Entre éducation bienveillante et laxisme, il y a une marge

éducation-bienveillante-vs-laxisme

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, depuis quelques années, en ce qui me concerne, j’ai l’impression de voir chez certains nullipares (je n’aime pas ce mot mais ça va plus vite que de dire personnes qui n’ont pas d’enfants) et quelques personnes dont les progénitures sont grandes et qui ont oublié ce que c’était d’être/d’avoir un enfant, se développer ,une forme de, comment l’appeler?, d’agressivité envers les enfants.

Ce genre de personnes parlent de nos petits comme s’il étaient la représentation sur Terre du mal incarné. Ils les décrivent comme  étant tous capricieux, gâtés pourris, bruyants et j’en passe. La cause invoquée? cette mode de l’éducation bienveillante et positive.

Personnellement, ce genre d’idée préconçue-dont j’ai remarqué la propagation dès que je me suis séparée et que j’ai du chercher un appartement pour mon garçon (qui n’était alors qu’un bébé) et moi-, me laisse pantoise.

J’admets qu’il y a des enfants-rois-tyrans mais ce n’est pas la majorité (j’ai des yeux pour observer) et je me demande en quoi le fait de respecter et de discuter avec nos enfants au lieu de leur asséner une claque et de les envoyer au coin ou au lit, sans manger, à la moindre incartade commise, les rendrait insupportables. Je ne vois pas le rapport avec le laxisme, avec le « tout laisser faire ».

Je ne suis pas une mère parfaite (je crie fort quand je me fâche), je ne suis pas une férue des livres d’éducation (je n’ai d’ailleurs jamais lu de livre sur le sujet), je ne suis aucun mouvement en particulier  mais je suis POUR l’accompagnement et le respect de nos futurs adultes (« Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain »  n’est pas qu’une phrase toute faite). Je trouve qu’il est important d’exprimer les choses  et ne pas juste interdire, engueuler comme du poisson pourri et punir.

Il va de soi qu’il y a des choses qu’on ne peut pas laisser faire, laisser dire,  laisser passer. Il est évident que les enfants doivent apprendre la politesse, les bonnes manières, le respect, mais on ne peut pas dire qu’un enfant de quatre ans est mal élevé parce qu’il ne ramasse pas ses miettes dans le bus (oui, je l’avoue, c’est du vécu). Il faut lui laisser le temps d’apprendre (ce n’est pas un adulte) et arrêter de mettre la pression aux parents qui ne peuvent plus faire un pas sans  être critiqués.

En même temps, j’écris tout ça mais j’ai souvent l’impression que je suis la seule à voir les choses de cette manière et je me sens incomprise. Je sais que ce n’est pas pareil partout, je ne fais pas de généralisation mais j’entends quand même beaucoup ce genre de discours sous nos latitudes et je me demande, de plus en plus, ce qu’il se passe.

éducation-bienveillante-vs-laxisme

Publicités

Homme debout ou homme idéal?

homme-marche-debout

Je participe à des ateliers d’écriture depuis deux ans et dernièrement, lors d’une session, chacun a du s’exprimer sur ce que signifiait, pour soi, le concept d' »homme qui marche debout ».

Personnellement, j’ai écrit ceci:

« Un homme qui marche debout, c’est un être humain qui ne rampe pas, qui ne se déplace pas en chaise roulante, qui ne se tient pas sur des béquilles. Dans sa tête.

C’est quelqu’un à admirer, quelqu’un qui n’est pas lâche et qui affronte. Quelqu’un qui fait toujours en sorte d’être « correct » et qui s’efforce jour après jour de devenir la meilleure version de lui-même. Sans tomber dans les excès du perfectionnisme, toutefois.

C’est quelqu’un d’équilibré, qui sait ce qu’il veut et qui se bat pour atteindre ses objectifs.

C’est quelqu’un qui avance, qui n’a pas peur de se tromper et qui sait que l’échec fait partie intégrante des apprentissages de la vie.

C’est quelqu’un de suffisamment sûr de lui, de suffisamment bien dans sa peau, de suffisamment heureux.

C’est quelqu’un qui n’est pas dupe, qui ne plie pas sous le poids, qui sait mais qui, parfois, accepte de suivre certaines règles bien établies. Du moins, extérieurement.

C’est quelqu’un sur qui l’on peut compter, qui est « là » même quand il semble pris dans un ailleurs.

C’est quelqu’un qui s’émeut.  C’est quelqu’un qui se lie mais ne s’oublie pas.

Un homme debout, c’est,  peut-être, simplement,quelqu’un de bien, après tout »

En me relisant, je me suis dit que j’avais plus fait une description personnelle de l’homme idéal que de l’homme debout et cela m’a fait sourire.

 

La dangereuse, une femme libre

la-dangereuse-loubna-abidar

Pour ce livre coup de poing, j’ai choisi de vous retranscrire trois extraits parlants plutôt que de, simplement,  copier-coller son résumé. Vous comprendrez pourquoi.

« Une femme qui montre son corps est une pute.

Une femme qui parle de son corps est une pute.

Une femme qui prend la parole est une pute.

Une femme qui tient tête est une pute.

Une femme qui a du plaisir est une pute.

Une femme qui éprouve de l’amour est une pute.

Une femme qui a dit non à un homme est une pute.

Une femme qui revendique sa liberté est une pute.

Une femme qui est une femme est une pute.

Toutes les femmes sont des putes »

 

« Je veux être une pute, comme dans les films que je vois à la télé.

Je veux être belle comme les putes, je veux danser comme les putes, je veux faire du cinéma comme les putes, je veux être habillée et maquillée et bien coiffée comme les putes. Je veux conduire des voitures comme les putes. Être une femme libre comme les putes ».

« Comme je ne connais toujours pas le mot « actrice » et que j’ai bien intégré qu’il ne faut pas dire que je veux être une pute, je désigne à ma prof les actrices en les appelant « hadouk« : « les autres ». Elle: « les autres quoi? » Moi: »je suis allée voir les autres, parce que je veux faire comme elles plus tard. » Elle: « Mais c’est qui, les autres?  » Je m’approche d’elle et je lui chuchote à l’oreille: « je suis partie voir les putes, parce que c’est ce que je veux faire plus tard! »

Loubna Abidar est née en 1985 au Maroc et apparemment , en 1985 (et plus avant),  les femmes s’y font encore traitées de putes, pour tout et n’importe quoi, voire pire, si elles n’obéissent pas et n’acceptent pas d’êtres soumises à leur famille.

Elle, elle ne veut pas du sort réservé aux femmes dans son pays. Elle refuse la tradition. Elle veut être libre, faire ce qu’elle a envie (des films en l’occurrence) de faire et ne, surtout, pas dépendre de l’approbation de qui que ce soit.

Dans ce livre choc, elle raconte sa vie, son parcours, ses débuts compliqués (et c’est un euphémisme) au cinéma (Les Transporteurs, Much loved).

Dans ce livre, elle dénonce l’hypocrisie d’un monde machiste, plein de tabous, qui condamne ce qu’il permet et encourage officieusement.

Un roman tout à fait d’actualité. Je vous le recommande. #timesup

 

 

Ce que l’insomnie m’a appris

positive-attitude-insomnie

Pour que vous (me) compreniez, je vais vous parler de ma life. Du pourquoi du comment je suis arrivée aux insomnies.

Pour faire trash mais vrai, je dirais que la leucémie m’a détruit la vie (détails ici). D’une enfant heureuse, indépendante et joviale, je suis passée à une ado déprimée, épuisée et dépendante.

J’ai connu les mauvais traitements par le personnel hospitalier lorsque j’étais malade, les moqueries et le harcèlement scolaire (on n’en parlait pas à l’époque) pendant ma convalescence.  Pour couronner le tout, j’avais un entourage proche, loin d’être à la hauteur de la situation (je n’en dirai pas plus par pudeur).

A dix-huit ans, j’avais intégré l’idée que j’étais bizarre, faible, anormale, insatisfaite chronique et j’en passe. Il n’y avait que les études qui me permettaient de tenir debout…car malgré tout, je réussissais.

A 24 ans, lorsqu’à la remise des diplômes de traducteurs, le directeur de l’institut a cité mon nom, j’ai paniqué.  Je ne m’aimais pas ou je me détestais, au choix, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire. Cependant, comme je ne sais pas rester sans rien faire, j’ai quand même pris  l’option: s’inscrire dans des agences intérim et accumuler les CDD jusqu’à trouver le métier qui me convienne. Malheureusement, la réalité m’aura très vite rattrapée. Je ne parlais pas le néerlandais et cette langue, dans mon secteur, était devenu indispensable, à Bruxelles, en quelques petites années (le temps de mes études). Je me suis prise une claque monumentale. Diplôme ou pas, il était très difficile de trouver un boulot, quel qu’il soit. J’ai alors enchaîné cours, travail où il n’y avait rien à faire, stage où l’intitulé et la fonction n’avaient rien en commun, taf où j’ai subi du harcèlement moral et finalement, job à Barcelone, un peu plus sympa mais très mal payé.

J’ai finalement craqué à 26, 5 ans. Au programme, grosse dépression et agoraphobie sévère.

Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait et un médecin n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous antidépresseurs (enfer qui m’aura plongé, pour de bon, dans les troubles du sommeil et dans lequel je suis restée pendant sept ans) en insistant sur le fait que sans, je m’en sortirai très difficilement. Désespérée, j’ai pris les pilules.

Je culpabilisais d’être comme j’étais, de me sentir si différente, si à côté de la plaque et il m’aura fallu le sevrage, sept ans plus tard, pour me réveiller . J’avais 33 ans (presque 34) et un petit garçon de 3 ans. Mon fils a été/est ma motivation suprême. Je ne voulais/veux pas d’une maman « zombie » pour lui.

positive-attitude-insomnie

A la fin du sevrage, j’étais tellement mal physiquement, psychologiquement et même neurologiquement (je vous ferai grâce des symptômes) que j’ai été obligée de prendre du temps (chose totalement inconcevable, pour moi, qui ne vivait que dans l’action et plus particulièrement, le devoir)….Je me suis alors posée et j’ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ce que j’avais subi n’était pas de ma faute, que je n’étais ni bizarre ni faible, ni anormale mais surtout le contraire, que j’avais toutes les raisons du monde d’être insatisfaite. J’ai compris que j’avais été maltraitée ou ignorée pendant les 2/3 de ma vie et qu’il était normal que je ne tourne pas rond.

Aujourd’hui, je ne suis plus dépressive malgré des difficultés d’endormissement, un sommeil en dents-de-scie, non-récupérateur, des angoisses nocturnes et une vive colère (que je canalise de mieux en mieux). J’ai la positive attitude en journée, vraiment. Je ressens comme un élan de vie en moi qui était tombé dans le coma à mes 11 ans et demi. Je suis de plus en plus bienveillante envers ma personne, je récupère un genre de confiance en moi (ça fait vraiment « moi, je », je sais :-)), je culpabilise de moins en moins et je m’entoure mieux. En résumé, j’apprends à me connaître et à prendre soin de moi.

Malgré tout, j’ai bien conscience du fait que le chemin à parcourir est encore long. Je ne dors pas et il y a des traumatismes dont je ne suis pas remise. Je sais qu’il me faut encore du temps pour transcender tout ça et le transformer en quelque chose de positif. La différence avec « avant », c’est que je me sens moins paumée, plus en paix et que je crois qu’il est possible qu’un jour, je me sente, complètement, bien.

Précédents articles sur le sujet: ici et

 

 

N. et le pays magique

enfant-pays-magique

Mon fils avait 3,5 ans la première fois qu’il a visité un cimetière. C’était celui où se trouvent mes grands-parents, à Alicante, en Espagne, et où je vais avec ma mère chaque fois que nous retournons dans ces terres.

Je ne savais pas si c’était bien ou pas bien d’y emmener un enfant si jeune. Je n’avais personne pour le garder et franchement, je ne m’étais jamais posée la question.

Je parle beaucoup à mon garçon, en général, de tas de choses mais j’estimais que 3,5 ans, pour aborder la mort avec lui, c’était trop tôt. Par conséquent, lorsque nous avons pris le bus pour nous  rendre au cimetière, je ne lui ai rien expliqué à part que nous allions faire une petite visite à mes grands-parents et acheter des fleurs pour eux.

Arrivés sur place, le petit a couru, joué dans les allées, pendant que ma mère et moi, nous prenions l’échelle et nous nous occupions de placer les fleurs sur les deux niches de mes grands-parents…Et nous étions sur le point de repartir lorsque tout à coup, N. s’est exclamé: « Mais ils sont où ton papy et ta mamie, maman? ». En fait, il s’était réellement attendu à les rencontrer. Je n’ai pas su quoi répondre (je me voyais mal lui raconter que mes grands-parents étaient chacun dans une boîte, à l’intérieur d’une niche) à part qu’ils étaient là mais qu’on ne les voyait pas. Ce qui n’a pas eu pour effet de le rassurer. Il m’a alors demandé: mais, pourquoi, on ne les voit pas? ça l’a effrayé.

Ma maman a alors trouvé une parade: celle du pays magique. Elle lui a raconté que les gens allaient dans un endroit qui s’appelait le pays magique quand ils étaient très vieux et/ou très malades. Elle a ajouté qu’ils y étaient bien mais qu’ils ne pouvaient pas en revenir. Il s’est calmé…sauf que, cette question a commencé à le travailler…et que le jour où Hatchi (Hachiko ) est passé à la télé et que le personnage joué par Richard Gere est décédé sous le coup d’une attaque foudroyante, N. a paniqué et s’est mis à pleurer. Il nous a dit qu’il ne voulait pas que cela nous arrive. On l’a consolé et puis, il a fini par tirer ses propres conclusions. Il s’est rassuré lui-même et s’est exprimé en disant que puisque nous n’étions ni vieux ni malades, la mort ne risquait pas de venir nous chercher de sitôt.

Après cette épisode, le pays magique a continué à l’obséder pendant longtemps (jusqu’à récemment). Il nous a posé des tas de questions, du style: c’est comment là-bas? est-ce qu’il y a des dinosaures? est-ce que le pays magique pour les chiens est différent de celui des personnes? ça n’arrêtait pas.

Il nous a faits peur aussi à certains moments. Notre description de l’endroit étant trop positive, il lui est arrivé d’en parler comme s’il voulait y aller.

Réagir en tant que parent (occidental) n’a pas été chose aisée. Entendre ce genre de propos de la bouche d’un enfant de 4 et 5 ans, est assez déstabilisant et je me suis posée beaucoup de questions sur la façon dont j’aurais vraiment du réagir ce fameux jour au cimetière. A aucun moment, je ne m’étais attendu à ce qu’un petit bonhomme qu’on voyait à peine sur le sol s’interroge autant sur le sujet. Je n’avais pas de point de comparaison étant donné que le contexte de nos enfances respectives est complètement différent: Il est fils unique, petit enfant unique. J’ai un frère, plein de cousins-cousines et la fracture enfant(s)/adulte(s) était plus grande à l’époque, j’ai l’impression.

Récemment, je me suis aperçue que le thème lui faisait moins peur et qu’il semblait l’avoir intégré. A sa manière … car j’ai le sentiment qu’il ne comprend pas, réellement, ce que la mort implique. Il est encore fort immergé dans l’univers magique et imaginaire propre aux enfants. Je crois que c’est tant mieux.

Et chez vous, est-ce que vos tous petits, se préoccupent-t-ils déjà de ce genre de sujet? Comment avez-vous fait pour les rassurer?

 

 

Les conséquences d’un sommeil pourri

sommeil-pourri

Les conséquences de mon sommeil pourri, je les avait déjà effleurées dans mon précédent article sur le sujet mais je n’en avais pas parlé avec détail. L’article aurait été bien trop long.

Alors, j’insiste, ce n’est pas dans une complainte que je me lance. Je ne suis pas malheureuse. Mon but, avec cette série d’articles, est, vraiment, de sensibiliser les gens à l’insomnie qui peut constituer un véritable trouble à elle seule et pas uniquement un « banal » symptôme d’autre chose.

Les conséquences sont multiples et chez moi, elles donnent ceci:

Au niveau physique, c’est simple et bête. En cas de crise d’insomnie (quand je ne dors pas ou pratiquement pas pendant plusieurs jours d’affilée), je suis, d’abord, fatiguée.  Fatiguée au point de devoir tout faire au ralenti. Une activité, une pause, une activité, une pause. Je ne peux pas mieux faire.

Lorsque je danse (l’une de mes activités préférées), je m’essouffle beaucoup plus rapidement et je suis comme désaccordée. Je ne suis pas le rythme. Ce n’est pas grave en soi mais c’est dommage.

J’ai souvent un état grippal aussi: des courbatures, une sensibilité accrue aux oreilles, à la gorge. Je suis très souvent enrhumée.

Et puis, je manque d’appétit et souffre beaucoup plus de l’estomac (une de mes faiblesses à la base).

Au niveau psychologique, je suis beaucoup plus anxieuse, constamment à fleur de peau, beaucoup plus sensible aux stimuli, comme la lumière ou le bruit. J’angoisse beaucoup à l’idée de devoir me lever tôt pour emmener le petit à l’école ( J’ai toujours peur de ne pas y arriver. Comme, il est en primaire, il ne peut plus vraiment manquer).

Au niveau cognitif, ce sont mes facultés pour écrire qui en prennent un coup. J’ai un gros nuage dans le cerveau. Je ne sais plus faire de belles phrases. C’est râlant parce que j’ai envie de dire tellement de choses mais j’ai besoin de plus de temps. C’est un fait. Je suis beaucoup plus lente et trouver le bon mot me demande plus d’effort. Écrire une lettre courte peut me prendre une semaine.

A part ça, j’oublie aussi des choses. Ma mémoire a court terme est un peu abîmée.

En fait, c’est ça, je vis ma vie, à contre courant, plus doucement, avec l’obligation de planifier souvent alors que je suis de nature spontanée . Ce n’est pas grave de vivre plus lentement. Je sais que le rythme actuel ne me conviendrait pas. Les problèmes de santé m’ont obligés à prendre le temps de réfléchir, à me poser et j’avoue qu’entre autres, je ne comprends pas cette société qui nous impose de courir tout le temps. Ce n’était pas comme ça, il y a trente ans, si?

Comme vous le voyez, les conséquences ne sont pas anodines mais il n’y a pas que du mauvais. J’approfondirai la question dans un troisième et dernier article.

 

sommeil-pourri

 

Vice-versa ou les émotions accessibles aux enfants

Vice-versa-émotionsSi dans ma vie, il y avait un moment propice pour que le dessin animé Vice-Versa soit diffusé à la télé, c’était bien celui-ci . Mon fils m’ayant fait une semaine de crises monumentales (première fois qu’il m’en fait d’une telle ampleur), je cherchais un moyen de lui expliquer les émotions. Ce film m’a beaucoup aidé à y parvenir.

Mais d’abord le pitch:Grandir n’est pas de tout repos, et la petite Riley ne fait pas exception à la règle. À cause du travail de son père, elle vient de quitter le Midwest et la vie qu’elle a toujours connue pour emménager avec sa famille à San Francisco. Comme nous tous, Riley est guidée par ses émotions – la Joie, la Peur, la Colère, le Dégoût, et la Tristesse. Ces émotions vivent au Quartier Général, le centre de contrôle de l’esprit de Riley, et l’aident et la conseillent dans sa vie quotidienne. Tandis que Riley et ses émotions luttent pour se faire à leur nouvelle existence à San Francisco, le chaos s’empare du Quartier Général. Si la Joie, l’émotion dominante de Riley, tente de rester positive, les différentes émotions entrent en conflit pour définir la meilleure manière de s’en sortir quand on se retrouve brusquement dans une nouvelle ville, une nouvelle école et une nouvelle maison. source

Et mon avis ensuite: alors comment dire? Mon avis est moyen +. Le principal intéressé, à savoir N., a aimé . Il a non seulement bien réussi à distinguer les différentes émotions (il en manquait quelques-unes quand même) mais également à comprendre le plus gros de l’histoire. Cela dit, j’ai bien vu que pour l’enfant de (juste) six ans qu’il est, suivre tout le fil des péripéties et des balades dans les différentes îles n’a pas été chose aisée.

En ce qui me concerne, ce qui m’a plu c’est le message de la fin; à savoir, la tristesse, c’est aussi ok (quelque chose que l’ont conçoit de moins en moins dans ce monde d’automates, où il faut se remettre de tout très vite). En conclusion et même s’il n’est pas parfait, je trouve que ce film est un point de départ intéressant pour introduire les enfants au monde des émotions.

 

vice-versa-emociones

L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas?

insomnie-handicap

Je suis insomniaque. Insomniaque depuis neuf ans et personne ne peut, vraiment, comprendre ce que je vis au quotidien. Il faut vivre les choses pour pouvoir  se mettre à la place des autres . C’est normal. Je trouve que l’insomnie est assez banalisée (à mon détriment) et mon intention, à travers ce texte, est de vous expliquer ce que représente cette saloperie dans le quotidien d’une personne.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais été une grande dormeuse . La sieste, quand j’étais petite, j’ai vite abandonnée. Lorsque j’étais ado, je trouvais même que dormir, c’était perdre son temps et qu’il y avait bien plus intéressant à faire. Je connus quelques insomnies à cette époque mais rien d’alarmant (pendant les examens ou lorsqu’il arrivait quelque chose qui me stressait beaucoup). C’était ponctuel. Et puis vint ma dépression de 2007 et son lot de médicaments que j’ai pris pendant sept longues années, à cause d’un mauvais suivi (c’est pas comme dans les films, trouver un médecin qualifié dans ce domaine, c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin: c’est toi et ta chance et la mienne était aux abonnés absents). Ces drogues, je n’ai pas peur de le dire, ont détruit mon sommeil.

En 2015, lorsque je suis arrivée à me débarrasser de ces cochonneries, je ne dormais plus. Mais alors plus du tout. Je passais mes nuits à me promener dans mon appartement.

Pour tenter de rétablir mon sommeil, j’ai essayé des tas de trucs: labos du sommeil qui n’ont rien révélé d’anormal  (à part des micro-réveils toutes les 30 secondes, ok…) plantes, alcool, sortir très tard, hypnose, emdr, privation de sommeil à la militaire jusqu’à tomber par terre. J’ai ainsi passer des 10-11 nuits d’affilée à ne dormir qu’une heure. Les autres , je les passais à me réveiller et à me rendormir . J’avais l’impression de devenir folle.

Insomnie-handicap

Ensuite, j’ai un peu récupéré des heures de qualité par ci, par là: 3h d’affilée et je sautais au plafond de joie. Depuis c’est un peu mieux, assez aléatoire et mes nuits se passent à peu près comme ça:

  • Je vais me coucher aux environ de minuit, parfois plus tard, je prends mes capsules d’homéopathie, et ensuite, je lis jusqu’à ce que mes paupières se ferment toutes seules. ( En hiver, c’est très difficile de supporter ce rythme quand je dois me lever le matin tôt pour emmener le petit à l’école). Parfois, ça marche et j’en ai pour 3-4 heures, voire 5-6 (si j’ai de la chance) de tranquillité sur la nuit. Parfois, pas du tout et mes yeux se rouvrent dès que j’ai éteint la lumière et …je n’ai plus qu’à reprendre ma lecture.

Si je dors 5-6 heures de suite, je peux considérer que c’est une bonne nuit. Je peux difficilement aspirer à plus. J’ai eu un pic de 8h30 en 2016 et un autre de 10h en 2017 mais ça ne s’est produit qu’une seule fois à chaque fois.

Il y a des périodes de crise (comme là maintenant depuis le 30 décembre environ) où mon sommeil est très très court et extrêmement non-récupérateur et des périodes de récupération qui durent 4-5 jours (si j’ai de la chance) et pendant lesquelles je fais ces 5-6 heures d’affilée.

En 2015, j’étais un véritable zombie. J’avais besoin d’aide pour tout: ça allait d’écrire un simple texte en passant par me faire à manger, à s’occuper du petit quand je n’avais pas la force.

Ensuite, cela a progressivement évolué dans le bon sens grâce à ces périodes de récupération dont je parle ci-dessus…mais c’est loin d’être le paradis. C’est encore relativement  (et même très, par moments) difficile à gérer.

Quand on me demande comment je fais pour supporter tout ça, je réponds  que je ne bosse pas. Cela évite, du coup, les jugements hâtifs, sur ma condition de personne touchant des revenus de remplacement (en fait, les gens ne savent pas vraiment quoi dire).

La pire question qu’on peut me poser, c’est pourquoi? genre, c’est quoi qui te préoccupe à ce point pour que tu ne dormes pas? Là, je réponds : rien, c’est neurologique, on peut rien faire. Je pense, honnêtement, que si au moindre stress, il faudrait qu’on arrête de dormir,  personne ne dormirait plus jamais. Il y a toujours l’une ou l’autre raison d’être vaguement stressé. En réalité, ce qui m’inquiète le plus, c’est justement ce problème de sommeil qui perdure …

Le gros point positif à l’affaire, c’est que je vois plus mon fils qu’une maman qui travaillerait toute la sainte journée… mais franchement, j’aurais préféré  être une maman qui va bien et le voir un poil moins.

L’insomnie chronique, qu’on se le dise, ce n’est pas drôle,  c’est être toujours à fleur de peau et c’est handicapant.

Mais bon, comme dirait ma mère, il y a pire dans la vie …N’est-ce-point?

handicp-insomnie