Catégorie : Bien être

November inside

november-rain

Il s’est passé beaucoup de choses  cette semaine. Un fantôme qui ressurgit du passé et qui disparait aussi vite qu’il n’est apparu, une rencontre spéciale et un tsunami émotionnel ont été au rendez-vous.

Je ne sais pas par où commencer. Novembre pour moi n’est jamais un mois anodin. C’est le mois où il y a 26 ans, pour la première fois, j’ai été hospitalisée pour cause de leucémie , c’est le mois où 15 ans plus tard, j’ai du rentrer d’Espagne en urgence avec une dépression grosse comme une maison et c’est le mois où il n’y a pas deux ans, le mec que j’ai le plus aimé depuis la rupture d’avec le père de mon fils,  ne trouve rien  de mieux à faire que de m’envoyer un sms pour m’informer du fait « qu’il ne serait pas amoureux de moi… » (ramasses ça dans la tronche et digères-le comme tu peux…).

Novembre est un mois où je rentre dans ma carapace, un mois où je réfléchis beaucoup, un mois où j’ai la sensation que l’année se meurt.

Il y a des années où ce mois passe plus facilement et d’autres (surtout avant) où c’est juste si j’ai pas envie de me jeter dans le canal (à Bruxelles, le fleuve a été remplacé par un canal il y a 1,5 siècles).

Cette année, je sens que c’est dur, que j’ai hâte d’être à vendredi soir mais que je tiens et que comme je vous le disais dans ce début d’article décousu, je réfléchis. J’agis aussi mais je suis, surtout, en instrospection. Dans cette torture psychologique,  j’ai vraiment compris une chose, à savoir  que, pendant cette fin d’année, j’ai besoin de me faire plaisir, d’oublier mon mental.

Je suis quelqu’un qui carbure tout le temps au mental, en mode trouvaille de solutions et  qui, si elle ne se bat pas pour quelque chose, ne sait pas quoi faire de sa peau (j’ai été élevée comme ça, que voulez-vous?) mais là, je n’ai plus envie. Pour cette fin d’année, j’ai envie de me raccrocher à n’importe quelle chose qui fera du bien à mon corps. J’ai envie de cacher les soucis sous le tapis, et juste de me faire du bien, sans culpabiliser. Danser, chanter, rire, boire (pourquoi pas?), me balader, sortir, tenter une nouvelle escapade (c’est beau de rêver) et puis, basta.

Une petite voix en moi me dit que ce n’est pas la meilleure des choses à faire, que c’est encore une de mes idée farfelue (#pajarosenlacabeza), que ce n’est pas le moment, que je devrais plutôt m’engager dans ceci ou cela ou encore prévoir cela. Vous savez quoi? Je l’emmerde ignore. J’ai besoin de légèreté et oui, je ferai, je promets, je ferai.

Si cela vous dit, rejoignez le mouvement et partagez vos idées.

 

Publicités

La culpabilité de ne pas travailler

la-culpabilité-de-ne-pas-travailler

Dans ma série, la culpabilité de…, il reste encore le phénomène de la culpabilité de ne pas travailler , que je vais traiter aujourd’hui, ainsi que la culpabilité de ne pas être une maman parfaite.

Pour parler de la culpabilité de ne pas travailler, je vais illustrer mon article par une anecdote que je situe à lundi dernier.

Lundi, j’avais « atelier d’écriture » et avant de se mettre à écrire, l’animatrice a l’habitude  commencer par un tour de table pour voir comment nous nous sentons. Ce lundi, les mots qui sortaient de nos bouches étaient: grognon, faible, fragile, morose (je pense que ça doit être du fait de la lumière qui commence à décliner fortement). Jusque-là, rien d’anormal et puis, le tour de Mireille , une dame d’environ 60 ans arrive et c’est le drame: elle, elle, éclate littéralement en sanglots.

Mireille explique qu’elle a été victime il y a pas mal d’années d’un accident et que la conséquence de cet accident a été une perte plus que partielle de sa vue. Depuis,  Mireille n’a plus pu travailler, a parfois frôlé la clochardisation quand ses 4 filles étaient gamines  et culpabilise parce qu’elle se sent inutile. Elle termine en expliquant qu’elle ne sait pas ce qui lui a pris de se confier comme ça, sur ce sujet, que ça ne lui arrive jamais.

Ces confidences m’ont touchée bien évidemment mais aussi étonnée car jusque-là, je pensais naïvement que le sentiment de culpabilité de ne pas travailler était réservé aux jeunes qui n’arrivent pas à s’insérer professionnellement dans la société.

Alors le beau message de la société, répétons-le. Il s’agit de:  étudies et tu auras un diplôme…Obtiens ton diplôme et tu trouveras un job, maries-toi, ais des enfants, achète une maison, une voiture et un chien. Je caricature mais ne pense pas être loin de la vérité. Le problème c’est qu’atteindre ce soi-disant Gräal pour beaucoup de gens est illusoire, surtout de nos jours.. Pour les personnes différentes, handicapées ou (un peu) malades, rentrer dans ce moule imposé est plus compliqué. C’est normal dans l’anormalité et ce n’est en aucun cas de leur faute.

Moi, je l’ai compris début 2015, quand je me suis rendue compte que mes soucis de santé, même s’ils ne portaient pas de nom, étaient gros et handicapants. C’est tout naturellement alors et presque imperceptiblement que j’ai cessé de culpabiliser.

Je ne suis pas pour autant fan de ma situation et il y a trois semaines par an où je me sens bien malheureuse mais j’ai bien conscience d’avoir poussé toutes les portes existentes et imaginaires et que jusque-là, on me les a toutes fermées au visage. Il y a toujours toujours quelque chose qui cloche.

Malgré tout ce négatif, je n’ai pas arrêté de lutter . C’est juste qu’à nouveau, j’ai lâché prise et que j’ai décidé que je n’allais pas  me rendre encore plus malade pour faire plaisir à la société .Ma mère dit qu’on a de la chance d’être en Belgique, qu’ailleurs, si on m’entendait parler comme ça, on m’aurait déjà retiré tous mes droits…C’est parce qu’elle a mal compris mon message qu’elle me dit ça, qu’elle a rejoint le club des nombreux qui pensent que je m’en fiche, alors que non…Je ne me tourne pas les pouces pour autant, j’insiste, je suis en constante recherche de solutions mais comme je l’ai dit plus haut, je ne m’autodétruis plus pour ça…

Article lié: Le travail, c’est la santé

Mireille, quant à elle, semble être bloquée dans l’ancien schéma, celui qui fait qu’on pense être responsable de quelque chose…alors que soyons honnêtes, dans ce genre de contexte, on n’a pas prise sur grand chose. Dans son cas ,  on voit bien qu’il n’y a pas de raison de culpabiliser, qu’elle ne profite pas, comme il serait facile de le penser. Elle cumule âge, handicap et s’occupe avec  plein d’activités.

J’ai eu envie de la prendre dans mes bras et de lui expliquer mon point de vue mais au lieu de ça, je suis restée muette, un peu paralysée par la peur de ne pas être prise au sérieux (je pourrais être sa fille). J’espère juste qu’elle aura le déclic avant qu’il ne soit trop tard.

la-culpabilité-de-ne-pas-travailler

 

 

 

Comment j’ai surmonté la dépression #3b la culpabilité de me sentir différente

sentiment-de-différence

Ce sentiment ne m’est pas apparu très jeune. Petite, le fossé qui me séparait des autres enfants était, principalement, scolaire. Je savais lire, compter, écrire depuis belle lurette lorsque eux, ils apprenaient, mais à part ces quelques détails, je n’étais pas si différente. J’aimais jouer et mes intérêts étaient similaires aux leurs. J’étais bien intégrée.

Au niveau familial, je me souviens que ma mère disait et répétait que je n’étais pas comme eux (eux, c’est-à-dire elle, mon père, mon frère et mes cousins-oncles-tantes). Elle me parlait toujours du devoir de se contenter, du fait que telle ou telle chose n’était pas pour nous alors que moi, je croyais innocemment que tout était possible (je le crois encore un peu d’ailleurs) et j’avais de grands idéaux. Je suis très idéaliste et je pense que quelque part, c’est ce qui m’a sauvé lors des plus grandes épreuves que la vie m’a réservée. Entendons-nous bien, je ne lui/leur jette pas la pierre. Je sais que beaucoup d’immigrés et enfants d’immigrés sont comme ça, à cause de la pauvreté qu’ils ont connus chez eux avant d’être contraints de partir. Pour mes parents, ce qu’ils avaient, en Belgique, s’est vite apparenté au luxe alors que moi, j’étais née dans l’opulence (toute relative), la démocratie et dans une plus grande liberté. C’était très différent.

Comme vous vous en doutez, c’est après la maladie que l’histoire s’est corsée et que mon sentiment de différence s’est fort développé. Retourner à l’école et constater que je ne comprenais plus les enfants (qui entre-temps étaient devenus de jeunes ados boutonneux), que les sujets dont ils discutaient ne m’intéressaient absolument pas et que j’étais, à mille lieux, de ces nouveaux « jeux » qui se jouaient entre filles et garçons, fut très déroutant. D’ailleurs, j’ai largement payé cet état de fait via brimades et harcèlements divers.

Depuis, je crois n’avoir jamais rejoint le « club des gens de mon âge »et le sentiment de décalage n’a pas, complètement, disparu. En revanche, ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que je n’en souffre plus comme avant. L’adolescence et le début de l’âge adulte sont (de plus en plus) loins. J’ai réfléchi, lu, suivi des thérapies et cherché à renouer avec la petite fille joyeuse et espiègle que j’étais. Je me suis rappelée de ma force de caractère, de cette indépendance salvatrice dont je faisais montre, des rires à n’en plus finir.  Je suis devenue solitaire mais pas trop. J’ai fait la paix avec beaucoup de choses que je n’aimais pas chez moi et j’en ai aussi compris d’autres.

La vérité,je crois, c’est que, désormais, je me fiche chaque jour un peu plus de ce que les autres peuvent penser de moi et ça croyez moi, c’est une belle liberté. Avant, j’avais un besoin désespéré d’être aimée. Ce n’est plus le cas maintenant. Le seul domaine (il me semble) où cela coince encore c’est l’école lorsque je dois échanger avec les autres parents ou le corps enseignant…mais je vous en reparlerai, sans doute, un jour dans un autre article.

culpabilité-sentiment-de-différence

Autre article sur le sujet: https://theatypicalsblog.wordpress.com/2018/09/05/comment-jai-surmonte-ma-depression-3-la-culpabilite-de-sen-etre-sortie-vivante/

Moi, à la chorale

J’ai toujours aimé chanter mais pas au point de prendre ça au sérieux. Ma douche, mon salon, mon fils comme spectateur me suffisaient amplement. Et puis, il y a deux semaines, je reçois l’invitation facebook d’une amie pour participer à une chorale.

J’ai direct pensé « église » et je me suis dit qu’elle était folle…mais quand même, ça m’a titillé. Je me suis informée et vu qu’en fait, on n’allait pas chanter « Oh Happy day » et « Marie a un agneau noir » mais une chanson qui passe souvent sur les ondes en 2018 et une autre, spécialement, dénichée par le soin de la compagnie qui organise ces soirées,(c’était à peu près ce que racontait la pub, en tout cas), j’ai accepté (même si j’avais peur qu’ils nous sortent un chant yiddish (langue qui comme vous vous en doutez, je ne domine pas) pour la 2ème partie).

Je me suis mise en mode « je ne réfléchis pas et j’assume ma décision ». Je bloque tout ce qui vient de négatif dans ma tête sur le sujet et j’y vais. Toute tremblante mais oui, j’y vais.

Devant l’entrée des lieux, je retrouve ma copine. Ouf, elle est déjà là. Moi qui suis en avance, cela me rassure. On attend une deuxième copine et aussi une troisième qui ne trouve pas de place pour se garer. Lorsque la deuxième arrive, on décide de rentrer. Et là, on découvre qu’il y a plein de monde. Moi qui pensais que c’était le genre d’événement qui attirait 2 pelés et 3 trois tondus, j’ai été agréablement surprise. J’allais pouvoir me cacher.

L’heure de début a sonné et nous avons du entrer dans la salle où nous allions former, à nous tous, la soi-disante chorale. Ma copine (la première, celle qui m’a invitée) va vite se mettre devant et oh miracle, je ne réfléchis pas et je la suis. Les thèmes choisis sont Johnny B. Goode de Chuck Berry et Take me to church de Hozier… Quand même, je me dis qu’il n’y a pas de hasard. Dans ma tête, je vois encore mon fils se jeter par terre cette après-midi même au son de Classic21, chaîne de radio où il ne passe que du rock nouveau et ancien et qu’il adore depuis qu’il a vu Retour vers le futur 1 et, surtout, Marty MacFly devenir crazy en chantant Go, go, go Jonhny, Go, Go…Et puis, en ce qui concerne la deuxième, j’avais raison: on finit quand même à l’église et oh, ce que cette chanson peut m’exaspérer…mais bon, j’ai dit, je ne pense pas, j’ai dit, j’assume.

Les répèts commencent et phénomène paranormal, nous sommes tous emportés par le rythme joyeux de la mélodie…Les animateurs sont sympas, taquins entre eux. L’ambiance est bonne. Je me lâche et libère ma voix. C’est parti. En une heure de temps, on arrive à faire que le morceau tienne. C’est dingue ce qu’il se passe. On ne se connait pour la plupart ni d’Eve ni d’Adam et pourtant, ça marche. Et même que ça le fait grave selon une des animatrices.

L’heure de la pause entre les deux morceaux arrive. On va boire un coup. On est sonnés de ce qu’il vient de se passer.

On est un peu en retard pour le retour. Les répèts pour « Take me to church » sont déjà entamées et là, je me rends vite compte que ça va être le bordel. Cette chanson est bien plus compliquée que la première avec tous ces « ouh,ouh, ah, ah, è,è, a-men « et nous sommes, pour la plupart, déjà crevés. Il aurait fallu, je crois, commencer par celle-ci. N’empêche, je ne sais, par quel miracle, on arrive à se mettre à la tâche. Sérieusement. Même si on s’enmêle les pinceaux, que les animateurs aussi et qu’on improvise pas mal en choisissant chacun notre voix, peu à peu, cela prend forme. C’est magique et finalement, on y arrive. Avec plus de couacs que pour la première, d’accord, d’accord, mais on y arrive.

Je ressors de là, exténuée et presque aphone mais contente et fière de ne pas m’être dégonflée.

Y retournerai-je pour autant? Seule l’avenir nous le dira…

La médecine à deux vitesses? Ben non, c’est pas un mythe

médecine-deux-vitesses

J’écris un peu cet article pour me défouler. Me défouler de ce que j’ai, vraiment, fini par comprendre hier.

Hier, j’avais rendez-vous avec un nouveau médecin . Mon but était de passer un check-up, de voir où en étaient mes carences et de découvrir d’où venaient tous mes symptômes physiques pour enfin retrouver la santé. Ce docteur m’avait été conseillé par une amie qui m’avait dit: « elle est chère (80€ la consultation!) mais tu verras, elle t’écoute et te fera passer un bilan ».

Arrivée à l’adresse de consultation, je trouve l’ambiance un peu trop bobo, baba cool. Deux personnes attendent en même temps que moi dans la salle d’attente. Un monsieur d’environ 50 ans commence à me parler. Il me dit que je suis tombée entre de bonnes mains, que je vais en ressortir apaisée, avec des solutions. Je précise que je ne lui ai rien demandé, rien raconté de mes soucis de santé .

Le docteur me reçoit. Son cabinet ne ressemble pas à un cabinet classique. Il y a des tas de pierres, grigris sur son bureau,. Elle ne ressemble pas à un médecin classique. Elle est habillée en hippie. Je tente de me rassurer, me dis que je suis parano, que je dois être plus ouverte, mais déjà, j’ai envie de m’enfuir.

Je lui raconte mon parcours médical. Elle me pose des questions mais je ne la sens pas empathique. Dans ses propos, je la trouve même assez condescendante vis-à-vis de mes démarches passées, de l’attitude des médecins que j’ai vus avant elle, du déroulement des thérapies que j’ai faites. Par contre, je sens qu’elle en a sous le pied, qu’elle connait beaucoup de choses et ses connaissances s’accordent avec celles que j’ai sur mes propres ennuis de santé et les traitements possibles.

Elle m’examine, me pèse et ne fait aucun commentaire.

On va se rassoir et là, elle me sort qu’étant donné ma situation financière, elle ne pense pas que je puisse me payer la prise de sang complète qu’elle préconise mais qu’elle ne croit pas s’avancer en disant qu’étant donné les symptômes que je lui ai décrit, il est presque certain que je dois avoir cette carence ci, celle-là et puis encore celle-là. Elle ne me propose aucun examen, rien. En revanche, elle me tend une prescription de pas moins de 7 compléments alimentaires et me demande si je veux déjà les prendre chez elle. En calculant, je me rends compte que j’en ai pour au moins 200€ +les 80€ de la consultation. Je lui réponds que je n’ai pas cette somme d’argent sur moi et elle me donne les coordonnées des labos où je peux aller les chercher. On fixe un nouveau rendez-vous (que je vais annuler) pour dans un mois.

Je prends les papiers, paye et en ressort abêtie (oui, c’est bien le mot). A dire vrai et c’est ce qui m’a choquée, c’est que j’ai bien vu qu’elle savait. Je veux dire qu’elle avait des clefs pour me faire aller mieux, voire bien, qu’elle était intelligente, douée dans ce qu’elle faisait mais qu’elle ne me soignerait pas parce que je n’ai pas les moyens de m’offrir ce qu’elle a à me proposer et qu’elle ne va surtout pas se casser la tête pour m’aider à trouver des solutions moins chères mais peut-être, tout aussi efficaces (je suis sûre qu’elles existent). Elle propose un type de compléments et une prise de sang, voire des examens spécifiques à ceux qui semblent en avoir les moyens. Sa démarche est peut-être holistique mais pas du tout personnalisée, pas du tout généreuse.

Trouver ce que j’appelle un véritable médecin, à savoir une personne qui cherche vraiment à soigner ses patients en tenant compte de leur état de santé physique,psychique, parcours et moyens financiers est, pratiquement, impossible.

J’ ai compris qu’en ce qui me concerne, du-moins en Belgique, j’avais juste les moyens d’aller chez un docteur qui me bourrera de médicaments qui ne feront que cacher des symptômes en m’en faisant développer d’autres mais pas de me payer une vraie médecine qui va me remettre sur pied. En prendre conscience, je ne vous le cache pas, m’a mis un sacré coup au moral.

médecine-à-deux-vitesses

Comment j’ai surmonté ma dépression : #2 arrêter les médicaments

arrêter-les-médicaments

Comme je vous le disais à la fin de mon premier article sur le sujet, celui-ci sera destiné à l’arrêt des médicaments.

J’aimerais vous situer le contexte sans rentrer trop dans les détails  cette fois (v.ici). Je voudrais commencer par vous dire que je n’ai jamais été très « portée  » prise de ce genre de traitement. J’ai été poussée par les médecins. Je n’aime pas me poser en victime mais devant leur insistance (j’en ai vu 3) et lorsque le médecin traitant qui me suit depuis mes six ans me sort: « tu prends ça pendant 3-4 ans et ton souci sera réglé’ alors que j’ai l’impression d’être tombée dans un puits sans fond, je ne me fais pas prier longtemps. Or, je sais, à présent, que pour un mal-être comme le mien et des angoisses, il existait pléthore de solutions sur lesquels jamais les médecins ne se sont exprimés. Non, il était bien plus commode de faire une ordonnance tous les x et de ne plus se poser de questions entre deux rendez-vous.

Les médicaments et moi, on n’était, de toute évidence, pas faits pour s’entendre car très vite, j’ai souffert d’importants effets secondaires. Ces médicaments me tuaient à petit feu. Pour être plus précise, il s’agissait de douleurs dans tout le corps  ( je me levais le matin avec la sensation d’être passée sous un train), d’une énorme sensation de fatigue, de davantage de soucis digestifs, d’espèces de secousses dans les membres et franchement, je n’avais pas l’impression de faire de gros  progrès. En fait, je ne savais jamais s’ils étaient vrais ou si c’était le médicament qui endormait le mal-être. D’ailleurs, il  n’a jamais, vraiment, disparu sous antidépresseur. Non, pendant toutes ces années, j’ai vécu dans un espèce de brouillard permanent, la tête ailleurs, sans véritablement ressentir les choses, ni les grandes joies, ni les grandes peines, mais en continuant à ruminer dessus. Peut-être moins au début et puis, de plus en plus au fur et à mesure que mon corps s’accoutumait à la substance. Ma colère (salutaire et légitime), quant à elle, était comme adoucie et elle n’a pas attendu longtemps pour se re-manifester après le sevrage. Les antidépresseurs cachaient quelques symptômes, tout en m’en faisant développer d’autres, sans rien faire disparaître pour de bon.  En résumé: cela ne réglait rien.

Je ne sais pas si c’est le cas de beaucoup de gens sur le court terme mais sur le le long terme et au vu des cas que je connais (qui sont assez nombreux dans ma tranche d’âge) , ils peuvent faire beaucoup de dégâts. En ce qui me concerne, j’en ai pris pendant sept ans et sept ans, c’est le long terme. J’ai été sous cinq médicaments différents (il va de soi que je ne dirais pas lesquels). Trois pour fonctionner le jour et deux pour dormir la nuit. Pas en même temps, je vous rassure. Je n’étais pas aussi atteinte tout de même. Dans mon cas, c’était un le matin et un le soir.

J’ai arrêté parce que j’avais retenu le délai que m’avait donné le médecin et qu’au bout de ce délai, j’avais l’impression d’être bien dans ma tête.  J’ai arrêté parce que je ne dormais presque plus et parce que, tout simplement, je sentais que je ne pourrais plus continuer à m’occuper seule de mon fils si je ne mettais pas  un terme à cette addiction. A l’époque du début de sevrage, je me séparais de mon compagnon et j’étais incapable de me lever la nuit pour mon bébé de 13 mois à peine ( Je ne dormais pas vraiment mais j’étais dans le gaz si vous voulez). Nous allions devoir déménager et je n’avais pas le choix, il fallait que je sois « opérationnelle » s’il avait un souci pendant la nuit.

Je pense que stopper le traitement a été l’une des meilleures décisions que j’ai prise jusque-là. Arrêter m’a aidé à prendre confiance en moi dans la mesure où à partir du moment où mon sevrage fut terminé, j’ai su que toutes les améliorations que je ressentais venaient de moi et que mon bien-être ne dépendrait plus que de ce que moi, je ferai et de la chance (oui, parce qu’elle existe).

Mais cela n’a pas été facile…

Il y a eu les douleurs, la recrudescence des angoisses, des phobies et un genre de dépression résiduelle.

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de visualiser une échelle de bonheur allant de 0 à 10 et je peux vous dire que pendant la première année sans drogues légales, mon niveau de félicité oscillait entre 3 et 6. Il m’arrivait d’avoir tellement d’angoisses et de crises de larmes pendant cette première année que j’ai cru ne jamais pouvoir vivre sans. Le psychiatre que je voyais, à ce moment-là, a d’ailleurs voulu me prescrire un autre antidépresseur, un traitement qui nécessitait de se soumettre à des prises de sang régulières dans la mesure où il pouvait avoir des effets néfastes sur le foie. J’avais déjà vécu trop de choses au niveau médical, il le savait, je l’ai envoyé sur les roses. J’ai un bug de un ou deux mois, je ne me souviens plus exactement de quand mais je sais qu’après cette épisode, j’ai du avoir un genre de déclic parce que j’ai arrêté de penser que je ne pourrais pas m’en sortir sans.

J’ai mis 26 mois pour arrêter, je remonte la pente très petit à petit depuis le sevrage (je sens que je m’approche du sommet :)) et j’ai, récemment, aidé une amie à se passer de ces drogues.

Le prochain article sera consacré au sentiment de culpabilité.

Je ne l’ai pas dit dans l’article précédent mais n’hésitez pas à me poser des questions ou à me faire part de vos remarques. Je serais ravie d’échanger avec vous.

Besoin de plus d’infos et de témoignages encore plus effrayants que le mien, c’est par ici: http://psychotropes.info/wordpress/ et https://www.youtube.com/watch?v=I_3PlFPseYc

Un film à vous conseiller sur les mauvais diagnostics et leurs conséquences, c’est ici: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228729.html

Comment j’ai surmonté ma dépression #épisode 1: apprendre à s’écouter

comment-je-me-suis-sortie-dépression

L’heure est arrivée pour moi de vous raconter au travers d’une série d’articles, comment je suis parvenue à me sortir de ma dépression. Enfin, dépression est un grand mot. Comment vous expliquer? Dans ma vie, j’ai vécu 3 épisodes dépressifs. Un tout petit lorsque j’avais 13 ans, un plus long à 24 ans et l’enfer à 26 ans. Je pense, en fait, que les épisodes dépressifs se présentaient à moi lorsque je n’en pouvais, vraiment, plus et que je n’avais pas encore trouvé de solutions pour continuer à m’accrocher. Pour le reste, il s’agissait plus d’un mal-être que je traînaillais depuis la fin du traitement chimio (v. ici). J’ai eu besoin de 24 ans pour m’en sortir. Oui, vous avez bien lu: 24 et j’en ai 37.

Je crois que mon cheminement vers la guérison a commencé en 2002 (je sais, ça a été très long). En 2002, je suis partie en Erasmus et pour la première fois de ma vie, j’ai pu prendre du recul par rapport à mon entourage: mes parents, ma famille au sens plus large, certains de mes amis. J’ai compris que je laissais mon bonheur au bon vouloir des autres. A cette époque, j’étais persuadée que je ne savais pas ce qui était bon pour moi et j’écoutais ce qu’on me disait de faire ou bien j’improvisais.  En fait, je voulais qu’on m’aime coûte que coûte car j’étais certaine qu’en moi, il y avait un défaut de fabrication, un vice caché, quelque chose qui clochait et que personne ne pouvait m’aimer si je me « contentais » simplement d’être moi. Il n’y a pas si longtemps que j’ai compris que cette croyance venait de mes années de harcèlement à l’école, au travail et de toutes les remarques de mon entourage, justement, sur ma prétendue bizarrerie et faiblesse. Entourage, d’ailleurs, qui n’hésitait pas à me dire que si on me harcelait, c’était forcément ma faute. Allons donc. N’importe quoi. La vérité c’est que je n’étais pas entourée de gens qui me voulaient du bien. Après ERASMUS , j’ai, instinctivement, tout doucement, commencé à m’écouter et à m’opposer lorsque ce qu’ils me disaient allait à l’encontre de ce que je pensais, ou plus précisément, ressentais être bon pour moi. Inutile de vous dire (mais je vous le dis quand même) que cela ne leur a pas plu. Les critiques ont fusé et bientôt, les disputes et éloignements ont suivi. J’ai été très seule pendant un long moment.

Dans le prochain épisode, je vous parlerai de mon choix d’arrêter les drogues vendues sur ordonnance et des conséquences positives que cette décision a apporté dans ma vie. So, stay tuned.

comment-je-me-suis-sortie-de-la-dépression