Une tournure inattendue

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Je vais vous raconter une anecdote. Quelque chose qui m’est arrivé très récemment avec un homme rencontré sur internet. Rien d’horrible, rassurez-vous mais quelque chose qui m’a fait prendre conscience du chemin qui (je crois) reste à parcourir dans ce que je crois être la quête pour l’égalité hommes-femmes.

Je chattais donc avec lui depuis environ deux semaines lorsque je lui ai proposé que l’on se rencontre irl (il me l’avait déjà proposé après, à peine quelques phrases échangées, mais j’avais refusé dans la mesure où j’avais besoin d’en connaître un peu plus sur lui pour savoir si le déplacement en valait la peine). Il a accepté. Jusque-là toute nos conversations avaient été très prometteuses et il avait l’air bien sous tous rapports.

Le jour et l’heure de la rencontre arrivent et de nouveau, tout se passe bien. A tel point qu’on passe toute la soirée ensemble, qu’il m’offre deux verres et qu’il m’emmène dans un très joli parc pas très loin de chez moi (que je ne connaissais pas), avant de, finalement, me déposer chez moi. C’était bien parti.

Et puis quelques minutes plus tard, il arrive chez lui et il m’envoie le message suivnant: « ravi d’avoir enfin fait ta connaissance…mais quand même tu aurais pu me proposer de monter ». Pan, slap in my face, je suis, clairement, refroidie…

Petite parenthèse ici: je n’ai rien contre le fait de faire monter la personne, le mec ici en l’occurrence le premier soir. Chacun.e est libre de faire ce qu’il sent. Ça m’est, également, arrivé à l’une ou l’autre occasion, lorsque même si le type me plaisait, je savais qu’à long terme, cela ne donnerait rien et que j’avais besoin d’assouvir quelques besoins humains. Par contre, si la personne me plaît plus que physiquement et là, c’était le cas, je suis plutôt du genre à aller lentement, par étapes, histoire d’apprendre à bien la connaître. Je ne sais pas si c’est une façon courante de fonctionner mais c’est la mienne.

Mon interprétation ici a été: « je te paye deux verres, je t’emmène dans un joli endroit, tu me dois quelque chose ». C’est un peu caricatural mais c’est à peu près ça. D’ailleurs, je lui ai fait part de ce sentiment mais je ne sais pas s’il a très bien compris. Ce que j’en pense moi, d’après mon expérience, c’est que cette particularité existe bel et bien chez les hommes (je ne dis pas tous, bien entendu) et que moi, je me dis que: non, je ne lui devais rien. Je ne lui ai rien demandé et j’ai même sorti mon argent pour payer dans la mesure où je considère que ce n’est pas nécessairement à l’homme d’inviter. L’égalité passe par le fait de pouvoir le faire tous les deux sans que cela paraisse anormal.

Il a essayé de se rattraper dans les quelques messages qui ont suivi mais pour moi, il s’est davantage enfoncé encore. Il m’a dit qu’il n’était pas doué pour faire le premier pas et qu’il se demandait s’il était passé à côté de quelque chose. Qu’il avait peur de m’avoir déçue…Finalement, il m’a demandé d’oublier les 10 dernières minutes parce qu’il s’était rendu compte qu’il avait été très maladroit…

J’ai bien tenté de le faire mais un autre message le jour suivant m’a, à nouveau, décontenancé. Il m’a proposé de m’emmener à l’arrêt de la navette de l’aéroport en voiture. J’ai dit que ma valise ne pesait pas grand chose mais que pourquoi pas (cela nous donnait une occasion de nous revoir avant mon départ et d’effacer la mauvaise impression de la veille). Il m’a alors répondu: « ok, cool, je passerai te prendre (il l’a, véritablement, écrit comme ça) chercher à x heures ». Petite parenthèse ici encore: je suis adulte et je peux, également, avoir ce genre d’humour avec quelqu’un que je fréquente depuis longtemps et dont je connais les intentions ou avec quelqu’un qui ne m’intéresse pas le moins du monde.  Ici, j’ai, également, essayé de jouer la carte de l’humour mais clairement, l’alarme beauf s’est remise à resonner en moi.

Depuis, nous avons échangé quelques messages mais plus grand chose.

Je me méfie très fort des rencontres sur internet pour avoir eu deux très mauvaises expériences via ce canal. Je lui ai raconté ces expériences sans rentrer dans les détails lors de notre rendez-vous, lui ai fait part de ma méfiance depuis ces mauvaises rencontres et du fait que j’avais préféré être seule depuis. En fait, ce n’est pas que je préfère être seule mais que je fais beaucoup plus attention et que, franchement, soit, je suis trop traumatisée, soit les mecs ont, vraiment, du mal avec les notions de classe et de respect. Je pensais qu’il en tiendrait compte et qu’il serait assez malin pour éviter de râler parce que je ne lui avais pas proposé de monter. D’ailleurs, c’est la première fois que ce genre de choses m’arrive.

Alors, je ne sais pas ce que vous pouvez penser à la lecture de ce texte. Je ne sais pas si vous vous dites que je dois être complètement coincée ou que ce mec est un gros connard. A vrai dire, malgré mon grand âge, je ne sais pas très bien me situer là-dedans, dans la mesure où je n’ai jamais eu de très probantes expériences amoureuses sur le long terme. Je n’ai pas parlé de ce malaise à mes amies car je sais qu’elles ne seraient pas neutres et que leurs avis ne seraient pas nuancés. Par contre, j’aimerais savoir ce que vous en pensez. Merci d’avance.

 

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Mon homard, c’est tout.

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Il y a quelques jours, une amie, qui croit que je suis célibataire depuis plus longtemps que je ne le suis en réalité (je ne lui ai pas parlé de ma dernière histoire pourrie-à-crever, tellement je suis dans l’incapacité de l’assumer), m’a dit sur un ton mi-interrogatif, mi-affirmatif, « toi, tu ne cherches pas vraiment, d’homme, non…(?).

A ce moment-là, j’ai du bafouiller, un truc, sans queue ni tête, pour réponse parce que je n’avais pas, sérieusement, réfléchi à la question.

Je suis mère célibataire depuis bientôt cinq ans, vous voyez et depuis, je n’ai eu que des histoires bancales, malsaines ou pathétiques. Je ne sais pas vraiment dire pourquoi. Est-ce à cause de ma situation de maman-solo-en-pas-bonne-santé? A cause de mon passé et de ce que mon comportement actuel en reflète encore? Serait-ce du au fait que n’ayant rien connu de bon en amour, je n’ai pas de point de comparaison positif sur lequel me baser ? Je ne sais pas. Je sais juste que je ne trouve pas chaussure à mon pied. Pas quelqu’un de fiable, de droit et d’honnête et qui m’aime, véritablement, en tout cas.

Par conséquent, la seule réponse que je suis en mesure d’apporter , c’est celle que mes tripes me hurlent, à savoir que OUI, je veux un homme, trouver l’amour (je ne me suis jamais vue finir seule) mais pas à n’importe quel prix. Je refuse de tout supporter et je préfère être seule que mal accompagnée. Même si ce n’est pas facile et que parfois (très fort à certaines périodes), je sens le poids de la solitude. Je ne serais, jamais, de celle qui a quelqu’un pour avoir quelqu’un. Pour un soir, ok, mais pour plus longtemps, c’est impossible, vu ma personnalité et ma façon de fonctionner. Je me sentirais à l’étroit, prête à exploser et surtout, malhonnête. Et puis, je ne suis pas toute seule; j’ai un enfant et je ne veux pas l’exposer à n’importe quoi, n’importe qui. Je veux être sûre, autant que faire se peut, le jour où je lui présenterai l’homme nouveau.

C’est mon homard que je vise, en fait. Ni plus ni moins, et ça c’est pas à n’importe quel coin de rue que je pourrais le trouver. Ou si? En fait, on ne sait pas mais l’envie est là et les pièces, dans la fontaine, sont jetées.