Catégorie : Educations

Mon fils et les autres enfants

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Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. La sixième pour mon garçon. Lui, l’école, il déteste tellement qu’il oublie qu’elle existe et moi, je ne suis jamais tranquille lorsqu’il y est.

Le petit est le seul enfant de la famille. Un enfant qui n’a pas connu la crèche. J’ai essayé de le sociabiliser comme j’ai pu mais tout ce que j’ai « obtenu », c’est en premier une hostilité, voire une crainte de sa part , puis une indifférence presque généralisée envers les enfants.

Il a un mal de chien à se faire des amis de son âge. Il n’aime pas les mêmes choses qu’eux. Il est trop logique, trop dans l’analyse et en même temps, complètement dans l’émotionnel (il pleure encore pour « pas grand chose » et est intensément câlin).

A l’école, c’est la croix et la bannière. Il s’ennuie tellement qu’il passe sa vie à dessiner (même sur ses bras). Les autres ne le comprennent pas et se moquent de lui. Parfois. Souvent. Tout dépend des périodes.

Ses profs disaient qu’il était inhibé, extrêmement timide, mal à l’aise lorsqu’il était plus petit. Aujourd’hui, c’est juste très calme qui ressort. Je l’ai vu et en vrai, il devient mutique lorsqu’il traverse les portes de son institut. La différence entre son comportement à l’école et à la maison est saisissante.

Je vous avoue être perdue. Je l’ai emmené chez un pédopsychiatre lorsqu’il est rentré en primaire mais elle l’a trouvé superbement parfait. Rien d’étonnant, il apprécie la compagnie des adultes et tout l’intéresse.

En tant que parents, son père et moi, nous observons des phobies et de l’anxiété mais ce n’est pas spécifique à l’école. Il est solitaire, introverti mais si les autres ne se moquaient pas, je crois que ça ne poserait aucun problème. Sa différence ne passe pas et je suis souvent écœurée de constater à quel point rien n’a changé depuis que moi, j’étais à l’école. Je ne veux pas transposer mon vécu sur le sien mais je n’arrive pas toujours à prendre de la distance et à me convaincre que tout ira bien. Je suis sa maman, j’ai peur pour lui.

Ma plus grande crainte, c’est le harcèlement destructeur. Je l’ai connu, pas aussi jeune, pas pour les mêmes raisons, mais je sais les dégâts que ça peut faire sur l’estime et la confiance en soi.

Il y a quelques jours, on a discuté du sujet, lui et moi. Il m’a parlé des enfants qui l’embêtaient ( c’est toujours les mêmes noms qui reviennent). Il m’a dit que ce n’était pas juste, qu’il ne comprenait pas pourquoi ils s’acharnaient étant donné que lui, il ne se moquait jamais de personne. Je lui ai répondu qu’il ne devait pas y prêter attention, que la méchanceté, je m’excuse, était la faiblesse des imbéciles qui se croient forts et qu’il devait se convaincre absolument de quatre choses : il est BEAU, il est INTELLIGENT, il est  GENTIL et il est DRÔLE. J’ai insisté sur le fait qu’il était indispensable qu’il dégage de la confiance, pour que plus personne n’ose s’en prendre à lui. J’ai adapté mon vocabulaire à son âge, bien sûr, et il m’a dit: ok. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, et ce, que l’on soit enfant ou adulte.

Pour ses phobies et ses angoisses, on a décidé d’aller consulter. On verra si ça peut servir pour l’école bien que je ne considère pas que ce soit à lui de changer.

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Réflexions sur le féminisme

Je suis pour l’égalité des sexes, depuis toujours. Ma mère est une femme forte, qui a su résister à la domination d’un mari misogyne (oui, mon père). Ma grand-mère maternelle a toujours géré la maison, l’argent, les décisions importantes et mon grand-père n’a jamais eu aucun souci avec ça. Ça ne remettait pas en cause sa virilité. C’est juste que ma grand-mère faisait ça mieux et pis, c’est tout.

Tout ça pour dire que j’ai des exemples de femmes affirmées dans mon entourage très proche et qu’il m’aurait été difficile de ne pas avoir été influencée par ces exemples.

Ma mère tout comme ma grand-mère ont, bien entendu, été limitées par leurs époques et tour à tour, intégré des messages très nocifs et contradictoires pour leur émancipation (sans parler des moyens de contraceptions quasi inexistants à l’époque de ma grand-mère). Quant à moi, je fais partie de cette génération de filles à qui on a dit (enfin, ma mère) que je pouvais tout faire. Oui, sauf qu’il y a toujours eu un gros hic et qu’en grandissant je me suis confrontée à un mur. Oui, car quand bien même l’éducation des filles avait changé, celles des garçons demeurait très semblable à ce qu’elle avait toujours été. Or, selon moi, le chemin vers une vraie égalité ne peut se faire qu’ensemble, la main dans la main.

Si je vous parle de tout ça, c’est parce que j’ai eu une conversation très illustrative avec un ami il y a quelques jours.

Je lui parlais de la tendance mortifère du père de mon fils à considérer certaines lectures et certains jeux comme étant destinés à un public féminin et d’autres à un public plutôt masculin, lorsqu’il me sort qu’il trouve certaines de mes lectures assez inquiétantes, et même qu’il avait peur que je veuille faire de mon fils un homosexuel…

Je me suis totalement braquée et lui ai dit un truc très fin et très stylé du genre: bordel, j’en ai marre de tous ces hommes de cromagnon, je ne te parle plus.

Il m’a alors répondu qu’il fallait que j’accepte que tout le monde ne puisse pas être aussi ouvert d’esprit que moi. Ce à quoi j’ai rétorqué: c’est pas être ouvert d’esprit, c’est être normal.e que de vouloir que mon fils se sente libre d’être qui il a envie d’être, tout en lui apprenant, par la même occasion, à respecter les filles.

Je considère que le fait d’être mère d’un garçon né au début des années 2010 est un véritable challenge. Dès sa naissance  et sans vraiment m’en apercevoir, j’ai assez vite et assez naturellement réfléchi aux questions liées au sexe. Je ne lui ai jamais interdit de jouer à quoi que ce soit et la seule chose avec laquelle j’ai eu du mal, j’avoue, c’est la couleur fuchsia, sans doute parce que je suis moi-même victime d’un mode d’éducation. En dépit de toute cette liberté dont mon fils jouit (en tout cas, quand il est chez moi), il a très vite montré (surtout depuis qu’il est rentré à l’école) une préférence vers ce qui est encore, aujourd’hui, considéré comme étant des distractions masculines (dinosaures, ninja go, bagarre avec ses peluches et mes poupées de quand j’étais petite, bricolage etc). Ce qui ne veut pas dire qu’il sera hétéro (d’ailleurs, je crois que tout le monde sera bisexuel dans le futur et que le polyamour sera devenu la norme, mais ce n’est pas le débat) mais juste qu’on ne peut rien imposer, que comme le dit l’expression, le naturel revient vite au galop. D’ailleurs, il est clair que si mon fils avait eu tendance à préférer des choses dites féminines, il aurait trouvé le moyen de s’en approcher. Par conséquent, rien ne sert de vouloir l’influencer dans un sens ou dans un autre. Non, j’insiste, ce n’est pas en lui apprenant à devenir une grosse brute qu’il sera hétéro. D’ailleurs, ce raccourci qu’on fait, assez facilement, me laisse pantoise…Ce qu’il devra être, il le sera et la seule chose qu’en tant que mère, je veux pour lui, c’est qu’il soit heureux…

J’en suis là de mes réflexions qui partent un peu dans tous les sens et je m’aperçois qu’au plus, j’avance dans le sujet, au plus je me heurte à la peur et aux remarques de certains types de personnes. Surtout des hommes mais aussi des femmes qui peuvent parfois être plus machistes que nos acolytes du sexe masculin. C’est, complètement, stupide.  Sorry, je suis fâchéeNe vaut-il pas mieux, au contraire, s’asseoir et discuter (ce que j’avoue n’être pas toujours en mesure de faire lorsque j’entends autant de conneries) en prenant le temps de bien penser et peser ses mots? Je pense que nous en avons plus à y gagner de cette façon qu’en restant campés sur nos positions sans jamais faire un pas vers l’autre.

Et vous, quel est votre avis?

 

 

Ma relation avec les autres parents d’élèves

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Ma relation avec les autres parents d’élèves est inexistante et je vais vous expliquer pourquoi. Je vais d’abord commencer par le contexte et ensuite, vous donner les raisons pour lesquelles, je pense que ça ne fonctionne pas entre eux et moi.

Le contexte

Retour en septembre 2014. Mon bonhomme a commencé l’école pile au moment où j’étais en train de tomber malade à cause de mon sevrage. Au début, je l’y amenais tous les jours sauf le jeudi si mes souvenirs sont bons et allait le rechercher tous les jours sans exception. J’ai bien dit au début car après deux mois de ce régime-là et vu l’ampleur que prenaient mes symptômes de sevrage, je n’ai plus pu y retourner pendant des mois, voire une année et demi entière pour ce qui est du matin.

Cela partait donc mal.

Lorsque je suis revenue, je me suis aperçue que des groupes de mamans s’étaient formés et évidemment, je ne faisais partie d’aucun d’entre eux. Il arrivait que je parle parfois à l’une ou l’autre d’entre elles mais ça ne dépassait jamais les quelques mots, quelques phrases.

Le temps a passé et la situation n’a pas évolué. D’ailleurs, j’ai fini par me faire une raison et abandonner.

Pourquoi? Quelles en sont les raisons, selon moi, me and myself?

  1. je suis introvertie et timide. Enfin, surtout introvertie.
  2. je ne comprends pas ces personnes. Je me souviens d’un jour où la mamie d’un petit garçon de la classe du petit m’a collée tout un après-midi. C’était à l’occasion du « vernissage » des œuvres d’arts de nos rejetons. Et bien, vous savez quoi? La semaine suivante, lorsque je l’ai revue et lui ai dit bonjour, elle m’a, tout simplement, ignorée. J’ai beaucoup d’exemples de ce type et j’avoue ne pas savoir gérer. Quand ça se présente comme ça, perso, je perds l’envie d’entrer en relation avec les gens.
  3. beaucoup de parents étaient eux-mêmes élèves dans cette école et se connaissaient déjà entre eux.
  4. Je n’aime pas l’école de mon fils et faire des efforts pour m’intégrer en tant que parent d’élève me demande trop d’efforts. Il est là parce que nous habitons dans une zone où il y a « trop » d’enfants et pas assez d’écoles et qu’il est très difficile d’en trouver une dite de qualité. Par conséquent, quand on en a une, on y laisse nos  enfants.
  5. Ma propre histoire avec l’école. Petite et jeune adolescente, j’ai subi du harcèlement scolaire et ces parents auraient pu être mes bourreaux. Je fais des liens bizarres, des fois.

Je pense que c’est à peu près tout.

Je n’avais jamais osé en parler car pour être franche, j’avais honte de la situation et me sentais vraiment comme quelqu’un d’inadaptée. Mais ça c’était avant, parce qu’entretemps, je suis partie avec deux amies à Amsterdam et que l’une de ces deux amies, mère d’une petite fille en première primaire, m’a dit subir, exactement, la même chose que moi. Elle ne semble pas non plus comprendre la mentalité des parents d’élèves de l’école où va sa fille. Tout comme moi, elle ne fait plus d’efforts et est très contente que la petite soit née pendant les vacances scolaires.

Et, pour vous, de votre côté, ça se passe comment?

 

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Mon ado de même pas 7 ans

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Depuis quelques jours, quelques semaines, mon fils est assez insupportable. Il peut être agressif, limite violent. Il crie, répond, tape, désobéi, croit qu’il sait tout et le fait savoir par des « n’importe quoi » à répétition. Alors attention, ce n’est pas encore constant. Il n’est ni toute la journée, ni tous les jours comme ça. Il ne faut pas tomber dans les clichés. Non, lui et d’autres, j’imagine, ce sont plutôt des moments, des moments très pénibles qui surviennent lorsque quelque chose le contrarie.

C’est un sujet que je n’aime pas trop aborder avec les gens que je cotoie dans ma vie IRL. Parmi eux, il y a ceux qui ne sont pas parents mais qui, quand on les entend, donnent l’impression d’avoir un master en pédagogie et qui nous sortent des discours donnant à peu près ceci: ah les gosses d’aujourd’hui, tous des démons, des êtres insupportables parce que leurs parents leur laissent tout faire, blablabla. Il y a aussi ceux (pas tous) de l’ancienne génération pour qui une bonne claque de temps en temps ne pourrait faire que du bien (j’avoue avoir déjà tapé sur les mains de mon fils mais je ne suis pas pour cette technique qui me semble confuse pour l’enfant: je te tape pour que tu arrêtes de me taper…euh, comment dire, il y a quelque chose qui m’échappe). Et puis, il y a ceux qui ont mon âge mais qui donnent une éducation extrêmement stricte à leur.s enfant.s (dans le cas que je connais, c’est juste si l’enfant a le droit de bouger) et dont je n’écouterai jamais les conseils.

Personnellement, je ne pense pas être une maman qui laisse tout faire à son fils et qui obéit à ses moindres désirs et caprices. Je suis beaucoup dans l’échange, dans l’explication, dans la conversation mais je le remets aussi à sa place quand il le faut. Je fais en sorte qu’il y ait le moins de tabous possibles entre nous et je veux qu’il se sente libre de discuter avec moi de tout ce qu’il souhaite.  Je ne suis juste pas omnisciente, humaine et la plupart du temps, fatiguée.

Un peu désespérée, j’ai cherché et glané des infos sur le net. J’ai trouvé quelques articles de blogs de mamans qui racontaient à peu près la même chose que moi et qui appelaient ça: la crise d’ado de mon 6 ans, 7 ans. En lisant les commentaires, je me suis d’ailleurs rendue compte que ce phénomène n’était pas rare du tout (à bas la culpabilité) et qu’on pouvait gentiment ou violemment s’asseoir sur la maxime: sept ans = l’âge de raison.

Dans ces articles, certains parents proposaient des solutions telles que:

des punitions: je suis d’accord dans certains contextes mais là, faut-il encore bien cibler…Le priver de son dessin animé préféré, de chocolat, d’accord, de sport ou de saint-Nicolas, pas question.

aller voir un psy: si je peux éviter de passer par cette case, ça m’arrangerait, merci et franchement, pour notre cas précis, je ne crois pas que c’est de ça dont le petit a besoin. Je sais qu’il est anxieux et qu’il a beaucoup d’énergie. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il s’est découvert de « nouveaux pouvoirs » depuis qu’il va à la kiné et qu’il a commencé à rattraper son retard moteur. Pas besoin d’aller consulter pour ça.

les sports de balle ou de combat: mon fils fait de la natation, du vélo et va à l’académie des arts de ma commune mais c’est vrai qu’il ne fait pas de sport qui le défoule. Il faut dire qu’il n’est pas très sportif et que lorsque je lui ai parlé de balle, il m’a répondu qu’il voulait bien faire des quilles (haha, du bowling). Enfin, pour ce qui est des sports de combat, Nicolas a peur dans la mesure où il n’aime pas se battre. Personnellement, je me dis que ça pourrait être une bonne idée mais je ne sais pas si l’emmener sous la contrainte se révélerait, extrêmement, positif.

Je vous avoue que pour le moment, je ne vois pas de solution parfaite. Nous avons déjà beaucoup discuté avec lui. Je pense qu’il a compris que ce n’était pas top comme comportement mais je sens encore beaucoup de tension en lui et du coup, je continue à chercher. Par conséquent, si vous avez des idées ou la solution miracle, n’hésitez pas à me les transmettre, parce que je m’inquiète. Oh oui, je m’inquiète.

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Comment apprendre et réviser sans avoir l’air d’y toucher ?

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Je fais partie de ces mamans qui ont peur que leur enfant  perde ses acquis scolaires pendant l’été mais je suis aussi le genre de maman qui dit qu’été = vacances et que les cahiers de vacances si ce n’est pas à la demande de la progéniture, c’est niet.

J’ai lu plusieurs textes qui parlaient du phénomène des fameux cahiers après que la titulaire du petit nous en ai conseillé un qui ressemblait, étrangement, à un manuel scolaire. En parcourant tous ces articles, j’ai trouvé le message des psys intéressant. Selon les professionnels interrogés, les enfants non seulement n’oublient rien de ce qu’ils ont appris pendant l’année scolaire,mais en plus, ils s’imprègneraient même de nouvelles connaissances non-scolaires qui leur serviront toute la vie. Lesquelles? Un peu de tout.

Mon fils a, par exemple, appris à reconnaître et à dessiner les drapeaux des pays participants pendant la coupe du monde. Pas de tous mais des pays que nous connaissons déjà pour y avoir déjà voyagé ou parce qu’ils signifient quelque chose pour nous (sa chienne vient d’Argentine, ma belle-sœur du Brésil). Aujourd’hui, Nicolas connait mieux que moi le sens des couleurs dans les drapeaux belge (je sais, j’ai honte) ou argentin.

Par ailleurs, N. est un fan inconditionnel de nature. Animaux, plantes, fleurs, tout y passe. Nous avons la chance d’habiter dans une capitale très verte. A Bruxelles, il y a des parcs et des bois un peu partout et depuis qu’il a terminé l’école, on en a visité plein de nouveaux. Comme c’est un enfant très curieux, il pose des tas de questions et retient les réponses (non négligeable) que nous lui donnons au moment-même ou après de multiples et pénibles (j’exagère) recherches sur internet. Comme c’est vraiment son dada, de retour à la maison, il prend un plaisir fou à faire des « livres » d’animaux et même des herbiers. De cette manière, il acquiert connaissances et vocabulaire. Que demander de plus?

A part ça, il aime aussi les histoires. Orales et écrites. Je me demande qui lui a transmis le virus? Et bien vous savez quoi? parfois quand, avant de se coucher, il n’a pas envie qu’on lise un conte de son étagère, on en crée un, oralement, de toute pièce. J’invente la première phrase, lui la deuxième et ainsi de suite. Il adore ça.

Par contre, il est vrai que je trouve certaines de ses acquisitions scolaires un peu hésitantes (la lecture et les calculs avec des résultats qui dépassent 10) et j’ai pas mal réfléchi à une façon (vraiment) ludique de fixer ce qu’il restait à fixer.

Pour les calculs, c’est pas encore très compliqué, en 1ère primaire. On prend une recette de cuisine, on lui fait additionner, soustraire ou multiplier le nombre de grammes nécessaires ou qu’il manque. Il prend ça comme un défi et le tour est joué.

En ce qui concerne la lecture, on a trouvé, parmi ses livres, des histoires qu’il peut lire seul, sans souci…Je ne lui fais pas tout lire parce que j’ai remarqué qu’il se fatiguait assez rapidement. C’est la moitié pour lui, et un demi pour moi. On fait, lui, la page gauche, moi, la page droite, par exemple. L’autre technique que j’ai trouvée, c’est celle de lui faire lire, à son insu, le nom des arrêts de métro lorsqu’on va chez la kiné qui s’occupe de lui pour son retard de développement. C’est genre: »chéri, je ne sais pas où nous sommes? qu’est-ce qui est marqué? je ne vois pas » et il s’exécute.

L' »écriture en attaché » (qu’il n’aime pas, pour le moment), il l’entraînera (je l’espère) via l’écriture de cartes postales qu’il nous écrira à sa mamie et à moi depuis son lieu de vacances avec papa.

L’orthographe, avec un jeu qu’une tante lui a offert quand il avait genre 6 mois (si si, je vous jure) et qui consiste à imbriquer des lettres pour faire des mots. On prend les sujets qui l’intéressent et c’est parti.

Quant aux cahiers de vacances, je lui en ai acheté un de mon côté et il l’utilise juste lors des longs trajets, s’il en a envie.

En me relisant, je me dis que je dois donner l’impression d’avoir tout planifié. Or, ce n’est pas le cas. Il est vrai que j’ai du mal à me mettre à sa place étant donné que personnellement, j’ai acquis toutes ces connaissances vers l’âge de quatre ans et que comme si cela n’était pas suffisant, je suis très perfectionniste, mais jamais au grand jamais, je ne pense: « tiens, on va faire ça, ça va lui servir à ça »…Non, qu’il apprenne, qu’il maintienne tous ses apprentissages c’est bien, évidemment mais tout est improvisé et chez nous, la règle, c’est « fun d’abord et surtout, pas d’obligation » parce que l’école, c’est à l’école qu’elle doit rester.

Et vous, de votre côté, que pensez-vous de ces cahiers? Faites-vous réviser vos enfants pendant l’été?

 

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Je suis une maman névrosée

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Je veux que mon fils n’ai pas de maladie grave et qu’il soit heureux.

Jusque-là, rien d’ anormal, n’est-ce pas? Le souci, c’est que chez moi, ce sont de  véritables obsessions. Pas toujours très conscientes.

Pour la maladie, je crois qu’en partie, on peut me comprendre mais quand même, je me rends compte que ce n’est pas très sain de limite paniquer quand je vois que ma progéniture n’a pas touché à ses légumes et qu’il ne mange quasi aucun fruit. A cause de ma crainte, il m’arrive de me fâcher et de l’obliger. Je me rappelle de moi qui ne mangeais presque rien. Ce que j’oublie en revanche, c’est que moi, si je mangeais si peu, c’est parce que déjà toute petite, j’avais pas mal de soucis au ventre et à l’estomac alors que lui, non. Je ne sais pas si le fait de mal manger a quelque chose à voir avec la leucémie que j’ai développé mais comme on parle toujours du rapport entre l’alimentation et la santé, je me dis que peut-être, ce n’est pas si anodin.

Pour le bonheur, c’est surtout sur deux aspects que je m’obsède focalise: les activités extrascolaires ou sorties ainsi que le harcèlement scolaire.

Quand j’étais petite, je voulais faire de la danse. C’était et ça reste ma grande passion. Or, mes parents ne m’ont jamais inscrite. Pour eux, les hobbys ce n’était pas utile, presque comme du caprice. Comme j’ai vécu ça et que j’ai constaté qu’un loisir pouvait être, au contraire, salvateur, je crois qu’à l’inverse d’eux, je me suis mise à être trop attentive aux désirs et aux passions de mon fils . Inconsciemment, je veux trop faire en sorte qu’il ne passe pas à côté des choses qui l’intéressent, tout en n’acceptant pas qu’il fasse sa girouette en voulant changer d’activité tous les quatre matins. C’est beaucoup de pression que je nous mets et j’ai peur qu’il ne finisse par s’en mettre lui-même.

Quant aux sorties, disons que N. est plutôt casanier mais qu’il est passionné par plein de choses: les dinosaures, les animaux, le cinéma, les travaux manuels, etc. Du coup, moi, je veux l’emmener partout …et je me suis rendue compte que c’était trop et qu’il n’avait pas besoin de tout ça. Je ne suis pas casanière moi-même, son père non plus et j’avoue que j’oublie parfois que mon petit garçon est déjà content en passant son après-midi à jardiner (il adore ça), à préparer un gâteau ou même à regarder un film sur l’ordinateur.

Enfin, en ce qui concerne le harcèlement, ce qui me pousse à en avoir peur c’est que N. est assez différent des autres enfants de son âge. Il n’a pas souvent les mêmes centres d’intérêt qu’eux et il ne cherche pas à se faire des amis. En général, il préfère la compagnie des adultes.

Cette année, pour la première fois, il a commencé à nous parler à toutes les sauces d’un petit garçon avec qui il jouait et j’ai été rassurée; un peu, car avec les autres, ce n’est toujours pas ça et il lui arrive d’en souffrir. Ses profs me disent qu’il n’est pas exclu pour autant et je n’en ai pas non plus l’impression. C’est lui qui se met à part et j’ai peur qu’à un moment, cette tendance finisse par se retourner contre lui.

J’ai été moi-même une ado harcelée, après la maladie, et il n’y a rien à faire, qu’il soit si solitaire m’angoisse terriblement.

Rationnellement, je sais qu’il n’est pas moi et qu’il aura de meilleures armes, j’en suis sûre mais il est aussi très sensible, empathique et tête de mule , il manque de confiance en lui, et ce sont des choses qui cumulées ensemble attirent les harceleurs comme des mouches. Je suis bien placée pour le savoir.

Plus il grandit et plus, je me souviens de mon propre parcours. Il y a déjà des similitudes, comme ce décalage avec les autres enfants dont il est beaucoup plus conscient que moi, à son âge, mais aussi des différences de caractère. Lui, il se sent le droit de s’exprimer quand quelque chose le dérange. Moi, je gardais tout pour moi. C’est déjà énorme, je trouve.

Je pense que je vais devoir faire un énorme travail sur moi pour ne pas lui transmettre mes angoisses et ce n’est pas évident car je ne les perçois pas toujours. Certaines choses sont tellement ancrées.

Et vous, est-ce qu’il vous arrive de faire des projections de votre propre enfance sur celle de vos enfants? Avez vous des peurs irrationnelles les concernant?

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Monsieur peureux

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Mon fils est un enfant peureux. Il pense toujours aux conséquences dangereuses de ses actes. C’est ainsi qu’à l’âge de six ans (ce qui n’est quand même pas fort vieux :-)), il faut encore lui rincer les cheveux avec une tasse, tenir son vélo avec une tige, rester au bord de l’eau avec lui lorsque tous les autres enfants de sa classe se jettent dans la grand bassin pour faire des exercices, le laisser allumer les lumières du corridor lorsqu’il fait noir et qu’ il doit le traverser pour aller dans sa chambre …

Comme j’ai également un profil phobique , je me suis vite rendue compte qu’aller dans le sens de ses peurs n’augurerai rien de bon. J’ai fait une TCC (thérapie cognitivo-comportementale), il y a dix ans, qui m’a appris que de la peur, on ne mourait pas. Impossible. Que la sensation pouvait être horrible (comme de mourir, tiens??), mais que, en cas de très grosse angoisse ou même d’attaque de panique, la mort (justement) n’était jamais au rendez-vous  . En fait, c’est un peu comme si le corps se préparait pour se battre contre un tigre alors qu’on est, par exemple, tranquillement couché sur son fauteuil en train de regarder un film. Cela n’a pas de sens, je vous l’accorde. C’est une alarme déréglée, qui sonne à n’importe quel moment et qu’il faut réparer.

Mon garçon n’a jamais eu d’attaque de panique mais le principe est le même car une phobie non-prise au sérieux ou non-contrôlée débouche souvent sur ces horribles crises, voire pire (agoraphobie). J’ai donc pris le taureau par les cornes et ai réfléchi à quoi faire pour l’aider.

Étant donné son petit âge, pour le côté théorie, j’ai choisi de partir d’un dessin animé, à savoir vice-versa. J’ai pris l’exemple du bonhomme violet-qui représente la peur-pour lui expliquer que chez lui, comme chez moi, c’était (avec le doré) un des plus forts . J’ai insisté sur le fait que ce bonhomme était utile car il nous prévenait des vrais dangers mais que le sien, tout comme le mien, nous racontaient souvent des choses effrayantes qui n’étaient pas vraies…

En ce qui concerne la pratique, j’ essaye au maximum (sauf quand il est malade ou trop fatigué) de lui empêcher d’éviter les situations qui lui font peur (bon, à part si elles sont vraiment dangereuses, cela va de soi), le rassure, l’encourage (un peu, strictement, parfois) et le félicite à chaque nouvelle victoire.

La partie n’est pas encore gagnée mais on avance …

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