Comment j’ai surmonté ma dépression #épisode 1: apprendre à s’écouter

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L’heure est arrivée pour moi de vous raconter au travers d’une série d’articles, comment je suis parvenue à me sortir de ma dépression. Enfin, dépression est un grand mot. Comment vous expliquer? Dans ma vie, j’ai vécu 3 épisodes dépressifs. Un tout petit lorsque j’avais 13 ans, un plus long à 24 ans et l’enfer à 26 ans. Je pense, en fait, que les épisodes dépressifs se présentaient à moi lorsque je n’en pouvais, vraiment, plus et que je n’avais pas encore trouvé de solutions pour continuer à m’accrocher. Pour le reste, il s’agissait plus d’un mal-être que je traînaillais depuis la fin du traitement chimio (v. ici). J’ai eu besoin de 24 ans pour m’en sortir. Oui, vous avez bien lu: 24 et j’en ai 37.

Je crois que mon cheminement vers la guérison a commencé en 2002 (je sais, ça a été très long). En 2002, je suis partie en Erasmus et pour la première fois de ma vie, j’ai pu prendre du recul par rapport à mon entourage: mes parents, ma famille au sens plus large, certains de mes amis. J’ai compris que je laissais mon bonheur au bon vouloir des autres. A cette époque, j’étais persuadée que je ne savais pas ce qui était bon pour moi et j’écoutais ce qu’on me disait de faire ou bien j’improvisais.  En fait, je voulais qu’on m’aime coûte que coûte car j’étais certaine qu’en moi, il y avait un défaut de fabrication, un vice caché, quelque chose qui clochait et que personne ne pouvait m’aimer si je me « contentais » simplement d’être moi. Il n’y a pas si longtemps que j’ai compris que cette croyance venait de mes années de harcèlement à l’école, au travail et de toutes les remarques de mon entourage, justement, sur ma prétendue bizarrerie et faiblesse. Entourage, d’ailleurs, qui n’hésitait pas à me dire que si on me harcelait, c’était forcément ma faute. Allons donc. N’importe quoi. La vérité c’est que je n’étais pas entourée de gens qui me voulaient du bien. Après ERASMUS , j’ai, instinctivement, tout doucement, commencé à m’écouter et à m’opposer lorsque ce qu’ils me disaient allait à l’encontre de ce que je pensais, ou plus précisément, ressentais être bon pour moi. Inutile de vous dire (mais je vous le dis quand même) que cela ne leur a pas plu. Les critiques ont fusé et bientôt, les disputes et éloignements ont suivi. J’ai été très seule pendant un long moment.

Dans le prochain épisode, je vous parlerai de mon choix d’arrêter les drogues vendues sur ordonnance et des conséquences positives que cette décision a apporté dans ma vie. So, stay tuned.

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Il y a un an, je me suis rasée la tête

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Enfin non. Oui. Pas tout à fait. Je ne voulais pas non plus me retrouver comme à douze ans. La vérité c’est que j’ai laissé environ un centimètre derrière et 2,5 cm dessus.

Ce n’était pas un coup de tête. J’y pensais depuis longtemps mais le fait est qu’aucun coiffeur n’avait accepté jusque-là. « Non mais vous êtes folle, vous allez regretter » « Non, mais vous avez trop de masse, ça va gonfler, ce sera moche » qu’on me disait.  J’avais les cheveux mi-longs et le mieux que j’arrivais à obtenir c’était un carré court. J’en avais marre. Marre d’avoir toujours la même tête, marre parce que mes cheveux étaient abîmés par le sevrage, marre parce je me sentais « éteinte » avec mon allure.

J’ai demandé à Adam* (mon coiffeur actuel) et lui, il a accepté.  Enfin.

J’étais avec deux copines ce jour-là et je sais que jamais elles ne se seraient attendues à une demande pareille. Moi, j’étais sûre. Je n’avais pas peur. Je savais que ça m’irait bien. J’avais des (vagues) souvenirs de ma période post-chimio avec mes « nouveaux » petits cheveux et les compliments que je recevais.  Mon visage n’a pas vraiment changé, malgré les années qui se sont écoulées, alors je n’ai pas eu  l’impression de prendre un si gros risque.

Adam a travaillé petit à petit.  Il voulait que je puisse lui dire d’arrêter si je trouvais que ça devenait trop court. Moi, je l’ai laissé faire. Il a pris beaucoup de temps. Il s’était lancé une mission « relooking », je crois.

Quand il a eut terminé, il m’a trouvé tellement jolie qu’il a voulu me maquiller. J’ai joué le jeu. C’était un moment de ceux dont on sait directement qu’ils sont spéciaux et qu’ils resteront gravés dans le temps, un moment dont on sait qu’il faut profiter.

Mes amies n’en revenaient pas et moi, j’avoue, je me sentais chauve, et en même temps, libérée d’un poids. Je n’ai pas compris pourquoi.

Je ne sais pas non plus pourquoi mais  j’ai également pensé à toutes mes « soeurs de cancer » et je me suis sentie solidaire. Et puissante aussi car cette fois, c’est moi qui avais décidé. La coupe ne m’avait pas été imposée. C’est moi qui avait choisi de porter les cheveux si courts.

Et puis, voilà, que moi qui ne m’étais jamais sentie belle, je prends confiance en mon physique et  vite, je cherche à me (re)mettre en valeur avec : un peu plus de maquillage, des accessoires, des jolies tenues. C’est pas qu’avant je me promenais en mode « camionneuse », hein, mais je ne me retrouvais plus dans aucun style depuis mon accouchement. Un mystère, encore.

La vie, quel paradoxe, j’ai envie de dire.

Bref, si j’ai voulu partager cette anecdote (inspirée par cet article, d’ailleurs) avec vous c’est parce qu’on dit toujours que le physique n’a pas d’importance, que ce qui compte c’est l’intérieur, blablabla mais moi, depuis, je pense que, parfois, un changement extérieur peut donner un coup de boost en  dedans. En tout cas, moi, cette coupe m’a fait beaucoup de bien.

*Adam ne s’appelle pas Adam en vrai 🙂

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Dix remarques qu’on se prend dans la tronche quand on est parent solo

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Ces temps-ci, je ne suis pas très active par ici, et ce, pour deux raisons. La première, c’est que je vis plus que je n’écris. La deuxième, c’est parce que je souffre. Mon estomac fait pas mal de siennes depuis l’Espagne et lorsqu’il me laisse un peu de répit, je préfère faire autre chose que de passer mon temps derrière un ordi. Vous me comprenez, j’en suis sûre.

Mais revenons à nos moutons…Je disais donc, les remarques que l’on reçoit lorsqu’on est famille monoparentale.

Vous êtes prêts? Ok, ben alors, on y va:

1) tu l’as voulu ton (tes) enfant.s, ben maintenant, de quoi, tu te plains, assume les conséquences…

Euh ouais, je le voulais. Ouais, mais on était deux à le vouloir, que je sache. Pourquoi est-ce que je serais l@ seul@ à devoir assumer?

2) tu as demandé de l’aide ?

A qui, quoi, comment? De quoi tu parles?

3) Faudrait d’abord que tu prennes soin de toi avant de pouvoir aspirer à devenir une bonne maman?

Je suis d’accord: mais quand? comment? avec quels sous?

4) Quoi, t’es maman solo et tu te permets un citytrip/coiffeur/massage?

Bah oui, parce que dans l’imaginaire collectif, la parentalité solo doit toujours rimer avec pauvreté et sacrifice de soi ( grosse contradiction entre cet exemple et celui du dessus)

5) Oh, ça va, te plains pas. Il y a plein d’autres femmes dans ta situation.

Euh oui, je suis d’accord mais ce n’est pas pour ça que c’est facile et que la situation est voulue.

6) C’est une mère célibataire, attention planque ton copain/mari ou elle risque de lui sauter dessus.

Ce n’est pas parce qu’on devient mère célibataire, que 1) on va sauter sur tout ce qui bouge 2) celui qui ne nous plaisait pas avant, va nous plaire maintenant, subitement, parce qu’on se retrouve à devoir élever notre enfant toute seule.

7) Si t’es pas bien, sous entendu, si t’as pas de sous, que t’as des problèmes pour arranger ça à la maison ou payer ci, trouve-toi un mec, hein…

  1. Personne ne nous attend devant notre porte…Ce n’est pas parce qu’on est seule, que c’est facile de retrouver quelqu’un. C’est même plutôt le contraire vu qu’on a, je le rappelle, au moins, un enfant et que tous les hommes (ça vaut pour les femmes aussi) ne sont pas disposés à s’occuper de.s enfant.s d’un.e autre.
  2. Le but de la plupart des mamans solo n’est pas de se trouver un mec par intérêt.

8) Il le.s (les enfants) prend parfois quand même un peu?

Là, moi, j’entends au moins deux choses:

  1. que la marmaille, en cas de séparation, c’est, d’office, chez la mère qu’elle va.
  2. que le papa est, par principe, un salaud qui, à terme, se désintéressera de sa marmaille.

9) Ton gosse, c’est, clair, qu’il va tomber dans la délinquance sans l’image d’un père et d’une mère ensemble.

Depuis quand, tous les enfants de parents solos sont des délinquants et tous ceux qui vivent avec leurs deux parents, sous le même toit, sont des petits anges?

10) Tu as de la chance qu’il t’aide pour le petit

Remarque que je me suis ramassée par deux mamans elles-mêmes solo parce que j’ai l' »extrême chance » que le père de mon fils ait pris son rôle au sérieux et qu’il ait une vraie relation avec son fils (j’y avais consacré tout un article ici). Je le répète: le père n’aide pas, il joue son rôle tout comme la mère. C’est NORMAL!!!

 

J’ai préféré m’arrêter là pour éviter de trop m’énerver mais la liste n’est absolument pas exhaustive et je vous invite à venir la gonfler avec d’autres exemples.

Être parent solo (maman surtout, désolée mais c’est vrai), ce n’est pas facile, surtout lorsque les enfants sont tous petits et qu’ils sont nos seuls interlocuteurs pendant 24-48-72 heures (c’est, franchement, à devenir taré) mais rien n’oblige à ce que ça se passe mal. Si les proches (c’est souvent d’eux que viennent les critiques les plus virulentes), la société, faisaient un effort de tolérance, si des moyens étaient mis en place pour permettre à la maman/papa seul.e de souffler quelques heures par semaine, si reconnaissance comme famille à part entière il y avait, être parent solo rentrerait dans la norme (oui, parce que là, elle l’est en apparence) et cet article n’aurait plus lieu d’être.

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J’ai une maladie invisible et je vous emmerde…*

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Le titre correct aurait dû être : »J’ai une maladie invisible qui n’a pas de nom et je vous emmerde », mais vous avez raison, ça aurait été très long.

Le titre politiquement correct, pourquoi pas : « L’injustice dans la maladie invisible », mais je n’ai pas envie de faire dans le politiquement correct quand je suis énervée.

Avoir une maladie invisible, c’est la loose. Avoir une maladie invisible qui n’a pas de nom, c’est la loose puissance 2. La loose, parce que, comme pour les maladies invisibles avec nom, soit on ne te croit pas, soit on n’y fait pas attention, soit on oublie. Puissance 2, parce que t’as même pas de nom pour que les gens puissent aller vérifier que ta maladie existe vraiment et que t’es pas un.e sale mytho…

Dans mon cas, c’est l’estomac et la fatigue assassine chronique. L’estomac, c’est des douleurs chroniques idiopathiques (ça, ça veut dire qu’on ne sait pas ce que c’est ni pourquoi j’ai ça;(la science a échoué quoi!)) + hernie hiatale + béance cardiale (purée, ça rime en plus), qui me clouent au fauteuil parfois et/ou qui m’empêchent de m’alimenter  correctement.  La fatigue assassine chronique et les insomnies, vous connaissez l’histoire, je ne vais pas vous ennuyer avec un deuxième topo sur le sujet.

Des remarques, j’en reçois des tas; de gens qui ne savent pas  et de gens qui savent très bien. Et les gens qui savent très bien, ça peut aller de mon frère (qui, je pense, ne prend pas la mesure de mes affections) à la pétasse l’agent payée par la fédération des mutuelles libres de Belgique, lors de ma dernière convocation en janvier…Devant elle, j’ai eu l’impression d’être une chômeuse qui ne voulait pas bosser et qui profitait du système*, plutôt qu’une malade qui ne demanderait pas mieux que de travailler mais qui est lucide et qui se rend compte qu’étant donné son état non-fiable, le seul boulot qu’elle pourrait effectuer, ce serait depuis chez elle, avec des conditions très personnalisées (horaires à la carte et pas tous les jours, sous peine d’effondrement).

Les gens ont du mal à me croire parce que ça ne se voit pas (on arrête pas de me dire que j’ai bonne mine, en plus) mais aussi parce que je vis, tout simplement; et par je vis, je veux dire que je tente un minimum de prendre soin de moi, que je sors (pas si souvent et très très rarement après minuit) et que je pars en vacances de temps à autre. Ils ne se rendent pas compte que, partout où je vais, dans mon sac/ma valise, j’emporte avec moi mes douleurs et mes insomnies et que si je me prive le moins possible, en tout cas, le moins que mes finances limitées me le permettent, c’est parce que j’ai bien à l’esprit, que de vie, on n’en a qu’une (que nous sachions) et que je n’ai pas envie que les soucis de santé m’empêchent de vivre les expériences que j’ai envie de vivre.

Je ne devrais pas avoir à me justifier pour ça, personne ne devrait avoir à le faire…Et pourtant, on vit dans une société où chacun a son mot à dire, où chacun a son commentaire à faire. On nous met tous dans le même sac, sans chercher à savoir l’histoire qui se cache derrière notre mine, apparemment, bonne.

Ce n’est pas normal, c’est frustrant et surtout, très injuste. Vous ne trouvez pas?

* je tiens à préciser que je ne vous emmerde pas, vous, lecteurs. Je vous remercie plutôt beaucoup beaucoup de me lire et de commenter.

* J’ai été chômeuse et je n’avais jamais ressenti ça…

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Laisse-la se démarquer, elle qui aime tellement ça …

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Warning: ceci sera ma parenthèse Caliméro of the month (i hope). J’ai besoin de ventiler, comme on dit, quelque chose qui m’est arrivé récemment et dont j’ai honte d’être affectée à mon grand âge. Ici, je suis presque totalement anonyme et c’est, donc, plus facile.

Pas plus tard que lundi, l’animatrice de l’atelier d’écriture auquel je participe m’a blessée. Dans le cadre d’un exercice , j’ai suivi une consigne comme je pensais qu’il fallait faire. Or, j’avais mal compris et ma faute a perturbé le déroulement du travail qui, manque de bol, était à mettre en commun avec tout le groupe. L’animatrice a pensé que je l’avais fait exprès et ce qu’elle a dit de moi (voir titre) à une autre participante fait partie des remarques qui me vexent le plus encore aujourd’hui. La raison: ce genre de malentendu m’a poursuivi toute ma vie …

Dans ce cas présent, j’avais mal compris. Dans d’autres, j’avais juste un avis ou une façon de voir les choses différents. Dans d’autres encore, c’est juste une émotion que j’ai cherché à faire partager, pour me sentir mieux lorsque quelque chose ne s’était pas passé comme je l’espérais, par exemple. Cependant, jamais,  je ne cherche à me démarquer ou à faire l’intéressante. J’aurais plutôt tendance à faire le contraire si je ne me surveille pas (à vouloir rentrer dans le moule pour que tout le monde m’aime, pfff).

Après cassage de tête réflexion, je me rends compte que ce qui m’a le plus choquée est le ton employé par l’animatrice. J’ai senti que sa remarque, ça devait faire longtemps qu’elle avait envie de la lâcher. Moi, qui la trouve tellement bienveillante d’habitude, j’ai été blessée. Je ne m’attendais tellement pas à ça venant d’elle.

Je me croyais en « lieu sûr » dans cet atelier et j’ai vu que ce n’était pas le cas. Les gens ont toujours des aprioris, et ce, quoi qu’ils disent, quoi qu’ils prônent. Je ne lui jette pas la pierre car moi aussi (j’en suis consciente), je défends des choses, en théorie, qui peuvent me coûter, en pratique….C’est juste que arghh, ça fait mal quand cela tombe sur soi et qu’on est aussi sensible que moi.

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Les expressions qui m’exaspèrent quand on parle maladie …

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Dans la liste des expressions qui me gavent, il y a aussi celle-là: il/elle se bat/s’est battu contre la maladie et est décédé/s’en est sorti.

Alors pourquoi, elle me gave? Parce que sérieux, est-ce qu’on se bat contre la maladie? Et puis, ça veut dire quoi se battre contre la maladie? Au mieux, on se fait « seulement »  opérer…Au pire, on se fait opérer, on  « reçoit » chimio, rayons, transplantation, rééducation . A moins que « se battre » veuille seulement dire « accepter de suivre un traitement » ce qui, soit dit en passant, font genre 95% des gens atteints par le cancer et d’autres saloperies.

Personnellement, comme tout enfant, je n’ai pas eu mon mot à dire. Il allait de soi que j’allais avoir droit à la fameuse chimio. J’ai subi l’action, comme on dit.  Point. J’allais à l’hôpital, je recevais ma dose, je vomissais mes tripes, rentrais à la maison, y restais quelques jours, quelques semaines et recommençais. Ma vie, ça a été ça, pendant neuf mois. Je n’avais pas le temps de penser et cette expression-toute-faite me laissait pantoise. Je me demandais: c’est comme ça qu’il faut se battre? est-ce que je me bats bien? Je ne comprenais, vraiment, pas où les gens voulaient en venir lorsqu’ils l’utilisaient. En vérité,  il n’y avait rien d’autre à faire que de subir. Elle était là la vérité.

En fait, j’irais même jusqu’à dire que ça se passe comme au loto. C’est toi et ta chance. Dire qu’il faut se battre contre la maladie/qu’il/elle s’est battu contre, est abstrait, débile et surtout, culpabilisant. Culpabilisant car ça pourrait vouloir dire que si on est mort, c’est qu’on ne s’est pas bien battu. Pas comme il le fallait ou pas assez, en tout cas. C’est stupide.

J’ai vu tellement d’enfants souffrir le martyre  qui, malheureusement, ne sont plus là pour témoigner. J’ai entendu tellement d’histoires de petits bouts de cinq ans qui disaient « stop » parce qu’ils n’en pouvaient plus et qu’ils préféraient « partir ».

Les mômes sont les plus doués pour la vie. Ils sont insouciance, motivation, joie, curiosité.  Nos gamins ne pensent jamais que la mort va leur tomber dessus…sauf quand ils sentent qu’elle est là, pas loin. Ce sont les premiers à vouloir mettre le crabe au tapis, K.O et pourtant, même eux, et c’est inconcevable, inimaginable, dégueulasse, finissent par renoncer quand arrive le moment où ils n’en peuvent plus et sentent (les enfants sentent tout, ne l’oublions pas) qu’il n’y a plus rien à faire.

Alors, please, réfléchissons et arrêtons d’utiliser cette expression à la con.

Et j’allais oublier le fameux « Il est mort des suites d’une longue maladie », sans citer laquelle. Ohé, ohé, c’est la honte de citer le nom? Si  t’es malade, ça veut dire que t’es qu’un faible, c’est ça? Non mais sérieux, n’importe quoi ! Faut arrêter avec le politiquement correct et les « tabous » là où ils n’ont pas lieu d’être.

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Réflexions sur mon bilan hp (haut potentiel)

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Il y a quelques semaines, comme vous le savez, j’ai passé un bilan pour savoir si j’étais un haut potentiel ou pas. Bilan qui a donné une réponse affirmative malgré un QI estimé incalculable et un diagnostic de dyspraxie.

Depuis, je me suis beaucoup renseignée sur la dyspraxie et j’ai beaucoup réfléchi. Je me suis rendue compte que je m’étais menti à moi-même en affirmant que l’équipe qui s’était occupée de moi m’avait mis en confiance. En fait, j’étais, surtout, influencée par la personne qui m’avait conseillée ce centre (spécialisé dans le haut potentiel). Dans les faits, j’ai, plutôt vite, ressenti un malaise lors de ma première visite à l’asbl. La psy qui m’a reçue ce jour-là était chaleureuse. Cependant, j’ai eu l’impression qu’elle essayait de me vendre du coaching, des conférences et un dépistage pour mon fils (50% des enfants ayant des parents hp sont hp aussi).

Après cette première séance, j’ai, tout de même, choisi de continuer le bilan. La raison? Cette asbl a bonne réputation et je me suis dit, comme il m’arrive souvent lorsque quelque chose ne va pas comme je le souhaite, que j’étais parano. J’avais aussi besoin de savoir. J’en avais marre d’être dans le doute.

La deuxième rencontre avec la psy (la même que la première fois) s’est bien passée.. J’étais assez en forme et le bilan m’a permis de confirmer mon fonctionnement.

Lors de la passation du test de QI, en revanche, tout a été plus difficile. La psy avec qui j’ai passé le bilan était une toute jeune fille de 25 ans, pas sûre d’elle. J’avais fait nuit blanche et une attitude défaitiste chez elle ne m’a pas aidée à rentrer dans le test. J’avais besoin d’être rassurée et elle n’a pas été en mesure de le faire. J’ai la sensation qu’avec quelqu’un d’autre, mon résultat aurait été différent. Je ne dis pas que j’aurais cassé la baraque si j’avais passé le test dans des conditions optimales mais au moins, je me serais sentie plus à l’aise.

Quant au diagnostic de dyspraxie, je ne m’y attendais absolument pas, et après visionnage de plusieurs vidéos, je peux vous affirmer que je ne le suis pas. Les gens souffrant de ce trouble ont beaucoup de difficultés dans leur vie de tous les jours pour écrire, se repérer dans l’espace (mauvais sens de l’orientation, se cognent partout), nouer leurs lacets, se verser à boire sans renverser, etc. Ce sont des difficultés que je n’ai pas. Les psys ont conclu que mes capacités intellectuelles avaient du compenser la dyspraxie mais je ne suis pas d’accord. Je pense qu’elles ont confondu dyspraxie et ralentissement psychomoteur du à l’insomnie et aux dégâts causés par les antidépresseurs sur mon cerveau. Dégâts que les professionnels de la santé sous-estiment malheureusement. Par ailleurs, j’ai également trouvé leurs conclusions du rapport assez hâtives. Elles sont parties sur des interprétations concernant des choses dont elles ne pouvaient s’être faites une idée en aussi peu de temps.

J’ai presque instantanément ressenti un soulagement lorsque j’ai découvert et visionné les vidéos de Catherine V.OS. Pour la première fois de ma vie, je me reconnaissais dans un profil et je pouvais donner un sens à beaucoup de choses que j’avais vécues.  Depuis leur visionnage, mon anxiété a facilement diminué de moitié et je ne pense pas que ce soit le fruit du hasard. Du bilan, au final, seule la  première partie m’aura apporté quelque chose. Je ne regrette rien mais je pense que si j’avais l’opportunité (et l’envie, le besoin) de repasser ces tests, je n’irai plus dans ce centre, mais plutôt voir un psy spécialisé, loin de la mouvance « haut potentiel ».

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La nouvelle technologie et moi

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Technologiquement parlant, la modernité et moi, ça a toujours fait deux.

D’ailleurs, chez moi, il y a juste une télé vieille de 9 ans d’âge, , le pc portable depuis lequel je vous écris, qui date de 2013, un vieux dvd dont je ne trouve même plus la télécommande, une chaine hifi et un appareil photo hyper basiques, une imprimante escargot et ah oui, mon téléphone.

En parlant de téléphone …jusqu’il y a peu, je me trimballais encore un mobile de 2010, un smartphone des débuts, avec un écran tout riquiqui, qui n’a jamais fonctionné correctement et qui, à un moment, s’était même mis à appeler mes contacts sans ma permission. Mais ça c’était avant parce que depuis un an, j’ai le top du top, un gsm de nouvelle génération (enfin, celle de l’année dernière) avec toutes les options incluses. Et vous savez quoi ? Il traîne, à peu près partout dans la maison. Je sais jamais où il est. Un peu comme l’ancien  mais en nouveau. Bah oui, c’est pas parce qu’on change l’extérieur, qu’on change l’intérieur. Une has been technologique reste une has been. Technologique.

Je ne me suis jamais demandée pourquoi j’étais comme ça. Toujours avec un train de retard à ce niveau-là. Après tout, ça ne m’a jamais empêché de réaliser quoi que ce soit. En fait, ça a plutôt tendance à frustrer d’autres personnes que moi (frérot, si tu passes par là ;-)) et je crois qu’en ce qui me concerne, c’est une question de choix.

Bah, oui, financièrement, je ne roule pas sur l’or et j’ai d’autres priorités que de m’acheter la dernière télé écran plat à la mode ou la plus sophistiquée des tablets. Je préfère voyager, me soigner, prendre soin de mon fils, boire un verre avec des amis ou encore, me payer un cinéma ou une place de théâtre.

Dans la vie , (je l’ai peut-être déjà dit) je privilégie les moments, les souvenirs, pas le matos. C’est tout, c’est comme ça et c’est quelque chose que j’aime en moi.

Et vous, quel est votre rapport à la technologie?

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Le travail, c’est la santé …

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Pour moi, avant, le boulot, c’était comme pour tout le monde: un gros « C’est comme ça » On naît, on joue, on va à l’école, on bosse. C’était comme ça depuis la nuit de nos temps et je n’avais jamais réfléchi à la question.

Personnellement, j’ai été une excellente élève qui, n’avait presque aucun effort à fournir pour réussir. Et comme si ce n’était pas suffisant, je cumulais, en plus, le profil type de la « bosseuse » qui n’avait pas peur de mettre la main à la patte. C’est donc très tôt que j’ai commencé à enchaîner les petits boulots en plus de mes études (Premier job: peinture de fenêtres et de portes, c’est dire si j’étais motivée haha).

Ma première baffe, je me la suis prise, le jour où j’ai obtenu mon diplôme de traduction. Je ne savais absolument pas quoi faire.Je n’avais qu’une piste:  ne pas perdre 40 heures/semaine  dans un taf qui m’ennuierait à mourir ou dans lequel je ne me sentirais pas utile. Quarante heures pour moi, c’était significatif.

J’ai donc cherché mon Graal particulier. J’ai envoyé des tas de cv (genre 1000) pour les fonctions qui m’intéressaient, enchaîné des emplois horribles et/ou très mal payés (a.k.a Barcelona 2007) comme salariée, des formations et puis, je suis tombée malade (dépression).

Sous médicaments, je n’étais pas la même (physiquement et psychiquement)  et j’ai, par conséquent, pensé que la formule « traductrice-correctrice freelance »  à mon compte me siérait mieux. J’ai alors suivi des parcours d’intégration pour devenir entrepreneure, bénéficié  d’un coaching dans la maison de l’emploi de mon quartier, etc.

Au début, je n’ai pas eu de problème à trouver de contrats (en noir, cela va sans dire) mais j’ai vite remarqué le souci « paiement ». Ce n’est pas que les gens ne me payaient pas, comme je lis souvent, mais qu’ils me payaient des cacahouètes et trouvaient ça tout à fait normal (j’ai même eu droit à une maison d’édition qui voulait, en plus du livre que j’avais traduit pour eux trois mois auparavant, m’ajouter un supplément à traduire gratuitement!!!!).

Pour compléter ces contrats intéressants au niveau du contenu mais tout à fait foireux, au niveau financier, j’ai longtemps cherché un mi-temps . Je n’étais pas bien difficile mais les patrons prétextaient toujours que j’étais  surqualifiée, qu’ils n’acceptaient pas plus d’un bac+3 ou que j’allais m’ennuyer, pour ne me pas m’engager. Ma vie pro, c’était donc contrats foireux + chômage + cours (+stage) pour ajouter des cordes à mon arc, jusqu’au jour où je suis retombée malade (fin de sevrage) et que, finalement, j’ai été obligée de m' »asseoir » pour me pencher sur la question.

Les dix ans après  diplôme, en gros, j’ai compris que je les avais passés à culpabiliser. Cela n’avait rien de  normal, dans la mesure où, tout ce que j’avais fait, c’était chercher à m’intégrer de toutes les manières possibles et imaginables. J’avais fait des démarches, travaillé, étudié, accepté le tirage d’oreille (littéral) (quand j’étais étudiante), le harcèlement moral, les salaires de misères, le bore-out (ce mot n’existait pas à l’époque où je l’ai connu), les entretiens par téléphone, supprimé mon diplôme de mon cv pour avoir plus de chances, etc…Et tout ça pour quoi? Pour rien, pour me sentir comme une merde. Ma confiance en moi? Morte et enterrée. Mes seuls péchés? ne pas rentrer dans les cases et avoir une santé plus fragile. En résumé, il y a toujours eu quelque chose chez moi qui a fait que ça ne colle pas.

Mon sevrage catastrophique m’a éloigné (physiquement, psychologiquement, cérébralement) du monde du travail pendant deux années entières (j’étais trop mal) et lorsque la question de retrouver une nouvelle occupation professionnelle s’est reposée, j’ai senti que je ne pourrais plus jamais rentrer dans un parcours classique. J’étais, je suis dégoutée. J’ai aussi compris  que notre éducation (école+maison+ blablas politiques) fait que tous, nous vivons sans réfléchir, comme des moutons obéissants qui acceptent des choses inadmissibles. Tout ça, pour un salaire. D’ailleurs, pour la plupart, il est, tout à fait, inenvisageable d’imaginer une autre voie que celle du boulot qu’on n’aime pas mais qu’on fait quand même parce qu’on doit pouvoir payer nos loyers, nos factures et un poil plus, si on a de la chance .

Alors, je ne sais pas qu’elle est la trajectoire à suivre (je la cherche mais ne l’ai pas encore trouvée ) pour parvenir à sa juste place et gagner des sous (le nerf de la guerre, n’est-ce-pas?). Je sais juste que moi, ce n’est qu’à partir du moment et seulement du moment où j’ai été contrainte de me poser pour sauver ma peau et ne plus penser boulot que j’ai commencé à m’écouter et à me lancer dans des projets qui me plaisaient vraiment .

Je trouve ça triste qu’il faille en arriver là mais je me sens chanceuse d’avoir réussi à sortir de l’ancien schéma. Malheureusement, le problème suivant se pose: je vis dans un système en déclin mais toujours dominant, à l’heure actuelle, et je suis bien consciente qu’ à moins de gagner à la loterie (faudrait déjà jouer), il arrivera un jour (pas très éloigné) où je devrais me plier à certaines règles qui me rebutent pour pouvoir continuer à payer mon loyer, mes factures et un poil plus, si j’ai de la chance.

Je vais être honnête: je n’en ai pas envie et je ne me sens pas capable de retourner au point « galère ».

Alors, je reprends la formule du titre et j’ajoute: »Le travail, c’est la santé, peut-être, mais à ce prix-là, je n’y crois pas. Les projets qui nous tiennent à cœur, ne pas rester à rien faire, c’est la santé…mais se « prostituer » pour quelques euros? Non, vraiment, je n’y crois pas.

 

Ce sentiment de décalage

décalage

Lorsque j’ai fait la démarche du « test de QI », c’était dans un but précis : je voulais savoir si mon sentiment de décalage était du à un profil hp ou à mon parcours leucémie + galères.

Je me doute que tout le monde ne se lance pas dans cette démarche lorsqu’il ne se sent pas en phase avec le monde, les gens, l’univers bref, vous avez compris l’idée, mais en ce qui me concerne, ma façon de fonctionner s’accordait tellement à celle des personnes  surefficientes (j’en parle ici) que la question s’est imposée et m’a parue légitime à un moment.

Je me suis donc lancée dans l’aventure »dépistage hp » et entre temps, j’ai posé ici mon parcours et en posant mon parcours, j’ai tilté et, finalement, compris que, au vu de mon vécu, je ne pouvais pas me sentir en phase avec la société, avec ou sans QI très élevé. J’ai trop longtemps fait partie des exceptions, j’ai vécu trop de choses qui ne sont pas conventionnelles, qui n’étaient pas de mon âge et je dois me l’avouer, il y a pas mal de temps que je suis sortie du système. Je ne vois d’ailleurs pas comment, avec mes idées et mes « fragilités », je pourrais y rerentrer, mais je me rends compte, qu’il s’agit là d’un autre débat.

En écrivant ces mots, je prends aussi conscience du fait qu’il y a en moi une ambivalence très marquée. Il y a deux personnes à l’intérieur: quelqu’un de raisonnable qui voudrait se fondre dans la masse et être comme tout le monde, car elle se rend compte que c’est toujours plus facile, et une autre qui sait qu’il n’est pas sain de s’adapter à une société malade, qui est fière de son « originalité », de s’en être sortie jusque-là, malgré tout, et qui ne comprend pas les gens « normaux ».

Je sens que trouver ma place passera par l’acceptation complète et permanente de qui je suis, avec mes défauts, mes qualités, mes incohérences, mon passé et peut-être, cette ambivalence.  Ma distance avec la norme n’aura, je crois, alors plus grande importance. Y parviendrais-je? Seul la vie le dira. En attendant, je travaille pour. On verra.