Catégorie : Super N

Tu as perdu George, mon coeur

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George, c’était ton petit singe.

George, c’était ton doudou. Enfin, pas vraiment ton doudou parce que quand tu l’as eu, c’était trop tard, dans ta vie, pour qu’il soit considéré ainsi.

George, il a permis de maintenir le lien entre nous quand je ne pouvais même pas te prendre dans mes bras à cause de ces sales douleurs, partout, dans mon corps.

George, c’était notre marionnette. Je parlais pour lui et tu lui faisais vivre plein d’aventures.

George, on lui a inventé une histoire. Il avait un an et des poussières de plus que toi, venait de Gibraltar où parfois, quand tu le laissais, il retournait voir sa mamie-chérie.

George, tu l’emmenais partout. Chez papa, chez l’abuela. Il a visité plus de pays que tes grands-parents maternels.

On en aura passé des soirées à jouer avec lui. Tu lui auras même construit deux maisons.  George, pour toi, c’était Woody dans Toy story.

Tu l’aimais tellement ton George que parfois, je devais m’assurer que tu te souvenais encore qu’il était une peluche et pas ton frérot.

George et nous, c’est fini, parce qu’hier, dans le bus, tu l’as oublié.

Quand je l’ai remarqué, tu m’as demandé si ce n’était pas à nouveau une de mes blagues et lorsque je t’ai répondu que non, tu t’es mis à sangloter. « Oh non, pas George, c’est mon jouet préféré » que tu as articulé. Tu es revenu plusieurs fois en larmes dans l’après-midi et je t’ai dit que peut-être il valait mieux que tu apprennes à vivre sans lui mais que si c’était trop dur, nous trouverions une solution.

« Oh non pas George » et pourtant, je me dis que c’est peut-être la fin d’un chapitre . Le temps est peut-être venu de laisser ton petit singe et cette partie de ton enfance derrière nous. Tu grandis mon fils. La preuve, depuis quelques jours, tu joues déjà seul dans ta chambre avec tes cd de rock en background.

Tu grandis mon bonhomme et je me demande, au final,  à qui de nous deux la disparition de George aura fait plus de mal.

 

 

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Sept

SEPT

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire mon chou (au chocolat, toujours au chocolat) et je ne vais pas faire de long (s) discours. A la place, on a organisé une belle fête avec un bon gâteau et des bougies un peu spéciales (surprise, surprise :-)). Il y a des cadeaux qui t’attendent aussi, mais pas trop, et puis, surtout tes personnes favorites autour de la table: ta famille. Oui, car tu m’as dit vendredi que pour toi, le plus important dans ta vie, c’était ta famille (Les déclarations comme ça, ça c’est vraiment toi).

Trêve de blabla. J’ai dit que je la ferai courte et je tiendrai ma promesse. Place à la fête maintenant. Bon anniversaire mon bébé (ok, plus bébé depuis longtemps) Noël , mi muñeco. Te quiero.

J’en profite pour souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année à tous mes fidèles lecteurs (spécial dédicace à mon.ma fidèle lecteur.rice de Norvège qui ne décline pas son identité et puis, à vous de Pologne qui avez, étrangement (ou pas), commencé à me suivre à mon retour de Pologne, justement).

Je vous laisse. A vendredi.

Et sinon pour les devoirs, ça se passe comment?

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Si, pour le moment aujourd’hui, je n’ai plus beaucoup de soucis avec le bonhomme pour qu’il fasse ses devoirs, les débuts n’ont pas été glorieux.

Mon fils n’aime pas l’école. Je ne sais pas si c’est à cause de son établissement, le système dans son ensemble ou autre chose, mais il a toujours souffert de devoir y aller.

Sa rentrée en primaire a été chaotique et encore, je trouve que le mot est doux par rapport au stress et à la tension que je ressentais dans son petit corps. Tout le premier trimestre, son père ou moi, avons du, pratiquement, le pousser  à l’intérieur de l’école et le laisser collé à le surveillante à attendre que la cloche sonne. C’est dire, si pour moi, ce fût un déchirement, à chaque fois.

Lorsque pour la première fois, j’ai sorti le journal de classe de son cartable et que je lui ai expliqué qu’à partir de ce premier septembre (2017), il allait devoir travailler après l’école, il m’a fait une crise. Je le comprenais, moi. Il venait de se taper une journée dans un nouveau bâtiment, avec plus de 400 gamins dans la cour pendant la récré; à devoir, tout à coup, rester assis toute la journée, écouter, commencer l’apprentissage des sons pour la lecture, l’écriture en français et en néerlandais. C’en était trop pour lui, la goutte qui faisait déborder son vase.

Que ce soit lui ou moi, on a eu du mal à rentrer dans ce nouveau rythme. Lui, pour les raisons que je viens de citer et moi, parce que son rythme d’apprentissage et le mien  différaient totalement. J’ai revécu toute ma première année de primaire pendant la sienne et  j’avoue avoir eu extrêmement de mal  à me mettre à sa place et à m’adapter. Lui, il apprenait doucement et moi, le premier jour, je savais déjà. Il m’a fallu longtemps pour comprendre qu’entre lui et moi, c’était moi qui avait eu un rythme d’apprentissage atypique et « anormalement » rapide.

Il nous aura fallu arriver au mois de décembre et aux congés de noël (ou d’hiver, comme on dit maintenant chez nous, mais ça c’est une autre histoire) pour qu’on « rentre dedans » et que le petit intègre l’idée de travail après l’école. Je ne vais pas dire que c’est devenu évident par la suite mais, en tout cas, bien moins douloureux. Il savait ce qui l’attendait et a , peu à peu, arrêter ses simagrées.

Cette année, je trouve qu’il a bien commencé. J’ai mis en place des petits jeux pour l’aider (chrono pendant qu’il fait ses calculs ou faire semblant de faire les mêmes devoirs de mon côté, pour ensuite comparer nos résultats, par exemple). Je trouve aussi que sa nouvelle titulaire est moins exigeante et jusqu’à présent, sa méthode de travail nous sied mieux.

Et sinon, chez vous, ça se passe comment?

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Mon ado de même pas 7 ans

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Depuis quelques jours, quelques semaines, mon fils est assez insupportable. Il peut être agressif, limite violent. Il crie, répond, tape, désobéi, croit qu’il sait tout et le fait savoir par des « n’importe quoi » à répétition. Alors attention, ce n’est pas encore constant. Il n’est ni toute la journée, ni tous les jours comme ça. Il ne faut pas tomber dans les clichés. Non, lui et d’autres, j’imagine, ce sont plutôt des moments, des moments très pénibles qui surviennent lorsque quelque chose le contrarie.

C’est un sujet que je n’aime pas trop aborder avec les gens que je cotoie dans ma vie IRL. Parmi eux, il y a ceux qui ne sont pas parents mais qui, quand on les entend, donnent l’impression d’avoir un master en pédagogie et qui nous sortent des discours donnant à peu près ceci: ah les gosses d’aujourd’hui, tous des démons, des êtres insupportables parce que leurs parents leur laissent tout faire, blablabla. Il y a aussi ceux (pas tous) de l’ancienne génération pour qui une bonne claque de temps en temps ne pourrait faire que du bien (j’avoue avoir déjà tapé sur les mains de mon fils mais je ne suis pas pour cette technique qui me semble confuse pour l’enfant: je te tape pour que tu arrêtes de me taper…euh, comment dire, il y a quelque chose qui m’échappe). Et puis, il y a ceux qui ont mon âge mais qui donnent une éducation extrêmement stricte à leur.s enfant.s (dans le cas que je connais, c’est juste si l’enfant a le droit de bouger) et dont je n’écouterai jamais les conseils.

Personnellement, je ne pense pas être une maman qui laisse tout faire à son fils et qui obéit à ses moindres désirs et caprices. Je suis beaucoup dans l’échange, dans l’explication, dans la conversation mais je le remets aussi à sa place quand il le faut. Je fais en sorte qu’il y ait le moins de tabous possibles entre nous et je veux qu’il se sente libre de discuter avec moi de tout ce qu’il souhaite.  Je ne suis juste pas omnisciente, humaine et la plupart du temps, fatiguée.

Un peu désespérée, j’ai cherché et glané des infos sur le net. J’ai trouvé quelques articles de blogs de mamans qui racontaient à peu près la même chose que moi et qui appelaient ça: la crise d’ado de mon 6 ans, 7 ans. En lisant les commentaires, je me suis d’ailleurs rendue compte que ce phénomène n’était pas rare du tout (à bas la culpabilité) et qu’on pouvait gentiment ou violemment s’asseoir sur la maxime: sept ans = l’âge de raison.

Dans ces articles, certains parents proposaient des solutions telles que:

des punitions: je suis d’accord dans certains contextes mais là, faut-il encore bien cibler…Le priver de son dessin animé préféré, de chocolat, d’accord, de sport ou de saint-Nicolas, pas question.

aller voir un psy: si je peux éviter de passer par cette case, ça m’arrangerait, merci et franchement, pour notre cas précis, je ne crois pas que c’est de ça dont le petit a besoin. Je sais qu’il est anxieux et qu’il a beaucoup d’énergie. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il s’est découvert de « nouveaux pouvoirs » depuis qu’il va à la kiné et qu’il a commencé à rattraper son retard moteur. Pas besoin d’aller consulter pour ça.

les sports de balle ou de combat: mon fils fait de la natation, du vélo et va à l’académie des arts de ma commune mais c’est vrai qu’il ne fait pas de sport qui le défoule. Il faut dire qu’il n’est pas très sportif et que lorsque je lui ai parlé de balle, il m’a répondu qu’il voulait bien faire des quilles (haha, du bowling). Enfin, pour ce qui est des sports de combat, Nicolas a peur dans la mesure où il n’aime pas se battre. Personnellement, je me dis que ça pourrait être une bonne idée mais je ne sais pas si l’emmener sous la contrainte se révélerait, extrêmement, positif.

Je vous avoue que pour le moment, je ne vois pas de solution parfaite. Nous avons déjà beaucoup discuté avec lui. Je pense qu’il a compris que ce n’était pas top comme comportement mais je sens encore beaucoup de tension en lui et du coup, je continue à chercher. Par conséquent, si vous avez des idées ou la solution miracle, n’hésitez pas à me les transmettre, parce que je m’inquiète. Oh oui, je m’inquiète.

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Tu iras bien, mon fils!

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Tu les as faits tous tes tests. On les a vus toutes ces docteures et maintenant, ça y est, on sait. On sait que tu as une anomalie dans l’oreille droite, un défaut que tu dois trainer depuis ta naissance et que personne n’a réussi à voir pour autant. Ce n’est pas la fin du monde, pas du tout, car même si ton anomalie restera, grâce à la kiné vestibulaire et à la rééducation, on ne verra plus rien. C’est l’ORL qui me l’a dit.

Je lui ai demandé, d’ailleurs, à l’ORL comment ça se faisait qu’à la maternité, ils ne s’étaient pas rendus compte et elle m’a répondu que c’était extrêmement difficile. J’ai réfléchi et dit: « oui, c’est tellement subtil ce qu’il a ». Tellement sournois, j’aurais du dire car c’est beaucoup plus proche de la réalité.

J’ai tellement envie de te voir courir comme tous les autres enfants de ton âge, sans que pour y arriver, ton corps parte dans tous les sens; tellement envie que tu joues à la récré sans avoir peur de ne pas pouvoir gérer le bruit et les enfants. Tellement envie que tu parviennes à sauter en arrière sans te ramasser. Tellement envie que tu piques des sprints dans les rues en pente, comme nous le faisions tous étant gamins mais aussi que tu ne doives plus dormir dans la clarté, avec tous tes nuages, tes étoiles et tes lampes torches, et que tu n’aies plus peur de te noyer lorsque je te verse de l’eau sur la tête pendant ta douche. … et que tu oublies de contrôler ton corps.

Que ça devienne naturel, que tu ne sois plus en double tâche à toujours devoir réfléchir à comment mettre tes jambes pour faire tel ou tel mouvement, que tu te fatigues moins vite aussi …

Ce n’est rien, pas grand chose, pour celui qui ne sait pas, parce que ça ne se voit pas comme ça mais moi, j’ai vécu inconsciemment dans la peur de quelque chose de pire, de quelque chose de grave. Je ressentais ton instabilité mais ne parvenais pas à y mettre de mots ou me croyais parano.

Je me répète peut-être mais tant pis, je tiens à insister: je suis contente, contente de m’être écoutée malgré cette voix dans ma tête et cette professionnelle qui affirmaient que je reproduisais ma propre histoire avec toi. Je ne reproduisais rien. Il y avait un truc et maintenant, on sait, et ça va aller, et dans six mois, tu seras réparé et on pourra dire au revoir à ton trouble de l’équilibre. Tu ne sais pas à quel point j’ai hâte d’y être, campeón.

 

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Comment apprendre et réviser sans avoir l’air d’y toucher ?

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Je fais partie de ces mamans qui ont peur que leur enfant  perde ses acquis scolaires pendant l’été mais je suis aussi le genre de maman qui dit qu’été = vacances et que les cahiers de vacances si ce n’est pas à la demande de la progéniture, c’est niet.

J’ai lu plusieurs textes qui parlaient du phénomène des fameux cahiers après que la titulaire du petit nous en ai conseillé un qui ressemblait, étrangement, à un manuel scolaire. En parcourant tous ces articles, j’ai trouvé le message des psys intéressant. Selon les professionnels interrogés, les enfants non seulement n’oublient rien de ce qu’ils ont appris pendant l’année scolaire,mais en plus, ils s’imprègneraient même de nouvelles connaissances non-scolaires qui leur serviront toute la vie. Lesquelles? Un peu de tout.

Mon fils a, par exemple, appris à reconnaître et à dessiner les drapeaux des pays participants pendant la coupe du monde. Pas de tous mais des pays que nous connaissons déjà pour y avoir déjà voyagé ou parce qu’ils signifient quelque chose pour nous (sa chienne vient d’Argentine, ma belle-sœur du Brésil). Aujourd’hui, Nicolas connait mieux que moi le sens des couleurs dans les drapeaux belge (je sais, j’ai honte) ou argentin.

Par ailleurs, N. est un fan inconditionnel de nature. Animaux, plantes, fleurs, tout y passe. Nous avons la chance d’habiter dans une capitale très verte. A Bruxelles, il y a des parcs et des bois un peu partout et depuis qu’il a terminé l’école, on en a visité plein de nouveaux. Comme c’est un enfant très curieux, il pose des tas de questions et retient les réponses (non négligeable) que nous lui donnons au moment-même ou après de multiples et pénibles (j’exagère) recherches sur internet. Comme c’est vraiment son dada, de retour à la maison, il prend un plaisir fou à faire des « livres » d’animaux et même des herbiers. De cette manière, il acquiert connaissances et vocabulaire. Que demander de plus?

A part ça, il aime aussi les histoires. Orales et écrites. Je me demande qui lui a transmis le virus? Et bien vous savez quoi? parfois quand, avant de se coucher, il n’a pas envie qu’on lise un conte de son étagère, on en crée un, oralement, de toute pièce. J’invente la première phrase, lui la deuxième et ainsi de suite. Il adore ça.

Par contre, il est vrai que je trouve certaines de ses acquisitions scolaires un peu hésitantes (la lecture et les calculs avec des résultats qui dépassent 10) et j’ai pas mal réfléchi à une façon (vraiment) ludique de fixer ce qu’il restait à fixer.

Pour les calculs, c’est pas encore très compliqué, en 1ère primaire. On prend une recette de cuisine, on lui fait additionner, soustraire ou multiplier le nombre de grammes nécessaires ou qu’il manque. Il prend ça comme un défi et le tour est joué.

En ce qui concerne la lecture, on a trouvé, parmi ses livres, des histoires qu’il peut lire seul, sans souci…Je ne lui fais pas tout lire parce que j’ai remarqué qu’il se fatiguait assez rapidement. C’est la moitié pour lui, et un demi pour moi. On fait, lui, la page gauche, moi, la page droite, par exemple. L’autre technique que j’ai trouvée, c’est celle de lui faire lire, à son insu, le nom des arrêts de métro lorsqu’on va chez la kiné qui s’occupe de lui pour son retard de développement. C’est genre: »chéri, je ne sais pas où nous sommes? qu’est-ce qui est marqué? je ne vois pas » et il s’exécute.

L' »écriture en attaché » (qu’il n’aime pas, pour le moment), il l’entraînera (je l’espère) via l’écriture de cartes postales qu’il nous écrira à sa mamie et à moi depuis son lieu de vacances avec papa.

L’orthographe, avec un jeu qu’une tante lui a offert quand il avait genre 6 mois (si si, je vous jure) et qui consiste à imbriquer des lettres pour faire des mots. On prend les sujets qui l’intéressent et c’est parti.

Quant aux cahiers de vacances, je lui en ai acheté un de mon côté et il l’utilise juste lors des longs trajets, s’il en a envie.

En me relisant, je me dis que je dois donner l’impression d’avoir tout planifié. Or, ce n’est pas le cas. Il est vrai que j’ai du mal à me mettre à sa place étant donné que personnellement, j’ai acquis toutes ces connaissances vers l’âge de quatre ans et que comme si cela n’était pas suffisant, je suis très perfectionniste, mais jamais au grand jamais, je ne pense: « tiens, on va faire ça, ça va lui servir à ça »…Non, qu’il apprenne, qu’il maintienne tous ses apprentissages c’est bien, évidemment mais tout est improvisé et chez nous, la règle, c’est « fun d’abord et surtout, pas d’obligation » parce que l’école, c’est à l’école qu’elle doit rester.

Et vous, de votre côté, que pensez-vous de ces cahiers? Faites-vous réviser vos enfants pendant l’été?

 

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J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose

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Il y avait déjà cette sensibilité aux doigts de pieds quand tu étais bébé.

Cette façon de courir un peu étrange, un peu pataude que tu as acquise, plus tard.

Et puis, cette lenteur pour descendre les escaliers .

Sans compter cette rigidité dans les jambes et ce manque de réflexes dans les jeux de balle.

A l’école, les profs s’en sont mêlées mais leurs arguments m’ont énervé. Elles étaient hautaines, condescendantes ou dans la pitié. Je n’aimais pas ce qu’elles sous-entendaient et surtout, je n’étais pas d’accord. Je te voyais, t’observais tous les jours.

J’ai réfuté ce qu’elles m’ont dit mais de mon côté, je me suis mise à chercher car je me doutais bien qu’il y avait quelque chose et il devenait urgent d’identifier de quoi il s’agissait.

Je t’ai emmené chez une psychomotricienne , très sympa, mais qui est passée à côté. Je me souviens qu’elle a dit : « il investit tout son corps, c’est le principal ». Oui, mais non.

Ensuite, chez une pédopsy qui, elle, t’a trouvé parfait (ce que tu es).

Et pour finir, un orthopédiste pour tes douleurs, la nuit et parfois, le jour.  Il a remarqué tes soucis de coordination mais a banalisé la chose en disant: « chaque enfant est différent, madame ». Oui, mais …

Le temps m’a donné raison lorsqu’à ton cours de tennis hebdomadaire, ton père et moi, t’avons vu, tenter, sans succès, de grimper, sur un banc, à 20 centimètres (!!!) du sol. Vingt centimètres ce n’est pas grand chose. Les autres enfants de ton âge y arrivaient sans forcer. Toi, tu avais besoin d’appui et il n’y en avait pas.

Suite à cet « incident », il a été décidé de te faire passer un bilan psychométrique, à l’hôpital, avec toute une équipe .

On aura vu quatre docteures au total. La première m’a effrayé. Ses questions étaient orientées, je le sentais. Elle cherchait à détecter un (horrible) type de maladie en particulier (je découvrirai lequel sur le net) et n’est pas parvenue à cacher ses propres craintes. La deuxième a très vite posé un diagnostic. La troisième t’a fait passer le bilan et m’a un peu rassurée. La dernière a confirmé le diagnostic de la deuxième.

Aujourd’hui, le mystère est dévoilé, gatín*et on sait que tu as ce qu’on appelle un retard de développement moteur avec un trouble de l’équilibre comme symptôme principal. Je sais, ça fait peur dit comme ça mais ce n’est pas si terrible.

Pour voir si la source de ton souci d’équilibre ne se trouve pas dans l’oreille interne, tu vas devoir passer une série de tests en audiophonologie.

Pour rattraper ton retard ou en tout cas, renforcer tes muscles tu as intégré un cours de natation et fais de la kiné une fois par semaine. Tu en as pour 18 semaines au minimum .

La kiné avec qui tu as débuté tes séances m’a dit que tu avais une hypotonie (faiblesse musculaire) du tronc qui pourrait très bien expliquer toutes tes difficultés. Elle a insisté sur le fait qu’il était impossible de savoir, exactement, d’où ça venait… mais moi, comme toute maman, j’ai culpabilisé. Je me suis demandé: est-ce que ce ne serait pas à cause de ci ou de ça ou encore de ça? et j’ai refait notre histoire avec des « si », alors que j’avais très bien conscience que c’était absurde et que, surtout, ça ne servait à rien.

Au moins, et c’est très bien, nous avons une réponse. Je suis soulagée. Enfin. Du moins en partie. Je sens qu’on est sur le bon chemin mais tu sais comment je suis, je te surveille, de loin, de près, tout le temps. Je ne lâche rien.

Depuis que tu es né, j’ai appris  à ne rien écouter de ce que les gens disent et à suivre mon instinct. Il ne m’a pas trompé.  Je suis ta maman pour la vie et je suis la mieux placée pour savoir. Pour sentir, j’ai envie de dire. C’est comme ça.

Je ferai tout pour que tu sois bien. Toujours. Parce que tu es ce qu’il y a de mieux en moi et que je t’aime.

 

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*petit chat en español