Il n’y a pas que la question des migrants …

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Le 1er mai, avec mon fils, je suis allée à une fête organisée en l’honneur des migrants. Je ne savais pas grand chose sur le sujet jusqu’à il y a peu et qu’un monsieur de l’atelier d’écriture ne m’inonde d’informations et ne me tanne (il n’y pas d’autre mot) pour que j’aille confectionner des colis de nourriture pour eux (ce que je n’ai pas fait, soit dit en passant).

La fête se situait dans le parc Maximilien, lieu à Bruxelles où ces gens sont « parqués »  depuis leur arrivée.

Je vais être honnête. Je n’étais pas rassurée en y allant. On entend tellement de choses et je ne savais pas ce que j’allais y trouver.

Heureusement, j’ai été agréablement surprise par l’ambiance. Elle était chaleureuse et conviviale. Il y avait beaucoup d’activités pour les enfants, des stands de sensibilisation, de la nourriture et de la bonne humeur.

Par contre, nous ne sommes pas restés très longtemps. Il y avait école le lendemain et pour une raison qui m’était alors inconnue, je ne m’y sentais, malgré tout, pas très à l’aise.

Je me suis interrogée longuement sur ce sentiment. Je ne trouvais pas cela très glorieux pour une personne aussi sensible aux injustices que moi. J’ai beaucoup lu, beaucoup écouté, beaucoup réfléchi et ait compris d’où cela venait. Je vais vous expliquer.

Premièrement, je mène déjà pas mal de combats pour mon bien-être.

Deuxièmement, je suis davantage attirée par d’autres thématiques: le droit des femmes, le statut des parents solo, l’enfance.

Troisièmement, les migrants ne sont pas très nombreux et dans le parc cité plus haut on en dénombre seulement 500. C’est 500 de trop, je suis d’accord mais en Belgique (francophone, du moins), dans les médias, on ne parle quasiment plus que de ça alors que les politiciens sont occupés à bafouer nos droits et à détruire notre sécurité sociale à la hache. Les gens qui ne sont pas concernés diront que j’exagère mais c’est justement parce qu’ils ne sont pas concernés. Lorsqu’on passe de l’autre côté de la barrière, on se rend compte à quel point la misère devient palpable: le nombre de sdf s’est multiplié ces dernières années, l’accès à la justice est devenu presque impossible pour les personnes qui ne sont pas assez riches pour se payer un avocat, la pression est mise sur les malades pour se remettre au plus vite et retourner au travail, les remboursements de nos frais médicaux  sont de plus en plus restreints, les délais pour avoir un rendez-vous chez un médecin ou des examens à l’hôpital de plus en plus longs, le manque de personnel soignant est de plus en plus criant et je vais m’arrêter là, dans la mesure où j’ai l’habitude de ne parler que de ce que je connais.

Entendons-nous bien, je suis pour l’aide aux migrants mais au même titre que je suis pour l’aide à toute cause qui le nécessite. Je trouve qu’il est dangereux de ne se focaliser que sur un seul point. Les médias, les politiques font bien leur boulot en attirant l’attention sur ce seul sujet (qui pourrait être résolu assez rapidement) alors qu’ils sont occupés à faire passer, quasi incognito, un tas de crasse sous la table.

Personnellement, j’en ai marre et je veux me battre pour ce qui me touche moi, à ma manière, parce que c’est nécessaire et pas parce que l’extérieur tente de m’influencer, dans une direction précise.  J’ai la chance d’avoir cette alarme, cette lucidité, qui me permet de percevoir certaines choses, parfois, avant les autres. Je vais l’utiliser. Pour qu’on ne soit plus seulement bien quand on n’a pas de problème …

 

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17 commentaires sur « Il n’y a pas que la question des migrants … »

  1. Hmm … Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Et en fait, ça n’a rien à voir avec les migrants, mais avec le sujet polémique du moment qui permet de cacher ce qui se passe de plus sérieux et grave pour nos libertés et nos « démocraties ».

    C’est exactement la même chose en France, comme partout j’imagine. En ce moment, c’est le scandale du SAMU, avant c’était la terrible histoire de la jeune enfant assassinée … Que des choses très touchantes et – on est d’accord – très graves ! Le hic, c’est que l’Etat et les médias s’en servent pour qu’on se focalise là-dessus et pendant ce temps-là, des lois comme « le secret des affaires » passent tranquillou. Je trouve que ça salit encore plus ces histoires. C’est répugnant.

    Comme toi, j’ai cette alarme dans ma tête. Et je la dois aux lanceurs d’alerte sur internet.

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    1. En mon humble avis, les migrants sont un symbole de tout ce qui ne va pas mais ce n’est, clairement, pas la seule chose qui va mal. Ce n’est pour moi que la pointe de l’iceberg! L’alarme, chez moi, c’est toujours un genre de malaise, une impression de ne pas être en phase 😉 Merci pour ton commentaire 🙂

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  2. Se focaliser sur un sujet, c’est le meilleur moyen de noyer le poisson sur le reste. Et les politiques comme les médias l’ont très bien compris.
    Malheureusement comme tu le dis la pauvreté, la misère, les droits bafoués, ça se passe partout, tout le temps. Il est important de venir en aide aux migrants, c’est une évidence. Mais tant d’autres personnes sont dans le besoin, tant d’autres auraient besoin de journées comme celles-ci pour sensibiliser la population à des évidences que beaucoup ne voient pas ou ne veulent pas voir.
    Je pense que nous avons tous nos combats, ceux qui nous tiennent à coeur et que nous nous devons de nous mobiliser pour les causes que nous pensons justes. Si chacun s’y met, le monde de demain sera différent!

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  3. Je pense que lorsqu’on se focalise sur une lutte en particulier, c’est qu’on essaie de pallier une urgence, et qu’on ne peut pas être partout malheureusement… alors pour certain.e.s ce sera l’aide aux migrants parce que c’est particulièrement choquant de voir des familles entières mourir à nos portes, pour d’autres la défense des droits des femmes, ou autre… mais ce qui est certain c’est qu’il est indispensable de tisser des liens entre ces luttes, d’analyser en quoi elles sont le fruit d’un même système pourri. Sur instagram j’ai mis en story des extraits du journal CQFD (que je recommande vivement), il y en a d’autres que je n’ai pas mis mais qui soulignaient précisément ça, en citant comme exemple le fait qu’en creusant un peu, on se rend compte que des migrants qui se noient en méditerranée aux personnes maltraitées dans les maisons de retraite (soignants et soignés !), c’est la même misère qui frappe, le même mépris…

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    1. Hmmm j’ai dit dans un commentaire que la question des migrants me semblait être la pointe de l’iceberg mais je me suis trompée. En te lisant, je dirais plutôt qu’il s’agit, en mon humble avis, du symbole de tout ce qui va de moins en moins bien dans nos pays. Ce que je crains c’est que les gens ne finissent par se focaliser sur ces personnes (même si je suis d’accord que la situation est intolérable) au détriment d’autres causes toutes aussi importantes et urgentes. Je pense aussi qu’il s’agit du même mépris et de la même misère qui frappe partout car les hommes qui nous dirigent sont malheureusement tous de la même espèce et je m’étonne tous les jours qu’on (je m’inclus) reste aussi nonchalants face à qui est en train de se profiler.

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      1. Oui c’est l’effet du focus médiatique… Mais bon, sincèrement, moi pour ma part je suis davantage inquiétée par l’indifférence vis à vis des migrants que par un quelconque risque qu’on ne pense plus qu’à ça ! C’est l’indifférence et l’apathie omniprésentes qui me terrifient, car elles touchent tous ces aspects finalement. Si quelqu’un autour de moi décide de s’investir pour aider les migrants, de donner beaucoup de son temps, ce n’est probablement pas en soi une voie de changement politique d’ampleur, mais c’est une porte d’entrée vers bien d’autres causes. Et éventuellement une voie de politisation (j’entends politique dans le sens d’une posture politique qui permette justement d’analyser et de relier ces situations, et de se demander comment y répondre, quelle en est la cause… car même s’il y en a évidemment besoin, on ne peut pas être partout sur chaque urgence, et les militants finissent vite épuisés)

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      2. Moi, je suis pour que les gens s’engagent dans les causes qui leur tiennent à coeur, que ce soit celles des migrants ou autre. Pour moi, le souci ce ne sont jamais les gens qui aident mais je crois qu’il y a d’autres causes urgentes et il ne faut pas les oublier. C’est tout…

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      3. Oui je suis bien d’accord… Quand on est à fond dans sa cause, on a vite la tête dans la guidon car on est dans l’urgence du quotidien, et le reste peut vite disparaitre

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  4. Les migrants n’arrivent pas en Europe par hasard. Au contraire des migrations dues à des guerres où l’on voyait tous les âges prendre la route; cette fois, ce sont des jeunes qui sont sélectionnés pour tenter leur chance. D’Afghanistan, nous avons les fils des Talibans (on ne peut pas traverser les frontières sans payer les passeurs et seuls les talibans qui cultivent les champ de pavots ont assez d’argent pour financer des « voyages »), d’Afrique, nous avons des jeunes désignés par leur village ou leur famille qui se cotisent que leur heureux élus puissent payer les passeurs, de Syrie nous avons non pas des syriens qui fuient la guerre mais les camps de réfugiés financés par la communauté internationale et qui eux aussi partent les poches pleines pour payer les passeurs. Les pauvres, eux ne peuvent pas traverser les frontières. En Europe, cette migration immorale fait parfois l’affaire de gouvernements qui voient ces jeunes étrangers comme un investissement (une main d’œuvre) … qui correspond à du néo-colonialisme pur et dur ( très prononcé pour ceux provenant d’Afrique). Ce qui veut dire que l’occident veut encore et toujours ponctionner les forces vives des pays pauvres. Ceux qui sont les grands gagnants sont les mafias qui profitent de notre immoralité générale. Un migrant dépense pour payer ses passeurs environ 15.000 euros (quand il ne se fait pas racketter en Lybie). Si la France a su faire la guerre en Lybie sur de faux prétextes (cela a couté entre 30 et 50 millions d’euros par mois en bombardements et tué des centaines de civils), personne n’ose s’attaquer aux réseaux mafieux de passeurs dans ce même pays. C’est qu’il y avoir une raison aussi ….

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    1. Je sais bien que la situation m’échappe et d’ailleurs, honnêtement, je ne suis même pas sûre de tout comprendre à ton commentaire. C’est juste qu’à un moment, ici en Belgique, on ne parlait que de ça au journal et qu’une dame que je connais me harcelait limite pour que je rejoigne la cause…Mais si je ne la comprends pas, c’est très compliqué pour moi. J’en ai eu marre en fait…La seule chose qui percute mon cerveau c’est que j’ai conscience que l’affaire est bien moins simple et simpliste qu’on veut nous faire croire.

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  5. Pour résumer: durant la guerre froide il y avait dix fois plus de guerres dans le monde et en particulier en Afrique. Mais pas de migrants. Les seuls migrants que l’Europe a connu proviennent de la guerre d’Espagne (100.000 enfants avaient été exfiltrés en premier d’Espagne, puis les femmes et les vieillards, à la fin les combattants qui avait perdu contre Franco – les jeunes adultes sont partis en dernier). Ensuite nous avons connu en 1954 les premiers « Boat People », les vietnamiens chrétiens et français qui fuyaient les communistes qui venaient d’obtenir l’indépendance du nord Vietnam. Ensuite les « boat people » du sud Vietnam que les communistes l’ont envahi et la même année ceux du Cambodge quand les Khmers rouges ont commencé leur épuration. Le point commun est que chez ces « migrants » il y a avait toutes les tranches d’âges. Actuellement les migrants ont tous une moyenne d’âge de la vingtaine d’années. Aucun vieillard qui pourtant sont les personnes les plus vulnérables avec les enfants. Il n’a plus de guerre en Afrique mais des migrants vers l’Europe. La cause est que la Lybie est aux mains des pires criminels et trafiquants. Les forces vives qui devraient aider au développement de l’Afrique sont en train de déserter. Plus nous régularisons ces forces vives, plus nous acceptons d’exploiter l’Afrique par notre néo-colonialisme. Nous sommes coupable de laisser l’Afrique dans l’état où elle est. Autre chiffre: sur les 10.000 migrants qu’il y avait à Calais, il y avait 3% de femmes qui ne servaient qu’au besoins sexuels des 97% d’hommes. Les enfants s’y trouvant avaient été conçus en cours de déplacement à Calais ou directement à Calais (Voir étude d’une ONG anglaise sur Calais qui a été présentée à la chambre des Lords). La naïveté des européens est déconcertante, qui en fait des citoyens immoraux.

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  6. Arrêter d’exploiter l’Afrique en la laissant se développer (croyez-vous normal que ce soit la banque de France qui gère la monnaie africaine – le CFA ? ). Aider et contrôler les investissements en Afrique. Avoir un devoir d’ingérence quand un pays n’arrive pas à améliorer les conditions de vie de ses concitoyens. Nous ne disons rien quand de notre propre chef nous bombardons la Lybie pendant des mois (50 millions d’euros par mois pour la France en bombardement) sous de faux prétexte. Pour faire des guerres, nous sommes très fort. Arrêter de croire que des Afghans – pour ne citer qu’eux -qui arrivent en France peuvent payer les passeurs sans contribution des talibans qui vivent de la drogue. Enfin, faire preuve d’humanisme sans naïveté. Arrêter de croire que nous occidentaux sommes les références dans le monde. en gros, s’intéresser à l’autre, mais pas quand il arrive chez nous, mais quand il est chez lui.

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  7. Et on pourrait aussi poser la question pourquoi les africains étaient-ils les principaux acteurs de l’esclavagisme ? Les commerçants arabes demandaient aux africains de chasser d’autres africains; lesquels étaient ensuite vendus aux français ou anglais, etc. L’Afrique est le continent d’ethnies opposées les unes aux autres. Ensuite, on pourrait aussi dire que la décolonisation est un leurre puisque l’Afrique du temps des colonies produisait assez pour s’auto-alimenter alors que maintenant 80% des produits vendus en Afrique proviennent d’Europe. Une autre cause: les hommes politiques africains (Au moins l’Afrique francophone) sont aussi bien souvent français (c’est le cas aussi du Cambodge ancien protectorat français). Les binationaux investissent en France plutôt que dans leur pays africain. Donc ils pillent leur pays plutôt que servir leur compatriotes. Et tant qu’ils restent dans le giron français (occidental), on les laisse faire. Une autre raison est que l’africain vit au jour le jour et n’a pas notre conception de l’épargne, de notre vision de l’avenir. Mais ca, c’est un point de vue qui se discute.

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