Catégorie : Women and life

S’engager pour améliorer le sort des monoparents

Je suis une mère célibataire. Tout le monde le sait. Je ne le cache pas et à vrai dire, je m’en fous. C’est ma réalité depuis que mon fils a 1,5 ans et c’est tout.

J’en ai beaucoup souffert jusqu’à ses 3,5 ans-4 ans mais pas pour les raisons auxquelles tout le monde pourrait penser.

Dans mon cas, j’étais malade, au chômage et je n’avais quasi plus personne autour de moi. Des circonstances de la vie qui font que…

Lorsque j’ai commencé à aller mieux, je me suis dit qu’il n’était pas normal de traverser ce que j’avais traversé: un accès pratiquement impossible au logement , au travail et à des soins de qualité. J’habite en Belgique, pas au Zimbabwe.

J’avais envie de me battre mais je ne savais pas comment.

En 2017, j’ai entendu parler d’un groupe d’étude et de travail sur le thème de la monoparentalité et j’ai décidé d’y participer.

Grâce à tout le travail accompli, une maison de la monoparentalité a ouvert ses portes il y a quelques jours à Bruxelles. Des permanences pour les parents y sont organisées. Ils (je dis « ils » mais 80% sont des « elles ») peuvent venir demander un soutien psychologique, juridique, social gratuits.

Un site internet a également vu le jour et à la veille des élections législatives belges, nous avons lancé une brochure de revendications de mamans solo.

Évidemment, ce n’est pas énorme mais les choses bougent et j’observe une conscientisation progressive de la population. Bon, il y a toujours des gens restés en 1967, mais ça va, avec le temps, ils deviennent une minorité.

Comme j’étais contente de mes actions mais que je trouvais que ce n’était pas suffisant, fin de l’année dernière, j’ai rejoint l’association Le petit vélo jaune. Une organisation de soutien à la parentalité qui a pour mission d’aider les parents en difficulté dans ce rôle ô combien challengeant. Inutile de dire qu’il y a plein de mamans solo qui y sont envoyées ou qui font appel à cette assoc.

Personnellement, je « m’occupe » d’une toute jeune mère de deux petits garçons de 2 et 4 ans. Ses principales difficultés: l’isolement et le manque d’information par rapport à ses droits.

Mon rôle dans l’affaire est de l’aider à retrouver du plaisir avec ses enfants, l’aider pour les sorties, l’accompagner pour certaines démarches difficiles à faire avec deux petits et lui permettre de vider son sac. C’est simple et compliqué à la fois.

Mon accompagnement, je ne l’ai pas commencé depuis longtemps mais pour le moment, ça se passe très bien. J’ai l’impression que le contact est assez naturel entre la maman et moi.

Outre l’accompagnement à proprement parler, les bénévoles participons également à des soirées d’échanges de vécus et des petites formations en vue de mieux comprendre le quotidien de ces parents.

Je trouve qu’il s’agit d’une magnifique initiative complètement nécessaire et pour le moment, je suis contente d’en être.

Pour en revenir à ma propre situation, je dirais qu’elle reste fragile mais stable dans l’instabilité. Mon cercle amical et social s’est beaucoup agrandi. Je m’entends bien avec le père de mon fils. J’habite aujourd’hui un bel appartement mais dans une copropriété où les soucis se multiplient. Ma santé est précaire, je ne travaille pas mais je tiens et mon fils va très bien.

Voilà, vous savez tout.

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Les comportements qui me font fuir en amour

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Alerte: je ne suis pas une experte en amour, c’est même plutôt le contraire. Je ne comprends rien aux hommes et ils ne me comprennent pas. C’est juste qu’il y a des comportements qui ne passent pas, que j’en ai compilé quelques-uns et que j’avais envie de vous les partager.

Allé, j’y vais.

Il y a :

1) le mec que tu rencontres sur une appli et qui a un discours tout à fait différent virtuellement et irl. Vous vous souvenez du type que j’avais rencontré l’année passée et qui avait râlé via whatsapp parce que je ne l’avais pas laissé monter chez moi lorsqu’il m’a raccompagnée, alors qu’il n’avait rien laissé paraître de visu?Ben, c’est de ce genre, entre autres, que je veux parler.

2) le mec qui te plait, à qui tu plais mais avec qui il ne va rien se passer (à moins que tu aimes ça et c’est ton droit) parce qu’il insiste trop pour que tu l’embrasses, tu baisses ta culotte, ou tu le suces (sorry, je suis vulgaire). ça donne « steuplé, steuplé, embrasse-moi, suces-moi, je suis sûre que tu peux faire des merveilles avec ta bouche… » Plus flagrant, ça n’existe pas. Lui, il n’a pas compris que si t’as pas envie, tu fais rien, que si t’as envie, tu fais et que ça n’a rien à voir avec être coincée ou ne jamais avoir envie. D’ailleurs, il aura plus de chance.s et ça sera plus gratifiant d’avoir ce qu’il veut en ne mettant pas la pression et en laissant faire les choses. Ben oui, puisque dans ces conditions, toi, de ton côté, t’en auras sans doute envie aussi.

3) le mec qui t’incite à faire des choses que tu n’aimes pas, qui te menace de te quitter si tu ne les fais pas , qui tente de te manipuler pour avoir ce qu’il veut. C’est un peu comme l’exemple plus haut mais pas tout à fait. En haut, c’est trop fragrant, c’est le lourd du coin, il est facile de voir où il veut en venir. Ici, je parle de quelque chose de plus subtil.

4) le mec qui interprète ou qui se vexe avec tout ce que tu dis. Bah ouais, ben, là, si la com’ est impossible, ça risque d’être compliqué.

5) le mec qui ne t’écoute pas dès que tu parles de toi, de ce que tu aimes, de tes rêves, de tes ambitions.

6) le mec avec qui t’a couché sans protection (ça peut arriver) et qui te fait sentir que les suites possibles de l’acte ne sont pas son problème. Alors là, ça me tue, parce que, la grossesse, à la limite, il peut nier l’affaire, mais les IST, si elle lui refile quelque chose…Car oui, ça ne va pas nécessairement que dans un sens…ce ne sont pas toujours les mecs qui sont porteurs d’un truc suspect et ça, les messieurs n’y pensent pas toujours. Allo, ici le 21ème siècle…

7) le mec qui croit qu’être maltraitant, c’est seulement et uniquement être violent physiquement. Bah, non, les gars, être maltraitant, ça passe aussi par les mots, par la manipulation verbale, par les mensonges dans le but d’arriver à ses fins.

8) le mec qui veut une relation sans prise de tête et facile, celui qui te quitte dès qu’il y a incompréhension, malentendu ou dispute, qui n’a pas compris que tout ne peut pas être rose tout le temps, qu’on n’est pas dans un film.

9) le mec qui te veut comme plan cul uniquement mais qui te fait croire qu’il veut quelque chose de sérieux , tout en te trompant.

10) le mec qui se croit dans un porno et qui ne tient pas compte du fait que tu n’es, peut-être, pas très à l’aise dans cette position.

Voilà, il y en a encore plein. Je vous ai juste fait un florilège des dix premiers qui me sont passés par la tête…Après, ils ne sont pas tous exclusifs au sexe masculin. Oui, il y a des filles manipulatrices, menteuses, différentes virtuellement et irl mais il y a aussi des trucs que je ne vois pas trop comment, nous en tant que femmes, nous pourrions faire.

Bref, je vous laisse méditer et me conter vos anecdotes si vous en avez envie.

 

L’impro, quand t’es maman solo, ça n’existe pas!

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Non, l’improvisation, quand t’es maman solo, ça n’existe pas, bordel! Titre qui exprime mieux ce que je ressens à cet instant. Et pourquoi, je vous parle de ça? parce que, souvent, je suis confrontée à des situations où des gens, en dernière minute, changent leurs plans et/ou me proposent des trucs excluant mon fils …

Je vais vous donner quelques exemples pour que vous compreniez de quoi je veux parler.

D’abord, il y a le cas de ma chère animatrice d’atelier d’écriture (j’avais déjà écrit un article au sujet d’un commentaire, totalement, déplacé qu’elle avait balancé sur moi, l’année dernière) qui annule un stage prévu depuis deux mois, deux jours avant la date dudit stage. L’année passée, à son commentaire, je n’avais pas su réagir mais j’avais dit: je ne laisserai pas passer la prochaine bourde. Du coup, comme on ne s’est pas vues entretemps, j’ai décidé de lui envoyer un mail exprimant ce que je pensais de sa décision d’annuler cette rencontre en dernière minute. Je me souviens d’avoir utilisé l’expression « pas classe » et de lui avoir parlé du fait que j’avais du m’organiser et que je n’étais probablement pas la seule. Sa réponse? qu’elle était désolée d’avoir bousculé mes plans (!!!), qu’on était deux seulement à avoir confirmé (elle dira trois plus tard dans un autre mail envoyé à tout le monde et j’apprendrai encore un peu plus tard qu’on était au moins quatre) et qu’elle rentrait juste de vacances (tant mieux pour toi si t’es partie en vacances, mais ton taf, c’est ton taf et il faut le faire correctement). Lundi, je répondrai à son mail en live pour lui expliquer que ce n’est pas mes plans qu’elle a bousculés (pour reprendre son expression) mais que son manque d’organisation avait empiété sur le temps passé avec mon fils, étant donné que je me revoyais mal appeler son père pour tout changer à nouveau.

Ensuite, celui d’une amie (célibataire, sans enfant.s) de très longue date avec qui je sens que je m’éloigne depuis environ deux ans et sa proposition: »je me suis dit qu’on pourrait aller boire un verre avant mon cours, si tu n’avais pas le petit »…Euh, ben bien sûr, je suis à ton entière disposition et puis, tant que t’y es, dis moi direct que le petit te dérange ». C’était un jour de semaine après l’école et j’ai toujours mon fils après l’école, vu que c’est moi qui vais toujours le chercher et qu’elle le sait…De toute façon, la proposition présentée comme ça, je ne l’aurais pas acceptée même si j’avais été seule ce jour-là.

Enfin, et pour ne parler que de ce cas-là, il y a l’exemple du mec non-parent que tu as rencontré il y a quelques semaines et qui te sort: « qu’est-ce que tu fais ce soir? on pourrait… » Il était clair qu’il ne se rappelait pas que j’étais maman pour me présenter la chose comme ça. J’avais mon fils ce soir-là, je l’ai coupé tout de suite.

Alors, je sais que les mères (je dis mères parce que nous sommes 85% à avoir la garde exclusive ou principale de leur.s enfant.s et que de toute façon, un mec qui s’occupe de sa progéniture, c’est tellement beau, n’est-ce-pas?) célibataires, nous sommes une plaie pour la société. Je sais aussi que nous venons, pour la plupart, de familles nucléaires (oh mais quelle drôle d’expression) dont les parents n’étaient pas divorcés lorsque nous étions petits mais bordel, est-ce que ce serait trop demander  de réfléchir un peu et de se dire que peut-être, en tant que parent séparé, on ne peut pas improviser, que tout doit être réglé comme du papier à musique, qu’un enfant petit ne reste pas tout seul ou mieux, de se rappeler, tout simplement, que cet.ces enfant.s existent!!??

J’en peux plus d’avoir toujours l’impression d’être la personne en faute ou de devoir me justifier parce que mon couple n’a pas marché et que du coup, je me suis retrouvée dans une situation peu enviable, mais j’insiste…de plus en plus fréquente et pas si horrible que ça, au final. Et j’en ai encore plus ras-le-bol de cette société excluante de tout ce qui ne rentre pas dans ses cases minuscules, plus du tout adaptées à la majorité des gens qui en font partie, aujourd’hui. Vivement que le temps passe et que nos enfants grandissent. Ils seront beaucoup plus ouverts et riches à l’intérieur et le monde deviendra plus sympa (je délire mais je le crois en bonne partie).

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Le jour où j’ai compris qu’accepter, ce n’était pas se contenter

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Accepter, c’est abandonner l’espoir que les choses auraient pu être différentes à cet instant précis.  C’est mettre fin à l’insatisfaction permanente de ne pas être là où on voudrait/de ne pas faire ce qu’on voudrait faire. C’est être en chemin vers quelque chose et accepter que toutes les étapes ne soient pas roses mais, parfois, pénibles, avec des creux et même des retours en arrière temporaires. C’est se rendre compte que ce n’est pas parce que ce n’est pas bien maintenant, que ce sera toujours comme ça. C’est comprendre que la vie n’est pas figée et que nous avons un minimum de pouvoir sur elle. Ce n’est surtout pas se contenter.

J’ai mis du temps à intégrer cette importante nuance. J’ai passé une bonne partie de ma vie à me débattre dans mes contradictions, à les somatiser, à tergiverser entre mes aspirations et les attentes de ceux qui m’avaient élevée.

Mes parents sont des personnes que je qualifierais de résignées à leur sort. Il y a des avantages à l’être: on se satisfait de ce qu’on a et on ne va pas chercher plus loin. Or, moi, je suis le contraire. j’ai débarqué dans le monde pleine d’envies, de rêves, de désirs qu’on m’a sommée de taire pour la simple et bonne raison que « ce n’était pas pour nous » (vu que nous venions d’un milieu modeste) ou que j’avais « pájaros en la cabeza », à savoir la tête remplie d’idées farfelues.

Il va de soi que notre entente n’irait pas de soi.

Cela dit, en étant éduquée par eux, leurs messages,  je les ai bien intégrés. Par conséquent, même si je me battais pour réaliser ce en quoi je croyais, il y avait toujours un moment où ça foirait. Pourquoi? parce que je me sentais illégitime dans mes aspirations, coupable face à que je ressentais être des caprices de ma part…et surtout, parce que je m’autosabotais. Je suppose qu’ inconsciemment, je cherchais à rester fidèle à mes progéniteurs, à ne pas les décevoir et surtout, à gagner leur reconnaissance (ce que je n’aurai jamais).

Il m’a fallu trois plombes pour me réveiller et il n’y a, finalement, que quatre ans et ce moment où j’ai vraiment cru y rester à la fin de mon sevrage de drogues légales, que j’ai arrêté de poursuivre cette voie sans issue. J’ai alors cessé de lutter, de vouloir corriger ce qui n’avait pas été et j’ai accepté que ma situation d’ex-droguée légale craignait, totalement, mais que j’étais là et que malgré toutes les séquelles, il n’était pas trop tard pour faire ce qui me tenais à cœur et prendre un train qui aille ou, du moins, s’approche le plus possible de la destination que moi, Elisa, j’avais choisie.  J’ai, peu à peu, appris à me faire confiance (still in progress) et à m’affirmer. J’irais peut-être plus lentement que les autres, je n’emprunterais peut-être pas les mêmes sentiers que la majorité mais je me bougerais et irais vers quelque chose.

Il va sans dire qu’il n’y a pas besoin de venir d’un certain milieu social ni d’être riche  pour ça. Il faut avoir la motivation, l’esprit ouvert, de l’imagination et le sens de la débrouille.

Je ne me prends pas du tout pour un exemple (pour moi, il n’y a vraiment le jour de sa mort que l’on peut se targuer de quelque chose, et encore) en disant ceci mais si j’ai écrit ce texte, c’est que j’ai une raison.  Mon but est de faire passer le message qu’il est dans notre intérêt de ne pas se contenter, de ne pas mener la vie que notre famille ou même la société a projetée pour nous mais de tout faire, pour vivre ce que nous, en tant qu’individu à part entière, nous désirons, réellement vivre. Je me rends compte qu’il nous faut souvent être mis face à nos limites, arriver à des situations extrêmes pour se bouger. Je ne juge personne évidemment, il m’est arrivé la même chose. En revanche, je me demande pourquoi nous ne le faisons pas avant d’arriver à ces situations limites? Pourquoi ne pas se donner la chance de vivre ce qu’on veut, vraiment, avant qu’il ne soit trop tard ou qu’on soit limité? Je tente d’enseigner à mon fils qu’on peut tout essayer, qu’il n’y a pas de frein à l’imagination, aux rêves et aux projets et que si on rate, ce n’est pas grave, car, au moins, on on aura  essayé et le plus important: on ne sera pas bouffés par nos regrets.

Et vous, de votre côté, vous êtes du genre résigné.e ou idéaliste et fonceur.se?

 

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Un lundi soir dans le noir …

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Il est 23 heures. Le spectacle est terminé. Je m’apprête à rentrer à la maison.

Seule. Oui, seule.

Il pleut. C’est la nuit. Il fait sombre. Très sombre.

Je ne suis pas tranquille. Pas tranquille.

J’ai le choix entre un raccourci où il n’y a pas un chat et une large avenue illuminée. Je prends la large avenue, bien sûr. Bien sûr.

Il y a encore des gens . Un groupe de filles. Je me colle à elles. Du moins, autant qu’elles me laissent. Qu’elles me laissent.

J’essaye de me faire toute petite.

J’arrive à la station de métro. Il y a des clochards avec ou sans chien, avec ou sans canette de bière et des migrants assis parterre.

J’accélère. J’accélère.

Par chance, l’arrêt est bondé.

On ne me verra pas. Non, on ne me verra pas.

J’attrape le métro, descends pour prendre mon bus. Il n’y a personne. Pas même les gardes.

Je me cache. Oh oui, je me cache.

Je vois ma voisine. Je me mets près d’elle. Je ne l’aime pas mais au moins à deux, on sera mieux. Forcément, oui, on sera mieux.

Le bus arrive. Je monte. On dénombre dix passagers. Huits hommes, deux femmes.

Je me trouve une place, sors mon smartphone, mes écouteurs. Et je m’envole. Je disparais.

Cinq arrêts plus tard, je suis chez moi. Heureusement, mon immeuble n’est pas très loin. Pas très loin.

Je pique un dernier sprint et m’y voilà.

Il est 23h42.

Ouf, encore un soir où il ne s’est rien passé. Non, rien passé.

Et pourtant, j’avais la peur au ventre. Et pourtant, je suis soulagée. Et pourtant, je suis habituée.

 

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J’ai lu  » En finir avec la culture du viol » de Noémie Renard

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Pitch: En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises ont subi une telle agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée d’un iceberg : celui des violences sexuelles. Chaque jour, que ce soit à la maison, au travail ou dans la rue, des femmes sont agressées sexuellement ou harcelées. Ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance et limitent la liberté par la peur qu’elles instaurent. Elles constituent une atteinte aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.
Ces violences sexuelles n’apparaissent pas spontanément. Elles ne font pas non plus partie de la  » nature humaine  » ou de la  » nature masculine « . Elles ont des causes sociales – impunité des agresseurs, idées reçues sur la sexualité – et ne sont donc pas une fatalité. C’est pourquoi il est important d’identifier les éléments culturels qui servent de justifications et de terreau à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d’y mettre fin.
Nourri de notions nord-américaines développées depuis 40 ans et enfin rendues accessibles en France au grand public, s’appuyant sur nombre de situations concrètes, ce livre s’adresse à toutes celles et à tous ceux qui se sentent concernés par l’ampleur du problème et refusent que notre société se résigne à cette situation. Les petits matins

Mon avis: Ce livre est bien écrit, très documenté et j’y ai appris des choses. Deux choses qui m’ont marquées d’ailleurs et qui ne sont peut-être pas celles qui sautent aux yeux directement.

La première, que le violeur, dans la plupart des cas, était très loin de l’image mentale que nous nous en faisions, qu’il n’a souvent rien à avoir avec le type peu fréquentable qu’on rencontre le soir tard dans la rue lorsqu’on est seule, en mini-jupe (faut pas l’oublier celle-là) mais qu’au contraire, il porte le plus souvent le costume du mec bien sous tout rapport, qu’on connait parfois bien ou même celui d’un membre de la famille (père, oncle, frère, cousin copain, compagnon, mari, voisin, la liste est longue). Je vais peut-être vous paraître naïve mais je vous avoue que même si ça peut paraître évident pour certain.e.s, personnellement, je n’avais jamais envisagé la chose comme telle.

La deuxième porte sur ce qu’on appelle la coercition sexuelle graduelle et parle de tous ces « petits actes » (pression verbale, utilisation de substances toxiques, de la force, etc) qui sont exercés en vue de forcer la volonté sexuelle d’une personne réticente à l’acte ou à certaines pratiques. Certaines femmes racontent s’être senties dépossédées de leur corps, avoir été prises pour un objet ou pour un morceau de viande.

L’affaire Weinstein a libéré la parole de beaucoup de femmes et le droit chez moi de me dire « féministe » ou plus justement « pour l’égalité des sexes ». Depuis, je me suis beaucoup informée. C’est normal, je suis une femme, vous allez me dire. Oui mais, toutes les femmes ne se sentent malheureusement pas concernées. J’en connais qui pensent que cela n’a rien à voir avec elles, que ce sont les affres d’hystériques en mal d’amour ou d’autres qui sont dans le déni de choses graves qui leur sont arrivées, tout en portant encore en elles, la honte et le malaise. C’est dingue, je trouve.

Malgré tout,  j’ai l’impression que même si nous vivons encore largement dans des sociétés patriarcales qui ont de beaux jours devant elles,  depuis un an et demi , les personnes qui discréditent les féministes sont moins prises au sérieux, un peu plus remises en cause.

Personnellement et je vais terminer là, je reste persuadée que la révolution ne pourra avoir lieu que si toutes les femmes se solidarisent entre elles et que si les hommes nous rejoignent dans ce combat. Je vois difficilement comment il pourrait en être autrement.

Bref, pour en revenir au livre, disons qu’il est à mettre entre toutes les mains des personnes que vous connaissez et plus particulièrement, devant les yeux de ceux et celles qui disent ne pas se sentir concerné.e.s.

Le jour où j’ai compris que la vie c’était que des problèmes

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Mon titre est négatif, me direz-vous, voire pessimiste. Or, la réalité que je vais vous développer ne l’est pas ou en tout cas, à moi, personnellement, ne me la semble pas.

Vous savez maintenant que j’ai trainé un mal-être entre mais 12 ans et mes 26 ans et que ce mal-être s’est transformé en dépression. Et bien, figurez-vous que pendant toutes ces années, il y avait selon moi deux types de vie: une vie idéale qui était celle où on avait de la chance et où tout nous souriait, nous réussissait  et une autre (le type de vie que moi je vivais) où tout était pourri. Un peu binaire, vous ne trouvez pas?

J’étais persuadée que j’avais du naître sous une très mauvaise étoile, pour souffrir et que je vivais les trucs les plus horribles qui existent. Ma vie n’a pas et n’était pas facile, c’est vrai, mais je n’étais pas la seule à être dans le cas. Je vivais avec des lunettes noires, grises foncées au mieux et c’était vraiment pénible.

Je ne sais pas ce qui m’a fait changer ou en tout cas, évoluer. Le temps, les thérapies, mon fils, une confiance en moi naissante, des expériences heureuses? Sûrement un mélange des cinq.

J’ai appris à hiérarchiser la merde. Là, c’est la colonne des grosses merdes, là des petites et là des détails. J’ai compris que des problèmes il y en avait, il y en aurait, tout le temps, et que la seule chose sur laquelle je pouvais agir, c’était mon moral (à défaut de ne pas pouvoir le faire sur mon corps défaillant) pour pouvoir les affronter.

Je me suis entrainée (je m’entraîne) à voir le positif dans les situations merdiques, à relativiser en beau français et à tirer tout ce que je pouvais des belles expériences.

J’ai aussi pris conscience du fait que même mon enfance que j’estimais heureuse et que j’avais, énormément, idéalisée n’avait pas été parfaite. Loin de là. Il y avait eu des tas d’injustices et une ambiance plutôt pourrie à la maison. Je me suis dit que si, à cette époque, j’avais été heureuse malgré tout , je pourrais  l’être aussi adulte. Les problèmes ne disparaitraient jamais mais peut-être que ma façon d’appréhender les choses pourrait me faire en tirer du beau et puis, surtout, je suis plus armée et moins vulnérable que lorsque j’étais gamine.

Enfin, j’ai cherché à devenir ma meilleure amie  et à m’aimer beaucoup parce que j’ai compris que la seule personne qui, j’en suis sûre, m’accompagnerait toute ma vie, c’est moi et moi seule.

Aujourd’hui, la vie reste très imparfaite mais lorsque je me bats, je lutte, il y a des choses qui changent en mieux. Il va de soi que je ne suis pas maîtresse de tout et qu’il y a des tuiles identifiées, d’autres indéterminées, qui pourraient m’arriver et contre lesquelles je ne pourrais rien, mais de plus en plus souvent, j’arrive à rester focalisée sur ce qui marche et à garder tout ce qui pourrait mal tourner dans un coin de ma tête (oui, ça reste parce que, que voulez-vous, je suis anxieuse), sans m’en rendre malade (de toute façon, ça ne sert à rien).

Simplement, je suis plus forte. Pas inébranlable, pas incassable, pas inaltérable, non, juste plus forte. J’en suis là et je ferai tout pour que ça continue …