Il y a un an, je me suis rasée la tête

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Enfin non. Oui. Pas tout à fait. Je ne voulais pas non plus me retrouver comme à douze ans. La vérité c’est que j’ai laissé environ un centimètre derrière et 2,5 cm dessus.

Ce n’était pas un coup de tête. J’y pensais depuis longtemps mais le fait est qu’aucun coiffeur n’avait accepté jusque-là. « Non mais vous êtes folle, vous allez regretter » « Non, mais vous avez trop de masse, ça va gonfler, ce sera moche » qu’on me disait.  J’avais les cheveux mi-longs et le mieux que j’arrivais à obtenir c’était un carré court. J’en avais marre. Marre d’avoir toujours la même tête, marre parce que mes cheveux étaient abîmés par le sevrage, marre parce je me sentais « éteinte » avec mon allure.

J’ai demandé à Adam* (mon coiffeur actuel) et lui, il a accepté.  Enfin.

J’étais avec deux copines ce jour-là et je sais que jamais elles ne se seraient attendues à une demande pareille. Moi, j’étais sûre. Je n’avais pas peur. Je savais que ça m’irait bien. J’avais des (vagues) souvenirs de ma période post-chimio avec mes « nouveaux » petits cheveux et les compliments que je recevais.  Mon visage n’a pas vraiment changé, malgré les années qui se sont écoulées, alors je n’ai pas eu  l’impression de prendre un si gros risque.

Adam a travaillé petit à petit.  Il voulait que je puisse lui dire d’arrêter si je trouvais que ça devenait trop court. Moi, je l’ai laissé faire. Il a pris beaucoup de temps. Il s’était lancé une mission « relooking », je crois.

Quand il a eut terminé, il m’a trouvé tellement jolie qu’il a voulu me maquiller. J’ai joué le jeu. C’était un moment de ceux dont on sait directement qu’ils sont spéciaux et qu’ils resteront gravés dans le temps, un moment dont on sait qu’il faut profiter.

Mes amies n’en revenaient pas et moi, j’avoue, je me sentais chauve, et en même temps, libérée d’un poids. Je n’ai pas compris pourquoi.

Je ne sais pas non plus pourquoi mais  j’ai également pensé à toutes mes « soeurs de cancer » et je me suis sentie solidaire. Et puissante aussi car cette fois, c’est moi qui avais décidé. La coupe ne m’avait pas été imposée. C’est moi qui avait choisi de porter les cheveux si courts.

Et puis, voilà, que moi qui ne m’étais jamais sentie belle, je prends confiance en mon physique et  vite, je cherche à me (re)mettre en valeur avec : un peu plus de maquillage, des accessoires, des jolies tenues. C’est pas qu’avant je me promenais en mode « camionneuse », hein, mais je ne me retrouvais plus dans aucun style depuis mon accouchement. Un mystère, encore.

La vie, quel paradoxe, j’ai envie de dire.

Bref, si j’ai voulu partager cette anecdote (inspirée par cet article, d’ailleurs) avec vous c’est parce qu’on dit toujours que le physique n’a pas d’importance, que ce qui compte c’est l’intérieur, blablabla mais moi, depuis, je pense que, parfois, un changement extérieur peut donner un coup de boost en  dedans. En tout cas, moi, cette coupe m’a fait beaucoup de bien.

*Adam ne s’appelle pas Adam en vrai 🙂

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J’ai une maladie invisible et je vous emmerde…*

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Le titre correct aurait dû être : »J’ai une maladie invisible qui n’a pas de nom et je vous emmerde », mais vous avez raison, ça aurait été très long.

Le titre politiquement correct, pourquoi pas : « L’injustice dans la maladie invisible », mais je n’ai pas envie de faire dans le politiquement correct quand je suis énervée.

Avoir une maladie invisible, c’est la loose. Avoir une maladie invisible qui n’a pas de nom, c’est la loose puissance 2. La loose, parce que, comme pour les maladies invisibles avec nom, soit on ne te croit pas, soit on n’y fait pas attention, soit on oublie. Puissance 2, parce que t’as même pas de nom pour que les gens puissent aller vérifier que ta maladie existe vraiment et que t’es pas un.e sale mytho…

Dans mon cas, c’est l’estomac et la fatigue assassine chronique. L’estomac, c’est des douleurs chroniques idiopathiques (ça, ça veut dire qu’on ne sait pas ce que c’est ni pourquoi j’ai ça;(la science a échoué quoi!)) + hernie hiatale + béance cardiale (purée, ça rime en plus), qui me clouent au fauteuil parfois et/ou qui m’empêchent de m’alimenter  correctement.  La fatigue assassine chronique et les insomnies, vous connaissez l’histoire, je ne vais pas vous ennuyer avec un deuxième topo sur le sujet.

Des remarques, j’en reçois des tas; de gens qui ne savent pas  et de gens qui savent très bien. Et les gens qui savent très bien, ça peut aller de mon frère (qui, je pense, ne prend pas la mesure de mes affections) à la pétasse l’agent payée par la fédération des mutuelles libres de Belgique, lors de ma dernière convocation en janvier…Devant elle, j’ai eu l’impression d’être une chômeuse qui ne voulait pas bosser et qui profitait du système*, plutôt qu’une malade qui ne demanderait pas mieux que de travailler mais qui est lucide et qui se rend compte qu’étant donné son état non-fiable, le seul boulot qu’elle pourrait effectuer, ce serait depuis chez elle, avec des conditions très personnalisées (horaires à la carte et pas tous les jours, sous peine d’effondrement).

Les gens ont du mal à me croire parce que ça ne se voit pas (on arrête pas de me dire que j’ai bonne mine, en plus) mais aussi parce que je vis, tout simplement; et par je vis, je veux dire que je tente un minimum de prendre soin de moi, que je sors (pas si souvent et très très rarement après minuit) et que je pars en vacances de temps à autre. Ils ne se rendent pas compte que, partout où je vais, dans mon sac/ma valise, j’emporte avec moi mes douleurs et mes insomnies et que si je me prive le moins possible, en tout cas, le moins que mes finances limitées me le permettent, c’est parce que j’ai bien à l’esprit, que de vie, on n’en a qu’une (que nous sachions) et que je n’ai pas envie que les soucis de santé m’empêchent de vivre les expériences que j’ai envie de vivre.

Je ne devrais pas avoir à me justifier pour ça, personne ne devrait avoir à le faire…Et pourtant, on vit dans une société où chacun a son mot à dire, où chacun a son commentaire à faire. On nous met tous dans le même sac, sans chercher à savoir l’histoire qui se cache derrière notre mine, apparemment, bonne.

Ce n’est pas normal, c’est frustrant et surtout, très injuste. Vous ne trouvez pas?

* je tiens à préciser que je ne vous emmerde pas, vous, lecteurs. Je vous remercie plutôt beaucoup beaucoup de me lire et de commenter.

* J’ai été chômeuse et je n’avais jamais ressenti ça…

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Mère au foyer du 21ème siècle

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Je suis considérée comme une mère au foyer par la population. Je vais être claire: je ne me considère pas comme telle. En tout cas, je ne me sens pas concernée par l’image qu’en ont le commun des mortels et même beaucoup de mamans, d’elles-mêmes.

En ce qui me concerne, je suis devenue maman au foyer à cause de ma santé. Dans ma situation, le rôle de maman solo d’enfant en bas âge étant difficilement conciliable avec le boulot, c’est tout naturellement que j’ai choisi mon fils. En revanche, ma vie ne tourne plus pas, exclusivement, autour de lui et des tâches liées à la maison. Je participe à un atelier d’écriture, à un groupe de travail de maman solos dans l’optique de faire évoluer notre situation précaire vers un mieux, je vois mes ami(e)s, je lis, je vais au ciné, à des conférences, à mes séances de neurofeedback, j’ai ce blog et d’autres projets.

Je sais qu’il n’est pas sain de ne vivre que pour la maison et ses enfants. Je dirais même qu’en mon sens, réduire sa vie à ça (à moins d’adorer le concept, of course), constitue un facteur déclencheur du tant redouté burn-out maternel.

Ces derniers jours, j’ai vu passer pas mal d’articles sur le sujet des mamans at home,  et ils m’ont un peu chiffonnée, j’avoue. Je trouve que les gens et plus particulièrement, les femmes ont une image très réductrice de ce qu’est censée être leur vie de maman-qui-ne-travaille-pas. Nous sommes au 21ème siècle, merde! Il est temps que nous sortions du rôle-cliché. Nous avons des droits, des machines qui nous aident à la maison. Ce n’est plus pareil qu’à l’époque de nos grands-mères.

Alors je sais parfaitement que chaque situation est différente, que ce n’est pas pareil lorsqu’on n’a qu’un seul enfant et que la difficulté diminue le plus souvent avec l’âge des petits (un enfant de six ans est plus autonome qu’un bébé, forcément, on ne l’a plus toute la journée dans les pattes), etc, mais je voudrais faire passer le message aux mamans qu’elles ont le DROIT de s’occuper d’elles, qu’elles ont le DROIT d’avoir une activité-passion de 2/3heures/semaine en dehors de la maison (very important!!!), de voir leurs ami(e)s (avec ou sans les kids), de partir quelques jours sans la marmaille, de passer un peu le relais, etc. Pour être des mamans suffisamment bonnes, il est nécessaire de savoir déconnecter et de prendre du temps pour soi.

Je suis bien consciente du fait que les commères la société, les gouvernements ne nous aident pas, que rien n’est fait, dans nos pays, pour permettre à la jeune maman, qu’elle travaille ou pas, de s’épanouir. C’est à nous de chercher les solutions et de profiter de/se créer toutes les minis-opportunités possibles et inimaginables pour sortir de la maison et surtout, de cette conception de vie étriquée. C’est difficile mais c’est possible.

Vous avez le droit, les filles. Mettez-vous ça bien dans le crâne. Il n’y a pas un modèle de vie particulier à suivre. C’est à nous de nous créer celui qui nous convient. Lorsque nous en serons convaincues , nous commencerons à convaincre les autres…et les choses évolueront. J’en suis certaine.

La vie change en devenant maman au foyer mais elle n’a pas à s’arrêter …Nous n’avons pas à nous laisser bouffer par ce rôle, qui sera, de toute façon, provisoire, pour la plupart d’entre nous. #girlpower

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La maman que je suis

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Lorsque je suis devenue maman, influencée par mon éducation, j’ai voulu accéder à quelque chose d’impossible : « la perfection ». J’ai voulu être la meilleure maman sur tous les fronts et le moindre écart me faisait culpabiliser à outrance.

Je me suis totalement sacrifiée pour les besoins de mon fils.

Lorsque je suis devenue maman solo, j’ai, énormément, culpabilisé d’avoir fait un enfant. Je ne regrettais pas mon fils mais je me sentais inconsciente de l’avoir mis au monde alors que ma situation était si précaire: je me suis retrouvée à devoir nous reloger alors que j’étais au chômage et que j’avais des problèmes de santé. En plus, je n’avais aucune confiance en son père (il ne s’est pas occupé de son fils pendant la première année de sa vie) et quand je devais le laisser une journée ou une nuit avec lui, j’arrêtais de vivre. Je restais comme en apnée.

Lorsque je suis tombée très malade après mon sevrage (de drogues légales, j’insiste encore), j’ai été forcée de lâcher prise. Ce n’est pas venu d’un coup, hein, mais j’étais tellement mal en point que j’ai du laisser à d’autres le soin de s’occuper de mon petit. C’est alors que son père est, vraiment, rentré dans la vie de N et qu’il  a assumé et puis, surtout, assuré.

J’ai été obligée de prendre du temps pour moi, d’être « égoïste » et finalement, j’ai, compris que c’était la seule solution pour s’en sortir. J’ai saisi le sens de l’expression « prendre soin de soi ». J’ai appris l’importance d’avoir des moments à moi, de faire ce que j’aimais, sans le petit. J’ai vécu pour moi, sans vouloir chercher à être utile. C’était la première fois de ma vie. J’ai su que ces choses qui pour moi, ne servaient à rien, me permettraient d’être une vraie-bonne maman et que de continuer à me sacrifier, corps et âme, et à culpabiliser, comme je l’avais fait jusqu’alors ne me conduirait qu’à développer le tant redouté « burn-out » maternel.

Quand on est maman mais surtout, maman solo, ce n’est pas évident de trouver le temps et les sous (surtout pour les mamans qui s’occupent seules de leur(s) enfant(s)). Cependant, il est indispensable de pouvoir s’octroyer ne serait-ce qu’un quart d’heure par ci, par là. Être avec un enfant en bas âge 24h/24, c’est aliénant , qu’on se le dise et se sacrifier ne fait pas de nous de meilleures mères, bien au contraire.

Aujourd’hui, N. et moi,allons bien. Je suis une maman-poule/louve (comme vous voulez) mais je sais mieux ce qui me convient. J’ai une vie à moi et je sais que lui, aura la sienne, à lui, indépendante de la mienne. Mon rôle est de l’y préparer, en douceur, en lui montrant le (suffisamment bon) exemple à suivre.

Tout ce que j’ai fait pour pouvoir dormir …

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J’aurais pu intituler mon article « Tout ce que j’ai fait pour arriver à dormir et qui n’a pas marché mais qui pourrait peut-être s’avérer efficace pour d’autres » car c’est l’idée centrale du texte mais nous en conviendrons, c’est beaucoup trop long.

Remontons en mars 2015. Je viens d’arrêter toutes mes drogues (légales, je n’insisterai, jamais, assez sur ce point) et en plus, d’angoisses physiques démesurées, je me retrouve à ne plus fermer l’œil de la nuit (en réalité, c’est depuis novembre 2009, que j’ai de gros soucis de sommeil et depuis 2014 que je ne dors plus du tout mais je suis tellement mal, que je n’ai pas encore eu la force d’agir).  Alors que faire?

Je réfléchis. Les médecins traitants que je consulte me proposent, à nouveau, tout un tas de drogues (somnifères, benzodiazépines, neuroleptiques (euh?)) pour arriver à pioncer. Bien décidée (après le visionnage entre autres de Dallas Buyers’club, qui a été un véritable déclic) à ne plus jamais repasser par là, je décline toutes ces offres les unes après les autres et décide d’emprunter d’autres chemins.

C’est ainsi qu’en avril 2015, je commande de la valériane sur newpharma.

Que dire? La valériane,chez moi, ça marche pour apaiser les angoisses mais pas vraiment pour le sommeil. Je retiens donc l’info « angoisses » et me tourne vers d’autres plantes.

J’essaie divers mélanges à base d’aubépine, tilleul,  passiflore, mélisse …mais rien ne marche, c’est la débâcle.

Début juin 2015, Je fais un labo du sommeil (le troisième depuis 2011) qui ne révèle rien à part que je suis victime (oui, je suis une victime, je veux dormir) de micro-réveils toutes les 30 secondes et que je tourne dans mon lit (sans blague…). Le pneumologue responsable de mon cas (très sympa, au demeurant, et, vraiment, humain) me propose de suivre une TCC (thérapie cognitivo-comportementale) chez une psy spécialiste du sommeil. Je prends rendez-vous. J’ai rien de mieux comme solution, en stock, de toute façon.

La psy en question est, à l’écoute, très humaine (ouf!). Elle me propose de noter le déroulement de mes nuits pendant 10-15 jours. Je m’y attelle et 15 jours plus tard, elle me fait commencer une discipline militaire, à savoir, aller me coucher à minimum minuit-une heure (que je tombe de sommeil ou pas) et me lever à 6-7h maxi (que je sois réveillée, endormie, en forme ou pas). Elle pense que mon corps va finir par lâcher. Résultat: un échec total. S’il ne me coûte pas d’aller me coucher après minuit, je n’arrive pas à me lever à 6h…Mon sommeil est toujours très morcelé et quasi inexistant à ce moment-là…Je suis sur les rotules en permanence. Bref, au bout de quatre mois, je m’écroule et j’abandonne cette thérapie.

Entretemps, j’essaye également les nuits blanches à répétitions (certaines exprès, d’autres pas), sortir jusqu’à pas d’heure et boire un demi-litre de bière en 5 minutes avant d’aller me coucher (horreur parmi les horreurs, mon corps a tremblé toute la nuit et je n’ai pas fermé l’oeil) sous le conseil « avisé » (hum) d’une connaissance.

Ensuite, je tente l’hypnose avec un praticien assez spécial, et je suis gentille quand je dis ça…En fait, le type en question me fait payer 75€ la séance (je suis désespérée, je paye, malgré mes maigres revenus) pour ne me faire que 3x de l’hypnose au total et discutailler 5 autres fois pendant 30 minutes tout pile. Je me fâche pour ce que je considère être une arnaque pure et simple et je le dénonce à l’institut dans lequel il travaille. Institut qui pour noyer le poisson m’offre une séance de groupe pour apprendre l’autohypnose. Je suis choquée, je n’y vais pas.

Je me souviens alors de vidéos d’hypnose sur youtube d’un certain Benjamin Lubsinsky (le lien se trouve dans la page « ressources bonheur« ) et je commence à en écouter certaines. Elles ont un bel effet sur mon angoisse et pas beaucoup sur mon sommeil, mais quand même, je m’endors plus facilement. Malheureusement, je pars en vacances en Espagne et à nouveau, même m’endormir redevient un problème. Je m’essaye alors à la mélatonine (qu’on peut acheter,  en Espagne, sans prescription  alors qu’en Belgique, pas encore). Je prends l’hormone du sommeil pendant un mois mais ça ne marche pas. Vraiment, il n’y a pas de différence.

Je lâche alors (en partie) prise et je fais une nuit (une seule, hein) de 8h30 (oh, miracle). Je me sens mieux. Anyway, c’est l’été (2016) et la lumière m’aide à supporter ces nuits sans fin.

Depuis, la situation évolue lentement mais sûrement. Je continue à prendre de la valériane par périodes. Je fais également des cures de six mois d’oméga 3 (l’huile de poisson a un effet anti-inflammatoire sur mes allergies et fait du bien à mon cerveau) et  des cures de probiotiques (très efficaces sur mes soucis digestifs). En outre, je me suis aussi fait prêter une lampe de luminothérapie (que j’utilise très mal) par une amie et j’ai fait quelques séances d’emdr (la thérapeute qui me fait ces séances, que je trouve efficaces, décrète après 4x que ce n’est pas pour moi. Elle trouve que mes angoisses sont trop fortes. Mouais).

J’ai eu de meilleures périodes en 2017 mais rien de transcendant sur le long terme et il y a quelques semaines, je me suis mise au neurofeedback. Ce n’est que le début d’accord, d’accord et donc je ne peux pas encore vous dire si c’est efficace ou pas.

Voilà, je pense que mon inventaire est terminé (pour le moment). J’espère que mon récit pourra aider quelqu’un. Si vous avez d’autres pistes, conseils, questions, n’hésitez pas.

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Ce que l’insomnie m’a appris

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Pour que vous (me) compreniez, je vais vous parler de ma life. Du pourquoi du comment je suis arrivée aux insomnies.

Pour faire trash mais vrai, je dirais que la leucémie m’a détruit la vie (détails ici). D’une enfant heureuse, indépendante et joviale, je suis passée à une ado déprimée, épuisée et dépendante.

J’ai connu les mauvais traitements par le personnel hospitalier lorsque j’étais malade, les moqueries et le harcèlement scolaire (on n’en parlait pas à l’époque) pendant ma convalescence.  Pour couronner le tout, j’avais un entourage proche, loin d’être à la hauteur de la situation (je n’en dirai pas plus par pudeur).

A dix-huit ans, j’avais intégré l’idée que j’étais bizarre, faible, anormale, insatisfaite chronique et j’en passe. Il n’y avait que les études qui me permettaient de tenir debout…car malgré tout, je réussissais.

A 24 ans, lorsqu’à la remise des diplômes de traducteurs, le directeur de l’institut a cité mon nom, j’ai paniqué.  Je ne m’aimais pas ou je me détestais, au choix, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire. Cependant, comme je ne sais pas rester sans rien faire, j’ai quand même pris  l’option: s’inscrire dans des agences intérim et accumuler les CDD jusqu’à trouver le métier qui me convienne. Malheureusement, la réalité m’aura très vite rattrapée. Je ne parlais pas le néerlandais et cette langue, dans mon secteur, était devenu indispensable, à Bruxelles, en quelques petites années (le temps de mes études). Je me suis prise une claque monumentale. Diplôme ou pas, il était très difficile de trouver un boulot, quel qu’il soit. J’ai alors enchaîné cours, travail où il n’y avait rien à faire, stage où l’intitulé et la fonction n’avaient rien en commun, taf où j’ai subi du harcèlement moral et finalement, job à Barcelone, un peu plus sympa mais très mal payé.

J’ai finalement craqué à 26, 5 ans. Au programme, grosse dépression et agoraphobie sévère.

Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait et un médecin n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous antidépresseurs (enfer qui m’aura plongé, pour de bon, dans les troubles du sommeil et dans lequel je suis restée pendant sept ans) en insistant sur le fait que sans, je m’en sortirai très difficilement. Désespérée, j’ai pris les pilules.

Je culpabilisais d’être comme j’étais, de me sentir si différente, si à côté de la plaque et il m’aura fallu le sevrage, sept ans plus tard, pour me réveiller . J’avais 33 ans (presque 34) et un petit garçon de 3 ans. Mon fils a été/est ma motivation suprême. Je ne voulais/veux pas d’une maman « zombie » pour lui.

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A la fin du sevrage, j’étais tellement mal physiquement, psychologiquement et même neurologiquement (je vous ferai grâce des symptômes) que j’ai été obligée de prendre du temps (chose totalement inconcevable, pour moi, qui ne vivait que dans l’action et plus particulièrement, le devoir)….Je me suis alors posée et j’ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ce que j’avais subi n’était pas de ma faute, que je n’étais ni bizarre ni faible, ni anormale mais surtout le contraire, que j’avais toutes les raisons du monde d’être insatisfaite. J’ai compris que j’avais été maltraitée ou ignorée pendant les 2/3 de ma vie et qu’il était normal que je ne tourne pas rond.

Aujourd’hui, je ne suis plus dépressive malgré des difficultés d’endormissement, un sommeil en dents-de-scie, non-récupérateur, des angoisses nocturnes et une vive colère (que je canalise de mieux en mieux). J’ai la positive attitude en journée, vraiment. Je ressens comme un élan de vie en moi qui était tombé dans le coma à mes 11 ans et demi. Je suis de plus en plus bienveillante envers ma personne, je récupère un genre de confiance en moi (ça fait vraiment « moi, je », je sais :-)), je culpabilise de moins en moins et je m’entoure mieux. En résumé, j’apprends à me connaître et à prendre soin de moi.

Malgré tout, j’ai bien conscience du fait que le chemin à parcourir est encore long. Je ne dors pas et il y a des traumatismes dont je ne suis pas remise. Je sais qu’il me faut encore du temps pour transcender tout ça et le transformer en quelque chose de positif. La différence avec « avant », c’est que je me sens moins paumée, plus en paix et que je crois qu’il est possible qu’un jour, je me sente, complètement, bien.

Précédents articles sur le sujet: ici et

 

 

Les conséquences d’un sommeil pourri

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Les conséquences de mon sommeil pourri, je les avait déjà effleurées dans mon précédent article sur le sujet mais je n’en avais pas parlé avec détail. L’article aurait été bien trop long.

Alors, j’insiste, ce n’est pas dans une complainte que je me lance. Je ne suis pas malheureuse. Mon but, avec cette série d’articles, est, vraiment, de sensibiliser les gens à l’insomnie qui peut constituer un véritable trouble à elle seule et pas uniquement un « banal » symptôme d’autre chose.

Les conséquences sont multiples et chez moi, elles donnent ceci:

Au niveau physique, c’est simple et bête. En cas de crise d’insomnie (quand je ne dors pas ou pratiquement pas pendant plusieurs jours d’affilée), je suis, d’abord, fatiguée.  Fatiguée au point de devoir tout faire au ralenti. Une activité, une pause, une activité, une pause. Je ne peux pas mieux faire.

Lorsque je danse (l’une de mes activités préférées), je m’essouffle beaucoup plus rapidement et je suis comme désaccordée. Je ne suis pas le rythme. Ce n’est pas grave en soi mais c’est dommage.

J’ai souvent un état grippal aussi: des courbatures, une sensibilité accrue aux oreilles, à la gorge. Je suis très souvent enrhumée.

Et puis, je manque d’appétit et souffre beaucoup plus de l’estomac (une de mes faiblesses à la base).

Au niveau psychologique, je suis beaucoup plus anxieuse, constamment à fleur de peau, beaucoup plus sensible aux stimuli, comme la lumière ou le bruit. J’angoisse beaucoup à l’idée de devoir me lever tôt pour emmener le petit à l’école ( J’ai toujours peur de ne pas y arriver. Comme, il est en primaire, il ne peut plus vraiment manquer).

Au niveau cognitif, ce sont mes facultés pour écrire qui en prennent un coup. J’ai un gros nuage dans le cerveau. Je ne sais plus faire de belles phrases. C’est râlant parce que j’ai envie de dire tellement de choses mais j’ai besoin de plus de temps. C’est un fait. Je suis beaucoup plus lente et trouver le bon mot me demande plus d’effort. Écrire une lettre courte peut me prendre une semaine.

A part ça, j’oublie aussi des choses. Ma mémoire a court terme est un peu abîmée.

En fait, c’est ça, je vis ma vie, à contre courant, plus doucement, avec l’obligation de planifier souvent alors que je suis de nature spontanée . Ce n’est pas grave de vivre plus lentement. Je sais que le rythme actuel ne me conviendrait pas. Les problèmes de santé m’ont obligés à prendre le temps de réfléchir, à me poser et j’avoue qu’entre autres, je ne comprends pas cette société qui nous impose de courir tout le temps. Ce n’était pas comme ça, il y a trente ans, si?

Comme vous le voyez, les conséquences ne sont pas anodines mais il n’y a pas que du mauvais. J’approfondirai la question dans un troisième et dernier article.

 

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L’insomnie ou pourquoi je ne bosse pas?

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Je suis insomniaque. Insomniaque depuis neuf ans et personne ne peut, vraiment, comprendre ce que je vis au quotidien. Il faut vivre les choses pour pouvoir  se mettre à la place des autres . C’est normal. Je trouve que l’insomnie est assez banalisée (à mon détriment) et mon intention, à travers ce texte, est de vous expliquer ce que représente cette saloperie dans le quotidien d’une personne.

En ce qui me concerne, je n’ai jamais été une grande dormeuse . La sieste, quand j’étais petite, j’ai vite abandonnée. Lorsque j’étais ado, je trouvais même que dormir, c’était perdre son temps et qu’il y avait bien plus intéressant à faire. Je connus quelques insomnies à cette époque mais rien d’alarmant (pendant les examens ou lorsqu’il arrivait quelque chose qui me stressait beaucoup). C’était ponctuel. Et puis vint ma dépression de 2007 et son lot de médicaments que j’ai pris pendant sept longues années, à cause d’un mauvais suivi (c’est pas comme dans les films, trouver un médecin qualifié dans ce domaine, c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin: c’est toi et ta chance et la mienne était aux abonnés absents). Ces drogues, je n’ai pas peur de le dire, ont détruit mon sommeil.

En 2015, lorsque je suis arrivée à me débarrasser de ces cochonneries, je ne dormais plus. Mais alors plus du tout. Je passais mes nuits à me promener dans mon appartement.

Pour tenter de rétablir mon sommeil, j’ai essayé des tas de trucs: labos du sommeil qui n’ont rien révélé d’anormal  (à part des micro-réveils toutes les 30 secondes, ok…) plantes, alcool, sortir très tard, hypnose, emdr, privation de sommeil à la militaire jusqu’à tomber par terre. J’ai ainsi passer des 10-11 nuits d’affilée à ne dormir qu’une heure. Les autres , je les passais à me réveiller et à me rendormir . J’avais l’impression de devenir folle.

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Ensuite, j’ai un peu récupéré des heures de qualité par ci, par là: 3h d’affilée et je sautais au plafond de joie. Depuis c’est un peu mieux, assez aléatoire et mes nuits se passent à peu près comme ça:

  • Je vais me coucher aux environ de minuit, parfois plus tard, je prends mes capsules d’homéopathie, et ensuite, je lis jusqu’à ce que mes paupières se ferment toutes seules. ( En hiver, c’est très difficile de supporter ce rythme quand je dois me lever le matin tôt pour emmener le petit à l’école). Parfois, ça marche et j’en ai pour 3-4 heures, voire 5-6 (si j’ai de la chance) de tranquillité sur la nuit. Parfois, pas du tout et mes yeux se rouvrent dès que j’ai éteint la lumière et …je n’ai plus qu’à reprendre ma lecture.

Si je dors 5-6 heures de suite, je peux considérer que c’est une bonne nuit. Je peux difficilement aspirer à plus. J’ai eu un pic de 8h30 en 2016 et un autre de 10h en 2017 mais ça ne s’est produit qu’une seule fois à chaque fois.

Il y a des périodes de crise (comme là maintenant depuis le 30 décembre environ) où mon sommeil est très très court et extrêmement non-récupérateur et des périodes de récupération qui durent 4-5 jours (si j’ai de la chance) et pendant lesquelles je fais ces 5-6 heures d’affilée.

En 2015, j’étais un véritable zombie. J’avais besoin d’aide pour tout: ça allait d’écrire un simple texte en passant par me faire à manger, à s’occuper du petit quand je n’avais pas la force.

Ensuite, cela a progressivement évolué dans le bon sens grâce à ces périodes de récupération dont je parle ci-dessus…mais c’est loin d’être le paradis. C’est encore relativement  (et même très, par moments) difficile à gérer.

Quand on me demande comment je fais pour supporter tout ça, je réponds  que je ne bosse pas. Cela évite, du coup, les jugements hâtifs, sur ma condition de personne touchant des revenus de remplacement (en fait, les gens ne savent pas vraiment quoi dire).

La pire question qu’on peut me poser, c’est pourquoi? genre, c’est quoi qui te préoccupe à ce point pour que tu ne dormes pas? Là, je réponds : rien, c’est neurologique, on peut rien faire. Je pense, honnêtement, que si au moindre stress, il faudrait qu’on arrête de dormir,  personne ne dormirait plus jamais. Il y a toujours l’une ou l’autre raison d’être vaguement stressé. En réalité, ce qui m’inquiète le plus, c’est justement ce problème de sommeil qui perdure …

Le gros point positif à l’affaire, c’est que je vois plus mon fils qu’une maman qui travaillerait toute la sainte journée… mais franchement, j’aurais préféré  être une maman qui va bien et le voir un poil moins.

L’insomnie chronique, qu’on se le dise, ce n’est pas drôle,  c’est être toujours à fleur de peau et c’est handicapant.

Mais bon, comme dirait ma mère, il y a pire dans la vie …N’est-ce-point?

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Tu as de la chance qu’il t’aide pour le petit

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Il y a environ un an, je dirais, deux copines ou plutôt une amie et une copine, m’ont sortie cette phrase en parlant du père de mon fils.

J’avoue avoir été un peu interloquée, voire choquée, sur le moment car je ne comprenais pas en quoi j’avais de la chance. Oui, son père s’occupe de lui. Oui, son père me paye une pension pour ses besoins mais en quoi est-ce exceptionnel? C’est NORMAL. Ce n’est pas aider mais jouer son rôle. C’est passer de l’argent parce que l’autre en gagne moins. C’est pour le bien de l’enfant, ce n’est pas un luxe (je ne pourrais pas partir au Bahamas avec le montant de la pension. Enfin, ce n’est pas le but, non plus…Et puis les Bahamas, ça me dit rien en vrai).

C’est ne pas participer qui n’est pas normal. L’enfant, on ne le fait pas toute seule  par l’opération du saint-esprit, que je sache. Nous étions deux au moment de la conception. C’est donc à nous deux de nous en occuper, pour le meilleur et pour le pire, amen. Par conséquent, ce n’est pas moi qui ai de la chance, mais elles qui n’en ont pas eu (je dis « eu » parce que malgré qu’elles soient jeunes, leurs enfants sont grands). Vous voyez la nuance?

Bref, si je vous donne cet exemple c’est parce que trop souvent, depuis, je fais  attention quand j’entends ce genre de discours, et je me suis rendue compte qu’il était extrêmement commun. C’est comme si, prendre soin de son enfant,  pour le géniteur  c’était un plus et que limite, il fallait se prosterner à ses pieds pour ça; alors que pour la mère, c’est normal. T’as fait un choix, t’assumes ma vieille.

Je ne suis pas d’accord !

C’est pareil pour ce qui est du ménage. Il y a environ une semaine, je vois sur FB un message d’une de mes copines dans lequel elle remercie son compagnon de l’aider dans SES tâches ménagères alors qu’ils bossent tous les deux et qu’elle est enceinte de quasi 9 mois. Encore une fois, c’est NORMAL, ce n’est pas de l’aide. Le pire c’est que je lui fais la remarque et qu’elle me répond: « oui, mais il est si gentil, il le fait avec tellement d’amour »…Euh, ouais, et moi qui croyais que tu te prenais pour une grosse   grande féministe …

Ce ne sont, malheureusement, pas les seules remarques qui me font tiquer. Des exemples, il y en a à la pelle et je trouve ça triste qu’au 21ème siècle, des jeunes femmes, supposément, modernes en soient toujours à ce stade.  Corrigez-moi si je  me trompe mais je pense que ce sont toutes ces petites situations « ordinaires », ces phrases faussement anodines, passant inaperçues, qui plus qu’autre chose, font que les choses n’évoluent, pas tant que ça, au final. …

Qu’en pensez-vous?

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