Maladies de femmes #2

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Comme promis, je reviens avec le deuxième article consacré aux maladies de femmes (le premier est ici)que je connais parce que je les subis.

Aujourd’hui, on va donc parler du papillomavirus ou HPV (human papillomavirus).

Le papillomavirus n’est pas une maladie mais une infection sexuellement transmissible. C’est un virus asymptomatique avec lequel 80% des hommes et des femmes vont être, au moins une fois, en contact au cours de leur vie dans la mesure où un des seuls moyens de l’éviter, c’est de n’avoir qu’un.e seul.e partenaire  durant toute son existence et que ce soit, pareil pour le/la partenaire en question. De plus, elle s’attrape très facilement, parfois même, par frottement avec une surface infectée (du corps de l’autre, je précise). Dans la majorité des cas (mais pas tous), le virus est éliminé naturellement, grâce à notre immunité.

Il est très difficile de savoir qui nous l’a transmis parce que l’infection met un temps dingue (jusqu’à 10 ans) à se développer. Chose qui veut dire qu’on peut être porteur sain pendant tout ce temps sans que des changements cellulaires n’apparaissent sur un frottis ou qu’on ait des condylomes (verrues en forme de crêtes de coq). Il est évident qu’on peut contaminer, également, d’autres personnes pendant tout ce laps de temps.

Personnellement, je l’ai su en faisant un frottis de routine l’année dernière. A cette époque, le changement cellulaire était tellement minime qu’on ne voyait pas encore ce dont il s’agissait (c’est en tout cas, la version de la gynéco, la même qui me disait que mes douleurs menstruelles étaient dues à mon utérus rétro-versé, donc bon). Cette « professionnelle » était très optimiste (ou indifférente) et pensait que mon immunité éliminerait le virus. La seule chose à faire était de surveiller son évolution possible en refaisant un frottis dans les six mois.  Malheureusement, dans mon cas, le virus n’a pas été éliminé. J’ai une infection de bas grade (légère) mais la souche (il en existe tout un tas) est une de celles qui peut faire que le virus devienne un cancer. En juin (ça aurait du être un peu avant mais comme le coronavirus est passé par là, les rendez-vous sont tous décalés), je vais devoir subir une colposcopie, autrement dit, le gynécologue va observer mon vagin, ma vulve et mon col de l’utérus (je sais, c’est glamour) avec un microscope, après l’application de colorants, pour savoir si je suis porteuse de lésions pré-cancéreuses, cancéreuses ou de rien du tout.

Pour se prémunir, il existe un vaccin qu’on conseille de faire à toutes les adolescentes entre 14 et 19 ans (possibilité de le faire jusqu’à 26 ans si on n’a pas eu de rapports sexuels avant). Malheureusement pour moi, il n’a été mis sur le marché qu’en 2006.

Alors ce qui me fâche dans l’affaire, c’est qu’en Europe ou en tous cas, dans nos contrées francophones, seules les filles étaient vaccinées jusqu’à il y a très peu alors que les garçons sont tout autant porteurs et transmetteurs. Pourquoi me demanderez-vous? parce que, en ce qui les concerne, les risques de développer quelque chose de mauvais (cancer du pénis, de l’anus par exemple) sont, extrêmement, minimes . Depuis la fin de l’année dernière en Belgique et quelque part cette année en France, la vaccination est, heureusement, prévue et, également, recommandée pour eux.

Pourquoi est-t-il important que tous les adolescents se fassent vacciner? Parce que même si le papillomavirus ne se transforme en cancer que dans de rares cas, le risque est quand même là et il serait, par la même occasion, utile de nous faire épargner tous les moments stressants qu’engendrent les visites chez le gynécologue/l’urologue ainsi que des examens couteux et pas, du tout, agréables.

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Maladies de femmes #1

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Aujourd’hui, je vais aborder un sujet que je connais, que beaucoup de femmes subissent et qui en gênent de nombreux autres . J’ai cité: les maladies de femmes et plus concrètement, l’endométriose et le papillomavirus. Deux affections dont je suis victime malheureusement.

Je ne voulais pas parler de mon endométriose. Je n’avais pas envie de me plaindre mais je me suis dit que le faire de façon didactique serait sûrement utile. En ce qui concerne le papillomavirus, c’est la colère qui me pousse à m’exprimer et vous allez comprendre pourquoi.

L’endométriose, d’abord. Le papillomavirus, ce sera pour un prochain article


L’endométriose c’est la maladie des règles. C’est une maladie gynécologique inflammatoire chronique. Dans le cadre de cette maladie, un tissu présentant les mêmes caractéristiques que l’endomètre (muqueuse qui tapisse la paroi interne de l’utérus, qui s’épaissit et qu’on élimine quand on a nos règles) se développe hors de l’utérus, dans des localisations anormales (organes gynécologiques, reins, poumons, etc) sous forme de ce qu’on appelle des lésions d’endométriose.

Sous l’influence des hormones au moment des règles, tout comme l’endomètre, ces ilots de tissus saignent, ce qui donne une réaction inflammatoire et provoque des douleurs et des adhérences avec d’autres organes.

Voilà pour la théorie.

Maintenant, la pratique et mon cas qui est celui que je connais.

Personnellement, pendant longtemps, rien ne laissait présager que j’avais ou j’allais développer cette maladie.

Jusqu’à 17 ans, j’ai mes règles quatre fois par an (peut-être un lien avec la chimio reçue jusqu’à mes presque 14 ans) . A partir de mes 18 ans, mes règles deviennent plutôt abondantes. Ce qui n’est en rien original, dans la mesure où il y a des femmes qui en ont plus, d’autres moins. A 25 ans, par contre, je me rends compte pour la première fois que si je ne prends pas d’antalgique pour calmer les symptômes, je souffre comme un chien pendant le premier, voire les deux premiers jours de menstruations. Je n’y prête pas attention dans la mesure où j’ai toujours entendu que c’était normal de souffrir pendant cette partie du mois. A 30 ans, je tombe enceinte très facilement.

En fait, ce n’est qu’en 2017 où je ressens un changement inquiétant. Mes règles passent de durer 5-6 jours, à 10-11 jours (avant l’opération, mes pertes de sang pouvaient se prolonger jusqu’à 16 jours…) Quand je le dis à ma gynéco de l’époque, elle me répond que c’est parce que j’ai l’utérus rétro-versé (euh, je l’ai toujours eu rétro-versé et je n’ai jamais eu ces problèmes avant). L’année suivante, je fais l’expérience du neurofeedback pour mon insomnie et la durée de mes menstrues diminue, drastiquement. Je me retrouve avec 3,5 jours de pertes de sang par mois…Je trouve ça étrange mais comme ça m’arrange d’en avoir moins longtemps, je ne fais rien. Je commence à, réellement, m’inquiéter à partir du mois de février 2019. Au cours de ce mois-là, sur 6 jours de règles, j’ai des douleurs qui s’apparentent à ce qu’on ressent pendant l’accouchement pendant 3-4 jours et l’ibuprofène ne fait aucun plus effet. Au mois de mai, je me mets à faire  infection urinaire sur infection urinaire (je n’étais pas du tout sujette à ce genre de souci avant) et au mois de juin, je m’évanouis pour la première fois. Plus le temps passe et plus je souffre. Lorsque je me rends chez ma gynéco pour lui faire part de mes inquiétudes, elle me ressort à nouveau le couplet de l’utérus rétro-versé et me propose de m’insérer un stérilet hormonal pour tenter de diminuer, voire stopper mes règles. Lorsqu’en septembre, je reviens pour la pose, le spéculum qu’elle essaye de m’insérer se retrouvé éjecté à l’autre bout de la pièce et moi, j’ai la sensation qu’elle a tenté de me transpercer les entrailles avec un couteau. Ne pouvant supporter la douleur, je décide de laisser tomber et elle me propose alors et comme dernier recours, une pilule d’allaitement qui ne contient qu’une seule hormone (progestatif), dans le but, toujours, d’arrêter mes règles et de mettre mes ovaires au repos. Deux jours plus tard, je me retrouve aux urgences gynécologiques chez une professionnelle qui, enfin, m’écoute et m’envoie faire une irm du petit bassin. Finalement, je serai fixée en novembre sur mon état et sur l’incompétence de la gynécologue. Le spécialiste que je rencontre m’explique très clairement qu’il ne sait pas comment elle a pu me prescrire cette pilule d’allaitement, qui selon lui devrait être retirée du marché pour son manque d’efficacité (j’ai continué à avoir mes règles malgré sa prise en continu pendant plusieurs mois) et ses effets secondaires délétères. Une échographie pelvienne confirmera le stade de la maladie (le dernier dans mon cas) et l’opération sera fixée pour janvier 2020. Depuis l’intervention, j’ai encore des gênes, des douleurs, c’est sensible mais je vais, nettement, mieux .

Pour éviter que la maladie ne récidive trop vite, le spécialiste m’a prescrit une pilule (combinée cette fois) à prendre en continu. J’ai pris un peu de poids (mais bon avec le confinement, va savoir si c’est lié), j’ai plus souvent mal à la tête mais globalement, je la supporte bien. Le fait de ne plus avoir mes règles évite un trop rapide développement des lésions. Par contre, il n’existe pas de vrai traitement destiné à l’endométriose et les femmes qui en souffrent, arrêtent d’en souffrir lorsque les règles s’arrêtent, autrement dit à la ménopause.

Cette maladie a été isolée au milieu du 19ème siècle et pourtant, les études et recherches la concernant sont rares. Elle est, par conséquent, très sous-diagnostiquée. Pourtant, il paraîtrait qu’une femme sur dix au moins en soit atteinte.. Trente à quarante pourcents des endogirls sont infertiles, voire stériles et  contrairement aux croyances, ce n’est pas normal qu’une femme se torde de douleurs et s’évanouisse quand elle a ses règles.

Les femmes sont traitées de douillettes, hystériques, faibles et lorsque nous nous plaignons, soit on minimise, soit on ne nous croit pas. J’ai eu de la chance. Il ne m’a fallu que 2,5 ans pour avoir un diagnostic mais en 2,5 ans, mes organes génitaux ont eu le temps de se retrouver collés entre eux par les adhérences qui agissaient comme de la superglu. Une grosse boule formée par du tissu endométrial a réussi à se loger à l’arrière d’un de mes ovaires et les médecins qui sont intervenus, ont eu peur pour ma fertilité. Je dis 2,5 ans mais le chirurgien m’a informé qu’il est fort probable que j’avais déjà des lésions avant de tomber enceinte, étant donné ce que je lui ai raconté de ce fameux jour à me taper la tête contre les murs de ma chambre lorsque j’avais 25 ans et que je n’avais pu prendre ma dose d’ibuprofène.

Personnellement, c’est grâce à une émission où j’ai vu Lætitia Milot en parler à la télé que j’ai compris toute seule ce que j’avais. Avant, je n’en avais jamais entendu parler. Le plus dur a été de trouver un médecin qui me prenne au sérieux et m’envoie faire les examens adéquats.

Vous savez tout maintenant. Si vous avez des questions ou des interrogations, n’hésitez pas.

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Je reste à la maison mais…

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Ci-dessous, vous trouverez le texte que j’ai écrit pour le collecti.e.f 8 maars de Bruxelles dans le cadre de la campagne conçue par les camarades italiennes de NON UNA DI MENO et dont le but est de casser la solitude du confinement, de récolter les témoignages de celles qui paient le prix de cette situation d’urgence, de créer des liens, partager des outils et des informations pour nous entraider et nous soutenir, pour lutter ensemble. «  »

« Je reste à la maison mais tout le monde s’en fout. Je ne suis qu’une mère solo au foyer que son état de santé précaire a obligé à choisir entre le boulot et son enfant il y a déjà quelques années .Mon cas n’est pas étudié, je ne suis représentée nulle part. Je fais partie de la caste des invisibles.

De quoi je me plains, n’est-ce pas ?Je suis sur la mutuelle et « grâce » à mon statut de « chef de ménage », je « gagne » sans doute plus, actuellement, que certains travailleurs qui se retrouvent au chômage technique ou permanent. La différence, c’est que les femmes comme moi, nous n’existons pas. Par conséquent, nous n’avons ni la possibilité de nous plaindre ni de dire que tout va bien, quand c’est le cas.

Cette crise nous divise en lignes, si j’ai bien compris. Il y a, d’abord, les « héros » du moment qui sont, pour la plupart, des héroïnes-même si elles n’aiment pas être appelées comme ça pour les raisons que l’on connaît et que, personnellement, je cautionne – qui vont, pour les moins chanceux.ses d’entre iels, finir au casse-pipe par manque de matériel ; ensuite, viennent les autres travailleurs des secteurs essentiels (caissiers, éboueurs, facteurs et toustes celleux que j’oublie…), puis, les parents ou non-parents qui télétravaillent et enfin, les autres, les rebuts ou les inutiles parce que trop vieux, chômeurs, au foyer, sdf, migrants, prostitué.e.s et/ou malades. Et je ne parle même pas des enfants qui sont, pour moi, les vrais parias de cette crise sanitaire sans précédent.

Donc voilà, pour ma part, mon confinement, cinq jours par semaine (mon fils est deux jours chez son père en moyenne), c’est le ménage, la popote, l’administration de l’appartement, m’occuper d’un petit gars bien sympa de 8 ans, faire la prof, éviter (comme je peux) de péter les plombs pour que lui ne pète pas les siens, à son tour, aller prendre un bon bol d’air (de moins en moins car vu qu’on nous a tellement mentis sur la maladie, je ne sais plus qui croire) parce qu’on en a le droit, partager des trucs sur FB ou d’autres réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il se passe (situation dont, en tant que patiente, j’étais déjà bien consciente avant le corona), parler au téléphone avec ma mère qui est en chimio, chatter un peu avec des ami.e.s ou connaissances, lire, essayer de me concentrer sur une série ou un film et écrire parce que j’en ai besoin, que c’est gratuit et que je ne risque pas de refiler mes microbes éventuels (le dépistage en masse, ce doit être pour une autre galaxie) à quelqu’un en le faisant. Rien de palpitant, juste de quoi, et contrairement à ce que la majorité des gens pense, être bien occupée et lessivée à la fin de la journée.

J’ai bien conscience qu’il y a pire ailleurs, que ce qui me fait peur, c’est l’angoisse d’être en train de revivre le cauchemar d’une époque où j’étais résumée à mon seul rôle de mère. C’est l’angoisse de craindre que tout ce que j’aurais mis des années à (re)construire sera peut-être anéanti en quelques semaines, quelques mois. C’est l’angoisse de voir mon fils traumatisé-ou pire- par cette saloperie. C’est l’angoisse de penser que peut-être, à la fin de la bataille, il manquera des gens parmi les miens et que je n’aurais même pas pu leur dire au revoir….

C’est tout ça et encore plus. Cependant, comme je le disais au début de texte, je reste à la maison et tout le monde s’en fout puisque je ne suis que mère solo au foyer et que, par conséquent, je fais partie des gens qui ne sont rien. »

Remarque: comme je l’ai dit, il y a bien plus à plaindre que moi. Ma principale source de préoccupation en ces jours de confinement est de ne pas avoir de balcon ou de terrasse. Cependant, je voulais écrire un texte fort, qui résonne, parce que je pense à l’après corona et l’après corona, si on s’en sort, il va être dur. Je ne me fais pas d’illusion, je suis tout en bas de l’échelle, je vois le gouvernement agir au détriment de sa population et je ne vais pas le cacher, je crains l’avenir qui m’attend.

La douleur

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Je fais une pause dans mon journal de quarantaine pour vous parler d’un ressenti. En fait, j’ai compris que je devais me rendre à l’évidence: je suis en souffrance . J’aurais voulu dire autre chose…Que cette période me permettait de faire ce que je remettais sans cesse à plus tard (même si aussi) ou de profiter des petites choses de la vie (pas besoin d’être enfermée pour ça)…Mais il n’en est rien… Je dois le reconnaître: la souffrance pour les épreuves de ces derniers mois balaye tout sur son passage.

Depuis novembre, je n’ai cessé d’accumuler mauvaises nouvelles et coups durs (cancer de ma mère, attaques de panique de mon fils, endométriose et infertilité pour moi) et ce qui me faisait tenir bon gré, mal gré, c’était l’action. Je n’arrêtais pas. Parce que je ne voulais pas et parce que je ne le pouvais pas. J’étais en mode warrior et recherche de solutions. Peut-être même en pleine fuite en avant.

Depuis que le confinement a commencé, je n’ai eu d’autre choix que de me poser. Même si je suis bien occupée par mon rôle de mère au foyer temps-plein, je suis aussi, pour la plupart du temps, cloîtrée entre quatre murs et j’ai, dès lors, tout le loisir de penser.

Penser dans ce genre de contexte se traduit souvent par ruminer. Je rumine donc et je souffre.

Au début, j’ai un peu culpabilisé. Je me disais: tu ne peux pas traverser cette épreuve, philosophiquement, comme d’autres? et puis, une nuit d’insomnie, j’ai accepté qu’elle était là ma douleur et qu’elle avait toutes les raisons d’y être.

On n’est pas dans un film et elle n’a pas disparu dès que je lui ai dit « oui » et que je lui ai fait une place. Non, mais je sais que l’accepter est la seule voie possible. Autrement, je finirais par imploser. Je suis bien placée pour savoir que lorsqu’on n’accepte pas ce qui nous arrive, on est comme un robinet qui fuit lentement mais qui fuit toujours. Moi, j’ai décidé de l’ouvrir une bonne fois pour toutes et de voir ce qu’il se passe. Cela ne veut pas dire que je vais me coucher et ne plus me lever jusqu’à ce qu’elle parte-chose qui n’arriverait pas- mais accepter qu’elle m’accompagne comme un mal de tête constant. Certaines fois, fort et intense. D’autres, plus discret. Ce n’est pas facile mais c’est la seule solution, je crois.

Je ne sais pas pourquoi j’écris un article sur un sujet aussi banal. Peut-être juste le besoin de se dire que ça va de dire que ça va pas.

Adèle Haënel, on la hait ou on l’adore…

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Adèle Haenel (Suzanne, 120 battements par minute, Portrait de la jeune fille en feu, etc) est la première actrice française à avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma français.

Les faits remontent à quand elle avait entre 12 et 15 ans et elle en a parlé publiquement à 30. Les détracteurs, je les entends déjà: pourquoi n’a-t-elle pas parlé avant? Puis, elle parle et ne porte pas plainte, c’est que ce ne doit pas être vrai ou pas si terrible (elle finira par porter plainte fin novembre 2019).

Alors pourquoi n’en a-t-elle pas parlé avant? Je réponds « oui » qu’elle l’avait fait (différentes sources dont la journaliste Marine Turchi le confirment), elle l’a dit, elle avait prévenu des gens du milieu mais ils ne l’avaient pas vraiment écouté. Elle a porté ça, seule, pendant plus de 15 ans jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus…

Sans doute qu’elle était un peu dans le déni, qu’elle ne comprenait pas pourquoi ça l’avait atteint à ce point alors que franchement, c’est quoi des attouchements sur une gamine de 12 ans? Ce sont des petits gestes. Rien de bien méchant. Il n’y a pas de violence au sens où on l’entend. Et puis, peut-être qu’elle a mal interprété.

Dans sa déclaration sur la chaîne d’info Mediapart, elle dit que c’est #metoo et ses conséquences qui lui ont vraiment fait avoir une nouvelle perspective sur ce qu’elle avait vécu. Elle ajoute avoir regardé les documentaires sur les affaires concernant Michaël Jackson et ne plus pouvoir reculer à partir de là.

J’ai suivi cet affaire de près car c’est son témoignage qui a décidé mon amie à porter plainte. S. ne voulait pas se laisser faire mais avait peur d’aller voir la police. Lorsqu’elle a entendu Adèle Haënel dire qu’elle était consciente, à présent, que les agresseurs étaient des personnes normales et pas des monstres (tarés, le soir, dans un parking sombre ou Dutroux pour les enfants) comme on nous l’a fait intégrer depuis que nous sommes venu.e.s au monde, elle a compris qu’elle était légitime dans sa démarche et a agi.

Beaucoup ont critiqué l’actrice d’être sortie de sallelorsque Polanski a été primé « meilleur réalisateur ». Ses détracteurs ont, entre autres, argués que tous deux avaient  été présents à la cérémonie des césars 2014 et qu’à cette occasion, elle n’avait rien dit, rien fait. Ils lui ont reproché de ne pas être cohérente.

Personnellement, je la comprends et je la trouve, au contraire, très cohérente. Je vous ai déjà raconté l’histoire de harcèlement sexuel que j’ai subi de 6 à 7 ans par des camarades de classe. J’ai fait un blackout de plusieurs années (12) et lorsque je m’en suis rappelée,  je n’ai pas compris pourquoi j’avais oublié une histoire aussi « banale » et pourquoi elle m’atteignait autant. J’avais honte. Dans mon cas, le fait que ce soit des garçons du même âge que moi me faisait énormément culpabiliser. Avec #metoo, #balancetonporc et autres hashtags, j’ai moi-même commencé à voir sous un autre angle cette époque de ma vie ainsi que d’autres dont je n’ai jamais parlé ici. Aujourd’hui, je me dis: « qu’est-ce qui fait que des petits garçons de cet âge soient capables d’actes pareils? » « Qu’est-ce qui fait que des hommes, apparemment, bienveillants pensent qu’ils ont le droit d’user à leur guise du corps d’une femme? ». Réponse: on a été élevés dans la culture du viol qui fait des hommes de potentiels prédateurs et des femmes, de parfaites victimes (oui, je sais il y a des victimes hommes aussi et des femmes méchantes et manipulatrices). « Bête » exemple (mais néanmoins révélateur) concernant, justement, la tranche d’âge 4-8 ans : Jusqu’il y a peu, il était presque bien vu qu’un petit garçon soulève les jupe des filles, parce que ça voulait dire qu’il ne risquait pas de devenir homosexuel…Hum…J’ai pensé à ça car il n’y a pas longtemps, j’ai revu le film « Un flic à la maternelle » avec Arnold Schwarzenegger et il y a une scène où c’est, exactement, ce message-là qui est véhiculé. Par conséquent, c’est normal et c’est les filles qui ne le sont pas de se sentir mal à l’aise dans de telles situations. La culture du viol, ça commence au bac à sable.

Pour en revenir à Adèle Haënel, personnellement, ce que j’admire chez elle, c’est qu’elle agit en humaine au détriment peut-être de sa carrière d’actrice. Elle s’est réveillée, éveillée et porte un combat, une rage. Elle veut que les choses s’améliorent et que la honte change de camp. Vous aurez compris, moi, je suis dans le sien, de camp.

 

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Congeler mes ovocytes ou pas?Un choix cornélien

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J’ai toujours voulu avoir deux enfants. C’est irrationnel, viscéral et je ne cherche pas à en trouver le sens. C’est juste comme ça.

Malheureusement, depuis que je me suis séparée du père de mon fils, je n’ai rencontré que des dingues et je ne crois pas exagérer en disant ça. Ma santé ne me permettant pas de faire un deuxième bébé « toute seule » (il y en a qui le font mais je trouve que c’est la pire idée du monde), j’ai laissé passer le temps, tout en croyant dur comme fer que ça se ferait (je suis un brin idéaliste malgré tout).

Lorsque le diagnostic d’endométriose m’a été posé, je n’ai pas vraiment réfléchi aux conséquences que cette maladie pouvait avoir sur ma fertilité. J’avais vaguement lu des choses sur le sujet mais comme le docteur ne m’en parlait pas, qu’il avait d’abord décrété que la maladie n’était pas aussi sévère que l’analyse faite par les radiologues le laissait penser pour revenir ensuite sur ses dires, et que j’étais, de toute façon, accablée de problèmes en tous genres, j’ai un peu mis l’histoire de côté, dans un tiroir de ma tête.

Finalement, ce n’est que lors de mon rendez-vous post-op qu’il m’a informé sur ledit sujet et qu’il m’a dit que ma charge ovarienne était faible (encore plus que pour une femme de mon âge (39 ans le mois prochain) ne souffrant pas de cette affection) à cause de la maladie et que si jamais je voulais avoir un autre enfant, il était temps, voire presque trop tard pour congeler mes ovocytes. Je venais d’apprendre pour la chimio de ma mère et j’ai été un peu abasourdie par la nouvelle. Je crois n’avoir presque plus rien dit à partir de ce moment-là, tellement j’étais sonnée.

Du coup, je me dis: congeler mes ovocytes pour une hypothétique grossesse qui n’aura sans doute jamais lieu, est-ce que ça vaut la peine? Pour éviter de devoir le faire, il faudrait que je me trouve un mec qui tombe raide dingue amoureux de moi en moins de deux (et moi, de lui, cela va sans dire mais je le dis quand même), qui ait conscience de ma réalité et qui accepte que ma santé est pas terrible-terrible et que par de ce fait, je ne travaille pas, qui veuille avoir un enfant dans les plus brefs délais et qui prenne une place dans la vie de mon bonhomme de déjà 8 ans. Mouais, dans une autre vie moins difficile, je me serais dit, c’est possible mais dans celle qui est la mienne, je me dis: peu probable. En même temps, si je ne le fais pas et que finalement, par miracle, je rencontre l’exception qui confirme la règle et qu’il veut un enfant et que je ne peux plus en avoir, ne vais-je pas le regretter et risquer de tomber dans une dépression sans nom et, surtout, sans fin? Comment savoir?Je pourrais le faire au cas où, n’est-ce-pas, mais suis-je légitime, est-ce que le faire aurait un réel sens? Ne suis-je pas déjà un peu trop vieille ? Aurais-je le courage de souffrir à nouveau physiquement pour préparer un truc qui a plus de chance de ne pas se produire que d’arriver?

Hier, j’avoue, j’ai craqué. Je me suis dit: mais merde, encore ça en plus? Je ne suis pas prête à faire le deuil de cet enfant inexistant.

Aujourd’hui, je suis en plein questionnement.

Demain…demain sera un autre jour.

Demandez conseil, je pourrais… mais à qui? Je suis toujours celle de mon entourage à qui tout arrive.

La seule chose que j’ai envie de dire c’est que ce n’est pas juste et que j’en ai marre.

 

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Ça craint mais on tient

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Oui, ça craint. J’en avais déjà parlé et les soucis n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique.

Le 17 janvier, j’ai été opérée pour une endométriose de stade 4 (ça fait peur, dis comme ça mais on n’en meurt pas) et la convalescence prend un peu de temps. C’est normal. J’ai été, pratiquement, immobilisée pendant plusieurs jours avec ma mère à mon chevet.

Par la suite, le petit a passé une gastroscopie pour des soucis qu’il trainait à l’estomac depuis août 2019 et pour lesquels les médecins traitants nous avaient prodigués idées et astuces qui n’ont pas fonctionné. On les a abandonnés pour se tourner vers une spécialiste qui, elle nous a vivement conseillés de lui faire passer l’examen étant donné les antécédents gastriques de toute la famille. Première partie du diagnostic: œsophagite. La deuxième, on l’aura fin du mois.

Puis, ma maman et son cancer du côlon. Opérée le 30 décembre, elle était sans nouvelles depuis et ne savait pas si elle devrait « faire de la chimio » ou pas. Finalement, le verdict est tombé jeudi dernier et malheureusement, la réponse est oui. Pendant 6 mois. Parce qu’un de ses ganglions autour du côlon a été touché par la maladie.

Enfin, en ce qui concerne mon amie et ses agressions, son ex a été convoqué et aurait avoué (selon ses dires à lui et on n’y croit pas une seule seconde) le 31 décembre et depuis, on ne sait plus rien non plus. Elle n’a pas beaucoup d’espoir sur la suite des événements dans la mesure où le viol (dit) conjugal est, souvent, encore plus difficile à prouver que les autres.

Comme vous pouvez vous en douter, on n’a pas eu droit à un moment de répit depuis pas mal de temps déjà et ce n’est, parfois, pas évident de ne pas craquer. Il y a des jours où ça va, et des jours où ça se morcelle de partout. On a beau savoir que c’est un cycle, ce n’est jamais facile quand on est en plein dedans.

J’espère revenir bientôt avec de meilleures nouvelles.

Réfléxions sur le féminisme #2

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Il y a 6 ou 7 mois, j’avais écrit un premier texte sur ce sujet.

Je vous avais expliqué où j’en étais dans mes réflexions et de mon malaise face au mot « féminisme« .

Au vu des derniers événements dans mon entourage et de tout ce que j’entends, j’ai beaucoup potassé. Aujourd’hui, mon malaise a (presque) disparu et je vais vous expliquer pourquoi.

Comme je vous l’avais confié, je n’aimais pas le mot « féminisme » car il se finissait en -isme et que, finalement, il me renvoyait à tous ces termes horribles terminant par ce même suffixe (exemples: nazisme, racisme, totalitarisme) ainsi qu’au vocable machisme. Sauf que j’oubliais un détail. Le mot machisme vient de l’espagnol « macho », qui fait référence à « mâle« . Son équivalent féminin dans la langue de Cervantes serait » hembrismo« , un terme ayant pour racine le mot hembra qui signifie femelle . Par conséquent, en français, l’équivalent de « hembrismo » serait « femellisme » ou mysandrie si vous préférez. Or, ce n’est pas le cas de féminisme qui renvoie plutôt à « femina » signifiant femme.

Plus important que le terme, c’est ce vers quoi l’idéologie tend. Le but du féminisme, c’est l’égalité hommes-femmes et pas la supériorité du genre féminin. D’ailleurs, un certain courant du féminisme est même pour l’abolition de la binarité des genres masculin-féminin et un autre, le plus radical de tous, serait, carrément, pour la fin du genre, en général. Il va sans dire que bannir ces constructions sociales créerait une confusion au début mais ferait, à terme, disparaître pas mal de soucis liés, par exemple, à l’orientation sexuelle, ou à la transsexualité.

Ma peur quant au féminisme comme je le comprenais, c’était vraiment l’exclusion des hommes. Cela m’embêtait parce que j’ai accouché d’un projet d’homme il y a 8 ans, que j’aime les hommes et que je suis convaincue qu’on doit faire le chemin ensemble. Comme je l’ai déjà dit, c’est magnifique que l’éducation des filles ait changée (du moins, dans nos contrées) et que l’on nous élève en nous assenant qu’on peut tout faire, s’habiller comme on veut, coucher avec qui on veut, comme on veut…mais si on n’apprend pas aux hommes à respecter les femmes, à renoncer aux privilèges qu’ils ont reçus par le simple fait d’être nés avec un sexe masculin, à (very important) les laisser exprimer leurs émotions (oui, un garçon, ça peut pleurer, jouer à la dînette ou avec des peluches, préférer la lecture au football) et en résumé, à ne plus exercer leur mépris envers tout ce qui est dit féminin, on ne s’en sortira jamais et les catastrophes continueront d’arriver.

Comme vous le lisez, c’est un vaste chantier dans lequel je me suis lancée, ou un chantier vaste mais il est passionnant et j’apprends des tas de choses qui risquent de beaucoup me faire évoluer dans les mois et années à venir.

 

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A l’aube de cette nouvelle décennie* qui commence

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A l’aube de 2020, je me retourne sur le 31 décembre 2018 vers 23.00 lorsque je prenais les transports bondés pour rentrer tranquillement chez moi dans l’espoir de dormir du sommeil du juste (les fêtes imposées sont un concept un peu compliqué pour moi).

Je me suis retournée sur la relative insouciance de cette fin d’année-là parce que c’est la seule dont je me souvienne avec presque précision (les antidépresseurs ayant bousillés mon sommeil et une partie de ma mémoire) et j’ai pu comparer avec la fin de celle que nous venons de terminer.

J’ai aussi été chercher plus loin dans le passé et ai pris conscience que la dernière décennie avait été la plus riche en événements positifs depuis la première (ma tendre enfance).

Les années 2010 ont fait de moi une compagne (même si ça n’a pas duré), une maman, une femme forte qui commence à entrevoir son potentiel et qui tente, malgré les difficultés et les soucis de santé, de saisir chaque opportunité qui se présente à elle ainsi que de faire, via ses divers engagements et à sa toute minuscule échelle, de ce monde, un endroit meilleur pour nos enfants.

Elle a mal terminé cette décennie, de la pire des façons, j’ai envie de dire. Les viols (puisque finalement, elle a réalisé qu’il n’y en avait pas eu qu’un) de mon amie, ce cancer pour ma mère, cette endométriose confirmée pour moi et les angoisses et problèmes gastriques de mon fils ont presque réussis à me faire croire que le bonheur, ce n’était, définitivement, pas pour nous. Heureusement, j’ai assez vécu aujourd’hui pour comprendre qu’il s’agit d’un cycle, un mauvais, certes, mais que comme tous les autres avant, il aura une fin. Je m’accroche à cette idée pour ne pas baisser les bras et ne pas paniquer.

J’ai énormément appris et évolué au cours des dix dernières années (je parviens même à me projeter un peu sur ce que j’ai envie de faire) et je souhaite de pouvoir continuer sur ma lancée. Les tempêtes arriveront toujours mais elles laisseront moins de séquelles si on apprend à les accepter et à les gérer un minimum. J’espère que la vie m’apportera plus de légèreté quand même et une meilleure santé (qui sait).

Je vous souhaite de très belles années 20.

*Je dis ça mais apparemment elle ne terminera que le 31.12.2020 et la vérité, c’est que je m’en fous parce que ma décennie à moi commence et termine quand je le veux bien.

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Parce que #metoo

harcèlement petite fille

J’ai 6,5 ans. Je suis en première primaire. Je sais lire, écrire et compter. Je n’ai rien à faire en première primaire. Pourtant, on m’y laisse et le harcèlement commence.

Je suis joyeuse et naïve et je préfère la compagnie des garçons. Je m’entends mieux avec eux. Nos rapports sont plus naturels et j’ai confiance (je n’ai aucune raison de ne pas avoir confiance. Nous ne sommes que de jeunes enfants, après tout).

Un jour de janvier, l’un d’entre eux m’attire dans un coin de la cour et d’autres nous suivent. Pour m’embrasser (ils essaient de faire rentrer la langue mais je serre tellement fort les dents qu’aucun n’y arrive jamais), me toucher , me peloter, me déshabiller. Je me débats, je ne veux pas de tout ça. Je le rappelle, nous avons 6 ans à peine lorsque ça commence, 7 lorsque ça se termine.

Le jour où je réussis à m’extirper de leurs griffes, je cours chez la maîtresse et en me voyant aussi apeurée, elle me demande ce qu’il s’est passé. Je ne veux pas lui raconter. Je suis submergée par deux sentiments: la honte et la culpabilité. Honte de quoi ? Coupable pourquoi?  Je ne sais pas, je n’ai rien fait de mal. Le pire c’est que lorsque aujourd’hui, je me rappelle ces faits, les mêmes sentiments m’envahissent et je ne sais pas plus expliquer pourquoi. L’éducation que j’ai reçu en tant que fille y est sans doute pour quelque chose mais dans quelle mesure, je ne sais pas.

Pendant des mois, ces garçons dont je ne me souviens ni du visage, ni du prénom, ni du nombre ont joué le même « jeu ». Pendant des mois, je ne voyais rien venir avant que ça ne se produise. Pendant des mois, les profs n’ont rien remarqué (ou ont fait semblant de ne rien remarquer). Moi qui pensait qu’elles étaient là pour surveiller, je me suis bien gourée. Papoter entre elles, c’est ce qu’elles faisaient la plupart du temps. Ah oui, et crier sur nous, parce que ça, elles aimaient bien.

Mes souvenirs sont vagues, faut pas croire car plus de trente années sont passées et que j’ai oublié, refoulé pendant longtemps. Mon premier flash des agressions, puisque oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, je l’ai eu à 19 ans, lorsque ce joli garçon métisse (moitié réunionnais-moitié espagnol, olala) par lequel j’étais attiré m’a embrassée de force et que je l’ai repoussé violemment. Pourtant, j’étais déjà sortie avec quelqu’un. Je n’étais pas très expérimentée, certes, mais ce n’était pas la première fois. Je n’ai pas compris pourquoi cet « incident » a fait remonter ses souvenirs. Peut-être était-ce du au fait d’avoir été forcée à nouveau. Ce jour-là, j’ai compris pourquoi mes rapports avec les garçons étaient devenus si compliqués. Parce que oui, entre temps, ils l’étaient devenus et un sentiment de méfiance m’accompagnait depuis des années, sans trop savoir pourquoi.

Est-ce que j’en ai parlé ? Non ou peut-être à ma meilleure amie de l’époque mais alors brièvement. J’avais tellement honte, n’est-ce-pas ?

Ce n’est qu’à l’aube de ma 35ème année que, finalement, j’ai osé m’ouvrir sur le sujet. D’abord à ma mère. Puis, à ma psy de l’époque (qui n’était pas très à l’aise avec le sujet et que j’ai laissé tomber) Ou inversement, je ne sais plus. Toujours persécutée par cette honte, cette culpabilité mais quand même, en me disant que si ça revenait à ma mémoire de temps à autre, c’est que ça devait avoir son importance.

Il y a quelques temps, j’ai vu un film sur le harcèlement sexuel en entreprise et j’ai pris conscience du fait que c’était, exactement, ça que j’avais subi à six ans. Six ans, j’ai encore du mal à y croire, même si c’est à moi que c’est arrivé.

Ensuite, il y a eu les accusations contre Weinstein, il y a les langues qui se délient de plus en plus et j’ai compris que je n’étais pas seule, que presque toutes ou en tout cas, on était des millions (milliards?) à avoir subi ce genre de choses et/ou pire encore. Mon malaise n’a pas disparu mais je me suis, enfin, sentie le droit d’en parler. Voilà, pourquoi, je le fais ici et maintenant.

EDIT: Cet article date d’il y a plus de deux ans maintenant et ce n’est pas mon histoire la plus dramatique sur le sujet. C’est juste que le viol de ma copine par son mec fait remonter des trucs et que j’ai besoin de les partager.

#metoo #jeconnaisunvioleur #unvioladorentucamino #cultureduviol #cuéntalo