Directo al sol*

Coucou la compagnie,

juste un petit mot pour vous dire deux choses:

  1. il n’y aura pas d’articles les deux semaines à venir PARCE que je pars en vacances! Oui, enfin! A Barcelona (terre que je n’ai pas visité depuis huit longues années) et Alicante (dans l’appartement de mes parents). Je vous remercie beaucoup pour votre fidélité (vous êtes de plus en plus nombreuses (à quand les hommes? (je dois sûrement parler de sujets qui ne vous intéressent pas…)) et vous fait de grosses bises.
  2. je n’ai pas répondu à vos messages et je n’ai pas liké vos articles HC ? C’est normal! Figurez-vous qu’il y a une dizaine de jours, je me suis déconnectée de mon compte sans le faire exprès. Lorsque j’ai voulu me reconnecter, je me suis rendue compte que j’avais oublié mon mot de passe. Depuis, j’ai envoyé des tas de messages à l’équipe d’Hellocoton pour régler le souci mais je n’ai toujours reçu aucune réponse.

Voili, voilà. C’est tout.

Je vous souhaite à tous, enfin, à toutes, de belles choses pendant ces deux semaines et vous dit, hasta pronto !

Signé cat’s eyes Elisa.

* tout droit vers le soleil

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Les expressions qui m’exaspèrent quand on parle maladie …

cancer-expressions

Dans la liste des expressions qui me gavent, il y a aussi celle-là: il/elle se bat/s’est battu contre la maladie et est décédé/s’en est sorti.

Alors pourquoi, elle me gave? Parce que sérieux, est-ce qu’on se bat contre la maladie? Et puis, ça veut dire quoi se battre contre la maladie? Au mieux, on se fait « seulement »  opérer…Au pire, on se fait opérer, on  « reçoit » chimio, rayons, transplantation, rééducation . A moins que « se battre » veuille seulement dire « accepter de suivre un traitement » ce qui, soit dit en passant, font genre 95% des gens atteints par le cancer et d’autres saloperies.

Personnellement, comme tout enfant, je n’ai pas eu mon mot à dire. Il allait de soi que j’allais avoir droit à la fameuse chimio. J’ai subi l’action, comme on dit.  Point. J’allais à l’hôpital, je recevais ma dose, je vomissais mes tripes, rentrais à la maison, y restais quelques jours, quelques semaines et recommençais. Ma vie, ça a été ça, pendant neuf mois. Je n’avais pas le temps de penser et cette expression-toute-faite me laissait pantoise. Je me demandais: c’est comme ça qu’il faut se battre? est-ce que je me bats bien? Je ne comprenais, vraiment, pas où les gens voulaient en venir lorsqu’ils l’utilisaient. En vérité,  il n’y avait rien d’autre à faire que de subir. Elle était là la vérité.

En fait, j’irais même jusqu’à dire que ça se passe comme au loto. C’est toi et ta chance. Dire qu’il faut se battre contre la maladie/qu’il/elle s’est battu contre, est abstrait, débile et surtout, culpabilisant. Culpabilisant car ça pourrait vouloir dire que si on est mort, c’est qu’on ne s’est pas bien battu. Pas comme il le fallait ou pas assez, en tout cas. C’est stupide.

J’ai vu tellement d’enfants souffrir le martyre  qui, malheureusement, ne sont plus là pour témoigner. J’ai entendu tellement d’histoires de petits bouts de cinq ans qui disaient « stop » parce qu’ils n’en pouvaient plus et qu’ils préféraient « partir ».

Les mômes sont les plus doués pour la vie. Ils sont insouciance, motivation, joie, curiosité.  Nos gamins ne pensent jamais que la mort va leur tomber dessus…sauf quand ils sentent qu’elle est là, pas loin. Ce sont les premiers à vouloir mettre le crabe au tapis, K.O et pourtant, même eux, et c’est inconcevable, inimaginable, dégueulasse, finissent par renoncer quand arrive le moment où ils n’en peuvent plus et sentent (les enfants sentent tout, ne l’oublions pas) qu’il n’y a plus rien à faire.

Alors, please, réfléchissons et arrêtons d’utiliser cette expression à la con.

Et j’allais oublier le fameux « Il est mort des suites d’une longue maladie », sans citer laquelle. Ohé, ohé, c’est la honte de citer le nom? Si  t’es malade, ça veut dire que t’es qu’un faible, c’est ça? Non mais sérieux, n’importe quoi ! Faut arrêter avec le politiquement correct et les « tabous » là où ils n’ont pas lieu d’être.

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Comment ça va?

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« Ça va? »

« Oui, et toi? »

« Oui, ça va »

« Alors ça va. »

Voilà un échange vide de sens, qui ne rime à rien. Je déteste la question « ça va? « . Non mais franchement, je crois qu’elle est une de celles que j’abhorre le plus. Pourquoi me direz-vous? Je vais vous expliquer..

Quand j’étais petite, personne ne me demandait comment ça allait. Il allait de soi, vu mon caractère joyeux et mon âge, que j’allais bien. Puis, je suis tombée malade (11 ans) et les gens ont commencé à me la poser. Vous allez me dire, c’est normal de demander si ça va, dans ce genre de situations…sauf que pour moi , étant donné qu’on ne me l’avait jamais posée avant, ça voulait d’office dire que si on me la posait,  c’est que ça n’allait pas …et j’irais même plus loin, que mon enfance était finie, dans la mesure où pour moi, ce genre de questions, c’était entre grands qu’on se la posait. Vous suivez toujours? Vous trouvez que c’est tordu comme raisonnement? Oui, peut-être.

J’ai grandi. Les gens ont continué à me la poser. J’ai continué à répondre que « oui » tout en m’énervant intérieurement. J’ai atteint l’âge ingrat, l’âge encore plus qu’ ingrat et un jour, alors que j’avais déjà 16 ans, j’ai fait une expérience. J’ai osé répondre « non, ça ne va pas » au garçon dont j’étais amoureuse lorsqu’à son tour, il me l’a, un jour, posé. Chose qui, je vous le conçois, est un peu débile, dans la mesure où personne n’a jamais été charmé par le visage triste ou déprimé de quelqu’un. C’est le truc qu’on cache, au début, en général. Bref…Je n’avais pas d’attente et j’ai été très étonnée lorsqu’il a paru intéressé et m’a demandé pourquoi. Je me suis alors dit « tiens, si je dis oui, la conversation s’arrête là et si je dis non, les gens cherchent à creuser, s’intéressent à moi ». J’ai alors systématiquement réitéré l’expérience…avec lui. Pathétique, je sais.

Tout ça pour dire que ce small talking qu’on utilise pour briser la glace ou être poli et qui pour la plupart ne veut pas dire grand chose, revêt une signification tout à fait particulière pour moi. D’ailleurs, cette question anodine continue, toujours aujourd’hui et malgré les années qui ont passé, à créer un sentiment de malaise chez moi.

Et pour ce qui est du garçon, vous vous demandez ce qu’il s’est passé?, bande de curieux. C’est simple: rien. Je me suis détournée de lui lorsque je suis rentrée dans un autre trip et il a utilisé mes confessions contre moi. Vive la fin de la trentaine, que je dis moi …

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Réflexions sur mon bilan hp (haut potentiel)

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Il y a quelques semaines, comme vous le savez, j’ai passé un bilan pour savoir si j’étais un haut potentiel ou pas. Bilan qui a donné une réponse affirmative malgré un QI estimé incalculable et un diagnostic de dyspraxie.

Depuis, je me suis beaucoup renseignée sur la dyspraxie et j’ai beaucoup réfléchi. Je me suis rendue compte que je m’étais menti à moi-même en affirmant que l’équipe qui s’était occupée de moi m’avait mis en confiance. En fait, j’étais, surtout, influencée par la personne qui m’avait conseillée ce centre (spécialisé dans le haut potentiel). Dans les faits, j’ai, plutôt vite, ressenti un malaise lors de ma première visite à l’asbl. La psy qui m’a reçue ce jour-là était chaleureuse. Cependant, j’ai eu l’impression qu’elle essayait de me vendre du coaching, des conférences et un dépistage pour mon fils (50% des enfants ayant des parents hp sont hp aussi).

Après cette première séance, j’ai, tout de même, choisi de continuer le bilan. La raison? Cette asbl a bonne réputation et je me suis dit, comme il m’arrive souvent lorsque quelque chose ne va pas comme je le souhaite, que j’étais parano. J’avais aussi besoin de savoir. J’en avais marre d’être dans le doute.

La deuxième rencontre avec la psy (la même que la première fois) s’est bien passée.. J’étais assez en forme et le bilan m’a permis de confirmer mon fonctionnement.

Lors de la passation du test de QI, en revanche, tout a été plus difficile. La psy avec qui j’ai passé le bilan était une toute jeune fille de 25 ans, pas sûre d’elle. J’avais fait nuit blanche et une attitude défaitiste chez elle ne m’a pas aidée à rentrer dans le test. J’avais besoin d’être rassurée et elle n’a pas été en mesure de le faire. J’ai la sensation qu’avec quelqu’un d’autre, mon résultat aurait été différent. Je ne dis pas que j’aurais cassé la baraque si j’avais passé le test dans des conditions optimales mais au moins, je me serais sentie plus à l’aise.

Quant au diagnostic de dyspraxie, je ne m’y attendais absolument pas, et après visionnage de plusieurs vidéos, je peux vous affirmer que je ne le suis pas. Les gens souffrant de ce trouble ont beaucoup de difficultés dans leur vie de tous les jours pour écrire, se repérer dans l’espace (mauvais sens de l’orientation, se cognent partout), nouer leurs lacets, se verser à boire sans renverser, etc. Ce sont des difficultés que je n’ai pas. Les psys ont conclu que mes capacités intellectuelles avaient du compenser la dyspraxie mais je ne suis pas d’accord. Je pense qu’elles ont confondu dyspraxie et ralentissement psychomoteur du à l’insomnie et aux dégâts causés par les antidépresseurs sur mon cerveau. Dégâts que les professionnels de la santé sous-estiment malheureusement. Par ailleurs, j’ai également trouvé leurs conclusions du rapport assez hâtives. Elles sont parties sur des interprétations concernant des choses dont elles ne pouvaient s’être faites une idée en aussi peu de temps.

J’ai presque instantanément ressenti un soulagement lorsque j’ai découvert et visionné les vidéos de Catherine V.OS. Pour la première fois de ma vie, je me reconnaissais dans un profil et je pouvais donner un sens à beaucoup de choses que j’avais vécues.  Depuis leur visionnage, mon anxiété a facilement diminué de moitié et je ne pense pas que ce soit le fruit du hasard. Du bilan, au final, seule la  première partie m’aura apporté quelque chose. Je ne regrette rien mais je pense que si j’avais l’opportunité (et l’envie, le besoin) de repasser ces tests, je n’irai plus dans ce centre, mais plutôt voir un psy spécialisé, loin de la mouvance « haut potentiel ».

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Mère au foyer du 21ème siècle

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Je suis considérée comme une mère au foyer par la population. Je vais être claire: je ne me considère pas comme telle. En tout cas, je ne me sens pas concernée par l’image qu’en ont le commun des mortels et même beaucoup de mamans, d’elles-mêmes.

En ce qui me concerne, je suis devenue maman au foyer à cause de ma santé. Dans ma situation, le rôle de maman solo d’enfant en bas âge étant difficilement conciliable avec le boulot, c’est tout naturellement que j’ai choisi mon fils. En revanche, ma vie ne tourne plus pas, exclusivement, autour de lui et des tâches liées à la maison. Je participe à un atelier d’écriture, à un groupe de travail de maman solos dans l’optique de faire évoluer notre situation précaire vers un mieux, je vois mes ami(e)s, je lis, je vais au ciné, à des conférences, à mes séances de neurofeedback, j’ai ce blog et d’autres projets.

Je sais qu’il n’est pas sain de ne vivre que pour la maison et ses enfants. Je dirais même qu’en mon sens, réduire sa vie à ça (à moins d’adorer le concept, of course), constitue un facteur déclencheur du tant redouté burn-out maternel.

Ces derniers jours, j’ai vu passer pas mal d’articles sur le sujet des mamans at home,  et ils m’ont un peu chiffonnée, j’avoue. Je trouve que les gens et plus particulièrement, les femmes ont une image très réductrice de ce qu’est censée être leur vie de maman-qui-ne-travaille-pas. Nous sommes au 21ème siècle, merde! Il est temps que nous sortions du rôle-cliché. Nous avons des droits, des machines qui nous aident à la maison. Ce n’est plus pareil qu’à l’époque de nos grands-mères.

Alors je sais parfaitement que chaque situation est différente, que ce n’est pas pareil lorsqu’on n’a qu’un seul enfant et que la difficulté diminue le plus souvent avec l’âge des petits (un enfant de six ans est plus autonome qu’un bébé, forcément, on ne l’a plus toute la journée dans les pattes), etc, mais je voudrais faire passer le message aux mamans qu’elles ont le DROIT de s’occuper d’elles, qu’elles ont le DROIT d’avoir une activité-passion de 2/3heures/semaine en dehors de la maison (very important!!!), de voir leurs ami(e)s (avec ou sans les kids), de partir quelques jours sans la marmaille, de passer un peu le relais, etc. Pour être des mamans suffisamment bonnes, il est nécessaire de savoir déconnecter et de prendre du temps pour soi.

Je suis bien consciente du fait que les commères la société, les gouvernements ne nous aident pas, que rien n’est fait, dans nos pays, pour permettre à la jeune maman, qu’elle travaille ou pas, de s’épanouir. C’est à nous de chercher les solutions et de profiter de/se créer toutes les minis-opportunités possibles et inimaginables pour sortir de la maison et surtout, de cette conception de vie étriquée. C’est difficile mais c’est possible.

Vous avez le droit, les filles. Mettez-vous ça bien dans le crâne. Il n’y a pas un modèle de vie particulier à suivre. C’est à nous de nous créer celui qui nous convient. Lorsque nous en serons convaincues , nous commencerons à convaincre les autres…et les choses évolueront. J’en suis certaine.

La vie change en devenant maman au foyer mais elle n’a pas à s’arrêter …Nous n’avons pas à nous laisser bouffer par ce rôle, qui sera, de toute façon, provisoire, pour la plupart d’entre nous. #girlpower

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La nouvelle technologie et moi

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Technologiquement parlant, la modernité et moi, ça a toujours fait deux.

D’ailleurs, chez moi, il y a juste une télé vieille de 9 ans d’âge, , le pc portable depuis lequel je vous écris, qui date de 2013, un vieux dvd dont je ne trouve même plus la télécommande, une chaine hifi et un appareil photo hyper basiques, une imprimante escargot et ah oui, mon téléphone.

En parlant de téléphone …jusqu’il y a peu, je me trimballais encore un mobile de 2010, un smartphone des débuts, avec un écran tout riquiqui, qui n’a jamais fonctionné correctement et qui, à un moment, s’était même mis à appeler mes contacts sans ma permission. Mais ça c’était avant parce que depuis un an, j’ai le top du top, un gsm de nouvelle génération (enfin, celle de l’année dernière) avec toutes les options incluses. Et vous savez quoi ? Il traîne, à peu près partout dans la maison. Je sais jamais où il est. Un peu comme l’ancien  mais en nouveau. Bah oui, c’est pas parce qu’on change l’extérieur, qu’on change l’intérieur. Une has been technologique reste une has been. Technologique.

Je ne me suis jamais demandée pourquoi j’étais comme ça. Toujours avec un train de retard à ce niveau-là. Après tout, ça ne m’a jamais empêché de réaliser quoi que ce soit. En fait, ça a plutôt tendance à frustrer d’autres personnes que moi (frérot, si tu passes par là ;-)) et je crois qu’en ce qui me concerne, c’est une question de choix.

Bah, oui, financièrement, je ne roule pas sur l’or et j’ai d’autres priorités que de m’acheter la dernière télé écran plat à la mode ou la plus sophistiquée des tablets. Je préfère voyager, me soigner, prendre soin de mon fils, boire un verre avec des amis ou encore, me payer un cinéma ou une place de théâtre.

Dans la vie , (je l’ai peut-être déjà dit) je privilégie les moments, les souvenirs, pas le matos. C’est tout, c’est comme ça et c’est quelque chose que j’aime en moi.

Et vous, quel est votre rapport à la technologie?

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Les questions casse-gueule du bonhomme

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N. est, maintenant, un petit garçon de 6 ans et des poussières. Un petit garçon qui grandit, qui apprend à la vitesse de la lumière, qui s’intéresse à peu près à tout et qui s’interroge sur la vie et son sens.

Depuis quelques temps, il nous étonne (surtout son père, ma mère et moi) avec des questions, pour le moins, incommodantes. Il revient souvent avec  la classique « mais, maman, je ne comprends pas, d’où vient la petite graine? » mais aussi « Si papa et toi, vous n’êtes pas ensemble, vous êtes quoi alors? » et la dernière en date « ça sert à quoi le mariage? »

J’avoue que je ne sais pas toujours ce qu’il convient de lui dire à son âge et il m’arrive de prendre mon temps pour réfléchir  avant de revenir  vers lui avec une explication (parfois, il a oublié sa question entre temps mais c’est rare). Dans tous les cas, je ne lui mens pas et je ne le laisse jamais sans réponse.

Pour ce qui est de la petite graine, son père (qui a trouvé une meilleure formule que moi) lui a, finalement, expliqué d’où elle venait mais n’a pas été plus loin dans son développement. Pour ma part, je lui ai parlé de l’utérus en lui expliquant à quoi il servait et en insistant bien sur le fait que seules les femmes en avaient un et que c’était la raison pour laquelle, les hommes ne pouvaient pas avoir de bébé(s) dans leur ventre.

En ce qui concerne, la relation que son père et moi, nous entretenions, cela a été facile parce que je m’y préparais depuis qu’il était bébé. Je lui ai fait savoir, qu’aujourd’hui après l’avoir haï pendant près de trois ans et avoir mis des litres d’eau dans mon vin, son paternel et moi, nous étions amis mais pas amoureux et que nous avions le plus beau  des petits garçons en commun. Pour qu’il intègre mieux notre réalité, j’ai ajouté que des parents qui ne sont plus amoureux (mais qui restent ensemble) se disputent souvent et que ce n’est bon pour personne. Il a approuvé du chef.

Quant au mariage, euh…j’ai, complètement, séché dans la mesure où personnellement et ça n’engage bien évidemment que moi, je ne comprends pas ce que le mariage apporte dans une vie de couple. Je n’ai pas d’exemple de mariage heureux autour de moi et je n’ai pas été de ces petites filles qui jouent à la princesse et qui rêvent de se faire passer la bague au doigt. J’ai toujours pensé que « vivre dans le péché » était bien plus romantique.  Enfin, pour ce qui est de la robe blanche et de la fête, je me suis toujours dit qu’avec tout l’argent dépensé, je pourrais m’offrir de beaux voyages à la place.  Non vraiment, je n’étais pas la personne idoine pour répondre à ce genre de question. Je l’ai donc renvoyé vers quelqu’un pour qui cet acte est important.

Et vous, vos enfants, quel genre de questions posent-t-ils? Trouvez-vous toujours facilement une réponse à leur donner?

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Ma dernière série coup de coeur: Merlí (rebaptisée #Philo en France)

Merli-série-coup-de-coeur

Je ne sais pas pourquoi mais ces dernières années, je flashe toujours sur des séries espagnoles (Polseres Vermelles, Mar de plástico, vis a vis, el Principe). Je pense être objective en disant qu’il y a vraiment de bons acteurs et de bonnes idées en Espagne et en mon humble avis, cette série que je vous présente aujourd’hui et qui comporte trois saisons, en est l’exemple parfait.

Mais d’abord le pitch: Merli, un professeur de philosophie âgé de 50 et quelques années, est affecté au lycée Angel Guimera (Barcelona). Son arrivée n’est pas du goût de tout le monde. Il met rapidement les élèves dans sa poche par son approche accessible et originale de la philosophie. Les autres enseignants n’apprécient pas sa façon d’agir. source

Juste que là, rien de très original ni de, vraiment, nouveau à l’horizon, mais alors pourquoi, j’ai tellement aimé Merlí:

  • Parce que Merlí Bergeron n’est absolument pas un prof comme les autres. C’ est le prototype même de l’antihéros avec, son air de chien battu, son physique impossible, sa façon de jouer avec les femmes, de dire ce qu’il pense même si ça dérange. C’est pas un gars commode au premier abord, si vous voyez ce que je veux dire. Pourtant , c’est ce même Merlí qui s’investit à fond pour ses élèves et qui n’est pas d’accord avec la plupart des gens qui pensent que l’adolescence est une phase idiote. Non, pour lui, les ados sont seulement « endormis » et son but est de le « réveiller » en leur enseignant à être critique , à ne pas se contenter, à se poser des questions, à remettre en question l’ordre établi et tout ce qui nous est enseignés. Il  est anti-bienséance.
  • Parce que dans cette série qui aborde des thèmes très actuels (lgbt, grossophobie, système de l’éducation, maladie mentale …), plusieurs personnages vont subir une véritable transformation et différents jeunes vont arriver là où on ne les attend pas. Tout ceci grâce aux méthodes peu orthodoxes mais tout à fait, efficaces du prof de philo.
  • Parce que les personnages ont des physiques « normaux », c’est à dire que contrairement à la plupart des séries américaines où on retrouve des gens qui ressemblent presque toujours à des mannequins tous droits sortis d’un défilé, ici les acteurs sont, comme dans la vraie vie, imparfaits.

Oui, vraiment, cette série vaut le détour et est à mettre, sans aucun doute, devant les yeux de vos ados.

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Le trou noir

 

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Pour être de meilleure humeur, il aurait fallu que je sois morte ! Vraiment, j’aurais difficilement pu me sentir plus mal. Toutes ces angoisses qui m’envahissaient, c’était insupportable. Et cette tristesse…Non, vraiment, je n’en pouvais plus, c’était trop.

J’étais comme paralysée et ne m’apercevait même plus du temps qui passait. Je ne songeais, de toute façon, qu’à dormir et aux heures qui me séparaient de la nuit.J’étais tombée dans un puits qui n’avait pas de fond.

Je me disais qu’il était impossible qu’un événement aussi mineur ait pu me mettre dans un état pareil. Et pourtant…Ma carapace avait volé en éclats, comme ça, sans crier gare. Du jour au lendemain.

Mon entourage  ne savait pas ce qui m’arrivait. En même temps, ça m’était égal que les gens sachent ou pas car à vrai dire, tout m’était égal et je doutais que rien ni personne sur cette Terre ne puisse m’aider un jour à sortir la tête de l’eau. Mais en fait, si, ma tête était hors de l’eau, même tout le corps. C’était plutôt comme si j’étais sur une barque et que, de toutes mes forces, je ramais … à contre-courant. Oui, c’est ça. C’est, exactement, la sensation que j’avais à ce moment-là.

Aujourd’hui encore, je ne sais pas comment je m’en suis sortie. Grâce au temps, peut-être, qui a fini par remettre les choses à leur place. Ou pas. Car vraiment, c’est un mystère. Un mystère que je me sois retrouvée aussi mal un jour et qu’à peine, quelques temps plus tard, sans aucune raison valable, je me lève un matin, les esprits et la joie retrouvés.

Texte de fiction écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture auquel je participe. Devinerez-vous le thème?

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Le travail, c’est la santé …

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Pour moi, avant, le boulot, c’était comme pour tout le monde: un gros « C’est comme ça » On naît, on joue, on va à l’école, on bosse. C’était comme ça depuis la nuit de nos temps et je n’avais jamais réfléchi à la question.

Personnellement, j’ai été une excellente élève qui, n’avait presque aucun effort à fournir pour réussir. Et comme si ce n’était pas suffisant, je cumulais, en plus, le profil type de la « bosseuse » qui n’avait pas peur de mettre la main à la patte. C’est donc très tôt que j’ai commencé à enchaîner les petits boulots en plus de mes études (Premier job: peinture de fenêtres et de portes, c’est dire si j’étais motivée haha).

Ma première baffe, je me la suis prise, le jour où j’ai obtenu mon diplôme de traduction. Je ne savais absolument pas quoi faire.Je n’avais qu’une piste:  ne pas perdre 40 heures/semaine  dans un taf qui m’ennuierait à mourir ou dans lequel je ne me sentirais pas utile. Quarante heures pour moi, c’était significatif.

J’ai donc cherché mon Graal particulier. J’ai envoyé des tas de cv (genre 1000) pour les fonctions qui m’intéressaient, enchaîné des emplois horribles et/ou très mal payés (a.k.a Barcelona 2007) comme salariée, des formations et puis, je suis tombée malade (dépression).

Sous médicaments, je n’étais pas la même (physiquement et psychiquement)  et j’ai, par conséquent, pensé que la formule « traductrice-correctrice freelance »  à mon compte me siérait mieux. J’ai alors suivi des parcours d’intégration pour devenir entrepreneure, bénéficié  d’un coaching dans la maison de l’emploi de mon quartier, etc.

Au début, je n’ai pas eu de problème à trouver de contrats (en noir, cela va sans dire) mais j’ai vite remarqué le souci « paiement ». Ce n’est pas que les gens ne me payaient pas, comme je lis souvent, mais qu’ils me payaient des cacahouètes et trouvaient ça tout à fait normal (j’ai même eu droit à une maison d’édition qui voulait, en plus du livre que j’avais traduit pour eux trois mois auparavant, m’ajouter un supplément à traduire gratuitement!!!!).

Pour compléter ces contrats intéressants au niveau du contenu mais tout à fait foireux, au niveau financier, j’ai longtemps cherché un mi-temps . Je n’étais pas bien difficile mais les patrons prétextaient toujours que j’étais  surqualifiée, qu’ils n’acceptaient pas plus d’un bac+3 ou que j’allais m’ennuyer, pour ne me pas m’engager. Ma vie pro, c’était donc contrats foireux + chômage + cours (+stage) pour ajouter des cordes à mon arc, jusqu’au jour où je suis retombée malade (fin de sevrage) et que, finalement, j’ai été obligée de m' »asseoir » pour me pencher sur la question.

Les dix ans après  diplôme, en gros, j’ai compris que je les avais passés à culpabiliser. Cela n’avait rien de  normal, dans la mesure où, tout ce que j’avais fait, c’était chercher à m’intégrer de toutes les manières possibles et imaginables. J’avais fait des démarches, travaillé, étudié, accepté le tirage d’oreille (littéral) (quand j’étais étudiante), le harcèlement moral, les salaires de misères, le bore-out (ce mot n’existait pas à l’époque où je l’ai connu), les entretiens par téléphone, supprimé mon diplôme de mon cv pour avoir plus de chances, etc…Et tout ça pour quoi? Pour rien, pour me sentir comme une merde. Ma confiance en moi? Morte et enterrée. Mes seuls péchés? ne pas rentrer dans les cases et avoir une santé plus fragile. En résumé, il y a toujours eu quelque chose chez moi qui a fait que ça ne colle pas.

Mon sevrage catastrophique m’a éloigné (physiquement, psychologiquement, cérébralement) du monde du travail pendant deux années entières (j’étais trop mal) et lorsque la question de retrouver une nouvelle occupation professionnelle s’est reposée, j’ai senti que je ne pourrais plus jamais rentrer dans un parcours classique. J’étais, je suis dégoutée. J’ai aussi compris  que notre éducation (école+maison+ blablas politiques) fait que tous, nous vivons sans réfléchir, comme des moutons obéissants qui acceptent des choses inadmissibles. Tout ça, pour un salaire. D’ailleurs, pour la plupart, il est, tout à fait, inenvisageable d’imaginer une autre voie que celle du boulot qu’on n’aime pas mais qu’on fait quand même parce qu’on doit pouvoir payer nos loyers, nos factures et un poil plus, si on a de la chance .

Alors, je ne sais pas qu’elle est la trajectoire à suivre (je la cherche mais ne l’ai pas encore trouvée ) pour parvenir à sa juste place et gagner des sous (le nerf de la guerre, n’est-ce-pas?). Je sais juste que moi, ce n’est qu’à partir du moment et seulement du moment où j’ai été contrainte de me poser pour sauver ma peau et ne plus penser boulot que j’ai commencé à m’écouter et à me lancer dans des projets qui me plaisaient vraiment .

Je trouve ça triste qu’il faille en arriver là mais je me sens chanceuse d’avoir réussi à sortir de l’ancien schéma. Malheureusement, le problème suivant se pose: je vis dans un système en déclin mais toujours dominant, à l’heure actuelle, et je suis bien consciente qu’ à moins de gagner à la loterie (faudrait déjà jouer), il arrivera un jour (pas très éloigné) où je devrais me plier à certaines règles qui me rebutent pour pouvoir continuer à payer mon loyer, mes factures et un poil plus, si j’ai de la chance.

Je vais être honnête: je n’en ai pas envie et je ne me sens pas capable de retourner au point « galère ».

Alors, je reprends la formule du titre et j’ajoute: »Le travail, c’est la santé, peut-être, mais à ce prix-là, je n’y crois pas. Les projets qui nous tiennent à cœur, ne pas rester à rien faire, c’est la santé…mais se « prostituer » pour quelques euros? Non, vraiment, je n’y crois pas.