Catégorie : Divers et variés

Dix ans sans toi, abuelita

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Ma grand-mère n’a pas été la meilleure des mères mais c’était une super abuela. C’était ma deuxième maman car avec l’abuelo, c’était elle qui s’occupait de moi quand j’étais petite et que mes parents travaillaient. Elle me préparait à manger ce que j’aimais (et ce n’était pas grand chose quand j’étais petite), remarquait chaque fois que j’avais du chagrin et cherchait constamment à me faire plaisir.

Nous avions un lien particulier, elle et moi, on se comprenait et lorsqu’elle est décédée, je me suis sentie amputée. Pourtant, je n’ai pas réagi comme mon entourage s’y attendait et j’ai été très critiquée.

Lorsqu’elle est morte, je commençais, à peine, à sortir de ma dépression et je savais que m’enfermer pour pleurer sa disparItion serait la pire des choses, à faire, me concernant. A la place, j’ai décidé de continuer à vivre aussi normalement que possible et de respecter autant mes engagements que mes projets de sorties.

C’est ainsi qu’une semaine après son enterrement, je suis allée au théâtre et me suis remise au sport.

Je trimballais ma peine avec moi, bien sûr. Des larmes roulaient, parfois, sur mes joues, à des moments impromptus mais je tenais bon.

C’était la seule chose à faire, de toute façon. La peine, c’est à l’intérieur qu’on la vit, pas dans la démonstration. M’effondrer n’allait pas la faire revenir, c’était terminé, nous n’allions plus fabriquer de nouveaux souvenirs ensemble. Elle avait vécu sa vie. Maintenant, c’était, à mon tour, de reprendre le flambeau et de construire la mienne. Par ailleurs, je ne crois pas qu’elle aurait apprécié que je me laisse aller.

Autour de moi, les gens se sont étonnés et les remarques ont fusé: « t’as vu comme elle agit alors que c’était sa chouchoute…elle ne devait pas l’aimer autant que ça sa grand-mère pour se conduire ainsi… »

Je n’ai rien écouté. Je m’en fichais, à vrai dire car je savais ce que je ressentais moi, l’amour que je lui portais, les discussions que je continuais à avoir avec elle, les conseils que je demandais encore à son fantôme.

Quelques mois plus tard, je me suis disputée avec celle que je prenais pour ma meilleure amie depuis mes 12 ans et j’ai rencontré celui qui allait devenir le père de mon fils. Même si les histoires n’ont rien à voir entre elles et que c’est peut-être ridicule, je crois que ma abuela m’a aidée, de là-haut,  à faire les bons choix. En effet, couper avec cette amie qui n’en était pas une et dire « oui » à l’homme avec qui j’allais devenir maman  ont été  deux des meilleures décisions que j’ai prises de toute ma vie.

Aujourd’hui, il y a, tout juste, dix ans qu’elle est morte et je la consulte encore tous les jours.

Te sigo echando en falta, abuelita.

 

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Si je n’avais pas peur

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Il est 19h44 et je suis vidée de ma journée. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, je suis censée publier un article intitulé « si je n’avais pas peur ». Je ne sais pas par où commencer. Le sujet trotte dans ma tête depuis un bon mois, je pense et c’est marrant, mais au début, je me disais : « ça va être dur parce que je n’ai peur de rien ».

Le pire c’est que j’y croyais.

Maintenant, je sais que c’est des conneries. En fait, j’ai tout le temps, tellement, peur que j’ai pris l’habitude de vivre comme ça et que je ne me rends même plus compte à quel point je vis dans la peur.

A vrai dire, c’est, surtout, le rejet qui m’effraye. C’est ma peur la plus sournoise. Oh, du regard des inconnus sur ma façon d’être, de vivre, je m’en fous. C’est pas ça. Moi, c’est plutôt du fait qu’on m’approche pour ensuite me jeter. Ça vient de l’adolescence, de toute cette violence subie après la maladie, à l’école ou dans mon entourage, je le sais. C’est triste mais de ça, je n’ai jamais pu guérir.

Pourtant, j’arrête pas de me dire: « tu es grande maintenant (enfin, à peine), tu as les armes, tu ne vas pas t’écrouler, pas mourir de peine ». Mais rien n’y fait, quelque chose en moi n’y croit pas et mon cerveau reptilien a trop intégré les souvenirs et les réflexes.

Du coup, quand je m’approche des gens, c’est à reculons, quand je risque c’est en assurant mes arrières. Je reste aux aguets du moindre faux pas, de la plus petite incohérence. Faussement distante, non-investie, je fais mon indifférente, ma dure, ma méchante, parfois, même, j’ai envie de dire. Ça me rassure .

Ce n’est pas agréable pour les nouvelles personnes qui rentrent dans ma vie. Beaucoup n’ont pas le courage d’attendre que je lâche prise et disparaissent. Je les comprends et ce, même si je n’apprécie pas toujours la manière choisie pour le faire.

Je me rends compte qu’à force de me protéger, c’est ma carapace qui crée un sentiment de rejet chez les gens. L’ironie du sort que ça s’appelle, je crois.

Je ne sais pas ce que je peux faire pour que ça s’arrange mais je sais que si je ne souffrais pas de cette blessure, il y a sûrement une ou deux histoires dans lesquelles je me jetterais à corps perdu. Mais c’est impossible, le trop d’émotions crée une paralysie de mon intérieur, une sidération, et je ne réagis qu’après coup, n’importe comment, quand c’est trop tard, le plus souvent.

Ce n’est pas très grave, une bêtise, je ne vais pas en mourir. Par contre, c’est bien pénible et j’espère qu’un jour, le thème de ce carnaval, je pourrais le conjuguer à l’indicatif et dire : « Je n’ai pas peur ».

Cet article a été écrit dans le cadre du carnaval d’article proposé par Emeline du blog « si j’osais« . Vous pourrez retrouver courant octobre toutes les participations sur son site.

 

Pourquoi je n’écris plus autant qu’avant?

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L’envie est là, ce n’est pas ça. Les sujets manquent? Je ne sais pas. C’est peut-être plus parce que je ne veux pas aborder certains sujets, ceux qui prennent le plus d’espace pour le moment dans ma vie. Oh rien de négatif si ce n’est ces multiples rendez-vous et examens médicaux dont je me passerais bien mais d’autres choses, surtout une, que pour le moment, j’ai encore du mal à saisir dans son ensemble tant elle m’est inconnue.

Je sais difficilement parler du futile alors je préfère me taire et ne revenir que quand les planètes sont alignées et que je me sens certaine de vouloir partager quelque chose. C’est juste ça et pas que je suis en train d’abandonner le blog et/ou que je n’ai plus envie. Écrire, dans mon cas, c’est et reste un besoin.

Je suis incapable de vous dire comment tout ceci va évoluer. Peut-être que je vais revenir avec plusieurs publications à la suite et à la chaîne ou peut-être que je continuerais sans cadence. On verra mais une chose est sûre, je ne suis pas partie et ne partirai pas.

 

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Réflexions sur le féminisme

Je suis pour l’égalité des sexes, depuis toujours. Ma mère est une femme forte, qui a su résister à la domination d’un mari misogyne (oui, mon père). Ma grand-mère maternelle a toujours géré la maison, l’argent, les décisions importantes et mon grand-père n’a jamais eu aucun souci avec ça. Ça ne remettait pas en cause sa virilité. C’est juste que ma grand-mère faisait ça mieux et pis, c’est tout.

Tout ça pour dire que j’ai des exemples de femmes affirmées dans mon entourage très proche et qu’il m’aurait été difficile de ne pas avoir été influencée par ces exemples.

Ma mère tout comme ma grand-mère ont, bien entendu, été limitées par leurs époques et tour à tour, intégré des messages très nocifs et contradictoires pour leur émancipation (sans parler des moyens de contraceptions quasi inexistants à l’époque de ma grand-mère). Quant à moi, je fais partie de cette génération de filles à qui on a dit (enfin, ma mère) que je pouvais tout faire. Oui, sauf qu’il y a toujours eu un gros hic et qu’en grandissant je me suis confrontée à un mur. Oui, car quand bien même l’éducation des filles avait changé, celles des garçons demeurait très semblable à ce qu’elle avait toujours été. Or, selon moi, le chemin vers une vraie égalité ne peut se faire qu’ensemble, la main dans la main.

Si je vous parle de tout ça, c’est parce que j’ai eu une conversation très illustrative avec un ami il y a quelques jours.

Je lui parlais de la tendance mortifère du père de mon fils à considérer certaines lectures et certains jeux comme étant destinés à un public féminin et d’autres à un public plutôt masculin, lorsqu’il me sort qu’il trouve certaines de mes lectures assez inquiétantes, et même qu’il avait peur que je veuille faire de mon fils un homosexuel…

Je me suis totalement braquée et lui ai dit un truc très fin et très stylé du genre: bordel, j’en ai marre de tous ces hommes de cromagnon, je ne te parle plus.

Il m’a alors répondu qu’il fallait que j’accepte que tout le monde ne puisse pas être aussi ouvert d’esprit que moi. Ce à quoi j’ai rétorqué: c’est pas être ouvert d’esprit, c’est être normal.e que de vouloir que mon fils se sente libre d’être qui il a envie d’être, tout en lui apprenant, par la même occasion, à respecter les filles.

Je considère que le fait d’être mère d’un garçon né au début des années 2010 est un véritable challenge. Dès sa naissance  et sans vraiment m’en apercevoir, j’ai assez vite et assez naturellement réfléchi aux questions liées au sexe. Je ne lui ai jamais interdit de jouer à quoi que ce soit et la seule chose avec laquelle j’ai eu du mal, j’avoue, c’est la couleur fuchsia, sans doute parce que je suis moi-même victime d’un mode d’éducation. En dépit de toute cette liberté dont mon fils jouit (en tout cas, quand il est chez moi), il a très vite montré (surtout depuis qu’il est rentré à l’école) une préférence vers ce qui est encore, aujourd’hui, considéré comme étant des distractions masculines (dinosaures, ninja go, bagarre avec ses peluches et mes poupées de quand j’étais petite, bricolage etc). Ce qui ne veut pas dire qu’il sera hétéro (d’ailleurs, je crois que tout le monde sera bisexuel dans le futur et que le polyamour sera devenu la norme, mais ce n’est pas le débat) mais juste qu’on ne peut rien imposer, que comme le dit l’expression, le naturel revient vite au galop. D’ailleurs, il est clair que si mon fils avait eu tendance à préférer des choses dites féminines, il aurait trouvé le moyen de s’en approcher. Par conséquent, rien ne sert de vouloir l’influencer dans un sens ou dans un autre. Non, j’insiste, ce n’est pas en lui apprenant à devenir une grosse brute qu’il sera hétéro. D’ailleurs, ce raccourci qu’on fait, assez facilement, me laisse pantoise…Ce qu’il devra être, il le sera et la seule chose qu’en tant que mère, je veux pour lui, c’est qu’il soit heureux…

J’en suis là de mes réflexions qui partent un peu dans tous les sens et je m’aperçois qu’au plus, j’avance dans le sujet, au plus je me heurte à la peur et aux remarques de certains types de personnes. Surtout des hommes mais aussi des femmes qui peuvent parfois être plus machistes que nos acolytes du sexe masculin. C’est, complètement, stupide.  Sorry, je suis fâchéeNe vaut-il pas mieux, au contraire, s’asseoir et discuter (ce que j’avoue n’être pas toujours en mesure de faire lorsque j’entends autant de conneries) en prenant le temps de bien penser et peser ses mots? Je pense que nous en avons plus à y gagner de cette façon qu’en restant campés sur nos positions sans jamais faire un pas vers l’autre.

Et vous, quel est votre avis?

 

 

Quand loisir ne rime plus avec plaisir

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J’arrête. J’en peux plus. J’en ai marre. J’ai fait le tour.

Ce n’est pas ce que je croyais. Il y a erreur sur le contenu.

On nous avait vendus de la bienveillance, du non-jugement et c’est faux.

Pourtant, ça avait bien commencé .

J’y avais cru, je m’étais lâchée et ça avait donné de belles choses, je crois.

De l’humour, beaucoup, parce qu’il y a ça en moi.

Et puis, il y a eu cette remarque, ce « Laisse-là se démarquer, elle qui aime tellement ça »

Choquée, j’en ai été. C’était du « je prône une chose et je fais le contraire ».

Je n’aime pas, je ne sais pas gérer.

Mais j’ai été paralysée et j’ai laissé passer parce que je me disais que ce n’était que 2h30 de temps en temps et puis, le plus important: que j’apprenais des choses.

J’ai cru oublier et j’ai continué. Sauf que la retenue s’est installée en moi. Sauf qu’au fil du temps, je trouvais de moins en moins de cohérence à ces soirées. Des consignes avec un lien qui ne se fait pas, du flou, et un projet global qui ne me dit plus rien. Je me suis perdue.

La goutte, ça a été ce « je n’ai rien compris à ton texte »…Comme si j’avais écrit du chinois. Non, ce n’était pas le meilleur mais tout le monde savait de quoi je parlais. Je n’avais pas eu le temps (je suis de plus en plus lente), avais voulu explorer de nouveaux horizons, changer de registre, utiliser de nouveaux mots. C’était bâclé mais ce n’était pas inintelligible. Et puis, surtout, ce n’était pas grave.

On me dit que je suis trop dure avec moi-même et c’est vrai. Que j’ai un don et que je ne l’accepte pas, qui sait. Le hic, c’est qu’en même temps, on me fait passer le message contraire. Je ne comprends pas. Je ressens de la pression, une ambivalence, et ces maladresses, si elles en sont, je n’y arrive plus. Paradoxe? Jugement? je n’ai plus envie de savoir.

Un loisir, ça doit être léger et là, ça ne l’est plus, alors je préfère tirer ma révérence et aller voir, le cas échéant, si l’herbe est plus verte à un autre endroit.

Je vous quitte. Au revoir.

La discrimination, ce n’est pas que pour les Arabes et les Noirs

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Aujourd’hui, je vais aborder un sujet épineux, à polémique et qui ne va pas plaire à tout le monde. Je voulais le faire depuis longtemps sans jamais réussir à trouver la façon. Je ne veux vexer personne, viser personne mais je veux juste expliquer ma vérité et celle de tous ceux qui sont nés dans un pays qui n’était pas celui de leurs origines. Je ne minimise en rien le racisme envers les Noirs et la discrimination envers les Juifs et les Arabes. Je dis juste qu’ils ne sont pas les seuls à qui cela arrive.

Je vais vous parler de mes observations et de mon parcours parce que c’est celui que je connais.

Pour commencer,  je suis née en 1981 et en Belgique, en 1981, on recevait , la nationalité de nos parents. Chose qui pour moi créait une ambivalence dès le départ.

J’ai grandi dans un quartier populaire où des gens de plusieurs origines et nationalités se côtoyaient: Belges (un peu), Italiens (pas mal), Espagnols (plus que des Belges), Grecs (un peu), Marocains (de plus en plus) et Noirs africains (un peu plus tard).

Mes copains de classe s’appelaient Gianni, Michaël, Antonella, Mohammed, Hephaïstos, Bienvenu. C’était riche, varié et c’était génial.

Il n’y avait pas de racisme entre nous. Nous étions des enfants. Point. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que nos maîtresses (certaines plus que d’autres) nous faisaient remarquer que « nous n’étions pas des Leurs ». Je me souviens, surtout, de la remarque de ma maîtresse de 2ème primaire et de son « vous, les Espagnols et les Italiens, vous n’aimez que ce qui est ostentatoire * » lorsqu’elle a vu que, le jour de ma petite communion, je portais une gourmette en or  et que cette gourmette était prise dans la manche de mon gilet . Il faut dire que cette maîtresse ne m’aimait pas parce que j’étais maladroite et que j’avais, malgré tout, l’audace d’être la première de sa classe, chose qui la mettait dans une position inconfortable vis-à-vis d’une de ses amies, également prof dans l’école, dont la fille était également dans la classe et qui n’arrivait à me dépasser qu’à coup de falsification de notes  (c’est sa propre mère qui l’a avoué à la mienne, l’année suivante)…mais ce n’est pas le sujet. Même si cette remarque m’était destinée, ce n’était pas à moi, la petite fille, qu’elle s’en est prise, mais à mes origines, la nation de mes parents et de mes grands-parents, la même que comme des milliers (millions?) d’Espagnols, ils avaient du fuir à cause de la dictature et de la misère.

A part cet incident, je ne me souviens de rien d’autre pour le primaire. J’avais plutôt l’impression que le corps enseignant considérait la multiculturalité comme étant quelque chose de positif et je sais qu’à l’époque, nous avons participé à de jolis projets allant dans ce sens.

En secondaire, pareil. Je ne ressens pas particulièrement de « racisme » de la part des profs, mais juste comme en primaire, ce sentiment que nous n’étions pas considérés comme des Belges.

Tout se corse au niveau supérieur lorsque je choisis d’entreprendre des études de traduction et que je me retrouve, pour la première fois, de ma vie avec une majorité d’élèves d’origine et de nationalité belge en classe. C’était à se demander où ils s’étaient cachés avant haha.  Dans mon école, les profs avaient des instructions assez discriminantes niveau points. Le système de cotation dans les cours de langues était différent selon que l’on soit Belge ou étranger d’origine. Il va de soi que cette vérité était officieuse et que nous ne la connaissions pas avant d’en être victime.

Le premier exemple qui m’a frappé c’est une année où en juin, le taux d’échec avait été catastrophiquement élevé. Personnellement, je devais repasser des examens en septembre et dans mon cas, c’était normal car j’étais douée mais je n’avais aucune méthode d’apprentissage. Par contre, ce qui m’a étonné, c’est de voir le nom de famille de 95% de ceux qui avaient réussis. Je vous le donne en mille: ils étaient Belges ou francophones (de France, hein). Alors, je suis désolée mais n’allez pas me dire que seuls eux étaient bons en langues. Je ne crois pas.

Autre chose qui m’a frappée, c’est la déclaration d’un de mes profs d’espagnols que je n’ai, chose étrange pour un prof d’espagnol, jamais entendu parler ou lire en espagnol; à savoir que ceux qui étaient nés en Belgique de parents étrangers n’étaient pas vraiment bilingues, que ça n’existait pas, qu’ils étaient plutôt allalingues, terme qui ne veut rien dire et qui selon lui signifiait que finalement, ces gens (dont je faisais partie) ne maîtrisaient aucune des deux langues. Je vous avoue qu’à ce moment-là, la moutarde m’est montée au nez. Je me souviens avoir pensé à l’une de mes autres profs d’espagnol qui comme moi, était belge d’origine espagnole et qui frustrait tout le monde de par son niveau dans les deux langues. Personne en Espagne n’aurait pu deviner qu’elle n’était pas née et ne vivait pas là-bas et en Belgique, c’était pareil. Elle avait 0 accent (même pas le belge en français), elle faisait 0 fautes que ce soit dans une langue ou l’autre. Pour ma part, je pense également être un bon exemple de bon bilinguisme, même si je doute qu’il soit aussi parfait que celui de madame Hernández.

Un exemple absurde dont j’aimerais encore vous parler me traverse l’esprit à l’heure où j’écris ces lignes et qui concerne cette même école.  J’ai terminé mes études avec des notes bien supérieures en anglais qu’en espagnol. Chose improbable et impossible dans un monde normal, dans la mesure où je n’avais pas et je n’aurais jamais le niveau en anglais que j’ai en espagnol . D’ailleurs, pour être honnête, mon anglais (même si bien meilleur qu’aujourd’hui) n’a jamais été excellent. Difficile de devenir une bête dans une matière qu’on choisit uniquement pour les possibilités qu’elle offre et pas avec le cœur, vous ne croyez pas?

Cela dit, ce n’est qu’en quittant  le filet sécuritaire de l’école et en me jetant à corps perdu   dans la recherche d’emploi que j’ai, véritablement, commencé à prendre la mesure de la réalité du marché du travail. En même temps, c’est difficile d’en parler car ce n’est jamais dit ouvertement qu’on attend de voir tous les candidats « vraiment » belges, avant de décider de vous engager vous, même si vous semblez correspondre parfaitement à ce qu’on recherche.

Il y a beaucoup d’excuses qui sont utilisées pour ne pas engager quelqu’un: le niveau de néerlandais à Bruxelles, le niveau d’étude trop élevé (je crois que c’est un des trucs qu’on m’a le plus sorti), le domaine bouché…ah oui, mais alors pourquoi lui qui est aussi nul que moi en flamand a été engagé dans cette entreprise? Il me mentait où il y a anguille sous roche? Pourquoi elle qui a le même niveau d’étude que moi a été engagée, pour faire de l’administratif, dans cette école  alors qu’on n’acceptait, soi-disant, pas de personnes avec un niveau d’étude supérieur au bachelier? Pourquoi a-t-on fait une petite place dans cette maison d’édition pour elle alors qu’on m’a dit que le secteur était bouché et que la société n’avait pas les moyens d’engager ? Des exemples, j’en ai à la pelle et la réponse est toujours la même: leur nom de famille sonne belge… Je ne veux pas dire par là qu’on n’engage jamais une personne d’origine étrangère mais qu’à compétences. égale.s (et même, parfois, pas) on prendra toujours, toujours quelqu’un dont les parents sont Belges. D’ailleurs où est-ce qu’on retrouve le plus de travailleurs avec un nom de famille « exotique »? A la commission ou dans les métiers pénibles et/ou en pénurie.

Mais il n’y a pas que le travail. Je crois que le pire exemple du monde que j’ai à partager, c’est lorsque quelqu’un m’a sorti qu’il arriverait un moment où il fallait que je m’intègre. J’ai  pas compris, j’ai regardé la personne et j’ai dit »pardon? m’intégrer? où? de quoi? pourquoi? Je suis née ici tout comme toi. J’ai étudié ici tout comme toi. J’ai l’accent belge, les mêmes références,  je dis « Non, peut-être, y’a du brol chez moi, il drache à l’extérieur, ma mère a fait des chicons », je soutiens l’équipe nationale de football belge (même si je m’en bats les couilles du foot), tout comme toi.  Le problème, c’est qu’à la différence de toi, mes parents sont d’ailleurs, que je les ai connus avec leur langue, leurs traditions, un français mal maîtrisé et dans un job dont des gens comme tes parents à toi n’auraient jamais voulu »

Je suis désolée et je précise que c’est un système et pas des gens en particulier (à part quelques exceptions comme dans l’exemple que je viens de citer juste au dessus ou celui de ma maîtresse de primaire ) que je critique mais c’est la vérité et je n’ai pas décrit le pire car le pire, je ne l’ai pas vécu .Il y a trop de cas pour dire que c’est de la paranoïa.

Alors je ne sais pas si c’est quelque chose de « particulier » à la Belgique ou si c’est partout, pareil. Je dis juste que c’est nul d’être stigmatisé, mis au ban, à cause de ses origines et que même si c’est plus fragrant dans le cas des Noirs ou des Arabes, cette discrimination n’est pas nouvelle et ne leur ai pas réservée, uniquement, à eux.

*Je ne comprenais pas le mot « ostentatoire » à 8 ans mais je l’ai retenu car j’avais saisi qu’à son ton, ce qu’elle avait voulu dire ne pouvait pas être très positif.

 

 

 

Les états d’esprit du vendredi 1er février 2019

* Le collectif de la vidéo s’appelle tisser des liens et la cheffe de file, c’est mon amie et j’en suis fière #proudfriend

The Postman et Zenopia les ont propulsés (oui, je reprends impunément la formule de WordPress) et moi, j’ai fini par suivre. Je vous parle bien évidemment des EEV. Lançons-nous:

[jour Vendredi 1er février (what? mais où est passé janvier?) 2019  – [17:10]

fatigue : fatiguée mais dormi un peu mieux cette semaine
estomac : pain fromage-noix-roquette+ yahourt
cond. phys. : toujours un souci au bras et à l’épaule gauche mais beaucoup moins de douleurs depuis que j’ai arrêté la mélatonine
esprit : satisfait
boulot/projet : en cours

Avis: punir parce qu’on fait une bêtise, tout à fait d’accord, mais alors  faut aussi punir celui qui rapporte la bêtise, parce que à ce que je sache, moucharder, c’est pas bien. Non mais, c’est quoi cette discipline?

culture : La república (suite et fin), HVN (pas terrible mais ça change les idées pendant les insomnies), concert Valentina Diaz (piano), el laberinto de los espiritús de Carlos Ruiz Zafón (je rentre doucement dedans)

Sorties: récital de piano, ikea (ça compte?)

loulou : semaine difficile, beaucoup de mal à se concentrer à l’école (ce gosse dessine plus qu’il ne bosse), se réveille pendant la nuit ou grince des dents (une de ses dents bouge beaucoup, ça a un lien vous croyez?), n’obéit pas et j’ai l’impression que c’est plus fort que lui.

msg perso: merci pour cet excellent moment musical.

amitiés : on se voit lundi.
essentiel : être en accord avec soi
courses : déjà faites
envie de: de me retrouver le sol de ma cuisine (une grosse bouteille d’huile d’olive en verre m’a glissée des mains et a explosé sur le sol)

zic’:

Clap de fin: 17h33