Catégorie : Maternité

Sur la route avec papa

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Ce matin, tu es parti avec papa. Tu étais excité comme une puce hier et du coup, complètement, insupportable. Je voulais que cette dernière journée avant ton départ soit douce et belle mais au lieu de ça, j’ai du batailler pour que tu te comportes comme le garçon que je connais et que j’aime de tout mon cœur de maman.

Je dois avouer que je n’ai, peut-être, pas été très fine moi non plus. Je stressais aussi. Même si tu grandis et qu’en général, ce n’est pas pour longtemps, j’ai toujours beaucoup de mal à me séparer de toi. Cela me ramène systématiquement à cette époque où j’étais tellement malade que je pouvais à peine te prendre dans mes bras. C’est bête, je sais. Tout est complètement différent aujourd’hui. Je reste fragile mais je vais mieux et je t’ai « récupéré » depuis longtemps.

En fait, je crois que j’ai la frousse parce que c’est la première fois que papa prend le porte-vélos pour un voyage aussi long…et quand je vois la taille de sa Twingo, j’y peux rien, je flippe à l’idée de ce qui pourrait arriver. Maintenant, je sais qu’il est prudent et qu’il s’arrête souvent. D’ailleurs, votre voyage vous le faites en deux étapes: Munich aujourd’hui et Umag en Croatie à partir de demain et ce, jusqu’à ce qu’on se retrouve tous les deux.

Je sais, les mamans ça s’inquiète toujours et ça va tellement loin que cette nuit, j’ai fait un vilain cauchemar dans lequel tu étais en danger. Ne me demande pas de te le raconter, je ne me souviens que d’une vitre qui nous séparait.

Mais après tout, peut-être que tout ceci est positif . Nos séparations me préparent à quand tu seras grand et que tu voleras de tes propres ailes…Et puis, honnêtement, j’en ai besoin de ces quelques jours pour me retrouver, vivre un peu à mon rythme, faire une sortie arrosée et me reposer.

Je m’en vais nettoyer TA chambre à présent (elle en a bien besoin) et te dis à lundi soir mon chéri.

Profite, amuse toi comme un petit fou et n’aies pas peur surtout.

Gros bisous, mon bonhomme.

Ta maman qui t’aime, t’aime, t’aime jusqu’à l’infini et au-delà

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Le jour où je me suis sentie mauvaise mère

 

C’était le jour de la remise des bulletins. On avait rendez-vous avec la maîtresse pour savoir si mon fils avait bien travaillé et s’il passait en 3ème primaire (omg, déjà). A l’école, il y avait beaucoup de parents qui attendaient avant nous, beaucoup d’enfants aussi.

Mon garçon ne voulait pas aller avec les enfants de sa classe et je ne comprenais pas pourquoi. Je sais qu’il préfère les adultes, je sais qu’il ne s’entend quasi avec aucun de ses camarades…mais je ne sais pas pourquoi ce jour-là, cela m’a frustrée. C’est égoïste, je sais mais j’avais besoin d’être rassurée et que pour une fois, dans sa courte vie, il se comporte comme les enfants de son âge. Qu’il aille vers eux et qu’il joue.

J’ai tenté de le pousser plusieurs fois dans leur direction mais rien n’y a fait. Il a voulu rester avec moi, tout en se plaignant du fait qu’il s’ennuyait.

Je crois que ma frustration ne m’a pas laissée être très sympa avec lui ce jour-là et je m’en suis voulue. Plus tard. Lorsqu’il est parti avec son père et que j’ai réalisé ô combien j’avais été injuste. Moi qui prône toujours le droit à la différence et à se montrer tel que l’on est, je voulais subitement que mon fils se fonde dans un moule qui ne lui correspond pas.

Dans la soirée, un ami m’a rassurée sur ma qualité de mère. Il a insisté sur mes valeurs et sur ce qui selon lui et pour reprendre ses mots, me différenciait de tous ses parents qui ne veulent pas être dérangés et achètent une tablette à leurs jeunes enfants à peine savent-ils marcher. Il a su trouver les mots et cela m’a fait du bien.

N’empêche que je garde cet épisode en tête et que je voulais en parler avec vous, des fois que vous ayez envie de partager une anecdote similaire, d’un moment où vous n’avez pas, complètement, assumé vos enfants tels qu’ils sont.

 

 

 

S’engager pour améliorer le sort des monoparents

Je suis une mère célibataire. Tout le monde le sait. Je ne le cache pas et à vrai dire, je m’en fous. C’est ma réalité depuis que mon fils a 1,5 ans et c’est tout.

J’en ai beaucoup souffert jusqu’à ses 3,5 ans-4 ans mais pas pour les raisons auxquelles tout le monde pourrait penser.

Dans mon cas, j’étais malade, au chômage et je n’avais quasi plus personne autour de moi. Des circonstances de la vie qui font que…

Lorsque j’ai commencé à aller mieux, je me suis dit qu’il n’était pas normal de traverser ce que j’avais traversé: un accès pratiquement impossible au logement , au travail et à des soins de qualité. J’habite en Belgique, pas au Zimbabwe.

J’avais envie de me battre mais je ne savais pas comment.

En 2017, j’ai entendu parler d’un groupe d’étude et de travail sur le thème de la monoparentalité et j’ai décidé d’y participer.

Grâce à tout le travail accompli, une maison de la monoparentalité a ouvert ses portes il y a quelques jours à Bruxelles. Des permanences pour les parents y sont organisées. Ils (je dis « ils » mais 80% sont des « elles ») peuvent venir demander un soutien psychologique, juridique, social gratuits.

Un site internet a également vu le jour et à la veille des élections législatives belges, nous avons lancé une brochure de revendications de mamans solo.

Évidemment, ce n’est pas énorme mais les choses bougent et j’observe une conscientisation progressive de la population. Bon, il y a toujours des gens restés en 1967, mais ça va, avec le temps, ils deviennent une minorité.

Comme j’étais contente de mes actions mais que je trouvais que ce n’était pas suffisant, fin de l’année dernière, j’ai rejoint l’association Le petit vélo jaune. Une organisation de soutien à la parentalité qui a pour mission d’aider les parents en difficulté dans ce rôle ô combien challengeant. Inutile de dire qu’il y a plein de mamans solo qui y sont envoyées ou qui font appel à cette assoc.

Personnellement, je « m’occupe » d’une toute jeune mère de deux petits garçons de 2 et 4 ans. Ses principales difficultés: l’isolement et le manque d’information par rapport à ses droits.

Mon rôle dans l’affaire est de l’aider à retrouver du plaisir avec ses enfants, l’aider pour les sorties, l’accompagner pour certaines démarches difficiles à faire avec deux petits et lui permettre de vider son sac. C’est simple et compliqué à la fois.

Mon accompagnement, je ne l’ai pas commencé depuis longtemps mais pour le moment, ça se passe très bien. J’ai l’impression que le contact est assez naturel entre la maman et moi.

Outre l’accompagnement à proprement parler, les bénévoles participons également à des soirées d’échanges de vécus et des petites formations en vue de mieux comprendre le quotidien de ces parents.

Je trouve qu’il s’agit d’une magnifique initiative complètement nécessaire et pour le moment, je suis contente d’en être.

Pour en revenir à ma propre situation, je dirais qu’elle reste fragile mais stable dans l’instabilité. Mon cercle amical et social s’est beaucoup agrandi. Je m’entends bien avec le père de mon fils. J’habite aujourd’hui un bel appartement mais dans une copropriété où les soucis se multiplient. Ma santé est précaire, je ne travaille pas mais je tiens et mon fils va très bien.

Voilà, vous savez tout.

L’impro, quand t’es maman solo, ça n’existe pas!

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Non, l’improvisation, quand t’es maman solo, ça n’existe pas, bordel! Titre qui exprime mieux ce que je ressens à cet instant. Et pourquoi, je vous parle de ça? parce que, souvent, je suis confrontée à des situations où des gens, en dernière minute, changent leurs plans et/ou me proposent des trucs excluant mon fils …

Je vais vous donner quelques exemples pour que vous compreniez de quoi je veux parler.

D’abord, il y a le cas de ma chère animatrice d’atelier d’écriture (j’avais déjà écrit un article au sujet d’un commentaire, totalement, déplacé qu’elle avait balancé sur moi, l’année dernière) qui annule un stage prévu depuis deux mois, deux jours avant la date dudit stage. L’année passée, à son commentaire, je n’avais pas su réagir mais j’avais dit: je ne laisserai pas passer la prochaine bourde. Du coup, comme on ne s’est pas vues entretemps, j’ai décidé de lui envoyer un mail exprimant ce que je pensais de sa décision d’annuler cette rencontre en dernière minute. Je me souviens d’avoir utilisé l’expression « pas classe » et de lui avoir parlé du fait que j’avais du m’organiser et que je n’étais probablement pas la seule. Sa réponse? qu’elle était désolée d’avoir bousculé mes plans (!!!), qu’on était deux seulement à avoir confirmé (elle dira trois plus tard dans un autre mail envoyé à tout le monde et j’apprendrai encore un peu plus tard qu’on était au moins quatre) et qu’elle rentrait juste de vacances (tant mieux pour toi si t’es partie en vacances, mais ton taf, c’est ton taf et il faut le faire correctement). Lundi, je répondrai à son mail en live pour lui expliquer que ce n’est pas mes plans qu’elle a bousculés (pour reprendre son expression) mais que son manque d’organisation avait empiété sur le temps passé avec mon fils, étant donné que je me revoyais mal appeler son père pour tout changer à nouveau.

Ensuite, celui d’une amie (célibataire, sans enfant.s) de très longue date avec qui je sens que je m’éloigne depuis environ deux ans et sa proposition: »je me suis dit qu’on pourrait aller boire un verre avant mon cours, si tu n’avais pas le petit »…Euh, ben bien sûr, je suis à ton entière disposition et puis, tant que t’y es, dis moi direct que le petit te dérange ». C’était un jour de semaine après l’école et j’ai toujours mon fils après l’école, vu que c’est moi qui vais toujours le chercher et qu’elle le sait…De toute façon, la proposition présentée comme ça, je ne l’aurais pas acceptée même si j’avais été seule ce jour-là.

Enfin, et pour ne parler que de ce cas-là, il y a l’exemple du mec non-parent que tu as rencontré il y a quelques semaines et qui te sort: « qu’est-ce que tu fais ce soir? on pourrait… » Il était clair qu’il ne se rappelait pas que j’étais maman pour me présenter la chose comme ça. J’avais mon fils ce soir-là, je l’ai coupé tout de suite.

Alors, je sais que les mères (je dis mères parce que nous sommes 85% à avoir la garde exclusive ou principale de leur.s enfant.s et que de toute façon, un mec qui s’occupe de sa progéniture, c’est tellement beau, n’est-ce-pas?) célibataires, nous sommes une plaie pour la société. Je sais aussi que nous venons, pour la plupart, de familles nucléaires (oh mais quelle drôle d’expression) dont les parents n’étaient pas divorcés lorsque nous étions petits mais bordel, est-ce que ce serait trop demander  de réfléchir un peu et de se dire que peut-être, en tant que parent séparé, on ne peut pas improviser, que tout doit être réglé comme du papier à musique, qu’un enfant petit ne reste pas tout seul ou mieux, de se rappeler, tout simplement, que cet.ces enfant.s existent!!??

J’en peux plus d’avoir toujours l’impression d’être la personne en faute ou de devoir me justifier parce que mon couple n’a pas marché et que du coup, je me suis retrouvée dans une situation peu enviable, mais j’insiste…de plus en plus fréquente et pas si horrible que ça, au final. Et j’en ai encore plus ras-le-bol de cette société excluante de tout ce qui ne rentre pas dans ses cases minuscules, plus du tout adaptées à la majorité des gens qui en font partie, aujourd’hui. Vivement que le temps passe et que nos enfants grandissent. Ils seront beaucoup plus ouverts et riches à l’intérieur et le monde deviendra plus sympa (je délire mais je le crois en bonne partie).

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Tu as perdu George, mon coeur

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George, c’était ton petit singe.

George, c’était ton doudou. Enfin, pas vraiment ton doudou parce que quand tu l’as eu, c’était trop tard, dans ta vie, pour qu’il soit considéré ainsi.

George, il a permis de maintenir le lien entre nous quand je ne pouvais même pas te prendre dans mes bras à cause de ces sales douleurs, partout, dans mon corps.

George, c’était notre marionnette. Je parlais pour lui et tu lui faisais vivre plein d’aventures.

George, on lui a inventé une histoire. Il avait un an et des poussières de plus que toi, venait de Gibraltar où parfois, quand tu le laissais, il retournait voir sa mamie-chérie.

George, tu l’emmenais partout. Chez papa, chez l’abuela. Il a visité plus de pays que tes grands-parents maternels.

On en aura passé des soirées à jouer avec lui. Tu lui auras même construit deux maisons.  George, pour toi, c’était Woody dans Toy story.

Tu l’aimais tellement ton George que parfois, je devais m’assurer que tu te souvenais encore qu’il était une peluche et pas ton frérot.

George et nous, c’est fini, parce qu’hier, dans le bus, tu l’as oublié.

Quand je l’ai remarqué, tu m’as demandé si ce n’était pas à nouveau une de mes blagues et lorsque je t’ai répondu que non, tu t’es mis à sangloter. « Oh non, pas George, c’est mon jouet préféré » que tu as articulé. Tu es revenu plusieurs fois en larmes dans l’après-midi et je t’ai dit que peut-être il valait mieux que tu apprennes à vivre sans lui mais que si c’était trop dur, nous trouverions une solution.

« Oh non pas George » et pourtant, je me dis que c’est peut-être la fin d’un chapitre . Le temps est peut-être venu de laisser ton petit singe et cette partie de ton enfance derrière nous. Tu grandis mon fils. La preuve, depuis quelques jours, tu joues déjà seul dans ta chambre avec tes cd de rock en background.

Tu grandis mon bonhomme et je me demande, au final,  à qui de nous deux la disparition de George aura fait plus de mal.

 

 

Mon ado de même pas 7 ans

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Depuis quelques jours, quelques semaines, mon fils est assez insupportable. Il peut être agressif, limite violent. Il crie, répond, tape, désobéi, croit qu’il sait tout et le fait savoir par des « n’importe quoi » à répétition. Alors attention, ce n’est pas encore constant. Il n’est ni toute la journée, ni tous les jours comme ça. Il ne faut pas tomber dans les clichés. Non, lui et d’autres, j’imagine, ce sont plutôt des moments, des moments très pénibles qui surviennent lorsque quelque chose le contrarie.

C’est un sujet que je n’aime pas trop aborder avec les gens que je cotoie dans ma vie IRL. Parmi eux, il y a ceux qui ne sont pas parents mais qui, quand on les entend, donnent l’impression d’avoir un master en pédagogie et qui nous sortent des discours donnant à peu près ceci: ah les gosses d’aujourd’hui, tous des démons, des êtres insupportables parce que leurs parents leur laissent tout faire, blablabla. Il y a aussi ceux (pas tous) de l’ancienne génération pour qui une bonne claque de temps en temps ne pourrait faire que du bien (j’avoue avoir déjà tapé sur les mains de mon fils mais je ne suis pas pour cette technique qui me semble confuse pour l’enfant: je te tape pour que tu arrêtes de me taper…euh, comment dire, il y a quelque chose qui m’échappe). Et puis, il y a ceux qui ont mon âge mais qui donnent une éducation extrêmement stricte à leur.s enfant.s (dans le cas que je connais, c’est juste si l’enfant a le droit de bouger) et dont je n’écouterai jamais les conseils.

Personnellement, je ne pense pas être une maman qui laisse tout faire à son fils et qui obéit à ses moindres désirs et caprices. Je suis beaucoup dans l’échange, dans l’explication, dans la conversation mais je le remets aussi à sa place quand il le faut. Je fais en sorte qu’il y ait le moins de tabous possibles entre nous et je veux qu’il se sente libre de discuter avec moi de tout ce qu’il souhaite.  Je ne suis juste pas omnisciente, humaine et la plupart du temps, fatiguée.

Un peu désespérée, j’ai cherché et glané des infos sur le net. J’ai trouvé quelques articles de blogs de mamans qui racontaient à peu près la même chose que moi et qui appelaient ça: la crise d’ado de mon 6 ans, 7 ans. En lisant les commentaires, je me suis d’ailleurs rendue compte que ce phénomène n’était pas rare du tout (à bas la culpabilité) et qu’on pouvait gentiment ou violemment s’asseoir sur la maxime: sept ans = l’âge de raison.

Dans ces articles, certains parents proposaient des solutions telles que:

des punitions: je suis d’accord dans certains contextes mais là, faut-il encore bien cibler…Le priver de son dessin animé préféré, de chocolat, d’accord, de sport ou de saint-Nicolas, pas question.

aller voir un psy: si je peux éviter de passer par cette case, ça m’arrangerait, merci et franchement, pour notre cas précis, je ne crois pas que c’est de ça dont le petit a besoin. Je sais qu’il est anxieux et qu’il a beaucoup d’énergie. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il s’est découvert de « nouveaux pouvoirs » depuis qu’il va à la kiné et qu’il a commencé à rattraper son retard moteur. Pas besoin d’aller consulter pour ça.

les sports de balle ou de combat: mon fils fait de la natation, du vélo et va à l’académie des arts de ma commune mais c’est vrai qu’il ne fait pas de sport qui le défoule. Il faut dire qu’il n’est pas très sportif et que lorsque je lui ai parlé de balle, il m’a répondu qu’il voulait bien faire des quilles (haha, du bowling). Enfin, pour ce qui est des sports de combat, Nicolas a peur dans la mesure où il n’aime pas se battre. Personnellement, je me dis que ça pourrait être une bonne idée mais je ne sais pas si l’emmener sous la contrainte se révélerait, extrêmement, positif.

Je vous avoue que pour le moment, je ne vois pas de solution parfaite. Nous avons déjà beaucoup discuté avec lui. Je pense qu’il a compris que ce n’était pas top comme comportement mais je sens encore beaucoup de tension en lui et du coup, je continue à chercher. Par conséquent, si vous avez des idées ou la solution miracle, n’hésitez pas à me les transmettre, parce que je m’inquiète. Oh oui, je m’inquiète.

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Tu iras bien, mon fils!

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Tu les as faits tous tes tests. On les a vus toutes ces docteures et maintenant, ça y est, on sait. On sait que tu as une anomalie dans l’oreille droite, un défaut que tu dois trainer depuis ta naissance et que personne n’a réussi à voir pour autant. Ce n’est pas la fin du monde, pas du tout, car même si ton anomalie restera, grâce à la kiné vestibulaire et à la rééducation, on ne verra plus rien. C’est l’ORL qui me l’a dit.

Je lui ai demandé, d’ailleurs, à l’ORL comment ça se faisait qu’à la maternité, ils ne s’étaient pas rendus compte et elle m’a répondu que c’était extrêmement difficile. J’ai réfléchi et dit: « oui, c’est tellement subtil ce qu’il a ». Tellement sournois, j’aurais du dire car c’est beaucoup plus proche de la réalité.

J’ai tellement envie de te voir courir comme tous les autres enfants de ton âge, sans que pour y arriver, ton corps parte dans tous les sens; tellement envie que tu joues à la récré sans avoir peur de ne pas pouvoir gérer le bruit et les enfants. Tellement envie que tu parviennes à sauter en arrière sans te ramasser. Tellement envie que tu piques des sprints dans les rues en pente, comme nous le faisions tous étant gamins mais aussi que tu ne doives plus dormir dans la clarté, avec tous tes nuages, tes étoiles et tes lampes torches, et que tu n’aies plus peur de te noyer lorsque je te verse de l’eau sur la tête pendant ta douche. … et que tu oublies de contrôler ton corps.

Que ça devienne naturel, que tu ne sois plus en double tâche à toujours devoir réfléchir à comment mettre tes jambes pour faire tel ou tel mouvement, que tu te fatigues moins vite aussi …

Ce n’est rien, pas grand chose, pour celui qui ne sait pas, parce que ça ne se voit pas comme ça mais moi, j’ai vécu inconsciemment dans la peur de quelque chose de pire, de quelque chose de grave. Je ressentais ton instabilité mais ne parvenais pas à y mettre de mots ou me croyais parano.

Je me répète peut-être mais tant pis, je tiens à insister: je suis contente, contente de m’être écoutée malgré cette voix dans ma tête et cette professionnelle qui affirmaient que je reproduisais ma propre histoire avec toi. Je ne reproduisais rien. Il y avait un truc et maintenant, on sait, et ça va aller, et dans six mois, tu seras réparé et on pourra dire au revoir à ton trouble de l’équilibre. Tu ne sais pas à quel point j’ai hâte d’y être, campeón.

 

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