Maladies de femmes #2

maladies-de-femmes-#2

Comme promis, je reviens avec le deuxième article consacré aux maladies de femmes (le premier est ici)que je connais parce que je les subis.

Aujourd’hui, on va donc parler du papillomavirus ou HPV (human papillomavirus).

Le papillomavirus n’est pas une maladie mais une infection sexuellement transmissible. C’est un virus asymptomatique avec lequel 80% des hommes et des femmes vont être, au moins une fois, en contact au cours de leur vie dans la mesure où un des seuls moyens de l’éviter, c’est de n’avoir qu’un.e seul.e partenaire  durant toute son existence et que ce soit, pareil pour le/la partenaire en question. De plus, elle s’attrape très facilement, parfois même, par frottement avec une surface infectée (du corps de l’autre, je précise). Dans la majorité des cas (mais pas tous), le virus est éliminé naturellement, grâce à notre immunité.

Il est très difficile de savoir qui nous l’a transmis parce que l’infection met un temps dingue (jusqu’à 10 ans) à se développer. Chose qui veut dire qu’on peut être porteur sain pendant tout ce temps sans que des changements cellulaires n’apparaissent sur un frottis ou qu’on ait des condylomes (verrues en forme de crêtes de coq). Il est évident qu’on peut contaminer, également, d’autres personnes pendant tout ce laps de temps.

Personnellement, je l’ai su en faisant un frottis de routine l’année dernière. A cette époque, le changement cellulaire était tellement minime qu’on ne voyait pas encore ce dont il s’agissait (c’est en tout cas, la version de la gynéco, la même qui me disait que mes douleurs menstruelles étaient dues à mon utérus rétro-versé, donc bon). Cette « professionnelle » était très optimiste (ou indifférente) et pensait que mon immunité éliminerait le virus. La seule chose à faire était de surveiller son évolution possible en refaisant un frottis dans les six mois.  Malheureusement, dans mon cas, le virus n’a pas été éliminé. J’ai une infection de bas grade (légère) mais la souche (il en existe tout un tas) est une de celles qui peut faire que le virus devienne un cancer. En juin (ça aurait du être un peu avant mais comme le coronavirus est passé par là, les rendez-vous sont tous décalés), je vais devoir subir une colposcopie, autrement dit, le gynécologue va observer mon vagin, ma vulve et mon col de l’utérus (je sais, c’est glamour) avec un microscope, après l’application de colorants, pour savoir si je suis porteuse de lésions pré-cancéreuses, cancéreuses ou de rien du tout.

Pour se prémunir, il existe un vaccin qu’on conseille de faire à toutes les adolescentes entre 14 et 19 ans (possibilité de le faire jusqu’à 26 ans si on n’a pas eu de rapports sexuels avant). Malheureusement pour moi, il n’a été mis sur le marché qu’en 2006.

Alors ce qui me fâche dans l’affaire, c’est qu’en Europe ou en tous cas, dans nos contrées francophones, seules les filles étaient vaccinées jusqu’à il y a très peu alors que les garçons sont tout autant porteurs et transmetteurs. Pourquoi me demanderez-vous? parce que, en ce qui les concerne, les risques de développer quelque chose de mauvais (cancer du pénis, de l’anus par exemple) sont, extrêmement, minimes . Depuis la fin de l’année dernière en Belgique et quelque part cette année en France, la vaccination est, heureusement, prévue et, également, recommandée pour eux.

Pourquoi est-t-il important que tous les adolescents se fassent vacciner? Parce que même si le papillomavirus ne se transforme en cancer que dans de rares cas, le risque est quand même là et il serait, par la même occasion, utile de nous faire épargner tous les moments stressants qu’engendrent les visites chez le gynécologue/l’urologue ainsi que des examens couteux et pas, du tout, agréables.

maladies-de-femmes-#2

Maladies de femmes #1

Maladies-de-femme

Aujourd’hui, je vais aborder un sujet que je connais, que beaucoup de femmes subissent et qui en gênent de nombreux autres . J’ai cité: les maladies de femmes et plus concrètement, l’endométriose et le papillomavirus. Deux affections dont je suis victime malheureusement.

Je ne voulais pas parler de mon endométriose. Je n’avais pas envie de me plaindre mais je me suis dit que le faire de façon didactique serait sûrement utile. En ce qui concerne le papillomavirus, c’est la colère qui me pousse à m’exprimer et vous allez comprendre pourquoi.

L’endométriose, d’abord. Le papillomavirus, ce sera pour un prochain article


L’endométriose c’est la maladie des règles. C’est une maladie gynécologique inflammatoire chronique. Dans le cadre de cette maladie, un tissu présentant les mêmes caractéristiques que l’endomètre (muqueuse qui tapisse la paroi interne de l’utérus, qui s’épaissit et qu’on élimine quand on a nos règles) se développe hors de l’utérus, dans des localisations anormales (organes gynécologiques, reins, poumons, etc) sous forme de ce qu’on appelle des lésions d’endométriose.

Sous l’influence des hormones au moment des règles, tout comme l’endomètre, ces ilots de tissus saignent, ce qui donne une réaction inflammatoire et provoque des douleurs et des adhérences avec d’autres organes.

Voilà pour la théorie.

Maintenant, la pratique et mon cas qui est celui que je connais.

Personnellement, pendant longtemps, rien ne laissait présager que j’avais ou j’allais développer cette maladie.

Jusqu’à 17 ans, j’ai mes règles quatre fois par an (peut-être un lien avec la chimio reçue jusqu’à mes presque 14 ans) . A partir de mes 18 ans, mes règles deviennent plutôt abondantes. Ce qui n’est en rien original, dans la mesure où il y a des femmes qui en ont plus, d’autres moins. A 25 ans, par contre, je me rends compte pour la première fois que si je ne prends pas d’antalgique pour calmer les symptômes, je souffre comme un chien pendant le premier, voire les deux premiers jours de menstruations. Je n’y prête pas attention dans la mesure où j’ai toujours entendu que c’était normal de souffrir pendant cette partie du mois. A 30 ans, je tombe enceinte très facilement.

En fait, ce n’est qu’en 2017 où je ressens un changement inquiétant. Mes règles passent de durer 5-6 jours, à 10-11 jours (avant l’opération, mes pertes de sang pouvaient se prolonger jusqu’à 16 jours…) Quand je le dis à ma gynéco de l’époque, elle me répond que c’est parce que j’ai l’utérus rétro-versé (euh, je l’ai toujours eu rétro-versé et je n’ai jamais eu ces problèmes avant). L’année suivante, je fais l’expérience du neurofeedback pour mon insomnie et la durée de mes menstrues diminue, drastiquement. Je me retrouve avec 3,5 jours de pertes de sang par mois…Je trouve ça étrange mais comme ça m’arrange d’en avoir moins longtemps, je ne fais rien. Je commence à, réellement, m’inquiéter à partir du mois de février 2019. Au cours de ce mois-là, sur 6 jours de règles, j’ai des douleurs qui s’apparentent à ce qu’on ressent pendant l’accouchement pendant 3-4 jours et l’ibuprofène ne fait aucun plus effet. Au mois de mai, je me mets à faire  infection urinaire sur infection urinaire (je n’étais pas du tout sujette à ce genre de souci avant) et au mois de juin, je m’évanouis pour la première fois. Plus le temps passe et plus je souffre. Lorsque je me rends chez ma gynéco pour lui faire part de mes inquiétudes, elle me ressort à nouveau le couplet de l’utérus rétro-versé et me propose de m’insérer un stérilet hormonal pour tenter de diminuer, voire stopper mes règles. Lorsqu’en septembre, je reviens pour la pose, le spéculum qu’elle essaye de m’insérer se retrouvé éjecté à l’autre bout de la pièce et moi, j’ai la sensation qu’elle a tenté de me transpercer les entrailles avec un couteau. Ne pouvant supporter la douleur, je décide de laisser tomber et elle me propose alors et comme dernier recours, une pilule d’allaitement qui ne contient qu’une seule hormone (progestatif), dans le but, toujours, d’arrêter mes règles et de mettre mes ovaires au repos. Deux jours plus tard, je me retrouve aux urgences gynécologiques chez une professionnelle qui, enfin, m’écoute et m’envoie faire une irm du petit bassin. Finalement, je serai fixée en novembre sur mon état et sur l’incompétence de la gynécologue. Le spécialiste que je rencontre m’explique très clairement qu’il ne sait pas comment elle a pu me prescrire cette pilule d’allaitement, qui selon lui devrait être retirée du marché pour son manque d’efficacité (j’ai continué à avoir mes règles malgré sa prise en continu pendant plusieurs mois) et ses effets secondaires délétères. Une échographie pelvienne confirmera le stade de la maladie (le dernier dans mon cas) et l’opération sera fixée pour janvier 2020. Depuis l’intervention, j’ai encore des gênes, des douleurs, c’est sensible mais je vais, nettement, mieux .

Pour éviter que la maladie ne récidive trop vite, le spécialiste m’a prescrit une pilule (combinée cette fois) à prendre en continu. J’ai pris un peu de poids (mais bon avec le confinement, va savoir si c’est lié), j’ai plus souvent mal à la tête mais globalement, je la supporte bien. Le fait de ne plus avoir mes règles évite un trop rapide développement des lésions. Par contre, il n’existe pas de vrai traitement destiné à l’endométriose et les femmes qui en souffrent, arrêtent d’en souffrir lorsque les règles s’arrêtent, autrement dit à la ménopause.

Cette maladie a été isolée au milieu du 19ème siècle et pourtant, les études et recherches la concernant sont rares. Elle est, par conséquent, très sous-diagnostiquée. Pourtant, il paraîtrait qu’une femme sur dix au moins en soit atteinte.. Trente à quarante pourcents des endogirls sont infertiles, voire stériles et  contrairement aux croyances, ce n’est pas normal qu’une femme se torde de douleurs et s’évanouisse quand elle a ses règles.

Les femmes sont traitées de douillettes, hystériques, faibles et lorsque nous nous plaignons, soit on minimise, soit on ne nous croit pas. J’ai eu de la chance. Il ne m’a fallu que 2,5 ans pour avoir un diagnostic mais en 2,5 ans, mes organes génitaux ont eu le temps de se retrouver collés entre eux par les adhérences qui agissaient comme de la superglu. Une grosse boule formée par du tissu endométrial a réussi à se loger à l’arrière d’un de mes ovaires et les médecins qui sont intervenus, ont eu peur pour ma fertilité. Je dis 2,5 ans mais le chirurgien m’a informé qu’il est fort probable que j’avais déjà des lésions avant de tomber enceinte, étant donné ce que je lui ai raconté de ce fameux jour à me taper la tête contre les murs de ma chambre lorsque j’avais 25 ans et que je n’avais pu prendre ma dose d’ibuprofène.

Personnellement, c’est grâce à une émission où j’ai vu Lætitia Milot en parler à la télé que j’ai compris toute seule ce que j’avais. Avant, je n’en avais jamais entendu parler. Le plus dur a été de trouver un médecin qui me prenne au sérieux et m’envoie faire les examens adéquats.

Vous savez tout maintenant. Si vous avez des questions ou des interrogations, n’hésitez pas.

Maladies-de-femmes

Je reste à la maison mais…

Je-reste-à-la-maison-mais

Ci-dessous, vous trouverez le texte que j’ai écrit pour le collecti.e.f 8 maars de Bruxelles dans le cadre de la campagne conçue par les camarades italiennes de NON UNA DI MENO et dont le but est de casser la solitude du confinement, de récolter les témoignages de celles qui paient le prix de cette situation d’urgence, de créer des liens, partager des outils et des informations pour nous entraider et nous soutenir, pour lutter ensemble. «  »

« Je reste à la maison mais tout le monde s’en fout. Je ne suis qu’une mère solo au foyer que son état de santé précaire a obligé à choisir entre le boulot et son enfant il y a déjà quelques années .Mon cas n’est pas étudié, je ne suis représentée nulle part. Je fais partie de la caste des invisibles.

De quoi je me plains, n’est-ce pas ?Je suis sur la mutuelle et « grâce » à mon statut de « chef de ménage », je « gagne » sans doute plus, actuellement, que certains travailleurs qui se retrouvent au chômage technique ou permanent. La différence, c’est que les femmes comme moi, nous n’existons pas. Par conséquent, nous n’avons ni la possibilité de nous plaindre ni de dire que tout va bien, quand c’est le cas.

Cette crise nous divise en lignes, si j’ai bien compris. Il y a, d’abord, les « héros » du moment qui sont, pour la plupart, des héroïnes-même si elles n’aiment pas être appelées comme ça pour les raisons que l’on connaît et que, personnellement, je cautionne – qui vont, pour les moins chanceux.ses d’entre iels, finir au casse-pipe par manque de matériel ; ensuite, viennent les autres travailleurs des secteurs essentiels (caissiers, éboueurs, facteurs et toustes celleux que j’oublie…), puis, les parents ou non-parents qui télétravaillent et enfin, les autres, les rebuts ou les inutiles parce que trop vieux, chômeurs, au foyer, sdf, migrants, prostitué.e.s et/ou malades. Et je ne parle même pas des enfants qui sont, pour moi, les vrais parias de cette crise sanitaire sans précédent.

Donc voilà, pour ma part, mon confinement, cinq jours par semaine (mon fils est deux jours chez son père en moyenne), c’est le ménage, la popote, l’administration de l’appartement, m’occuper d’un petit gars bien sympa de 8 ans, faire la prof, éviter (comme je peux) de péter les plombs pour que lui ne pète pas les siens, à son tour, aller prendre un bon bol d’air (de moins en moins car vu qu’on nous a tellement mentis sur la maladie, je ne sais plus qui croire) parce qu’on en a le droit, partager des trucs sur FB ou d’autres réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il se passe (situation dont, en tant que patiente, j’étais déjà bien consciente avant le corona), parler au téléphone avec ma mère qui est en chimio, chatter un peu avec des ami.e.s ou connaissances, lire, essayer de me concentrer sur une série ou un film et écrire parce que j’en ai besoin, que c’est gratuit et que je ne risque pas de refiler mes microbes éventuels (le dépistage en masse, ce doit être pour une autre galaxie) à quelqu’un en le faisant. Rien de palpitant, juste de quoi, et contrairement à ce que la majorité des gens pense, être bien occupée et lessivée à la fin de la journée.

J’ai bien conscience qu’il y a pire ailleurs, que ce qui me fait peur, c’est l’angoisse d’être en train de revivre le cauchemar d’une époque où j’étais résumée à mon seul rôle de mère. C’est l’angoisse de craindre que tout ce que j’aurais mis des années à (re)construire sera peut-être anéanti en quelques semaines, quelques mois. C’est l’angoisse de voir mon fils traumatisé-ou pire- par cette saloperie. C’est l’angoisse de penser que peut-être, à la fin de la bataille, il manquera des gens parmi les miens et que je n’aurais même pas pu leur dire au revoir….

C’est tout ça et encore plus. Cependant, comme je le disais au début de texte, je reste à la maison et tout le monde s’en fout puisque je ne suis que mère solo au foyer et que, par conséquent, je fais partie des gens qui ne sont rien. »

Remarque: comme je l’ai dit, il y a bien plus à plaindre que moi. Ma principale source de préoccupation en ces jours de confinement est de ne pas avoir de balcon ou de terrasse. Cependant, je voulais écrire un texte fort, qui résonne, parce que je pense à l’après corona et l’après corona, si on s’en sort, il va être dur. Je ne me fais pas d’illusion, je suis tout en bas de l’échelle, je vois le gouvernement agir au détriment de sa population et je ne vais pas le cacher, je crains l’avenir qui m’attend.

La douleur

La-douleur

Je fais une pause dans mon journal de quarantaine pour vous parler d’un ressenti. En fait, j’ai compris que je devais me rendre à l’évidence: je suis en souffrance . J’aurais voulu dire autre chose…Que cette période me permettait de faire ce que je remettais sans cesse à plus tard (même si aussi) ou de profiter des petites choses de la vie (pas besoin d’être enfermée pour ça)…Mais il n’en est rien… Je dois le reconnaître: la souffrance pour les épreuves de ces derniers mois balaye tout sur son passage.

Depuis novembre, je n’ai cessé d’accumuler mauvaises nouvelles et coups durs (cancer de ma mère, attaques de panique de mon fils, endométriose et infertilité pour moi) et ce qui me faisait tenir bon gré, mal gré, c’était l’action. Je n’arrêtais pas. Parce que je ne voulais pas et parce que je ne le pouvais pas. J’étais en mode warrior et recherche de solutions. Peut-être même en pleine fuite en avant.

Depuis que le confinement a commencé, je n’ai eu d’autre choix que de me poser. Même si je suis bien occupée par mon rôle de mère au foyer temps-plein, je suis aussi, pour la plupart du temps, cloîtrée entre quatre murs et j’ai, dès lors, tout le loisir de penser.

Penser dans ce genre de contexte se traduit souvent par ruminer. Je rumine donc et je souffre.

Au début, j’ai un peu culpabilisé. Je me disais: tu ne peux pas traverser cette épreuve, philosophiquement, comme d’autres? et puis, une nuit d’insomnie, j’ai accepté qu’elle était là ma douleur et qu’elle avait toutes les raisons d’y être.

On n’est pas dans un film et elle n’a pas disparu dès que je lui ai dit « oui » et que je lui ai fait une place. Non, mais je sais que l’accepter est la seule voie possible. Autrement, je finirais par imploser. Je suis bien placée pour savoir que lorsqu’on n’accepte pas ce qui nous arrive, on est comme un robinet qui fuit lentement mais qui fuit toujours. Moi, j’ai décidé de l’ouvrir une bonne fois pour toutes et de voir ce qu’il se passe. Cela ne veut pas dire que je vais me coucher et ne plus me lever jusqu’à ce qu’elle parte-chose qui n’arriverait pas- mais accepter qu’elle m’accompagne comme un mal de tête constant. Certaines fois, fort et intense. D’autres, plus discret. Ce n’est pas facile mais c’est la seule solution, je crois.

Je ne sais pas pourquoi j’écris un article sur un sujet aussi banal. Peut-être juste le besoin de se dire que ça va de dire que ça va pas.

J’ai participé à la marche du 8 mars de Bruxelles

J-ai-participé-à-la-marche-mondiale-du-8-mars

Etonnant, n’est-ce pas? Hahaha.

Ce n’est pas la première fois. La première fois, c’était avec mon fils, l’année dernière mais je me rendais moins compte de l’importance du mouvement et j’étais moins à l’aise aussi dans la mesure où aller à une manif avec son petit garçon, ça peut parfois être un peu risqué.

En 2020, j’ai pris le temps (enfin non, pas tellement, elles étaient tellement faciles à trouver) de chercher et de noter les idées et injustices qui rendaient ma présence indispensable à cette manifestation.

J’ai participé à la marche pour les raisons suivantes:

1) Pour qu’aucun parent nulle part dans le monde ne soit plus jamais déçu ou anéanti lorsqu’il apprend que son nouveau né est une fille.

2) Pour qu’aucun garçon n’ose plus jamais soulever la jupe d’une fille, ne cherche à l’embrasser, à la déshabiller, à lui mettre sa langue dans sa bouche, sans sa permission.

3) Pour que plus jamais une petite fille de dix ans ne reçoive le message qu’elle met des minijupes pour attirer les garçons (du vécu, oui, oui).

4) Pour que plus jamais une fille ne soit regardée comme un morceau de viande. Basta la sexualisation du corps des filles.

5) Pour qu’aucune fille ne soit résumée à son physique.

6) Pour que toutes les filles puissent faire les études qu’elles veulent pour devenir infirmière, maçonne ou avocate.

7) Pour que plus aucune de mes amies ne viennent me dire qu’elle a été poursuivie, harcelée, violée.

8) Pour que les policiers soient tous formés à la prise en charge des femmes violées et leur évitent ainsi un second traumatisme.

8) Pour que plus aucun patron n’ose demander à une jeune femme au moment de l’interview si elle a l’intention d’avoir des enfants (problème qui serait résolu si le congé de paternité était égal au congé de maternité) .

9) Pour que plus aucune mère célibataire ne ne se voit refuser le droit à un logement parce qu’elle a un bébé (du vécu aussi).

10) Pour que les pères qui ne s’occupent plus de leurs enfants lorsqu’ils sont séparés soient obligés de verser une pension alimentaire à la maman. L’inverse aussi mais c’est plus rare qu’un enfant reste avec son père.

11) Pour que plus aucune femme au foyer ne soit plus jamais considérée comme une fainéante qui ne fout rien de sa journée alors qu’elle a toute la charge mentale sur elle (ménage, cuisine, repassage, gestion des enfants et de leur bien-être, devoirs, etc, administration, etc).

12) Pour qu’on croit une femme lorsqu’elle dit qu’elle a mal (Il y a des tas d’études qui montrent des résultats assez édifiants concernant la prise au sérieux des plaintes physiques des femmes…Moi, même, j’ai beaucoup erré avant d’avoir un diagnostic d’endométriose et mon docteur était une femme, pas d’amalgame svp)

13) Pour que plus aucune femme n’ait plus jamais à subir de violence gynécologique (je vous conseille l’excellent « Le chœur des femmes » de Martin Wincker à ce sujet)

J-ai-participé-à-la-marche-mondiale-du-8-mars

14) Pour que plus aucune fille de 13 ans ne soit accusée de mentir lorsqu’elle dit qu’un réalisateur qui a l’âge d’être son père, l’a droguée et sodomisée de force.

15) Pour qu’une femme n’ait plus jamais peur lorsqu’elle est seule, le soir, dans la rue.

16) Pour que toutes les filles dans le monde aient le droit d’aller à l’école

17) Pour que toutes les petites filles dans le monde aient le droit de garder leur clitoris.#abaslexcision

18) Pour en finir avec les féminicides

19) Pour que la charge mentale soit partagée

20) Pour que le travail domestique soit considéré comme du vrai travail

21) Pour que plus jamais une femme n’ai la charge seule de la contraception dans le couple (du vécu aussi et c’est très stressant).

22) Pour que les personnes qui travaillent dans les professions de « care » soient payées à la hauteur du travail accompli.

23) Pour que les actrices de porno soient respectées et qu’on ne leur impose plus un nombre supérieur de partenaires que prévu ou des pratiques sexuelles pour lesquelles elles n’ont pas signées (je le dis ou rappelle, imposer plus de partenaires ou des pratiques, c’est du viol)

24) Pour que plus de moyens soient libérées pour la recherche en ce qui concerne les maladies de femmes (je reviens avec mon endométriose qui est une maladie pour laquelle, il n’existe aucun traitement si ce n’est ceux pour traiter les symptômes et qui ne sont pas sans effets secondaires).

25) Pour que les prostituées aient des droits: sécurité sociale, travail déclaré, cotisations, etc. Je pense que lutter pour l’abolition de la prostitution en l’état actuel des choses n’est pas réaliste. Les gens trouveront toujours le moyen de le faire. Il faut d’abord passer par une éducation massive avant de pouvoir parler d’y mettre fin.

26) Pour que les filles et les garçons aient le droit de s’habiller comme ils veulent, jouer à ce qu’ils veulent, exprimer les émotions qu’ils ressentent en toute liberté, sans se sentir jugés. Les garçons qui pleurent sont encore critiqués (mon fils de 7,5 ans lorsque je me suis évanouie aux portes du cirque alors que nous n’étions que tous les deux) et les filles qui se mettent en colère sont encore bien souvent traitées d’autoritaires.

27) Pour que plus aucun enfant ne soit le dommage collatéral des violences conjugales dans sa maison.

28) Pour que plus aucun enfant ne soit victime d’infanticide

29) Pour que l’écart salarial entre hommes et femmes à un même poste ne soit plus qu’un lointain souvenir.

30) Pour que le droit à l’avortement ne soit plus remis en question. Comme pour la prostitution, les femmes trouveront toujours le moyen de le faire et il faut encadrer, pas interdire. Un gosse, ce n’est pas un meuble. Si pour x raisons, une femme ne peut ou ne veut pas l’avoir, il faut respecter sa décision. Point.

J’aurais pu continuer toute la nuit et la journée suivante, il y a plein de thèmes que je n’ai pas abordés mais je n’avais pas assez d’énergie. Je réfléchirai à de nouvelles raisons pour la prochaine édition et je complèterai ainsi ma longue liste.

ps: Si vous avez des idées pour compléter l’article, n’hésitez pas.

J-ai-participé-à-la-marche-mondiale-du-8-mars

Adèle Haënel, on la hait ou on l’adore…

Adèle-Haënel-on-l-adore-ou-on-la-hait

Adèle Haenel (Suzanne, 120 battements par minute, Portrait de la jeune fille en feu, etc) est la première actrice française à avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma français.

Les faits remontent à quand elle avait entre 12 et 15 ans et elle en a parlé publiquement à 30. Les détracteurs, je les entends déjà: pourquoi n’a-t-elle pas parlé avant? Puis, elle parle et ne porte pas plainte, c’est que ce ne doit pas être vrai ou pas si terrible (elle finira par porter plainte fin novembre 2019).

Alors pourquoi n’en a-t-elle pas parlé avant? Je réponds « oui » qu’elle l’avait fait (différentes sources dont la journaliste Marine Turchi le confirment), elle l’a dit, elle avait prévenu des gens du milieu mais ils ne l’avaient pas vraiment écouté. Elle a porté ça, seule, pendant plus de 15 ans jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus…

Sans doute qu’elle était un peu dans le déni, qu’elle ne comprenait pas pourquoi ça l’avait atteint à ce point alors que franchement, c’est quoi des attouchements sur une gamine de 12 ans? Ce sont des petits gestes. Rien de bien méchant. Il n’y a pas de violence au sens où on l’entend. Et puis, peut-être qu’elle a mal interprété.

Dans sa déclaration sur la chaîne d’info Mediapart, elle dit que c’est #metoo et ses conséquences qui lui ont vraiment fait avoir une nouvelle perspective sur ce qu’elle avait vécu. Elle ajoute avoir regardé les documentaires sur les affaires concernant Michaël Jackson et ne plus pouvoir reculer à partir de là.

J’ai suivi cet affaire de près car c’est son témoignage qui a décidé mon amie à porter plainte. S. ne voulait pas se laisser faire mais avait peur d’aller voir la police. Lorsqu’elle a entendu Adèle Haënel dire qu’elle était consciente, à présent, que les agresseurs étaient des personnes normales et pas des monstres (tarés, le soir, dans un parking sombre ou Dutroux pour les enfants) comme on nous l’a fait intégrer depuis que nous sommes venu.e.s au monde, elle a compris qu’elle était légitime dans sa démarche et a agi.

Beaucoup ont critiqué l’actrice d’être sortie de sallelorsque Polanski a été primé « meilleur réalisateur ». Ses détracteurs ont, entre autres, argués que tous deux avaient  été présents à la cérémonie des césars 2014 et qu’à cette occasion, elle n’avait rien dit, rien fait. Ils lui ont reproché de ne pas être cohérente.

Personnellement, je la comprends et je la trouve, au contraire, très cohérente. Je vous ai déjà raconté l’histoire de harcèlement sexuel que j’ai subi de 6 à 7 ans par des camarades de classe. J’ai fait un blackout de plusieurs années (12) et lorsque je m’en suis rappelée,  je n’ai pas compris pourquoi j’avais oublié une histoire aussi « banale » et pourquoi elle m’atteignait autant. J’avais honte. Dans mon cas, le fait que ce soit des garçons du même âge que moi me faisait énormément culpabiliser. Avec #metoo, #balancetonporc et autres hashtags, j’ai moi-même commencé à voir sous un autre angle cette époque de ma vie ainsi que d’autres dont je n’ai jamais parlé ici. Aujourd’hui, je me dis: « qu’est-ce qui fait que des petits garçons de cet âge soient capables d’actes pareils? » « Qu’est-ce qui fait que des hommes, apparemment, bienveillants pensent qu’ils ont le droit d’user à leur guise du corps d’une femme? ». Réponse: on a été élevés dans la culture du viol qui fait des hommes de potentiels prédateurs et des femmes, de parfaites victimes (oui, je sais il y a des victimes hommes aussi et des femmes méchantes et manipulatrices). « Bête » exemple (mais néanmoins révélateur) concernant, justement, la tranche d’âge 4-8 ans : Jusqu’il y a peu, il était presque bien vu qu’un petit garçon soulève les jupe des filles, parce que ça voulait dire qu’il ne risquait pas de devenir homosexuel…Hum…J’ai pensé à ça car il n’y a pas longtemps, j’ai revu le film « Un flic à la maternelle » avec Arnold Schwarzenegger et il y a une scène où c’est, exactement, ce message-là qui est véhiculé. Par conséquent, c’est normal et c’est les filles qui ne le sont pas de se sentir mal à l’aise dans de telles situations. La culture du viol, ça commence au bac à sable.

Pour en revenir à Adèle Haënel, personnellement, ce que j’admire chez elle, c’est qu’elle agit en humaine au détriment peut-être de sa carrière d’actrice. Elle s’est réveillée, éveillée et porte un combat, une rage. Elle veut que les choses s’améliorent et que la honte change de camp. Vous aurez compris, moi, je suis dans le sien, de camp.

 

Adèle-Haënel-on-l-adore-ou-on-la-hait

Je décolère lentement

je-décolère-lentement

J’ai suivi la cérémonie puante des césars vendredi.

J’ai vu Florence Foresti mettre les pieds dans le plat. Prendre position. Ne pas cacher son mépris envers Polanski.

J’ai vu Adèle Haenel sortir de salle lorsque ledit sujet mentionné juste au dessus a reçu son prix de meilleur réalisateur. Je n’ai pas été surprise par le fait que ce soit lui le vainqueur. C’était du: « they did it« … and ‘ »how dare you? »

J’ai débattu avec des gens sur le net, parfois poliment, d’autres moins. Je n’ai pas pu supporter qu’une femme en vienne à coller une étiquette antisémite à la manif devant la salle Pleyel parce que selon elle, deux-trois féministes auraient dit qu’il aurait fallu que Polanski soit gazé pendant la Shoah. Même si j’admets que ces potentiels déclarations sont déplacées (non, le mieux ça aurait été que son père utilise des capotes lorsqu’il couchait avec sa mère), toutes les excuses sont bonnes pour discréditer les victimes et y’en a marre. Elle a fini par décider que je devais être antisémite de ne pas défendre l’indéfendable et j’ai coupé court à ce qui n’était pas un échange constructif mais plutôt une bagarre d’égos.

J’ai lu des tas d’articles. Ai eu envie de vomir devant les déclarations de Lambert Wilson, Fanny Ardant.

J’ai compris qu’il y avait beaucoup de masculinistes, de machos et une élite dominante (dans le showbizz mais pas seulement) qui s’accrochait vaille que vaille à ses privilèges. C’est du à n’importe-quel-prix et parfois, quand j’entends certains trucs, j’ai l’impression d’être tombée dans la quatrième dimension. Je n’avais pas pris conscience qu’on en était encore là.

J’ai entendu aussi beaucoup de silence de personnes qui croient que tout ça ne les concerne pas.  J’ai un scoop: ça nous concerne absolument toustes.

Je ne suis pas française et je devrais m’en branler de cette cérémonie mais le fait est que j’habite le pays d’à côté et que j’ai grandi devant TF1 et France 2 (c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas de problème à comprendre que quatre-vingts dix-huit est égal à nonante-huit mais que l’inverse n’est pas vrai). Le fait est qu’à l’ère de la mondialisation et des réseaux sociaux, ce qui se passe là va avoir un impact sur ce qui va se faire ici. C’est aussi révélateur du stade où nous en sommes, dans notre cher premier monde et j’ai eu peur, peur que devant la légitimation d’un pédophile connu et reconnu, les choses régressent partout.

J’ai eu peur d’un retour en arrière et puis, j’ai assisté à la rencontre avec Victoire Tuaillon (je vous conseille enthousiastisquement (ouais, je sais que ce mot n’existe pas)  sa chaîne de podcasts « Les couilles sur la table ») qu’organisait la librairie féministe de Bruxelles.

Victoire Tuaillon était dépitée par ce qui s’était passé aux césars mais en même temps, pleine d’espoir parce qu’elle voyait que les voix des victimes et/ou féministes s’élevaient de plus en plus nombreuses, de plus en plus fort.

Lorsque je suis rentrée chez moi, en scrollant mon fil d’actualité, j’ai vu passer, la tribune de Virginie Despentes et j’ai cliqué. Il y a certaines  de ses prises de position avec lesquelles, je ne suis pas en accord mais là, elle a frappé fort. Son texte était percutant et je crois qu’il aura marqué les esprits de beaucoup de personnes. Il ne peut et ne doit pas passer inaperçu. Je me lève et je me barre aussi quand j’entends des conneries. Time is up comme disent les américaines.

D’aucuns diront que je suis devenue chiante avec mon féminisme à la noix mais je m’en fous. Lorsqu’on prend ce chemin-là, on ne peut pas revenir en arrière. C’est une vraie révolution intérieure qui nous étreint. Il y a des injustices, de grandes envers tout ce qui n’est pas masculin, blanc, viril et hétéro. Il y a de la pédocriminalité, des viols. C’est comme ça. C’en est presque banal. Depuis toujours. Et celui qui ne veut pas le voir se voile la face. Un point, c’est tout.

Je-décolère-lentement

 

La femme qui se croyait libre et l’enfant sain du patriarcat

la-femme-qui-se-croyait-libre-et-l-enfant-sain-du-patriarcat

C’est l’histoire d’un homme insistant et d’une femme qui n’aime pas que l’Homme insiste. Cette femme a compris que ça n’avait pas à se passer comme ça. Cette femme a aussi appris que parfois, souvent, c’est comme ça que ça se passe.

Comme souvent, la femme finit par céder et l’homme croit que c’est son insistance qui a fonctionné.

Or, il a tout faux, la raison est autre. C’est le manque d’étreinte charnelle, pourtant choisie, qui la pousse à dire oui malgré l’alarme constante dans sa tête. Elle a besoin d’exulter et lâche prise. C’est aussi con que cela.

La surprise, pour lui, sans doute et tout à fait, pour elle, c’est que, sous la couette, entre eux, ça se passe bien. Leurs corps s’imbriquent à merveille. Si j’étais cucul, je dirais même qu’ils ont l’air d’être faits l’un pour l’autre.

Comme c’est une fille élevée dans la tradition qui tombe dans un monde nouveau, elle commence à mélanger les choses. Elle veut une relation. Elle croit que ça finira par se transformer en histoire d’amour.

Pourtant, quelque part, elle sait. A l’intérieur, ses tripes lui disent qu’ils sont trop différents, que hormis ces coups de rein et les bons moments qu’ils passent ensemble, ils ont une façon de voir la vie, complètement, opposée. Lui, en noir et blanc, avec des idées très arrêtées sur le rôle des femmes et des hommes, elle, avec des lunettes de couleur et une ouverture d’esprit qu’il ne pourrait comprendre en une seule vie.

Il lui propose un marché. De ne pas renoncer à ce qu’ils ont, tout en continuant à chercher mieux.  il dit ça pour elle, bien sûr, lui, sa situation est trop compliquée pour commencer à chercher à droite et à gauche. Elle en est d’abord offusquée, puis très vite, elle réfléchit et se dit que ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée. Elle se convainc que leurs contextes de vie respectifs leur permettent, difficilement, mieux.

Pour autant, elle ne dit pas « oui ». Seulement, elle se garde bien de lui opposer son « non ».

Elle décide de voir venir. Les jours passent et elle finit par, fortement, s’attacher.  Elle l’aime bien, c’est un fait. Elle considère aussi qu’à l’inverse de la plupart des hommes, il a été clair avec elle et ne lui a pas sorti de baratin. Enfin, c’est ce qu’elle croit car la vérité est toute autre .La vérité c’est qu’il n’a aucun intérêt noble envers elle et que très vite, imperceptiblement, c’est dans une relation d’emprise qu’il la balance, dans une relation qui la consumera, qui lui fera renoncer à ses convictions les plus profondes en l’espace de quelques mois, à peine.

Jamais il ne lui parlera, clairement, de ses intentions. Il la laissera mariner dans le flou, dans le fou et systématiquement, elle choisira de se raccrocher à  un visage tendre qu’il lui offrira, parfois.

De cette relation, elle en sortira marquée, un jour de trop, un jour où elle sera plus alerte que les autres et, où enfin, elle ouvrira les yeux et comprendra ce qu’il a réussit à faire d’elle.

Il s’est passé du temps depuis « cette affaire » et encore aujourd’hui, elle a du mal à comprendre comment elle a pu tomber là-dedans. Elle qui se disait si libre, si libérée. Elle est tombée de haut.

Elle demande l’avis d’une bonne copine qui lui répond: « Tu sais, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Il y a même des féministes militantes qui sont avec des hommes qui les frappent, alors? »

Alors à quoi tu t’attendais, c’est ça que ça veut dire. On fait ce qu’on peut. On a beau être libres et libérées, il y a des tas de messages qu’on a intériorisés (les femmes doivent supporter, ne pas trop en demander, ne pas trop l’ouvrir, ne pas trop se faire remarquer …), des injonctions par milliers qu’on a avalées sans poser de question. Je pense, notamment au fameux: « l’amour vaut la peine », qui est une expression débile en mon sens puisqu’elle renvoie à de la douleur et à de la souffrance. Il va de soi que tout n’est pas rose en amour mais ça doit plutôt « valoir la joie », non? Si tu souffres, c’est simple, c’est que ça craint. Cette femme que je connais bien pensait que ça irait mieux avec le temps, que c’était des maladresses de jeune couple…Mais alors pourquoi, elle, elle ne faisait pas ces erreurs? Bien sûr, elle n’était pas parfaite mais elle n’avait pas de discours équivoque. Elle pensait ce qu’elle disait et disait ce qu’elle pensait. Lui, en revanche, la manipulait d’une façon subtile et pernicieuse.

Congeler mes ovocytes ou pas?Un choix cornélien

congeler-mes-ovocytes-choix-cornélien

J’ai toujours voulu avoir deux enfants. C’est irrationnel, viscéral et je ne cherche pas à en trouver le sens. C’est juste comme ça.

Malheureusement, depuis que je me suis séparée du père de mon fils, je n’ai rencontré que des dingues et je ne crois pas exagérer en disant ça. Ma santé ne me permettant pas de faire un deuxième bébé « toute seule » (il y en a qui le font mais je trouve que c’est la pire idée du monde), j’ai laissé passer le temps, tout en croyant dur comme fer que ça se ferait (je suis un brin idéaliste malgré tout).

Lorsque le diagnostic d’endométriose m’a été posé, je n’ai pas vraiment réfléchi aux conséquences que cette maladie pouvait avoir sur ma fertilité. J’avais vaguement lu des choses sur le sujet mais comme le docteur ne m’en parlait pas, qu’il avait d’abord décrété que la maladie n’était pas aussi sévère que l’analyse faite par les radiologues le laissait penser pour revenir ensuite sur ses dires, et que j’étais, de toute façon, accablée de problèmes en tous genres, j’ai un peu mis l’histoire de côté, dans un tiroir de ma tête.

Finalement, ce n’est que lors de mon rendez-vous post-op qu’il m’a informé sur ledit sujet et qu’il m’a dit que ma charge ovarienne était faible (encore plus que pour une femme de mon âge (39 ans le mois prochain) ne souffrant pas de cette affection) à cause de la maladie et que si jamais je voulais avoir un autre enfant, il était temps, voire presque trop tard pour congeler mes ovocytes. Je venais d’apprendre pour la chimio de ma mère et j’ai été un peu abasourdie par la nouvelle. Je crois n’avoir presque plus rien dit à partir de ce moment-là, tellement j’étais sonnée.

Du coup, je me dis: congeler mes ovocytes pour une hypothétique grossesse qui n’aura sans doute jamais lieu, est-ce que ça vaut la peine? Pour éviter de devoir le faire, il faudrait que je me trouve un mec qui tombe raide dingue amoureux de moi en moins de deux (et moi, de lui, cela va sans dire mais je le dis quand même), qui ait conscience de ma réalité et qui accepte que ma santé est pas terrible-terrible et que par de ce fait, je ne travaille pas, qui veuille avoir un enfant dans les plus brefs délais et qui prenne une place dans la vie de mon bonhomme de déjà 8 ans. Mouais, dans une autre vie moins difficile, je me serais dit, c’est possible mais dans celle qui est la mienne, je me dis: peu probable. En même temps, si je ne le fais pas et que finalement, par miracle, je rencontre l’exception qui confirme la règle et qu’il veut un enfant et que je ne peux plus en avoir, ne vais-je pas le regretter et risquer de tomber dans une dépression sans nom et, surtout, sans fin? Comment savoir?Je pourrais le faire au cas où, n’est-ce-pas, mais suis-je légitime, est-ce que le faire aurait un réel sens? Ne suis-je pas déjà un peu trop vieille ? Aurais-je le courage de souffrir à nouveau physiquement pour préparer un truc qui a plus de chance de ne pas se produire que d’arriver?

Hier, j’avoue, j’ai craqué. Je me suis dit: mais merde, encore ça en plus? Je ne suis pas prête à faire le deuil de cet enfant inexistant.

Aujourd’hui, je suis en plein questionnement.

Demain…demain sera un autre jour.

Demandez conseil, je pourrais… mais à qui? Je suis toujours celle de mon entourage à qui tout arrive.

La seule chose que j’ai envie de dire c’est que ce n’est pas juste et que j’en ai marre.

 

congeler-mes-ovocytes-choix-cornélien

 

 

Ça craint mais on tient

ça-craint-mais-on-tient

 

Oui, ça craint. J’en avais déjà parlé et les soucis n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique.

Le 17 janvier, j’ai été opérée pour une endométriose de stade 4 (ça fait peur, dis comme ça mais on n’en meurt pas) et la convalescence prend un peu de temps. C’est normal. J’ai été, pratiquement, immobilisée pendant plusieurs jours avec ma mère à mon chevet.

Par la suite, le petit a passé une gastroscopie pour des soucis qu’il trainait à l’estomac depuis août 2019 et pour lesquels les médecins traitants nous avaient prodigués idées et astuces qui n’ont pas fonctionné. On les a abandonnés pour se tourner vers une spécialiste qui, elle nous a vivement conseillés de lui faire passer l’examen étant donné les antécédents gastriques de toute la famille. Première partie du diagnostic: œsophagite. La deuxième, on l’aura fin du mois.

Puis, ma maman et son cancer du côlon. Opérée le 30 décembre, elle était sans nouvelles depuis et ne savait pas si elle devrait « faire de la chimio » ou pas. Finalement, le verdict est tombé jeudi dernier et malheureusement, la réponse est oui. Pendant 6 mois. Parce qu’un de ses ganglions autour du côlon a été touché par la maladie.

Enfin, en ce qui concerne mon amie et ses agressions, son ex a été convoqué et aurait avoué (selon ses dires à lui et on n’y croit pas une seule seconde) le 31 décembre et depuis, on ne sait plus rien non plus. Elle n’a pas beaucoup d’espoir sur la suite des événements dans la mesure où le viol (dit) conjugal est, souvent, encore plus difficile à prouver que les autres.

Comme vous pouvez vous en douter, on n’a pas eu droit à un moment de répit depuis pas mal de temps déjà et ce n’est, parfois, pas évident de ne pas craquer. Il y a des jours où ça va, et des jours où ça se morcelle de partout. On a beau savoir que c’est un cycle, ce n’est jamais facile quand on est en plein dedans.

J’espère revenir bientôt avec de meilleures nouvelles.