: j’ai cette chanson dans la tête depuis une semaine

Clap de fin: 18h30

Ma relation avec les autres parents d’élèves

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Ma relation avec les autres parents d’élèves est inexistante et je vais vous expliquer pourquoi. Je vais d’abord commencer par le contexte et ensuite, vous donner les raisons pour lesquelles, je pense que ça ne fonctionne pas entre eux et moi.

Le contexte

Retour en septembre 2014. Mon bonhomme a commencé l’école pile au moment où j’étais en train de tomber malade à cause de mon sevrage. Au début, je l’y amenais tous les jours sauf le jeudi si mes souvenirs sont bons et allait le rechercher tous les jours sans exception. J’ai bien dit au début car après deux mois de ce régime-là et vu l’ampleur que prenaient mes symptômes de sevrage, je n’ai plus pu y retourner pendant des mois, voire une année et demi entière pour ce qui est du matin.

Cela partait donc mal.

Lorsque je suis revenue, je me suis aperçue que des groupes de mamans s’étaient formés et évidemment, je ne faisais partie d’aucun d’entre eux. Il arrivait que je parle parfois à l’une ou l’autre d’entre elles mais ça ne dépassait jamais les quelques mots, quelques phrases.

Le temps a passé et la situation n’a pas évolué. D’ailleurs, j’ai fini par me faire une raison et abandonner.

Pourquoi? Quelles en sont les raisons, selon moi, me and myself?

  1. je suis introvertie et timide. Enfin, surtout introvertie.
  2. je ne comprends pas ces personnes. Je me souviens d’un jour où la mamie d’un petit garçon de la classe du petit m’a collée tout un après-midi. C’était à l’occasion du « vernissage » des œuvres d’arts de nos rejetons. Et bien, vous savez quoi? La semaine suivante, lorsque je l’ai revue et lui ai dit bonjour, elle m’a, tout simplement, ignorée. J’ai beaucoup d’exemples de ce type et j’avoue ne pas savoir gérer. Quand ça se présente comme ça, perso, je perds l’envie d’entrer en relation avec les gens.
  3. beaucoup de parents étaient eux-mêmes élèves dans cette école et se connaissaient déjà entre eux.
  4. Je n’aime pas l’école de mon fils et faire des efforts pour m’intégrer en tant que parent d’élève me demande trop d’efforts. Il est là parce que nous habitons dans une zone où il y a « trop » d’enfants et pas assez d’écoles et qu’il est très difficile d’en trouver une dite de qualité. Par conséquent, quand on en a une, on y laisse nos  enfants.
  5. Ma propre histoire avec l’école. Petite et jeune adolescente, j’ai subi du harcèlement scolaire et ces parents auraient pu être mes bourreaux. Je fais des liens bizarres, des fois.

Je pense que c’est à peu près tout.

Je n’avais jamais osé en parler car pour être franche, j’avais honte de la situation et me sentais vraiment comme quelqu’un d’inadaptée. Mais ça c’était avant, parce qu’entretemps, je suis partie avec deux amies à Amsterdam et que l’une de ces deux amies, mère d’une petite fille en première primaire, m’a dit subir, exactement, la même chose que moi. Elle ne semble pas non plus comprendre la mentalité des parents d’élèves de l’école où va sa fille. Tout comme moi, elle ne fait plus d’efforts et est très contente que la petite soit née pendant les vacances scolaires.

Et, pour vous, de votre côté, ça se passe comment?

 

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Tout le monde doit apprendre, parfois …

je-t-aime-moi-non-plus

Le déclic, elle l’a eu la nuit dernière.

C’est la confiance,

C’est la confiance qu’elle n’a plus. En lui.

C’est pour ça qu’elle pèse ses mots, qu’elle réfléchit à chaque adjectif, chaque virgule qu’elle utilise avant d’appuyer sur « enter ».

Elle s’attendait à ce qu’il l’envoie au diable quand il en aurait eu marre.

Elle a testé ses limites.

Mais ça n’est pas, plus arrivé.

Il ne l’a plus rejetée.

Il dit que c’est elle qui ne veut pas, qui ne veut plus.

Il a raison.

Réparer ses trahisons au pluriel, c’est pas possible comme ça.

Et pourtant, elle sait, pertinemment, que s’ils se revoyaient, que s’ils commettaient cette erreur, il ne faudrait pas longtemps pour qu’elle se précipite à nouveau dans ses bras.

Elle. Pas lui.

Lui, il ne l’a jamais aimé comme ça.

Il lui a dit et redit.

Mais alors pourquoi revenir ?

Pourquoi ne pas laisser que ça s’arrête ?

Parce que ça l’amuse ?

Parce qu’il l ‘aime bien ?

Non, impossible

… il ne la supporte pas…

Pas sa sensibilité, c’est sûr.

Pas ce besoin de comprendre, de clarté.

Elle, c’est sa superficialité en carton qu’elle ne conçoit pas.

Cette façon qu’il a de se dérober quand ça devient intime

Que faire alors ?

Elle lui a dit: je vois pas l’intérêt de rester en contact s’il y a plus de bas que de hauts.

Il a répondu…Qu’est-ce qu’il a répondu, d’ailleurs ? J’ai oublié.

Ah si, que cette fois, c’était elle qui avait l’air de renoncer.

Oui, elle veut renoncer

Il dit : stop aux étiquettes

Elle répond: ne pas savoir, ça me détruit

Elle ne veut, surtout, pas repasser par là.

Mais elle n’arrive pas à décrocher.

C’est plus fort qu’elle.

Il est une drogue, une vraie.

Elle se désaccoutume et juste après, replonge.

Et lui, il ne l’aide pas.

Elle se demande si c’est ça l’amour

De tout lui passer et de continuer

D’adhérer à l’ensemble en contournant les détails qui fâchent.

Ou bien est-ce, plutôt, du masochisme?

Elle hésite.

Mais lui, il ne l’aime pas, alors à quoi ça sert d’insister?

Qu’il disparaisse pour toujours, elle se convainc

Qu’il la respecte pour une fois.

« Va-t-en », elle crie au téléphone

« Je te le dis et répète »

« Je t’agace, non ? »

« Alors dégage et rejoins ta bonasse… »

« Accepte, c’est la fin, cette fois ».

Lui, il raccroche.

Il arrête.

Mais il recommencera

Il ne la lâchera pas comme ça.

Il ne peut pas ? Ne veut pas ?

Lui seul peut le savoir.

Les états d’esprit du vendredi 15 mars 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi  15 mars 2019  – [09:54]

fatigue : je dors mal un jour sur deux, donc …
estomac : petit dèj in progress
cond. phys. : douleurs qui me font peur
esprit : angoissée à cause des douleurs que je n’identifie pas
boulot/projet : ça avance au ralenti, mais ça ne m’inquiète pas.

Avis: les gens qui parlent pour les autres, c’est pas mes amis

culture : HUVN (plus amateure que les autres séries mais ça change les idées pendant les insomnies), Grey’s anatomy, Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah MacCoy (beau livre, je vous le recommande), el fotógrafo de Mauthausen (commencé et arrêté, pas le moment de voir ce genre de tragédies)

Sorties: théâtre, restau

loulou : a été très courageux pendant son irm, très diable (sept ans, c’est pas l’âge de raison, faut arrêter avec ça) mais toujours tellement affectueux (je vais avoir du mal quand il grandira et qu’il s’éloignera)

msg perso: tu vois l’amitié, c’est pas quand l’un de nous deux se braque dès que l’autre dit quelque chose qui ne lui plaît pas…

msg perso2: c’est pas grave, tu sais, si tu n’avais pas de cadeau…je me fous des cadeaux 😉

amitiés : ce week-end à Amsterdam (d’ailleurs si j’angoisse c’est parce que je suis crevée et que j’ai mal et que j’ai peur de comment ça va se passer)
essentiel : que le soleil revienne, au sens littéral comme au figuré
courses : steak, lait
envie d’aller bien, bordel

zic’:

Clap de fin: 10h10

Dans la tête d’un homme d’aujourd’hui

dans-la-tête-d-un-homme-un-vrai

Mon père dit que je suis trop sensible pour un mec.

Marjorie dit le contraire. Et puis il y a Lucie qui lit en moi comme dans un livre. Selon elle, si ça foire avec Marjorie et avec toutes les autres-d’ailleurs- c’est parce que je n’assume pas ma part de féminité et que ça crée un malaise. Le pire, c’est qu’elle a raison, le pire, c’est que je ne peux, vraiment, rien lui cacher. Il y a pas longtemps, elle m’a sortie: « tu vois Seb, parfois tu te livres et je vois bien qu’il y a quelqu’un de sensible à l’intérieur de toi, quelqu’un d’intéressant, quelqu’un plein de nuances…et puis, il arrive un moment où on dirait que tu te rends compte et où tu te sens obligé de faire le gros naze. Je crois que selon toi, c’est ça être masculin ».

En même temps, je ne suis pas certain de saisir ce que c’est d’être masculin. Je sais juste que j’ai été élevé par un type qui me tapait dessus dès que j’osais verser la moindre larme, et que ma mère, au lieu de venir me défendre, préférait feindre l’ignorance et partir en vacances avec son amant.

Parfois, je me dis que mon paternel devait m’utiliser pour se venger de ma mère. Je n’ai jamais compris pourquoi il ne l’a jamais quittée. Enfin…

Ah sacré Lucie. Lucie, elle me retourne la tête depuis que je l’ai rencontrée et qu’elle m’a cernée en deux temps trois mouvements. Lucie, c’est aussi la fille que je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas pourquoi elle perd son temps avec moi. Après tous les sales coups que je lui ai fait. Mais bon, perdre son temps c’est beaucoup dire car depuis quelques temps, je sens qu’elle s’éloigne et je comprends…mais j’aime pas. Je suis sûrement qu’un salaud après tout.

La vérité c’est que je ne sais pas comment je dois me comporter pour être moi. C’est jamais bien de toute façon. Enfin si, avec Naëlle. Comme c’est ma fille, je suis son héros, un point, c’est tout. Elle, elle se fout de toutes ces histoires de virilité du moment que je sois gentil et attentif. Je me sens à l’abri avec elle. Mais bon, comme c’est moi qui l’ai façonnée en partie, je sais pas si ça compte. Ce serait tellement plus simple si les autres n’étaient pas déjà aussi formatés, fermés, pourris, opaques, obtus..

Lucie affirme que je me porterais mieux et que j’attirerais des personnes faites pour moi si je m’acceptais avec mes plus et mes moins au lieu de faire le gros nul…mais je sais pas parce que Lucie, elle lit trop et surtout, elle se croit trop intelligente…et ça m’énerve…Mais n’empêche, je dois bien avouer, enfin m’avouer à moi que Lucie, je l’ai toujours un peu dans la tête…et qu’en même temps, je suis accro à Marjorie. Bref, c’est sûr, je ne suis qu’un salaud.

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Les états d’esprit du vendredi 8 mars 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi  8 mars 2019  – [08:49]

fatigue : assez prononcée
estomac : petit dèj in progress
cond. phys. : presque remise de ma grippe, mauvaise période du mois
esprit : inquiet
boulot/projet : doucement mais sûrement

Avis: quand on t’appelle pour reconnaître ses erreurs et s’excuser, ça redonne foi en l’humanité.

culture : HUVN (plus amateure que les autres séries mais ça change les idées pendant les insomnies), Grey’s anatomy, Instant family (bah, c’était bien sympa, ma foi), Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah MacCoy…

Sorties: chorales, séance shopping avec bonhomme qui n’a plus rien à se mettre

loulou : en stage 3 jours, content de bricoler

msg perso: je suis désolée mais tu prends tes désirs pour la réalité, là.

amitiés : aujourd’hui, demain
essentiel : guérir
courses : cet aprèm en revenant de la manif
envie d’être au week-end prochain

zic’:

Clap de fin: 8h59

L’impro, quand t’es maman solo, ça n’existe pas!

l-impro-quand-t-es-maman-solo-ça-n-existe-pas

Non, l’improvisation, quand t’es maman solo, ça n’existe pas, bordel! Titre qui exprime mieux ce que je ressens à cet instant. Et pourquoi, je vous parle de ça? parce que, souvent, je suis confrontée à des situations où des gens, en dernière minute, changent leurs plans et/ou me proposent des trucs excluant mon fils …

Je vais vous donner quelques exemples pour que vous compreniez de quoi je veux parler.

D’abord, il y a le cas de ma chère animatrice d’atelier d’écriture (j’avais déjà écrit un article au sujet d’un commentaire, totalement, déplacé qu’elle avait balancé sur moi, l’année dernière) qui annule un stage prévu depuis deux mois, deux jours avant la date dudit stage. L’année passée, à son commentaire, je n’avais pas su réagir mais j’avais dit: je ne laisserai pas passer la prochaine bourde. Du coup, comme on ne s’est pas vues entretemps, j’ai décidé de lui envoyer un mail exprimant ce que je pensais de sa décision d’annuler cette rencontre en dernière minute. Je me souviens d’avoir utilisé l’expression « pas classe » et de lui avoir parlé du fait que j’avais du m’organiser et que je n’étais probablement pas la seule. Sa réponse? qu’elle était désolée d’avoir bousculé mes plans (!!!), qu’on était deux seulement à avoir confirmé (elle dira trois plus tard dans un autre mail envoyé à tout le monde et j’apprendrai encore un peu plus tard qu’on était au moins quatre) et qu’elle rentrait juste de vacances (tant mieux pour toi si t’es partie en vacances, mais ton taf, c’est ton taf et il faut le faire correctement). Lundi, je répondrai à son mail en live pour lui expliquer que ce n’est pas mes plans qu’elle a bousculés (pour reprendre son expression) mais que son manque d’organisation avait empiété sur le temps passé avec mon fils, étant donné que je me revoyais mal appeler son père pour tout changer à nouveau.

Ensuite, celui d’une amie (célibataire, sans enfant.s) de très longue date avec qui je sens que je m’éloigne depuis environ deux ans et sa proposition: »je me suis dit qu’on pourrait aller boire un verre avant mon cours, si tu n’avais pas le petit »…Euh, ben bien sûr, je suis à ton entière disposition et puis, tant que t’y es, dis moi direct que le petit te dérange ». C’était un jour de semaine après l’école et j’ai toujours mon fils après l’école, vu que c’est moi qui vais toujours le chercher et qu’elle le sait…De toute façon, la proposition présentée comme ça, je ne l’aurais pas acceptée même si j’avais été seule ce jour-là.

Enfin, et pour ne parler que de ce cas-là, il y a l’exemple du mec non-parent que tu as rencontré il y a quelques semaines et qui te sort: « qu’est-ce que tu fais ce soir? on pourrait… » Il était clair qu’il ne se rappelait pas que j’étais maman pour me présenter la chose comme ça. J’avais mon fils ce soir-là, je l’ai coupé tout de suite.

Alors, je sais que les mères (je dis mères parce que nous sommes 85% à avoir la garde exclusive ou principale de leur.s enfant.s et que de toute façon, un mec qui s’occupe de sa progéniture, c’est tellement beau, n’est-ce-pas?) célibataires, nous sommes une plaie pour la société. Je sais aussi que nous venons, pour la plupart, de familles nucléaires (oh mais quelle drôle d’expression) dont les parents n’étaient pas divorcés lorsque nous étions petits mais bordel, est-ce que ce serait trop demander  de réfléchir un peu et de se dire que peut-être, en tant que parent séparé, on ne peut pas improviser, que tout doit être réglé comme du papier à musique, qu’un enfant petit ne reste pas tout seul ou mieux, de se rappeler, tout simplement, que cet.ces enfant.s existent!!??

J’en peux plus d’avoir toujours l’impression d’être la personne en faute ou de devoir me justifier parce que mon couple n’a pas marché et que du coup, je me suis retrouvée dans une situation peu enviable, mais j’insiste…de plus en plus fréquente et pas si horrible que ça, au final. Et j’en ai encore plus ras-le-bol de cette société excluante de tout ce qui ne rentre pas dans ses cases minuscules, plus du tout adaptées à la majorité des gens qui en font partie, aujourd’hui. Vivement que le temps passe et que nos enfants grandissent. Ils seront beaucoup plus ouverts et riches à l’intérieur et le monde deviendra plus sympa (je délire mais je le crois en bonne partie).

l-impro-quand-t-es-maman-solo-ça-n-existe-pas

 

Les états d’esprit du vendredi 1er mars 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi  1er mars 2019  – [09:08]

fatigue : y’a eu pire
estomac : petit dèj en cours
cond. phys. : gros rhume en voie de guérison
esprit : embué
boulot/projet : j’y verrai plus clair quand cette saleté de rhume sera parti.

Avis: pas aimé qu’on me recontacte pendant ma maladie pour le bénévolat alors que j’avais dit que je le ferai quand je serai guérie…(peut-être voulait-elle vérifier que j’étais vraiment malade???)

culture : HUVN (plus amateure que les autres séries mais ça change les idées pendant les insomnies), Mon doudou divin de Katerina Mazetti (mouais, bof) , Grey’s anatomy, le grand bain (belle surprise pour moi mais je suis une fan de Katerine), Alegría, tristeza (d’accord…), el Arbol de la sangre (space comme tous les films de Julio Medem mais intéressant à regarder)

Sorties: parc, malgré extinction de voix et état comateux,  et lit (ah mais c’est pas une sortie…)

loulou : très beau bulletin…j’ai rien compris aux remarques de la prof dans le journal de classe. Déguisement: Dark vador, que la force soit avec lui! Heureux, les vacances arrivent…

msg perso 1: tu me lâches, oui? msg perso 2: c’est chouette de discuter avec toi

amitiés : nouvelles virtuelles et téléphoniques
essentiel : guérir
courses : scampis, pâtes
envie de: arrêter de tousser et qu’il arrête de pleuvoir

zic’: Un classique cette semaine

Clap de fin: 9h27

Mes articles et vidéo préférés en février 2019

mes-articles-et-émission-préférés-de-février-2019

Ce mois-ci, six sujets sont venus et/ou revenus: le féminisme, le cancer (obligé vu que le 4, c’est la journée mondiale contre, le 15, celle contre le cancer pédiatrique et que, du coup, il y a beaucoup d’articles qui sortent sur le sujet), le handicap, la douance, les vacances et la nourriture.

Je vais y aller sujet par sujet, ce sera plus simple pour vous y retrouver.

Féminisme


Le premier est un article sur la réaction des hommes lorsque les femmes agissent pour plus d’égalité. Je l’ai trouvé bien écrit et je vous le partage ici

Maladie


Les suivants parlent de cancer. Il y a celui sur une véritable winneuse qui a décidé de prendre la vie du bon côté, même avec la maladie. Le deuxième traite très justement de « l’après cancer  » et plus concrètement de ce qui change dans la vie et qui ne sera plus jamais pareil lorsqu’on a eu un cancer. Le suivant parle de le l’impact positif du sport sur les enfants traités pour un cancer. Le dernier, quant à lui, explique comment rétablir le lien parent-enfant durant le traitement.

Ici, je mets un lien vers un article qui parle de ces personnes publiques ou qui se sont faites connaître en expliquant leur.s maladie.s. C’est intéressant de voir comment on peut faire quelque chose de positif avec ce qui est censé être moche et pénible à la base.

Douance


Ceci est la vidéo youtube d’une émission qui explique la douance. Je la trouve assez bien faite malgré quelques gros clichés quand même.

Voyages


On respire. Cela devient plus léger.

En effet, je vous propose un article de Daphné du blog Befrenchie. Elle nous entraîne ici vers 10 destinations insolites en Europe. Ça ne vous donne pas envie de plier bagage.s et de vous évader, vous?

Gastronomie


Et pour terminer, je vous laisse avec une recette de dessert que je prévois d’essayer dans pas longtemps et qui me semble plus healthy de ceux que je fais d’habitude 😀

 

Voilà pour mes articles préférés en février. Je vous rappelle que cette liste reprend l’ensemble des articles et émission que j’ai partagés sur ma page FB au cours du mois de février 2019.

mes-articles-et-émission-préférés-de-février-2019

 

La discrimination, ce n’est pas que pour les Arabes et les Noirs

La-discrimination-ce-n-est-pas-que-pour-les-Arabes-et-les-Noirs

Aujourd’hui, je vais aborder un sujet épineux, à polémique et qui ne va pas plaire à tout le monde. Je voulais le faire depuis longtemps sans jamais réussir à trouver la façon. Je ne veux vexer personne, viser personne mais je veux juste expliquer ma vérité et celle de tous ceux qui sont nés dans un pays qui n’était pas celui de leurs origines. Je ne minimise en rien le racisme envers les Noirs et la discrimination envers les Juifs et les Arabes. Je dis juste qu’ils ne sont pas les seuls à qui cela arrive.

Je vais vous parler de mes observations et de mon parcours parce que c’est celui que je connais.

Pour commencer,  je suis née en 1981 et en Belgique, en 1981, on recevait , la nationalité de nos parents. Chose qui pour moi créait une ambivalence dès le départ.

J’ai grandi dans un quartier populaire où des gens de plusieurs origines et nationalités se côtoyaient: Belges (un peu), Italiens (pas mal), Espagnols (plus que des Belges), Grecs (un peu), Marocains (de plus en plus) et Noirs africains (un peu plus tard).

Mes copains de classe s’appelaient Gianni, Michaël, Antonella, Mohammed, Hephaïstos, Bienvenu. C’était riche, varié et c’était génial.

Il n’y avait pas de racisme entre nous. Nous étions des enfants. Point. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que nos maîtresses (certaines plus que d’autres) nous faisaient remarquer que « nous n’étions pas des Leurs ». Je me souviens, surtout, de la remarque de ma maîtresse de 2ème primaire et de son « vous, les Espagnols et les Italiens, vous n’aimez que ce qui est ostentatoire * » lorsqu’elle a vu que, le jour de ma petite communion, je portais une gourmette en or  et que cette gourmette était prise dans la manche de mon gilet . Il faut dire que cette maîtresse ne m’aimait pas parce que j’étais maladroite et que j’avais, malgré tout, l’audace d’être la première de sa classe, chose qui la mettait dans une position inconfortable vis-à-vis d’une de ses amies, également prof dans l’école, dont la fille était également dans la classe et qui n’arrivait à me dépasser qu’à coup de falsification de notes  (c’est sa propre mère qui l’a avoué à la mienne, l’année suivante)…mais ce n’est pas le sujet. Même si cette remarque m’était destinée, ce n’était pas à moi, la petite fille, qu’elle s’en est prise, mais à mes origines, la nation de mes parents et de mes grands-parents, la même que comme des milliers (millions?) d’Espagnols, ils avaient du fuir à cause de la dictature et de la misère.

A part cet incident, je ne me souviens de rien d’autre pour le primaire. J’avais plutôt l’impression que le corps enseignant considérait la multiculturalité comme étant quelque chose de positif et je sais qu’à l’époque, nous avons participé à de jolis projets allant dans ce sens.

En secondaire, pareil. Je ne ressens pas particulièrement de « racisme » de la part des profs, mais juste comme en primaire, ce sentiment que nous n’étions pas considérés comme des Belges.

Tout se corse au niveau supérieur lorsque je choisis d’entreprendre des études de traduction et que je me retrouve, pour la première fois, de ma vie avec une majorité d’élèves d’origine et de nationalité belge en classe. C’était à se demander où ils s’étaient cachés avant haha.  Dans mon école, les profs avaient des instructions assez discriminantes niveau points. Le système de cotation dans les cours de langues était différent selon que l’on soit Belge ou étranger d’origine. Il va de soi que cette vérité était officieuse et que nous ne la connaissions pas avant d’en être victime.

Le premier exemple qui m’a frappé c’est une année où en juin, le taux d’échec avait été catastrophiquement élevé. Personnellement, je devais repasser des examens en septembre et dans mon cas, c’était normal car j’étais douée mais je n’avais aucune méthode d’apprentissage. Par contre, ce qui m’a étonné, c’est de voir le nom de famille de 95% de ceux qui avaient réussis. Je vous le donne en mille: ils étaient Belges ou francophones (de France, hein). Alors, je suis désolée mais n’allez pas me dire que seuls eux étaient bons en langues. Je ne crois pas.

Autre chose qui m’a frappée, c’est la déclaration d’un de mes profs d’espagnols que je n’ai, chose étrange pour un prof d’espagnol, jamais entendu parler ou lire en espagnol; à savoir que ceux qui étaient nés en Belgique de parents étrangers n’étaient pas vraiment bilingues, que ça n’existait pas, qu’ils étaient plutôt allalingues, terme qui ne veut rien dire et qui selon lui signifiait que finalement, ces gens (dont je faisais partie) ne maîtrisaient aucune des deux langues. Je vous avoue qu’à ce moment-là, la moutarde m’est montée au nez. Je me souviens avoir pensé à l’une de mes autres profs d’espagnol qui comme moi, était belge d’origine espagnole et qui frustrait tout le monde de par son niveau dans les deux langues. Personne en Espagne n’aurait pu deviner qu’elle n’était pas née et ne vivait pas là-bas et en Belgique, c’était pareil. Elle avait 0 accent (même pas le belge en français), elle faisait 0 fautes que ce soit dans une langue ou l’autre. Pour ma part, je pense également être un bon exemple de bon bilinguisme, même si je doute qu’il soit aussi parfait que celui de madame Hernández.

Un exemple absurde dont j’aimerais encore vous parler me traverse l’esprit à l’heure où j’écris ces lignes et qui concerne cette même école.  J’ai terminé mes études avec des notes bien supérieures en anglais qu’en espagnol. Chose improbable et impossible dans un monde normal, dans la mesure où je n’avais pas et je n’aurais jamais le niveau en anglais que j’ai en espagnol . D’ailleurs, pour être honnête, mon anglais (même si bien meilleur qu’aujourd’hui) n’a jamais été excellent. Difficile de devenir une bête dans une matière qu’on choisit uniquement pour les possibilités qu’elle offre et pas avec le cœur, vous ne croyez pas?

Cela dit, ce n’est qu’en quittant  le filet sécuritaire de l’école et en me jetant à corps perdu   dans la recherche d’emploi que j’ai, véritablement, commencé à prendre la mesure de la réalité du marché du travail. En même temps, c’est difficile d’en parler car ce n’est jamais dit ouvertement qu’on attend de voir tous les candidats « vraiment » belges, avant de décider de vous engager vous, même si vous semblez correspondre parfaitement à ce qu’on recherche.

Il y a beaucoup d’excuses qui sont utilisées pour ne pas engager quelqu’un: le niveau de néerlandais à Bruxelles, le niveau d’étude trop élevé (je crois que c’est un des trucs qu’on m’a le plus sorti), le domaine bouché…ah oui, mais alors pourquoi lui qui est aussi nul que moi en flamand a été engagé dans cette entreprise? Il me mentait où il y a anguille sous roche? Pourquoi elle qui a le même niveau d’étude que moi a été engagée, pour faire de l’administratif, dans cette école  alors qu’on n’acceptait, soi-disant, pas de personnes avec un niveau d’étude supérieur au bachelier? Pourquoi a-t-on fait une petite place dans cette maison d’édition pour elle alors qu’on m’a dit que le secteur était bouché et que la société n’avait pas les moyens d’engager ? Des exemples, j’en ai à la pelle et la réponse est toujours la même: leur nom de famille sonne belge… Je ne veux pas dire par là qu’on n’engage jamais une personne d’origine étrangère mais qu’à compétences. égale.s (et même, parfois, pas) on prendra toujours, toujours quelqu’un dont les parents sont Belges. D’ailleurs où est-ce qu’on retrouve le plus de travailleurs avec un nom de famille « exotique »? A la commission ou dans les métiers pénibles et/ou en pénurie.

Mais il n’y a pas que le travail. Je crois que le pire exemple du monde que j’ai à partager, c’est lorsque quelqu’un m’a sorti qu’il arriverait un moment où il fallait que je m’intègre. J’ai  pas compris, j’ai regardé la personne et j’ai dit »pardon? m’intégrer? où? de quoi? pourquoi? Je suis née ici tout comme toi. J’ai étudié ici tout comme toi. J’ai l’accent belge, les mêmes références,  je dis « Non, peut-être, y’a du brol chez moi, il drache à l’extérieur, ma mère a fait des chicons », je soutiens l’équipe nationale de football belge (même si je m’en bats les couilles du foot), tout comme toi.  Le problème, c’est qu’à la différence de toi, mes parents sont d’ailleurs, que je les ai connus avec leur langue, leurs traditions, un français mal maîtrisé et dans un job dont des gens comme tes parents à toi n’auraient jamais voulu »

Je suis désolée et je précise que c’est un système et pas des gens en particulier (à part quelques exceptions comme dans l’exemple que je viens de citer juste au dessus ou celui de ma maîtresse de primaire ) que je critique mais c’est la vérité et je n’ai pas décrit le pire car le pire, je ne l’ai pas vécu .Il y a trop de cas pour dire que c’est de la paranoïa.

Alors je ne sais pas si c’est quelque chose de « particulier » à la Belgique ou si c’est partout, pareil. Je dis juste que c’est nul d’être stigmatisé, mis au ban, à cause de ses origines et que même si c’est plus fragrant dans le cas des Noirs ou des Arabes, cette discrimination n’est pas nouvelle et ne leur ai pas réservée, uniquement, à eux.

*Je ne comprenais pas le mot « ostentatoire » à 8 ans mais je l’ai retenu car j’avais saisi qu’à son ton, ce qu’elle avait voulu dire ne pouvait pas être très positif.

 

 

 

Les états d’esprit du vendredi du 22 février 2019

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The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 22 février 2019  – [08:54]

fatigue : j’ai dormi une nuit et encore un gros bout d’une autre cette semaine et c’est la fête
estomac : petit dèj en cours
cond. phys. : crève, écho mardi pour l’épaule
esprit : incrédule
boulot/projet : on avance doucement

Avis 1:annuler un stage d’écriture 2,5 jours avant la date, c’est pas classe.

culture : HUVN (plus amateure que les autres séries mais ça change les idées pendant les insomnies), el laberinto de los espiritús de Carlos Ruiz Zafón (belle fin, je vous le conseille), , Grey’s anatomy, Voyez comme on danse (bah, c’était pas si mal), le grand bain (j’ai commencé), Grandir de Sophie Fontanel

Sorties: parc, foire du livre

loulou : des hauts et des bas à l’école…je crois qu’il est temps que les vacances arrivent…

msg perso 1: je crois que c’est terminé. J’approche de l’indifférence et c’est tant mieux.

amitiés : des hauts et des bas aussi
essentiel : s’acheter des livres, encore plus de livres
courses : livres et déguisement pour le loulou
envie de: plus avoir la crève et pouvoir avancer

zic’: Oui, je sais, c’est du haut niveau cette semaine mais avec le bonhomme, on aime bien explorer l’absurde

Clap de fin: 9h10

Le dossier de mon big C

mon-dossier-médical

 

Ça y est, j’ai récupéré le dossier de l’hôpital où j’ai été prise en charge pour ma leucémie. Il était temps et ça n’a pas été facile.

N’allez pas croire, ouvrir l’enveloppe m’a demandé un gros effort. Une légère angoisse et une petite peur de ce que j’allais y découvrir m’ont empêchée de le faire  dès que je l’ai eu en main.

Ce que j’y découvre depuis quelques jours est interpellant, vraiment car on y retrouve déjà pas mal de mes soucis de santé actuels.

J’y ai appris que je suis rentrée à l’hôpital avec de l’ostéoporose à l’épaule droite (oui, à 11 ans) et des péronés à l’aspect vermoulu, autrement dit, la leucémie était occupée à bouffer les os de mes membres.

J’y ai aussi lu que je souffrais déjà d’une douleur à l’épigastre (creux de l’estomac). Douleur qui est le symptôme principal d’une béance cardiale et d’une hernie hiatale ( probablement congénitale) diagnostiquée en 2016 et que les médecins ont soupçonné, à l’époque, être une conséquence du stress que j’ai éprouvé une certaine semaine de mars 1993- celle où je fêtais mes douze ans et – où j’ai eu droit à une tentative violente de ponction lombaire sans la moindre anesthésie, une intoxication à une chimio que je n’éliminais pas et une hospitalisation prolongée en conséquence.

Je me suis rappelée de mon anxiété naissante et du peu de cas qui en a été fait.

La vérité c’est que ma leucémie a très vite était éliminée, dès le traitement d’induction (première phase du traitement destinée à détruire les blastes (mauvaises cellules)) mais j’ai encore et toujours, l’impression que beaucoup de paramètres ont été minimisés. Aucune idée de ce qu’on a fait pour soigner cette ostéoporose à l’épaule, on n’a pas cherché à en savoir plus sur ma douleur au creux de l’estomac, et ne parlons même pas de mon anxiété.

Je vous ai dit que tout début d’année, j’avais revu l’oncologue qui m’a soignée il y a 26 ans et que j’étais ressortie un peu partagée de notre rendez-vous. D’un côté, j’avais vraiment sentie de la bienveillance, de l’émotion chez elle et même une authentique disposition à m’écouter et de l’autre, une grosse sensation de déni des conséquences de la maladie et du traitement m’avait envahie et ne ne m’a pas quittée depuis. Ce dont je ne vous ai pas encore parlé, c’est de la suite, à savoir que j’ai eu de ses nouvelles deux semaines après notre entrevue. Elle m’a appelée pour me dire qu’elle avait beaucoup réfléchi à ce que je lui avais dit et que mes douleurs diffuses (dont je souffrais par périodes sans y prêter attention  jusqu’à ce qu’elles s’intensifient il y an environ un an) lui faisaient penser à un certain type d’affection. Elle m’a recommandée une rhumatologue avec qui j’ai rendez-vous fin mai (oui, les délais sont longs). Elle n’a, cela dit, pas parlé de ce souci comme étant un possible effet à très long terme du traitement et/ou de la maladie.

Peut-être que vous vous demandez pourquoi cette obsession chez moi de vouloir à tout prix imputer des soucis de santé à cette période de ma vie. Que vous vous dites que le principal, en fin de compte, c’est d’arriver à me soigner. Oui, mais non, parce que moi, j’ai besoin de faire des liens et surtout,  besoin d’une légitimité qu’on a jamais donnée à ma souffrance, qu’elle fusse physique et/ou psychologique. Souffrance qui, m’a arrachée à mon enfance et privée d’une véritable jeunesse.

mon-dossier-médical

Les états d’esprit du vendredi 15 février 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 15 février 2019  – [11:57]

fatigue : no comment
estomac : petit dèj
cond. phys. : possible tendinite à l’épaule gauche
esprit : découragée
boulot/projet : des tas mais je préfère garder ça pour moi, pour l’instant

Avis 1: Les secrétaires de polyclinique du Lothier (oui, je dénonce) sont aimables comme des portes de prison.

Avis 2: mon médecin traitant avait l’air de bien meilleure composition aujourd’hui.

culture : , HUVN (pas terrible mais ça change les idées pendant les insomnies), el laberinto de los espiritús de Carlos Ruiz Zafón (moitié. Finalement, c’est pas si mal), Leo DaVinci (film d’animation avec le bonhomme), Grey’s anatomy

Sorties: café avec V et N

loulou : gros souci de concentration (du à son problème d’oreille interne) à l’école et sa prof commence à me les casser avec ses remarques dans le journal de classe. A part ça, hyper joyeux, hyper heureux

msg perso 1: tu prends les choses trop à coeur, ma belle, il est temps de déléguer et de lâcher du lest

msg perso 2: je suis bête, j’ai vraiment cru que, peut-être, …

amitiés : Amsterdam, on arrive
essentiel : rêver
courses : viens de les faire
envie de: quelques mots d’amour

zic’:

Clap de fin: 12h07

Les états d’esprit du vendredi 8 février 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 8 février 2019  – [10:04]

fatigue : insomnie un jour, insomnie toujours…j’accumule les nuits blanches.
estomac : petit dèj
cond. phys. : mauvaise période du mois en prime…mais pas si mal, malgré tout
esprit : neutre
boulot/projet : en cours

Avis: pas le temps, les semaines défilent tellement vite que rien ne se fixe dans ma tête

culture : , HUVN (pas terrible mais ça change les idées pendant les insomnies), el laberinto de los espiritús de Carlos Ruiz Zafón (moitié. Finalement, c’est pas si mal), Nos batailles (joli jeu d’acteurs et j’aime bien l’affiche et Romain Duris forever), Grey’s anatomy, Comédie sur un quai de gare (théâtre)

Sorties: parc, théâtre

loulou : beaucoup plus facile cette semaine mais il m’a appris que les autres enfants (à part deux) ne voulaient pas jouer avec lui et ça m’a brisé le cœur

msg perso: « tiens, tu ne me contactes pas cette semaine. Bizarre…mais tant mieux, probablement »

amitiés : malade, tantôt, rêve de vacances
essentiel : s’empêcher de trop réfléchir
courses : déjà faites
envie de: fun et de chocolat

zic’:

Clap de fin: 10h16

Le jour où j’ai compris qu’accepter, ce n’était pas se contenter

le-jour-où-j-ai-compris-qu-accepter-ne-voulait-pas-dire-se-contenter

Accepter, c’est abandonner l’espoir que les choses auraient pu être différentes à cet instant précis.  C’est mettre fin à l’insatisfaction permanente de ne pas être là où on voudrait/de ne pas faire ce qu’on voudrait faire. C’est être en chemin vers quelque chose et accepter que toutes les étapes ne soient pas roses mais, parfois, pénibles, avec des creux et même des retours en arrière temporaires. C’est se rendre compte que ce n’est pas parce que ce n’est pas bien maintenant, que ce sera toujours comme ça. C’est comprendre que la vie n’est pas figée et que nous avons un minimum de pouvoir sur elle. Ce n’est surtout pas se contenter.

J’ai mis du temps à intégrer cette importante nuance. J’ai passé une bonne partie de ma vie à me débattre dans mes contradictions, à les somatiser, à tergiverser entre mes aspirations et les attentes de ceux qui m’avaient élevée.

Mes parents sont des personnes que je qualifierais de résignées à leur sort. Il y a des avantages à l’être: on se satisfait de ce qu’on a et on ne va pas chercher plus loin. Or, moi, je suis le contraire. j’ai débarqué dans le monde pleine d’envies, de rêves, de désirs qu’on m’a sommée de taire pour la simple et bonne raison que « ce n’était pas pour nous » (vu que nous venions d’un milieu modeste) ou que j’avais « pájaros en la cabeza », à savoir la tête remplie d’idées farfelues.

Il va de soi que notre entente n’irait pas de soi.

Cela dit, en étant éduquée par eux, leurs messages,  je les ai bien intégrés. Par conséquent, même si je me battais pour réaliser ce en quoi je croyais, il y avait toujours un moment où ça foirait. Pourquoi? parce que je me sentais illégitime dans mes aspirations, coupable face à que je ressentais être des caprices de ma part…et surtout, parce que je m’autosabotais. Je suppose qu’ inconsciemment, je cherchais à rester fidèle à mes progéniteurs, à ne pas les décevoir et surtout, à gagner leur reconnaissance (ce que je n’aurai jamais).

Il m’a fallu trois plombes pour me réveiller et il n’y a, finalement, que quatre ans et ce moment où j’ai vraiment cru y rester à la fin de mon sevrage de drogues légales, que j’ai arrêté de poursuivre cette voie sans issue. J’ai alors cessé de lutter, de vouloir corriger ce qui n’avait pas été et j’ai accepté que ma situation d’ex-droguée légale craignait, totalement, mais que j’étais là et que malgré toutes les séquelles, il n’était pas trop tard pour faire ce qui me tenais à cœur et prendre un train qui aille ou, du moins, s’approche le plus possible de la destination que moi, Elisa, j’avais choisie.  J’ai, peu à peu, appris à me faire confiance (still in progress) et à m’affirmer. J’irais peut-être plus lentement que les autres, je n’emprunterais peut-être pas les mêmes sentiers que la majorité mais je me bougerais et irais vers quelque chose.

Il va sans dire qu’il n’y a pas besoin de venir d’un certain milieu social ni d’être riche  pour ça. Il faut avoir la motivation, l’esprit ouvert, de l’imagination et le sens de la débrouille.

Je ne me prends pas du tout pour un exemple (pour moi, il n’y a vraiment le jour de sa mort que l’on peut se targuer de quelque chose, et encore) en disant ceci mais si j’ai écrit ce texte, c’est que j’ai une raison.  Mon but est de faire passer le message qu’il est dans notre intérêt de ne pas se contenter, de ne pas mener la vie que notre famille ou même la société a projetée pour nous mais de tout faire, pour vivre ce que nous, en tant qu’individu à part entière, nous désirons, réellement vivre. Je me rends compte qu’il nous faut souvent être mis face à nos limites, arriver à des situations extrêmes pour se bouger. Je ne juge personne évidemment, il m’est arrivé la même chose. En revanche, je me demande pourquoi nous ne le faisons pas avant d’arriver à ces situations limites? Pourquoi ne pas se donner la chance de vivre ce qu’on veut, vraiment, avant qu’il ne soit trop tard ou qu’on soit limité? Je tente d’enseigner à mon fils qu’on peut tout essayer, qu’il n’y a pas de frein à l’imagination, aux rêves et aux projets et que si on rate, ce n’est pas grave, car, au moins, on on aura  essayé et le plus important: on ne sera pas bouffés par nos regrets.

Et vous, de votre côté, vous êtes du genre résigné.e ou idéaliste et fonceur.se?

 

le-jour-où-j-ai-compris-qu-accepter-ne-signifiait-pas-se-contenter

 

Journée mondiale contre le cancer, vous avez dit?

journée-mondiale-cancer

Voici un article qui date de l’année dernière et que je re-publie aujourd’hui presque à l’identique. Après l’avoir relu, je crois que je suis peut-être un poil moins en colère. Après l’avoir relu, je me rends aussi compte que je pense plus à tout ça en hiver et je me dis que ce doit être la fatigue et les douleurs plus nombreuses qui font ça. Peut-être un peu le manque de lumière aussi. Ce que j’espère, en tout cas, c’est qu’un jour, ma colère cessera. Il faudra pour cela que je sache avec certitude que les enfants sont réellement mieux pris en charge et que le suivi à très long terme est devenu quelque chose de « normal », qu’on fait systématiquement.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale contre le cancer (euh, comme si on pouvait être pour…)

Ce phénomène de mode des journées mondiales m’énerve au plus haut point, je dois dire.  On y pense un jour et puis, on oublie. Le cancer, c’est plus compliqué car aujourd’hui, presque tout le monde est touché. Dans ses tripes ou dans celles d’un proche.

Perso, je l’ai été dans les miennes et ce n’est plus un secret pour personne depuis à peu près huit ans. Avant, je n’en parlais pas. J’en avais honte, je me sentais coupable. Oui, honte, coupable. Honte d’avoir été faible au point de développer un cancer. Coupable d’être en vie alors que d’autres…Hallucinant, non?

Je vais vous raconter comment sont nés ces sentiments.

J’étais aux portes de l’adolescence quand j’ai attrapé la leucémie. J’avais 11 ans et nous étions fin 1992. Fin 1992, à l’hôpital des enfants de Bruxelles, fallait être fort, les gars. Le personnel soignant n’était pas très cool. Onze ans, t’es grande, ma vieille. Tu dois supporter les piqûres (les 9-10 piqûres dans les veines d’affilée pour essayer de te poser un baxter), les ponctions dans le dos sans anesthésie (bah oui, au bout d’un moment, les relaxants ne font plus d’effet à cause du phénomène d’accoutumance), les séjours prolongés parce que tu n’as pas éliminé toute la chimio jaune (tu apprendras plus tard que les doses qu’on te donne sont trop fortes), l’infirmière qui te dit que tu te fais vomir pour attirer l’attention. Comme si ce n’était pas suffisant, tu dois aussi porter la peine de tes parents et faire comme si de rien n’était devant ta grand-mère, de peur qu’elle ne fasse un arrêt cardiaque. C’est ce que je te disais, en 1992, t’as onze ans, t’es vieille, tu dois être forte.

Tu termines le gros du traitement (la chimio, donc) et on te déclare en rémission. Youpie. Sauf que toi, tu te sens comme une merde. Les gens qui étaient là pendant le traitement disparaissent les uns après les autres et te font bien sentir qu’en fait, t’as pas le droit de te plaindre parce que tu as l’air de t’en sortir, alors que d’autres, tu vois, n’ont pas cette chance. T’as 12 ans, t’es grande. Supporte, ma vieille.

Le sentiment de culpabilité s’installe.

Tu retournes à l’école. On se fout de ta gueule. T’as honte. T’as pas de cheveux: haha, trop drôle. On te fait subir des tas d’humiliations.  Ce sont les enfants, oui, mais aussi les profs, dont ta titulaire, qui te dit d’aller sur l’estrade pour qu’on te pose des questions et qui tente de répondre à ta place (mais n’y arrive pas parce que tu ne la laisses pas faire et que, du haut de tes 12 ans, tu connais mieux le sujet qu’elle). Te voilà devenue un animal de foire. De mieux en mieux.

Tes cheveux poussent, tu changes d’école et tu tentes de te faire toute petite, sauf que t’es quand même absente un mercredi par mois pour cause de « traitement d’entretien » et que peu à peu, les ados boutonneux de ta classe commencent à se poser des questions; sauf que ta titulaire te fait remarquer que c’est pas parce que t’as été malade qu’elle va te traiter différemment (tu viens de le faire connasse et en plus je t’ai rien demandé, moi!), sauf que t’es quand même bien déformée à cause de la cortisone et que, faut être honnête, tu ressembles plus à un extraterrestre venu de Mars qu’à un humain.

Quelques années passent, tu as 16 ans et demi, tu es devenue une mignonne (je vais pas dire belle) jeune fille, tu sors du fameux tunnel des cinq ans et à partir de maintenant, tu as, grâce au ciel, autant de malchance que n’importe qui d’autre de retomber malade. Tu as donc tout pour être heureuse, sauf que tu ne t’identifies pas aux autres jeunes de ton âge, sauf qu’ une amie que tu t’es faite à l’hôpital et ta tante meurent toutes les deux du crabe, l’une après l’autre. Le pire c’est qu’on continue à se demander pourquoi, malgré ton immense chance, tu ne sembles pas heureuse. C’est pas normal, t’es quand même bien faible. Sentiment de culpabilité, honte, vous avez dit?

T’as 18 ans maintenant, tu finis tes secondaires et ouf, tu dis au revoir à l’enfer. En apparence. Car les messages, tu les a bien intégrés. Ils restent enkystés en toi et rien ni personne ne se montre compatissant. « L’empathie, c’est quoi ça?  Dix-huit ans et t’en es toujours à ce stade? Non mais t’es vraiment qu’une faible, ma pauvre! »

On ne sait comment, tu fais de brillantes études et du coup, personne ne s’inquiète (ah parce qu’on s’est inquiétés avant peut-être?), sauf que lorsque tu les termines ces études, tu n’arrives pas à trouver ta place et boum, la dépression te prend par surprise. Le sac-à-dos est trop rempli. Le pire? Tout le monde se demande pourquoi? Il ne t’est, pourtant, rien arrivé d’aussi terrible…d’autres sont morts, alors que toi?

Toute cette histoire pour vous dire que la journée mondiale contre le cancer (comme d’autres journées du style, d’ailleurs) je m’en bats … est une belle farce pour moi. Tout ça pour dire que le discours des adultes selon lequel « Le cancer a changé leur vie », « Le regard sur la vie s’en est trouvé transformé et ils valorisent plus ce qui est important » ne marche pas sur les enfants « aux portes de l’adolescence ». Ce message est tronqué, super culpabilisant, quand t’as personne qui te dit que c’est normal que tu te sentes pas très bien, quand t’as pas un entourage à l’écoute.

Je trouve qu’on parle très peu du « après » en ce qui concerne le cancer pédiatrique. J’ai cherché. J’ai pas trouvé grand chose. On ne parle jamais des séquelles physiques et psychiques. Il n’y pas de suivi. On met un sparadrap sur le corps, on oublie le reste. On considère peut-être encore que les enfants ne se souviennent pas…Les plus petits, peut-être, pas (quoiqu’il existe la mémoire du corps) mais les plus grands? Où est-ce parce que je fais partie de la première génération d’enfants dont beaucoup ont survécu et que personne ne s’est encore retourné sur les dégâts d’une médecine non-holistique? Bonne question.

Alors, en lisant cet article (si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici), il est possible que vous vous disiez « ben, pourquoi elle n’agit pas elle, au lieu d’écrire, puisqu’elle sait si bien de quoi elle parle? » La réponse à cette question est simple: je ressens que ce n’est plus mon combat. Trop de temps a passé, je m’en suis remise pour de bon et ce n’est plus assez « chaud » (malgré les apparences de cet article). Mon but, en fait, avec ce post, c’est de conscientiser les gens, de faire passer le message que « il faut bien faire attention » à ces enfants qu’on n’écoute pas assez, sous prétexte qu’ils ne sont que des enfants et qu’ils vont oublier et/ou qu’ils ont une capacité de résilience supérieure à celle des adultes.

C’est cela oui… Comme le dit une chanson (je ne sais plus laquelle): « on n’oublie jamais rien, on vit avec » parce qu’on n’a pas le choix…

La prévention, la prise en charge complète , les groupes de parole, de soutien…pour adultes,  c’est bien, c’est super même et c’est surtout normal mais n’oublions pas les enfants. S’il vous plaît.

Merci à Albert Espinosa (lien sur « ressources bonheur ») pour ses livres, sa série « Polseres Vermelles » (adaptée même en français sous le titre « Bracelets rouges »), son film (Planta 4) sur le sujet. Merci pour sa façon de penser (si proche de la mienne aujourd’hui).

 

Les états d’esprit du vendredi 1er février 2019

* Le collectif de la vidéo s’appelle tisser des liens et la cheffe de file, c’est mon amie et j’en suis fière #proudfriend

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 1er février (what? mais où est passé janvier?) 2019  – [17:10]

fatigue : fatiguée mais dormi un peu mieux cette semaine
estomac : pain fromage-noix-roquette+ yahourt
cond. phys. : toujours un souci au bras et à l’épaule gauche mais beaucoup moins de douleurs depuis que j’ai arrêté la mélatonine
esprit : satisfait
boulot/projet : en cours

Avis: punir parce qu’on fait une bêtise, tout à fait d’accord, mais alors  faut aussi punir celui qui rapporte la bêtise, parce que à ce que je sache, moucharder, c’est pas bien. Non mais, c’est quoi cette discipline?

culture : La república (suite et fin), HVN (pas terrible mais ça change les idées pendant les insomnies), concert Valentina Diaz (piano), el laberinto de los espiritús de Carlos Ruiz Zafón (je rentre doucement dedans)

Sorties: récital de piano, ikea (ça compte?)

loulou : semaine difficile, beaucoup de mal à se concentrer à l’école (ce gosse dessine plus qu’il ne bosse), se réveille pendant la nuit ou grince des dents (une de ses dents bouge beaucoup, ça a un lien vous croyez?), n’obéit pas et j’ai l’impression que c’est plus fort que lui.

msg perso: merci pour cet excellent moment musical.

amitiés : on se voit lundi.
essentiel : être en accord avec soi
courses : déjà faites
envie de: de me retrouver le sol de ma cuisine (une grosse bouteille d’huile d’olive en verre m’a glissée des mains et a explosé sur le sol)

zic’:

Clap de fin: 17h33

Mon manque d’empathie face aux maladies anodines

mon-manque-d-empathie

Je ne supporte pas les gens qui crient à la mort alors que tout ce qu’ils ont c’est une petite maladie bénigne sans conséquence.s.. Quelqu’un qui se plaint, à longueur de journée,  de son rhume ou qui tire une tête de mourant à cause d’une brève période de fatigue me met hors de moi. J’y peux rien, je suis dure et je ne peux m’empêcher de penser à moi et de comparer leurs plaintes aux soucis que moi j’ai vécus, au fait qu’il y a 25 ans, j’ai éprouvé tellement de douleurs que mon accouchement m’a presque semblé être une promenade de santé, à côté; au fait qu’il n’y a même pas quatre ans, je croyais que je ne verrai pas grandir mon fils suite au désastre de ce qu’avait été mon sevrage de drogues légales et au vu de toutes les conséquences dont je pâtis, pour certaines, encore actuellement.

Je sais que ce n’est pas bien, je sais que personne n’est responsable de tout ce qui m’est arrivé et que je ne devrais pas comparer mais c’est plus fort que moi. Je bous à l’intérieur face à leurs propos débiles et j’ai envie de leur crier dessus « non, mais t’as vu à qui tu parles, là? ». Je trouve, j’avoue, que c’est un manque total de tact et de respect envers ma personne . J’ai envie de hurler mais je ne le fais pas, et à la place, j’abandonne, je coupe court à la conversation ou je change de sujet. Ça peut sembler lâche mais moi, c’est la paix que je cherche et si la paix passe par me taire, alors, dans ce contexte, je le fais.

Le problème , c’est que les gens oublient vite quand ils voient, à votre mine, que vous avez l’air bien. Le problème, c’est surtout qu’ ils ne peuvent pas se mettre à la place d’une personne qui en a vécu des vertes et des pas mûres et ce, peu importe le sujet. Peut-être qu’à moi aussi, même si je suis très prudente , il m’arrive de commettre des impairs face à ce que je ne connais pas. Je suis loin d’être parfaite. Cependant,  en général, je préfère écouter, poser des questions si je sens que la personne a envie de partager et éviter un maximum de déblatérer au sujet de mes plaintes ridicules devant une souffrance que je ne peux pas concevoir. Je connais trop la merde pour en rajouter une couche sur celle des autres, si vous voulez.

On m’a quelques fois reproché mon manque de tolérance. On m’a déjà sorti des phrases du style »ce n’est pas parce que tu as vécu des choses bien pires, que tu ne peux pas être plus agréable envers les plaintes des gens qui ont des soucis de santé moins graves » . Parfois, je me dis que c’est un comble et d’autres que ceux qui disent ça, ont peut-être raison: à dire vrai, le fait est que moi non plus, je ne peux pas faire preuve d’empathie envers ce que je ne connais pas. Je ne comprends pas qu’on puisse se noyer dans un si minuscule verre d’eau et je me dis qu’il s’agit, probablement, de l’autre face de la monnaie.

mon-manque-d-empathie

Les articles et émission que j’ai préférés

mes-articles-et-émission-préférés

Salut les gars,

Comme cela fait un moment que j’ai envie de vous parler de mes articles (blogs, presse, etc) et de mes émissions coups de cœur, j’ai décidé, en ce début 2019, d’ouvrir une nouvelle rubrique à laquelle je consacrerai un post chaque fin de mois. J’espère que l’idée vous plaira.

Le 1er janvier (ben oui, on ne chôme jamais ici), je suis tombée sur ce superbe article qui décrit l’hypersensibilité comme je la ressens au quotidien. Dans ce cas, normal qu’il m’ait fait de l’oeil vous me direz.

Le jour suivant, j’ai été attirée par cet article érotique. Simple et jouissif.

Le cinq du mois, ce texte  traitait d’une théorie à laquelle j’adhère depuis mes études supérieures sans jamais la partager avec personne.

Le 9,  cette liste m’a aidée à concocter ma PAL 2019.

Le 18 janvier est arrivé et omg, je suis tombée sur cette  recette de limoncello (oui, je plaide coupable, j’ai un faible pour cette liqueur) que je vais m’empresser d’utiliser dès que j’aurais un peu plus d’énergie.

Le 21, j’ai lu cet article très intéressant et bien documenté sur la sexualité consciente. Merci qui? Merci Rosa.

Le 26 janvier, je suis tombée sur ce texte comparant empathes et  hypersensibles. SPOILER: j’ai eu la sensation de me retrouver moit-moit dans les deux.

Enfin, le 27, je ne sais plus comment, je ne sais plus où, j’ai vu défiler l’intitulé de cette émission que je ne regarde jamais et j’ai cliqué sur le lien. Je ne regrette pas car le handicap y est présenté sous un angle beaucoup plus positif que d’habitude. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à la visionner.

Et voilà, c’est tout pour janvier. J’espère pouvoir vous montrer une liste encore plus riche le mois prochain.

N’hésitez pas à partager vos propres coups de cœur en commentaire.s.

 

articles-et-émission-coups-de-coeur

PS: cette liste reprend l’ensemble des articles et émission que j’ai partagés sur ma page FB au cours du mois de janvier 2019.

 

 

Etats d’esprit du vendredi 25 janvier 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 25 janvier 2019  – [10:00]

fatigue : au top
estomac : petit dèj en cours
cond. phys. : mieux malgré tout. J’ai été à ma 2ème séance de yoga lundi et ça m’a fait un bien fou…
esprit : pas encore libéré mais j’espère bientôt
boulot/projet : Bientôt

Avis: Vraiment, partenamut c’est plus ce que c’était

culture : La república (suite), Plan coeur ( c’était mignon, n’empêche que je sais pas si je reparle un jour à mes copines si elles me font ça), HVN (pas terrible mais ça change les idées pendant les insomnies), L’éloge de la lucidité de Ilios Kotsou (je vous le conseille)

Sorties: chorale, bois (il faisait caillant mais c’était très chouette).

loulou : heureux de pouvoir jouer avec la neige; a encore pleuré quand il a compris qu’on ne retrouverait, probablement, plus jamais George; me laisse sa place dans les transports; s’est réveillé trop tôt et au lieux de venir dans ma chambre, il est resté dans la sienne et a terminé son livre#proudmum ; fait de son mieux pour bien se comporter

msg perso: « ah oui, là t’as fait fort. T’en as vraiment rien à battre de ce que je peux ressentir. Je vais continuer à jouer ton jeu, encore un peu. On verra bien (et je dois faire très attention car la manip’, c’est pas mon truc) ».

amitiés : vendredi, dimanche, lundi
essentiel : sortir de l’emprise des gens
courses : aubergine, oignons
envie de: revoir le soleil. La dose du week-end dernier a vraiment été toute petite.

zic’:

Clap de fin: 10h20

La prise en charge idéale

la-prise-en-charge-idéale

Il y a quelques jours, je vous ai parlés de mon rendez-vous avec mon ancienne oncologue. Je vous ai fait part de mon émotion mais aussi de ma déception concernant ce qui m’a semblé être du déni de médecin.

J’ai beaucoup réfléchi à cette rencontre, confronté mes souvenirs, discuté avec ma mère et j’en ai déduit que pour pouvoir m’en sortir sans séquelles, ou en tout cas, beaucoup moins que celles dont j’ai souffert et dont je souffre, possiblement, encore aujourd’hui, ma prise en charge aurait du être bien différente.

En ce qui concerne les traitements, j’aurais aimé qu’on m’explique clairement, avec des mots adaptés, comment il allait se passer, qu’on me parle des effets secondaires, sans tabou, qu’on garde consigné quelque part d’accessible le nom et le type de chimios que j’allais recevoir, et par extension, qu’on informe mieux mes parents.

J’aurais voulu qu’on me considère comme une personne, pas comme un amas de symptômes et qu’on me respecte. Me piquer dix fois pour trouver une veine, interdit. On aurait pu me mettre un port-a-cath beaucoup plus tôt et pas attendre 4-5 mois que mes veines deviennent inutilisables. Je serais bien moins traumatisée, aujourd’hui, et je ne tremblerais sûrement pas comme une petite fille à chaque fois que je vais me faire faire une piqûre. S’asseoir en califourchon sur moi pour que je ne bouge pas pendant une ponction lombaire, passible de peine de prison. J’avais 12 ans, mes parents n’étaient pas là et un infirmier qui fait ça, ce n’est pas NORMAL. Me dire que j’aime me faire l’intéressante quand je vomis, conduire au licenciement immédiat.

J’estime que des massages (je sais que ça peut passer pour un luxe) n’auraient pas été de trop entre deux hospitalisations. Ils auraient apaisé un corps meurtri par les séances de chimio (il paraît que ça existe maintenant).

En rapport au suivi psychologique, j’ai pensé qu’un.e ex-patient.e, survivant.e de cancer pédiatrique lui/elle-même, formé à l’accompagnement serait bien plus efficace qu’ un psychologue qui ne connait souvent que du sujet la théorie. Je sais que ce type d’accompagnement existe aux États-Unis. A quand l’importation de l’idée?

Au niveau de l’école, il faut aussi faire quelque chose. Permettre à l’enfant malade de revenir progressivement et surtout, surtout, apprendre la tolérance envers ce qui est différent depuis le plus jeune âge. Je constate qu’à ce niveau-là, rien n’a vraiment changé en vingt-cinq ans et cela m’attriste car les valeurs sont aussi importantes que de savoir écrire ou compter. Je sais que les parents ont aussi une part de responsabilité dans l’affaire mais je sais aussi que bien souvent, ce qui est construit à la maison est déconstruit à l’école. A l’école, il y a 25 gosses par classe, 25 gosses qui viennent avec leurs propres bagages, leurs propres éducations et des professeurs pas toujours sensibilisés ou même sensibles (à nouveau, je ne dis pas que ce soit le cas de tous et je sais qu’il y en a des très bien).

En rapport avec les effets secondaires à long terme, le minimum aurait été de m’annoncer que la fonte des muscles est une conséquence directe d’un traitement par chimio. Quand j’étais ado, j’étais crevée, incroyablement, molle et je ne comprenais pas pourquoi. Personne ne nous avait prévenus de rien. Je n’étais pas sportive mais je sais que si j’avais eu cette information, mes parents m’auraient aidée à entreprendre quelque chose pour renforcer mes muscles.

Enfin, quant au suivi à très long terme, considérer qu’il s’agit de quelque chose de normal au lieu de faire comme si j’étais une extraterrestre qui débarquait de la planète Mars avec mes questions. Des associations existent en France et dans d’autres pays, pourquoi ici ou du moins en Belgique francophone, on fait comme si ceci n’était pas important?

Ex-docteur en chef qui a dit que pour toi le plus grave n’était pas qu’un enfant meurt (fais-avaler-ça-à-ses-parents) mais qu’il soit mal pris en charge, sache que moi je suis bien vivante mais que la mienne de prise en charge a, clairement, laissé à désirer, dans bien des aspects. Les choses auraient changé apparemment, je l’espère vraiment.

la-prise-en-charge-idéale

 

 

Un lundi soir dans le noir …

un-lundi-soir-dans-l-histoire

Il est 23 heures. Le spectacle est terminé. Je m’apprête à rentrer à la maison.

Seule. Oui, seule.

Il pleut. C’est la nuit. Il fait sombre. Très sombre.

Je ne suis pas tranquille. Pas tranquille.

J’ai le choix entre un raccourci où il n’y a pas un chat et une large avenue illuminée. Je prends la large avenue, bien sûr. Bien sûr.

Il y a encore des gens . Un groupe de filles. Je me colle à elles. Du moins, autant qu’elles me laissent. Qu’elles me laissent.

J’essaye de me faire toute petite.

J’arrive à la station de métro. Il y a des clochards avec ou sans chien, avec ou sans canette de bière et des migrants assis parterre.

J’accélère. J’accélère.

Par chance, l’arrêt est bondé.

On ne me verra pas. Non, on ne me verra pas.

J’attrape le métro, descends pour prendre mon bus. Il n’y a personne. Pas même les gardes.

Je me cache. Oh oui, je me cache.

Je vois ma voisine. Je me mets près d’elle. Je ne l’aime pas mais au moins à deux, on sera mieux. Forcément, oui, on sera mieux.

Le bus arrive. Je monte. On dénombre dix passagers. Huits hommes, deux femmes.

Je me trouve une place, sors mon smartphone, mes écouteurs. Et je m’envole. Je disparais.

Cinq arrêts plus tard, je suis chez moi. Heureusement, mon immeuble n’est pas très loin. Pas très loin.

Je pique un dernier sprint et m’y voilà.

Il est 23h42.

Ouf, encore un soir où il ne s’est rien passé. Non, rien passé.

Et pourtant, j’avais la peur au ventre. Et pourtant, je suis soulagée. Et pourtant, je suis habituée.

 

un-lundi-soir-dans-histoire

Les états d’esprit du vendredi 18 janvier 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 18 janvier 2019  – [9:18]

fatigue : deuxième semaine à dormir à peu près 2 heures par nuit et à des heures qui sont plus proches du matin que de la nuit…du coup, je sais même plus où j’habite.
humeur : inquiète
estomac : petit dèj en cours
cond. phys. : épuisée, maux de tête dus à la fatigue
esprit : en rechute
boulot/projet : remis à plus tard

Avis: les gens ils peuvent pas m’envoyer ça

culture : La república, 14 de abril (genre de spin-off de la Señora), la verdad (fin trop nulle mais je devais m’y attendre, les Espagnols ne savent pas terminer une série), El laberinto de los espíritus de Carlos Ruiz Zafón (beaucoup de mal à rentrer dedans et ça m’attriste: ai-je changé ou est-ce moins bon ?(le 1er opus de la saga de 4 est sorti en 2001)), Plainte contre x (vraiment très bon, super performance de l’actrice)…

Sorties: théâtre et pas grand chose d’autre

loulou : continue à tout oublier, à tout perdre et pourtant, il a l’air bien…

msg perso: tu peux pas m’envoyer ça! ça, existe oui et j’y crois mais tu n’as pas le droit de m’envoyer ça…

amitiés : tantôt, dimanche
essentiel : se réchauffer
courses : avec le petit
envie: de plus que de mots et il est bien là le problème

zic’:

Clap de fin: 9h29

Tu as perdu George, mon coeur

tu-as-perdu-george-mon-coeur

George, c’était ton petit singe.

George, c’était ton doudou. Enfin, pas vraiment ton doudou parce que quand tu l’as eu, c’était trop tard, dans ta vie, pour qu’il soit considéré ainsi.

George, il a permis de maintenir le lien entre nous quand je ne pouvais même pas te prendre dans mes bras à cause de ces sales douleurs, partout, dans mon corps.

George, c’était notre marionnette. Je parlais pour lui et tu lui faisais vivre plein d’aventures.

George, on lui a inventé une histoire. Il avait un an et des poussières de plus que toi, venait de Gibraltar où parfois, quand tu le laissais, il retournait voir sa mamie-chérie.

George, tu l’emmenais partout. Chez papa, chez l’abuela. Il a visité plus de pays que tes grands-parents maternels.

On en aura passé des soirées à jouer avec lui. Tu lui auras même construit deux maisons.  George, pour toi, c’était Woody dans Toy story.

Tu l’aimais tellement ton George que parfois, je devais m’assurer que tu te souvenais encore qu’il était une peluche et pas ton frérot.

George et nous, c’est fini, parce qu’hier, dans le bus, tu l’as oublié.

Quand je l’ai remarqué, tu m’as demandé si ce n’était pas à nouveau une de mes blagues et lorsque je t’ai répondu que non, tu t’es mis à sangloter. « Oh non, pas George, c’est mon jouet préféré » que tu as articulé. Tu es revenu plusieurs fois en larmes dans l’après-midi et je t’ai dit que peut-être il valait mieux que tu apprennes à vivre sans lui mais que si c’était trop dur, nous trouverions une solution.

« Oh non pas George » et pourtant, je me dis que c’est peut-être la fin d’un chapitre . Le temps est peut-être venu de laisser ton petit singe et cette partie de ton enfance derrière nous. Tu grandis mon fils. La preuve, depuis quelques jours, tu joues déjà seul dans ta chambre avec tes cd de rock en background.

Tu grandis mon bonhomme et je me demande, au final,  à qui de nous deux la disparition de George aura fait plus de mal.

 

 

J’ai lu  » En finir avec la culture du viol » de Noémie Renard

J-ai-lu-en-finir-avec-la-culture-du-viol

Pitch: En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises ont subi une telle agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée d’un iceberg : celui des violences sexuelles. Chaque jour, que ce soit à la maison, au travail ou dans la rue, des femmes sont agressées sexuellement ou harcelées. Ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance et limitent la liberté par la peur qu’elles instaurent. Elles constituent une atteinte aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.
Ces violences sexuelles n’apparaissent pas spontanément. Elles ne font pas non plus partie de la  » nature humaine  » ou de la  » nature masculine « . Elles ont des causes sociales – impunité des agresseurs, idées reçues sur la sexualité – et ne sont donc pas une fatalité. C’est pourquoi il est important d’identifier les éléments culturels qui servent de justifications et de terreau à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d’y mettre fin.
Nourri de notions nord-américaines développées depuis 40 ans et enfin rendues accessibles en France au grand public, s’appuyant sur nombre de situations concrètes, ce livre s’adresse à toutes celles et à tous ceux qui se sentent concernés par l’ampleur du problème et refusent que notre société se résigne à cette situation. Les petits matins

Mon avis: Ce livre est bien écrit, très documenté et j’y ai appris des choses. Deux choses qui m’ont marquées d’ailleurs et qui ne sont peut-être pas celles qui sautent aux yeux directement.

La première, que le violeur, dans la plupart des cas, était très loin de l’image mentale que nous nous en faisions, qu’il n’a souvent rien à avoir avec le type peu fréquentable qu’on rencontre le soir tard dans la rue lorsqu’on est seule, en mini-jupe (faut pas l’oublier celle-là) mais qu’au contraire, il porte le plus souvent le costume du mec bien sous tout rapport, qu’on connait parfois bien ou même celui d’un membre de la famille (père, oncle, frère, cousin copain, compagnon, mari, voisin, la liste est longue). Je vais peut-être vous paraître naïve mais je vous avoue que même si ça peut paraître évident pour certain.e.s, personnellement, je n’avais jamais envisagé la chose comme telle.

La deuxième porte sur ce qu’on appelle la coercition sexuelle graduelle et parle de tous ces « petits actes » (pression verbale, utilisation de substances toxiques, de la force, etc) qui sont exercés en vue de forcer la volonté sexuelle d’une personne réticente à l’acte ou à certaines pratiques. Certaines femmes racontent s’être senties dépossédées de leur corps, avoir été prises pour un objet ou pour un morceau de viande.

L’affaire Weinstein a libéré la parole de beaucoup de femmes et le droit chez moi de me dire « féministe » ou plus justement « pour l’égalité des sexes ». Depuis, je me suis beaucoup informée. C’est normal, je suis une femme, vous allez me dire. Oui mais, toutes les femmes ne se sentent malheureusement pas concernées. J’en connais qui pensent que cela n’a rien à voir avec elles, que ce sont les affres d’hystériques en mal d’amour ou d’autres qui sont dans le déni de choses graves qui leur sont arrivées, tout en portant encore en elles, la honte et le malaise. C’est dingue, je trouve.

Malgré tout,  j’ai l’impression que même si nous vivons encore largement dans des sociétés patriarcales qui ont de beaux jours devant elles,  depuis un an et demi , les personnes qui discréditent les féministes sont moins prises au sérieux, un peu plus remises en cause.

Personnellement et je vais terminer là, je reste persuadée que la révolution ne pourra avoir lieu que si toutes les femmes se solidarisent entre elles et que si les hommes nous rejoignent dans ce combat. Je vois difficilement comment il pourrait en être autrement.

Bref, pour en revenir au livre, disons qu’il est à mettre entre toutes les mains des personnes que vous connaissez et plus particulièrement, devant les yeux de ceux et celles qui disent ne pas se sentir concerné.e.s.

Les états d’esprit du vendredi 11 janvier 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

 

[jour Vendredi 11 janvier 2019  – [9: 42]

fatigue : je dors en moyenne deux heures par nuit depuis une semaine…alors, à votre avis?
humeur : ça va
estomac : en train de petit déjeuner
cond. phys. : je répondrai dans une semaine…
esprit : en vadrouille
boulot/projet : peut-être que j’en parlerai la semaine prochaine.

Avis: la législation, parfois (souvent?), elle est un peu ridicule.

culture : la Señora (suite et fin: je ne comprendrai jamais cette fin, snif snif), En finir avec la culture du viol de Noémie Renard (je vous en reparlerai), El laberinto de los espíritus de Carlos Ruiz Zafón (début), et c’est tout, ma foi.

Sorties: Pas grand chose cette semaine

loulou : reprise un peu difficile début de semaine mais ça a l’air d’aller mieux. Espérons que ça se confirme.

msg perso: je sèche

amitiés : début de semaine, fin de semaine prochaine
essentiel : se réjouir
courses : toute à l’heure
envie: que le temps s’éclaircisse et que les journées s’allongent

zic’: voir ci-dessus. Alors c’est pas vraiment ce que j’appellerai de la bonne musique mais ça a le mérite d’être clair et engagé

les-états-d-esprit-du-vendredi-11-janvier-2019

Clap de fin: 9h59

J’ai revu mon oncologue 20 ans plus tard

j-ai-revu-mon-oncologue-vingt-ans-plus-tard

Je n’avais pas du tout prévu ce rendez-vous. Ce n’était pas un projet. D’ailleurs, cela faisait 20 ans que je n’avais pas remis les pieds dans ce bâtiment.

Ce sont mes douleurs osseuses, articulaires, rhumatismales (en fait, je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir faire identifier le type de douleurs dont il s’agit), ma mauvaise respiration des dernières semaines, mon manque de crédibilité auprès des médecins depuis  ma dépression et un article sur les possibles séquelles dues à la prise d’un type de chimio  pendant ma leucémie qui m’ont menée à chercher à avoir accès à mon dossier. Mon but:  faire le lien, si tel lien avait lieu d’être,  entre mon traitement et les bizarres symptômes dont je souffre actuellement.

J’ai contacté l’hôpital et à ma grande surprise, c’est la professeure qui m’a soignée en 92-93 qui m’a répondu. Si mes souvenirs sont bons, c’est elle qui a parlé de se revoir.J’ai accepté et le rendez-vous a été fixé au 4 janvier 2019.

Le 3 janvier, je me demandais déjà si ça valait la peine de se confronter à un tel fantôme et regrettais ma décision. J’étais certaine que rien de concluant ne sortirait de cette entrevue.

Le 4 janvier, après une miraculeuse bonne nuit de sommeil, j’y suis allée le cœur à l’envers. J’étais stressée comme si j’allais passer un examen et j’avais peur que les flashs du passé ne m’assaillent. J’oubliais qu’entre temps, j’étais devenue bien plus forte 🙂

J’ai aimé ce que j’y ai vu. Même si, forcément, le bâtiment avait vieilli et pas changé, l’entrée et la cafétéria avaient été modernisés, ce qui rendait l’hôpital plus accueillant. Les couleurs des murs étaient plus joyeuses que dans mon souvenir et le personnel agréable. A partir du moment où j’ai donné le nom de qui je venais voir et qu’il devenait alors facile de savoir de quoi j’avais souffert, les agents à l’accueil et la secrétaire m’ont fait sentir comme l’héroïne qui avait délivré tout un pays du mal ou une star manquait plus que le tapis rouge de Cannes. Vous trouverez sans doute que la comparaison est étrangement choisie mais en fait non, car  c’est, véritablement, la sensation que j’ai eu, et ce, même si, en vrai, je sais qu’à leurs yeux, je représentais la force, l’espoir et la gratitude vis-à-vis de la professionnelle qui m’avait prise en charge, 26 ans plus tôt.

Je suis montée à l’étage après m’être enregistrée et j’ai attendu. Pas longtemps. « Ma » docteure est vite sortie et m’a reconnue. D’ailleurs, en rentrant dans la salle de consultation, elle m’a confirmé qu’elle  avait su directement qui j’étais à mon sourire. Je l’ai cru parce que j’ai un sourire qui transforme, totalement, l’expression de mon visage qui semble plutôt fermé lorsque je suis sérieuse, et que de toute façon, malgré les années qui passent, je ne change pas des masses. Les « retrouvailles » ont été remplies d’émotion, je crois. C’était si étrange comme situation (le suivi à très long terme n’existe pas en Belgique et est tout nouveau en France).

Nous sommes vite rentrées dans le vif du sujet, si je puis dire et ce que j’étais venue chercher comme information.

A mes questionnements, elle a répondu qu’encore aujourd’hui, il existait très peu d’études qui portaient sur les séquelles à long terme des adultes qui avaient été atteints par un cancer pédiatrique et qu’elle ne pouvait, par conséquent, absolument pas répondre à la question de savoir si ma « petite santé » était due à la leucémie ou pas mais que dans tous les cas, mes symptômes ne répondaient pas du tout à ce qu’on avait « déjà » pu observer.

Chose qui m’a choquée et surprise: elle a mis en doute le fait que certains traitements puissent véritablement avoir un impact sur la fertilité des femmes ayant été traitées pour un cancer pédiatrique, alors que c’est scientifiquement prouvé. Ses arguments: que le pourcentage de femmes stériles étaient le même chez les ex-cancéreuses que chez les autres.

Je me suis aussi rendue compte qu’elle ne saisissait pas ce qu’était une dépression dans la mesure où elle a à nouveau utilisé les statistiques et le même exemple pour parler des gens qui avaient été traités pour une dépression après un cancer. A l’entendre, c’était comme si les gens pouvaient penser que les traitements provoquaient la dépression, alors que non, ce sont les conséquences sociales, familiales, économiques et physiques qui sont à remettre en cause. Je lui ai parlé de ma perte de crédibilité face aux médecins depuis ma dépression et elle m’a affirmé qu’elle ne doutait absolument pas de ce que je lui disais. J’avoue qu’au vu de ce qu’elle venait de me sortir, la croire s’est avéré impossible.

Heureusement, comme la vie, c’est pas que du noir, on a également échangé sur les avancées majeures quant à l’évolution de la prise en charge et du traitement depuis le début des années 90. J’ai été ravie d’apprendre qu’aujourd’hui:

  • il est beaucoup plus facile de déceler dans quels cas un enfant ne vas répondre à tel ou tel traitement pour ainsi pouvoir l’adapter. On s’approche d’un traitement personnalisé et c’est tant mieux.
  • que l’avancée dans le traitement des symptômes tels que les nausées et vomissements avait été spectaculaire depuis la découverte et l’utilisation de certaines molécules. Je me souviens avoir passé des semaines dans les chiottes.
  • que les enfants bénéficiaient d’un bien meilleur suivi psychothérapeutique qu’à l’époque. Ce qui à mon avis contredit ses dires sur le point « dépression » que j’ai développé plus haut) .

Malgré le fait que j’ai bien senti qu’elle ne comprenait pas où je voulais en venir, j’ai beaucoup aimé la revoir. J’ai ressenti qu’elle était dans la bienveillance, vraiment prête à m’aider si besoin et disponible malgré sa fonction et son emploi du temps bien chargé. D’ailleurs quand je l’ai remerciée pour ces 55 minutes qu’elle m’avait accordée, elle m’a dit que c’était plutôt à elle de me remercier dans la mesure où selon elle,ce sont ce genre d’échanges qui leur permettaient à, eux, professionnels,  d’évaluer et de mieux appréhender ce qu’il restait encore à faire pour améliorer la prise en charge des enfants. Enfin, elle a terminé en me félicitant d’être « là » et surtout, si bien « plantée dans la vie » malgré tout.

En fin de compte, je suis ressortie avec une bien meilleure image que je n’avais de l’hôpital dans lequel j’ai été soignée il y a déjà 26 ans.

j-ai-revu-mon-oncologue-vingt-ans-plus-tard

 

 

Que faire de cet espace?

que-faire-de-cet-espace

C’est la question que je me suis beaucoup posée fin de l’année dernière (Pour ceux qui ne seraient pas encore passés, psychologiquement, à l’an 19, l’année dernière = 2018).

Il est vrai qu’après avoir raconté mon histoire (en partie; on ne s’écrit jamais totalement)) et expliqué les techniques, les prises de conscience qui avaient fonctionné sur moi pour me remettre, je me suis sentie mieux. Je l’ai dit. J’avais l’impression d’avoir déposé un lourd poids et qu’il ne m’affectait plus outre mesure – et ce, même si toutes ces expériences ont fait, en partie , de moi, ce que je suis aujourd’hui.

Après cette longue série d’articles, j’ai traversé une panne d’inspiration ou plutôt disons, une période inspiration aléatoire. Une semaine, j’en avais assez pour écrire quatre articles et d’autres, à part les eev, je ne voyais pas. Je n’ai pas une vie si trépidante que ça (même si…) et je n’ai pas envie de me raconter dans les moindres détails.

J’ai beaucoup réfléchi ces dernières semaines sur ce que j’allais faire du blog, sur comment  j’avais envie de poursuivre (parce que j’ai envie de poursuivre) et il en est ressorti que:

  • je ne me forcerai pas. J’ai toujours envie d’écrire (j’écris d’ailleurs tous les jours hors de cet espace) mais je ne m’obligerai pas à tenir un calendrier. Si l’envie, l’inspiration et le temps sont là, super, si ce n’est pas le cas, tant pis.  Par ailleurs, je pense que je vais changer quelques noms de catégories et investir de nouveaux sujets en plus ou à la place de ceux déjà abordés. J’en ai envie et j’en ressens le besoin.

 

  • je vais m’éloigner d’Hellocoton. Je suis (re-) arrivée à la même conclusion que beaucoup: HC a ses favoris et les sujets et/ou les blogueurs sélectionnés pour la Une sont souvent les mêmes. J’en ai marre et je ne vais plus être assidue sur la plateforme. Par conséquent, si je ne like plus vos articles via HC, ne soyez pas vexé.e.s, ça veut, juste, dire que je ne passe plus, forcément, par là pour vous lire, mais que je vous lis quand même. En même temps, je n’ai plus accès à mon compte depuis au moins 15 jours, alors…

 

  • je veux et je dois améliorer le design. Il commence à me piquer les yeux. Le hic, c’est que je n’ai pas d’affinités avec le blog design, que j’ai besoin d’aide et que je n’ai ni l’envie ni les moyens d’investir une fortune pour le changer et m’acheter un nom de domaine.

 

  • je ne suis, décidément, pas faite pour les réseaux sociaux.

J’avais essayé Instagram en 2017 avec un compte privé et j’ai tenu un mois. Je trouvais ça fake et en même temps, je sentais bien que j’étais prise dans un tourbillon d’envie en voyant des publications avec des mises en scènes et des paysages plus alléchants les uns que les autres.

J’ai ouvert un compte FB pour ce blog et je n’y fait pas grand chose…mais je souhaite le garder car mes articles y sont relayés et c’est aussi là où je partage des articles de presse ou d’autres blogueur.se.s qui ont retenu mon attention et qui me plaisent.

J’ai tenté l’aventure Pinterest. En novembre, je me suis dit pourquoi pas et je me suis créé un compte. Fin décembre, j’en ai déjà eu marre et l’ai abandonné. Peut-être que je passe à côté de quelque chose de « wow » mais sérieusement, je ne comprends toujours pas l’intérêt de ce truc. En tout cas, moi, ça m’ennuie.

Je ne sais plus si j’ai craqué pour Twitter mais si tel est le cas, sachez que j’ai du l’utiliser, tout bonnement, une fois.

Vous l’aurez deviné ou compris depuis longtemps, je suis une blogueuse en carton qui revient et qui repart mais qui aime écrire, aime vous lire et faire de  » vrais » commentaires. Par conséquent, je compte continuer, même si différemment.

Encore une fois bonne année. I love you. Bon ok, j’exagère, je ne vous connais pas en vrai mais j’apprécie fortement l’échange que nous avons.

que-faire-de-cet-espaceA bientôt!

Les états d’esprit du vendredi 4 janvier 2019

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

Adiós les fêtes, adiós. I’m so relieved…

[jour Vendredi 4 janvier 2019  – [11: 23]

fatigue : ça va malgré un réveil bien matinal (j’ai dormi presque 7 heures, yes!)
humeur : ça va
estomac : petit bout de chocolat
cond. phys. : mal au milieu du dos
esprit : décante
boulot/projet : dans les prochaines semaines

Avis: quand on annule une activité, on prévient. C’est la moindre des choses…

culture : la Señora (binge-watching absolu depuis Noël, faut que je me remette à l’anglais bor***), Mia et le lion blanc ( je le recommande), biographie de Simone Veil (déçue, parle trop de politique), Trainworld, La verdad, Vivir sin permiso, Gros mensonges (théâtre)

Sorties: ciné avec le loulou, théâtre avec M., trainworld avec le loulou et ma mère,

loulou : un peu trop gâté pour son annif, un peu plus difficile quand on est en groupe, a appris à lacer ses chaussures, continue à me poser des questions qui me laisse sans voix, semble commencer à apprécier la lecture.

msg perso: « tu m’as écrit les plus jolis mots que j’ai reçus cette année (en même temps, on est le 4 janvier haha) et je me demande encore pourquoi »

msg perso2: merci encore de m’avoir reçue, je ne me rendais pas compte à quel point j’avais été bien prise en charge »

amitiés : occupée à m’éloigner doucement de l’une d’entre elles, revois bientôt les autres
essentiel : s’entourer de personnes bienveillantes
courses : demain
envie: d’une année remplie de surprises positives (c’est bateau mais c’est cool, non?)
‘zic :

Clap de fin: 11h46

Les états d’esprit 2018

Aujourd’hui, je prends mes libertés et j’adapte le formulaire de The Postman et Zenopia à l’année qui termine de s’écouler. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas.

[jour Vendredi 28 décembre 2018  – [15: 37]

fatigue : présente mais…. j’ai vraiment pris conscience que je me fatiguais beaucoup plus vite que la moyenne des gens de mon âge et paradoxalement, cette année, j’ai retrouvé un semblant de sommeil…A quoi c’est du? je ne sais pas. Est-ce que le neurofeedback aurait eu des effets retardés? Est-ce la prise de mélatonine dont j’ai du adapter le dosage à plusieurs reprises? No idea. Dans tous les cas, j’espère que ça va continuer.

humeur : j’ai vraiment connu des moments heureux, de légèreté, dus à rien de particulier ou à rien de précis dans tous les cas. Ce fut assez constant jusqu’à la mi-novembre. Depuis, c’est up and down.

estomac : grosse crise en avril-mai. Au point que j’ai cru devoir retourner passer une gastroscopie…La soupe de légumes dont je me suis gavée même en été m’aura sauvée. Depuis, je dois faire attention, comme toujours, mais ça reste sous contrôle.

cond. phys. : j’ai alterné les journées avec et sans douleurs, surtout depuis le neurofeedback. J’ai l’épaule gauche en miettes. Quelques carences…bref, c’est pas la joie.

esprit : vif, toujours, malgré tout

boulot/projet : j’ai du mettre des choses en suspens et stopper ma propre progression pour pouvoir m’occuper de la santé de mon fils et des soucis de l’appart. Je ne peux pas tout faire, malheureusement.

Avis: je pense que la palme reviendra à toutes ces histoires de commerçants bruxellois pas aimables. C’est à tel point que je me dis que je vais noter quelque part le nom de la personne ou de l’établissement où je serais tombée sur quelqu’un d’ aimable et agréable.

culture :  beaucoup de cinéma, moins de musique (un festival quand même), de jolis voyages ou escapades (Alicante, Barcelone, Bruges, Lugano, Côme, Lucerne, Freiburg (D), Strasbourg, Varsovie, Cracovie), un peu de musées, l’une ou l’autre expo, des tas de séries, de livres …

Sorties: beaucoup quand même, avec le kid, sans le kid mais souvent avec le kid. Je profite dès que j’ai un regain d’énergie et que le temps n’est pas trop pourri (en 2018, nous avons eu de la chance à ce niveau-là).

penser à : m’occuper de moi, trouver un moyen d’aller de l’avant

loulou : heureux, drôle, affectueux,  a appris à lire, à écrire, dessine de mieux en mieux, a un sacré caractère, est plus sociable avec les enfants même s’il continue à avoir une préférence pour les adultes, bouge mieux même s’il y a encore du boulot, a une passion pour les dino, pour la nature, s’interroge sur beaucoup de choses, notamment, les origines de la vie…

amitiés : moins vues certaines, m’en suis fait de nouvelles, ai compris pourquoi je n’arrive pas à considérer cette personne comme ma meilleure amie alors qu’on a partagé tant de choses.

essentiel : l’amour et la santé, j’en suis sûre

love: je suis restée seule cette année. C’était un choix, malgré les rencontres, malgré la réapparition du fantôme. Ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé mais qui s’est imposé. J’en avais besoin après plusieurs expériences très foireuses. Je crois que je suis prête pour du « move »  (positif please) désormais.

envie: d’avancer, toujours. De renouveau pour cet espace…

‘zic : coup de coeur de la semaine (si on m’avait dit que je mettrais la vidéo d’un rapeur un jour haha).

2018, l’année de petits pas. En ce qui concerne 2019, j’ai déjà quelques petits projets mais comme je suis superstitieuse, je préfère ne rien dévoiler pour l’instant…

Je vous laisse. Bonne année!

Clap de fin: 15h59

Sept

SEPT

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire mon chou (au chocolat, toujours au chocolat) et je ne vais pas faire de long (s) discours. A la place, on a organisé une belle fête avec un bon gâteau et des bougies un peu spéciales (surprise, surprise :-)). Il y a des cadeaux qui t’attendent aussi, mais pas trop, et puis, surtout tes personnes favorites autour de la table: ta famille. Oui, car tu m’as dit vendredi que pour toi, le plus important dans ta vie, c’était ta famille (Les déclarations comme ça, ça c’est vraiment toi).

Trêve de blabla. J’ai dit que je la ferai courte et je tiendrai ma promesse. Place à la fête maintenant. Bon anniversaire mon bébé (ok, plus bébé depuis longtemps) Noël , mi muñeco. Te quiero.

J’en profite pour souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année à tous mes fidèles lecteurs (spécial dédicace à mon.ma fidèle lecteur.rice de Norvège qui ne décline pas son identité et puis, à vous de Pologne qui avez, étrangement (ou pas), commencé à me suivre à mon retour de Pologne, justement).

Je vous laisse. A vendredi.

Les états d’esprit du vendredi 21/12/2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 21 décembre 2018  – [9: 51]

C’est l’hiver! Au revoir l’automne ! Bonjour, jour le plus court de l’année, puisses-tu vite passer et laisser les journées (re)commencer à s’allonger…

fatigue : très présente. horreur, malheur, à nouveau repartie dans une spirale insomniaque
humeur : trop endormie pour pouvoir répondre à cette question
estomac : petit dèj
cond. phys. : à part la fatigue, ça peut aller
esprit : endormi
boulot/projet : en attente de passage à l’an 9, ou même 19

Avis: décidément, certains coiffeurs aiment trop couper.

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron (presque fin),  Grandir de Sophie Fontanel (début), Vivir sin permiso (comme toute série espagnole que je connais, ça commence à partir en extrême cacahouète) , Pequeñas coincidencias (fini), Corps et âme de Franck Conroy (jusque-là, c’est plutôt chiant), Mary Poppins returns (trop de chansons à mon goût mais plus sympa que je ne l’aurais imaginé ), No me digas solterona (je fais dans le cinéma péruvien ces temps-ci et c’est très drôle)

Sorties: ciné, Marché de nowel (qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour ses enfants?)…

penser à : emballer le cadeau de loulou

loulou : content car son annif arrive et que c’est son dernier jour d’école, très clown, doit apprendre à mieux se défendre à l’école

msg perso: merci d’avoir répondu aussi vite et de faire le nécessaire

msg perso2: contente que ça n’ai été qu’une fausse alerte

amitiés : par ici, par là-bas
essentiel : être entouré.e
courses : toute à l’heure
envie: de dormir et de m’éclater
‘zic : chanson que je chanterais prochainement en état d’ébriété avancée

Clap de fin: 10h08

Le grinch, c’est moi

le-grinch-c-est-moi

Alerte: si vous êtes un.e inconditionnel.le de la période de Nowel, je vous déconseille la lecture de ce qui suit car vous pourriez être offusqué.e.s et mal réagir. Ou pas. Mais bon, sérieux, passez votre chemin si vous êtes fan des fêtes de fin d’année.

Vous voyez le bonhomme vert interprété par Jim Carrey dans un film et dont le dessin animé vient de sortir. Ben oui, c’est moi….

Je vais être honnête, je n’ai pas toujours détesté cette période. Il y a un avant et un après mes 11 ans. Avant mes 11 ans, mes grands-parents étaient là (en Belgique, je veux dire) et on festoyait tout ça en grandes pompes, enfin, pas en grandes pompes, mais avec toute la famille. Papa, maman, petit frère, oncles, tantes, cousins, cousines, abuelo, abuela, tout le monde était réuni dans ce vieil entresol duquel on voyait les jambes des passants depuis la seule fenêtre qui donnait sur l’extérieur. Je me souviens des dernières années (avant j’étais trop petite) et plus particulièrement, de l’année de mes 10 ans où on était une vingtaine. Une fête qu’on a continué le lendemain et encore le surlendemain. C’était assez magique. Puis, mon papy et ma mamie sont partis passer leurs vieux jours dans leur Espagne natale et tout a changé. Au début, je pensais que c’était parce que j’étais tombée malade juste avant Noël et puis, je me suis rendue compte que la vraie raison était l’égoïsme de ma famille. L’un qui se chamaille pour 100 francs (oui, je suis vieille, on dépensait des francs belges à l’époque) qu’il a donné en trop, l’autre qui ne veut pas acheter ce produit-là en grande quantité car dans leur maison,  on n’en consomme pas beaucoup (rien à fou… des 15 autres quoi), et puis, l’autre encore, qui se cache dans un coin, qui fait une tête d’enterrement pas possible parce qu’il a  envie de tout sauf d’être là.  Bref, j’ai senti l’obligation et l’hypocrisie s’installer.

Au fil du temps, on s’est retrouvés de moins en moins nombreux et de plus en plus aigris en voyant la  période arriver .

L’ironie du sort, c’est que mon fils s’est pointé le 24 décembre 2011 alors qu’il devait arriver le 9 janvier de l’année suivante. Déjà farceur qu’il était mon gamin, que voulez-vous…Pendant ses premières années de vie, je me suis un peu réconciliée avec Noël, du coup. Surtout, parce que je me focalisais sur sa fête à lui…Ensuite, nous nous sommes séparés, son père et moi,  et tout le tralala que suscite l’occasion a recommencé à m’exaspérer au plus haut point.

Mais ces raisons ne sont pas les seules qui me font détester Noël…. Non, ce qui me met hors de moi, ce sont aussi les décos dans les magasins depuis le mois d’octobre. Je me dis pourquoi ne pas installer un rayon spécial fêtes, tant qu’on y est, un rayon où on pourrait trouver tout ce qui est relatif aux événements « importants » de l’année pendant toute l’année. Ce serait beaucoup moins affligeant . J’utilise le mot « affligeant » car c’est celui qui me semble convenir le mieux étant donné que dès le 7 janvier (après la fête de la galette quand même), on verra nos supermarchés envahis de décos de carnaval et d’œufs de Pâques (en même temps, je ne mens pas) et que c’est comme ça pour tout. Tout le temps. Vive le commerce, vive la surconsommation.

Et puis, parlons des prix qui flambent. Chaque année c’est pire. Vous voulez un exemple pour illustrer mes dires? Le voilà: l’an dernier, ma chère maman a acheté un gigot d’agneau pour 8 personnes au prix de 27€ (ce qui n’était déjà pas donné) et bien, cette année, le montant demandé pour le même produit est passé à 42€. J’ai dit: « maman, oublie, c’est du foutage de gueule, on mangera des pâtes ».

Sans oublier cette pression qu’on se met inutilement, et je ne parle pas de cadeaux (je vous ai expliqué ici que chez nous cette tradition n’existait pas) non, mais du fait, de la culpabilité de se sentir mal si on n’aime pas les fêtes de fin d’année. C’est comme si tout le monde devait être positif et plein d’ardeur devant l’arrivée sur Terre du Messie. Non, mais allo quoi, l’an 0, c’était il y a très longtemps quand même. Faut arrêter à un moment.

Enfin, pour votre bien, je vous épargnerai le couplet sur les chants de Nöel  et les souhaitages de « Joyeux Nowel » et « Bonne année » convenus et pas du tout sincères…

Non, vraiment, Noël, je le vomis et je n’ai qu’une hâte: arriver au 2 janvier, jour où j’éprouverai un soulagement sans nom et où enfin, je pourrai recommencer à respirer…Oui, parce que là, je suis en apnée!

le-grinch-c-est-moi

Les états d’esprit du vendredi 14 décembre 2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 14 décembre 2018  – [9:52 ]

fatigue : j’ai dormi plus de 7 heures cette nuit, c’est à dire the whole night,  tu peux le croire toi? Moi, j’ai encore du mal
humeur : et pourtant, mon humeur est pas top. Je suis lasse. C’est la période, je crois
estomac : petit dèj
cond. phys. : des douleurs bizarres au niveau de la jonction entre le tronc et la jambe droite. ça tire quand je marche quoi…
esprit : ici
boulot/projet : en pleine recherche au sujet des séquelles physiques à long terme de la leucémie

Avis: 42€ pour un gâteau d’annif 8 personnes, vous me prendriez pas pour une cruche?

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron (presque fin), En souvenir d’André de Martin Winkler, Le drame de l’enfant doué d’Alice Miller (remuant), Grandir de Sophie Fontanel (début), Vivir sin permiso (a ver, Ricardo, vas a quedarte en una serie ya, o que? ), Pequeñas coincidencias (passe le temps), Life itself (émotionnant émouvant), La verdad (attention, je décroche)

Sorties: café-concert avec V, marché de nowel  tantôt avec loulou et Z.

penser à : retourner ce foutu colis

loulou : adorable, dessine de mieux en mieux, tout le temps content, comprend tout à l’école

msg perso: j’aime pas les gens qui mentent. Adiós

msg perso2: tu as du recevoir mon message spatio-temporel-intergalactique-télépathique

amitiés : tantôt
essentiel : la santé
courses : aldi, tantôt (tantôt = toute à l’heure pour les frenchies)
envie: d’arriver au 24, puis de faire un saut vers le 2 janvier…oh ouais!
‘zic : toujours sur Paolo Nutini, je suis monothème, je vous l’avais pas dit?

Clap de fin: 10h10

Le jour où j’ai compris que la vie c’était que des problèmes

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Mon titre est négatif, me direz-vous, voire pessimiste. Or, la réalité que je vais vous développer ne l’est pas ou en tout cas, à moi, personnellement, ne me la semble pas.

Vous savez maintenant que j’ai trainé un mal-être entre mais 12 ans et mes 26 ans et que ce mal-être s’est transformé en dépression. Et bien, figurez-vous que pendant toutes ces années, il y avait selon moi deux types de vie: une vie idéale qui était celle où on avait de la chance et où tout nous souriait, nous réussissait  et une autre (le type de vie que moi je vivais) où tout était pourri. Un peu binaire, vous ne trouvez pas?

J’étais persuadée que j’avais du naître sous une très mauvaise étoile, pour souffrir et que je vivais les trucs les plus horribles qui existent. Ma vie n’a pas et n’était pas facile, c’est vrai, mais je n’étais pas la seule à être dans le cas. Je vivais avec des lunettes noires, grises foncées au mieux et c’était vraiment pénible.

Je ne sais pas ce qui m’a fait changer ou en tout cas, évoluer. Le temps, les thérapies, mon fils, une confiance en moi naissante, des expériences heureuses? Sûrement un mélange des cinq.

J’ai appris à hiérarchiser la merde. Là, c’est la colonne des grosses merdes, là des petites et là des détails. J’ai compris que des problèmes il y en avait, il y en aurait, tout le temps, et que la seule chose sur laquelle je pouvais agir, c’était mon moral (à défaut de ne pas pouvoir le faire sur mon corps défaillant) pour pouvoir les affronter.

Je me suis entrainée (je m’entraîne) à voir le positif dans les situations merdiques, à relativiser en beau français et à tirer tout ce que je pouvais des belles expériences.

J’ai aussi pris conscience du fait que même mon enfance que j’estimais heureuse et que j’avais, énormément, idéalisée n’avait pas été parfaite. Loin de là. Il y avait eu des tas d’injustices et une ambiance plutôt pourrie à la maison. Je me suis dit que si, à cette époque, j’avais été heureuse malgré tout , je pourrais  l’être aussi adulte. Les problèmes ne disparaitraient jamais mais peut-être que ma façon d’appréhender les choses pourrait me faire en tirer du beau et puis, surtout, je suis plus armée et moins vulnérable que lorsque j’étais gamine.

Enfin, j’ai cherché à devenir ma meilleure amie  et à m’aimer beaucoup parce que j’ai compris que la seule personne qui, j’en suis sûre, m’accompagnerait toute ma vie, c’est moi et moi seule.

Aujourd’hui, la vie reste très imparfaite mais lorsque je me bats, je lutte, il y a des choses qui changent en mieux. Il va de soi que je ne suis pas maîtresse de tout et qu’il y a des tuiles identifiées, d’autres indéterminées, qui pourraient m’arriver et contre lesquelles je ne pourrais rien, mais de plus en plus souvent, j’arrive à rester focalisée sur ce qui marche et à garder tout ce qui pourrait mal tourner dans un coin de ma tête (oui, ça reste parce que, que voulez-vous, je suis anxieuse), sans m’en rendre malade (de toute façon, ça ne sert à rien).

Simplement, je suis plus forte. Pas inébranlable, pas incassable, pas inaltérable, non, juste plus forte. J’en suis là et je ferai tout pour que ça continue …

Les états d’esprit du vendredi du 7 décembre 2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 7 décembre 2018  – [10:04 ]

fatigue : je ne sais pas, trop sous l’effet de l’antihistaminique encore
humeur : ça va
estomac : petit dèj
cond. phys. : asthme, d’après mes recherches, mes symptômes, c’est de l’asthme…rhumatismes, ostéoporose, arthrite, c’est quoi ces douleurs, bord***?
esprit : es-tu là?
boulot/projet : on a dit décembre fun et légèreté, non?

Avis: une journée où les commerçants, chauffagistes, on ne va pas dire kiné, sont tous sympa, ça se remarque et ça fait du bien.

Avis 2: le monde changera le jour où on n’entendra plus de mecs de 25 ans dire que s’ils font le ménage chez eux, c’est parce qu’ils n’ont pas une bonne femme pour le faire à leur place…

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron, Vivir sin permiso (marathon de cette série où y’a plein de méchants), et pas beaucoup plus

Sorties: ciné avec loulou, crêpe avec R., dîner avec V.

penser à : préparer le mini-sapin avec le bonhomme

loulou : un peu diable début de semaine, toujours aussi affectueux, a reçu une partie de sa saint-Nicolas, a « perdu » son dragon smok dans le métro, pose toujours des questions très (trop?) pertinentes…

msg perso: Dommage que tu ne veuilles pas plus insister mais c’est peut-être mieux ainsi.

msg perso2: je ne sais pas ce qui me retient de t’envoyer te faire dorer chez les Grecs…

msg perso 3: contente que le voyage te fasse du bien. J’espère que ce sera le signe d’un nouveau départ

amitiés : peut-être encore demain
essentiel : la santé
courses : pas aujourd’hui
envie: d’arriver au 24, puis de faire un saut vers le 2 janvier.
‘zic : découverte de la semaine au dessus

Clap de fin: 10h19

Un noël sans cadeaux

noêl-sans-cadeaux

Je ne fête pas noël avec des cadeaux et je vais vous expliquer pourquoi.

Ma famille est, comme je vous l’ai dit, espagnole et à l’époque où mes parents ont immigré en Belgique avec leurs parents respectifs, le père noël n’était pas populaire en Espagne (je vous avoue que je ne sais pas si c’est le cas maintenant ). Non, là-bas, petit un, la soirée du réveillon était plus importante (et l’est toujours d’ailleurs) que la Noël et petit deux, ce sont les Rois Mages qui apportent les cadeaux le 6 janvier. Ma famille a donc embarqué ses traditions avec elle.

noël-sans-cadeaux

Plus tard, lorsque le premier des mes cousins est né, les Rois Mages ont fait place à Saint-Nicolas. La crèche, l’école se chargeant de nous influencer, pour nous, première génération née dans la patrie de la frite, les Rois Mages n’ont, vite, plus rien, signifié de particulier. D’ailleurs, en ce qui me concerne, l’épiphanie, c’est juste un prétexte pour manger une bonne galette pâte d’amande et se prendre au jeu de la fève.

Pour mon fils, la Noël c’est le chaos. Il mélange tout et se prend volontiers pour l’enfant Jésus. Il est né le 24 décembre, le père noël c’est le 25 et je lui ai dit que ce courageux monsieur ne passait pas en Belgique. Je l’ai fait parce qu’honnêtement, je n’ai pas les moyens financiers d’assumer la Saint-Nicolas, l’anniversaire et la Noël, tout ça en même temps, et puis, parce que je suis contre tout ce consumérisme. Peut-être que le bonhomme à la barbe blanche passe chez son papa (qui est belge, pour sa part) mais c’est assez confus, je crois. Enfin, en tout cas pour moi.

Je sais qu’une grande partie de ma famille (dont le cousin premier né en Belgique dont je vous parlais plus haut) s’est mise à la tradition de papa noël et je vous avoue que par le passé, il m’est bien arrivé de tenter de me prêter au jeu des cadeaux , mais la démarche était tellement artificielle, « parce que c’est comme ça », et sans l’esprit qui va avec, que j’ai, rapidement, préféré laisser tomber et continuer à demeurer perplexe devant le spectacle des milliers de gens qui se cassent la tête pour acheter et offrir tout et n’importe quoi.

Je me sens, à contre courant, c’est vrai mais juste quand je passe dans les parties commerçantes de la ville. Pour le reste, en ce qui me concerne, cette période, c’est repos du cerveau et parfois, tentative d’explication brouillon du pourquoi du comment, je ne participe pas à la tradition des cadeaux.

noël-sans-cadeaux

 

Les états d’esprit du vendredi du 30/11/2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 30 novembre 2018  – [9:07 ]

Dernier jour de novembre, yeuch!!!

fatigue : stone, antihistaminique pris hier à minuit oblige
humeur : mieux
estomac : petit dèj
cond. phys. : crève ou allergie, je ne sais plus…
esprit : oh la vache, que mettre ici?
boulot/projet : remis à plus tard pour cause de santé foireuse

Avis: y’a des spectacles gratuits tellement bien que j’ai envie de payer et d’autres payants tellement nuls que j’ai envie de pleurer.

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron (en cours, toujours), La verdad (distrayant, bons acteurs), cuéntame (adiós Carlitos), le choeur des femmes (j’avais adoré le livre, j’ai kiffé la pièce), Dix pour cent

Sorties: manger avec A. et Z., spectacle avec M., ciné cet aprèm avec le loulou

penser à : tuer le kiné…non, je rigole. Mon cerveau est incapable de savoir à quoi il doit penser pour le moment

loulou : en congé, très câlin, s’est mis en tête de faire son propre dé en papier, joyeux en permanence, décompte les jours pour sa fête et son anniversaire…

msg perso: Bonnes vacances ma belle. J’espère qu’elles seront le début de quelque chose de mieux.

msg perso2: bon ben t’es revenu…que faire de ces nouvelles données maintenant? rassure-moi, tu lirais pas mon blog? parce que les coïncidences sont troublantes?

amitiés : peut-être encore demain
essentiel : ne pas se précipiter
courses : à manger
envie: ça, ça change pas…A-t-il déjà fait plus sombre, je vous le demande? Que les jours rallongent, qu’il fasse beau, j’en peux déjà plus
‘zic : découverte de la semaine

Clap de fin: 9h31

November inside

november-rain

Il s’est passé beaucoup de choses  cette semaine. Un fantôme qui ressurgit du passé et qui disparait aussi vite qu’il n’est apparu, une rencontre spéciale et un tsunami émotionnel ont été au rendez-vous.

Je ne sais pas par où commencer. Novembre pour moi n’est jamais un mois anodin. C’est le mois où il y a 26 ans, pour la première fois, j’ai été hospitalisée pour cause de leucémie , c’est le mois où 15 ans plus tard, j’ai du rentrer d’Espagne en urgence avec une dépression grosse comme une maison et c’est le mois où il n’y a pas deux ans, le mec que j’ai le plus aimé depuis la rupture d’avec le père de mon fils,  ne trouve rien  de mieux à faire que de m’envoyer un sms pour m’informer du fait « qu’il ne serait pas amoureux de moi… » (ramasses ça dans la tronche et digères-le comme tu peux…).

Novembre est un mois où je rentre dans ma carapace, un mois où je réfléchis beaucoup, un mois où j’ai la sensation que l’année se meurt.

Il y a des années où ce mois passe plus facilement et d’autres (surtout avant) où c’est juste si j’ai pas envie de me jeter dans le canal (à Bruxelles, le fleuve a été remplacé par un canal il y a 1,5 siècles).

Cette année, je sens que c’est dur, que j’ai hâte d’être à vendredi soir mais que je tiens et que comme je vous le disais dans ce début d’article décousu, je réfléchis. J’agis aussi mais je suis, surtout, en instrospection. Dans cette torture psychologique,  j’ai vraiment compris une chose, à savoir  que, pendant cette fin d’année, j’ai besoin de me faire plaisir, d’oublier mon mental.

Je suis quelqu’un qui carbure tout le temps au mental, en mode trouvaille de solutions et  qui, si elle ne se bat pas pour quelque chose, ne sait pas quoi faire de sa peau (j’ai été élevée comme ça, que voulez-vous?) mais là, je n’ai plus envie. Pour cette fin d’année, j’ai envie de me raccrocher à n’importe quelle chose qui fera du bien à mon corps. J’ai envie de cacher les soucis sous le tapis, et juste de me faire du bien, sans culpabiliser. Danser, chanter, rire, boire (pourquoi pas?), me balader, sortir, tenter une nouvelle escapade (c’est beau de rêver) et puis, basta.

Une petite voix en moi me dit que ce n’est pas la meilleure des choses à faire, que c’est encore une de mes idée farfelue (#pajarosenlacabeza), que ce n’est pas le moment, que je devrais plutôt m’engager dans ceci ou cela ou encore prévoir cela. Vous savez quoi? Je l’emmerde ignore. J’ai besoin de légèreté et oui, je ferai, je promets, je ferai.

Si cela vous dit, rejoignez le mouvement et partagez vos idées.

 

Les états d’esprit du vendredi 23/11/2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 23 novembre 2018  – [9:50 ]

fatigue : bien présente- saleté, va
humeur : en dents de scie
estomac : petit dèj en cours
cond. phys. : à part la fatigue, ça peut aller
esprit : pareil que chaque année en novembre #ihatenovember, tsunami émotionnel, fière de moi malgré tout
boulot/projet : cherche une solution pour trouver comment concilier soucis de santé-enfant partagé et vie pro et trouver une opportunité.

Avis: ou je recopie l’avis du kiné sur le retard moteur de mon fils… »Je ne pense pas que ce n’est pas qu’il n’a pas les capacités mais qu’il n’a probablement pas bougé assez »…euh, je sais pas ce qui me retient de lui mettre mon poing dans sa gueu…

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron (en cours, toujours), La verdad (distrayant), cuéntame (je suis dans une phase Spanish, on dirait) et puis, c’est tout, il me semble.

Sorties: belle promenade au bois de Laerbeek, resto avec V., rencontre hp (intéressant mais court)

penser à : acheter la vitamine D pour loulou

loulou : la lune de miel est passée, je crois…en même temps, j’avoue que je ne l’ai pas aidé cette semaine

msg perso: » je te pardonne mais fais attention. Si tu reviens, fais le bien, mais reviens »

msg perso2: « désolée mais je fais encore ce que je veux et si je termine, c’est parce que je le veux et pas parce que tu m’y forces. Faut pas abuser »

amitiés : des hauts et des bas
essentiel : faire attention à soi, ne pas dépasser ses limites, se faire respecter
courses : je vais peut-être profiter du black friday virtuel pour faire les courses de Saint-Nicolas mais chuut
envie: que les jours rallongent, qu’il fasse beau, j’en peux déjà plus
‘zic : je tombe pas amoureuse de chansons ces temps-ci mais celle-ci de Brigitte, j’aime bien

Clap de fin: 10h06

 

Un an de blog et toutes mes dents

dancing

Je n’ai jamais fait ce genre de bilan de ma vie et je ne sais donc pas ce qui va en ressortir encore. Je sais juste que j’y pense depuis quelques semaines déjà et que j’en ai envie.

Il y a un an, quand j’ai (re)commencé, je ne me croyais pas capable de tenir aussi longtemps. Je voulais raconter mon parcours, le partager, laisser un témoignage quelque part et même, pourquoi pas, une note d’espoir (Oui, il y a un remède aux maux de l’enfance et l’adolescence. Oui, tout est à l’intérieur de nous). Là, j’ai dépassé la centaine d’articles et je ne me sens pas prête d’arrêter. Ecrire me fait du bien. Ecrire et puis le challenge que suppose le fait de tenir un blog (En tout cas pour moi). Il faut trouver un sujet, travailler et soigner son expression, trouver un titre accrocheur et publier. C’est du travail (non rémunéré, malheureusement, mais sûrement plus intéressante que certaines missions payées extrêmement chères) et quelque part, je me sens un peu plus utile. Je m’éloigne un peu du rôle de maman au foyer qui m’est tombée dessus sans l’avoir choisi mais qui me sied mieux que celui d’employée d’une société que je déteste et où je perds 40 heures de ma vie par semaine (pardon, je suis sous l’influence d’Aymeric Caron) .

Je n’ai jamais pensé au résultat qu’écrire pourrait avoir sur moi. Et pourtant? Pourtant, il a un peu remplacé les thérapies . Et ça je sais que c’est du aux échanges que j’ai eu avec, vous, lecteurs. Des échanges jamais vides de sens et qui m’ont permis de réfléchir et de prendre encore plus de recul, voire même d’imaginer de nouvelles pistes pour l’avenir.

Pendant l’année qui vient, je suppose que je vais encore écrire ce que je veux quand je le veux, sans tenir compte des chiffres mais en attirant, je l’espère, encore plus de participations de votre part. J’ai également envie d’avoir mon propre nom de domaine et de confier le design à quelqu’un mais hum, ça, ça dépend de mes moyens et je doute que ce soit pour tout de suite.

Pour terminer, je vous laisse la liste des articles qui ont le mieux fonctionnés et qui sont pour la plupart, étrangement ou pas d’ailleurs, ceux qui me tiennent le plus à coeur.

J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose

Les expressions qui m’exaspèrent quand on parle maladie

Comment j’ai surmonté ma dépression

Il y a un an, je me suis rasée la tête

Mon rapport aux livres de développement personnel

large

Merci!

Une histoire d’implicites

le-piège-des-implicites

J’ai toujours été douée pour remarquer les implicites. Les soucis d’incohérence entre paroles et actions, le non-verbal, toussa toussa. Je scanne les gens que je rencontre. Toujours. Oh ce n’est pas conscient, ça va très vite, ça prend de l’ordre de quelques secondes mais je le fais systématiquement, je le sais. Je ne sais pas, en revanche, si je le faisais déjà enfant. Le harcèlement scolaire et professionnel que j’ai subis, plus jeune, m’ont conditionnée à me protéger. Parfois de trop mais en général, je ne me trompe pas beaucoup sur les intentions des gens.

Dans mon atelier coaching, j’ai « senti » que je pouvais m’entendre avec trois filles. Jusqu’à ce qu’elles ouvrent la bouche et que je les entende parler. Je m’étais donc trompée. Cela n’aurait pas été grave si j’avais trouvé un quelconque atome crochu avec les autres (nous étions neuf au total), mais cela n’a pas été le cas. Je ne parlais pas comme elles, je ne cherchais pas à me mettre en avant.J’étais, simplement, venue en apprendre le plus possible sur moi, récolter des infos pour la suite, échanger et voir si je pouvais tenir 20 heures sans m’effrondrer à un moment.

J’ai pris une claque, en fait, parce que je ne m’étais jamais retrouvée dans un si grand groupe avec rien à partager. Il n’y avait pas moyen. Elles et moi, on venait de sphères totalement différentes. Alors, est-ce dû à mon arrêt complet de plus de quatre ans maintenant, l’interprétation diamétralement opposée que nous avions de nos vécus respectifs, comme me l’a suggéré mon amie V., ou leur mentalité d’employées d’entreprise, je ne le sais pas mais je me suis posée beaucoup de questions. Je me suis demandée pourquoi j’avais du faire face à de l’hostilité vis-à-vis de ma personne (pas par toutes, je ne dis pas ça). Pourquoi ma façon de m’exprimer, les mots que j’employais faisait si mal réagir? Pourtant, le contenu, je le sais, il me représentait et je suis, je crois, une personne bienveillante. C’est peut-être que comme me l’a dit ma mère, elles étaient là pour parler d’elles et pas pour échanger, pas pour se remettre en question. Oui, je pense que c’est une bonne piste. Certaines semblaient franchement mal dans leur recherche, mal dans leur peau et elles me renvoyaient tout ça. Comme je n’ai pas de filtre, que je suis empathe (mais alors vraiment empathe), j’ai absorbé et re-absorbé.

J’ai continué parce que je trouvais le contenu de l’atelier intéressant et parce que l’animatrice, elle, était vraiment, dans la bienveillance. J’ai continué parce que je me disais que j’arriverais à faire semblant l’espace de quelques jours encore. J’ai continué à m’exprimer mais j’ai arrêté de partager sur mon projet à partir du jeudi. Je me suis renfermée et j’ai senti un goût rance de harcèlement remonter dans l’oesophage . Je me suis dit qu’heureusement que jamais je ne serai obligée de travailler avec elles. On est censées rester en contact, j’ai d’ailleurs donné mes coordonnées mais intérieurement, je me suis dit NO WAY. Ce n’est pas le genre de personnes que je peux/veux fréquenter dans ma vie privée ou professionnelle.

le-piège-des-implicites

Les états d’esprit du vendredi 16 novembre 2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 16 novembre 2018  – [heure 16:31]

fatigue : présente mais moins forte
humeur : ça va
estomac : sandwich club
cond. phys. : mauvaise semaine donc désagréments habituels dûs à cette période
esprit : comment dire?
boulot/projet :participé à un coaching pro en groupe toutes les matinées de cette semaine. C’était enrichissant. J’ai appris plus sur moi mais les autres participantes et moi, comment dire?, un fossé nous séparait. C’est jamais agréable de ressentir ça

Avis: ben si l’ouverture, c’est « se la raconter, être médisantes et/ou agressives », je préfère rester fermée.

culture :  Utopia XXI d’Aymeric Caron (en cours), La verdad (ça a l’air pas mal), Vis à vis (abandonné, la protagoniste partie, je ne vois pas l’intérêt de continuer), Dix pour cents (je n’ai pas trouvé formidable le début de cette 3ème saison), Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani (en cours), En liberté (j’adore Pio Marmaï, mais alors ce film, comment dire? c’est n’importe quoi).

Sorties: superbe soirée à l’occasion de l’annif de mon amie d’adolescence V. Chouette ambiance, vraiment agréable.

penser à : remplir le questionnaire

loulou : est très affectueux, il me fait rire, se pose beaucoup de questions, s’est coincée la main dans le portique du métro

love:je ne cherche pas, on me cherche pas, tout va bien.

msg perso: faut écouter au lieu de juger directement sans connaître.

amitiés : remontent la pente, doucement.
essentiel : prendre du recul
courses : lundi …ou mardi
envie de : concrétisation
‘zic : emoción, sí, por favor!

Clap de fin: 16h58

Et sinon pour les devoirs, ça se passe comment?

et-sinon-pour-les-devoirs-ça-se-passe-comment-?

Si, pour le moment aujourd’hui, je n’ai plus beaucoup de soucis avec le bonhomme pour qu’il fasse ses devoirs, les débuts n’ont pas été glorieux.

Mon fils n’aime pas l’école. Je ne sais pas si c’est à cause de son établissement, le système dans son ensemble ou autre chose, mais il a toujours souffert de devoir y aller.

Sa rentrée en primaire a été chaotique et encore, je trouve que le mot est doux par rapport au stress et à la tension que je ressentais dans son petit corps. Tout le premier trimestre, son père ou moi, avons du, pratiquement, le pousser  à l’intérieur de l’école et le laisser collé à le surveillante à attendre que la cloche sonne. C’est dire, si pour moi, ce fût un déchirement, à chaque fois.

Lorsque pour la première fois, j’ai sorti le journal de classe de son cartable et que je lui ai expliqué qu’à partir de ce premier septembre (2017), il allait devoir travailler après l’école, il m’a fait une crise. Je le comprenais, moi. Il venait de se taper une journée dans un nouveau bâtiment, avec plus de 400 gamins dans la cour pendant la récré; à devoir, tout à coup, rester assis toute la journée, écouter, commencer l’apprentissage des sons pour la lecture, l’écriture en français et en néerlandais. C’en était trop pour lui, la goutte qui faisait déborder son vase.

Que ce soit lui ou moi, on a eu du mal à rentrer dans ce nouveau rythme. Lui, pour les raisons que je viens de citer et moi, parce que son rythme d’apprentissage et le mien  différaient totalement. J’ai revécu toute ma première année de primaire pendant la sienne et  j’avoue avoir eu extrêmement de mal  à me mettre à sa place et à m’adapter. Lui, il apprenait doucement et moi, le premier jour, je savais déjà. Il m’a fallu longtemps pour comprendre qu’entre lui et moi, c’était moi qui avait eu un rythme d’apprentissage atypique et « anormalement » rapide.

Il nous aura fallu arriver au mois de décembre et aux congés de noël (ou d’hiver, comme on dit maintenant chez nous, mais ça c’est une autre histoire) pour qu’on « rentre dedans » et que le petit intègre l’idée de travail après l’école. Je ne vais pas dire que c’est devenu évident par la suite mais, en tout cas, bien moins douloureux. Il savait ce qui l’attendait et a , peu à peu, arrêter ses simagrées.

Cette année, je trouve qu’il a bien commencé. J’ai mis en place des petits jeux pour l’aider (chrono pendant qu’il fait ses calculs ou faire semblant de faire les mêmes devoirs de mon côté, pour ensuite comparer nos résultats, par exemple). Je trouve aussi que sa nouvelle titulaire est moins exigeante et jusqu’à présent, sa méthode de travail nous sied mieux.

Et sinon, chez vous, ça se passe comment?

et-sinon-pour-les-devoirs-ça-se-passe-comment-?