L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas?

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Je suis insomniaque. Insomniaque depuis neuf ans et personne ne peut, vraiment, comprendre ce que je vis au quotidien. Il faut vivre les choses pour pouvoir  se mettre à la place des autres . C’est normal. Je trouve que l’insomnie est assez banalisée (à mon détriment) et mon intention, à travers ce texte, est de vous expliquer ce que représente cette saloperie dans le quotidien d’une personne.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais été une grande dormeuse . La sieste, quand j’étais petite, j’ai vite abandonnée. Lorsque j’étais ado, je trouvais même que dormir, c’était perdre son temps et qu’il y avait bien plus intéressant à faire. Je connus quelques insomnies à cette époque mais rien d’alarmant (pendant les examens ou lorsqu’il arrivait quelque chose qui me stressait beaucoup). C’était ponctuel. Et puis vint ma dépression de 2007 et son lot de médicaments que j’ai pris pendant sept longues années, à cause d’un mauvais suivi (c’est pas comme dans les films, trouver un médecin qualifié dans ce domaine, c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin: c’est toi et ta chance et la mienne était aux abonnés absents). Ces drogues, je n’ai pas peur de le dire, ont détruit mon sommeil.

En 2015, lorsque je suis arrivée à me débarrasser de ces cochonneries, je ne dormais plus. Mais alors plus du tout. Je passais mes nuits à me promener dans mon appartement.

Pour tenter de rétablir mon sommeil, j’ai essayé des tas de trucs: labos du sommeil qui n’ont rien révélé d’anormal  (à part des micro-réveils toutes les 30 secondes, ok…) plantes, alcool, sortir très tard, hypnose, emdr, privation de sommeil à la militaire jusqu’à tomber par terre. J’ai ainsi passer des 10-11 nuits d’affilée à ne dormir qu’une heure. Les autres , je les passais à me réveiller et à me rendormir . J’avais l’impression de devenir folle.

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Ensuite, j’ai un peu récupéré des heures de qualité par ci, par là: 3h d’affilée et je sautais au plafond de joie. Depuis c’est un peu mieux, assez aléatoire et mes nuits se passent à peu près comme ça:

  • Je vais me coucher aux environ de minuit, parfois plus tard, je prends mes capsules d’homéopathie, et ensuite, je lis jusqu’à ce que mes paupières se ferment toutes seules. ( En hiver, c’est très difficile de supporter ce rythme quand je dois me lever le matin tôt pour emmener le petit à l’école). Parfois, ça marche et j’en ai pour 3-4 heures, voire 5-6 (si j’ai de la chance) de tranquillité sur la nuit. Parfois, pas du tout et mes yeux se rouvrent dès que j’ai éteint la lumière et …je n’ai plus qu’à reprendre ma lecture.

Si je dors 5-6 heures de suite, je peux considérer que c’est une bonne nuit. Je peux difficilement aspirer à plus. J’ai eu un pic de 8h30 en 2016 et un autre de 10h en 2017 mais ça ne s’est produit qu’une seule fois à chaque fois.

Il y a des périodes de crise (comme là maintenant depuis le 30 décembre environ) où mon sommeil est très très court et extrêmement non-récupérateur et des périodes de récupération qui durent 4-5 jours (si j’ai de la chance) et pendant lesquelles je fais ces 5-6 heures d’affilée.

En 2015, j’étais un véritable zombie. J’avais besoin d’aide pour tout: ça allait d’écrire un simple texte en passant par me faire à manger, à s’occuper du petit quand je n’avais pas la force.

Ensuite, cela a progressivement évolué dans le bon sens grâce à ces périodes de récupération dont je parle ci-dessus…mais c’est loin d’être le paradis. C’est encore relativement  (et même très, par moments) difficile à gérer.

Quand on me demande comment je fais pour supporter tout ça, je réponds  que je ne bosse pas. Cela évite, du coup, les jugements hâtifs, sur ma condition de personne touchant des revenus de remplacement (en fait, les gens ne savent pas vraiment quoi dire).

La pire question qu’on peut me poser, c’est pourquoi? genre, c’est quoi qui te préoccupe à ce point pour que tu ne dormes pas? Là, je réponds : rien, c’est neurologique, on peut rien faire. Je pense, honnêtement, que si au moindre stress, il faudrait qu’on arrête de dormir,  personne ne dormirait plus jamais. Il y a toujours l’une ou l’autre raison d’être vaguement stressé. En réalité, ce qui m’inquiète le plus, c’est justement ce problème de sommeil qui perdure …

Le gros point positif à l’affaire, c’est que je vois plus mon fils qu’une maman qui travaillerait toute la sainte journée… mais franchement, j’aurais préféré  être une maman qui va bien et le voir un poil moins.

L’insomnie chronique, qu’on se le dise, ce n’est pas drôle,  c’est être toujours à fleur de peau et c’est handicapant.

Mais bon, comme dirait ma mère, il y a pire dans la vie …N’est-ce-point?

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4 commentaires sur « L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas? »

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