Le jour où j’ai compris qu’accepter, ce n’était pas se contenter

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Accepter, c’est abandonner l’espoir que les choses auraient pu être différentes à cet instant précis.  C’est mettre fin à l’insatisfaction permanente de ne pas être là où on voudrait/de ne pas faire ce qu’on voudrait faire. C’est être en chemin vers quelque chose et accepter que toutes les étapes ne soient pas roses mais, parfois, pénibles, avec des creux et même des retours en arrière temporaires. C’est se rendre compte que ce n’est pas parce que ce n’est pas bien maintenant, que ce sera toujours comme ça. C’est comprendre que la vie n’est pas figée et que nous avons un minimum de pouvoir sur elle. Ce n’est surtout pas se contenter.

J’ai mis du temps à intégrer cette importante nuance. J’ai passé une bonne partie de ma vie à me débattre dans mes contradictions, à les somatiser, à tergiverser entre mes aspirations et les attentes de ceux qui m’avaient élevée.

Mes parents sont des personnes que je qualifierais de résignées à leur sort. Il y a des avantages à l’être: on se satisfait de ce qu’on a et on ne va pas chercher plus loin. Or, moi, je suis le contraire. j’ai débarqué dans le monde pleine d’envies, de rêves, de désirs qu’on m’a sommée de taire pour la simple et bonne raison que « ce n’était pas pour nous » (vu que nous venions d’un milieu modeste) ou que j’avais « pájaros en la cabeza », à savoir la tête remplie d’idées farfelues.

Il va de soi que notre entente n’irait pas de soi.

Cela dit, en étant éduquée par eux, leurs messages,  je les ai bien intégrés. Par conséquent, même si je me battais pour réaliser ce en quoi je croyais, il y avait toujours un moment où ça foirait. Pourquoi? parce que je me sentais illégitime dans mes aspirations, coupable face à que je ressentais être des caprices de ma part…et surtout, parce que je m’autosabotais. Je suppose qu’ inconsciemment, je cherchais à rester fidèle à mes progéniteurs, à ne pas les décevoir et surtout, à gagner leur reconnaissance (ce que je n’aurai jamais).

Il m’a fallu trois plombes pour me réveiller et il n’y a, finalement, que quatre ans et ce moment où j’ai vraiment cru y rester à la fin de mon sevrage de drogues légales, que j’ai arrêté de poursuivre cette voie sans issue. J’ai alors cessé de lutter, de vouloir corriger ce qui n’avait pas été et j’ai accepté que ma situation d’ex-droguée légale craignait, totalement, mais que j’étais là et que malgré toutes les séquelles, il n’était pas trop tard pour faire ce qui me tenais à cœur et prendre un train qui aille ou, du moins, s’approche le plus possible de la destination que moi, Elisa, j’avais choisie.  J’ai, peu à peu, appris à me faire confiance (still in progress) et à m’affirmer. J’irais peut-être plus lentement que les autres, je n’emprunterais peut-être pas les mêmes sentiers que la majorité mais je me bougerais et irais vers quelque chose.

Il va sans dire qu’il n’y a pas besoin de venir d’un certain milieu social ni d’être riche  pour ça. Il faut avoir la motivation, l’esprit ouvert, de l’imagination et le sens de la débrouille.

Je ne me prends pas du tout pour un exemple (pour moi, il n’y a vraiment le jour de sa mort que l’on peut se targuer de quelque chose, et encore) en disant ceci mais si j’ai écrit ce texte, c’est que j’ai une raison.  Mon but est de faire passer le message qu’il est dans notre intérêt de ne pas se contenter, de ne pas mener la vie que notre famille ou même la société a projetée pour nous mais de tout faire, pour vivre ce que nous, en tant qu’individu à part entière, nous désirons, réellement vivre. Je me rends compte qu’il nous faut souvent être mis face à nos limites, arriver à des situations extrêmes pour se bouger. Je ne juge personne évidemment, il m’est arrivé la même chose. En revanche, je me demande pourquoi nous ne le faisons pas avant d’arriver à ces situations limites? Pourquoi ne pas se donner la chance de vivre ce qu’on veut, vraiment, avant qu’il ne soit trop tard ou qu’on soit limité? Je tente d’enseigner à mon fils qu’on peut tout essayer, qu’il n’y a pas de frein à l’imagination, aux rêves et aux projets et que si on rate, ce n’est pas grave, car, au moins, on on aura  essayé et le plus important: on ne sera pas bouffés par nos regrets.

Et vous, de votre côté, vous êtes du genre résigné.e ou idéaliste et fonceur.se?

 

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8 réflexions sur “Le jour où j’ai compris qu’accepter, ce n’était pas se contenter

  1. Fonceuse ! Mais je sais que tout comme toi, il y a un petit quelque chose venant de mon éducation et de mes croyances qui, inconsciemment, créé un blocage. Donc je fonce mais il m’arrive de m’arrêter net toute seule dans mon élan.

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    1. Je crois que c’est un travail permanent de se rendre compte qu’on n’ avance pas sur un point à cause d’un blocage de l’éducation et d’agir ensuite. D’ailleurs, je pense qu’il nous arrive à tous de retomber dans nos travers. 🙂

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  2. Je dis les mêmes choses à mon fils! Parce que j’y crois Elisa!. Même si comme toi ce fut tout un processus pour se sortir des schémas familiaux et faire mes propres choix.
    Plutôt fonceuse aussi. Même si j’ai souvent eu l’impression de faire pas mal de pas en arrière à un moment donné. Je n’arrivais plus à me dépêtrer de mes vérités et de celles des autres.
    Toujours penser à revenir à soi…

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  3. (Très très) Idéaliste, et fonceuse.

    Mes parents sont aussi des personnes résignées, et je vois bien ce que ça donne de prendre ce chemin-là. Même s’ils ne vivent pas mal, ça me rebute à un point !

    C’est dur de sortir des schémas familiaux. En fait, dans les recherches que j’effectue en ce moment, on se rend compte que soit on les suit, soit on va a contre-courant. Et souvent, quand une génération est allée à contre-courant (sans vraiment savoir pourquoi), celle d’après revient à ce que faisaient leurs grands-parents. C’est assez dingue.

    Pour ma part, j’ai tendance à toujours sortir des sentiers battus : je suis la « première » dans à peu près toutes les nouveautés familiales. Même si je vois bien que ça rentre en conflit avec ce que j’ai intégré, comme tu le dis si bien, et que donc je me suis autosabotée un certain nombre de fois. Mais ce qu’il y a de bien, c’est que l’autosabotage s’arrête de lui-même une fois que tu as compris. Alors … Tu es libre.

    Accepter, ce n’est pas se contenter. C’est une nuance vraiment primordiale. J’aime bien la façon dont tu l’expliques, ça met des mots sur une idée que je n’arrivais pas à exprimer. Merci !

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    1. J’étais en train d’écrire cet article (qui m’a donné du fil à retordre) quand je suis tombée sur ton dernier sur la psychogénéalogie…Je me suis dit que le mien serait un espèce d’exemple du fruit de tes recherches. Perso, je suis aussi du genre « première » dans tous les domaines: première à avoir un grand diplôme, première à avoir vécu à l’étranger, première à être maman solo… Je me suis aussi dit qu’une fois que tu as compris, tu es libre mais ne retombons-nous pas dans nos anciens travers si on ne se surveille pas continuellement? C’est une question que je me pose.

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