Mon manque d’empathie face aux maladies anodines

mon-manque-d-empathie

Je ne supporte pas les gens qui crient à la mort alors que tout ce qu’ils ont c’est une petite maladie bénigne sans conséquence.s.. Quelqu’un qui se plaint, à longueur de journée,  de son rhume ou qui tire une tête de mourant à cause d’une brève période de fatigue me met hors de moi. J’y peux rien, je suis dure et je ne peux m’empêcher de penser à moi et de comparer leurs plaintes aux soucis que moi j’ai vécus, au fait qu’il y a 25 ans, j’ai éprouvé tellement de douleurs que mon accouchement m’a presque semblé être une promenade de santé, à côté; au fait qu’il n’y a même pas quatre ans, je croyais que je ne verrai pas grandir mon fils suite au désastre de ce qu’avait été mon sevrage de drogues légales et au vu de toutes les conséquences dont je pâtis, pour certaines, encore actuellement.

Je sais que ce n’est pas bien, je sais que personne n’est responsable de tout ce qui m’est arrivé et que je ne devrais pas comparer mais c’est plus fort que moi. Je bous à l’intérieur face à leurs propos débiles et j’ai envie de leur crier dessus « non, mais t’as vu à qui tu parles, là? ». Je trouve, j’avoue, que c’est un manque total de tact et de respect envers ma personne . J’ai envie de hurler mais je ne le fais pas, et à la place, j’abandonne, je coupe court à la conversation ou je change de sujet. Ça peut sembler lâche mais moi, c’est la paix que je cherche et si la paix passe par me taire, alors, dans ce contexte, je le fais.

Le problème , c’est que les gens oublient vite quand ils voient, à votre mine, que vous avez l’air bien. Le problème, c’est surtout qu’ ils ne peuvent pas se mettre à la place d’une personne qui en a vécu des vertes et des pas mûres et ce, peu importe le sujet. Peut-être qu’à moi aussi, même si je suis très prudente , il m’arrive de commettre des impairs face à ce que je ne connais pas. Je suis loin d’être parfaite. Cependant,  en général, je préfère écouter, poser des questions si je sens que la personne a envie de partager et éviter un maximum de déblatérer au sujet de mes plaintes ridicules devant une souffrance que je ne peux pas concevoir. Je connais trop la merde pour en rajouter une couche sur celle des autres, si vous voulez.

On m’a quelques fois reproché mon manque de tolérance. On m’a déjà sorti des phrases du style »ce n’est pas parce que tu as vécu des choses bien pires, que tu ne peux pas être plus agréable envers les plaintes des gens qui ont des soucis de santé moins graves » . Parfois, je me dis que c’est un comble et d’autres que ceux qui disent ça, ont peut-être raison: à dire vrai, le fait est que moi non plus, je ne peux pas faire preuve d’empathie envers ce que je ne connais pas. Je ne comprends pas qu’on puisse se noyer dans un si minuscule verre d’eau et je me dis qu’il s’agit, probablement, de l’autre face de la monnaie.

mon-manque-d-empathie

Publicités

14 réflexions sur “Mon manque d’empathie face aux maladies anodines

  1. Je compatis totalement.
    Même si je n’ai pas (encore?) connu la douleur physique et il peut m’arriver de me plaindre d’un mal de crâne. Mais je vais éviter d’en parler à un migraineux par exemple.. et je le répète pas toutes les dix minutes.. Je m’en plains parce que ça me saoule et ensuite je passe à autre chose.

    Je compatis parce qu’il m’arrive que les gens se plaignent à moi pour des choses très futiles.. Ou qu’ils osent même comparer nos situations.. Surtout quand ils savent ce que j’ai vécu.. Ca m’enrage. Je les laisse parler en me disant « Mais sérieusement? T’es con ou t’es con? »
    j’avoue.. selon la situation, j’envoie doucement paître. Parce que d’après moi, le plus important est de se protéger.

    Un exemple concret qui m’est arrivé il y a deux semaines maintenant. Une connaissance qui m’a toujours dit qu’elle serait présente pour moi, car j’étais comme une soeur pour elle, m’a reparlé après des mois de silence. Je l’avais envoyé chier quand, après le 13/11/15, j’ai eu besoin de parler et que cette personne m’a dit de me taire a 3 occasions différentes car « pas prête à m’entendre ».
    Aujourd’hui, elle est revenue pour déblatérer tous ces maux actuels. Ils sont réels, je ne les nie pas. Je lui ai simplement dit que j’étais désolée de ce qu’il se passe dans sa vie mais que pour sa santé, il valait bien qu’elle en parle à une personne spécialisée, comme un psy.

    Je suis peut être vilaine, mais je n’ai pas à supporter leur manque d’empathie envers moi. ET je n’ai pas à m’en vouloir de me protéger.
    Tu as le droit de dire que tu veux pas que l’on se plaigne de bobos futiles.. Quand je vois qu’au boulot, certaines partent pour un bobo de tête… (je ne parle pas de migraine, on est d’accord..) ça m’enrage.

    Je me dis que certains ont besoin de montrer qu’ils souffrent donc un minuscule bobo devient leur raison d’exister. Quand à coté des gens comme toi, comme beaucoup d’autres, souffrent chaque jour en silence en espérant que ça ira mieux..

    Bref.. Prends soin de toi.

    J'aime

    1. Souffrance psychique ou physique, c’est différent mais pareil et à te lire, je ressens que tu me comprends. Tu fais bien de ne pas prendre sur toi les soucis des autres, surtout quand ils n’ont pas été là quand tu en avais le plus besoin. Je pense qu’il n’y a pas de souci à vider son sac mais ce qui me dérange, personnellement, c le fait de ressasser, de se plaindre comme s’ils allaient mourir (un peu comme le cliché des hommes avec la grippe ;-)) Bonne week-end 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Tu as eu un magnifique exemple ! Les hommes et le rhume .. (la grippe quand tu l’as vraiment bah t’es clouée au lit XD alors que le rhume…)

        Je suis pareille. Ça ne me dérange vraiment pas qu’on me parle des problèmes. mais si j’écoute, que j’apporte une solution (qui convient ou pas) et qu’on vient me parler de la même chose sans cesse.. je pète une durite.. je supporte plus.

        Des fois (et souvent même) la solution du problème est dans la plainte.. le boulot ça ne va pas ? Mais pas du tout? Bah cherche ailleurs ! Ton mec ça ne va pas ? Bah quitte le! Etc.. oui c’est pas évident mais au bout d’un moment faut arrêter …

        Bon weekend à toi aussi !

        J'aime

      2. Pareil, j’ai une amie qui est engluée dans une dépression depuis pas mal d’années. Je vois qu’elle fait tout pour aller mieux mais qu’elle n’a pas encore trouvé la bonne clef et donc là, oui, je suis empathique …en revanche, je ne le suis pas avec ceux qui ne bougent pas et je commence même à prendre mes distances avec ces gens-là…

        J'aime

      3. Merci de me comprendre! C’est tout a fait ça, ils ont pas encore la bonne clé.

        Je prends mes distances par automatisme maintenant. Je le ressens :/

        Bravo de faire cette démarche de prendre des distances ! Ce n’est pas évident

        J'aime

  2. En fait, tu illustres un peu la maxime « y’a pire ». Y’a toujours pire. La guerre, la faim dans le monde, mourir dans d’atroces souffrances…quand on cherche, on trouve toujours quelqu’un qui a plus souffert que nous. Si je comprends que tu puisses être agacée par l’échelle des souffrances physiques, je serais moins intransigeante côté souffrances morales. Pour moi, on peut difficilement les hiérarchiser, et toute souffrance mérite d’être prise en compte.

    J'aime

    1. Je t’avoue que ton commentaire me met mal à l’aise sur ce coup. Je n’ai jamais parlé des souffrances psychiques mais des bobos style simple grippe et petit coup de fatigue du mois de janvier qu’on ressasse sans arrêt. Je pensais à 2 exemples concrets sans les citer, bien entendu. Quant à la maxime « y’a pire », c’est toujours vrai et ça vaut pour ma situation aussi, y’a toujours pire et y’a toujours mieux mais il y a des choses futiles qui une fois passés un certain seuil de souffrance ne passent plus et les petits rhumes et coup de fatigue en font partie pour moi.

      Aimé par 1 personne

      1. Il ne faut pas, c’était pas une critique mais plutôt un élargissement. Je ne peux évidemment pas comprendre ton degré d’agacement puisque je n’ai rien vécu de grave en terme de maladie. Je voulais te dire que je peux le comprendre pour un truc physique et concret, mais beaucoup moins pour un truc psychique (car moins « mesurable »).

        J'aime

      2. Les problèmes psychiques ne peuvent pas m’agacer dans la mesure où j’ai moi-même connu la dépression et l’anxiété et que je sais à quel point les gens pensent que c’est de la faiblesse. Jamais, je ne me permettrais de juger.

        J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.