Étiquette : prendre soin de soi

November inside

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Il s’est passé beaucoup de choses  cette semaine. Un fantôme qui ressurgit du passé et qui disparait aussi vite qu’il n’est apparu, une rencontre spéciale et un tsunami émotionnel ont été au rendez-vous.

Je ne sais pas par où commencer. Novembre pour moi n’est jamais un mois anodin. C’est le mois où il y a 26 ans, pour la première fois, j’ai été hospitalisée pour cause de leucémie , c’est le mois où 15 ans plus tard, j’ai du rentrer d’Espagne en urgence avec une dépression grosse comme une maison et c’est le mois où il n’y a pas deux ans, le mec que j’ai le plus aimé depuis la rupture d’avec le père de mon fils,  ne trouve rien  de mieux à faire que de m’envoyer un sms pour m’informer du fait « qu’il ne serait pas amoureux de moi… » (ramasses ça dans la tronche et digères-le comme tu peux…).

Novembre est un mois où je rentre dans ma carapace, un mois où je réfléchis beaucoup, un mois où j’ai la sensation que l’année se meurt.

Il y a des années où ce mois passe plus facilement et d’autres (surtout avant) où c’est juste si j’ai pas envie de me jeter dans le canal (à Bruxelles, le fleuve a été remplacé par un canal il y a 1,5 siècles).

Cette année, je sens que c’est dur, que j’ai hâte d’être à vendredi soir mais que je tiens et que comme je vous le disais dans ce début d’article décousu, je réfléchis. J’agis aussi mais je suis, surtout, en instrospection. Dans cette torture psychologique,  j’ai vraiment compris une chose, à savoir  que, pendant cette fin d’année, j’ai besoin de me faire plaisir, d’oublier mon mental.

Je suis quelqu’un qui carbure tout le temps au mental, en mode trouvaille de solutions et  qui, si elle ne se bat pas pour quelque chose, ne sait pas quoi faire de sa peau (j’ai été élevée comme ça, que voulez-vous?) mais là, je n’ai plus envie. Pour cette fin d’année, j’ai envie de me raccrocher à n’importe quelle chose qui fera du bien à mon corps. J’ai envie de cacher les soucis sous le tapis, et juste de me faire du bien, sans culpabiliser. Danser, chanter, rire, boire (pourquoi pas?), me balader, sortir, tenter une nouvelle escapade (c’est beau de rêver) et puis, basta.

Une petite voix en moi me dit que ce n’est pas la meilleure des choses à faire, que c’est encore une de mes idée farfelue (#pajarosenlacabeza), que ce n’est pas le moment, que je devrais plutôt m’engager dans ceci ou cela ou encore prévoir cela. Vous savez quoi? Je l’emmerde ignore. J’ai besoin de légèreté et oui, je ferai, je promets, je ferai.

Si cela vous dit, rejoignez le mouvement et partagez vos idées.

 

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Ce que l’insomnie m’a appris

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Pour que vous (me) compreniez, je vais vous parler de ma life. Du pourquoi du comment je suis arrivée aux insomnies.

Pour faire trash mais vrai, je dirais que la leucémie m’a détruit la vie (détails ici). D’une enfant heureuse, indépendante et joviale, je suis passée à une ado déprimée, épuisée et dépendante.

J’ai connu les mauvais traitements par le personnel hospitalier lorsque j’étais malade, les moqueries et le harcèlement scolaire (on n’en parlait pas à l’époque) pendant ma convalescence.  Pour couronner le tout, j’avais un entourage proche, loin d’être à la hauteur de la situation (je n’en dirai pas plus par pudeur).

A dix-huit ans, j’avais intégré l’idée que j’étais bizarre, faible, anormale, insatisfaite chronique et j’en passe. Il n’y avait que les études qui me permettaient de tenir debout…car malgré tout, je réussissais.

A 24 ans, lorsqu’à la remise des diplômes de traducteurs, le directeur de l’institut a cité mon nom, j’ai paniqué.  Je ne m’aimais pas ou je me détestais, au choix, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire. Cependant, comme je ne sais pas rester sans rien faire, j’ai quand même pris  l’option: s’inscrire dans des agences intérim et accumuler les CDD jusqu’à trouver le métier qui me convienne. Malheureusement, la réalité m’aura très vite rattrapée. Je ne parlais pas le néerlandais et cette langue, dans mon secteur, était devenu indispensable, à Bruxelles, en quelques petites années (le temps de mes études). Je me suis prise une claque monumentale. Diplôme ou pas, il était très difficile de trouver un boulot, quel qu’il soit. J’ai alors enchaîné cours, travail où il n’y avait rien à faire, stage où l’intitulé et la fonction n’avaient rien en commun, taf où j’ai subi du harcèlement moral et finalement, job à Barcelone, un peu plus sympa mais très mal payé.

J’ai finalement craqué à 26, 5 ans. Au programme, grosse dépression et agoraphobie sévère.

Je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait et un médecin n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous antidépresseurs (enfer qui m’aura plongé, pour de bon, dans les troubles du sommeil et dans lequel je suis restée pendant sept ans) en insistant sur le fait que sans, je m’en sortirai très difficilement. Désespérée, j’ai pris les pilules.

Je culpabilisais d’être comme j’étais, de me sentir si différente, si à côté de la plaque et il m’aura fallu le sevrage, sept ans plus tard, pour me réveiller . J’avais 33 ans (presque 34) et un petit garçon de 3 ans. Mon fils a été/est ma motivation suprême. Je ne voulais/veux pas d’une maman « zombie » pour lui.

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A la fin du sevrage, j’étais tellement mal physiquement, psychologiquement et même neurologiquement (je vous ferai grâce des symptômes) que j’ai été obligée de prendre du temps (chose totalement inconcevable, pour moi, qui ne vivait que dans l’action et plus particulièrement, le devoir)….Je me suis alors posée et j’ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ce que j’avais subi n’était pas de ma faute, que je n’étais ni bizarre ni faible, ni anormale mais surtout le contraire, que j’avais toutes les raisons du monde d’être insatisfaite. J’ai compris que j’avais été maltraitée ou ignorée pendant les 2/3 de ma vie et qu’il était normal que je ne tourne pas rond.

Aujourd’hui, je ne suis plus dépressive malgré des difficultés d’endormissement, un sommeil en dents-de-scie, non-récupérateur, des angoisses nocturnes et une vive colère (que je canalise de mieux en mieux). J’ai la positive attitude en journée, vraiment. Je ressens comme un élan de vie en moi qui était tombé dans le coma à mes 11 ans et demi. Je suis de plus en plus bienveillante envers ma personne, je récupère un genre de confiance en moi (ça fait vraiment « moi, je », je sais :-)), je culpabilise de moins en moins et je m’entoure mieux. En résumé, j’apprends à me connaître et à prendre soin de moi.

Malgré tout, j’ai bien conscience du fait que le chemin à parcourir est encore long. Je ne dors pas et il y a des traumatismes dont je ne suis pas remise. Je sais qu’il me faut encore du temps pour transcender tout ça et le transformer en quelque chose de positif. La différence avec « avant », c’est que je me sens moins paumée, plus en paix et que je crois qu’il est possible qu’un jour, je me sente, complètement, bien.

Précédents articles sur le sujet: ici et