L’incohérence faite école

incohérence-faite-école

Mardi, mon garçon est censé partir en voyage scolaire, dans un parc animalier, bien connu en Belgique. Je dis bien « censé » car il avait été décidé qu’il n’irait pas. Les raisons: la non-motivation de mon fils pour aller dans un endroit où il s’est déjà rendu deux fois et qui ne lui plait pas, le prix exorbitant du voyage et la mauvaise organisation de l’école (ils y vont trois jours, même pas d’affilée).

Le prix ordonné demandé revient, facilement, au double du prix normal de l’entrée pour trois jours (motif invoqué: le prix du bus), et ils ne dorment même pas sur place, le parc n’étant pas équipé pour. Dans ces conditions, mon gamin de 6 ans serait donc censé prendre un car à 8h30 pour revenir avec ce même car en soirée, vers 18h30 et ce, trois fois pas de suite ( mardi-jeudi-vendredi). Personnellement, je trouve que c’est un non-sens complet.  Franchement, pourquoi ne pas faire qu’une seule journée?  Et puis, le prix? Tout le monde peut se payer ça (185€)? Mon fils serait-t-il dans une école de riches à mon insu? Y-aurait-t-il tant à faire dans ce parc aussi? Il est joli, d’accord, mais il ne m’a pas paru si grand que cela la fois où j’y suis allée.

Je disais donc qu’il avait été décidé qu’il n’irait pas…mais voilà que je l’annonce aux maîtresses et que j’apprends que ce voyage est OBLIGATOIRE  et que s’il n’y va pas, il sera contraint de passer ses journées, dans une classe de 2ème primaire. Pour lui qui a déjà tant de mal à tenir toute la journée à l’école, se retrouver avec des inconnus, sur un banc, à dessiner, toute la sainte journée, risque de s’apparenter à de la torture.

Autant vous dire qu’en apprenant la nouvelle, je me suis mise hors de moi. Pas dans l’école (je n’y étais plus) mais lorsque le petit m’a annoncé, tout à coup, qu’il voulait, finalement, faire ce voyage, en invoquant comme raison le fait qu’il préférait encore aller dans ce parc, plutôt qu’à l’école.

Je ne sais pas. Peut-être que je suis folle ou aveuglée par mon non-amour de l’ établissement dans lequel pour raisons logistiques, financières et de santé, je suis contrainte de laisser ma progéniture , peut-être que je suis dépassée par le ton limite dictatorial de la directrice  et de certains membres du corps enseignant qui pensent avoir tous les droits sur nos enfants et savoir, mieux que nous, ce qui leur convient, ou peut-être suis-je, tout simplement, désabusée par une institution que, je comprends de moins en moins, ….mais vraiment, je ne vois pas où est la logique dans le fait de demander à un enfant  de choisir entre un voyage scolaire qu’il ne veut pas faire et aller à l’école comme s’il était puni pour ne  pas avoir voulu participer à ce voyage à l’organisation absurde.

incohérence-faite-école

Publicités

Avant de toucher le fond, il descend à reculons…

fontaine-trevi-piscine

N. et la piscine, ce n’est pas une grande histoire d’amour. C’est plutôt compliqué, en fait.

Quand il a su qu’il allait devoir aller à la natation en première primaire, il a paniqué. Tellement que lorsqu’on s’est rendus à Rome avec ma maman pour fêter ses 65 ans, il a jeté une pièce dans la fontaine de Trevi en faisant le vœu de ne pas devoir aller à la piscine avec sa classe en septembre. Il ne croit plus aux vœux qu’on fait depuis, c’est dire comment cette histoire l’a marqué.

Son père a bien essayé de l’inscrire à un cours près de chez lui en deuxième partie de troisième maternelle mais il n’y avait déjà plus de place. Il y est alors allé deux fois avec lui mais ça a été un massacre parce que là, où il l’a amené, il n’y avait qu’un grand bassin et que le petit n’avait pas pied.

Septembre a été un vrai cauchemar pour N., à cause (mais pas seulement), de la piscine. Dans sa classe, ils sont 25 et du coup, la monitrice n’a pas su quoi faire lorsqu’il n’a pas voulu faire les exercices. Elle l’a, simplement, laissé assis sur les marches de la piscine, les pieds dans l’eau. Sa prof de français l’a alors surveillé pendant toute la durée de l’activité.

Comme je voyais que la situation ne s’améliorait pas, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d’y aller avec lui  tout près de chez nous. Ce qui tombait bien parce qu’on habite tout près de la piscine à laquelle il va avec son école. Comme je m’y connais, malheureusement, très fort en peurs (je souffre de phobies en tous genres depuis mes 6 ans) et que, je connais bien mon fils et sa façon de fonctionner, je me suis dit qu’il n’y avait, au final, pas mieux placé que moi pour l’aider.

Nous nous y sommes donc rendus ensemble et avons procédé comme suit:

1) On s’assoit dans l’eau, sur les escaliers du bassin.

2) Cinq minutes s’écoulent et je décide de tirer mon fils vers l’intérieur. Il résiste mais je le rassure, je lui dis qu’il aura toujours pied et que maman est là pour le protéger. Il me suit en me tenant très fort les deux mains. On traverse la piscine. « Sur le chemin », il a déjà lâché une de mes mains.

3) Arrivés de l’autre côté du bassin, il se tient sur le rebord d’une main et tient ma main de l’autre. Je décide de le lâcher mais me rends compte à sa réaction horrifiée que c’est trop tôt. Une ou deux minutes passent et c’est lui qui me lâche sans s’en rendre compte. Je le lui fais remarquer et il sourit fièrement mais remet aussitôt ma main dans la sienne.

4) On se promène dans tout le bassin. On fait des allers et puis, des retours et encore des allers et à, un moment, il me lâche et me dit: « Maman, tu peux partir devant, je te suis ». Je suis tellement contente et fière de lui (et de moi, je l’avoue).

Une heure et demi en tout, ça nous aura pris. Une heure et demie, qu’est-ce que c’est dans une vie? Pas grand chose, n’est-ce pas?

Je ne vais pas vous mentir, à l’école, ça ne se passe pas très bien. Il rentre dans l’eau, il fait ce qu’il a à faire mais avec une monitrice qui travaille avec lui tout seul, ou avec lui et juste, un autre gamin. Il n’arrive pas à rejoindre le groupe.

Comment ça se fait si avec moi ça a été? Et bien, je pense qu’ils ne savent pas s’y prendre avec lui.  Comme pour le reste, ils lui mettent la pression. Mais de toute façon, je crois que « nager », ça n’est pas son truc (en tout cas pas pour le moment). J’y suis retournée avec lui et même si, avec moi, il n’a pas peur, j’ai bien vu qu’il n’était pas passionné. On s’est vite ennuyés. A l’école, dire qu’il n’aime pas, ça ne passe pas. C’est comme si ce n’était pas possible et que d’office si ça ne va pas, c’est parce qu’il a un gros souci.

piscine-N-panique

 

Lent ou perfectionniste? Désolée, mais c’est pas pareil !

lenteur-perfectionnisme

Lundi, réunion avec les maîtresses de mon gamin. Autant dire que je suis hyper nerveuse parce que je ne les aime pas et que l’école et moi, ça fait au moins deux.

Cette réunion, elles nous y ont convoqués, son papa et moi, suite à notre « mot » sur l’étiquette de « lent » qu’elles ont collées à notre garçon et que nous trouvons totalement injustifiée et déplacée. Elles n’ont pas apprécié, je crois et on donc voulu nous voir. De notre côté, nous voulions nous entretenir avec elles au sujet de quelque chose que N. nous a avoué et qui nous a choqué, à savoir que sa maîtresse de néerlandais lui a tiré les cheveux, un peu avant le congé de Toussaint.

Très vite pendant ladite réunion, je me rends compte qu’il n’y a pas de dialogue entre nous. Elles nous entendent mais n’écoutent pas ce qu’on leur dit. Elles ont déjà leur opinion et il n’y a pas de risque qu’elles en changent. En fait, j’avais déjà remarqué cette tendance et ce manque d’ouverture par le passé. Elles font comme elles ont envie, sans nous consulter, ont toujours raison et tant pis, si on n’est pas content.

Selon elles, N. a les capacités mais  a besoin de temps, de beaucoup trop de temps. N. ne suit pas le rythme de l’immersion. N. n’est pas assez autonome et débrouillard pour le rythme de l’immersion. Elles doivent le garder parfois plus longtemps pendant les pauses pour qu’il ait le temps de terminer ses exercices .  Elles doivent lui consacrer plus de temps qu’aux autres pour lui expliquer les choses. N. joue tout seul et pire, parle tout seul (je n’y crois pas une seconde) pendant la récré mais N. n’est pas malheureux pour autant. N. est bien intégré, malgré tout. Les autres enfants l’aime bien, il fait partie du groupe. N est un gentil.

Je trouve sa titulaire (prof en français) d’une suffisance sans limites (la prof en néerlandais ouvre à peine la bouche, si ce n’est, de temps à autre, pour appuyer les dires de sa collègue) . Elle semble convaincue de mieux connaître notre enfant que nous, ses parents, avance même qu’elle pense que nous, ses parents, semblons douter de l’intelligence de notre enfant et que tout ce qu’elle dit est parole d’évangile. Je suis assez vite écœurée.

Elle taxe notre enfant de …mais ne propose aucune solution et je le lui fais remarquer… Elle m’offre alors de continuer à le suivre comme elle fait, en lui laissant plus de temps, en s’en occupant plus…et je dis non, parce que pour moi, c’est le mettre en évidence devant ses camarades et lui mettre davantage de pression (on parle d’un enfant de première primaire)…Elle ne comprend pas ma réaction…Je vois, à sa réponse, qu’elle est obsédée par la performance…Moi, c’est par le bien-être de mon fils que je le suis…et elle me fait peur…

Je creuse parce que je ne crois pas à sa version des faits. Je ne suis pas d’accord avec son point de vue. N. à l’école et N. à la maison = deux enfants qui semblent n’avoir rien à voir l’un avec l’autre. Je reconnais qu’il est différent de ses pairs, qu’il n’a pas, forcément, les mêmes centres d’intérêt et qu’il a du mal à communiquer avec eux mais il est loin de celui qu’elles décrivent. N. comprend vite et fait ses devoirs à un rythme « normal ». N. est introverti et solitaire, oui, car il est dans la qualité, plus que dans la quantité des relations et qu’il sent les gens. Il a besoin de temps avant de donner sa confiance. Il se lance à petit pas. N. est plus autonome que certains et moins autonome que d’autres mais il est dans la norme de « l’autonomie » propre de son âge. Il n’a jamais que 5 ans et 11 mois, nom d’une pipe !

Je creuse encore et je finis par découvrir que sa lenteur vient de son perfectionnisme, du fait que N. barre tout dès qu’il n’est pas content et recommence, et recommence, sans fin; qu’il veut toujours que tout soit parfait Il n’est pas lent, c’est ce mode de fonctionnement qui le ralentit. Ce n’est pas bon. Il ne supporte pas l’échec et il faut l’aider, le convaincre du fait qu’il a le droit de se tromper…En mon sens, c’est ça qui aurait du les alerter. Elles auraient du nous contacter pour qu’on trouve ensemble pourquoi il est comme ça et éviter le raccourci. Leur façon d’agir n’est, donc, pas appropriée. Elles lui mettent la pression (j’insiste) en agissant comme elles le font.

Concernant le tirage de cheveux, il va de soi que la prof a nié…Il va de soi que la titulaire s’est ralliée du côté de sa collègue. Sans aucune preuve. Le menteur serait donc mon fils. Moi, je crois mon fils. Il nous a donné trop de détails pour que ce ne soit pas vrai. Et en plus, pourquoi, il irait mentir sur une chose pareille ?

Conclusion: notre intention est de le changer d’école à la fin de l’année scolaire . Son père et moi n’avons plus confiance et je pense que je ne tiendrais pas le coup s’il faut le laisser là plus longtemps. N., quant à lui, est malheureux à l’école et est pressé de pouvoir en changer.

Plus vite, plus vite, tu es lent comme un escargot …

Je lui ai parlé. Je lui ai dit qu’il y avait des fautes, que la prof allait barrer des trucs. Il a dit ok. On a convenu que c’était comme ça qu’on apprenait, en faisant des erreurs. Alors il s’est calmé.
On s’en fout (passer moi l’expression mais c’est une mère en colère qui parle) si ça leur troue le cul qu’il se trompe, on s’en fout si elles le trouvent lent.
C’est pas lui qui est lent, c’est le système qui est anormalement, infernalement rapide. Je veux pas de ce système pour mon fils.
« Nadie nace aprendido » qu’on dit dans mon pays (d’origine). « Personne ne nait en sachant », quoi. Sinon, ça sert à quoi l’école?
Lui, il sait pas et il apprend. Si ça les fait chier (je suis vulgaire, aujourd’hui), tant pis pour elles. Si elles le font redoubler, tant pis. C’est débile mais tant pis.
On va pas se rendre malade pour ça. L’avenir, c’est pas aujourd’hui. Le futur, c’est le futur et moi, je préfère l’y préparer en faisant en sorte qu’il soit heureux au présent.

Mon fils va dans la même école depuis le début de sa scolarité. Il est en immersion néerlandais-français depuis sa 3ème maternelle et ça ne se passe pas bien. Cela ne se passe pas bien car avant même d’avoir commencé, il a été catalogué et que les maîtresses restent campées sur leurs positions. Le petit a beau progressé dans tous les domaines et faire tout et n’importe quoi, ce n’est jamais bon.

Depuis le début de sa première primaire en septembre, elles n’ont cessé de nous harceler à coup de petits « mots doux » sur ses travaux. Elles insistent sur une lenteur imaginée, sur une autonomie impossible à avoir à son âge. En conséquence, nous leur avons écrit un mot à notre tour, où nous leur demandons de cesser cet acharnement et nous avons lâché prise.

Nous veillerons à ce que l’année scolaire se passe au mieux mais ce sera la dernière au sein de cette école. . Ce sera dur d’en trouver une bonne, qui s’adapte à notre façon de vivre et de voir la vie mais j’ai la foi. Nous y arriverons.