Les états d’esprit du vendredi 31/08/2018

 

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 31 août 2018 (dernier jour d’août, i can’t believe it] – [heure 10:23]

fatigue : que dire? après avoir dormi comme un humain normal pendant une dizaine de jours, me voilà replongée dans les affres de la plus vile des insomnies .
humeur : moyenne (pour autant que ça veuille dire quelque chose)
estomac : café+ galettes de riz au chocolat
cond. phys. : naze
esprit : embrouillé, angoissé, une histoire de vieux schémas qui se reproduit
boulot/projet : m’inscrire à un cours de webdesign, inscrire loulou à l’académie
culture : Toy story 2 et 3 (je me demande qui aime le plus, le petit ou moi?), The Affair 4ème saison (j’ai surkiffé, par contre: « mais pourquoi ils ont tué le personnage de »…vais pas spoiler), Vivre sans pourquoi d’Alexandre Jollien (un peu trop de Dieu et Jésus à mon goût mais fond intéressant),

Sorties: festival des Solidarités, shopping chaussures pour le loulou, razzia de livres aux Petits Riens

penser à : 1000 choses…oh shit, c’est la rentrée

loulou : a fait un stage d’une journée à la ferme (il a adoré et était tout fier du pain qu’il avait fait (c’est vrai qu’il était réussi)), est trop marrant, a été heureux de passer un jour et une nuit avec papi et mamie, semble être un peu plus résigné à son sort.
msg perso : Je crois que c’est cuit, malheureusement.
amitiés : réapparition d’une « ancienne » amitié, on se voit demain pour la brocante et dimanche pour le salon (on va devenir namuroises si ça continue)
essentiel : niquer (passez moi l’expression, c’est la rage qui parle) tous ces vieux schémas pourris.
courses : je sais pas
envie de : de devenir zen et de le rester
‘zic : je l’ai vue dimanche au festival et j’ai cette chanson dans la tête depuis

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La médecine à deux vitesses? Ben non, c’est pas un mythe

médecine-deux-vitesses

J’écris un peu cet article pour me défouler. Me défouler de ce que j’ai, vraiment, fini par comprendre hier.

Hier, j’avais rendez-vous avec un nouveau médecin . Mon but était de passer un check-up, de voir où en étaient mes carences et de découvrir d’où venaient tous mes symptômes physiques pour enfin retrouver la santé. Ce docteur m’avait été conseillé par une amie qui m’avait dit: « elle est chère (80€ la consultation!) mais tu verras, elle t’écoute et te fera passer un bilan ».

Arrivée à l’adresse de consultation, je trouve l’ambiance un peu trop bobo, baba cool. Deux personnes attendent en même temps que moi dans la salle d’attente. Un monsieur d’environ 50 ans commence à me parler. Il me dit que je suis tombée entre de bonnes mains, que je vais en ressortir apaisée, avec des solutions. Je précise que je ne lui ai rien demandé, rien raconté de mes soucis de santé .

Le docteur me reçoit. Son cabinet ne ressemble pas à un cabinet classique. Il y a des tas de pierres, grigris sur son bureau,. Elle ne ressemble pas à un médecin classique. Elle est habillée en hippie. Je tente de me rassurer, me dis que je suis parano, que je dois être plus ouverte, mais déjà, j’ai envie de m’enfuir.

Je lui raconte mon parcours médical. Elle me pose des questions mais je ne la sens pas empathique. Dans ses propos, je la trouve même assez condescendante vis-à-vis de mes démarches passées, de l’attitude des médecins que j’ai vus avant elle, du déroulement des thérapies que j’ai faites. Par contre, je sens qu’elle en a sous le pied, qu’elle connait beaucoup de choses et ses connaissances s’accordent avec celles que j’ai sur mes propres ennuis de santé et les traitements possibles.

Elle m’examine, me pèse et ne fait aucun commentaire.

On va se rassoir et là, elle me sort qu’étant donné ma situation financière, elle ne pense pas que je puisse me payer la prise de sang complète qu’elle préconise mais qu’elle ne croit pas s’avancer en disant qu’étant donné les symptômes que je lui ai décrit, il est presque certain que je dois avoir cette carence ci, celle-là et puis encore celle-là. Elle ne me propose aucun examen, rien. En revanche, elle me tend une prescription de pas moins de 7 compléments alimentaires et me demande si je veux déjà les prendre chez elle. En calculant, je me rends compte que j’en ai pour au moins 200€ +les 80€ de la consultation. Je lui réponds que je n’ai pas cette somme d’argent sur moi et elle me donne les coordonnées des labos où je peux aller les chercher. On fixe un nouveau rendez-vous (que je vais annuler) pour dans un mois.

Je prends les papiers, paye et en ressort abêtie (oui, c’est bien le mot). A dire vrai et c’est ce qui m’a choquée, c’est que j’ai bien vu qu’elle savait. Je veux dire qu’elle avait des clefs pour me faire aller mieux, voire bien, qu’elle était intelligente, douée dans ce qu’elle faisait mais qu’elle ne me soignerait pas parce que je n’ai pas les moyens de m’offrir ce qu’elle a à me proposer et qu’elle ne va surtout pas se casser la tête pour m’aider à trouver des solutions moins chères mais peut-être, tout aussi efficaces (je suis sûre qu’elles existent). Elle propose un type de compléments et une prise de sang, voire des examens spécifiques à ceux qui semblent en avoir les moyens. Sa démarche est peut-être holistique mais pas du tout personnalisée, pas du tout généreuse.

Trouver ce que j’appelle un véritable médecin, à savoir une personne qui cherche vraiment à soigner ses patients en tenant compte de leur état de santé physique,psychique, parcours et moyens financiers est, pratiquement, impossible.

J’ ai compris qu’en ce qui me concerne, du-moins en Belgique, j’avais juste les moyens d’aller chez un docteur qui me bourrera de médicaments qui ne feront que cacher des symptômes en m’en faisant développer d’autres mais pas de me payer une vraie médecine qui va me remettre sur pied. En prendre conscience, je ne vous le cache pas, m’a mis un sacré coup au moral.

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Tu iras bien, mon fils!

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Tu les as faits tous tes tests. On les a vus toutes ces docteures et maintenant, ça y est, on sait. On sait que tu as une anomalie dans l’oreille droite, un défaut que tu dois trainer depuis ta naissance et que personne n’a réussi à voir pour autant. Ce n’est pas la fin du monde, pas du tout, car même si ton anomalie restera, grâce à la kiné vestibulaire et à la rééducation, on ne verra plus rien. C’est l’ORL qui me l’a dit.

Je lui ai demandé, d’ailleurs, à l’ORL comment ça se faisait qu’à la maternité, ils ne s’étaient pas rendus compte et elle m’a répondu que c’était extrêmement difficile. J’ai réfléchi et dit: « oui, c’est tellement subtil ce qu’il a ». Tellement sournois, j’aurais du dire car c’est beaucoup plus proche de la réalité.

J’ai tellement envie de te voir courir comme tous les autres enfants de ton âge, sans que pour y arriver, ton corps parte dans tous les sens; tellement envie que tu joues à la récré sans avoir peur de ne pas pouvoir gérer le bruit et les enfants. Tellement envie que tu parviennes à sauter en arrière sans te ramasser. Tellement envie que tu piques des sprints dans les rues en pente, comme nous le faisions tous étant gamins mais aussi que tu ne doives plus dormir dans la clarté, avec tous tes nuages, tes étoiles et tes lampes torches, et que tu n’aies plus peur de te noyer lorsque je te verse de l’eau sur la tête pendant ta douche. … et que tu oublies de contrôler ton corps.

Que ça devienne naturel, que tu ne sois plus en double tâche à toujours devoir réfléchir à comment mettre tes jambes pour faire tel ou tel mouvement, que tu te fatigues moins vite aussi …

Ce n’est rien, pas grand chose, pour celui qui ne sait pas, parce que ça ne se voit pas comme ça mais moi, j’ai vécu inconsciemment dans la peur de quelque chose de pire, de quelque chose de grave. Je ressentais ton instabilité mais ne parvenais pas à y mettre de mots ou me croyais parano.

Je me répète peut-être mais tant pis, je tiens à insister: je suis contente, contente de m’être écoutée malgré cette voix dans ma tête et cette professionnelle qui affirmaient que je reproduisais ma propre histoire avec toi. Je ne reproduisais rien. Il y avait un truc et maintenant, on sait, et ça va aller, et dans six mois, tu seras réparé et on pourra dire au revoir à ton trouble de l’équilibre. Tu ne sais pas à quel point j’ai hâte d’y être, campeón.

 

tu-iras-bien-mon-fils

 

Les états d’esprit du vendredi 24/08/2018

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des Etats d’esprit du Vendredi. Lançons-nous:

[jour Vendredi 24 août 2018] – [heure 10:20]

fatigue : no comment, je suis sortie jusqu’à 23h48 et on dirait moi dans l’état de mes 22 ans lorsque je sortais jusqu’à 5h30. C’est ce que j’aime le moins dans le fait de prendre de l’âge.
humeur : agréablement surprise lorsque j’ai vu le soleil par la fenêtre en me levant
estomac : café+ galettes de riz au chocolat
cond. phys. : à part la fatigue, ça peut aller
esprit : confusionné
boulot/projet : m’inscrire à un cours de webdesign
culture : Jean-Christophe et Winnie (i will always love tigrou and Ewan MacGregor), Ma vie pour la tienne (trop dur pour une âme sensible comme moi qui comprend très bien ce dont parle le film), Brokenglish (sympa), Toy story 1 (j’avais jamais vu et « i like it »), Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti (très chouette lecture d’été, ça), etc

Sorties: au ciné avec le bonhomme, hier aux Halles Saint Géry

penser à : nettoyer mon congélo

loulou : a participé à une enquête de satisfaction, a fait ses derniers tests à l’hôpital, rit toujours autant, râle de plus en plus pour la rentrée.
msg perso : « Tu aimes ma fragilité? » Seriously, what does that mean?
amitiés : occupées, pas aussi amie que je le croyais, pas les mêmes horaires que moi
essentiel : prendre son temps
courses : demain
envie de : vacances
‘zic : ou plutôt chanson que j’ai dans la tête depuis une semaine alors que je ne l’ai pas écoutée depuis des années

Clap de fin: 10h38

Comment j’ai surmonté ma dépression : #2 arrêter les médicaments

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Comme je vous le disais à la fin de mon premier article sur le sujet, celui-ci sera destiné à l’arrêt des médicaments.

J’aimerais vous situer le contexte sans rentrer trop dans les détails  cette fois (v.ici). Je voudrais commencer par vous dire que je n’ai jamais été très « portée  » prise de ce genre de traitement. J’ai été poussée par les médecins. Je n’aime pas me poser en victime mais devant leur insistance (j’en ai vu 3) et lorsque le médecin traitant qui me suit depuis mes six ans me sort: « tu prends ça pendant 3-4 ans et ton souci sera réglé’ alors que j’ai l’impression d’être tombée dans un puits sans fond, je ne me fais pas prier longtemps. Or, je sais, à présent, que pour un mal-être comme le mien et des angoisses, il existait pléthore de solutions sur lesquels jamais les médecins ne se sont exprimés. Non, il était bien plus commode de faire une ordonnance tous les x et de ne plus se poser de questions entre deux rendez-vous.

Les médicaments et moi, on n’était, de toute évidence, pas faits pour s’entendre car très vite, j’ai souffert d’importants effets secondaires. Ces médicaments me tuaient à petit feu. Pour être plus précise, il s’agissait de douleurs dans tout le corps  ( je me levais le matin avec la sensation d’être passée sous un train), d’une énorme sensation de fatigue, de davantage de soucis digestifs, d’espèces de secousses dans les membres et franchement, je n’avais pas l’impression de faire de gros  progrès. En fait, je ne savais jamais s’ils étaient vrais ou si c’était le médicament qui endormait le mal-être. D’ailleurs, il  n’a jamais, vraiment, disparu sous antidépresseur. Non, pendant toutes ces années, j’ai vécu dans un espèce de brouillard permanent, la tête ailleurs, sans véritablement ressentir les choses, ni les grandes joies, ni les grandes peines, mais en continuant à ruminer dessus. Peut-être moins au début et puis, de plus en plus au fur et à mesure que mon corps s’accoutumait à la substance. Ma colère (salutaire et légitime), quant à elle, était comme adoucie et elle n’a pas attendu longtemps pour se re-manifester après le sevrage. Les antidépresseurs cachaient quelques symptômes, tout en m’en faisant développer d’autres, sans rien faire disparaître pour de bon.  En résumé: cela ne réglait rien.

Je ne sais pas si c’est le cas de beaucoup de gens sur le court terme mais sur le le long terme et au vu des cas que je connais (qui sont assez nombreux dans ma tranche d’âge) , ils peuvent faire beaucoup de dégâts. En ce qui me concerne, j’en ai pris pendant sept ans et sept ans, c’est le long terme. J’ai été sous cinq médicaments différents (il va de soi que je ne dirais pas lesquels). Trois pour fonctionner le jour et deux pour dormir la nuit. Pas en même temps, je vous rassure. Je n’étais pas aussi atteinte tout de même. Dans mon cas, c’était un le matin et un le soir.

J’ai arrêté parce que j’avais retenu le délai que m’avait donné le médecin et qu’au bout de ce délai, j’avais l’impression d’être bien dans ma tête.  J’ai arrêté parce que je ne dormais presque plus et parce que, tout simplement, je sentais que je ne pourrais plus continuer à m’occuper seule de mon fils si je ne mettais pas  un terme à cette addiction. A l’époque du début de sevrage, je me séparais de mon compagnon et j’étais incapable de me lever la nuit pour mon bébé de 13 mois à peine ( Je ne dormais pas vraiment mais j’étais dans le gaz si vous voulez). Nous allions devoir déménager et je n’avais pas le choix, il fallait que je sois « opérationnelle » s’il avait un souci pendant la nuit.

Je pense que stopper le traitement a été l’une des meilleures décisions que j’ai prise jusque-là. Arrêter m’a aidé à prendre confiance en moi dans la mesure où à partir du moment où mon sevrage fut terminé, j’ai su que toutes les améliorations que je ressentais venaient de moi et que mon bien-être ne dépendrait plus que de ce que moi, je ferai et de la chance (oui, parce qu’elle existe).

Mais cela n’a pas été facile…

Il y a eu les douleurs, la recrudescence des angoisses, des phobies et un genre de dépression résiduelle.

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de visualiser une échelle de bonheur allant de 0 à 10 et je peux vous dire que pendant la première année sans drogues légales, mon niveau de félicité oscillait entre 3 et 6. Il m’arrivait d’avoir tellement d’angoisses et de crises de larmes pendant cette première année que j’ai cru ne jamais pouvoir vivre sans. Le psychiatre que je voyais, à ce moment-là, a d’ailleurs voulu me prescrire un autre antidépresseur, un traitement qui nécessitait de se soumettre à des prises de sang régulières dans la mesure où il pouvait avoir des effets néfastes sur le foie. J’avais déjà vécu trop de choses au niveau médical, il le savait, je l’ai envoyé sur les roses. J’ai un bug de un ou deux mois, je ne me souviens plus exactement de quand mais je sais qu’après cette épisode, j’ai du avoir un genre de déclic parce que j’ai arrêté de penser que je ne pourrais pas m’en sortir sans.

J’ai mis 26 mois pour arrêter, je remonte la pente très petit à petit depuis le sevrage (je sens que je m’approche du sommet :)) et j’ai, récemment, aidé une amie à se passer de ces drogues.

Le prochain article sera consacré au sentiment de culpabilité.

Je ne l’ai pas dit dans l’article précédent mais n’hésitez pas à me poser des questions ou à me faire part de vos remarques. Je serais ravie d’échanger avec vous.

Besoin de plus d’infos et de témoignages encore plus effrayants que le mien, c’est par ici: http://psychotropes.info/wordpress/ et https://www.youtube.com/watch?v=I_3PlFPseYc

Un film à vous conseiller sur les mauvais diagnostics et leurs conséquences, c’est ici: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228729.html

Les états d’esprit du vendredi 17/08/2018

 

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des Etats d’esprit du Vendredi. Lançons-nous:

[jour Vendredi 17  août 2018] – [heure 09:41]

fatigue : mieux dormi cette nuit
humeur : ça va
estomac : café+ galettes de riz chocolat
cond. phys. : fatiguée, mal dans le haut du dos (je ne comprends pas, je n’ai pas l’impression d’avoir fait un effort particulier, pourtant)
esprit : beaucoup plus serein qu’au réveil
boulot/projet : Les Solidarités?
culture : Thi Mai (marrant sans plus), If I stay (vraiment beau film), Parlez-moi de vous (pas terrible du tout), The Tale (bon), fin de Les guerres de mon père de Colombe Schneck

Sorties: parcs et bruxelles-les-bains pour la clôture avec le petit et une amie. Brocante. Petit resto

penser à : jeter cette chaîne-hifi cassée

loulou : commence à angoisser à l’approche de la rentrée, pas de très bonne humeur cette semaine
msg perso : « si tu veux quelque chose de moi, tu vas devoir t’investir plus, mon ami »
amitiés : déception de ce côté-là ces temps-ci mais agréablement surprise aussi
essentiel : dire ce que l’on ressent (je ne suis pas très douée là-dedans mais je me soigne)
courses : tout le nécessaire pour faire un bon pesto
envie de : partir au Danemark (oui, je sais, ça change tout le temps)
‘zic : à fond mais rien de particulier

Clap de fin: 9h59

Comment j’ai surmonté ma dépression #épisode 1: apprendre à s’écouter

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L’heure est arrivée pour moi de vous raconter au travers d’une série d’articles, comment je suis parvenue à me sortir de ma dépression. Enfin, dépression est un grand mot. Comment vous expliquer? Dans ma vie, j’ai vécu 3 épisodes dépressifs. Un tout petit lorsque j’avais 13 ans, un plus long à 24 ans et l’enfer à 26 ans. Je pense, en fait, que les épisodes dépressifs se présentaient à moi lorsque je n’en pouvais, vraiment, plus et que je n’avais pas encore trouvé de solutions pour continuer à m’accrocher. Pour le reste, il s’agissait plus d’un mal-être que je traînaillais depuis la fin du traitement chimio (v. ici). J’ai eu besoin de 24 ans pour m’en sortir. Oui, vous avez bien lu: 24 et j’en ai 37.

Je crois que mon cheminement vers la guérison a commencé en 2002 (je sais, ça a été très long). En 2002, je suis partie en Erasmus et pour la première fois de ma vie, j’ai pu prendre du recul par rapport à mon entourage: mes parents, ma famille au sens plus large, certains de mes amis. J’ai compris que je laissais mon bonheur au bon vouloir des autres. A cette époque, j’étais persuadée que je ne savais pas ce qui était bon pour moi et j’écoutais ce qu’on me disait de faire ou bien j’improvisais.  En fait, je voulais qu’on m’aime coûte que coûte car j’étais certaine qu’en moi, il y avait un défaut de fabrication, un vice caché, quelque chose qui clochait et que personne ne pouvait m’aimer si je me « contentais » simplement d’être moi. Il n’y a pas si longtemps que j’ai compris que cette croyance venait de mes années de harcèlement à l’école, au travail et de toutes les remarques de mon entourage, justement, sur ma prétendue bizarrerie et faiblesse. Entourage, d’ailleurs, qui n’hésitait pas à me dire que si on me harcelait, c’était forcément ma faute. Allons donc. N’importe quoi. La vérité c’est que je n’étais pas entourée de gens qui me voulaient du bien. Après ERASMUS , j’ai, instinctivement, tout doucement, commencé à m’écouter et à m’opposer lorsque ce qu’ils me disaient allait à l’encontre de ce que je pensais, ou plus précisément, ressentais être bon pour moi. Inutile de vous dire (mais je vous le dis quand même) que cela ne leur a pas plu. Les critiques ont fusé et bientôt, les disputes et éloignements ont suivi. J’ai été très seule pendant un long moment.

Dans le prochain épisode, je vous parlerai de mon choix d’arrêter les drogues vendues sur ordonnance et des conséquences positives que cette décision a apporté dans ma vie. So, stay tuned.

comment-je-me-suis-sortie-de-la-dépression

Les états d’esprit du vendredi 10/08/2018

 

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La montée des eaux

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des Etats d’esprit du Vendredi. Lançons-nous:

[jour Vendredi 10 août 2018] – [heure 09:50]

fatigue : après quelques nuits relativement bonnes, me voilà à nouveau replongée dans l’insomnie depuis deux jours, et comment dire? ça craint!
humeur : inquiète
estomac : café
cond. phys. : crevée
esprit : surpris
boulot/projet : continuer à écrire
culture : La stratégie de la poussette, Elle s’appellait Ruby, Brain on fire, Le merveilleux jardin secret de Bella Brown, Social animals, Happy anniversary, Les guerres de mon père (Colombe Schneck), La montée des eaux (expo photos de Fabienne Cresens)

Sorties: demain probablement avec cet ami qui a un très grand service à me demander, dimanche avec le bonhomme

penser à : rassembler ces maudits papiers

avis perso 1 : je me rends compte qu’en Belgique, il y a beaucoup plus de de choses à faire que quand j’étais petite

loulou : un peu fatigué par les péripéties des dernières semaines, s’amuse à des choses simples, a fait un super joli van en bois
msg perso : pas envie d’aller au Benidorm grec, vais finir par partir seule si ça continue
amitiés : occupées par différents projets
essentiel : oser dire « non »
courses :essuie-tout, papier toilette, huile d’olive, carottes, pâtes
envie de : faire plein de choses mais mon niveau de batterie est faible
‘zic :

Clap de fin: 10h02

Yodelayheehoo, mon voyage pas qu’en Suisse

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Vue depuis le Mont Pilate

Comme je vous le disais, j’avais envie de vous parler de mon voyage. Je ne dirais pas vacances car en vacances, on se repose, je crois. Or moi, ce que j’ai fait, c’est cinq villes en cinq jours. En même temps, c’est vrai, j’étais à l’hôtel, je ne devais faire ni le ménage ni la popote, et ça ce n’est pas négligeable. En fait, pour moi, le programme, c’était revoir mon fils, visiter ou changer de ville, manger, se reposer-jouer, repartir pour une balade et faire semblant de dormir au retour.

J’ai donc récupéré mon fils à Milan Bergamo. J’avais déjà fait escale à Milan par le passé mais c’était dans un des autres aéroports: Linate ou Malpensa. La vérité, c’est que je ne me souviens plus parce que ce vol correspond au moment où je suis rentrée de Barcelone avec ma grosse dépression il y a 11 ans. Soit, passons.

De Milan, je n’ai rien vu, à part les carrés de terre et la platitude du lieu depuis l’avion. (C’est tellement plat par là que je me suis même demandée si le pilote ne s’était pas trompé et ne nous avais pas ramenés à Charleroi). Enfin, de toute façon, je m’en fichais un peu car pour moi, Milan Bergamo, c’était juste le point stratégique pour vite rejoindre Lugano et le pays de Heidi. J’ai nommé la Suisse. Sauf que ce je n’avais pas compris jusqu’alors, c’est que l’hôtel (enfin, le premier dans lequel nous resterions trois jours) se trouvait à Campione d’Italia, oui, d’Italia. Il s’agissait d’une enclave italienne en Suisse.

J’ai toujours aimé les trucs un peu particuliers et bien là, j’ai été servi car selon qu’on se trouvait d’un côté ou de l’autre d’un arche, on était soit en Suisse, soit en Italie et depuis mon hôtel en Italie,  je voyais Lugano, en Suisse. J’ai la tête qui tourne rien que d’y repenser.

Le jour 2, nous avons refait un petit détour par l’Italie pour visiter Côme (je me rends compte que dans mes voyages, il y a souvent des détours ou des escales en Italie, tiens donc…) avant de vraiment, nous enfoncer en Suisse italophone…

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Como

De Côme, ce que je retiendrai le plus, c’est la douceur de vivre et la gentillesse des gens. Alors qu’en Belgique, je stresse à chaque fois que je sors avec le petit, à savoir tous les jours, dans cette province, les habitants avaient toujours un geste ou une remarque gentille à faire à mon grand petit garçon. Pour ce qui est du panorama, c’était beau mais je n’étais pas impressionnée car des paysages du style, j’en avais déjà vu.

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Como

 

Le jour 3 a été dédié à la visite de Lugano et au concert de Slow Dive en soirée. Pour moi qui suis habituée au chaos bruxellois, Lugano avait des effets de fausse ville. Je vous explique. C’était magnifique. Les montagnes, les lacs étaient splendides. Ça faisait un peu paradis (pas) perdu mais il y avait un côté trop propre, trop riche, tout trop bien « réglé et pensé » qui faisait plus décor de film de Woody Allen que vraie ville.

 

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lago di Lugano

 

Ah petit détail sur la Suisse. Je ne sais pas si vous y avez déjà mis les pieds mais pour moi, c’était la première fois et comment dire, c’est vraiment cher…Au point de me dire qu’à moins de gagner à la loterie et/ou de tomber sur un sac rempli de billets de 500 francs (ça existe d’ailleurs?), ça risque fort d’être la première et dernière fois avant longtemps …

 

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Mais revenons à nos moutons. Nous arrivons donc au quatrième jour.

Au matin (fin de matinée, faut pas pousser), nous avons repris la route pour Luzern en Suisse germanophone. Pour y arriver, nous avons du traverser le tunnel routier de Saint-Gothard. Il fait près de 17km de long et j’ai cru ne pas en ressortir vivante tant l’air y était vicié. Nous avons, d’ailleurs, dû fermer toutes les fenêtres de la voiture (sans air co omg). Heureusement, après en être sortis sains et saufs et avoir respiré à plein poumons, nous n’avons pas mis longtemps à atteindre notre destination du jour.

Juste après avoir jeté nos valises au milieu de la chambre, nous sommes allés manger et, rapidement, mis en route vers le Mont Pilatus ,qui n’est autre qu’un massif montagneux dans les Alpes. Pour y aller, nous avons pris le train (voie 14) à la gare (toujours à Luzern) jusqu’à Alpnachstad, pour ensuite emprunter le train à crémaillère le plus raide du monde (paraît-il, je n’ai pas de point de comparaison). L’ascension vers l’hôtel de montagne a duré environ une demi heure et je peux vous dire que même si on a le vertige (comme moi), le jeu en vaut la chandelle. Les vues sont tout simplement spectaculaires et le site, très bien pensé.

Pour redescendre, nous avons choisi de prendre la télécabine panoramique, le téléphérique et le bus 1 de Kriens jusqu’à Luzern. Il existe d’autres moyens pour y parvenir: reprendre le train à crémaillère pour descendre et même le bateau au lieu du train jusqu’à Luzern. Nous, on voulait quelque chose de différent de ce dont on a l’habitude et nous n’avons pas regretté.

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Pilatus
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sortie de la gare en haut de la montagne

 

De retour à l’hôtel, nous nous sommes reposés et ensuite, » juste » sortis manger. Nous avions le projet de visiter le centre de Luzern mais le petit ayant mal digéré son repas, nous avons, finalement, opté pour retourner à l’hôtel et remettre notre visite au lendemain matin.

 

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Luzern

 

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Day 5. Comme annoncé ci-dessus, nous avons entamé la journée par une petite visite du centre de Luzern (+ un petit détour, à la demande expresse du bonhomme, par un magasin de souvenirs, histoire d’acheter une boule à neige pour mamie car de la plus kitsch à la plus conceptuelle, mamie prend tout, elle en fait la collection. Sans doute sa manière à elle de participer aux différents voyages de ses enfants et petit enfant).

Que dire? Que du positif. Luzern centre, c’est très joli, très ville quand même (contrairement à Lugano) et finalement,  assez petit (ou nous n’avons pas été très loin, le bonhomme étant fatigué par ses déjà 10 jours de voyage précédents). L’ambiance y est animée (mes clichés sur la Suisse en ont pris un sacré coup).

J’ai aimé la Suisse. J’ai aimé Lugano, Luzern. J’ai aimé les montagnes partout entre le sud et le centre du pays, les lacs en veux-tu en vois-là et puis le paysage qui change au fur et à mesure que nous remontions vers le nord…car malheureusement, oui, il a bien fallu quitter le pays de Heidi et rejoindre notre bonne vieille Bruxelles.

Mais  pas encore, pas tout de suite, pas euh, je m’évade…Je disais: nous sommes, d’abord, passés par l’Allemagne, la France et nous nous sommes arrêtés, en premier, à Freiburg-im-Breisgau en Forêt noire et puis, à Strasbourg pour y passer notre dernière nuit. Si passer par Freiburg était dans nos projets depuis le début, Strasbourg fût une décision de dernière minute. Nous avons bien fait car ainsi, en se rapprochant davantage de la Belgique, le voyage nous a paru moins long que si nous nous étions limités à faire Freiburg-Bruxelles.

Alors Freiburg… Freiburg était en travaux mais Freiburg était agréable. Je n’ai pas trouvé la ville, particulièrement, belle mais plutôt accueillante. Un vieux papy tout tremblotant est même venu nous demander si nous avions besoin d’aide lorsqu’il m’a vu m’arrêter et sortir mon plan de la ville. J’ai, particulièrement, apprécié le fait que ce soit lui qui vienne et pas moi qui ait du aller à sa rencontre. Je trouvais ça touchant. Ça compensait un peu la dureté des Allemands auxquels nous avions été confrontés l’année dernière dans cette même région (à Neustadt-Titisee pour être précis).

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Freiburg

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voyage-pas-qu-en-suisse

Après un repas copieux mais bien trop salé et un tour de la ville, nous avons du, finalement, reprendre la voiture pour rejoindre Strasbourg.

Sur la route, nous avons vécu un événement que je ne pourrais qualifier que de cocasse. Je vous explique. Pour éviter les embouteillages et traverser la frontière entre l’Allemagne et la France, nous avons décidé de quitter l’autoroute et passer par des petites routes. Quelle n’a pas été notre surprise lorsque en arrivant à ce que nous pensions être la douane, nous voyons de l’eau, la route qui se termine et un bateau. Il nous a fallu quelques 30 secondes pour que l’euro tombe et comprendre qu’en fait, la frontière, c’était le Rhin et que comme il n’y avait pas de pont, c’était un bateau qui faisait traverser les véhicules d’un côté à l’autre. Je ne savais pas qu’en 2018, ce genre de système d’un autre temps existait encore. Cela dit, on a bien rigolé et pour moi, c’est, sans hésitation, le plus important.

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bac de Rhinau

Arrivés à Strasbourg, nous nous sommes reposés sur la terrasse de notre apparthôtel. Nicolas ne voulant plus entendre parler de promenade, je suis simplement aller faire les courses pour nous restaurer. Strasbourg serait encore là le lendemain de toute façon.

Le dernier jour, nous avons comme prévu fait une belle promenade à Strasbourg, plus précisément dans le quartier Petite France et il faut dire que j’ai été, agréablement, surprise. Je précise agréablement car jusque-là, tous les échos que j’avais eus de la ville avaient été assez mauvais. Ce qui m’a séduit? les rues piétonnières, le cours d’eau et les anciennes bâtisses.

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Strasbourg

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Ce jour-là, il y avait une énorme braderie  et des camions de poubelles barraient la route des automobilistes terroristes .  Nous n’avons pas pu rester longtemps car il était temps de rentrer et que nous ne voulions pas arriver à  Bruxelles en pleine nuit.

Comme je le disais déjà au début de ce long texte, ces vacances n’étaient en rien reposantes mais, en revanche, ô combien déconnectantes. Mes soucis, les infos, le stress du quotidien, c’est dans mon appartement bruxellois que je les avais laissés, déjà rien qu’en fermant la porte derrière moi et ça, mes amis, ça n’a pas de prix (surtout pour une angoissée comme moi).

 

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Vue depuis notre chambre d’hôtel à Campione d’Italia

Les états d’esprit du vendredi 03/08/2018

 

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre: je vous parle bien évidemment des Etats d’esprit du Vendredi. Lançons-nous:

[jour Vendredi 3 août (what? déjà?)2018] – [heure 08:58]

fatigue : marquée, quelques angoisses cette nuit
humeur : inquiète
estomac : café
cond. phys. : début de migraine
esprit : je sèche
boulot/projet : se décider pour ce futur voyage entre amies
culture : Nosotras de Rosa Montero, Les guerres de mon père de Colombe Schneck, Rosalie Blum, Grains de sel de Régine Naulin, visite imprévue et surprenamment gratuite (car c’est moi qui ai traduit le livre qui est vendu à l’entrée) du musée de la ville de Bruxelles …

Sorties: probablement, surtout, avec le bonhomme ce week-end

penser à : réunir tous les papiers pour cette convocation piège (au mois d’août) de la mutuelle.
avis perso 1 : quand on n’a pas beaucoup les moyens, la plupart de nos projets importants doivent être ralentis ou remis à plus tard.

avis perso 2: il y a une différence entre commencer à penser à soi parce que c’est indispensable et devenir égoïste et ne plus penser qu’à sa pomme.
loulou : s’amuse à son stage de tennis, est tout foufou, ne veut pas entendre parler de la rentrée.
msg pers0 :c’était mieux que l’autre fois…dommage d’avoir du écourter à cause d’un mal de tête.
amitiés : la semaine prochaine, on en parlera.
essentiel : faire les choses à son rythme
courses : hâché, poivrons, eau
envie de : partir là où l’air est respirable
‘zic :

Clap de fin: 09h24