Catégorie : Parcours

Dix ans sans toi, abuelita

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Ma grand-mère n’a pas été la meilleure des mères mais c’était une super abuela. C’était ma deuxième maman car avec l’abuelo, c’était elle qui s’occupait de moi quand j’étais petite et que mes parents travaillaient. Elle me préparait à manger ce que j’aimais (et ce n’était pas grand chose quand j’étais petite), remarquait chaque fois que j’avais du chagrin et cherchait constamment à me faire plaisir.

Nous avions un lien particulier, elle et moi, on se comprenait et lorsqu’elle est décédée, je me suis sentie amputée. Pourtant, je n’ai pas réagi comme mon entourage s’y attendait et j’ai été très critiquée.

Lorsqu’elle est morte, je commençais, à peine, à sortir de ma dépression et je savais que m’enfermer pour pleurer sa disparItion serait la pire des choses, à faire, me concernant. A la place, j’ai décidé de continuer à vivre aussi normalement que possible et de respecter autant mes engagements que mes projets de sorties.

C’est ainsi qu’une semaine après son enterrement, je suis allée au théâtre et me suis remise au sport.

Je trimballais ma peine avec moi, bien sûr. Des larmes roulaient, parfois, sur mes joues, à des moments impromptus mais je tenais bon.

C’était la seule chose à faire, de toute façon. La peine, c’est à l’intérieur qu’on la vit, pas dans la démonstration. M’effondrer n’allait pas la faire revenir, c’était terminé, nous n’allions plus fabriquer de nouveaux souvenirs ensemble. Elle avait vécu sa vie. Maintenant, c’était, à mon tour, de reprendre le flambeau et de construire la mienne. Par ailleurs, je ne crois pas qu’elle aurait apprécié que je me laisse aller.

Autour de moi, les gens se sont étonnés et les remarques ont fusé: « t’as vu comme elle agit alors que c’était sa chouchoute…elle ne devait pas l’aimer autant que ça sa grand-mère pour se conduire ainsi… »

Je n’ai rien écouté. Je m’en fichais, à vrai dire car je savais ce que je ressentais moi, l’amour que je lui portais, les discussions que je continuais à avoir avec elle, les conseils que je demandais encore à son fantôme.

Quelques mois plus tard, je me suis disputée avec celle que je prenais pour ma meilleure amie depuis mes 12 ans et j’ai rencontré celui qui allait devenir le père de mon fils. Même si les histoires n’ont rien à voir entre elles et que c’est peut-être ridicule, je crois que ma abuela m’a aidée, de là-haut,  à faire les bons choix. En effet, couper avec cette amie qui n’en était pas une et dire « oui » à l’homme avec qui j’allais devenir maman  ont été  deux des meilleures décisions que j’ai prises de toute ma vie.

Aujourd’hui, il y a, tout juste, dix ans qu’elle est morte et je la consulte encore tous les jours.

Te sigo echando en falta, abuelita.

 

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Le jour où l’insomnie m’a fait atterrir à l’hôpital

Je vous rassure tout de suite, je ne parle pas de maintenant mais d’il y a 4 ans. Quatre ans et demie même.

Je n’en ai jamais parlé dans ce blog et pour cause, c’est parce qu’il n’y a pas d’unité du sommeil à l’hosto. Celle où on atterri quand on ne dort pas, c’est la psychiatrie, et je n’étais pas très à l’aise de raconter ça.

Je suis restée 20 jours, en tout et pour tout,, avant de signer ma décharge de commun accord avec l’étudiante en psychiatrie qui m’avait, malheureusement, été assignée pour mon suivi. Vingt jours qui ne m’ont pas servi à retrouver un sommeil digne de ce nom (il aurait déjà fallu que le personnel me croit) mais m’aura permis de prendre le temps d’intégrer diverses vérités dont je ne me rendais pas compte jusqu’à alors et dont je vais vous parler.

A cause de l’insomnie et des conséquences du sevrage, je suis arrivée à un stade où je ne pouvais plus m’occuper ni de mon fils ni de moi. Je perdais la boule pour être claire et je trimballais encore des casseroles du passé dont je n’avais pas conscience étant donné l’anesthésie causée par les médicaments. J’étais encore persuadée de n’être qu’une faible (mon entourage m’avait fait intégrer l’idée toute jeune, après ma maladie) qui n’arrivait pas à voir le beau dans sa vie. Je me sentais vide. J’avais 0 confiance en moi et vivais dans une culpabilité sans nom par rapport à tout ce que selon moi, je faisais mal. J’étais mère, séparée. La totale de chez totale.

Pour tout vous dire, à l’hôpital, la prise en charge a été inexistante. Je n’ai pas vu de psy sur vingt jours, j’ai été remise sous antidépresseurs par l’étudiante en psychiatrie à mon insu (je pensais que je prenais quelque chose pour pallier les effets du sevrage et dormir) et le personnel infirmier, à quelques exceptions près, était horrible. J’ai eu tellement de chance que la vraie unité était en travaux et que dans la provisoire où j’ai atterri, tous les types de pathologies étaient mélangés, c’est-à-dire que je me suis retrouvée aussi bien avec des gens en burn-out que des schizophrènes. Oh joie.

Heureusement, dans ce chaos, parmi les gens en burn-out, les dépressifs et les anxieux (je sais, ça ne fait pas rêver), j’ai trouvé plusieurs personnes fantastiques, qui sont devenues un peu ma famille sur les lieux.  En comparant nos histoires, je me suis rendue compte qu’on atterrissait, rarement, dans ce genre d’endroit par faiblesse et j’ai commencé à réfléchir.

C’est à ce moment, où j’ai peu à peu intégré l’idée que mon vécu, depuis longtemps, avait été tout sauf évident et qu’il n’était pas étonnant qu’à un moment je flanche. Je n’étais pas faible. J’avais traversé des épreuves, très difficiles, trop jeune dans un climat familial délétère et avec un entourage, complètement, défaillant (c’est le cas de le dire). D’aucuns choisissent le chemin de l’autodestruction via alcool, drogues, sexe, délinquance et rock ‘n roll, quelques exceptions s’en sortent sans quasi aucune séquelle (je les appelle: les fleurs qui grandissent dans les poubelles) et moi ou mon inconscient n’a trouvé d’autre moyen que celui du mal-être et des troubles psychosomatiques pour exprimer mon désarroi.  Lorsque j’ai accouché de cette vérité et qu’elle a imprégné les différentes couches de mon cerveau, j’ai eu l’impression, je vous assure, de me réveiller d’un long, très long cauchemar.

En fait, je pense que l’hospitalisation m’a permis de me poser et de faire un « reset » dans ma tête. C’est à partir de là, que j’ai, enfin, pu commencer à chercher des bases solides pour mon épanouissement et celui de mon fils, par extension.

Évidemment, ce chemin ne s’est pas fait du jour au lendemain, j’ai encore galéré quelques mois après cette hospitalisation. Qui plus est, je suis d’avis que le travail ne sera jamais vraiment terminé mais je suis fière des progrès que j’ai faits et j’espère que je ne m’arrêterai jamais d’aller de l’avant.

 

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Parfois, la folie n’est autre que la raison présentée sous une forme différente

Le mal être dans une chanson

Il y a des paroles de chansons qui restent gravées à jamais, des paroles qui font écho à ce qu’on a vécu.

En ce qui me concerne, il y a une chanson en espagnol qui exprime le ressenti et le mal-être que j’ai trainé pendant plus de 15 ans.  Dans les paroles, il y a même une phrase que j’ai pris comme une claque tant elle résumait tout « Fue tan largo el duelo que al final, casi lo confundo con mi hogar ». En français: « le deuil a été tellement long que j’ai failli le prendre pour mon foyer »…Autrement dit, j’ai tellement oublié ce que c’était d’avoir une vie normale ( à cause d’un événement traumatisant qui m’a totalement retourné.e), que j’ai pris ce mal-être pour LA vie normale …J’extrapole et j’ajoute: et que  je me demandais comment j’allais pouvoir continuer à vivre avec ça, comment les gens faisaient et surtout, si ça en valait la peine, tant la boule que j’avais dans l’estomac me pesait.

Le mal-être, c’est avec le traumatisme de la leucémie qu’il est survenu. Probablement du fait de ce que j’avais vécu et de la non-reconnaissance de mon droit à souffrir puisque je m’en sortais…

Pendant toutes ces années, j’ai été en apnée. Je crois que quelque part, j’ai, vraiment, perdu le contact avec la réalité et que même si d’apparence, je vivais grosso modo la même vie que les autres jeunes de mon âge, à l’intérieur, quelque chose était resté figé/bloqué. J’étais spectatrice et surtout,  la proie d’une ambivalence: celle d’avoir mûri beaucoup plus vite  tout en me sentant prisonnière du fantôme de la petite fille que je n’avais pas pu terminer d’être. Peut-être que la comparaison sera ridicule mais tant pis, je me faisais l’effet d’une de ces personnes amputées d’un membre qui continuent à le sentir et même à en pâtir. Moi, c’était de la fin de mon enfance dont le sort m’avait amputée. Malheureusement, dans mon cas, c’était quelque chose qui ne se voyait pas (pas que j’aurais préféré qu’on me retire un membre)…

Depuis, je suis devenue une adepte ou plutôt j’ai été obligée de m’engager dans tout ce que j’entreprenais petit à petit, sans jamais penser à un résultat possible. Je suis tellement pétrifiée à l’idée de revivre le choc de voir quelque chose s’arrêter du jour au lendemain que je ne sais pas me projeter . Je sais qu’aujourd’hui, c’est la mode du slow, du pas à pas, que c’est quelque chose qui peut passer comme étant très positif. C’est vrai mais tout dépend du contexte et dans mon cas, ce n’est pas un choix. D’ailleurs, pour que vous compreniez, je vais vous raconter une anecdote. Vous savez, je vis tellement dans le quotidien, dans le jour après jour que  lorsqu’en juin 2005, j’ai entendu mon nom lors de la proclamation des diplômés en traduction de mon école, j’ai été prise de court dans la mesure où je n’avais jamais pensé à la suite.  C’est comme si jusque-là, j’avais vécu dans le déni du futur incertain qui m’attendait. En effet, tant que le filet sécuritaire des études me tenait, j’arrivais à donner le change mais une fois celles-ci achevées, je n’avais aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir faire de ma peau, je n’avais plus de boussole, d’ancre à laquelle m’accrocher, juste une violente envie de laisser la Belgique derrière moi et d’aller tenter ma chance en Espagne. Ce que j’ai fait, comme vous le savez…

Aujourd’hui encore, je ne sais toujours pas faire de projets, enfin si j’en fait mais je n’avance que lentement ou par à-coups, lorsque je sens que tous les dangers sont écartés ou que j’en ai tellement marre d’être prudente que je décide de me jeter à l’eau sans réfléchir. A cause de ces réactions qui peuvent passer pour deux extrêmes, certaines personnes ont émis l’hypothèse que je devais être bipolaire et d’autres très libre. Étrange parallèle. En vrai, je suis juste angoissée et encore un peu traumatisée.

Heureusement, les différentes thérapies entamées,  une profonde remise en question et  mes différentes lectures, visionnages de films, conférences et tutti quanti, m’ont permis de comprendre beaucoup de choses. Il y a encore des zones d’ombre bien sûr mais mon état actuel est, compatible avec une vie épanouissante. Du moins, je le crois. Je sais profiter de la vie. Je sais prendre mon temps.. Quand je dis quelque chose, je le fais toujours. J’ai trouvé un équilibre, précaire peut-être mais il me satisfait et malgré l’angoisse qui m’étreint encore parfois, je vais bien.

Quelques nouvelles

Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire mes états d’esprit du vendredi (je vais sûrement arrêter, dans la mesure où mon défi d’un an est plus ou moins relevé) mais je vais vous donner quelques nouvelles. Je me rends compte qu’à part ces eev, il y a plus d’un mois que je ne publie presque plus rien. Le pourquoi est simple: des problèmes, des problèmes et encore des problèmes.

Il y a les soucis de santé et les examens médicaux que je ne cesse d’enchaîner. La fatigue m’empêche de réfléchir et de construire des phrases viables. C’est très frustrant pour moi.

Il y a également des soucis avec le syndicat de la copropriété de mon immeuble dont le comptable, complètement nul, ne cesse de m’envoyer des factures faramineuses totalement floues et injustifiées. Je dois aller voir un avocat mais avec ma santé actuelle, ce n’est vraiment pas facile et je vais au ralenti. Je ne vais pas rentrer plus en détail mais juste vous dire que je me sens comme quelqu’un qu’on veut mettre en prison alors qu’il est innocent.

Malgré tout, je tente de voir la vie du bon côté et de me dire que ce n’est qu’une phase, un creux, un trou noir. J’ai de la chance d’avoir un fils qui transforme le négatif en positif, mon frère toujours bienveillant et quelques amis bien présents.

Je vous laisse avec ma chanson de la semaine.

 

S’engager pour améliorer le sort des monoparents

Je suis une mère célibataire. Tout le monde le sait. Je ne le cache pas et à vrai dire, je m’en fous. C’est ma réalité depuis que mon fils a 1,5 ans et c’est tout.

J’en ai beaucoup souffert jusqu’à ses 3,5 ans-4 ans mais pas pour les raisons auxquelles tout le monde pourrait penser.

Dans mon cas, j’étais malade, au chômage et je n’avais quasi plus personne autour de moi. Des circonstances de la vie qui font que…

Lorsque j’ai commencé à aller mieux, je me suis dit qu’il n’était pas normal de traverser ce que j’avais traversé: un accès pratiquement impossible au logement , au travail et à des soins de qualité. J’habite en Belgique, pas au Zimbabwe.

J’avais envie de me battre mais je ne savais pas comment.

En 2017, j’ai entendu parler d’un groupe d’étude et de travail sur le thème de la monoparentalité et j’ai décidé d’y participer.

Grâce à tout le travail accompli, une maison de la monoparentalité a ouvert ses portes il y a quelques jours à Bruxelles. Des permanences pour les parents y sont organisées. Ils (je dis « ils » mais 80% sont des « elles ») peuvent venir demander un soutien psychologique, juridique, social gratuits.

Un site internet a également vu le jour et à la veille des élections législatives belges, nous avons lancé une brochure de revendications de mamans solo.

Évidemment, ce n’est pas énorme mais les choses bougent et j’observe une conscientisation progressive de la population. Bon, il y a toujours des gens restés en 1967, mais ça va, avec le temps, ils deviennent une minorité.

Comme j’étais contente de mes actions mais que je trouvais que ce n’était pas suffisant, fin de l’année dernière, j’ai rejoint l’association Le petit vélo jaune. Une organisation de soutien à la parentalité qui a pour mission d’aider les parents en difficulté dans ce rôle ô combien challengeant. Inutile de dire qu’il y a plein de mamans solo qui y sont envoyées ou qui font appel à cette assoc.

Personnellement, je « m’occupe » d’une toute jeune mère de deux petits garçons de 2 et 4 ans. Ses principales difficultés: l’isolement et le manque d’information par rapport à ses droits.

Mon rôle dans l’affaire est de l’aider à retrouver du plaisir avec ses enfants, l’aider pour les sorties, l’accompagner pour certaines démarches difficiles à faire avec deux petits et lui permettre de vider son sac. C’est simple et compliqué à la fois.

Mon accompagnement, je ne l’ai pas commencé depuis longtemps mais pour le moment, ça se passe très bien. J’ai l’impression que le contact est assez naturel entre la maman et moi.

Outre l’accompagnement à proprement parler, les bénévoles participons également à des soirées d’échanges de vécus et des petites formations en vue de mieux comprendre le quotidien de ces parents.

Je trouve qu’il s’agit d’une magnifique initiative complètement nécessaire et pour le moment, je suis contente d’en être.

Pour en revenir à ma propre situation, je dirais qu’elle reste fragile mais stable dans l’instabilité. Mon cercle amical et social s’est beaucoup agrandi. Je m’entends bien avec le père de mon fils. J’habite aujourd’hui un bel appartement mais dans une copropriété où les soucis se multiplient. Ma santé est précaire, je ne travaille pas mais je tiens et mon fils va très bien.

Voilà, vous savez tout.

Quand loisir ne rime plus avec plaisir

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J’arrête. J’en peux plus. J’en ai marre. J’ai fait le tour.

Ce n’est pas ce que je croyais. Il y a erreur sur le contenu.

On nous avait vendus de la bienveillance, du non-jugement et c’est faux.

Pourtant, ça avait bien commencé .

J’y avais cru, je m’étais lâchée et ça avait donné de belles choses, je crois.

De l’humour, beaucoup, parce qu’il y a ça en moi.

Et puis, il y a eu cette remarque, ce « Laisse-là se démarquer, elle qui aime tellement ça »

Choquée, j’en ai été. C’était du « je prône une chose et je fais le contraire ».

Je n’aime pas, je ne sais pas gérer.

Mais j’ai été paralysée et j’ai laissé passer parce que je me disais que ce n’était que 2h30 de temps en temps et puis, le plus important: que j’apprenais des choses.

J’ai cru oublier et j’ai continué. Sauf que la retenue s’est installée en moi. Sauf qu’au fil du temps, je trouvais de moins en moins de cohérence à ces soirées. Des consignes avec un lien qui ne se fait pas, du flou, et un projet global qui ne me dit plus rien. Je me suis perdue.

La goutte, ça a été ce « je n’ai rien compris à ton texte »…Comme si j’avais écrit du chinois. Non, ce n’était pas le meilleur mais tout le monde savait de quoi je parlais. Je n’avais pas eu le temps (je suis de plus en plus lente), avais voulu explorer de nouveaux horizons, changer de registre, utiliser de nouveaux mots. C’était bâclé mais ce n’était pas inintelligible. Et puis, surtout, ce n’était pas grave.

On me dit que je suis trop dure avec moi-même et c’est vrai. Que j’ai un don et que je ne l’accepte pas, qui sait. Le hic, c’est qu’en même temps, on me fait passer le message contraire. Je ne comprends pas. Je ressens de la pression, une ambivalence, et ces maladresses, si elles en sont, je n’y arrive plus. Paradoxe? Jugement? je n’ai plus envie de savoir.

Un loisir, ça doit être léger et là, ça ne l’est plus, alors je préfère tirer ma révérence et aller voir, le cas échéant, si l’herbe est plus verte à un autre endroit.

Je vous quitte. Au revoir.

L’impro, quand t’es maman solo, ça n’existe pas!

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Non, l’improvisation, quand t’es maman solo, ça n’existe pas, bordel! Titre qui exprime mieux ce que je ressens à cet instant. Et pourquoi, je vous parle de ça? parce que, souvent, je suis confrontée à des situations où des gens, en dernière minute, changent leurs plans et/ou me proposent des trucs excluant mon fils …

Je vais vous donner quelques exemples pour que vous compreniez de quoi je veux parler.

D’abord, il y a le cas de ma chère animatrice d’atelier d’écriture (j’avais déjà écrit un article au sujet d’un commentaire, totalement, déplacé qu’elle avait balancé sur moi, l’année dernière) qui annule un stage prévu depuis deux mois, deux jours avant la date dudit stage. L’année passée, à son commentaire, je n’avais pas su réagir mais j’avais dit: je ne laisserai pas passer la prochaine bourde. Du coup, comme on ne s’est pas vues entretemps, j’ai décidé de lui envoyer un mail exprimant ce que je pensais de sa décision d’annuler cette rencontre en dernière minute. Je me souviens d’avoir utilisé l’expression « pas classe » et de lui avoir parlé du fait que j’avais du m’organiser et que je n’étais probablement pas la seule. Sa réponse? qu’elle était désolée d’avoir bousculé mes plans (!!!), qu’on était deux seulement à avoir confirmé (elle dira trois plus tard dans un autre mail envoyé à tout le monde et j’apprendrai encore un peu plus tard qu’on était au moins quatre) et qu’elle rentrait juste de vacances (tant mieux pour toi si t’es partie en vacances, mais ton taf, c’est ton taf et il faut le faire correctement). Lundi, je répondrai à son mail en live pour lui expliquer que ce n’est pas mes plans qu’elle a bousculés (pour reprendre son expression) mais que son manque d’organisation avait empiété sur le temps passé avec mon fils, étant donné que je me revoyais mal appeler son père pour tout changer à nouveau.

Ensuite, celui d’une amie (célibataire, sans enfant.s) de très longue date avec qui je sens que je m’éloigne depuis environ deux ans et sa proposition: »je me suis dit qu’on pourrait aller boire un verre avant mon cours, si tu n’avais pas le petit »…Euh, ben bien sûr, je suis à ton entière disposition et puis, tant que t’y es, dis moi direct que le petit te dérange ». C’était un jour de semaine après l’école et j’ai toujours mon fils après l’école, vu que c’est moi qui vais toujours le chercher et qu’elle le sait…De toute façon, la proposition présentée comme ça, je ne l’aurais pas acceptée même si j’avais été seule ce jour-là.

Enfin, et pour ne parler que de ce cas-là, il y a l’exemple du mec non-parent que tu as rencontré il y a quelques semaines et qui te sort: « qu’est-ce que tu fais ce soir? on pourrait… » Il était clair qu’il ne se rappelait pas que j’étais maman pour me présenter la chose comme ça. J’avais mon fils ce soir-là, je l’ai coupé tout de suite.

Alors, je sais que les mères (je dis mères parce que nous sommes 85% à avoir la garde exclusive ou principale de leur.s enfant.s et que de toute façon, un mec qui s’occupe de sa progéniture, c’est tellement beau, n’est-ce-pas?) célibataires, nous sommes une plaie pour la société. Je sais aussi que nous venons, pour la plupart, de familles nucléaires (oh mais quelle drôle d’expression) dont les parents n’étaient pas divorcés lorsque nous étions petits mais bordel, est-ce que ce serait trop demander  de réfléchir un peu et de se dire que peut-être, en tant que parent séparé, on ne peut pas improviser, que tout doit être réglé comme du papier à musique, qu’un enfant petit ne reste pas tout seul ou mieux, de se rappeler, tout simplement, que cet.ces enfant.s existent!!??

J’en peux plus d’avoir toujours l’impression d’être la personne en faute ou de devoir me justifier parce que mon couple n’a pas marché et que du coup, je me suis retrouvée dans une situation peu enviable, mais j’insiste…de plus en plus fréquente et pas si horrible que ça, au final. Et j’en ai encore plus ras-le-bol de cette société excluante de tout ce qui ne rentre pas dans ses cases minuscules, plus du tout adaptées à la majorité des gens qui en font partie, aujourd’hui. Vivement que le temps passe et que nos enfants grandissent. Ils seront beaucoup plus ouverts et riches à l’intérieur et le monde deviendra plus sympa (je délire mais je le crois en bonne partie).

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