Étiquette : blogothérapie

Un an de blog et toutes mes dents

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Je n’ai jamais fait ce genre de bilan de ma vie et je ne sais donc pas ce qui va en ressortir encore. Je sais juste que j’y pense depuis quelques semaines déjà et que j’en ai envie.

Il y a un an, quand j’ai (re)commencé, je ne me croyais pas capable de tenir aussi longtemps. Je voulais raconter mon parcours, le partager, laisser un témoignage quelque part et même, pourquoi pas, une note d’espoir (Oui, il y a un remède aux maux de l’enfance et l’adolescence. Oui, tout est à l’intérieur de nous). Là, j’ai dépassé la centaine d’articles et je ne me sens pas prête d’arrêter. Ecrire me fait du bien. Ecrire et puis le challenge que suppose le fait de tenir un blog (En tout cas pour moi). Il faut trouver un sujet, travailler et soigner son expression, trouver un titre accrocheur et publier. C’est du travail (non rémunéré, malheureusement, mais sûrement plus intéressante que certaines missions payées extrêmement chères) et quelque part, je me sens un peu plus utile. Je m’éloigne un peu du rôle de maman au foyer qui m’est tombée dessus sans l’avoir choisi mais qui me sied mieux que celui d’employée d’une société que je déteste et où je perds 40 heures de ma vie par semaine (pardon, je suis sous l’influence d’Aymeric Caron) .

Je n’ai jamais pensé au résultat qu’écrire pourrait avoir sur moi. Et pourtant? Pourtant, il a un peu remplacé les thérapies . Et ça je sais que c’est du aux échanges que j’ai eu avec, vous, lecteurs. Des échanges jamais vides de sens et qui m’ont permis de réfléchir et de prendre encore plus de recul, voire même d’imaginer de nouvelles pistes pour l’avenir.

Pendant l’année qui vient, je suppose que je vais encore écrire ce que je veux quand je le veux, sans tenir compte des chiffres mais en attirant, je l’espère, encore plus de participations de votre part. J’ai également envie d’avoir mon propre nom de domaine et de confier le design à quelqu’un mais hum, ça, ça dépend de mes moyens et je doute que ce soit pour tout de suite.

Pour terminer, je vous laisse la liste des articles qui ont le mieux fonctionnés et qui sont pour la plupart, étrangement ou pas d’ailleurs, ceux qui me tiennent le plus à coeur.

J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose

Les expressions qui m’exaspèrent quand on parle maladie

Comment j’ai surmonté ma dépression

Il y a un an, je me suis rasée la tête

Mon rapport aux livres de développement personnel

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Merci!

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Ce que l’insomnie m’a appris

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Pour que vous (me) compreniez, je vais vous parler de ma life. Du pourquoi du comment je suis arrivée aux insomnies.

Pour faire trash mais vrai, je dirais que la leucémie m’a détruit la vie (détails ici). D’une enfant heureuse, indépendante et joviale, je suis passée à une ado déprimée, épuisée et dépendante.

J’ai connu les mauvais traitements par le personnel hospitalier lorsque j’étais malade, les moqueries et le harcèlement scolaire (on n’en parlait pas à l’époque) pendant ma convalescence.  Pour couronner le tout, j’avais un entourage proche, loin d’être à la hauteur de la situation (je n’en dirai pas plus par pudeur).

A dix-huit ans, j’avais intégré l’idée que j’étais bizarre, faible, anormale, insatisfaite chronique et j’en passe. Il n’y avait que les études qui me permettaient de tenir debout…car malgré tout, je réussissais.

A 24 ans, lorsqu’à la remise des diplômes de traducteurs, le directeur de l’institut a cité mon nom, j’ai paniqué.  Je ne m’aimais pas ou je me détestais, au choix, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire. Cependant, comme je ne sais pas rester sans rien faire, j’ai quand même pris  l’option: s’inscrire dans des agences intérim et accumuler les CDD jusqu’à trouver le métier qui me convienne. Malheureusement, la réalité m’aura très vite rattrapée. Je ne parlais pas le néerlandais et cette langue, dans mon secteur, était devenu indispensable, à Bruxelles, en quelques petites années (le temps de mes études). Je me suis prise une claque monumentale. Diplôme ou pas, il était très difficile de trouver un boulot, quel qu’il soit. J’ai alors enchaîné cours, travail où il n’y avait rien à faire, stage où l’intitulé et la fonction n’avaient rien en commun, taf où j’ai subi du harcèlement moral et finalement, job à Barcelone, un peu plus sympa mais très mal payé.

J’ai finalement craqué à 26, 5 ans. Au programme, grosse dépression et agoraphobie sévère.

Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait et un médecin n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous antidépresseurs (enfer qui m’aura plongé, pour de bon, dans les troubles du sommeil et dans lequel je suis restée pendant sept ans) en insistant sur le fait que sans, je m’en sortirai très difficilement. Désespérée, j’ai pris les pilules.

Je culpabilisais d’être comme j’étais, de me sentir si différente, si à côté de la plaque et il m’aura fallu le sevrage, sept ans plus tard, pour me réveiller . J’avais 33 ans (presque 34) et un petit garçon de 3 ans. Mon fils a été/est ma motivation suprême. Je ne voulais/veux pas d’une maman « zombie » pour lui.

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A la fin du sevrage, j’étais tellement mal physiquement, psychologiquement et même neurologiquement (je vous ferai grâce des symptômes) que j’ai été obligée de prendre du temps (chose totalement inconcevable, pour moi, qui ne vivait que dans l’action et plus particulièrement, le devoir)….Je me suis alors posée et j’ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ce que j’avais subi n’était pas de ma faute, que je n’étais ni bizarre ni faible, ni anormale mais surtout le contraire, que j’avais toutes les raisons du monde d’être insatisfaite. J’ai compris que j’avais été maltraitée ou ignorée pendant les 2/3 de ma vie et qu’il était normal que je ne tourne pas rond.

Aujourd’hui, je ne suis plus dépressive malgré des difficultés d’endormissement, un sommeil en dents-de-scie, non-récupérateur, des angoisses nocturnes et une vive colère (que je canalise de mieux en mieux). J’ai la positive attitude en journée, vraiment. Je ressens comme un élan de vie en moi qui était tombé dans le coma à mes 11 ans et demi. Je suis de plus en plus bienveillante envers ma personne, je récupère un genre de confiance en moi (ça fait vraiment « moi, je », je sais :-)), je culpabilise de moins en moins et je m’entoure mieux. En résumé, j’apprends à me connaître et à prendre soin de moi.

Malgré tout, j’ai bien conscience du fait que le chemin à parcourir est encore long. Je ne dors pas et il y a des traumatismes dont je ne suis pas remise. Je sais qu’il me faut encore du temps pour transcender tout ça et le transformer en quelque chose de positif. La différence avec « avant », c’est que je me sens moins paumée, plus en paix et que je crois qu’il est possible qu’un jour, je me sente, complètement, bien.

Précédents articles sur le sujet: ici et