Les différences entre les filles et les garçons vues par mon loulou

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« Coucou cousine,

oui, j’ai appris que tu serais une cousine et je suis pas content. Moi, je voulais rien haha ou alors un nouveau chien mais je préférais un garçon si vraiment, il devait y avoir un bébé.

Tu vas voir, comme punition, tu vas arriver dans un drôle de monde où les filles et les garçons ne sommes pas élevés de la même façon.

ça va commencer avec tes bodys de bébé cadum où il sera écrit : « belle comme maman », et avec les poupées débiles que tu vas recevoir. Moi, le truc des poupées, je comprends pas, parce que tu joues pas avec une poupée, tu apprends à t’en occuper comme si t’étais une maman déjà, alors que tu viens de naître. ça n’a pas de sens. Et pour tes autres jouets, ce sera la même histoire: tu recevras une cuisine, un fer à repasser, une coiffeuse. C’est pas du tout rigolo.  Et je vais même pas aborder la question du rose. Je me demande comment une couleur aussi ridicule peut être portée par quelqu’un.

Pour moi, c’est bizarre aussi, mais c’est un peu plus sympa. Mes bodys, ils avaient le « S » de superman et sur d’autres, il était écrit: « fort comme papa ».  Mes jouets, c’est les véhicules, les outils, les ballons, le punching ball… Ma couleur préférée, c’est le rouge, comme maman mais il paraît que je devrais plutôt aimer le bleu. Le bleu, moi, ça m’inspire pas.

J’ai des soucis, tu sais, parce que je suis quand même un garçon différent des autres. Je suis très sensible, je pleure encore quand je me fais mal ou qu’on me blesse, j’aime pas le football et je ne me bagarre pas. Je me tais à l’école, on ne m’entend pas. Il paraît que c’est les filles qui doivent être comme ça.

Malgré tout, je préfère être un garçon parce que lorsqu’on dit qu’on fait les choses comme les filles (se battre comme une fille, courir comme une fille, pleurer comme une fille…), en général, c’est pas bon signe, c’est souvent pour se moquer.

Quand on grandira, enfin, on va pas grandir en même temps parce qu’on a presque neuf ans de différence mais bon, je te préviens, ça sera pas cool. Paraît que les filles, ça doit se raser les poils des jambes, que ça perd du sang une fois par mois, que c’est pas beau une fille en colère, que ça pète pas une fille bien éduquée, qu’elle doit presque se cacher pour que les garçons-séducteurs l’embêtent pas trop, mais qu’en même temps, elle doit se maquiller et mettre des chaussures super hautes et inconfortables pour être considérée comme une vraie fille . Et puis, tu pourras pas te promener les seins à l’air (ouais, tu vas avoir des seins en plus, beurk), alors que moi, je pourrais me mettre torse nu dehors si j’ai envie (normalement, j’aurais pas envie, j’aime pas ça). Et le pire du pire, c’est qu’on s’attendra à ce que tu ne manges que des petites salades alors que moi, faudra que je mange de la viande, et de grosses quantités. Oui, je sais, cousine, c’est trop bizarre.

Paraît aussi qu’il y a des métiers pour les filles et d’autres pour les garçons et que si moi, je veux faire un métier de fille et toi de garçon, les choses vont être difficiles pour nous.

Mais t’inquiètes, je te mènerai la vie dure pour te préparer à ce qui t’attend. Maman dit qu’il manque des choses à ma liste des différences entre filles et garçons et qu’il y a des trucs que je peux pas comprendre parce que j’ai que 8,5 ans…Possible mais, moi, tout ce que je sais, c’est que c’est pas très marrant d’être une fille et pas si facile d’être un garçon comme moi ».

Ce texte, c’est mon loulou de 8,5 ans qui l’a écrit (avec mon aide) pour sa nouvelle cousine qui verra le jour dans deux petits mois si tout va bien. Il m’a fait part d’anecdotes de l’école, de questionnements qui le turlupinent sur des clichés qui font encore tellement partie de leur quotidien. On a réfléchi ensemble. Je lui posais des questions ouvertes comme: « Qu’est-ce que tu penses de ça ou comment tu vois ça, toi? »On s’est posé la question du torse nu au parc pendant le confinement et qu’il faisait chaud. Il m’a, d’ailleurs répondu: « je sais que les seins pour une fille, c’est une partie intime. Pour les garçons, non. Pourquoi, je n’en sais strictement rien ». C’est comique, naïf et instructif. J’adore aborder ces questions avec lui parce qu’il n’est pas très formaté encore (même si il a déjà eu le temps en 8,5 ans d’en entendre des vertes et des pas mûres ). Il ne se braque pas et le tout donne lieu à des échanges surprenants et extrêmement enrichissants.

J’ai participé à la marche du 8 mars de Bruxelles

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Etonnant, n’est-ce pas? Hahaha.

Ce n’est pas la première fois. La première fois, c’était avec mon fils, l’année dernière mais je me rendais moins compte de l’importance du mouvement et j’étais moins à l’aise aussi dans la mesure où aller à une manif avec son petit garçon, ça peut parfois être un peu risqué.

En 2020, j’ai pris le temps (enfin non, pas tellement, elles étaient tellement faciles à trouver) de chercher et de noter les idées et injustices qui rendaient ma présence indispensable à cette manifestation.

J’ai participé à la marche pour les raisons suivantes:

1) Pour qu’aucun parent nulle part dans le monde ne soit plus jamais déçu ou anéanti lorsqu’il apprend que son nouveau né est une fille.

2) Pour qu’aucun garçon n’ose plus jamais soulever la jupe d’une fille, ne cherche à l’embrasser, à la déshabiller, à lui mettre sa langue dans sa bouche, sans sa permission.

3) Pour que plus jamais une petite fille de dix ans ne reçoive le message qu’elle met des minijupes pour attirer les garçons (du vécu, oui, oui).

4) Pour que plus jamais une fille ne soit regardée comme un morceau de viande. Basta la sexualisation du corps des filles.

5) Pour qu’aucune fille ne soit résumée à son physique.

6) Pour que toutes les filles puissent faire les études qu’elles veulent pour devenir infirmière, maçonne ou avocate.

7) Pour que plus aucune de mes amies ne viennent me dire qu’elle a été poursuivie, harcelée, violée.

8) Pour que les policiers soient tous formés à la prise en charge des femmes violées et leur évitent ainsi un second traumatisme.

8) Pour que plus aucun patron n’ose demander à une jeune femme au moment de l’interview si elle a l’intention d’avoir des enfants (problème qui serait résolu si le congé de paternité était égal au congé de maternité) .

9) Pour que plus aucune mère célibataire ne ne se voit refuser le droit à un logement parce qu’elle a un bébé (du vécu aussi).

10) Pour que les pères qui ne s’occupent plus de leurs enfants lorsqu’ils sont séparés soient obligés de verser une pension alimentaire à la maman. L’inverse aussi mais c’est plus rare qu’un enfant reste avec son père.

11) Pour que plus aucune femme au foyer ne soit plus jamais considérée comme une fainéante qui ne fout rien de sa journée alors qu’elle a toute la charge mentale sur elle (ménage, cuisine, repassage, gestion des enfants et de leur bien-être, devoirs, etc, administration, etc).

12) Pour qu’on croit une femme lorsqu’elle dit qu’elle a mal (Il y a des tas d’études qui montrent des résultats assez édifiants concernant la prise au sérieux des plaintes physiques des femmes…Moi, même, j’ai beaucoup erré avant d’avoir un diagnostic d’endométriose et mon docteur était une femme, pas d’amalgame svp)

13) Pour que plus aucune femme n’ait plus jamais à subir de violence gynécologique (je vous conseille l’excellent « Le chœur des femmes » de Martin Wincker à ce sujet)

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14) Pour que plus aucune fille de 13 ans ne soit accusée de mentir lorsqu’elle dit qu’un réalisateur qui a l’âge d’être son père, l’a droguée et sodomisée de force.

15) Pour qu’une femme n’ait plus jamais peur lorsqu’elle est seule, le soir, dans la rue.

16) Pour que toutes les filles dans le monde aient le droit d’aller à l’école

17) Pour que toutes les petites filles dans le monde aient le droit de garder leur clitoris.#abaslexcision

18) Pour en finir avec les féminicides

19) Pour que la charge mentale soit partagée

20) Pour que le travail domestique soit considéré comme du vrai travail

21) Pour que plus jamais une femme n’ai la charge seule de la contraception dans le couple (du vécu aussi et c’est très stressant).

22) Pour que les personnes qui travaillent dans les professions de « care » soient payées à la hauteur du travail accompli.

23) Pour que les actrices de porno soient respectées et qu’on ne leur impose plus un nombre supérieur de partenaires que prévu ou des pratiques sexuelles pour lesquelles elles n’ont pas signées (je le dis ou rappelle, imposer plus de partenaires ou des pratiques, c’est du viol)

24) Pour que plus de moyens soient libérées pour la recherche en ce qui concerne les maladies de femmes (je reviens avec mon endométriose qui est une maladie pour laquelle, il n’existe aucun traitement si ce n’est ceux pour traiter les symptômes et qui ne sont pas sans effets secondaires).

25) Pour que les prostituées aient des droits: sécurité sociale, travail déclaré, cotisations, etc. Je pense que lutter pour l’abolition de la prostitution en l’état actuel des choses n’est pas réaliste. Les gens trouveront toujours le moyen de le faire. Il faut d’abord passer par une éducation massive avant de pouvoir parler d’y mettre fin.

26) Pour que les filles et les garçons aient le droit de s’habiller comme ils veulent, jouer à ce qu’ils veulent, exprimer les émotions qu’ils ressentent en toute liberté, sans se sentir jugés. Les garçons qui pleurent sont encore critiqués (mon fils de 7,5 ans lorsque je me suis évanouie aux portes du cirque alors que nous n’étions que tous les deux) et les filles qui se mettent en colère sont encore bien souvent traitées d’autoritaires.

27) Pour que plus aucun enfant ne soit le dommage collatéral des violences conjugales dans sa maison.

28) Pour que plus aucun enfant ne soit victime d’infanticide

29) Pour que l’écart salarial entre hommes et femmes à un même poste ne soit plus qu’un lointain souvenir.

30) Pour que le droit à l’avortement ne soit plus remis en question. Comme pour la prostitution, les femmes trouveront toujours le moyen de le faire et il faut encadrer, pas interdire. Un gosse, ce n’est pas un meuble. Si pour x raisons, une femme ne peut ou ne veut pas l’avoir, il faut respecter sa décision. Point.

J’aurais pu continuer toute la nuit et la journée suivante, il y a plein de thèmes que je n’ai pas abordés mais je n’avais pas assez d’énergie. Je réfléchirai à de nouvelles raisons pour la prochaine édition et je complèterai ainsi ma longue liste.

ps: Si vous avez des idées pour compléter l’article, n’hésitez pas.

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Adèle Haënel, on la hait ou on l’adore…

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Adèle Haenel (Suzanne, 120 battements par minute, Portrait de la jeune fille en feu, etc) est la première actrice française à avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma français.

Les faits remontent à quand elle avait entre 12 et 15 ans et elle en a parlé publiquement à 30. Les détracteurs, je les entends déjà: pourquoi n’a-t-elle pas parlé avant? Puis, elle parle et ne porte pas plainte, c’est que ce ne doit pas être vrai ou pas si terrible (elle finira par porter plainte fin novembre 2019).

Alors pourquoi n’en a-t-elle pas parlé avant? Je réponds « oui » qu’elle l’avait fait (différentes sources dont la journaliste Marine Turchi le confirment), elle l’a dit, elle avait prévenu des gens du milieu mais ils ne l’avaient pas vraiment écouté. Elle a porté ça, seule, pendant plus de 15 ans jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus…

Sans doute qu’elle était un peu dans le déni, qu’elle ne comprenait pas pourquoi ça l’avait atteint à ce point alors que franchement, c’est quoi des attouchements sur une gamine de 12 ans? Ce sont des petits gestes. Rien de bien méchant. Il n’y a pas de violence au sens où on l’entend. Et puis, peut-être qu’elle a mal interprété.

Dans sa déclaration sur la chaîne d’info Mediapart, elle dit que c’est #metoo et ses conséquences qui lui ont vraiment fait avoir une nouvelle perspective sur ce qu’elle avait vécu. Elle ajoute avoir regardé les documentaires sur les affaires concernant Michaël Jackson et ne plus pouvoir reculer à partir de là.

J’ai suivi cet affaire de près car c’est son témoignage qui a décidé mon amie à porter plainte. S. ne voulait pas se laisser faire mais avait peur d’aller voir la police. Lorsqu’elle a entendu Adèle Haënel dire qu’elle était consciente, à présent, que les agresseurs étaient des personnes normales et pas des monstres (tarés, le soir, dans un parking sombre ou Dutroux pour les enfants) comme on nous l’a fait intégrer depuis que nous sommes venu.e.s au monde, elle a compris qu’elle était légitime dans sa démarche et a agi.

Beaucoup ont critiqué l’actrice d’être sortie de sallelorsque Polanski a été primé « meilleur réalisateur ». Ses détracteurs ont, entre autres, argués que tous deux avaient  été présents à la cérémonie des césars 2014 et qu’à cette occasion, elle n’avait rien dit, rien fait. Ils lui ont reproché de ne pas être cohérente.

Personnellement, je la comprends et je la trouve, au contraire, très cohérente. Je vous ai déjà raconté l’histoire de harcèlement sexuel que j’ai subi de 6 à 7 ans par des camarades de classe. J’ai fait un blackout de plusieurs années (12) et lorsque je m’en suis rappelée,  je n’ai pas compris pourquoi j’avais oublié une histoire aussi « banale » et pourquoi elle m’atteignait autant. J’avais honte. Dans mon cas, le fait que ce soit des garçons du même âge que moi me faisait énormément culpabiliser. Avec #metoo, #balancetonporc et autres hashtags, j’ai moi-même commencé à voir sous un autre angle cette époque de ma vie ainsi que d’autres dont je n’ai jamais parlé ici. Aujourd’hui, je me dis: « qu’est-ce qui fait que des petits garçons de cet âge soient capables d’actes pareils? » « Qu’est-ce qui fait que des hommes, apparemment, bienveillants pensent qu’ils ont le droit d’user à leur guise du corps d’une femme? ». Réponse: on a été élevés dans la culture du viol qui fait des hommes de potentiels prédateurs et des femmes, de parfaites victimes (oui, je sais il y a des victimes hommes aussi et des femmes méchantes et manipulatrices). « Bête » exemple (mais néanmoins révélateur) concernant, justement, la tranche d’âge 4-8 ans : Jusqu’il y a peu, il était presque bien vu qu’un petit garçon soulève les jupe des filles, parce que ça voulait dire qu’il ne risquait pas de devenir homosexuel…Hum…J’ai pensé à ça car il n’y a pas longtemps, j’ai revu le film « Un flic à la maternelle » avec Arnold Schwarzenegger et il y a une scène où c’est, exactement, ce message-là qui est véhiculé. Par conséquent, c’est normal et c’est les filles qui ne le sont pas de se sentir mal à l’aise dans de telles situations. La culture du viol, ça commence au bac à sable.

Pour en revenir à Adèle Haënel, personnellement, ce que j’admire chez elle, c’est qu’elle agit en humaine au détriment peut-être de sa carrière d’actrice. Elle s’est réveillée, éveillée et porte un combat, une rage. Elle veut que les choses s’améliorent et que la honte change de camp. Vous aurez compris, moi, je suis dans le sien, de camp.

 

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Je décolère lentement

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J’ai suivi la cérémonie puante des césars vendredi.

J’ai vu Florence Foresti mettre les pieds dans le plat. Prendre position. Ne pas cacher son mépris envers Polanski.

J’ai vu Adèle Haenel sortir de salle lorsque ledit sujet mentionné juste au dessus a reçu son prix de meilleur réalisateur. Je n’ai pas été surprise par le fait que ce soit lui le vainqueur. C’était du: « they did it« … and ‘ »how dare you? »

J’ai débattu avec des gens sur le net, parfois poliment, d’autres moins. Je n’ai pas pu supporter qu’une femme en vienne à coller une étiquette antisémite à la manif devant la salle Pleyel parce que selon elle, deux-trois féministes auraient dit qu’il aurait fallu que Polanski soit gazé pendant la Shoah. Même si j’admets que ces potentiels déclarations sont déplacées (non, le mieux ça aurait été que son père utilise des capotes lorsqu’il couchait avec sa mère), toutes les excuses sont bonnes pour discréditer les victimes et y’en a marre. Elle a fini par décider que je devais être antisémite de ne pas défendre l’indéfendable et j’ai coupé court à ce qui n’était pas un échange constructif mais plutôt une bagarre d’égos.

J’ai lu des tas d’articles. Ai eu envie de vomir devant les déclarations de Lambert Wilson, Fanny Ardant.

J’ai compris qu’il y avait beaucoup de masculinistes, de machos et une élite dominante (dans le showbizz mais pas seulement) qui s’accrochait vaille que vaille à ses privilèges. C’est du à n’importe-quel-prix et parfois, quand j’entends certains trucs, j’ai l’impression d’être tombée dans la quatrième dimension. Je n’avais pas pris conscience qu’on en était encore là.

J’ai entendu aussi beaucoup de silence de personnes qui croient que tout ça ne les concerne pas.  J’ai un scoop: ça nous concerne absolument toustes.

Je ne suis pas française et je devrais m’en branler de cette cérémonie mais le fait est que j’habite le pays d’à côté et que j’ai grandi devant TF1 et France 2 (c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas de problème à comprendre que quatre-vingts dix-huit est égal à nonante-huit mais que l’inverse n’est pas vrai). Le fait est qu’à l’ère de la mondialisation et des réseaux sociaux, ce qui se passe là va avoir un impact sur ce qui va se faire ici. C’est aussi révélateur du stade où nous en sommes, dans notre cher premier monde et j’ai eu peur, peur que devant la légitimation d’un pédophile connu et reconnu, les choses régressent partout.

J’ai eu peur d’un retour en arrière et puis, j’ai assisté à la rencontre avec Victoire Tuaillon (je vous conseille enthousiastisquement (ouais, je sais que ce mot n’existe pas)  sa chaîne de podcasts « Les couilles sur la table ») qu’organisait la librairie féministe de Bruxelles.

Victoire Tuaillon était dépitée par ce qui s’était passé aux césars mais en même temps, pleine d’espoir parce qu’elle voyait que les voix des victimes et/ou féministes s’élevaient de plus en plus nombreuses, de plus en plus fort.

Lorsque je suis rentrée chez moi, en scrollant mon fil d’actualité, j’ai vu passer, la tribune de Virginie Despentes et j’ai cliqué. Il y a certaines  de ses prises de position avec lesquelles, je ne suis pas en accord mais là, elle a frappé fort. Son texte était percutant et je crois qu’il aura marqué les esprits de beaucoup de personnes. Il ne peut et ne doit pas passer inaperçu. Je me lève et je me barre aussi quand j’entends des conneries. Time is up comme disent les américaines.

D’aucuns diront que je suis devenue chiante avec mon féminisme à la noix mais je m’en fous. Lorsqu’on prend ce chemin-là, on ne peut pas revenir en arrière. C’est une vraie révolution intérieure qui nous étreint. Il y a des injustices, de grandes envers tout ce qui n’est pas masculin, blanc, viril et hétéro. Il y a de la pédocriminalité, des viols. C’est comme ça. C’en est presque banal. Depuis toujours. Et celui qui ne veut pas le voir se voile la face. Un point, c’est tout.

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Mon fils et les autres enfants

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Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. La sixième pour mon garçon. Lui, l’école, il déteste tellement qu’il oublie qu’elle existe et moi, je ne suis jamais tranquille lorsqu’il y est.

Le petit est le seul enfant de la famille. Un enfant qui n’a pas connu la crèche. J’ai essayé de le sociabiliser comme j’ai pu mais tout ce que j’ai « obtenu », c’est en premier une hostilité, voire une crainte de sa part , puis une indifférence presque généralisée envers les enfants.

Il a un mal de chien à se faire des amis de son âge. Il n’aime pas les mêmes choses qu’eux. Il est trop logique, trop dans l’analyse et en même temps, complètement dans l’émotionnel (il pleure encore pour « pas grand chose » et est intensément câlin).

A l’école, c’est la croix et la bannière. Il s’ennuie tellement qu’il passe sa vie à dessiner (même sur ses bras). Les autres ne le comprennent pas et se moquent de lui. Parfois. Souvent. Tout dépend des périodes.

Ses profs disaient qu’il était inhibé, extrêmement timide, mal à l’aise lorsqu’il était plus petit. Aujourd’hui, c’est juste très calme qui ressort. Je l’ai vu et en vrai, il devient mutique lorsqu’il traverse les portes de son institut. La différence entre son comportement à l’école et à la maison est saisissante.

Je vous avoue être perdue. Je l’ai emmené chez un pédopsychiatre lorsqu’il est rentré en primaire mais elle l’a trouvé superbement parfait. Rien d’étonnant, il apprécie la compagnie des adultes et tout l’intéresse.

En tant que parents, son père et moi, nous observons des phobies et de l’anxiété mais ce n’est pas spécifique à l’école. Il est solitaire, introverti mais si les autres ne se moquaient pas, je crois que ça ne poserait aucun problème. Sa différence ne passe pas et je suis souvent écœurée de constater à quel point rien n’a changé depuis que moi, j’étais à l’école. Je ne veux pas transposer mon vécu sur le sien mais je n’arrive pas toujours à prendre de la distance et à me convaincre que tout ira bien. Je suis sa maman, j’ai peur pour lui.

Ma plus grande crainte, c’est le harcèlement destructeur. Je l’ai connu, pas aussi jeune, pas pour les mêmes raisons, mais je sais les dégâts que ça peut faire sur l’estime et la confiance en soi.

Il y a quelques jours, on a discuté du sujet, lui et moi. Il m’a parlé des enfants qui l’embêtaient ( c’est toujours les mêmes noms qui reviennent). Il m’a dit que ce n’était pas juste, qu’il ne comprenait pas pourquoi ils s’acharnaient étant donné que lui, il ne se moquait jamais de personne. Je lui ai répondu qu’il ne devait pas y prêter attention, que la méchanceté, je m’excuse, était la faiblesse des imbéciles qui se croient forts et qu’il devait se convaincre absolument de quatre choses : il est BEAU, il est INTELLIGENT, il est  GENTIL et il est DRÔLE. J’ai insisté sur le fait qu’il était indispensable qu’il dégage de la confiance, pour que plus personne n’ose s’en prendre à lui. J’ai adapté mon vocabulaire à son âge, bien sûr, et il m’a dit: ok. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, et ce, que l’on soit enfant ou adulte.

Pour ses phobies et ses angoisses, on a décidé d’aller consulter. On verra si ça peut servir pour l’école bien que je ne considère pas que ce soit à lui de changer.

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Réflexions sur le féminisme

Je suis pour l’égalité des sexes, depuis toujours. Ma mère est une femme forte, qui a su résister à la domination d’un mari misogyne (oui, mon père). Ma grand-mère maternelle a toujours géré la maison, l’argent, les décisions importantes et mon grand-père n’a jamais eu aucun souci avec ça. Ça ne remettait pas en cause sa virilité. C’est juste que ma grand-mère faisait ça mieux et pis, c’est tout.

Tout ça pour dire que j’ai des exemples de femmes affirmées dans mon entourage très proche et qu’il m’aurait été difficile de ne pas avoir été influencée par ces exemples.

Ma mère tout comme ma grand-mère ont, bien entendu, été limitées par leurs époques et tour à tour, intégré des messages très nocifs et contradictoires pour leur émancipation (sans parler des moyens de contraceptions quasi inexistants à l’époque de ma grand-mère). Quant à moi, je fais partie de cette génération de filles à qui on a dit (enfin, ma mère) que je pouvais tout faire. Oui, sauf qu’il y a toujours eu un gros hic et qu’en grandissant je me suis confrontée à un mur. Oui, car quand bien même l’éducation des filles avait changé, celles des garçons demeurait très semblable à ce qu’elle avait toujours été. Or, selon moi, le chemin vers une vraie égalité ne peut se faire qu’ensemble, la main dans la main.

Si je vous parle de tout ça, c’est parce que j’ai eu une conversation très illustrative avec un ami il y a quelques jours.

Je lui parlais de la tendance mortifère du père de mon fils à considérer certaines lectures et certains jeux comme étant destinés à un public féminin et d’autres à un public plutôt masculin, lorsqu’il me sort qu’il trouve certaines de mes lectures assez inquiétantes, et même qu’il avait peur que je veuille faire de mon fils un homosexuel…

Je me suis totalement braquée et lui ai dit un truc très fin et très stylé du genre: bordel, j’en ai marre de tous ces hommes de cromagnon, je ne te parle plus.

Il m’a alors répondu qu’il fallait que j’accepte que tout le monde ne puisse pas être aussi ouvert d’esprit que moi. Ce à quoi j’ai rétorqué: c’est pas être ouvert d’esprit, c’est être normal.e que de vouloir que mon fils se sente libre d’être qui il a envie d’être, tout en lui apprenant, par la même occasion, à respecter les filles.

Je considère que le fait d’être mère d’un garçon né au début des années 2010 est un véritable challenge. Dès sa naissance  et sans vraiment m’en apercevoir, j’ai assez vite et assez naturellement réfléchi aux questions liées au sexe. Je ne lui ai jamais interdit de jouer à quoi que ce soit et la seule chose avec laquelle j’ai eu du mal, j’avoue, c’est la couleur fuchsia, sans doute parce que je suis moi-même victime d’un mode d’éducation. En dépit de toute cette liberté dont mon fils jouit (en tout cas, quand il est chez moi), il a très vite montré (surtout depuis qu’il est rentré à l’école) une préférence vers ce qui est encore, aujourd’hui, considéré comme étant des distractions masculines (dinosaures, ninja go, bagarre avec ses peluches et mes poupées de quand j’étais petite, bricolage etc). Ce qui ne veut pas dire qu’il sera hétéro (d’ailleurs, je crois que tout le monde sera bisexuel dans le futur et que le polyamour sera devenu la norme, mais ce n’est pas le débat) mais juste qu’on ne peut rien imposer, que comme le dit l’expression, le naturel revient vite au galop. D’ailleurs, il est clair que si mon fils avait eu tendance à préférer des choses dites féminines, il aurait trouvé le moyen de s’en approcher. Par conséquent, rien ne sert de vouloir l’influencer dans un sens ou dans un autre. Non, j’insiste, ce n’est pas en lui apprenant à devenir une grosse brute qu’il sera hétéro. D’ailleurs, ce raccourci qu’on fait, assez facilement, me laisse pantoise…Ce qu’il devra être, il le sera et la seule chose qu’en tant que mère, je veux pour lui, c’est qu’il soit heureux…

J’en suis là de mes réflexions qui partent un peu dans tous les sens et je m’aperçois qu’au plus, j’avance dans le sujet, au plus je me heurte à la peur et aux remarques de certains types de personnes. Surtout des hommes mais aussi des femmes qui peuvent parfois être plus machistes que nos acolytes du sexe masculin. C’est, complètement, stupide.  Sorry, je suis fâchéeNe vaut-il pas mieux, au contraire, s’asseoir et discuter (ce que j’avoue n’être pas toujours en mesure de faire lorsque j’entends autant de conneries) en prenant le temps de bien penser et peser ses mots? Je pense que nous en avons plus à y gagner de cette façon qu’en restant campés sur nos positions sans jamais faire un pas vers l’autre.

Et vous, quel est votre avis?

 

 

Ma relation avec les autres parents d’élèves

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Ma relation avec les autres parents d’élèves est inexistante et je vais vous expliquer pourquoi. Je vais d’abord commencer par le contexte et ensuite, vous donner les raisons pour lesquelles, je pense que ça ne fonctionne pas entre eux et moi.

Le contexte

Retour en septembre 2014. Mon bonhomme a commencé l’école pile au moment où j’étais en train de tomber malade à cause de mon sevrage. Au début, je l’y amenais tous les jours sauf le jeudi si mes souvenirs sont bons et allait le rechercher tous les jours sans exception. J’ai bien dit au début car après deux mois de ce régime-là et vu l’ampleur que prenaient mes symptômes de sevrage, je n’ai plus pu y retourner pendant des mois, voire une année et demi entière pour ce qui est du matin.

Cela partait donc mal.

Lorsque je suis revenue, je me suis aperçue que des groupes de mamans s’étaient formés et évidemment, je ne faisais partie d’aucun d’entre eux. Il arrivait que je parle parfois à l’une ou l’autre d’entre elles mais ça ne dépassait jamais les quelques mots, quelques phrases.

Le temps a passé et la situation n’a pas évolué. D’ailleurs, j’ai fini par me faire une raison et abandonner.

Pourquoi? Quelles en sont les raisons, selon moi, me and myself?

  1. je suis introvertie et timide. Enfin, surtout introvertie.
  2. je ne comprends pas ces personnes. Je me souviens d’un jour où la mamie d’un petit garçon de la classe du petit m’a collée tout un après-midi. C’était à l’occasion du « vernissage » des œuvres d’arts de nos rejetons. Et bien, vous savez quoi? La semaine suivante, lorsque je l’ai revue et lui ai dit bonjour, elle m’a, tout simplement, ignorée. J’ai beaucoup d’exemples de ce type et j’avoue ne pas savoir gérer. Quand ça se présente comme ça, perso, je perds l’envie d’entrer en relation avec les gens.
  3. beaucoup de parents étaient eux-mêmes élèves dans cette école et se connaissaient déjà entre eux.
  4. Je n’aime pas l’école de mon fils et faire des efforts pour m’intégrer en tant que parent d’élève me demande trop d’efforts. Il est là parce que nous habitons dans une zone où il y a « trop » d’enfants et pas assez d’écoles et qu’il est très difficile d’en trouver une dite de qualité. Par conséquent, quand on en a une, on y laisse nos  enfants.
  5. Ma propre histoire avec l’école. Petite et jeune adolescente, j’ai subi du harcèlement scolaire et ces parents auraient pu être mes bourreaux. Je fais des liens bizarres, des fois.

Je pense que c’est à peu près tout.

Je n’avais jamais osé en parler car pour être franche, j’avais honte de la situation et me sentais vraiment comme quelqu’un d’inadaptée. Mais ça c’était avant, parce qu’entretemps, je suis partie avec deux amies à Amsterdam et que l’une de ces deux amies, mère d’une petite fille en première primaire, m’a dit subir, exactement, la même chose que moi. Elle ne semble pas non plus comprendre la mentalité des parents d’élèves de l’école où va sa fille. Tout comme moi, elle ne fait plus d’efforts et est très contente que la petite soit née pendant les vacances scolaires.

Et, pour vous, de votre côté, ça se passe comment?

 

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Mon ado de même pas 7 ans

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Depuis quelques jours, quelques semaines, mon fils est assez insupportable. Il peut être agressif, limite violent. Il crie, répond, tape, désobéi, croit qu’il sait tout et le fait savoir par des « n’importe quoi » à répétition. Alors attention, ce n’est pas encore constant. Il n’est ni toute la journée, ni tous les jours comme ça. Il ne faut pas tomber dans les clichés. Non, lui et d’autres, j’imagine, ce sont plutôt des moments, des moments très pénibles qui surviennent lorsque quelque chose le contrarie.

C’est un sujet que je n’aime pas trop aborder avec les gens que je cotoie dans ma vie IRL. Parmi eux, il y a ceux qui ne sont pas parents mais qui, quand on les entend, donnent l’impression d’avoir un master en pédagogie et qui nous sortent des discours donnant à peu près ceci: ah les gosses d’aujourd’hui, tous des démons, des êtres insupportables parce que leurs parents leur laissent tout faire, blablabla. Il y a aussi ceux (pas tous) de l’ancienne génération pour qui une bonne claque de temps en temps ne pourrait faire que du bien (j’avoue avoir déjà tapé sur les mains de mon fils mais je ne suis pas pour cette technique qui me semble confuse pour l’enfant: je te tape pour que tu arrêtes de me taper…euh, comment dire, il y a quelque chose qui m’échappe). Et puis, il y a ceux qui ont mon âge mais qui donnent une éducation extrêmement stricte à leur.s enfant.s (dans le cas que je connais, c’est juste si l’enfant a le droit de bouger) et dont je n’écouterai jamais les conseils.

Personnellement, je ne pense pas être une maman qui laisse tout faire à son fils et qui obéit à ses moindres désirs et caprices. Je suis beaucoup dans l’échange, dans l’explication, dans la conversation mais je le remets aussi à sa place quand il le faut. Je fais en sorte qu’il y ait le moins de tabous possibles entre nous et je veux qu’il se sente libre de discuter avec moi de tout ce qu’il souhaite.  Je ne suis juste pas omnisciente, humaine et la plupart du temps, fatiguée.

Un peu désespérée, j’ai cherché et glané des infos sur le net. J’ai trouvé quelques articles de blogs de mamans qui racontaient à peu près la même chose que moi et qui appelaient ça: la crise d’ado de mon 6 ans, 7 ans. En lisant les commentaires, je me suis d’ailleurs rendue compte que ce phénomène n’était pas rare du tout (à bas la culpabilité) et qu’on pouvait gentiment ou violemment s’asseoir sur la maxime: sept ans = l’âge de raison.

Dans ces articles, certains parents proposaient des solutions telles que:

des punitions: je suis d’accord dans certains contextes mais là, faut-il encore bien cibler…Le priver de son dessin animé préféré, de chocolat, d’accord, de sport ou de saint-Nicolas, pas question.

aller voir un psy: si je peux éviter de passer par cette case, ça m’arrangerait, merci et franchement, pour notre cas précis, je ne crois pas que c’est de ça dont le petit a besoin. Je sais qu’il est anxieux et qu’il a beaucoup d’énergie. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il s’est découvert de « nouveaux pouvoirs » depuis qu’il va à la kiné et qu’il a commencé à rattraper son retard moteur. Pas besoin d’aller consulter pour ça.

les sports de balle ou de combat: mon fils fait de la natation, du vélo et va à l’académie des arts de ma commune mais c’est vrai qu’il ne fait pas de sport qui le défoule. Il faut dire qu’il n’est pas très sportif et que lorsque je lui ai parlé de balle, il m’a répondu qu’il voulait bien faire des quilles (haha, du bowling). Enfin, pour ce qui est des sports de combat, Nicolas a peur dans la mesure où il n’aime pas se battre. Personnellement, je me dis que ça pourrait être une bonne idée mais je ne sais pas si l’emmener sous la contrainte se révélerait, extrêmement, positif.

Je vous avoue que pour le moment, je ne vois pas de solution parfaite. Nous avons déjà beaucoup discuté avec lui. Je pense qu’il a compris que ce n’était pas top comme comportement mais je sens encore beaucoup de tension en lui et du coup, je continue à chercher. Par conséquent, si vous avez des idées ou la solution miracle, n’hésitez pas à me les transmettre, parce que je m’inquiète. Oh oui, je m’inquiète.

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Comment apprendre et réviser sans avoir l’air d’y toucher ?

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Je fais partie de ces mamans qui ont peur que leur enfant  perde ses acquis scolaires pendant l’été mais je suis aussi le genre de maman qui dit qu’été = vacances et que les cahiers de vacances si ce n’est pas à la demande de la progéniture, c’est niet.

J’ai lu plusieurs textes qui parlaient du phénomène des fameux cahiers après que la titulaire du petit nous en ai conseillé un qui ressemblait, étrangement, à un manuel scolaire. En parcourant tous ces articles, j’ai trouvé le message des psys intéressant. Selon les professionnels interrogés, les enfants non seulement n’oublient rien de ce qu’ils ont appris pendant l’année scolaire,mais en plus, ils s’imprègneraient même de nouvelles connaissances non-scolaires qui leur serviront toute la vie. Lesquelles? Un peu de tout.

Mon fils a, par exemple, appris à reconnaître et à dessiner les drapeaux des pays participants pendant la coupe du monde. Pas de tous mais des pays que nous connaissons déjà pour y avoir déjà voyagé ou parce qu’ils signifient quelque chose pour nous (sa chienne vient d’Argentine, ma belle-sœur du Brésil). Aujourd’hui, Nicolas connait mieux que moi le sens des couleurs dans les drapeaux belge (je sais, j’ai honte) ou argentin.

Par ailleurs, N. est un fan inconditionnel de nature. Animaux, plantes, fleurs, tout y passe. Nous avons la chance d’habiter dans une capitale très verte. A Bruxelles, il y a des parcs et des bois un peu partout et depuis qu’il a terminé l’école, on en a visité plein de nouveaux. Comme c’est un enfant très curieux, il pose des tas de questions et retient les réponses (non négligeable) que nous lui donnons au moment-même ou après de multiples et pénibles (j’exagère) recherches sur internet. Comme c’est vraiment son dada, de retour à la maison, il prend un plaisir fou à faire des « livres » d’animaux et même des herbiers. De cette manière, il acquiert connaissances et vocabulaire. Que demander de plus?

A part ça, il aime aussi les histoires. Orales et écrites. Je me demande qui lui a transmis le virus? Et bien vous savez quoi? parfois quand, avant de se coucher, il n’a pas envie qu’on lise un conte de son étagère, on en crée un, oralement, de toute pièce. J’invente la première phrase, lui la deuxième et ainsi de suite. Il adore ça.

Par contre, il est vrai que je trouve certaines de ses acquisitions scolaires un peu hésitantes (la lecture et les calculs avec des résultats qui dépassent 10) et j’ai pas mal réfléchi à une façon (vraiment) ludique de fixer ce qu’il restait à fixer.

Pour les calculs, c’est pas encore très compliqué, en 1ère primaire. On prend une recette de cuisine, on lui fait additionner, soustraire ou multiplier le nombre de grammes nécessaires ou qu’il manque. Il prend ça comme un défi et le tour est joué.

En ce qui concerne la lecture, on a trouvé, parmi ses livres, des histoires qu’il peut lire seul, sans souci…Je ne lui fais pas tout lire parce que j’ai remarqué qu’il se fatiguait assez rapidement. C’est la moitié pour lui, et un demi pour moi. On fait, lui, la page gauche, moi, la page droite, par exemple. L’autre technique que j’ai trouvée, c’est celle de lui faire lire, à son insu, le nom des arrêts de métro lorsqu’on va chez la kiné qui s’occupe de lui pour son retard de développement. C’est genre: »chéri, je ne sais pas où nous sommes? qu’est-ce qui est marqué? je ne vois pas » et il s’exécute.

L' »écriture en attaché » (qu’il n’aime pas, pour le moment), il l’entraînera (je l’espère) via l’écriture de cartes postales qu’il nous écrira à sa mamie et à moi depuis son lieu de vacances avec papa.

L’orthographe, avec un jeu qu’une tante lui a offert quand il avait genre 6 mois (si si, je vous jure) et qui consiste à imbriquer des lettres pour faire des mots. On prend les sujets qui l’intéressent et c’est parti.

Quant aux cahiers de vacances, je lui en ai acheté un de mon côté et il l’utilise juste lors des longs trajets, s’il en a envie.

En me relisant, je me dis que je dois donner l’impression d’avoir tout planifié. Or, ce n’est pas le cas. Il est vrai que j’ai du mal à me mettre à sa place étant donné que personnellement, j’ai acquis toutes ces connaissances vers l’âge de quatre ans et que comme si cela n’était pas suffisant, je suis très perfectionniste, mais jamais au grand jamais, je ne pense: « tiens, on va faire ça, ça va lui servir à ça »…Non, qu’il apprenne, qu’il maintienne tous ses apprentissages c’est bien, évidemment mais tout est improvisé et chez nous, la règle, c’est « fun d’abord et surtout, pas d’obligation » parce que l’école, c’est à l’école qu’elle doit rester.

Et vous, de votre côté, que pensez-vous de ces cahiers? Faites-vous réviser vos enfants pendant l’été?

 

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Je suis une maman névrosée

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Je veux que mon fils n’ai pas de maladie grave et qu’il soit heureux.

Jusque-là, rien d’ anormal, n’est-ce pas? Le souci, c’est que chez moi, ce sont de  véritables obsessions. Pas toujours très conscientes.

Pour la maladie, je crois qu’en partie, on peut me comprendre mais quand même, je me rends compte que ce n’est pas très sain de limite paniquer quand je vois que ma progéniture n’a pas touché à ses légumes et qu’il ne mange quasi aucun fruit. A cause de ma crainte, il m’arrive de me fâcher et de l’obliger. Je me rappelle de moi qui ne mangeais presque rien. Ce que j’oublie en revanche, c’est que moi, si je mangeais si peu, c’est parce que déjà toute petite, j’avais pas mal de soucis au ventre et à l’estomac alors que lui, non. Je ne sais pas si le fait de mal manger a quelque chose à voir avec la leucémie que j’ai développé mais comme on parle toujours du rapport entre l’alimentation et la santé, je me dis que peut-être, ce n’est pas si anodin.

Pour le bonheur, c’est surtout sur deux aspects que je m’obsède focalise: les activités extrascolaires ou sorties ainsi que le harcèlement scolaire.

Quand j’étais petite, je voulais faire de la danse. C’était et ça reste ma grande passion. Or, mes parents ne m’ont jamais inscrite. Pour eux, les hobbys ce n’était pas utile, presque comme du caprice. Comme j’ai vécu ça et que j’ai constaté qu’un loisir pouvait être, au contraire, salvateur, je crois qu’à l’inverse d’eux, je me suis mise à être trop attentive aux désirs et aux passions de mon fils . Inconsciemment, je veux trop faire en sorte qu’il ne passe pas à côté des choses qui l’intéressent, tout en n’acceptant pas qu’il fasse sa girouette en voulant changer d’activité tous les quatre matins. C’est beaucoup de pression que je nous mets et j’ai peur qu’il ne finisse par s’en mettre lui-même.

Quant aux sorties, disons que N. est plutôt casanier mais qu’il est passionné par plein de choses: les dinosaures, les animaux, le cinéma, les travaux manuels, etc. Du coup, moi, je veux l’emmener partout …et je me suis rendue compte que c’était trop et qu’il n’avait pas besoin de tout ça. Je ne suis pas casanière moi-même, son père non plus et j’avoue que j’oublie parfois que mon petit garçon est déjà content en passant son après-midi à jardiner (il adore ça), à préparer un gâteau ou même à regarder un film sur l’ordinateur.

Enfin, en ce qui concerne le harcèlement, ce qui me pousse à en avoir peur c’est que N. est assez différent des autres enfants de son âge. Il n’a pas souvent les mêmes centres d’intérêt qu’eux et il ne cherche pas à se faire des amis. En général, il préfère la compagnie des adultes.

Cette année, pour la première fois, il a commencé à nous parler à toutes les sauces d’un petit garçon avec qui il jouait et j’ai été rassurée; un peu, car avec les autres, ce n’est toujours pas ça et il lui arrive d’en souffrir. Ses profs me disent qu’il n’est pas exclu pour autant et je n’en ai pas non plus l’impression. C’est lui qui se met à part et j’ai peur qu’à un moment, cette tendance finisse par se retourner contre lui.

J’ai été moi-même une ado harcelée, après la maladie, et il n’y a rien à faire, qu’il soit si solitaire m’angoisse terriblement.

Rationnellement, je sais qu’il n’est pas moi et qu’il aura de meilleures armes, j’en suis sûre mais il est aussi très sensible, empathique et tête de mule , il manque de confiance en lui, et ce sont des choses qui cumulées ensemble attirent les harceleurs comme des mouches. Je suis bien placée pour le savoir.

Plus il grandit et plus, je me souviens de mon propre parcours. Il y a déjà des similitudes, comme ce décalage avec les autres enfants dont il est beaucoup plus conscient que moi, à son âge, mais aussi des différences de caractère. Lui, il se sent le droit de s’exprimer quand quelque chose le dérange. Moi, je gardais tout pour moi. C’est déjà énorme, je trouve.

Je pense que je vais devoir faire un énorme travail sur moi pour ne pas lui transmettre mes angoisses et ce n’est pas évident car je ne les perçois pas toujours. Certaines choses sont tellement ancrées.

Et vous, est-ce qu’il vous arrive de faire des projections de votre propre enfance sur celle de vos enfants? Avez vous des peurs irrationnelles les concernant?

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