Ma sensibilité confondante

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Je suis quelqu’un de très sensible , mais alors très sensible, sensible au point de faire peur parfois. Le souci, c’est que de ma sensibilité exacerbée, je n’en ai pris conscience qu’il y a quelques années et que je n’ai, vraiment, chercher à l’apprivoiser qu’il y a deux ans lorsqu’un amoureux que j’aimais beaucoup m’a quitté pour ça (oui, je sais, s’il m’avait aimée vraiment, il ne serait pas parti pour ça).  Avant, je pensais que tout le monde fonctionnait comme moi et je ne comprenais pas pourquoi personne, à part moi, ne le montrait jamais.

Pour que vous compreniez mon délire, je vais vous donner quelques exemples .

Depuis très petite, je peux écouter une chanson que j’aime 18 fois (non, pas 17 ni 20 mais bien 18). Je suis alors transportée. La musique prend possession de moi. Les paroles m’ensorcèlent. Mais alors, vraiment, littéralement. Et comme, je suis une amoureuse des mots, je ne vous dis pas les interprétations au premier degré.

Autre exemple frappant: le cinéma. Un film qui me fait peur, c’est les cauchemars assurés (bon, si je dors). Je deviens le personnage principal qui fait face aux multiples obstacles avant peut-être (souvent, quand même) de s’en sortir à la fin. Mais il n’y a pas que les films d’épouvante. Il y a aussi ceux comme La Liste de Schindler que j’ai vu à 13-14 ans et qui m’impressionnent beaucoup trop. Dans la série « films difficiles », il y a aussi eu « Into the wild », après le visionnage duquel, j’ai pleuré à grosses gouttes (non, non, pas à chaudes larmes, à grosses gouttes, je pleuvais) pendant plus d’un quart d’heure après la fin du film…Oh, et puis, Millon dollar baby. Je crois que je suis encore traumatisée 8-9 ans après l’avoir vu. Pour moi, le cinéma, c’est en partie du rêve, et dans ce film Clint (Eastwood) casse l’espoir. Je n’ai pas vu l’intérêt de faire un film sur la misère qu’on peut voir tous les jours aux infos (mais oui, je sais, il y en a plein d’autres des comme ça mais je ne les ai pas vus) …

Comme je vous le disais tout en haut; au début, je ne percevais pas ma propre sensibilité. Pour moi, c’était tout à fait « courant » de fonctionner comme ça (je ne savais même pas qu’il y en avait plusieurs des façons de fonctionner) et ce n’est que lorsque je me suis disputée avec ma (pseudo-)meilleure amie après 16 ans d’amitié et qu’elle me reproche ma trop grande sensibilité comme raison principale de notre déconvenue et …rupture amicale ( je ne le savais pas encore), que j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui clochait. C’était il y a un peu plus de huit ans maintenant et j’avoue que cet épisode m’a, énormément, blessée, et que j’ai eu beaucoup de mal à me refaire des ami(e)s après ça.

C’est une histoire qui m’a titillée longtemps mais dont je n’ai rien fait jusqu’à il y a deux ans lorsque l’épisode avec le petit ami cité plus haut a eu lieu (avec lui, c’est la première fois que j’ai, vraiment, senti que les gens « lambadas » croyaient que j’allais me briser s’il me disaient quelque chose de blessant ou de déplacé).

Là, je me suis quand même dit « deux fois les mêmes reproches, c’est que, quand même, il y a matière à gratter ». Et c’est alors que je me suis souvenue d’une déclaration d’amour faite à mon « ancien » (il a pris ses distances après ça, haha) meilleur ami . Je n’étais pas amoureuse de lui et du coup, l’intensité de ma propre émotion pour sa personne me dépassait. Dans mon entourage, personne n’avait ce genre de « débordement ».

Je me suis lancée dans des recherches sur le sujet et c’est comme ça, qu’en décantant, petit à petit, et en voyant des vidéos, je suis arrivée jusqu’à la piste de l’hypersensibilité du haut potentiel. Tout ce que j’avais vécu  venait de quelque part et en aucun, ce n’était une tare ou un problème psychologique. Je n’étais pas câblée pareil, j’avais reçu une boîte à outils un peu différente et j’allais devoir apprendre à composer avec.

Ma découverte est assez récente, je ne peux donc pas dire que ma vie a beaucoup changé depuis mais au moins, je sais, maintenant, pourquoi chez moi, l’émotionnel est plus intense. Je suis mieux armée pour prendre du recul, me laisser moins envahir par ce que je ressens, et surtout, me dire que c’est « normal » si avec les autres, je ne suis pas toujours sur la même longueur d’onde.

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Zèbre ou pas? Le doute plane

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Je ne me suis jamais sentie bête (à part pendant mes études supérieures) mais je ne me suis jamais prise pour Einstein non plus.  L’image de la douance renvoyée par les médias étant ce qu’elle est, à savoir, celle de génies telles que Einstein,justement, je ne me suis jamais posée la question de savoir si j’étais un haut potentiel ou pas.

Et puis, par un concours de circonstances (ou pas), il y a environ trois ans alors que je me retrouve mêlée dans un débat politique (bon, politique de comptoir, hein)  dont facebook a le secret, je me fais interpeller par un gars:

Lui: « je t’ai reconnue ».

Moi: « ah bon, on se connaît? Ta tête (celle de son profil) ne me dit rien pourtant »

Lui: « non, c’est pas ce que je veux dire. Tu es zèbre. C’est ça que j’ai reconnu en toi »

Moi: « euh, non, je suis humaine (vous l’avez compris, je ne voyais pas où il voulait en venir).

On parle un peu et il me conseille de lire l’ouvrage »Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin. Je le loue à la bibliothèque (ben oui, je n’ai rien à perdre) mais ce livre ne me plaît pas. Je traverse une phase très compliquée et je sens que cette auteure décrit une grande dépression et pas ce que je rattache, moi, à de la douance. Non, ça ne peut pas être ça la surefficience. Non, je ne veux pas en être. Non, ça m’enfonce plus qu’autre chose, vraiment, je préfère laisser tomber.

L’année suivante, donc en 2016, c’est une docteure nutritionniste holistique chez qui je me rends pour apprendre à manger qui me conseille la lecture de « Je pense trop » de Christel Petitcollin. Je lis les cinquante premières pages, je me reconnais dans le mode de pensées et puis, sa lecture finit par m’ennuyer (je le trouve très répétitif) et je laisse tomber à nouveau. Je ne vois toujours pas ce que ça pourrait changer à ma vie de savoir que je le suis.

Enfin en 2017, je tombe sur les vidéos de Catherine VO.S (voir lien dans la page « ressources bonheur« ), une psy qui traite du sujet et là, bam, la grosse claque, je me reconnais totalement…Elle parle d’hypersensibilité, d’arborescence, de sentiment de décalage, …mais cette fois, de façon positive. Elle est hp, elle-même, elle semble savoir de quoi elle parle. Là, c’est la révolution dans mon petit monde, je cherche à aller faire des tests,  je m’inscris sur un forum spécialisé, je lis encore plus de livres, cherche encore plus de témoignages-vidéo, passe ma vie sous un nouveau filtre, me pose des questions sur le petit.

Je prends alors rendez-vous chez une psy pseudo-spécialisée mais le courant ne passe pas et je commence à me (re)dire (oui, c’est une constante) qu’à mon âge, de toute façon, ça ne me sert plus à rien de me faire « diagnostiquer » dans la mesure où ma vie est plus ou moins « faite ». Je décide, tout de même, de continuer à creuser pour mon fils, étant donné ses difficultés à l’école et ses  centres d’intérêt et préoccupations différentes des autres enfants de son âge. Je ne vais, cependant, pas jusqu’au bout de ma démarche. Non car après une rentrée et une moitié de premier trimestre très compliqué en primaire, il a l’air d’aller beaucoup mieux. Je préfère, par conséquent, surveiller et attendre encore un peu.

En revanche, en ce qui me concerne, j’ai, finalement, pris rendez-vous, dans un centre spécialisé. A partir du moment où j’ai vu les vidéos citées plus haut, je n’ai plus réussi à vivre et à considérer mes relations avec les autres, comme avant et passer les tests est devenu un besoin.

Maintenant, si je me goure, complètement, et que je découvre que je ne suis pas sur-efficiente, va savoir comment je réagirais. Je sens qu’une réponse positive m’apaiserait et qu’une réponse négative ne me ferait pas du bien car cela voudra dire « rester sans réponse » par rapport à une différence que j’ai toujours ressentie, sans pouvoir y mettre les mots.

Je passe les tests début 2018. D’ici là, il faudra prendre mon mal en patience.

Suite, au prochain numéro donc …

Surefficience, douance, hp, zèbre = quatre mots qui veulent dire la même chose 🙂