Mois : novembre 2017

Mon homard, c’est tout.

5579668f3e0ee447afbc1d7e799acd68--michelle-obama-barack-obama
Entrehttps://www.pinterest.com/larondamartin52/first-lady-michelle-obama-president-barack-obama/r une légende

Il y a quelques jours, une amie, qui croit que je suis célibataire depuis plus longtemps que je ne le suis en réalité (je ne lui ai pas parlé de ma dernière histoire pourrie-à-crever, tellement je suis dans l’incapacité de l’assumer), m’a dit sur un ton mi-interrogatif, mi-affirmatif, « toi, tu ne cherches pas vraiment, d’homme, non…(?).

A ce moment-là, j’ai du bafouiller, un truc, sans queue ni tête, pour réponse parce que je n’avais pas, sérieusement, réfléchi à la question.

Je suis mère célibataire depuis bientôt cinq ans, vous voyez et depuis, je n’ai eu que des histoires bancales, malsaines ou pathétiques. Je ne sais pas vraiment dire pourquoi. Est-ce à cause de ma situation de maman-solo-en-pas-bonne-santé? A cause de mon passé et de ce que mon comportement actuel en reflète encore? Serait-ce du au fait que n’ayant rien connu de bon en amour, je n’ai pas de point de comparaison positif sur lequel me baser ? Je ne sais pas. Je sais juste que je ne trouve pas chaussure à mon pied. Pas quelqu’un de fiable, de droit et d’honnête et qui m’aime, véritablement, en tout cas.

Par conséquent, la seule réponse que je suis en mesure d’apporter , c’est celle que mes tripes me hurlent, à savoir que OUI, je veux un homme, trouver l’amour (je ne me suis jamais vue finir seule) mais pas à n’importe quel prix. Je refuse de tout supporter et je préfère être seule que mal accompagnée. Même si ce n’est pas facile et que parfois (très fort à certaines périodes), je sens le poids de la solitude. Je ne serais, jamais, de celle qui a quelqu’un pour avoir quelqu’un. Pour un soir, ok, mais pour plus longtemps, c’est impossible, vu ma personnalité et ma façon de fonctionner. Je me sentirais à l’étroit, prête à exploser et surtout, malhonnête. Et puis, je ne suis pas toute seule; j’ai un enfant et je ne veux pas l’exposer à n’importe quoi, n’importe qui. Je veux être sûre, autant que faire se peut, le jour où je lui présenterai l’homme nouveau.

C’est mon homard que je vise, en fait. Ni plus ni moins, et ça c’est pas à n’importe quel coin de rue que je pourrais le trouver. Ou si? En fait, on ne sait pas mais l’envie est là et les pièces, dans la fontaine, sont jetées.

 

Publicités

HP moi?

ob_564853f4239d36f342e1688b365ccbb7_zeb-1bis

Je ne sais pas si je suis surdouée dans la mesure où je n’ai pas été testée faute de moyens financiers mais il est vrai que je me pose la question et si je me la pose que c’est à cause de toutes ces caractéristiques:

J’ai appris les jours de la semaine à 2 ans, sans effort. A écrire à 3, à lire et à calculer à 4, presque seule. C’était comme si je faisais une photo, comme si je savais déjà quelque part.

Je ressens tout très fort. Le bon, comme le mauvais. Je sens très fort les gens et me trompe rarement sur leur compte. D’ailleurs, on vient souvent me dire, après coup, que j’avais raison sur telle ou telle personne ou situation. Je suis hypersensible quoi.

Je vis avec un sentiment de décalage permanent par rapport à la plupart des gens. Mes idées, mes pensées différent très souvent. D’où un grand sentiment de solitude.

Je me mets trop à la place des autres et ressent ce qu’ils ressentent.

Je suis très sensible aux différents stimuli, comme la lumière ou la musique dans les magasins.

Je ne supporte pas l’injustice.

Je repère toutes les incohérences et j’ai du mal à m’y faire, tellement je trouve qu’il serait facile d’améliorer une situation.

J’ai une mémoire très détaillée. Surtout des choses du passé parce qu’à l’heure actuelle, j’ai un problème de santé qui abime ma mémoire.

J’ai un esprit critique très vivace.

J’éprouve une grande colère ou frustration à certains moments.

Je vois trop les avantages et désavantages de chaque situation, ce qui fait que je ne sais pas si j’ai tendance à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide.

Je souffre d’une extrême lucidité. Sur moi, les autres, la vie.

Je suis anticonformiste.

J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses tout le temps car je fais vite le tour d’un sujet.

Chez moi, l’ennui se transforme en angoisse.

J’ai un humour qui peut désarçonner . J’adore les jeux de mots.

J’ai une grande capacité d’émerveillement.

J’ai fait une obsession sur le sens de la vie pendant une très longue période (encore un peu mais moins).

Je sens que j’ai une mission particulière à accomplir dans cette vie. En fait, que chacun de nous en a une et qu’on passe à côté de notre vie si on ne l’accomplit pas.

Je mets un temps dingue à lire ou à écouter un message si je sens que l’issue risque d’être négative.

J’ai, parfois, l’impression d’avoir des prémonitions.

Je doute tout le temps.

Voilà pour les caractéristiques que j’ ai repérés. Maintenant, je sais que je n’aurais la réponse à mon interrogation que le jour où je passerai le test. Ce qui n’est pas prévu pour un futur proche.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait penser que vous pourriez l’être?

Plus vite, plus vite, tu es lent comme un escargot …

Je lui ai parlé. Je lui ai dit qu’il y avait des fautes, que la prof allait barrer des trucs. Il a dit ok. On a convenu que c’était comme ça qu’on apprenait, en faisant des erreurs. Alors il s’est calmé.
On s’en fout (passer moi l’expression mais c’est une mère en colère qui parle) si ça leur troue le cul qu’il se trompe, on s’en fout si elles le trouvent lent.
C’est pas lui qui est lent, c’est le système qui est anormalement, infernalement rapide. Je veux pas de ce système pour mon fils.
« Nadie nace aprendido » qu’on dit dans mon pays (d’origine). « Personne ne nait en sachant », quoi. Sinon, ça sert à quoi l’école?
Lui, il sait pas et il apprend. Si ça les fait chier (je suis vulgaire, aujourd’hui), tant pis pour elles. Si elles le font redoubler, tant pis. C’est débile mais tant pis.
On va pas se rendre malade pour ça. L’avenir, c’est pas aujourd’hui. Le futur, c’est le futur et moi, je préfère l’y préparer en faisant en sorte qu’il soit heureux au présent.

Mon fils va dans la même école depuis le début de sa scolarité. Il est en immersion néerlandais-français depuis sa 3ème maternelle et ça ne se passe pas bien. Cela ne se passe pas bien car avant même d’avoir commencé, il a été catalogué et que les maîtresses restent campées sur leurs positions. Le petit a beau progressé dans tous les domaines et faire tout et n’importe quoi, ce n’est jamais bon.

Depuis le début de sa première primaire en septembre, elles n’ont cessé de nous harceler à coup de petits « mots doux » sur ses travaux. Elles insistent sur une lenteur imaginée, sur une autonomie impossible à avoir à son âge. En conséquence, nous leur avons écrit un mot à notre tour, où nous leur demandons de cesser cet acharnement et nous avons lâché prise.

Nous veillerons à ce que l’année scolaire se passe au mieux mais ce sera la dernière au sein de cette école. . Ce sera dur d’en trouver une bonne, qui s’adapte à notre façon de vivre et de voir la vie mais j’ai la foi. Nous y arriverons.

 

Gifted

gifted-movie-banner-poster

Synopsis : Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques.

Avis: J’ai aimé le film mais cette focalisation (encore!) sur les maths m’a, passablement, énervée. Je crois que c’est, fortement, à cause de cette confusion entretenue, depuis-on-ne sait-quand, que la plupart des gens ont une conception, totalement, faussée de ce que la douance représente.

J’ai trouvé la partie sur l’injustice très bien développée. On nous montre au travers d’un exemple frappant (c’est le cas de le dire) que Mary ne la supporte pas. Pareil pour le mensonge, tout à fait, inconcevable à ses yeux.

J’ai adoré certaines remarques de son oncle « J’ai peur de gâcher sa vie en voulant lui faire vivre une vie normale mais je ne veux, surtout, pas qu’elle finisse comme sa mère », alias sa sœur.

J’ai aussi trouvé super intéressante la scène où il se fâche parce qu’elle n’a pas respecté leur contrat de ne revenir que samedi midi, après avoir dormi chez la voisine. Le vendredi soir, c’est le seul moment de la semaine où il quitte temporairement son rôle de tuteur. Le seul soir où il déconnecte. Moment qui nous rappelle notre statut d’humain. Le message:  « Je t’aime mais la situation est compliquée et sans ces moments à moi, je n’y arrive pas ».

Enfin, ce film nous montre que « génies » ou pas, les enfants restent des enfants et qu’ils ont besoin d’une vie adaptée à leur âge. Ce n’est pas parce qu’un enfant aime apprendre et étudier qu’il se réduit à ça. Un enfant a des besoins d’enfants. Point barre.

Dommage donc pour la focalisation, ô combien, erronée sur les maths.

Note: 8/10

Autre chouette film sur le sujet: Carrie Pilby

Mon témoignage pour Vie et Cancer

Élisa, tu as été soignée pour une leucémie à l’âge de 11 ans, te rappelles-tu l’annonce du diagnostic ? Comment cela s’est-il passé ?

Quand on me l’a annoncé, j’étais à l’hôpital depuis une semaine. Une semaine pendant laquelle, on m’a fait subir des tests et examens en tous genres. J’avais entendu filtrer des informations, mais aucun diagnostic clair ne m’avait été donné et moi, même si je me doutais de ce que je pouvais avoir, je continuais à espérer.

C’est la remplaçante de mon médecin (hospitalisée pour un accident, à l’époque) qui me l’a annoncée. Je me souviens que j’étais dans mon lit, j’avais très mal au dos à cause d’une ponction lombaire que j’avais subie quelques jours plus tôt et  je ne pouvais me lever qu’avec difficulté. Elle me l’a dit et de ma bouche, une question et un cri sont sortis. La question ? Est-ce que je vais mourir. Mon cri : je ne veux pas qu’on m’arrache mes cheveux. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça, je savais, pourtant, que personne n’allait venir m’arracher les cheveux.

Durant tes traitements à l’hôpital, tu as expérimenté des rencontres douloureuses, mais aussi heureuses, avec le personnel soignant. Avec le recul, quels conseils donnerais-tu aux hôpitaux pour accompagner au mieux les petits, et leurs parents ?

Je ne sais pas comment se passent les choses aujourd’hui, je ne sais pas si c’était, partout, pareil… Je sais juste qu’on en demandait trop à la préadolescente que j’étais. Je devais être forte, ne pas râler, ne pas pleurer, me laisser faire lorsqu’on me piquait 9 fois, pour me poser un baxter, alors que mes veines étaient en très mauvais état et je ne pouvais pas. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir été traitée comme une enfant de 11 ans. Je n’ai, parfois, pas l’impression d’avoir été traitée comme un être humain tout court et ces (mauvais) traitements ont laissé des traces.

Mon conseil serait, donc, de bien prendre conscience qu’une personne malade est toujours plus vulnérable et qu’un enfant, peu importe son âge, est vulnérable par définition. Un enfant a le droit de dire qu’il a mal, d’être réconforté, soutenu, écouté, entendu, pris en considération. Nous ne sommes pas, seulement, des organes, un ensemble de symptômes. Je trouve qu’il y a encore beaucoup de boulot à faire de côté là.

En ce qui concerne les parents et les frères et sœurs, je pense qu’il est important de montrer un minimum d’empathie à leur égard ; d’essayer, un tant soit peu, de se mettre à leur place et  se montrer disponible, face à leur désarroi.  Répondre à leurs questions et interrogations quant aux traitements et aux conséquences.

Comment as-tu grandi en laissant la maladie derrière toi ?

Avant la leucémie, j’étais une petite fille joyeuse, espiègle, drôle, qui n’avait peur de rien. La maladie m’a fait perdre ma joie de vivre et m’a accompagnée pendant une très longue période, bien après mon traitement, bien après les « cinq ans ».  Pendant très longtemps, je me suis sentie, à la fois, différente, honteuse, faible, invincible du fait d’avoir survécu et, paradoxalement, coupable d’avoir survécu alors que tant d’autres qui-s’étaient-montrés-plus-forts  étaient mort(e)s, eux (elles),.  Les mots « sang » ou « cancer » ne pouvaient être prononcés devant moi sans que j’en ressente un grand malaise. A 27 ans, j’ai appris que j’avais souffert d’un stress post-traumatique non diagnostiqué et encore moins pris en charge.

 Quand as-tu pu parler ouvertement des souffrances vécues ?

J’ai commencé à en parler, ouvertement, vers 28 ans, je dirais. Le diagnostic de stress post-traumatique a débloqué pas mal de choses et j’ai arrêté d’avoir honte. Évidemment, ce n’est pas un sujet qu’on peut placer dans toutes les conversations, mais avec les années, c’est devenu assez facile pour moi d’en parler et de me sentir légitime lorsque je dis que j’ai presque subi ce que je considère comme de mauvais traitements par le personnel soignant de l’hôpital où j’ai été prise en charge.

 Comment aurais-tu souhaité être accompagnée dans « l’après » ? 

J’aurais aimé que l’accompagnement dans « l’après » fasse partie intégrante du traitement, qu’il soit considéré comme normal et pas comme un extra ou pire, un luxe.  Mon enfance s’est terminée, abruptement, le 27 novembre 1992. J’ai été déscolarisée pendant près d’un an et lorsque je suis retournée à l’école, chauve, faible et déformée, on s’attendait à ce que je reprenne ma place là où je l’avais laissée, mais ce n’était pas possible. Je n’avais pas vécu la même chose que les autres préadolescents de mon âge.

J’aurais aimé avoir une personne ressource qui m’accueille comme j’étais, qui me dise qu’il était normal que j’ai peur, que j’avais le droit d’avoir mal,  que j’avais le droit de montrer que j’avais mal, de pleurer, de ne pas aller bien. J’aurais eu besoin de quelqu’un qui réponde à mes questions sur la vie et la mort et sur le sens de la vie. J’aurais aussi aimé reprendre l’école, à temps-partiel, d’abord, le temps de m’habituer et  aussi un peu plus de compréhension  de la part du corps enseignant et un meilleur accueil de la part des élèves. Je n’ai rien eu de tout ça.  C’était vraiment du « oublie et avance » et moi, je ne pouvais pas, j’étais comme « figée «  dans ma tête.

Souvent, j’entends dire par des personnes adultes que le cancer les a sauvées ou que de voir la mort en face leur a appris à mieux profiter de la vie. Je pense que ce genre de façon d’appréhender les choses fonctionne pour les adultes à la personnalité formée, mais pas pour des  adolescents (quasi, dans mon cas) qui se posent déjà beaucoup de questions et qui doivent être guidés pour se construire. Il s’agit déjà d’une étape délicate quand tout va bien alors quand la maladie s’immisce …

 Aujourd’hui, qu’est-ce qui te fait le plus de bien ?

Mon fils de 4 ans que je considère comme mon miracle étant donné qu’avec mon traitement chimio, il n’était pas du tout sûr que je puisse devenir mère.

Voyager, lire, écrire, danser, passer du temps avec les gens que j’aime, rencontrer de nouvelles personnes, échanger dans les langues que je connais (français-espagnol-anglais-italien), apprendre.

Plus d’infos sur vie et cancer, c’est par ici:

http://vieetcancer.be/

Etre atypique

download

J’aime ne pas être comme les autres. Voilà, c’est dit. Être différent, ça dérange. Aimer l’être, je n’ose imaginer. Mais tant pis, j’assume et je le clame haut et fort.

Par le passé, j’ai subi des remarques du style: « tu fais toujours exprès de te démarquer »…mais la vérité, c’est que c’était inconscient et que ça l’est, sans doute, encore aujourd’hui.

Des événements et une particularité de fonctionnement m’ont conduite à le devenir. Et puis, si je n’ai pas les mêmes goûts que les autres, je ne vois pas où est le problème.

Pendant les vacances, j’ai été heureuse de faire un road-trip en Allemagne et en Autriche (avec mon fils et mon ex !) plutôt que d’aller en France, en Espagne et de « retourner chez moi », comme la plupart des gens que je connais. Sur la route, j’ai aimé me retrouver au milieu de voitures avec des plaques suisses, bulgares, tchèques, autrichiennes, croates. Je me suis sentie à ma place. De toute façon, je ne comprends pas pourquoi on cherche toujours à opposer les choses. Je n’ai rien contre les gens qui vont à Marbella ou dans les Cévennes, mais ça ne me fait pas rêver. C’est tout.

Je n’aime pas les étiquettes, parce que les étiquettes (qui deviennent de plus en plus grandes au fur et à mesure que la qualité du tissu diminue), c’est pour les vêtements. Personne (à moins d’être un assassin ou un politicien corrompu jusqu’à la moelle) ne devrait  avoir honte de ce qu’il est.

En fait, à travers ce modeste blog, c’est simple, je voudrais transmettre l’idée qu’être différent de la plupart des gens n’est pas quelque chose de mauvais. Ce n’est pas quelque chose de négatif. Ce n’est pas mieux ni pire, c’est juste différent et il ne faudrait pas le voir autrement.

En plus, je crois qu’on est de plus en plus nombreux à ne pas se retrouver dans la masse. Alors?

Voilà, c’est tout. Bienvenue dans mon univers.